Auteur :
Drusilla
Paring : HG/SS, pour de bon cette fois.
Rating : M
Disclaimer : J'emprunte Severus et Hermione, un peu Poudlard et beaucoup de magie. Rowling sera, je suis sûre, partageuse.
Résumé : Les années qui s'écoulent ne changent rien à la douleur. C'est un mensonge d'affirmer que ça ira mieux avec le temps. La douleur ne s'atténue pas. Mais on apprend à vivre avec.
Je suis vraiment désolée pour ce retard inexcusable. J'avais tout simplement oublié que j'avais pas internet pendant ce délicieux we prolongé. Juste de la pluie et des crèpes. Enfin voyez le bon côté, le prochain chapitre arrivera plus vite. Bientôt la fin, on passe dans la seconde partie (je rappelle que l'histoire fait 7chapitres). Bonne lecture à tous.
Chapitre 5 :
Le début du bonheur
Le temps qui s'écoula parut durer une éternité à Severus. Il ne toucha pas à son chaudron, laissant se gâter la potion. Il avait bien trop mal pour se soucier de quoi que ce soit. Pourquoi avait-il du tomber amoureux d'une femme qui l'était déjà ? Même mort elle avait continué à l'aimer, alors vivant…
Le Whisky pur Feu aurait pu atténuer sa douleur mais il voulait souffrir. Il voulait payer pour sa bêtise. Il voulait être encore assez lucide pour l'aimer en silence. Et heureusement, car sans cela il aurait raté les coups timides contre la porte. Il regarda la pendule. Vingt heures. Au milieu des vacances.
Prêt à envoyer bouler Albus, il ouvrit la porte et découvrit Hermione, vêtue somptueusement. Il fronça les sourcils. Que faisait-elle ici ? N'avait-elle pas mieux à faire que se préoccuper de potions ?
- A voir ta tête, tu as oublié qu'on était mardi Severus. Tu m'as parlé d'un dîner, et un restaurant italien, ça ne se refuse pas.
Il continua de la fixer comme une extra-terrestre. Un dîner ? Bien sûr qu'il en avait parlé ! Mais la donne avait changé. Elle avait mieux maintenant que son vieux maître en potions.
- Okay Severus, arrête de faire cette tête et dis-moi ce qui ne va pas, tu commences à me faire peur. Tu ne veux plus y aller c'est ça ? Tu as changé d'avis ? Décidé que je ne valais pas tous les problèmes que je vais t'apporter. C'est sûr que tu n'auras pas de mal à trouver plus simple comme fille.
- Cesse de dire des âneries, ça me donne envie de te mettre en retenue.
- Doucement, la soirée n'a pas commencé, gardons nos fantasmes pour le dessert.
Il manqua s'étrangler devant son ton léger. A quoi jouait-elle ! Il était perdu, au point de se demander s'il n'avait pas souffert d'une hallucination. Mais il l'avait vu, il l'avait bien vu.
- Je l'ai vu.
- Hum… Qui ?
- Arrête de faire l'innocente.
- Génial, la crise de jalousie maintenant. Tu vas vraiment vite en besogne toi. Tu ne veux vraiment pas attendre qu'on ait dîné ? Bien que je puisse me passer de manger, j'ai bien besoin de prendre l'air. J'arrive tard je sais bien. Attends, c'est pour ça ? Tu m'as vue cette après-midi au pub ? Ce sont des collègues de fac. J'ai repris les cours dans une université moldue.
- Je ne parle pas de ça. Je ne suis pas d'un naturel jaloux et tu fréquentes qui tu veux. Je te parle d'il y a deux jours quand j'ai quitté ton appartement. Lui montait te voir je suppose.
Elle fronça les sourcils, cherchant dans sa mémoire. Il sût qu'elle avait trouvé quand elle blanchit. Ses jambes se dérobèrent et il dut la retenir. Désireux de ne pas la voir s'étaler sur le sol, il la guida à un fauteuil.
- Je suis désolée Severus. Il y a des choses dont on n'a jamais parlé.
- En effet.
- Carl n'était pas enfant unique. Il était un triplé. Il est né juste après son frère et avant sa sœur. Je n'ai jamais pensé que tu avais croisé Alec. Tu as dû penser…
- Oui, c'est la première chose qui m'est venue à l'esprit. Je dois avouer ne pas avoir cherché plus loin.
- Parfois ça m'arrive aussi tu sais. Ils seraient surement identiques si les choses s'étaient passées autrement. Mais Alec n'est pas Carl, ils sont différents. Bien sûr je m'entends bien avec eux, et même avec leurs parents. Comment aurait-il pu en être autrement après plus de deux ans ensembles ?
- Pardonne-moi Hermione, je t'ai fait bêtement souffrir, mais j'étais juste stupidement persuadé que tu ne voudrais plus de moi après l'avoir retrouvé.
- Je ne vais pas te mentir, si j'avais le choix, il ne serait pas difficile à faire, mais à quoi bon te sentir menacé ? Un fantôme n'est pas un adversaire bien loyal. Il aura toujours une place importante pour moi, et je continuerai surement toute ma vie à l'attendre, mais tu sais comme moi qu'il ne reviendra pas et que je n'aurai pas ce choix à faire.
