Nota bene : Merci à tous ceux qui ont lu le premier chapitre en espérant qu'il vous a plu. Voici le chapitre 2, un petit retour en arrière. Je remercie tout particulièrement Gen'V pour avoir pris le temps de m'écrire un gentil commentaire, mon tout premier commentaire pour mes fanfics sur Cold Case !
Je suis désolée pour le manque de régularité, mais j'ai un emploi du temps plus que chargé ces temps-ci. De toute façon, cette histoire aura une fin, pas de souci de ce côté, puisqu'elle est déjà écrite ! Assez de blabla, place à la lecture !
J'attends avec impatience vos réactions et critiques !
~oOoOo~
Philadelphie, 6 février 2000
L'obscurité ne rendait pas moins imposant le luxueux hôtel Philadelphia Marriott. C'était tout le contraire : les éclairages participaient à renforcer l'impressionnant bâtiment qui se trouvait encore plus magnifique. Une jeune femme entra rapidement et apprécia la chaleur qui la réchauffa immédiatement. Le somptueux hall dont la grandeur était un étalage de richesse ne semblait pas impressionner la nouvelle arrivée. Elle se contenta de retirer ses gants et de jeter un regard blasé sur le groom qui était comme à chaque fois captivé par ces grands yeux de biche. Elle se déplaça d'une démarche suffisamment chaloupée pour attirer le regard des hommes mais évitant toute once de vulgarité. Elle pénétra pour la énième fois dans le petit salon et s'installa au bar. Elle déposa ses gants et son chapeau délicatement, dévoilant une longue chevelure brune que devait envier plus d'une femme. Elle se tourna ensuite pour dévisager les gens présents dans la salle : l'heure tardive expliquait probablement le peu de clients. Un couple prenait un thé, tandis que quelques amis discutaient vivement du dernier match de baseball qui venait de se terminer et un homme seul buvait tranquillement son café en lisant le journal. Ce dernier attira l'attention de la jeune femme et elle ne se priva pas pour le détailler de la tête au pied. L'homme releva les yeux vers elle, ayant sûrement senti qu'il était observé. La femme ne se détourna pas, et soutint le regard, un sourire naissant au coin de ses lèvres dévoilant des dents parfaitement blanches. Le serveur s'approcha doucement d'elle :
« Marsha, tu ne devrais pas être là. Tu sais très bien que si tu restes, je vais avoir des ennuis.
- T'inquiète pas, mon petit chat. Tu n'as qu'à me servir un martini. Ils ne peuvent pas virer une cliente ? ajouta-t-elle d'une voix de velours avec un clin d'œil coquin. »
Alors qu'elle dégustait son apéritif tout en faisant glisser son pendentif sur sa chaîne, une femme d'une vingtaine d'année toute aussi bien apprêtée s'approcha avec un journal à la main. Ses yeux brillaient d'excitation :
« Marsha ? Tu as vu les journaux ?
- Quelle sornette encore ?
- Jack l'éventreur ! Il est de retour !
- Pfff ! C'est n'importe quoi Lucie… Te laisse pas avoir par ces torchons. Il ferait n'importe quoi pour vendre leur paperasse.
- N'empêche qu'ils n'ont pas inventé ces meurtres… Que des personnes exclues de la société tuées sauvagement. Écoute un peu ça :
Philadelphie est sous le choc ! Un nouveau corps – celui d'une femme - a été trouvé, mutilé non loin de la 21ème et de Spring Garden. Sans aucun doute le même meurtrier que pour les précédents meurtres que la ville a subi ses dernières semaines. La police n'a pour le moment aucun suspect et n'émet aucune conjecture alors qu'il semble indiscutable que les onze affaires sont toutes reliées. Les autorités ne seraient pas en mesure une nouvelle fois de rassurer la population face à ce nouveau Jack l'éventreur. Rappelons que les victimes sont dépourvues d'attache familiale et que les meurtres avaient tous lieu en plein milieu de la nuit. Les corps n'ont jamais pu être identifiés, et n'ont pas été réclamés. Face à cette barbarie sans nom et à l'inefficacité de la police, nous pouvons que recommander à nos concitoyens de ne jamais sortir la nuit sans être accompagnés.
- Combien de fois devrais-je te répéter que ce ne sont que des inepties ! Fais pas gaffe à ça. »
Voyant que l'homme ne l'avait pas quittée des yeux, elle fit un petit sourire plein de sous-entendu à Lucie qui le lui rendit. Marsha se leva en direction de l'homme et Lucie observa discrètement la scène espérant retenir le moindre geste de séduction qui pourrait lui servir plus tard. Marsha sortit du petit salon suivie de peu par cet homme si élégant.
