Le double chapitre spécial Noël…mais qui, vous me croirez ou pas, a été écrit au mois de juillet. Joyeuses fêtes à tous !
Chapitre 3 : Soirée mémorable
De son côté, Mustang ne fut pas inactif. Comme il était encore tôt, il se rendit dans une cabine téléphonique à l'intérieur du quartier général, téléphona à plusieurs restaurants de la ville et parvint de justesse à retenir une table pour le lendemain soir dans l'un d'entre eux. Puis, ceci fait, il revint en sifflotant à ses quartiers temporaires. Se voyant ainsi, tout guilleret, il rit de lui-même :
« Te voici en train de jouer les amoureux transis, nul doute qu'elle rirait si elle te voyait ainsi, tu as l'air ridicule… », Dit-il à son reflet dans le miroir.
Heureusement, il lui restait suffisamment de discernement, mais il s'étonnait lui-même de ce qui lui arrivait. Peu de femmes avaient provoqué ce genre de réaction chez lui, il avait toujours été détaché vis à vis de ce genre de sentiments, jusqu'à ce qu'enfin il se rende compte qu'il faisait fausse route et que c'était Riza qu'il voulait, comme si le fait d'avoir perdu son œil gauche lui avait donné une plus grande clairvoyance. Cela lui avait donné encore plus de maturité, pour sûr, assez pour arrêter sa fuite en avant.
Ce fut sur ces pensées qu'il sombra dans le sommeil…
Le réveil tira Riza Hawkeye d'un monde de rêve cotonneux et quelque peu inavouable sur certains points. Avec tout ça, elle en avait presque oublié qu'elle était de permanence ce matin-là. Elle se leva, nourrit Black Hayate qui eut droit, comme tous les matins, à sa séance de dressage, et fila prendre une douche. Une fois propre, coiffée et habillée de son uniforme, elle avala rapidement une tasse de café et sortit de ses quartiers, Black Hayate sur les talons. Les couloirs étaient vides et silencieux, les bureaux aux trois quarts vides, et elle attendit vaillamment auprès du téléphone qui fut presque silencieux, lui aussi. Elle eut quelques dépêches à transcrire, qu'elle fit passer à son supérieur, et parvint à rester concentrée pendant son service. Elle en profita pour ranger la pièce et classer correctement ses dossiers pour repartir du bon pied à son retour. Dès que midi sonna, elle éteignit les lumières et sortit de la pièce. Dehors, il avait arrêté de neiger et la ville rutilait sous l'effet des abondants éclairages de Noël déployés un peu partout. Quand elle ouvrit la porte de ses quartiers, une lettre avait été glissée dessous, et elle y reconnut l'écriture de Mustang. Le billet, laconique, disait :
« Tout est organisé, tiens-toi prête vers dix neuf heures trente, je viendrai te chercher pour t'emmener au restaurant, à tout à l'heure, Roy »
Elle posa le billet sur la table avec un sourire en coin en se disant que c'était bien un homme, il n'avait pas pensé à lui préciser de quel type de restaurant il s'agissait pour qu'elle pût décider de sa toilette plus commodément. Une fois un déjeuner rapide avalé, elle ouvrit son armoire et passa en revue les quelques robes qu'elle possédait. Une robe noire assez courte, près du corps mais au décolleté carré sage, retint son attention mais elle s'aperçut avec horreur en l'essayant qu'elle était trop large sur les hanches et la taille. Elle avait perdu du poids pendant sa maladie, elle en avait repris une partie mais pas autant qu'avant. La robe elle-même rendait un très bel effet avec un boléro gris perle à manches trois-quarts, mais elle ne pouvait pas la mettre comme cela. Elle se regarda attentivement dans le miroir, considéra la situation et se dit que c'était peut-être possible de la modifier rapidement pour qu'elle lui aille correctement. Elle farfouilla dans un tiroir, en tira un nécessaire de couture, un mètre de couturière et prit rapidement la mesure de ce qu'il fallait enlever. Elle en décousit une partie et parvint à réduire la taille en en rentrant une partie dans le dos de chaque côté sans que ça se voie trop. Il lui fallut deux bonnes heures pour en venir à bout, jusqu'à ce qu'elle soit satisfaite du résultat. Finalement, c'était une bonne idée que sa mère lui ait appris à coudre, se dit-elle en faisant le nœud final. Elle essaya la robe, elle lui allait parfaitement maintenant.
« Une bonne chose de faite ! », dit-elle fièrement en déposant la robe sur son lit.