- J'aurais souhaité qu'il en soit autrement.
- Je sais. J'ai droit à mon dîner maintenant ?
Il laissa échapper un rire auquel elle se joignit avec plaisir. Le temps de passer une robe correcte et il l'amena dans l'un des restaurants les plus côtés du Londres sorcier. La soirée fut détendue. Même les questions sérieuses furent traitées avec légèreté. Il apprit donc qu'elle avait trouvé une paix relative en tenant un raisonnement simple.
- J'ai imaginé la vie sans toi et ça me faisait mal. J'ai imaginé la vie sans Lui et ça m'a semblé impossible. Si j'ai pu survivre une première fois, j'aurais peut-être assez de force. Sinon, et bien j'ai vécu déjà plus que je ne pensais pouvoir.
Ils abordèrent aussi la reprise de ses études car cela l'avait grandement intrigué. Il fut surpris de savoir que remplacée à St Mangouste, elle avait décidé de se consacrer à la recherche, notamment pour aider Remus dans son combat contre la lycanthropie.
Sirius alors lui avait proposé de financer entièrement ses recherches et lorsqu'elle avait mentionné le besoin d'en apprendre plus sur la biochimie, une science moldue, il avait entièrement payé ses études aussi. Elle ne pouvait refuser, puisqu'il arguait sans cesse qu'elle le rembourserait au centuple en aidant Remus.
Ils discutèrent peu de leurs recherches, préférant le plaisir au travail. Jamais elle ne parla de Potter et Weasley, ni ne fit mention d'amis. Quelques gaffes de Pattenrond égayèrent leur dessert et sans qu'il n'ait vu le temps passer, ils furent dans la rue, main dans la main.
La suite restait encore floue. Devait-elle rentrer seule ? Devait-il lui proposer un dernier verre dans les cachots ? La raccompagner chez elle ? Lui proposer une promenade ? Un bayement de la jeune fille élimina la ballade romantique au clair de lune.
- Navrée Severus, j'ai eu du mal à trouver le sommeil hier soir.
- Nerveuse ?
- Aurais-je l'air ridicule si je te répondais oui ?
- Tu aurais l'air mignonne.
- Rentrons veux-tu ? Je crois que je ne vais pas tarder à m'effondrer, et ce n'est pas le genre de spectacle auquel je m'adonne.
Le "rentrons" régla le problème, surtout qu'elle agrippa son bras. Il la transplana chez elle, se doutant qu'elle devait nourrir son chat avant qu'ils n'aillent se coucher. Etrangement, il se sentait serein face à ce qui allait se passer. Ils avaient tant attendu qu'ils étaient plus que prêts.
L'appartement les accueillit alors que la nuit commençait à tomber. Elle s'occupa effectivement de son chat pendant que Severus leur servait à boire. Ils se contentèrent de bièraubeurres pour garder l'esprit clair. Elle initia le premier baiser, un peu timide, un peu innocent, un peu tout ce qu'elle aurait du être si la vie l'avait épargnée. Il joua le jeu et prit le temps de la découvrir, explorant ses lèvres, taquinant de sa langue.
Il fut celui qui rapprocha leurs corps en s'emparant de ses hanches pour la porter à califourchon sur ses cuisses. Les gémissements qui s'échappèrent de leurs poitrines avouèrent leur état d'excitation. Ils gardèrent pourtant un rythme calme, voulant faire de cette soirée un moment inoubliable. Ils auraient tout le temps ensuite pour la sauvagerie.
Leurs mains exploraient inlassablement leurs corps, de haut en bas, de bas en haut, ici s'égarant entre deux seins, ici flattant une chute de rein. C'était des caresses calmes, parce qu'ils avaient le temps. Hermione les transplana directement sur son lit, démontrant sa capacité à se concentrer sur deux choses à la fois. Severus, lui, était trop égaré dans les brumes du plaisir pour s'en rendre compte.
Leurs vêtements disparaissaient un à un, ôtés ou déchirés. Leurs corps affamés se pressaient l'un contre l'autre. Ils étaient agités, affamés et ne trouvèrent le repos que lorsque Severus pénétra enfin Hermione. Alors commença le plus vieux ballet du monde.
La sonnette à l'entrée de l'appartement provoqua un branle bas de combat dans le champ de bataille qu'était devenu le lit d'Hermione. Deux têtes émergèrent des draps, hagardes, désorientées. Le grognement qui s'échappa de la gorge de la jeune fille aurait pu faire fuir le visiteur s'il l'avait entendu. Elle regarda Severus et sa mauvaise humeur s'envola quand elle vit sa tête.
- Dis-moi que tu attendais la visite du Ministre de la Magie, parce que si c'est pas lui, je commets un meurtre.
- Oh non. Merlin !
- Merlin en personne ? Alors je vais accepter de sacrifier une grasse matinée coquine sans protester.
