Bonjour tout le monde,

Navrée, mille fois navrée de ce retard. J'ai eu beaucoup de mal à m'y remettre en ce début d'année 2023, autant à cause du rythme professionnel que des actualités peu reluisantes. M'enfin, me revoici et comme toujours, j'ai beau prendre du temps pour publier, je vous assure que la fiction sera menée à son terme. Ça n'est pas négociable.

Réponses :

Lardonforever : J'ai adorééééé lire ton commentaire aha, et je l'ai trouvé bien constructif, pas de doute là dessus xD

Pour "Un été à Grimmaurd", j'avoue avoir adapté ce que je voulais adapter, notamment sur les âges parce que bon, j'assumais moyen mon pairing dans cette configuration-là (oupsie doopsie ^^). Je suis super contente et flattée que les persos te plaisent et t'intéressent, ça fait très plaisir ! J'avais envie que tous et toutes soient un minimum construit et aient une ligne directrice. Et update fait, très bon timing aha xD En espérant que la suite te plaise !

Aventure : Merci beaucoup pour le commentaire ! Ravie que les réflexions et développements de personnages te plaisent, j'avais vraiment envie de faire des efforts là-dessus :) Merci pour ton soutien !

Meephoebo : C'était tout à fait constructif, merci beaucoup d'avoir pris le temps de le faire ! J'espère que la suite te plaira aussi et merci pour tes encouragements ! :)

Fleur d'Ange : Merci encore pour ton commentaire et ta fidélité ! Oui ça y est, nos amoureux ont craqué héhé ;) C'est sûr que cette révélation va changer la donne pour leur relation. Ah ben zut de flute, étrange comme phénomène en effet ! Merci en tout cas pour le signalement :)

Aliénor : Merciiiii encore ! Ravie que les retrouvailles t'aient plu ! :D et non, je vais arrêter un de ces quatre de les faire souffrir aha, message reçu ! ;) merci pour ton commentaire !

J'espère que vous allez bien et que vous passerez un bon moment à lire ce nouveau chapitre !

À bientôt, sans fautes, et tout commentaire est un vrai boost de motivation et d'amour 3

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Chapitre XIII : Renouveau

Sirius se réveilla avec les premières lueurs du soleil. Un parfum familier et entêtant l'avait profondément bercé toute la nuit. Il battit des paupières et se retrouva face à Hermione qui dormait paisiblement. De lourdes mèches brunes traversaient son visage et venaient se perdre au coin de ses lèvres. Allongée sur le côté, sa main tenait fermement la chemise qu'il avait revêtue avant de s'endormir. Le visage de Sirius s'illumina d'un sourire.

Sa main caressa lentement la courbe de ses hanches. Les événements de la nuit dernière lui revinrent en mémoire. Le désir se réveilla au creux de ses reins. Il s'absorba tout entier dans la contemplation de la jeune femme. La soirée avait pris un détour inattendu pour lui. Il pensait être reparti dans les affres de la dépression après la découverte de la prophétie. Mais c'était sans compter la venue d'Hermione.

Ses yeux irisés se fixèrent sur les lèvres mutines. Un seul baiser de la jeune femme avait réglé son dilemme. Il avait brutalement retrouvé ce dont il avait été privé depuis sa disparition. La nuit dernière avait tout d'une rédemption pour le beau brun. Pendant un instant magique, il avait retrouvé la tendresse de ses caresses, la douceur de ses baisers. Hermione lui avait été rendue. Ce sentiment le bouleversait plus qu'il n'aurait aimé le laisser entendre.

La jeune femme ouvrit les yeux, coupant court aux réflexions personnelles du sorcier. Son regard châtain s'ancra aussitôt dans celui de son amant qui la contemplait avec une infinie tendresse.

« Bonjour, murmura Sirius dans un sourire.

- Bonjour. » répondit-elle d'une voix douce.

Hermione hésita l'espace d'une seconde puis elle se rapprocha de lui jusqu'à ce que leur front se touchent. Sirius reprit les caresses tout le long de ce corps qu'il redécouvrait. Hermione contempla silencieusement son manège. Le regard de Sirius était rivé sur sa silhouette. Elle rougit de gêne.

« J'ai changé. » murmura-t-elle.

Les yeux anthracite de Sirius allèrent à sa rencontre. Hermione n'était plus la jeune fille filiforme qu'il avait connue avant la guerre. Les mois de privation lors de la chasse effrénée aux Horcruxes étaient derrière elle et lui avaient ainsi fait gagner quelques formes. Sirius fit défiler ses doigts contre le ventre et les cuisses de la jeune femme, provoquant des frissons contre sa peau.

« Tu es parfaite. » déclara-t-il.

Le regard assuré de Sirius lui enleva les maigres inquiétudes qui la retenaient encore. Hermione se rapprocha de lui et posa ses lèvres sur les siennes. Le beau brun vint caresser sa joue de ses doigts rugueux, nouant son bras autour d'elle. Leur proximité échauffa leur sang. Sirius se pressa davantage contre elle tandis qu'Hermione ondulait contre lui. Elle sentit un renflement contre son bas-ventre. Haussant un sourcil, elle quitta les lèvres de son partenaire et lui décocha un regard mutin.

« Je croyais avoir été clair : tu es parfaite et tu me plais » feula Sirius avec un sourire séducteur.

Un éclat de rire s'échappa des lèvres rougies de la sorcière. Sirius la fit basculer sous lui et l'embrassa à nouveau. Hermione laissa la langue suave de son partenaire l'explorer tandis qu'elle faisait défiler ses doigts fins sur son torse. Les boucles brunes de son amant tombaient en cascade sur son visage. Elle laissa sa main dériver jusqu'à son bas-ventre. Le sexe érigé de Sirius se pressait contre elle. Ses doigts l'effleurèrent avec langueur. L'animagus poussa un gémissement étouffé. Il l'embrassa avec davantage d'ardeur. Hermione joua du bout des doigts avec le bulbe rose qu'elle faisait glisser le long de son clitoris, leur arrachant à tous deux des grognements rauques. La sorcière sentit peu à peu l'humidité imprégner son intimité. Elle jeta un regard équivoque à Sirius qui acquiesça dans un sourire féroce, se cambrant pour épouser les formes de sa partenaire. Alors qu'ils s'apprêtaient à concrétiser leur union, de vifs coups furent donnés contre la porte.

