Auteur : Drusilla

Paring : HG/SS, pour de bon cette fois.

Rating : M

Disclaimer : J'emprunte Severus et Hermione, un peu Poudlard et beaucoup de magie. Rowling sera, je suis sûre, partageuse.

Résumé : Les années qui s'écoulent ne changent rien à la douleur. C'est un mensonge d'affirmer que ça ira mieux avec le temps. La douleur ne s'atténue pas. Mais on apprend à vivre avec.


Okay, puisque c'est si gentillement demandé par capucine (*tire la langue*), voici le chapitre 6. Un grand merci à tout ceux qui m'ont reviewer. La fin de l'histoire lundi prochain.


Chapitre 6 : Le début de l'enfer

Severus se réveilla à l'aube, comme toujours. Il aimait être levé avant les autres, et profiter d'un peu de solitude. Il fut donc fort étonné de trouver le lit vide, à l'exception d'une petite boite argentée. Le ruban vert lui apprit qu'elle était clairement destinée à un Serpentard, et il était le seul dans la vie d'Hermione, enfin à sa connaissance.

Une clé reposait dans la boîte. Pas n'importe quelle clé. Celle de son appartement. C'était symbolique bien sûr puisqu'il transplanait chez elle mais le geste le toucha profondément. Une toute petite clé de rien du tout qui signifiait beaucoup. Ce n'était pas que son appartement qu'Hermione lui ouvrait. C'était son cœur, c'était sa vie.

Elle n'était pas là, mais l'emploi du temps laissé dans le salon lui apprit qu'elle était encore en cours. Elle aurait fini sa journée à midi, il pouvait l'emmener manger au restaurant et parcourir ensuite les quais de la Tamise. Peut-être rentreraient-ils précipitamment, comme deux amoureux impatients, ou bien laisseraient-ils trainer la soirée en discussion animées.

Severus rentra chez lui faire ses valises. Il était évident qu'il passerait peu de temps dans ses appartements à présent, préférant la compagnie d'Hermione. Il avait prévu de rentrer avant la jeune femme, cependant c'était sans compter Albus et sa légendaire curiosité qu'il dut pleinement satisfaire. Oui il quittait le château, oui il était amoureux de son ancienne élève, non il ne savait pas ce qu'il faisait, et il s'en foutait, il voulait vivre l'instant présent.

Il ne revint à l'appartement qu'après-midi. Il transplana directement pour ne pas perdre de temps et faire sursauter Hermione. Elle n'était pas dans le salon, un bruit le dirigea vers la cuisine mais c'était son chat. Un autre bruit l'amena dans la salle de bain. Elle était là, et d'après la voix qu'il pouvait entendre, pas seule. Ne sachant pas s'il pouvait se montrer, il jeta un coup d'œil par la porte et ne vit personne d'autre qu'elle.

Elle marmonnait dans son coin, mais pas de la manière dont quelqu'un râle seul ou bien se parle pour se concentrer, non, elle semblait tenir une conversation. Il tendit l'oreille, et perçut des bribes de conversation.

- Faudrait que j'envoie clairement bouler Mike, il commence à sérieusement me prendre la tête. En quelle langue je dois lui dire que je ne veux pas de lui ? Non mais tu l'as vu ? Ce gamin pré-pubère joue à la console tous les soirs, regarde les matchs de foot et sort en boîte de nuit. Franchement mon Ange, je ne sais pas ce qui me retient de lui en coller une. Ca ferait du bien à son égo démesuré.

Severus n'entendit pas la suite, reculant précipitamment vers le salon. Il ne voulait pas savoir. Il refusait de l'entendre. Elle lui parlait. Comme s'il était près d'elle. Il était mort. Merlin, comment lui faire comprendre une bonne fois pour toutes qu'il ne reviendrait pas, qu'il n'était pas là ! Mort. Et elle qui lui parlait. Et lui qui l'aimait assez pour faire comme si de rien n'était.