- Idiot. Harry m'avait dit qu'il passerait dans la journée.
- Potter ? Oh non, pitié. Ne me dis pas que je vais devoir subir une crise de la part de Saint Potter dès le matin. Tu es sûre que ça ne pourrait pas être quelqu'un d'autre ?
- Je n'ai pas beaucoup de visiteurs, et la plupart ont pris la très mauvaise habitude d'entrer sans sonner. Harry est le seul à avoir encore un minimum de respect envers mon intimité.
- Plus pour très longtemps.
- Et bien sois gentil de t'habiller. Je vais quand même conserver quelques petites choses pour moi. Manquerait plus que j'aie de la concurrence !
- Potter ?, s'étrangla Severus.
- Hum, oui, tu ne savais pas ? Pourquoi penses-tu qu'il ait défendu Drago devant le Magenmagot ?
- Je pensais que c'était son âme de sauveur, son complexe du héros.
- Finis de t'habiller, je vais le retenir au salon.
Elle quitta la chambre, vêtue d'une simple robe noire passée en toute hâte. Le visiteur à la porte se révéla être bien le héros de guerre Harry Potter, assez inquiet. Trouver Hermione au saut du lit à presque neuf heures du matin lui était impensable. La jeune fille se levait avec le soleil, toujours en train de travailler.
Et là, les cheveux en bataille, l'air encore ensommeillée, elle était assez effrayante. Il la laisse préparer le café et s'installa au salon, amusé par les livres étalés partout. Hermione resterait éternellement Hermione. Il se retourna en l'entendant revenir, réflexe de guerre oblige, et s'étouffa avec sa propre salive. Severus Rogue en personne se tenait dans l'encadrement, les cheveux aussi en bataille que ceux d'Hermione.
Il ne fallait pas être devin pour comprendre ce qu'Harry venait d'interrompre. Hermione ne s'était pas levée pour compenser ce qui avait du être de toute évidence une soirée agitée. Le maître des potions le salua comme si c'était la chose la plus naturelle du monde que se trouver dans le salon de la jeune femme. Harry se demanda depuis combien de temps ils étaient ensemble.
- Monsieur Potter.
- Professeur Rogue.
-Ah Severus, tu es levé, intervint Hermione. J'ai mis du café en route, tu en prendras une tasse ?
- Je vais plutôt repasser chez moi pour me changer et attaquer un nouveau chaudron. Je repasserai dans la soirée.
Ils s'embrassèrent brièvement, Harry choisissant soigneusement de détourner le regard. Certaines choses devaient rester inconnues, et pour protéger sa santé mentale, il classait la vie privée d'Hermione dans ce qu'il était bon d'ignorer. Dès qu'il fut parti, elle se tourna vers lui en se tordant nerveusement les doigts.
- Je peux t'expliquer.
- Ca je n'en doute pas mais je t'assure que je n'ai besoin d'aucun dessin sur ce que font un homme et une femme.
- Ca ne te choque pas ?
- Si, mais c'est toi qui vas devoir le supporter, pas moi.
Elle sourit, soulagée qu'il ne parte pas en courant. Le café prêt, ils le sirotèrent en discutant de certaines affaires. Ils ne s'étaient pas vus depuis longtemps, pourtant les sujets de conversation étaient rares. Ils prenaient soin d'éviter tout ce qui concernait les Weasley de près ou de loin.
La dernière conquête de Sirius, une blondasse décérébrée, conclut la conversation. Harry devait retourner auprès de Drago et Hermione avait cours en début d'après-midi. Ils se saluèrent comme deux vieux amis, histoire de maintenir l'illusion que leur vie n'avait pas volé en éclats et chacun repartit de son côté, ignorant quand ils reverraient l'autre.
Lorsque Severus revint lui annoncer que la potion avait encore explosé, Hermione n'était plus dans l'appartement. Il hésita un instant à s'installer pour l'attendre, et décida qu'elle n'en serait pas fachée. Il opta pour un café bien serré, la nuit avait été agitée et le manque de sommeil se faisait ressentir. Un mot sur le frigo attira son attention.
"Severus,
Je suis en cours, je rentrerai tard, vers 21h, il reste des pâtes en salade dans le frigo et une part d'omelette norvégienne dans le congélateur. Pattenrond viendra surement te réclamer à manger, les croquettes sont dans le placard sous l'évier, sa gamelle à côté de la fenêtre. Les serviettes pour la douche sont sous le lavabo.
Bisous
Hermione"
Une douche n'était pas une mauvaise idée. Il se décida donc pour la salle de bain, délaissant le café qu'il prendrait ensuite avec un bon livre. Lorsqu'Hermione rentra, il avait nourri le chat et fait sa vaisselle, et il l'attendait avec une bonne tasse de thé. Elle eut l'air ravie de le trouver dans son salon. Leur baiser marqua la fin de la pauvre tasse de thé qui resta délaissée dans le salon. Cette nuit encore, ils dormirent peu.
Chapitre 5 : Le début du bonheur
Chapitre 5 : Le début du bonheur