« Sirius ? Dépêche-toi, on s'en va. »

La voix étouffée d'Harry fit aussitôt sortir les deux amants de leur torpeur. Ils se jetèrent un même regard ébahi.

« Tu…

- Je n'ai… » dirent-ils en même temps.

Puis le visage de Sirius se contracta tandis qu'il étouffait un juron.

« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Hermione, fébrile.

- Teddy. C'est l'anniversaire de Teddy, maugréa l'animagus en se traitant intérieurement de tous les noms possibles.

- Oh. »

Hermione hocha la tête. L'interruption de Harry avait mis un sérieux frein à ses nerfs tendus par le désir. Sirius continua de la regarder, attendant un signe de sa part. Elle se redressa contre le cadre du lit.

« Il faut que tu te prépares », annonça-t-elle en dirigeant ses grands yeux noisette vers lui.

Sirius resta muet un instant, ne la quittant pas des yeux. Puis il hocha la tête et commença à rassembler ses affaires. Hermione vit son torse diaphane et ses tatouages disparaître sous un t-shirt d'un groupe de rock moldu et un jeans foncé. Toute espièglerie avait quitté le visage du beau brun. La jeune femme ramena ses genoux contre elle et prononça les mots fatidiques qui semblaient maintenant peser sur eux.

« Qu'est-ce qu'on fait ? »

L'animagus releva les yeux vers elle, grave et incertain. Il noua ses cheveux grossièrement et se pencha vers le lit.

« Qu'est-ce que tu veux, toi ? » murmura-t-il en la sondant de ses yeux irisés.

Le cœur de Hermione accentua la cadence. Mais son esprit semblait empêtré dans un brouillard épais. Elle lui adressa un regard perdu auquel il répondit par un sourire mélancolique.

Le Sirius d'avant voile aurait probablement quitté la pièce en un éclat, frustré contre lui-même de ne pas obtenir de réponse immédiate, blessé dans son orgueil mal placé. Mais si le sorcier avait bien appris quelque chose depuis ces derniers mois, c'était que le temps était la réponse aux plus grands questionnements de l'univers, y compris les siens.

Il déposa un baiser sur le front de la jeune femme.

« Voilà ce que je te propose : laissons-nous deux jours pour y réfléchir… Chacun chez soi, ajouta-t-il avec un rictus. Pour que je ne laisse pas ma raison au vestiaire dès que j'apercevrais une parcelle de toi. »

Hermione rougit et lui décocha un regard penaud. Sirius eut un feulement de rire et ajouta :

« Ou devant chacun de tes regards mutins.

- Ça n'est pas un regard mutin, objecta la jeune femme en sentant le pli de ses joues s'arquer d'un sourire.

- Je sais. »

Il laissa reposer son front contre le sien. Tous deux prirent une profonde inspiration.

« Je ne veux pas ruiner tous les efforts que tu as fait jusqu'à présent, murmura-t-il.

- Je ne veux pas gâcher ce que tu as construit de ton côté», y répondit Hermione.

Ils ouvrirent les yeux tous deux. Sirius la contemplait, incertain, comme s'il attendait la permission de la jeune femme. Hermione posa sa main sur son épaule et fit un hochement furtif de la tête. Le sorcier se pencha davantage et l'embrassa langoureusement. La jeune femme noua ses bras autour de son cou et approfondit leur baiser. Sirius se décrocha à regret d'elle, observant avec fascination ses lèvres entrouvertes.

Hermione lui fit un signe de la tête, l'encourageant à y aller. Sirius se redressa lentement et fit quelques pas vers la porte de sa chambre.

« Deux jours » promit-il à la sorcière en se retournant vers elle.

La belle brune hocha vivement la tête, son sourire venant dissimuler les larmes qui montaient. Sirius lui adressa un regard lourd de sens et sortit enfin de la chambre. Hermione poussa un profond soupir et leva les yeux au plafond. Elle entendit les ronchonnements de son meilleur ami à l'étage inférieur et cela lui extorqua un sourire amusé. Alors qu'elle se drapait dans les couvertures, un mouvement furtif apparut dans l'encadrement de la porte. Hermione se redressa complètement cette fois-ci et se retrouva face à Ginny qui semblait chercher Sirius. Toutes deux se regardèrent un instant, les yeux ronds. Puis le visage de la grande rousse s'illumina instantanément tandis que sa mâchoire semblait vouloir toucher terre. Elle pointa grossièrement son amie du doigt et mima un cri enthousiaste. Les mains de la brune s'agitèrent vivement pour l'inciter au silence. Ginny mit un doigt sur ses lèvres mais son visage exultait l'impatience d'écouter son récit. Son amie balaya cela d'un geste mais sans pouvoir s'empêcher de sourire devant les mimiques grossières de son interlocutrice. Tandis que Ginny continuait à agiter vivement ses lèvres, Sirius arriva à sa hauteur et la regarda. Les yeux de la grande rousse s'exorbitèrent et elle resta immobile, les lèvres figées en une grimace particulièrement peu flatteuse.

« Ginevra, la salua Sirius avec un regard entendu.

- Oh Sirius, toi ici ? bredouilla la sorcière en question.

- J'ai cru comprendre que ton cher et tendre nous attendait.

- Ah oui ? Mince. Ne le faisons pas attendre dans ce cas !

- C'était aussi mon sentiment. »

La sorcière lui adressa un sourire crispé et s'engagea rapidement dans les escaliers. Sirius se retourna vers une Hermione amusée et esquissa un signe de la main pour lui dire au revoir. Elle y répondit et le regarda partir du square Grimmaurd. Une fois qu'elle fut seule, la sorcière aux boucles brunes se laissa retomber sans ménagement sur le lit en poussant un profond soupir. Elle posa une main sur ses lèvres et reprit sa contemplation du plafond.

o O o

Sirius ne revint au square Grimmaurd qu'en fin de journée. La fête d'anniversaire s'était prolongée des heures durant tant l'enthousiasme de Teddy avait été contagieux pour tous les invités autour de lui. L'un des pics de cette célébration avait bien entendu été le déballage de cadeaux : le jeune garçon s'était extasié devant les albums multicolores, les poupées enchantées et la moto modèle enfant que lui avait dénichée Sirius et qui avait fait à la fois pâlir Andromeda et exulter Teddy.

