Bonjour/bonsoir !

Ouh la la, autant de review pour un aussi long retard, j'ai honte. Je ne le mérite pas *se frappe la tête comme Dobby*. J'espère que ce chapitre compensera un peu mon immense retard. Il faut dire que mon rythme d'écriture est très trèèès aléatoire (on ne l'avait pas remarqué), l'inspiration ça va et ça revient... oui bon en fait, c'est juste que je suis une flemme. Si vous aussi vous avez la flemme de reviewer je ne vous en voudrais pas XD.

Voici donc le chapitre 3. Comme précédemment, les réponses aux reviews que je n'ai pas encore commentées se trouvent à la fin du chapitre. Merci à tous !

Disclamer : Les personnages appartiennent toujours à Eoin Colfer (merci !). Ma fic se déroule après le tome 6 (même si l'avoir lu n'est pas primordial pour la compréhension).

Rater : K+ encore et toujours (cf. la fin mes commentaires de fin pour le lemon).

Paring : Rien de précis pour le moment, juste des allusions xD

Résumé : Artemis Fowl II est sur le point de fêter ses quinze ans, lorsqu'il reçoit un appel désespéré de Foaly : Holly a été contaminée par un virus inconnu du Peuple des Fées, un virus qui peut aussi bien toucher les humains. Problème : aucun remède n'existe. Du moins… pas encore. Le petit génie irlandais est donc appelé à voyager dans le futur afin de ramener cet antidote. Nouveau problème : Dix ans plus tard, c'est à une multinationale du nom de Fowl Industries qu'il appartient. Et cette entreprise est dirigée par l'héritier irlandais le plus intelligent au monde. Un héritier qui a tiré un trait sur son amitié avec le Peuple des Fées il y a des années de cela, car il les tient pour responsables d'une tragédie survenue dans sa famille. Autant dire que pour l'Artemis adolescent, rencontrer son aîné ne va pas être simple. Car sans l'influence positive de sa mère et de Holly, Artemis Fowl II est retombé dans son milieu naturel… Je vous le donne en mille ?

Note : Rien x) j'espère juste que vous appréciez ce bal, autant que je me suis amusée à l'écrire n_n

llllllllllllllllllllllll

Chapitre 3

MINERVA CONTRE ARTEMIS, BUTLER CONTRE JULIET

FOWL INDUSTRIES, DUBLIN, IRLANDE. 18H30.

Barbra leva les yeux au moment où la porte du bureau de son patron s'ouvrait à la volée. Elle en profita pour l'intercepter :

– Monsieur Fowl ?

– Je n'ai pas le temps Barbra.

– Cela ne prendra que deux secondes, mons…

Artemis Fowl se retourna avec un regard qui la fit taire immédiatement. Il avait déjà atteint la porte qui menait au couloir. Il recula de quelques pas pour arriver à la hauteur de sa secrétaire :

– En soi, il est physiquement impossible que les paroles que vous vous apprêtez à prononcer tiennent en deux ridicules petites secondes, mais puisque vous tenez tant que cela à me mettre en retard, allez-y je vous en prie.

Et il songea : De toute manière ce temps sera retenu sur votre paye. Barbra, qui était habituée aux manières de son supérieur – enfin presque – déglutit et afficha un pauvre sourire navré. On aurait dit qu'elle avait lu ses pensées.

– C'est que… c'est urgent, monsieur.

– Cinq mots, quatre secondes. Il va falloir accélérer le rythme, Barbra.

La jeune femme grimaça, ce qui n'échappa pas à Artemis. Il se contenta cependant d'agiter la main en signe d'impatience. La secrétaire prit une longue inspiration. En-dehors du fait que son chef lui mette la pression, ce qu'elle avait à lui dire ne serait pas pour l'enchanter. Elle lâcha, en une phrase :

– Quelqu'un a tenté de s'introduire dans le système de sécurité de votre manoir ce matin, Stalker l'a remarqué en faisant les vérifications d'usage…

– Il y a combien de temps ? la coupa son supérieur.

– À peine une minute, monsieur. J'allais vous le dire lorsque vous êtes sorti…

– Et bien évidemment il a fallu que vous me fassiez perdre un temps précieux en tournant autour du pot ! Les secrétaires sont décidément impossibles…

La jeune femme pinça les lèvres elle avait épuisé son quota de sourires crispés pour la journée.

– … pour rattraper cela vous serez à votre poste trente minutes plus tôt, demain matin. Je serai là pour le vérifier, bien entendu.

– Bien entendu, répéta Barbra en baissant les yeux, morose.

– Eh bien, ne restez pas plantée là, faites-moi un rapport ! s'exclama Artemis, impatient. Ont-ils réussis à s'infiltrer ? Non, bien sûr que non. Fowl Industries n'a pas été élue société de l'année pour rien, quoique ce titre stupide ne soit que…

La secrétaire laissa son patron finir son petit jeu de questions-réponses personnel et tripota nerveusement son rapport en attendant qu'il daigne se rappeler de sa présence. Finalement n'y tenant plus, elle lui tendit les papiers. Plus tôt il quitterait ce bureau, mieux elle s'en porterait. Même si elle ne finissait de travailler que dans deux malheureuses heures.

– Tenez, tout est là ! s'exclama-t-elle en lui remettant le dossier. Vous pourrez le lire en toute tranquillité durant votre trajet et prendre les dispositions nécessaires…

– Vous avez raison, Butler va entendre parler de moi. Bonne soirée, Barbra.

– Bonne soirée monsieur, soupira l'intéressée.

Une fois la porte refermée, elle se laissa retomber sur son siège. Elle avait beau être constamment débordée de boulot, ce dernier l'épuisait moins physiquement que psychologiquement, c'était certain.

llllllll

ROYAL MARINE HOTEL, DUBLIN, IRLANDE. 18H31.

Qu'y avait-il dans la capsule temporelle d'Artemis ? Ce n'était pas, comme Butler le supposait, une clef à port USB ou tout autre objet électronique. Comme le signifia son Principal, la technologie actuelle (celle du futur) risquait de se montrer incompatible avec les ordinateurs actuels (ceux du passé). C'était donc, à la grande surprise de Butler… un bout de papier. Si, si tout à fait. Une bonne vieille feuille blanche pliée en quatre. Lorsque Artemis la déplia sous ses yeux ébahis, il put y lire toute une série de chiffres.