Il appela Hermione du salon, elle apparut avec un sourire radieux. Il lui rendit sourire et baiser, l'invitant à manger dehors. Ils transplanèrent directement dans le cœur de Londres et trainèrent dans les rues à la recherche d'un restaurant. Le reste de la journée se déroula dans la joie et la bonne humeur et il fit comme s'il ne sortait pas avec une fille complètement folle.


Les jours continuèrent à s'écouler dans le bonheur d'un jeune couple qui se découvre. Severus craquait de chaque petite manie qu'avait Hermione et cette dernière tombait amoureuse de l'homme qu'elle découvrait à nouveau. Ils passaient leur temps libre ensemble, profitant des vacances puisque Severus ensuite serait plus occupé. Hermione eut même son mois d'août car l'université fermait.

Ils en profitèrent pour voyager un peu dans le sud de l'Europe. La méditerranée était chaude et les gens accueillants. L'Espagne leur révéla les secrets de l'alchimie, la France les passionna par ses grandes familles sorcières et l'Italie les fit rire de leurs légendes.

Cela devait sembler le bonheur absolu. Ca l'était. Quand Severus fermait fort les yeux. Pour ne pas voir ses larmes, ignorer ses insomnies, oublier son silence. Ce terrible silence, ces moments où, il le savait, elle se retenait de hurler son prénom. Quand ils faisaient l'amour ou quand elle faisait un cauchemar.

Et puis il y eu ce jour terrible de fin août. Ils étaient rentrés la veille au soir, crevés. Leur lit les avait accueillis immédiatement, Pattenrond confié à Sirius et sa dernière conquête, une jeune femme dépressive. Enfin entre temps, le pauvre chat avait du rencontre plus de nouvelles femmes qu'il n'avait de griffes.

Mais le chat n'était pas la préoccupation de Severus ce matin là. Il se demandait comment il allait pouvoir pondre un programme en accord avec les dernières lubies du ministère concernant les ASPICs. Il s'apprêtait à chiffonner la feuille en hurlant sur les bureaucrates incapables quand Hermione apparut à la porte. Il oublia aussitôt ses soucis, d'abords parce que la jeune femme l'obnubilait quand elle entrait dans une pièce, ensuite parce qu'il voulait la charrier sur le temps qu'elle avait passé à se préparer ce matin.

Mais les mots moururent sur ses lèvres. Elle se tenait droite, fière malgré les tremblements de son corps. Toute de noir vêtue, sa peau blanche devenue porcelaine, elle le fixait. Cherchant un accord qu'il ne pouvait pas donner. Prête à briser l'illusion de bonheur qu'ils avaient établie.

Il ne put supporter son regard. Il baissa les yeux sur sa tasse de café et s'aperçut qu'il tremblait tant que le café avait taché le parquet. Il devait la laisser partir. Dire oui. Il garda la tête baissée. Un profond soupir lui échappa.

Lorsqu'il finit par trouver le courage de lever les yeux, elle regardait par la fenêtre. Son visage marqua sa concentration tandis qu'elle disparaissait vers le cimetière. Le sien se tordit d'une souffrance qu'il n'avait plus à cacher. Les larmes s'accrochèrent à ses cils, il les balaya de la main.

La journée sembla s'étirer en longueur. Elle revint à l'heure du dîner, dans le silence le plus total. Il était attablé à table devant une assiette pleine, qu'il n'avait pas touchée. Les pates étaient froide et la viande durcie, sans que cela n'ait d'importance. Hermione s'assit devant l'autre assiette, mais n'eut pas le culot de faire semblant de manger.

Ils se couchèrent immédiatement après avoir débarrassé une table intouchée. La tête d'Hermione sur la poitrine de Severus les réconforta tous les deux. Le drame était fini, demain serait comme hier. Elle y retournerait régulièrement, il le savait. Elle avait besoin de lui autant qu'il avait besoin d'elle.

Le paradis mêlé à l'enfer.