Tandis que Ginny et Harry s'installaient dans le salon pour lire au coin du feu, Sirius remonta dans sa chambre afin de faire une sieste mûrement méritée. Il était ébahi par l'énergie qu'il avait fallu utiliser pour venir à bout du jeune garçon. À son humble opinion, sa cousine méritait tous les honneurs. Il se promit de faire un geste pour Andromeda et ouvrit la porte.

Bien qu'il s'y était attendu, la vision de sa chambre vide le dérangea. Une part de son esprit aurait voulu retrouver Hermione telle qu'il l'avait laissée ce matin. Le sorcier fit quelques pas et se laissa tomber sans ménagement sur son lit, tête la première. Il se débarrassa uniquement de ses chaussures qu'il fit valser au loin. Alors qu'il respirait profondément, il reconnut l'odeur familière et ensorcelante d'Hermione. Sirius plongea davantage la tête dans l'oreiller. Un soubresaut de désir lui fit l'effet d'une décharge électrique dans tout le corps. Il réfréna ses ardeurs, avec un grognement rauque et tenta de s'endormir malgré l'éveil sourd de son corps. Après quelques tentatives infructueuses, le sommeil finit par venir mais il lui apporta de nombreuses réminiscences de la nuit partagée avec Hermione.

Vingt heures sonnaient au loin lorsque Sirius s'éveilla brusquement, ses sens en alerte, son cœur tambourinant dans sa poitrine. Il passa une main fébrile sur son visage, chassant les restants de fantasmes qui avaient agité son sommeil. Remettant de l'ordre dans sa chevelure brune, il jeta un œil à ses draps défaits. Le parfum d'Hermione s'était volatilisé, ne laissant que son odeur à lui. Le sorcier poussa un profond soupir. Sa main navigua entre les couvertures éparpillées, cherchant à retrouver les contours de la jeune femme. En son for intérieur, Sirius se félicitait quelque peu d'avoir choisi la voix de la raison et proposé que tous deux réfléchissent à tête reposée sur la suite. Mais cette résolution était rudement mise à mal maintenant qu'il se retrouvait seul dans sa chambre, le souvenir fugace de son amante marquant au fer rouge son âme et son corps. Le sorcier resta un moment immobile sur son lit avant de se relever vivement.

Il ne devait pas rester ainsi. Cela lui rappelait trop de mauvais souvenirs de ces derniers mois. Sirius passa devant le miroir, arrangea son T-shirt froissé et noua ses cheveux. Il sortit de son armoire son blouson en cuir et se décida à faire un tour à moto. Le vent frais et le bitume l'obligeraient à se concentrer. Alors qu'il claquait la porte de sa chambre d'un geste brusque, la voix de son filleul résonna dans l'escalier.

« Sirius ? Isabel est là. »

Durant une seconde, l'animagus se figea de stupeur. Il se cogna le front et maintint son poing longtemps contre lui tandis qu'il se traitait de tous les noms. Le sorcier se rappela, une fois de plus trop tard, de l'engagement qu'il avait pris ce soir. Durant un instant, il hésita et resta sur le palier. Puis il secoua sombrement la tête, reposa son blouson dans sa chambre au profit d'une veste plus décontractée et s'engagea dans les escaliers. Dans le hall l'attendait la jeune rousse. Lorsque ses yeux verts retrouvèrent la silhouette de l'animagus, ses lèvres s'ourlèrent d'un sourire. Sirius y répondit.

o O o

Hermione resta au lit toute la matinée, plongée dans la contemplation du plafond de sa chambre. Le second jour de réflexion débutait et jusque-là, la sorcière avait distingué deux points essentiels à tête reposée. Le premier était qu'elle désirait du fond du cœur revenir aux côtés de Sirius. Cela faisait huit mois maintenant qu'il avait franchi le Voile. Hermione avait tenté par tous les moyens de continuer à mener sa vie sans céder aux sirènes du passé. En vain.

« Non, avait-elle songé en fronçant les sourcils. Ça n'est pas un retour en arrière… Sirius a changé. On a tous les deux changé. »

Hermione se redressa, faisant passer une mèche de cheveux sur ses lèvres. C'était vrai ; leur idylle précédente n'avait rien à voir avec ce qui se profilait dorénavant devant eux. La passion était toujours au cœur de leurs échanges mais ils avaient tous deux évolué.

Sirius n'était plus torturé par les fantômes du passé et ne s'accrochait plus désespérément au fantasme du « bon gars » qu'il voulait tant arborer devant Harry. Elle, de son côté, n'était plus la jeune fille impressionnée et complexée par le charisme de son aîné, souhaitant brûler de mille feux face à la menace d'une mort trop prompte.

Et la sorcière était retombée sous son charme. Le beau brun l'avait séduite différemment, de par les efforts qu'il avait développés pour s'en sortir, des changements qui s'étaient opérés chez lui. C'est ainsi que dix années plus tard, Hermione pouvait affirmer qu'elle était de nouveau irrésistiblement amoureuse de Sirius Black.

Le second point de réflexion lui était plus douloureux. Si la sorcière prodige était au clair avec les inclinations de son cœur, elle était toutefois consciente qu'ils avaient peut-être raté le coche d'un second chapitre de leur histoire. Sirius et elle avaient certes partagé une nuit torride mais Hermione savait pertinemment que cet épisode pouvait être mis sur le compte de la détresse émotionnelle de ce dernier. Son partenaire avait été en position de faiblesse ce soir-là, tourmenté par les récentes révélations et elle s'était précipitée à ses côtés afin de l'aider. Tous deux avaient cédé à leur pulsion, à cette tension qu'il existait encore entre eux. Cela ne signifiait pas nécessairement que ce moment était le second souffle de leur relation. Une chose était certaine en revanche, c'était que Sirius était déjà engagé.