– Qu'est-ce que c'est ?

– Quelques codes, vieux frère. J'avoue que c'est particulièrement basique, mais en l'absence de technologique fiable – il jeta un regard glacial à son téléphone portable qui trônait, inutile, sur une table basse – je me dois d'improviser.

– Vous improvisez à merveille, Artemis.

– Oui, enfin… c'était une façon de parler.

Butler sourit. Il était vrai que les mots « Artemis » et « improvisation » semblaient difficilement compatibles. Holly était bien plus douée dans ce registre. Holly… Le garde du corps soupira. Pourvu que tout fonctionne à merveille… Mais avec un autre Artemis comme adversaire, cela semblait difficile. Il n'y avait qu'à espérer qu'ils auraient l'effet de surprise pour eux et que le jeune Artemis aurait l'esprit plus dégourdi que le vieux. Même si ce dernier n'avait que vingt-cinq ans et que les cellules de son cerveau n'avaient pas encore commencé à se désagréger. Butler jeta un regard circulaire à la chambre qu'il partageait avec son principal. Ce n'était pas une suite, car Artemis voulait faire preuve de discrétion. Mais elle comportait tout de même deux lits double et deux salles de bains en marbre, ainsi qu'une vue époustouflante sur la ville de Dublin. C'était ce dernier point qui inquiétait Butler, car une aussi grande fenêtre nuisait à leur sécurité à tous les deux. Et si jamais l'Artemis du futur avait remarqué la brève intrusion du plus jeune dans son système de sécurité ce matin-là… ? Non, quelle question ! Bien sûr qu'il l'avait remarqué. Butler ne l'avait peut-être pas encore rencontré, mais il avait là son double miniature et il était certain d'une chose : Artemis Fowl ne s'appelait pas Artemis Fowl pour rien.

– Quelle est la suite des opérations ?

Artemis releva les yeux de l'ordinateur portable qu'il avait acheté la veille – ainsi que deux costumes Armani afin d'être un minimum présentable – dans lequel il entrait une partie des codes.

– Grâce à mon piratage matinal – il sourit – j'ai appris que mon moi futur avait rendez-vous avec un client ce soir. Emerick Wable. Son nom me disait quelque chose alors je me suis renseigné. Son entreprise était partenaire avec celle de mon père avant sa… disparition. Depuis mon père a coupé les ponts. Monsieur Wable n'a jamais été quelqu'un de très fiable, vous comprenez. Apparemment il se serait repenti par la suite. C'est du moins ce qu'il affirme dans une interview qu'il accorde à un magasine people, commenta Artemis sans retenir une légère grimace de dégoût. Mais il semble aussi qu'il soit en grande négociation avec mon double-moi.

– Et si les fées n'ont pas menti, alors il y a de fortes chances pour que ces deux-là préparent un mauvais coup, c'est bien cela ?

– C'est ce que je pense, oui. Enfin, nous verrons bien cela sur place.

Butler afficha un air atterré.

– Vous voulez y aller ? Si tôt, alors que vous venez de pirater votre… enfin, son système de sécurité ? Mais enfin, Artemis…

– Du calme, Butler. Wable organise un bal masqué. C'est durant celui-ci qu'aura lieu le rendez-vous.

Butler resta silencieux. Il ne savait pas si cela était censé le convaincre ou au contraire l'inquiéter davantage… Mais Artemis lui tapota une nouvelle fois le bras. Un geste si rare en deux jours laissa l'Eurasien perplexe. Pourquoi Artemis semblait-il si soucieux de le rassurer ? Une constatation effarante lui vint à l'esprit : et si en faisant cela, c'était lui-même qu'il tentait de rassurer ? Non… impossible. Il savait qu'il n'aurait pas dû lire ces bouquins de psychologie que Juliet lui avait conseillés.

– À quelle heure commence ce bal ? soupira-t-il, convaincu – surtout du fait qu'il n'avait pas son mot à dire.

– À dix-neuf heures trente. Mais nous n'y serons pas avant vingt-deux heures, répondit tranquillement Artemis.

Butler regarda sa montre.

– Vous comptez arriver avec trois heures de retard ?

– Comme les stars, compléta l'adolescent avec un petit rire, certain d'avoir fait un beau trait d'esprit.

Butler soupira. Il en était certain à présent : ces cours de théâtre que les parents d'Artemis lui avaient proposé étant plus jeune auraient été bénéfiques. Comme il regrettait de s'y être interposé pour une simple question de sécurité (c'est grand, un amphithéâtre) ! Et en parlant de lieu potentiellement dangereux…

– Où aura lieu le bal ? demanda-t-il encore, tandis que son principal fermait le petit ordinateur de poche.

Le château de Dublin, répondit en français l'héritier Fowl, avec un parfait accent. Il enfila sa veste Armani et tendit la sienne à Butler.

– En quoi voulez-vous vous déguiser, vieux frère ?

llllllll

DUBLIN CASTLE, DUBLIN. 19H30.

Artemis Fowl deuxième du nom était toujours à l'heure. Surtout quand il avait rendez-vous. Il considérait le retard comme un manque de respect total envers ses clients. Et puis surtout, ce n'était pas bon pour son image. C'est pourquoi on comprend facilement pourquoi il croisait les bras et faisait la moue à l'arrière de sa Bentley.

– Nous y sommes presque, commenta Juliet avec un sourire.

– Taisez-vous. Je ne veux pas vous entendre.

La jeune femme soupira.

– C'est encore cette histoire de piratage informatique ?

– Stalker et vous êtes responsables de la sécurité du manoir. Rappelez-moi de renvoyer cet incapable.

– Je suis désolé, monsieur Fowl, fit ce dernier qui était au volant de la Bentley.

– Et rappelez-moi également de trouver un nouveau chauffeur. Si sa presbytie n'empêchait pas Butler de...

– Butler est parfaitement capable de conduire avec des lunettes adaptées, grommela Juliet, quant au problème de ce matin, il me semble que ni Stalker ni vous n'avez retrouvé trace du passage de ce prétendu espion…

– Stalker n'est pas infaillible, coupa Artemis.