oOo
La chambre était décorée avec goût, et sans trop d'excès contrairement au reste de l'hôtel. Marsha était à moitié allongée sur le lit et attendait patiemment, son pied battant la mesure sur une musique qui lui trottait dans la tête. Le clapotis de l'eau lui parvenait étouffé. Son sourcil gauche s'arqua à la pensée de la dernière phrase prononcée par ce « John » - c'est ainsi qu'il s'était présenté :
« Je vais prendre une douche, j'espère que cela ne vous dérange pas »
Un petit sourire amusé se dessina sur ses lèvres parfaites… Elle joua avec son pendentif quelques secondes, puis se leva, pour enlever son étole. Elle grimaça lorsqu'elle vit qu'elle avait oublié d'enlever le petit pansement blanc piqueté de sang sur le pli du coude. Elle l'arracha. Commençant à trouver le temps un peu long, elle fit quelques pas et glissa la main sur la commode en marbre puis détailla la sacoche en cuir noir posée dessus. La curiosité s'empara d'elle, elle tendit l'oreille et seul le doux bruit de l'eau se faufilait depuis la salle de bain. Elle jeta alors un coup d'œil à l'intérieur : une enveloppe kraft trônait sur le dessus. Marsha souleva délicatement et écarquilla les yeux de stupeur lorsqu'elle découvrit plusieurs scalpels et objets chirurgicaux dont elle ne connaissait même pas le nom. Son cœur s'emballa et elle déglutit difficilement, ses mains devinrent moites. Son sang ne fit qu'un tour et lorsqu'elle se décida à prendre ses jambes à son cou, une voix masculine se fit entendre derrière elle.
« C'est impressionnant n'est-ce pas ? Tu veux savoir comment on s'en sert ? Je vais te montrer… »
oOo
Une ruelle déserte, vide de toute présence. Une benne à ordures, quelques détritus çà et là. Un escarpin. Un sac de femme. Du sang. Une mare de sang. Un corps défiguré et mutilé atrocement. Deux cœurs dorés accrochés à une chaîne fine.
~oOoOo~
Philadelphie, mardi 30 janvier 2007
« Quel temps de chien ! Je m'y habituerais jamais !, grogna Valens tout en époussetant ses épaules pour enlever les quelques flocons de neige.
- Vous êtes pas croyables, les gars ! Quelle bande de poules mouillées !», se moqua Kat arrachant un rire franc à Lilly.
Les trois inspecteurs déposèrent leurs armes dans les casiers. Tout en s'avançant vers son bureau, Lilly dévisagea avec curiosité la jeune femme qui visiblement l'attendait. Scotty et Kat se dirigèrent vers la salle de repos pour accaparer la cafetière. Lilly s'approcha discrètement de Nick :
« Qui est-ce ?, demanda-t-elle sans quitter des yeux la femme.
- Elle s'appelle Lucie. Elle a demandé à te parler.
- OK. »
L'inspectrice s'avança vers Lucie. Celle-ci ne lui laissa pas le temps d'ouvrir la bouche, elle se leva précipitamment, faisant presque reculer Lilly :
« Vous êtes Lilly Rush ?
- Je suis Lilly, en effet. Et vous êtes ?
- Lucie. Lucie Bright. Vous enquêtez bien sur les affaires non résolues ?
- C'est exact. »
Cette réponse eut l'air de la soulager, car elle se laissa retomber sur la chaise, comme si toute force l'avait quittée brusquement. Voyant que son interlocutrice ne semblait pas prête à dévoiler les raisons de sa présence, Lilly enleva son manteau et son écharpe et tenta, sur un ton de plaisanterie :
« Je me suis toujours demandée comment autant de personnes connaissaient mon nom ? »
Lucie leva les yeux vers Rush et se justifia aussitôt comme si elle avait été prise en faute.
« Oh ! Mon mari est journaliste, et il a déjà écrit des articles en citant votre nom… Je me suis dit… Enfin, j'ai pensé… J'ai pensé que vous pourriez m'aider. »
Lilly l'incita à continuer d'un hochement de tête, Lucie fouilla alors dans son sac et sortit une coupure de presse chiffonnée.
« Je viens pour ça. »
L'inspectrice déplia délicatement le papier et lut rapidement l'article puis reporta son attention sur la femme devant elle.
« Mon mari réunit des articles et un maximum d'informations sur ce… cet individu. Il veut écrire un livre à ce sujet. »
Lucie ferma les yeux, prit une profonde inspiration. Lilly sentait qu'elle n'approuvait pas son mari sur ce projet et se doutait également que ce qu'elle avait à dire lui coûtait énormément.
« Je déteste tout ça. Je ne veux pas que mes enfants puissent tomber sur ces atrocités. Hier, j'étais en train de tout ranger, quand je suis tombée là-dessus. »
Elle sortit alors une photo de son sac. Horreur, inhumain. C'était les seuls mots qui envahissaient la tête de Lilly lorsqu'elle observa la photo. Un profond dégoût envers la race humaine s'empara de tout son être.
« C'est Marsha Fielding. Mon amie. Elle a disparu le 6 février 2000, cela fera presque 7 ans. »
Lilly fut prise d'une profonde compassion envers Lucie qui paraissait dévastée par cette découverte macabre.
« Je savais qu'il lui était arrivé malheur, mais personne n'a voulu m'écouter à l'époque. Maintenant, j'ai ça ! »
Elle avait presque hurlée cette dernière phrase. Elle était au bord de l'hystérie, ce témoignage lui était plus que pénible. Lilly mesura ses paroles, qu'elle prononça le plus doucement possible, tout en serrant la main de son témoin :
« Comment pouvez-vous être sure que c'est elle ?
- Le collier… C'était un cadeau de son père, une pièce unique venant de Russie… »
Ces derniers mots furent entrecoupés de sanglots. Lucie essaya de retenir comme elle put les larmes qui ne demandaient qu'à couler. Lilly posa une main sur l'épaule de la jeune femme et lui promit de parler de cette affaire à Stillman.