Hermione donna un coup retors de brosse dans ses cheveux emmêlés, poussant un juron plaintif. La brune avait longtemps voulu correspondre à un idéal d'exemplarité qu'elle s'était fixée. La nuit avec Sirius lui avait une fois de plus prouvé que les choses n'étaient pas si simples. Hermione savait qu'elle avait une place particulière dans le cœur de l'animagus, mais elle ignorait si cela serait suffisant pour leur permettre d'entamer un nouveau chapitre. Elle se demandait même si cela était réellement bon pour Sirius. Il avait accompli un travail impressionnant sur lui-même depuis son retour… Revenir auprès d'elle pouvait-il être un pas en arrière pour lui ?

Son regard se reporta vers l'horloge murale. La sorcière termina de s'habiller et descendit les escaliers en hâte. Elle claqua la porte de son appartement derrière elle, son sac sous le bras. L'idée de transplaner lui avait traversé l'esprit mais Hermione préférait profiter d'une éclaircie dans le ciel incertain pour marcher et laisser filer le cours de ses pensées.

o O o

Elle arriva devant la maison de Luna vers les treize heures. La sorcière toqua plusieurs fois mais aucune réponse ne lui parvint. Elle finit par entrer d'elle-même. Le salon était plongé dans un silence apaisé, ponctué çà et là par les ronronnements familiers du mobilier. Une douce lumière se dégageait des fenêtres grandes ouvertes. Les sombres nuages de la matinée avaient laissé leur place à de belles éclaircies. Hermione fit le tour de la table à manger où trônaient des plantes de toutes les couleurs ainsi qu'une foule de papiers dispersés aux quatre coins de celle-ci. Son regard se dirigea vers le jardin et son sourire s'illumina soudain.

La sorcière sortit par la porte-fenêtre et fit quelques pas en direction de la petite silhouette aux cheveux d'argent. Luna était emmitouflée dans un large manteau bleu nuit dont ne dépassaient que sa tête nue et ses collants rayés multicolores. Elle portait de grosses bottes de pluie, fermement plantées dans le sol tandis que ses bras s'affairaient à déposer de la nourriture dans les multiples nichoirs à oiseaux.

« Tu n'as pas froid ? » demanda son amie en rassemblant ses boucles brunes sous sa capuche verte.

Luna se retourna vers la nouvelle arrivée avec un sourire tranquille.

« Non, l'averse est passée. »

Elle tendit le sachet vers Hermione. Cette dernière prit une pleine poignée de graines pour en disséminer sur les derniers nichoirs.

« Tu as plus de locataires que l'année dernière non ? demanda la brune tandis que son regard amusé contemplait une poignée de rouges-gorges blottis au fond de la petite cabane.

- Oui, je crois que les premiers m'ont fait une publicité folle, annonça la magizoologiste, satisfaite.

- Ça fait longtemps que je ne t'ai vu passer au Ministère, commenta Hermione en se dirigeant vers l'arbre le plus proche.

- Non, je suis restée là ces dernières semaines. Le printemps approche et je préfère toujours être au grand air plutôt qu'enfermée dans ces bureaux, expliqua-t-elle en se décalant à son tour.

- Je peux comprendre… Pour ma part, me calfeutrer dans une petite pièce éclairée est un luxe dont je ne me lasse pas, s'amusa la lectrice en herbe.

- La Bibliothèque de Poudlard s'en souvient », acquiesça la jeune femme avec un sourire.

Hermione sourit à son tour et continua son parcours d'arbre en arbre. Alors qu'elle arrivait devant le grand if, elle sursauta en apercevant une petite tête brune surmontée d'une feuille sortir du creux de l'arbre. Le Botruc la regarda avec circonspection et redescendit vivement la tête.

« Luna, tu ne m'avais pas dit qu'Hagrid devait venir s'en occuper ?! » demanda-t-elle à son amie en pointant l'arbre du doigt.

La sorcière aux cheveux argentés s'approcha de l'if et posa sa main dessus.

« Si, il est venu. Il n'a pas été le seul d'ailleurs.

- Comment ça ? Je croyais qu'il t'avait proposé de l'installer à Poudlard.

- Il me l'a proposé, en effet et après avoir discuté avec lui, j'étais d'accord. Je pensais que ce serait mieux pour lui… Il l'a installé dans une partie de la Réserve où il y avait beaucoup de Botrucs.

- Et ça n'a pas fonctionné ?

- Il s'est échappé à plusieurs reprises et a fini par revenir ici.

- J'imagine qu'Hagrid a lâché l'affaire.

- Oui, il n'est pas du genre à s'acharner contre les créatures, quelles que soient leur taille ou leur poids, s'amusa Luna.

- Et pour les autres venus ?

- Il m'a parlé d'une association qui travaillait à l'intronisation de Botrucs dans des forêts protégées. Ça me paraissait être une très bonne idée, assura la sorcière tandis que le Botruc sortait une tête prudente de son abri.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- On a eu beau lui proposer plein d'endroits différents, aucun n'a semblé lui correspondre, expliqua Luna en haussant les épaules.

- Je ne comprends pas, ça aurait pourtant été la meilleure chose à faire pour lui, murmura Hermione.

- Je crois qu'il n'y a pas grand-chose à comprendre… On ne peut forcer personne à adopter un comportement qu'il ne veut pas adopter, même avec les meilleures intentions du monde. »

Luna remarqua le trouble de son amie et esquissa un sourire pensif. Le Botruc descendit prudemment un bras dans sa direction. Elle leva un doigt vers lui et sentit la tige s'enrouler autour d'elle.

« On peut les conseiller, leur dire que c'est bon pour eux, mais en définitive, le choix est leur. » conclut la magizoologiste en regardant avec amusement la petite créature se reposer sur son épaule.

Hermione contempla ce duo avec attention. Luna tendit un insecte séché au Botruc qui le grignota avec application en jetant des regards circonspects vers sa maîtresse et son invitée.

« Du thé ? » proposa la blonde en tournant ses grands yeux bleus vers son amie.