Juliet soupira et reprit, plus calmement :

– Peut-être que si vous engagiez plus de personnel au lieu de les rendre multi-tâches, auraient-ils le temps de se concentrer davantage sur leur travail.

Artemis ne répondit pas. Il n'avait que peu confiance en ses subordonnés, et le peu d'entre eux à avoir cet honneur étaient exploités au maximum afin de faire des économies de personnel – et donc des économies tout court. Artemis n'était pas en pleine crise économique, loin de là. Ses affaires se portaient merveilleusement bien, comme toujours depuis qu'il avait repris entièrement l'entreprise familiale. Mais il était devenu, de l'avis de Juliet, plus grippe-sou qu'un vieux grincheux.

La jeune femme savait bien qu'elle pouvait se permettre ce genre de remarques uniquement parce qu'elle le connaissait de longue date, et elle compatissait régulièrement pour ce pauvre Stalker, dont la formation informatique ne le prédestinait aucunement à travailler pour un tyran pareil. Le jeune homme remonta ses lunettes sur son nez et désigna la route devant eux :

– Nous… nous y voici, monsieur Fowl.

– Pas trop tôt.

Artemis sortit de la voiture et tint vaguement la porte à Juliet, qui se débrouilla sans mal avec sa longue robe. À croire qu'elle l'avait portée toute sa vie. Cela aurait impressionné Artemis s'il n'était pas de mauvaise humeur comme d'habitude.

– Passez une bonne soirée, les salua le chauffeur-informaticien.

Il eut droit à un salut de la main de Juliet, et à un simple « ne soyez pas en retard » de son patron.

llllllll

Lorsque Minerva Paradizo entra au bras de son frère Beau, elle remarqua sans rougir que bon nombre de regards étaient rivés sur eux. Ils étaient déguisés en Arlequin et en Colombine les vêtements de Beau étaient quadrillés de couleurs pâles et, comme ceux de sa sœur, rehaussés de noir et de blanc. Leur chevelure blonde flamboyait presque au milieu de tout cela, et le maquillage clair de la jeune femme renforçait le bleu profond de ses yeux. Son frère portait bien son nom. Quant à elle, et comme elle pouvait se le permettre, elle portait un décolleté profond, et ce dans un but bien précis. Elle le vit arriver à grands pas dans sa direction et sourit intérieurement.

Miss Paradizo ! s'exclama chaleureusement Emerick Wable. Come stai ?

Sono bene, grazie.

– Ah, et voilà le jeune Bobo ! Come stai, ragazzo ?

Beau sourit faiblement, peu habitué à de telles marques de familiarité. Contrairement à sa sœur, il n'avait jamais rencontré l'excentrique personnage qu'était monsieur Wable.

– Bien merci. Je vois que vous êtes déguisé en Polichinelle ? fit-il remarquer tout en songeant que le rôle de Scapin lui eut mieux convenu.

– Et vous en Arlequin ! Quel charmant déguisement…

– Et quelle charmante fête, commenta Minerva avec un sourire éclatant. Vos convives ne risquent pas de s'ennuyer.

– Oh, mais si tel est le cas, qu'ils tirent la sonnette d'alarme ! s'exclama Wable avec un rire gras.

D'après le peu de choses qu'il savait sur Artemis Fowl, Beau en conclut que Wable et lui avaient un humour dangereusement proche. C'était sûrement pour cela qu'ils faisaient affaire ensemble. D'ailleurs… Il jeta un coup d'œil à sa sœur. Minerva faisait semblant de rire – avec talent. Elle engloba d'un large geste l'assemblée et ajouta :

– Vous avez beaucoup d'invités. Pouvons-nous nous permettre de vous accaparer plus longtemps ?

Peut-être était-ce une subtile manière de demander à s'éclipser. Peut-être pas. Dans tous les cas, Wable ne la saisit pas :

– Mais bien sûr que non ! Les invités ont tant à faire, et je serais ravi de vous avoir à mes côtés un instant encore, ma chère. D'autant plus que ce cher monsieur Fowl non è arrivato ancora.

– Vous avez donc rendez-vous avec Artemis Fowl ? fit Minerva sur un ton parfaitement surpris.

– Eh oui. Mais il n'est pas encore arrivé, répéta Wable en anglais cette fois-ci. J'espère qu'il ne tardera pas trop. En attendant, j'espère que vous me tiendrez compagnie !

Sapete ciò che si dice, vous savez ce que l'on dit..., sourit malicieusement Minerva.

– … les absents ont toujours tort, compléta Artemis Fowl sur un ton doucereux.

llllllll

Il était juste dans son dos. Minerva sursauta et grinça des dents. Un point pour Fowl. Très bien. Heureusement, personne en dehors de son frère, au bras duquel elle était toujours accrochée, ne semblait l'avoir remarqué Wable saluait déjà Artemis et ce dernier évidemment faisait tout pour l'ignorer. Impossible donc de savoir quel effet lui avait fait sa présence ici.

– J'ai bien cru que vous n'arriveriez jamais, s'exclamait joyeusement Wable. Avete rischiato di inquietarmi.

– Je suis désolé, je ne parle pas l'italien.

Menteur, songea Minerva. À elle il lui avait dit des mots en italiens. Des mots que nous ne citerons pas ici.

– Ah, c'est vrai, j'oubliais. Je disais que votre retard avait failli m'inquiéter. Vous avez été retenu, mon ami ?

– Par un chauffeur incompétent, oui, commenta Artemis avant de se retourner. Vous connaissez déjà Butler, bien sûr.

Ah, sì ! Sono incantato di rivedere una se bella ragazza ! Je suis ravi de vous revoir, ma chère.

Juliet sourit poliment. En tant que garde du corps, elle ne pouvait pas se permettre de minauder comme Minerva. Et c'était tant mieux car physiquement, Juliet en imposait davantage avec sa longue silhouette à la fois fine et musclée et sa chevelure à faire pâlir d'envie les meilleurs vendeurs de cosmétiques. Bien sûr, elle mettait en valeur Artemis, qui restait très discret malgré son déguisement. D'ailleurs il avait enlevé son masque. Il avait choisi de jouer la carte de la sobriété, comptant probablement sur sa cavalière pour contenter les exigences de Wable et son goût pour l'excentricité. Mais Juliet n'était qu'une figurante comparée à Minerva, qui pouvait jouer de ses charmes pour se mettre Wable dans la poche. L'héritière Paradizo songea que tous les atouts étaient donc de son côté. Ne manquait plus que le « valet » de ce monsieur, et elle pourrait alors sortir sa carte majeur. Elle allait engager la partie lorsque Wable crut bon de faire les présentations :

– Artemis mon ami, vous connaissez peut-être Miss Paradizo ? Une jeune femme qui porte bien son nom…

– Nous nous connaissons, en effet, répondit l'héritier irlandais, peu désireux de commenter la deuxième affirmation.