Celle-ci acquiesça et contempla longuement la sorcière tandis qu'elles s'en retournaient toutes deux vers la maison accueillante.

o O o

Une nuit venteuse s'installait au coin du square Grimmaurd. Le bruissement des arbres agités résonnait gravement à travers les fenêtres de la maison. Harry enroula un plaid autour des épaules de Ginny qui le remercia d'un sourire. Alors qu'il desservait la table, le jeune homme entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Sirius apparut dans le hall, frottant machinalement ses bras engourdis par le froid.

« Hey, assieds-toi avec nous, j'ai lancé une bouilloire », proposa aussitôt son filleul.

L'animagus hocha la tête et un fin sourire vint soulager pour un temps les traits sérieux de son visage. Il se débarrassa de sa veste et s'installa en face de Ginny qui remarqua aussitôt la mélancolie du sorcier.

Harry les rejoignit bien vite, déposant la théière ainsi qu'une tasse supplémentaire devant son parrain. Il s'occupa du service, tout en jetant un regard à l'horloge murale.

« Tu rentres tôt », fit-il remarquer.

L'animagus se contenta de hocher la tête.

« Avec un temps pareil, je pensais que tu resterais chez Isabel ce soir, reprit Harry qui s'asseyait de nouveau à côté de sa compagne.

- Il y a eu un changement de programme, répondit Sirius en prenant une gorgée.

- Ah bon ? Rien de grave ?

- Non, rien…

Puis le beau brun reprit une gorgée et poussa un soupir, nouant ses bras sur la table.

- On s'est séparés », finit-il par déclarer.

Les yeux de son filleul s'écarquillèrent tandis qu'il hoquetait de surprise. Ginny leva les yeux vers Sirius.

« Quoi ?! Mais je pensais que tout allait bien entre vous ?! Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda brusquement l'homme à la cicatrice.

- Tout se passait bien, oui. Ce sont des choses qui arrivent, expliqua Sirius en haussant les épaules.

- Mais… Mais… Mais comment c'est possible ?

Sirius soupira, la tête baissée vers sa tasse de thé fumante. Encore sous le choc de la nouvelle, Harry posa néanmoins sa main sur celle de son parrain.

- Comment tu vas ?

- Bien.»

Ginny lança un regard à son compagnon lui intimant de ne pas le presser de questions. Harry opina, déstabilisé. Il fallut encore un moment à l'animagus pour sortir de sa torpeur et relever la tête vers ses colocataires.

« Tout se passait bien entre nous, ça n'était pas le problème. C'est une femme bien.

- Si tu ne veux pas en parler, je n'insisterai pas. Mais tu sais que je suis là, qu'on est là, assura aussitôt Harry.

Sirius esquissa un sourire narquois malgré lui. Il leva les yeux vers le benjamin.

- Ne t'en fais pas, je ne vais pas replonger dans la bouteille », assura-t-il.

Le visage de Harry se détendit imperceptiblement. Sirius lui tapota la main à son tour. Ginny ne le lâchait pas du regard, toujours silencieuse.

« C'est un chapitre qui se termine mais sans rancœur ni rancune, conclut Sirius en s'adossant à sa chaise.

- D'aucun côté ? ne put s'empêcher de demander Harry.

- Je ne pense pas. On en a longuement discuté ce soir et on a été francs l'un envers l'autre.

- Qu'est-ce qui fait que ça n'a pas collé ? »

Sirius leva les yeux vers Ginny qui venait enfin de prendre la parole. Il sentit son regard inquisiteur sur lui et chercha d'abord à l'éviter.

« Sans doute pas les mêmes désirs ni les mêmes projets », éluda-t-il en tâchant de rester évasif.

Il sentit que son filleul mourrait d'envie de lui poser d'autres questions mais il n'avait pas le cœur ni la volonté de lui répondre. Les choses avaient été réglées de son côté. Isabel avait compris la situation et ne lui en avait pas tenu rigueur. C'était tout ce dont il avait besoin pour continuer à avancer. Le reste, il préférait le gérer de son côté, sans en faire un spectacle pour impressionner ni émouvoir la galerie. Alors qu'il terminait son thé, Ginny, qui ne l'avait lâché du regard jusqu'alors, reprit la parole.

« Ce n'était peut-être juste pas la bonne. »

Sirius darda ses yeux anthracite vers elle, interdit. La sorcière prit une gorgée à son tour, son visage ne trahissant pas la moindre émotion.

« Peut-être, en effet. » acquiesça-t-il en gardant son regard sur la jeune femme.

Celle-ci plongea le nez dans sa tasse, dissimulant un petit rehaussement du coin des lèvres. Harry, qui n'avait pas distingué l'échange cryptique de ses deux camarades, secoua la tête, pensif.

Un temps passa avant que Sirius ne fasse mine de se lever. Harry fit la même chose et posa une main chaleureuse sur son épaule.

« Tu n'hésites pas, hein ?

- Ne t'en fais pas Harry, mais merci. » confirma son parrain avec un sourire tendre pour son filleul.

Il souhaita une bonne nuit au couple et s'engagea dans les escaliers. Arrivé dans sa chambre, il se laissa tomber sur son lit, poussant un profond soupir. Le beau brun se débarrassa de ses vêtements et contempla longuement le plafond, son poing serré contre son front. À cet instant précis, le sorcier ressentait enfin de l'apaisement. Il s'était donné les moyens de suivre son cœur. Restait à savoir ce qu'il en serait concernant la décision d'Hermione. Il lui fallut attendre longtemps encore avant qu'il ne puisse succomber au sommeil.

o O o

Hermione se réveilla en sursaut. Hagarde, elle tourna la tête vers les volets de sa chambre. Ceux-ci ne laissaient percer aucune lumière. Ses doigts tâtonnèrent à la recherche de son réveil dont elle se saisit maladroitement. Le cadran indiquait six heures et quart. La sorcière referma les yeux. Elle attendit de longues secondes, son bras reposant sur son visage fatigué. Rien n'y fit, le sommeil l'avait définitivement quitté.

La sorcière jura entre ses dents et se leva lentement. La veille, Hermione s'était couchée, fébrile, dans l'attente de sa prochaine entrevue avec Sirius et elle n'avait cessé de se réveiller en sursaut, croyant le matin arrivé. Elle finit par quitter sa chambre, se dirigeant à petits pas dans la cuisine.