Minerva sourit brièvement à son intention puis se tourna vers Wable. Mais Fowl fut plus rapide :

– Je m'excuse pour mon retard, bien sûr. Peut-être pouvons-nous rattraper le temps perdu et nous mettre à…

– Comme vous l'avez dit, monsieur Fowl, les absents ont toujours tort, fit Minerva sur le ton de la plaisanterie.

Artemis sourit à son tour brièvement, quoi que cela ressemblât plus à une grimace :

– Mais certains auraient parfois tort de le penser.

– Minerva ! s'exclama Bobo pour couper court à toute discussion. N'est-ce pas ton amie Alexa que je vois là ?

La jeune femme remercia intérieurement son frère. Il valait mieux éviter de commettre un meurtre – passionnel, aurait dit Bobo – ce soir-là.

– Ah, elle est au bras de mon fils. Vous ne connaissez pas encore Ricardo, je me trompe ? Ricardo ! Vieni qui !

Minerva songea à remercier doublement son frère. Ricardo Constella. Son atout. Le fils aîné de Wable provenait d'un premier mariage – Wable s'était depuis marié et divorcé trois ou quatre fois – et son nom italien s'expliquait car il avait pris celui de sa mère après le divorce de ses parents. Il expliquait également pourquoi Wable parlait couramment l'italien. Le jeune homme s'approcha d'un pas non dénué de grâce. Contrairement à son père, il n'était pas ventripotent et excentrique. Mais son amour pour la gent féminine et son Q.I. – assurément inférieur à celui de Minerva – en faisaient une cible idéale. De plus, si Artemis refusait de communiquer en italien avec son client – pour des raisons qui ne regardaient que lui – Minerva n'allait pas s'en plaindre, et elle n'allait pas s'en priver non plus. Ce n'était qu'une barrière de plus qu'elle érigeait entre sa cible – Wable – et son rival – Fowl.

– C'est donc vous, Minerva Paradizo ? Mon père m'a beaucoup parlé de vous. Je suis enchanté.

Il lui baisa la main. Minerva sourit.

– Moi de même, monsieur.

– Vous êtes magnifique.

– Voyons ! Vous allez me faire rougir !

– Je suis certain que cela ne gâcherait pas votre beauté.

Artemis se racla la gorge. Il se tenait très exactement entre les deux jeunes gens et portait autant d'intérêt à leurs échanges qu'il l'aurait fait devant un match de tennis pour troisième âge. Il se força à sourire et fit un geste en direction de son client :

– Et si nous parlions affaires, pendant que ces deux-là font connaissance ?

– Avec plaisir !

– Si vous me le permettez, dit Ricardo tandis que Fowl et son client s'éloignait, je vous ferais visiter le château.

– Ce serait un plaisir. Je n'ai encore jamais eu accès à sa partie privée, mentit Minerva en faisant une totale abstraction de son jeune frère.

Beau ne broncha pas. De toute manière, Ricardo ne semblait pas l'avoir remarqué. Il repartait aux bras de deux jolies jeunes femmes et semblait ravi. Le jeune Paradizo sourit. Minerva devait l'être aussi. Il fit demi-tour et remonta le couloir qu'Emerick Wable, Artemis Fowl et Juliet Butler venaient d'emprunter. Il savait ce qu'il lui restait à faire…

llllllll

DUBLIN CASTLE. 22H08.

– Pouvez-vous me répéter vos noms je vous prie ?

– Dobroslav et Aleksej Svobodová, articula lentement Butler, dans un anglais fortement accentué.

Artemis ajouta, en hachant la moitié des mots et en insistant encore davantage sur l'accent tchèque :

– Peut-être y'a-t-il erreur et notre nom est mal écrit. Vérifiez à Svobodà je vous en prie.

L'homme de l'accueil transpirait à grosses gouttes. N'importe quel responsable aurait appelé la sécurité, mais son patron était Emerick Wable, et Emerick Wable interdisait ce genre de choses sauf cas de force majeur. Il ne fallait pas affoler les invités. De plus, l'homme de haute stature et l'adolescent au teint maladif qu'il avait là ne semblaient pas menaçants. Juste persuadé qu'ils étaient sur la liste des invités. Ne pas contredire le client. Le client est roi. Tels étaient les adages de Wable Entreprises. Dans cette optique, le pauvre responsable de l'accueil se força à sourire et à répondre aux attentes des deux étrangers le plus poliment du monde :

– Je suis navré messieurs. J'ai un Dominique et un Alexandre Serberade, mais c'est…

– Ah, merveilleux ! s'exclama Dobroslav-Butler. On a dû nous confondre.

– Souvent on francise ou américanise nos noms, ajouta Aleksej-Artemis.

– Pardon ? Non, je… enfin, vous êtes sûrs que… ?

Les deux « tchèques » s'éloignaient déjà.

– Si, si tout cela est parfaitement normal.

– Oncle Emerick va être si content de revoir nous, s'exclama Artemis en faisant semblant de saluer quelqu'un dans la foule.

Le responsable de l'accueil baissa le nez sur sa liste et la scruta d'un air dépité.

– Heureusement que c'était un novice, lâcha Artemis dans un exclamation dédaigneuse.

– Voilà pourquoi je vous ai conseillé de vous adresser à lui et pas à son collègue, sourit Butler.