Elle mit en route une bouilloire et s'étira tandis que celle-ci sifflait doucement. La jeune femme remarqua que son cœur battait trop frénétiquement pour une matinée ordinaire. Hermione but songeusement son thé, les yeux dans le vague. Sur son plan de travail reposaient un roman assez conséquent qu'elle avait commencé il y avait de cela quelques jours ainsi qu'une pile de dossiers qu'elle avait souhaité reprendre chez elle, l'esprit tranquille. Ses yeux se posèrent sur les ouvrages. La sorcière réfléchit durant quelques secondes, se demandant quelle lecture serait susceptible de l'occuper davantage. Rien n'y faisait. L'image de Sirius dominait tout son esprit. Elle posa sa tasse un peu trop brusquement.

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L'aurore pointait à peine l'extrémité de ses doigts roses lorsque Sirius ouvrit les yeux. Il battit plusieurs fois des paupières, perplexe. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas aussi mal dormi. Il passa une main fatiguée sur son visage tandis que l'autre caressait les draps. Personne. L'animagus aurait dû s'en douter. Les rêves qui l'avaient tourmenté toute la nuit n'étaient que des signaux moqueurs de son inconscient. Résolu à ne pas se laisser bercer de fantasmes plus longtemps, l'animagus préféra se lever. Il enfila un jean et un gilet noir et sortit de sa chambre. Le reste du square Grimmaurd dormait encore paisiblement. À pas de loups, Sirius s'engagea dans les escaliers, le moindre craquement de parquet provoquant un tic nerveux sur sa joue. Parvenu dans la cuisine, il poussa la porte menant au jardin et jura lorsque ses pieds nus entrèrent en contact avec les dalles glacées du patio. Il s'adossa contre le petit muret et alluma une cigarette. Son regard se perdit à l'horizon tandis que le soleil entamait sa lente ascension. Le sorcier contempla fasciné les premiers rayons illuminer le quartier. C'était un spectacle dont il ne pouvait se lasser depuis qu'il était libre. Chaque lever de soleil était pour lui comme une promesse d'un meilleur à venir. Sirius songea alors que c'était le jour fatidique qu'il avait tant attendu. Son cœur accéléra la cadence. Le sorcier porta la cigarette à ses lèvres et prit une intense bouffée, les yeux rivés vers l'horizon.

o O o

Hermione transplana de son appartement une fois ses vêtements de la veille enfilés. Elle arriva aussitôt dans le salon du square Grimmaurd en un « pop » discret et fut accueillie par un profond silence. Elle jeta un œil tout autour d'elle à la recherche d'une âme qui vive mais personne ne semblait se trouver dans les environs. Son regard s'accrocha à la pendule du couloir. Il était à peine sept heures.

Hermione ferma les yeux et inspira longuement. Le coup d'œil vers l'horloge murale venait de lui faire prendre conscience qu'elle débarquait chez ses meilleurs amis à une heure indue, sans se faire annoncer. La belle brune se dit qu'elle pourrait minimiser cet écart de politesse en leur préparant un petit-déjeuner digne de ce nom. Elle s'engagea dans le couloir menant à la cuisine et ouvrit doucement la porte de celle-ci.

Son cœur fit une embardée. Face à elle se tenait Sirius, debout près de la gazinière, se servant un café. Ce dernier se retourna vivement en entendant le bruit de la porte et leur regard se rencontrèrent.

« Hermione », murmura-t-il en un souffle.

À en juger par l'expression d'hébétude complète sur son visage, Hermione constatait que la surprise était mutuelle. Sa main enserrait toujours la poignée tandis qu'elle se tenait dans l'encadrement de la porte, immobile.

Bien vite, le visage de l'animagus perdit de sa stupeur et il reprit la parole.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

Hermione se sentit profondément idiote, prostrée dans son coin. Elle fit un pas vers le sorcier et leva la tête.

« Je suis désolée, il est tôt, s'excusa-t-elle.

- Ne t'en fais pas. Tu veux du café ? »

Sirius se sentit à son tour profondément idiot en proposant la cafetière fumante d'une main. Son regard ne pouvait se détacher de la sorcière aux boucles brunes.

« Non merci, murmura-t-elle.

Ils se contemplèrent tous deux pendant un instant, ne sachant que dire.

- Tu vas bien ? finit-il par demander.

- Je t'aime. »

Les yeux anthracite du sorcier s'écarquillèrent autant que ceux de la jeune femme. Alors que Sirius semblait être frappé par la foudre, Hermione parut manquer d'air et plaqua ses doigts contre sa bouche.

« Oh Merlin, pardon. Pardon, ça n'est absolument pas ce que je voulais dire. Enfin si, c'est le cas, mais ce n'est pas la question que tu m'as posée. Je vais bien, oui. » s'exclama-t-elle, mortifiée.

Sirius la contemplait toujours, interdit. Le cœur de la sorcière battit davantage la chamade. Elle se frappa le front, grommelant :

« Merlin mais quel enfer… On oublie tout, par pitié. Je vais recommencer. Ce que je voulais te dire, c'est

- Je t'aime.

- Non. Enfin oui, c'est ce que je voulais te dire mais plus tard. Ça n'était pas les premières lignes de mon discours, tu te doutes, j'avais tout préparé dans ma tête. Du moins, c'est ce que je pensais en transplanant chez toi ce matin.

- Non Hermione, c'est… »

Sirius contempla la sorcière, indécis. Il passa une main fébrile dans sa nuque puis sur son visage.

« Bordel, ça va vraiment pas. Faut recommencer. »

Ce fut au tour d'Hermione de le regarder avec des yeux ronds.

« Pardon ?

- C'est affligeant, je suis désolé.

- Non… Non, qu'est-ce que tu as dit avant ça ? » balbutia-t-elle.

Sirius releva la tête pour répondre à son regard. Tout son visage était empreint de frustration.

« Moi aussi, je pensais être préparé. Bordel, je n'ai jamais eu de mal pour dire les choses clairement jusqu'à présent », déclara-t-il avec amertume.

Hermione s'avança vers lui, les yeux éberlués. Sirius fit aussi un pas vers elle. Il leva doucement la main pour écarter une mèche du visage de la jeune femme. Celle-ci le regarda faire sans ciller. Elle entrouvrit les lèvres, fixant le visage de l'animagus comme si elle le découvrait pour la première fois.

« Dis-moi que ce n'est pas un rêve. » murmura-t-elle dans un souffle, encore sous le choc.

Le visage de Sirius se fendit enfin d'un sourire. Ses yeux ne reflétaient maintenant plus que de la tendresse. Avec une infinie douceur, il posa ses deux mains sur le visage d'Hermione et se pencha pour sceller leurs lèvres. Cette dernière ferma aussitôt les yeux pour savourer cette étreinte inespérée et ses bras se nouèrent au cou de son amant. Sirius fit descendre ses mains le long de la jeune femme pour venir cueillir sa taille. Hermione entrouvrit davantage les lèvres lorsqu'elle sentit l'étreinte solide de l'animagus la hisser de terre. Elle s'agrippa férocement à lui, obtenant un murmure de satisfaction de sa part. Sirius la déposa sur le plan de travail tandis que les mains de la jeune femme se perdaient dans sa chevelure brune. Il se détacha un instant de ses lèvres mutines pour reprendre son souffle. La sorcière reposa la tête contre le placard derrière elle, poussant un profond soupir.

« Si tu savais comme j'ai rêvé de ce moment ces derniers jours », murmura-t-elle, accrochant fermement ses mains au vêtement de son partenaire.

Sirius lui adressa un sourire dévorant et repartit à l'assaut de ses lèvres. Hermione gémit contre lui et ouvrit davantage les cuisses afin de le presser contre elle. Elle sentit les mains du beau brun dans le creux de ses reins et noua de nouveau ses bras à son cou.

« Si tu savais comme tu m'as manqué ces deux derniers jours, murmura à son tour Sirius tandis qu'il déposait une série de baisers dans le cou d'Hermione.

- Seulement ces deux derniers jours ? » lança-t-elle, taquine.

Le sorcier pouffa et vint doucement cueillir la joue de la brune dans sa main. Il la regardait avec une telle tendresse que la jeune femme se sentait intimidée. Passant son pouce contre les lèvres rougies, il reprit d'une voix chaude.

« Surtout ces deux derniers jours. »

Hermione sourit à son tour et repartit à l'assaut des lèvres de son compagnon. Sirius posa sa main dans sa nuque, ses doigts s'entremêlant dans les longues boucles de la sorcière. Leur cœur battait frénétiquement. Tout occupé qu'ils étaient à célébrer leur réunion, ils n'entendirent leur camarade que lorsque celui-ci fit tomber brutalement sa tasse qui vint se fracasser en mille morceaux sur le carrelage.

Sirius se détacha des lèvres d'Hermione et se retrouva nez-à-nez avec son filleul. Harry les observait avec des yeux ronds, le visage blanc comme un linge. Les yeux de l'animagus prirent la couleur de l'orage.

« Harry.

- Qu'est-ce que vous faites ? » bredouilla ce dernier, sans ciller.

Sirius se décala légèrement en arrière tandis que sa compagne redescendait du plan de travail. Ni l'un ni l'autre ne semblait vouloir prendre la parole. Le regard du jeune homme s'attarda sur chacun.

« C'est quoi ce délire ? demanda-t-il, un peu plus fort.

- Harry, ça n'est pas le moment, annonça Sirius d'une voix ferme.

- Pardon ?! s'exclama son filleul en se retournant ulcéré vers lui. Je te trouve de bon matin entre les jambes de ma meilleure amie en train de l'embrasser à pleine bouche et tu me dis que c'est un problème de timing ?

- Ça n'est pas ce que j'ai dit », rétorqua l'aîné, un tic nerveux contractant sa joue.

Harry continua de les regarder tous deux avec effarement. Petit à petit, une lueur émergea de ses yeux verts. Il pointa un doigt dans la direction du couple.

« C'est à cause de ça hein ? »

Sirius haussa un sourcil. Le visage de son filleul se tordit davantage.

« C'est à cause de ça qu'Isabel et toi avez rompu ?! Ça ne peut être que ça, tout se passait bien entre vous jusqu'à présent ! Et tu ne voulais rien lâcher hier, s'exclama-t-il.

Hermione enserra le bras de Sirius silencieusement. Ce dernier releva le regard vers Harry.

- En partie, lâcha-t-il, le visage contracté.

- Il s'est passé quelque chose à l'anniversaire d'Arthur n'est-ce pas ?

Ce fut au tour d'Hermione d'hausser les sourcils. Sirius et elle échangèrent un vif regard. Harry se tourna cette fois vers sa meilleure amie, furibond.

- Ces derniers temps, vous étiez tous les deux bizarres ! Et puis tu es revenue avec cette histoire de Voile et ces grands recherches que tu avais dressées… Et après qu'on se soit introduit dans le Ministère, Sirius s'est renfrogné et on ne pouvait pas lui faire décrocher un mot !

L'animagus resta de marbre. Hermione constata que ses poings étaient serrés. Mais Harry continuait son raisonnement, tout entier plongé dans son agitation nerveuse.

- Mais tu es passée ce soir-là et miraculeusement, tout est rentré dans l'ordre ! Et deux jours plus tard, Isabel est balayée du paysage.

- Ça n'est pas ce qui s'est passé ! protesta le sorcier avec un regard noir.

- Alors expliquez-moi ! Que l'un d'entre vous m'explique comment on se retrouve dans un bordel pareil où mon parrain et ma meilleure amie s'envoient en l'air en toute quiétude alors qu'ils étaient tous les deux engagés ! » explosa le plus jeune.

La colère de ce dernier semblait irradier tout autour de lui. Sirius prit une inspiration, fébrile. Mais devant le regard envenimé de son filleul, il se résigna et détourna la tête, serrant toujours les poings. Harry le contempla longtemps, puis son regard se dirigea vers Hermione qui n'avait pas encore prononcé le moindre mot.

« Tu n'as rien à dire ? » lui demanda-t-il vertement.

Hermione répondit à son regard. Il attendit quelques secondes puis prit une profonde inspiration et tourna les talons.

«Merlin, je rêve » maugréa-t-il tandis qu'il quittait la pièce.