Ils étaient à présent assez loin de l'entrée pour converser en bon irlandais sans peur de se faire démasquer. D'ailleurs en parlant de masques, ils en portaient un chacun. Butler, en bon garde du corps, avait opté pour un masque blanc et un costume noir à la coupe sobre, qui dissimulait un gilet pare-balles en kevlar, ainsi que quelques munitions. Disons qu'Artemis et lui avaient passé les deux dernières heures à faire « du shopping ». « C'est fou tout ce que l'on peut trouver quand on sait où chercher », avait commenté Artemis. Domovoï n'avait pu qu'hocher la tête. Il craignait ne pas être le seul garde du corps armé à cette soirée. Tous ces gens masqués lui donnaient des sueurs froides. Surtout que ce Wable ne semblait pas très porté sur la sécurité. N'importe qui pouvait être considéré comme une menace potentielle. Et Artemis avait tellement d'ennemis… Butler se ressaisit et songea que personne n'était probablement au courant qu'un Artemis et un Butler du passé se baladaient ici. Le seul Artemis qui risquait quelque chose à cause du nombre de ses ennemis, c'était celui du futur. Et Butler ne tenait pas à s'inquiéter pour lui. S'il réussissait à éviter son propre double, il serait content. D'ailleurs il scrutait chaque silhouette masquée à la stature plus grande et plus imposante que la moyenne, tout en se demandant si une rencontre entre deux Butler était permise, et si oui, quel impact elle aurait sur le paradoxe temporel. Artemis lui avait assuré qu'il était sûr à 99,9% que son double du futur n'ait pas subit d'effacement de mémoire, et que de ce fait sa précédente expérience du voyage temporel évitait toute mauvaise surprise quant à une rencontre. Il n'empêchait que Butler trouvait que cela devait rester une expérience choquante. Il jeta un coup d'œil à son principal. Contrairement à lui, son masque dissimulait entièrement son visage. Il était entièrement blanc, à l'exception de deux traits de peinture noire qui simulaient le contour des yeux. Quant au reste de ses vêtements, il s'agissait d'un costard et d'un pantalon noir rehaussés d'une cape blanche. Son déguisement restait sobre et on aurait en effet eu de la peine à imaginer Artemis en vampire par exemple, quoi que le rôle lui eût été à merveille. Le jeune Irlandais n'avait que rarement participé à un bal masqué. Et toujours sans se déguiser. Mais à présent que l'occasion, voire l'obligation, lui était donnée de se masquer, il considérait qu'il pouvait bien faire honneur au théâtre italien. D'autant plus que personne à part Butler ne saurait jamais qu'il s'était un jour pavané en costume de Pierrot. Il ignorait bien sûr que certaines relations de son double avaient également choisi d'incarner des personnages de la Commedia dell'arte. Quant au double en lui-même, il le croisa à de nombreuses reprises durant la soirée sans jamais s'en rendre compte. S'il restait tout aussi sobre que le sien, le déguisement de l'Artemis plus âgé cachait presque l'entièreté de sa silhouette. Et puis surtout, il était masqué. Le jeune Artemis n'aurait jamais pu deviner que cette personne – était-ce d'ailleurs un homme ou une femme ? – qui venait de passer devant lui était son jumeau plus âgé. Même Butler, qui s'attendait à rencontrer son propre lui du futur, ne prêta pas attention à un détail qui aurait pourtant dû couler de source :

– N'est-ce pas Juliet qui vient de nous dépasser ?

Le garde du corps se tourna vivement sur la gauche, direction dans laquelle Artemis pointait le doigt.

– Où ?

– Là. Une jeune femme avec un anneau de jade accroché à sa queue de cheval. Ça ne fait presque aucun doute. Vous la voyez ? Elle nous tourne le dos à présent.

– Bon sang ! s'exclama Butler. J'aurais dû m'en douter.

– Venez, suivons-la. Peut-être nous mènera-t-elle à mon futur-moi.

– Non. Attendez, Artemis.

L'adolescent se tourna vers son majordome et, derrière son masque pâle, lui jeta un regard interrogateur. Butler s'expliqua :

– Si Juliet est ici, c'est qu'elle assure votre… la sécurité de votre double. Je n'ose pas imaginer toutes les dispositions qu'elle a dû prendre dans un endroit pareil ! Et si cela se trouve, elle n'est pas venue seule.

– Vous parlez de votre futur vous ?

– C'est une hypothèse qui se tient. Vu la superficie du lieu à assurer, elle aurait pu me… lui demander de l'aide. À lui ou à quelqu'un d'autre. Dans tous les cas elle risque de très bien réagir à notre présence.

– Dans ce cas je ne vois pas où est le problème.

– Non, ce que je veux dire c'est… qu'elle risque de très bien réagir, pour une garde du corps.

– Oh.

– Oui… elle doit être surentraînée – un soupçon de fierté perçait dans la voix de Domovoï – et son but est avant tout de protéger votre vous-futur. Elle ne verra pas d'un très bon œil que quelqu'un la file. Et le temps que nous laissions tomber les masques pour nous expliquer…

– Vous avez raison. D'autant plus que je ne sais rien d'elle ou de vous dans le futur. Peut-être agirait-elle contre nous pour protéger mon moi-futur, même en sachant qui nous sommes. Nous ne savons pas à quel point elle lui est fidèle.

– Sûrement autant que je le suis envers vous, commenta Butler en soupirant. Souvenez-vous, quand vous projetiez l'enlèvement du capitaine Short… je vous ai toujours suivi, quelle que soit la… légalité de vos entreprises.

– Et je vous en remercie. Que proposez-vous, à présent ?

– Laissez-moi la prendre en filature moi-même. Je pense y arriver sans me faire repérer.

Il n'ajouta pas que la présence d'Artemis dans cette entreprise risquerait de la rendre plus compliquée, car son principal l'avait compris. Cependant il attendait sa réaction avec autant d'empressement – chaque seconde qui passait ne mettait que plus de distance entre Juliet et lui – que d'inquiétude, car il rechignait à laisser Artemis seul dans cette foule.

– D'accord, ne vous inquiétez pas pour moi, vieux frère. Je vais trouver de quoi m'occuper.

Il leva la main pour tapoter le bras de l'Eurasien, mais ce dernier le leva au dernier moment :

– J'y vais.

C'était pathétique mais il n'avait rien trouvé de mieux pour éviter ce contact avec son principal. À chaque fois qu'il faisait ce geste, Butler avait la sensation qu'il cherchait à exprimer sa propre appréhension. Artemis regarda s'éloigner son garde-du-corps et croisa les bras. Il leva le nez pour détailler le plafond. Le château datait en majorité du XIIIe siècle et avait longuement servi de siège au gouvernement britannique en Irlande. Bien évidemment, Artemis connaissait l'histoire de Dublin – et à fortiori de ce château – sur le bout des doigts. Mais il était vaguement tenté par une mise en pratique de ces informations et préférait se concentrer sur ce qui l'amenait ici plutôt que sur une visite des lieux. C'est également ce que pensait Minerva Paradizo au même moment.

llllllll

– Et cette pièce, voyez-vous…

– Très jolie, en effet. Comme toutes celles que nous avons visitées jusqu'à présent, coupa la jeune femme en retenant un bâillement.

Elle ne pensait pas que Ricardo Wable-Constella fut aussi calé en histoire architecturale. Dans le cas contraire elle lui aurait proposé une activité moins… prenante. Cela faisait plus de deux heures qu'ils visitaient les lieux. Bien sûr ils avaient fait des pauses plus au moins longues pour parler de tout et de rien, et en une autre occasion Minerva aurait été enchantée d'approfondir un peu ses connaissances sur le château de la capitale irlandaise… mais pas ce soir. Ce soir, sa cible était Artemis Fowl, et cette visite avec le fils Wable lui faisait plus perdre de temps qu'autre chose. Elle avait espéré s'attirer ses faveurs – et des informations capitales – en se montrant aimable et en faisant semblant de boire la moindre de ses paroles – comme son « amie » Alexa, la pauvre petite – mais elle se rendait compte à présent que cela ne menait à rien ou presque. Ou alors si lentement que même le sociopathe irlandais aurait réagit. Tandis que ce Ricardo, là… s'il avait remarqué qu'elle lui faisait des avances, il n'y répondait pas, préférant continuer dans son monologue ennuyeux et ennuyant. Minerva avait de sérieux doutes. Non pas quant à son charme mais plutôt concernant la réputation de Casanova de Ricardo. Pourtant elle en était certaine. C'était presque louche.

– Je meurs de soif, enchaîna-t-elle en s'asseyant dans un fauteuil, comme pour signifier qu'elle n'avait plus l'intention de bouger.

La salle dans laquelle ils se trouvaient était un petit salon meublé dans le style victorien, réservé aux petites réceptions.

– Voulez-vous que j'aille nous chercher à boire ? proposa Ricardo.

Minerva sourit pour se retenir de hurler. Comme si le message n'était pas assez clair !

– Je vous accompagne, s'exclama presque immédiatement Alexa.

– Je vous attends ici.

La réaction d'Alexa ne surprenait pas l'héritière Paradizo. Il y en avait au moins une qui ne contrecarrait pas ses plans ! Elle soupira lorsque la porte du salon se referma et s'installa plus confortablement pour réfléchir. Ça n'allait pas du tout, mais alors pas du tout ! Rien ne se passait comme prévu. Artemis devait avoir finit de parler affaires avec Wable, ce qui signifiait qu'il avait fait ce pour quoi il était venu. Quant à elle, c'était tout le contraire ! Elle détestait avoir l'impression que Fowl allait sortir victorieux de ce combat sans le moindre effort, tandis qu'elle échouerait lamentablement. Bobo dirait qu'elle prenait tout cela bien trop à cœur. Minerva n'en avait que faire. En-dehors de son honneur de jeune femme bafoué qui ne supportait pas de savoir Fowl prospère en affaires, il y avait aussi son instinct et son intelligence hors du commun qui lui soufflait que l'Irlandais manigançait quelque chose de pas très net. Il fallait découvrir de quoi il s'agissait. La jeune Française avait décidé d'en faire son objectif numéro un. Enfin, après l'humiliation publique de ce satané génie, bien sûr.

La porte du salon s'ouvrit et elle sursauta pour la deuxième fois de la soirée. Non content de la prendre au dépourvu, cela la coupait dans ses réflexions hautement importantes pour le reste de la soirée. Elle se redressa dans le fauteuil en songeant que Ricardo et son amie avaient fait bien vite. Puis elle vit que ce n'était pas eux.

– Qui êtes-vous ? s'exclama-t-elle en se levant promptement.

– Minerva Paradizo ?

L'inconnu avait une voix familière sans qu'elle sache qui il était. De plus, il portait un masque. Minerva avait enlevé son loup noir plus tôt dans la soirée et elle se sentit étrangement démunie face à cet inconnu masqué. Son imposante carrure devait y être pour quelque chose. Elle refusa pourtant de montrer sa gêne :

– Qui êtes-vous ? répéta-t-elle sur un ton qui n'admettait aucune autre réponse que celle qu'elle attendait.

L'homme parut réfléchir. Finalement il s'approcha d'elle en adoptant une attitude qui ne se voulait pas menaçante. Cette façon de faire rappelait quelqu'un à Minerva, mais impossible de savoir qui. Elle fustigea intérieurement son intelligence censée être légendaire ainsi que sa mémoire qui lui faisait défaut, tout en reculant de quelques pas.

– Attendez ! Je ne vous veux aucun mal. Je suis… je suis un ami d'Artemis.

Ben voyons ! songea la jeune femme. Comme si cela pouvait me rassurer.

– Je ne veux pas le savoir ! N'approchez pas ou je…

Une ombre passa derrière la grande silhouette de l'homme masqué, qui esquiva au dernier moment un coup de pied retourné. Il dut faire un sacré bond de côté pour l'éviter mais Juliet Butler n'en resta pas là. Elle prit son élan, sauta et lui décocha un nouveau coup, qui l'atteignit en pleine poitrine. L'homme fut projeté au sol et se releva avec peine. Juliet se redressa et sa longue robe rouge ne semblait même pas l'encombrer. Elle lâcha une exclamation de surprise, ses yeux verts pétillants au même titre que son anneau de jade :

– Cela faisait longtemps que quelqu'un n'avait pas aussi bien résisté à cette attaque, commenta-t-elle presque en guise de compliment.

– Juliet ! Arrête ! s'exclama l'inconnu.

Il se tourna vers Minerva :

– Je suis un ami d'Artemis !

La jeune femme resta silencieuse, prise au dépourvu. Elle avait oublié à quel point la garde du corps de Fowl se défendait bien.