Ce fut à ce moment-là que la jeune femme prit sa décision. Elle s'élança à sa poursuite et prit la parole.

« Harry, ça fait longtemps. »

Ce dernier se retourna lentement. La stupeur se lisait sur ses traits.

« Longtemps comment ? demanda-t-il, oubliant une seconde sa colère.

- Longtemps. »

Hermione le contempla, inflexible. Harry se retourna complètement pour lui faire face. Sirius, parvenu dans l'encadrement de la porte, la regarda à son tour.

La jeune femme se retourna vers lui et lui tendit la main. Il était hors de question qu'il soit le seul à subir la colère d'Harry. Ni qu'ils se perdent une fois de plus. Hermione avait passé des années de sa vie à tenter de le retrouver. Rien ni personne ne se mettrait plus en travers de leur chemin. Sirius le comprit en un regard. Il se saisit de sa main.

Harry, voyant leur manège, redevint livide.

« Qu'est-ce que tu racontes ? demanda-t-il en un souffle à sa meilleure amie.

- Ça n'était pas au Ministère. Ni à l'anniversaire d'Arthur, expliqua-t-elle sans trembler.

- Hermione…

- Tu nous as trouvé bizarres. Je n'ai pas de mal à l'imaginer. Mais c'est bien antérieur à l'anniversaire d'Arthur. Tu aurais déjà dû nous trouver bizarres lorsque nous avons passé Noël à Grimmaurd, fêté l'anniversaire de Sirius, ou encore célébré la grossesse de Ginny.

Le visage d'Harry se décomposa progressivement.

- Non… Non, tu étais avec Ron à ce moment-là, balbutia-t-il, désespéré.

Hermione hocha fermement la tête.

- C'est vrai et je ne l'ai pas trompé. Du moins, pas comme tu l'entends.

- Je ne comprends pas ce que tu racontes, ça n'a pas de sens ! , s'exclama Harry, désemparé.

- Ron et moi avons eu une belle histoire. Il m'aimait, je l'ai aimé, rien n'est plus vrai que ça, assura Hermione tandis que Sirius la regardait toujours avec attention.

Hermione prit une longue inspiration.

- Mais notre histoire est beaucoup plus ancienne que tout cela, conclut-elle en serrant davantage la main de son compagnon.

- Quelle histoire ?! explosa une nouvelle fois Harry, qui les regardait tous deux avec effarement. Je veux bien entendre que vous ayez partagé quelque chose ces temps-ci mais ça ne peut pas être si vieux que ça ! Hermione, tu es sorti avec Ron au lendemain de la guerre ! Et toi Sirius, on ne t'a jamais connue une petite amie tangible !

- Tu te souviens de nos dernières vacances à Grimmaurd ? demanda doucement Hermione.

Harry la regarda subitement. Sa colère retomba instantanément.

- Pas notre séjour ici quand on chassait les Horcruxes, mais bien l'été que nous avons passé avant notre cinquième année ?

À mesure que la lumière se faisait dans son esprit, Harry crut qu'il allait être malade.

- Tu n'es pas sérieuse.

- Je ne l'ai jamais autant été.

- Elle ment… Dis-moi qu'elle ment ! s'exclama Harry en regardant cette fois-ci son parrain.

- Non, lâcha Sirius avec une détermination de fer.

- Tu te rends compte de ce que tu es train de me dire ?! Merlin mais on était ados ! vociféra Harry en direction de sa meilleure amie.

- J'en suis consciente. Il est arrivé ce qui devait arriver et je ne regrette rien », déclara-t-elle, sans ciller.

Le silence se fit dans le couloir de Grimmaurd. Hermione serrait férocement la main de Sirius dans la sienne. Harry les contempla encore un instant. Il lui sembla avoir vieilli de vingt ans. Sans qu'il ne puisse s'en empêcher, son esprit lui fit revivre toutes ces années sous un jour nouveau. La réalisation lui coupa les jambes.

« Partez »

Hermione et Sirius lui lancèrent un regard grave.

« Partez, je peux pas… » répéta Harry, sonné.

Le couple attendit une seconde puis Sirius passa un bras sur l'épaule d'Hermione et la guida dans les escaliers. Ils montèrent dans la chambre de celui-ci et refermèrent la porte. Hermione resta adossée contre celle-ci tandis que Sirius s'asseyait sur le lit avec un profond soupir. Tous deux restèrent silencieux un moment, revivant l'altercation avec leur ami. Puis la jeune femme tourna la tête vers son compagnon.

« Tu veux venir vivre avec moi ? »

Sirius leva à son tour la tête vers celle-ci, surpris. Hermione le regardait gravement. Il quitta son lit pour se mettre face à elle. Sa main caressa tendrement son visage.

« Plus que jamais. » répondit-il sérieusement.

Le visage d'Hermione se fendit d'un sourire. Elle accueillit les lèvres de son compagnon avec délice. Sirius maintint le plus longtemps possible leur étreinte. Puis, sans ajouter un mot, il sortit les différentes affaires de son armoire et les déposa dans un carton. En l'espace de vingt minutes, le sorcier rassembla l'essentiel. Il quitta sa chambre, la main d'Hermione nouée à la sienne. Le couple descendit à nouveau pour se diriger dans le salon. Ils pénétrèrent dans l'âtre de la cheminée et disparurent en une gerbe d'étincelles vertes.

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Lorsque Ginny se réveilla aux alentours de dix heures, elle sentit que quelque chose clochait. Elle quitta son lit vide et se dirigea dans les escaliers. Grimmaurd était plongé dans un silence de mort. La sorcière entra dans la cuisine à pas de loups, jetant des regards de tout côté. Sur la table de la cuisine trônait une page de parchemin. Ginny reconnut immédiatement l'écriture de Sirius. Elle prit appui sur la table tandis que ses yeux parcouraient les premières lignes de la lettre. Son cœur fit une embardée. La sorcière leva aussitôt le nez de la lettre pour mieux se perdre vers le jardin. Elle n'eut besoin de faire que quelques pas avant de trouver son compagnon, assis sur le petit muret. Harry tourna la tête vers elle, les yeux rouges. Ils se contemplèrent un instant, sans dire un mot.