– Ne l'écoutez pas, il ment, répliqua cette dernière. J'exige que vous décliniez votre identité.

L'homme baissa le nez mais resta muet et immobile un certain temps. Juliet ne broncha pas mais le surveillait dangereusement du regard, guettant la moindre réaction. Soudain il releva la tête, et un éclair de compréhension passa dans ses yeux. Il se redressa entièrement. Mais Juliet était prête. Elle se jeta sur lui avec ce fameux coup de pied imbattable… qu'il para d'un seul bras. La jeune femme se laissa repousser sans broncher, estomaquée.

– Comment… comment avez-vous… J'exige de connaître votre identité ! s'écria-t-elle.

L'inconnu semblait reprendre son souffle. Péniblement, il articula :

– La tornade de Jade.

– Pardon ?

Juliet semblait de plus en plus sidérée. Mais cela ne s'arrêta pas là.

– La tornade de Jade, répéta l'homme. C'est le nom que tu as donné à cette technique. Tu l'as inventée auprès de Mme Ko il y a des années de cela et, aux dernières nouvelles, tu ne t'en servais qu'en dernier recours ou pour impressionner tes adversaires.

Juliet était muette. L'homme fit un pas en avant mais elle ne bougea pas. Le regard ne Minerva faisait des allers-retours entre eux deux.

– Quelqu'un pourrait-il m'expliquer ce qu'il se passe ? demanda-t-elle enfin, après deux bonnes minutes de silence complet.

Personne ne l'écouta mais, après quelques secondes, Juliet prit la parole.

– Dom ? demanda-t-elle, secouée.

L'inconnu enleva son masque.

llllllll

DUBLIN CASTLE. QUELQUES MINUTES PLUS TÔT.

Juliet avait quitté la foule pour s'engager dans un couloir parallèle à la salle de réception. Butler la suivit discrètement pendant cinq bonnes minutes et, autant qu'il put en juger, sans se faire repérer. Sa sœur semblait faire le tour des lieux pour s'assurer que tout allait bien. Elle prêtait notamment attention aux recoins sombres et offrant une vue dégagée sur la salle principale et questionnait régulièrement ses subordonnés placés à l'extérieur à l'aide de ce qui semblait être un talkie-walkie incrustée dans son poignet, ou dans une des bagues ou des bracelets qu'elle portait. Butler songea avec admiration et appréhension à toutes les avancées que la technologie actuelle devait avoir fait en matière de sécurité. Était-il de taille à rivaliser ? Mais Juliet s'engagea soudainement par une porte dérobée, le coupant dans ses réflexions. Il se força à rester concentré et focalisé sur la cible de sa filature, afin d'oublier qu'il s'agissait de sa sœur. Ce n'est pas la Juliet que tu connais. Celle-ci est imprévisible et elle travaille pour l'Artemis du futur, se disait-il. Il emprunta prudemment la porte par laquelle elle était passée et se figea. Il se trouvait dans un salon joliment décoré mais mal éclairé, ce qui n'était pas à son avantage. La seule silhouette qu'il distinguait était bien féminine mais quelque chose lui disait que ce n'était pas Juliet. Probablement car elle était assise dans un fauteuil…

– Qui êtes-vous ?

Butler avança d'un pas et les autres lampes de la pièce s'allumèrent à son passage. Il lui semblait reconnaître la voix de la jeune femme, mais à présent qu'il apercevait clairement son visage il était presque certain de la connaître. Il fronça quelques instants les sourcils, puis cela lui revint.

– Minerva Paradizo ? demanda-t-il.

La jeune femme eut une expression de recul mais réitéra sa question. Butler ne pouvait assurément pas lui répondre. Il ne trouva rien de mieux à dire que « je suis un ami d'Artemis ». Il ne pouvait pas deviner que ces deux-là ne pouvaient pas se voir en peinture, n'est-ce pas ? Mais il y songea brièvement lorsque Minerva prit une expression encore moins rassurée. Cependant, il n'eut pas le temps de méditer bien longtemps sur les causes d'une telle réaction, car son instinct de garde du corps l'informa d'un danger, juste dans son dos. Il l'évita de justesse et se retourna pour faire face à l'ennemi. Juliet ! Il n'eut pas le temps de parer le deuxième coup et s'étala sur le sol. Juliet se redressa, le toisant de tout son haut. Butler eut le loisir de la détailler un peu et constata qu'elle avait plus l'air d'une femme que d'une enfant, à présent. Le visage de la Juliet qu'il connaissait contenait encore les rondeurs de la jeunesse, mais celui-ci était définitivement celui d'une femme faite.

– Cela faisait longtemps que quelqu'un n'avait pas aussi bien résisté à cette attaque, dit-elle.

Evidemment. Ce quelqu'un, c'était lui. Butler en aurait sourit s'il n'était pas conscient qu'elle avait le dessus.

– Juliet ! Arrête ! Je suis un ami d'Artemis !

– Ne l'écoutez pas, il ment. J'exige que vous décliniez votre identité.

Butler ne répondit pas. Il savait que s'il tentait quoi que ce soit, Juliet aurait le dessus. Elle était déjà forte du temps où il la connaissait, mais là… elle avait amélioré ses techniques en dix ans, il n'y avait qu'à voir ce coup de pied ! À l'époque où elle l'avait élaboré, Domovoï était encore capable de le contrer, mais… Mais oui ! C'était cela, la clef du problème ! Une lueur d'espoir passa dans son regard et il se redressa. Seulement, et comme il l'avait prévu, Juliet ne le laissa pas faire. Cette fois cependant, il était prêt. Il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle utiliserait cette même technique… Oui. Elle prenait appui sur sa jambe forte avant de sauter sur celle prétendument faible. C'était Butler lui-même qui lui avait conseillé cette feinte afin de surprendre l'ennemi. Il se prépara mentalement à bloquer le coup, tendit le bras et espéra avoir encore assez de force pour tenir tête à sa petite sœur, au moins une dernière fois. Ce fut le cas. Il para le coup – avec peine, mais tout de même – et profita de la force centrifuge de Juliet pour tourner sur lui-même et la renvoyer au loin. Elle récupéra son équilibre et se redressa, l'air surprise.

– Comment… comment avez-vous… J'exige de connaître votre identité !

Elle semblait presque sur le point de paniquer. Un imperceptible sourire dansa sur les lèvres de son aîné.

– La tornade de Jade, dit-il.

– Pardon ?

– La tornade de Jade. C'est le nom que tu as donné à cette technique. Tu l'as inventée auprès de Mme Ko il y a des années de cela et, aux dernières nouvelles, tu ne t'en servais qu'en dernier recours ou pour impressionner tes adversaires.

Juliet ouvrit la bouche, comme pour rétorquer quelque chose, mais aucun son n'en sortit. Ils se regardèrent longuement dans les yeux. Malgré leurs masques respectifs, il était certain qu'une sorte de connivence passait dans leurs regards. Un respect mutuel, comme chez tous bons opposants. Ainsi que de la compréhension.

– Dom ?

Butler enleva son masque et sourit.

llllllllllllllllllllllll

Notes : Si ça vous intéresse de les chercher, l'hôtel Royal Marine existe évidemment, de même que le château de Dublin. Il suffit de taper « Dublin castle » sur internet pour en avoir un petit aperçu. J'ai trouvé qu'il convenait bien au bal masqué^^ Et j'espère que vous me pardonnerez les possibles fautes en italien (et merci Google traductor et Reverso xD) !

Dans le prochain chapitre, suite et fin du bal. En revanche je ne sais absolument pas quand je le posterai, car j'ai pas mal de choses en cours (notamment mes autres fics, sur lesquelles j'avais promis de poster en premier et sur lesquelles je suis évidemment autant en retard qu'ici, voire plus. C'est donc ce que je ferai avant de me lancer dans le chapitre 4). Je m'excuse d'avance ^^'

Les reviews, ça fait beaucoup plaisir.

Merci tout le monde pour vos reviews ! x3 Bon ça fait beaucoup à répondre mais je ne vais pas me plaindre, en plus c'est de ma faute j'avais qu'à pas prendre autant de retard xD Allons-y dans l'ordre alors (et j'espère n'oublier personne) :

Kingdom of Zetalnarury-88 : Ah, une nouvelle convertie, c'est bien ça xD Je suis contente que tu aies apprécié ma fic, en espérant que le chapitre 1 ait été clair pour toi vu que tu n'avais pas encore lu tous les livres. Pour ce qui est du chap' 2 et des allers-retours passé/futur, ce ne sera qu'occasionnel à partir de maintenant, puisque la majeur partie de l'action se déroulera dans le futur d'Arty. (Ah, mais maintenant que je relis le chapitre 2, c'est vrai que certains passages d'un point à l'autre ne sont pas très marqués, voire pas du tout (comme celui où Minerva téléphone). Pourtant j'étais sûr d'avoir clairement noté la séparation sur mon doc Word… -' Je ferai plus voyant la prochaine fois).

Mam'zelle Gaby : Merci beaucoup, c'est gentil^^ Je suis contente de voir que mon style ne s'éloigne pas trop des bouquins.

aurelili38 : Merci n_n

Ministarlet : Voilà la suite, enfin. J'espère que tu me pardonneras toute cette attente.

Ashura-Kageboushi : Oui on peut dire qu'Artemis a régressé (le comble pour un génie). Disons que certains événements (que je détaillerai plus tard sinon c'est pas drôle xD) et l'absence de personnes qui avaient une bonne influence sur lui n'ont pas arrangé son cas. Mais rappelons qu'au départ, il était comme ça. Comme le dit Holly ou je sais plus qui dans je sais plus quel tome, il aurait continué d'être comme ça s'il n'avait pas rencontré les fées. Ça m'a donné des idées on dirait x) Minerva n'est pas mon personnage préféré, mais j'espère la rendre plus agréable ici, vu qu'elle est censée avoir mûri. Non en fait, j'espère la rendre moins désagréable qu'Artemis, ce qui sera facile je pense xD Et tu avais donc bien deviné : deux Artemis et deux Butler (Dom' du passé et Juliet du futur lol) au bal.

Elysabeth : Oui et ce n'est pas fini ^^

nagrume : si tu tiens tant que ça au artemis/artemis, je ferais peut-être une scène où ça se produit dans le cauchemar de l'un d'eux mdr XD Pour le pairing, baah… ce n'est pas exclu, mais il y aura surtout des allusions, ce genre de choses. Je ne veux pas faire dans le lemon car ce n'est pas dans mes cordes et que j'aimerais rester dans l'état d'esprit du livre. Quant à Juliet, évidemment qu'elle a un copain. Peut-être qu'elle est en couple actuellement, d'ailleurs. Mais ne le dites pas à Butler.

lixD : Merci, contente que tout ça te plaise :) Eh oui pauvre secrétaire… elle est courageuse tout de même :P

Bloody Jack/Yaoi Rakuen : Alors, tout d'abord merci pour tes commentaires :) Merci aussi de te proposer pour le lemon. J'avoue, j'ai longuement hésité (en plus tu écris bien et tout). Mais je pense que ça contrasterait trop avec le genre d'Eoin Colfer, que j'aimerais bien garder. Donc ce n'est absolument pas parce que je ne veuille pas que tu l'écrives à ma place bien sûr (je suis vraiment nulle dans ce registre) °° juste que je préfère continuer dans le registre « tout public » on va dire. Voilà ^^'

Smarter 3 : Merci pour tes commentaires (sur Akuun no yoshi aussi n_n). Je suis contente que Minerva soit plus aimée. Pour Holly je ne sais pas encore xD La grippe est censée être mortelle, mais euh, une apparition dans le passé c'est faisable je pense. En tout cas elle reviendra en fin d'histoire. Si elle ne meurt pas. (Comme je suis cruelle ha ha… ha… *genre on ne se doute absolument pas de comment ça va se finir*.)

Alixe : Oh, merci pour tes commentaires ! C'est sympa comme projet^^ D'ailleurs j'ai été jeter un coup d'œil sur ton , c'est vraiment très utile °° (je retiens xD).

Voilà voilà. J'ai répondu à tout le monde, je suis fière xD En résumé, merci à tous. Vos commentaires me font plaisir, et même si je prends du temps à écrire sachez que je les lis régulièrement n_n

À dans pas trop longtemps j'espère ! x3