En peignoir, elle s'observa attentivement dans le miroir, jaugeant l'état de ses cheveux, son visage, ses sourcils et s'agaça des quelques imperfections minimes remarquées. Attrapant une pince à épiler, elle fit quelques petites retouches à ses sourcils avant de se poser un masque d'argile sur le visage. Autant faire les choses correctement, après tout. Pendant qu'il séchait, elle choisit dans son coffre à bijoux une autre paire de boucles d'oreilles, un plus élaborées que celles, très discrètes, qu'elle mettait tous les jours, ainsi qu'un pendentif simple en argent qu'elle avait hérité de sa mère. Un bracelet en maille fine, provenant également de sa famille, complèterait la panoplie. Elle regarda l'heure, seize heures trente, la nuit était pratiquement tombée au-dehors. Il lui restait trois heures, plus qu'assez pour finir, et elle prit le temps de se faire une bonne tasse de thé en se disant que, vraiment, elle ne ferait pas tout ça pour n'importe qui…
De son côté, Roy Mustang, en bras de chemise, s'escrimait à repasser celle qu'il revêtirait pour sortir. Celle-ci avait une étoffe plus épaisse que celles qu'il mettait ordinairement sous ses uniformes, et les faux-plis semblaient y fleurir terriblement facilement. Enfin, il en vint à bout et la suspendit à un cintre avant de s'attaquer à son pantalon noir. Au bout de quelques minutes, il le suspendit aussi, l'air satisfait. Il cira soigneusement ses chaussures et suspendit sa veste pour la défroisser. Bon, il n'avait pas trouvé de place dans un restaurant de grand standing, mais il tenait à être impeccable pour que Riza n'ait pas honte de sortir avec lui. Il avait d'ors et déjà réservé un taxi pour dix neuf heures quarante, il lui restait suffisamment de temps pour finir de se préparer tranquillement. Il dépouilla son uniforme, et alla prendre une douche…
Deux heures après, Riza, habillée et coiffée, se maquillait soigneusement. Enfin, maquiller, c'était beaucoup dire, juste un peu de mascara, de fard à paupières et de rouge à lèvres, pas de fond de teint, juste de quoi faire naturel. Louchant légèrement, elle finit de poser son mascara et vérifia soigneusement que son collant chair n'était pas filé avant d'enfiler ses ballerines à petit talon. Elle remit en place ses cheveux sur ses épaules, ayant choisi de les nouer en une simple demi-queue derrière sa tête pour dégager son visage, et eut un soupir. Pourquoi avait-elle ainsi le ventre noué ? C'était une sortie au restaurant, rien de plus, comme des milliers de couples en faisaient à cette occasion. « Couple », voici sur quoi elle achoppait. Ce serait la première fois qu'ils feraient ainsi une sortie ensemble, et, au vu du flou où était encore leur relation, pouvaient-ils déjà se considérer comme un couple ? Toute la question était là, et elle ne savait quelle réponse lui donner…
Mustang jeta un dernier regard à son reflet dans le miroir et tira d'un geste réflexe sur le col de sa chemise bleu roi. Il était rasé de frais et ordonna les mèches rebelles de ses cheveux. Ceci fait, il sortit de la salle de bains et enfila sa veste sur laquelle il revêtit son long manteau d'ordonnance et une écharpe blanche dont il laissa négligemment pendre les pans. Il regarda l'heure, il lui restait un quart d'heure avant l'heure qu'il avait signalée à Riza, autant ne pas trop arriver en avance. Cinq minutes avant, ce serait bien vu qu'il était logé dans le bâtiment opposé au sien. Il jeta encore un regard au miroir et, espérant qu'il n'avait pas un sourire trop stupide, saisit le sac qui contenait le cadeau acheté pour elle et sortit résolument de ses quartiers…
Riza enfilait son manteau quand il frappa à sa porte.
« Entre ! », s'écria-t-elle en enfilant la seconde manche.
Il entra et resta figé devant le spectacle offert à ses yeux. La tenue simple mais élégante de Riza rehaussait sa beauté naturelle, et elle était si belle qu'il eut un coup au cœur. Pourtant, il reprit vite ses esprits :
« Tu es prête ? », questionna-t-il.
Elle saisit son sac à main, le sachet contenant le cadeau qu'elle avait acheté et hocha seulement la tête. Il lui tendit son bras d'un geste naturel et elle glissa le sien en dessous avant de dire à l'intention de son chien :
« Sois sage, Black Hayate… »
L'animal ouvrit un œil et se rendormit tranquillement. Ils sortirent du quartier général sans croiser personne, à part les plantons de l'entrée qui les saluèrent impeccablement, et ils montèrent dans le taxi qui les attendait, qui les déposa devant le restaurant où Mustang avait réservé.
« J'espère que ça te conviendra, lui dit-il, c'est un restaurant de spécialités de l'Est… »
Elle hocha la tête et prit le bras qu'il lui tendait. Ils entrèrent dans le restaurant et le serveur les accompagna à leur table, puis il leur donna la carte.
Mustang attendit qu'il s'éclipse pour dire avec un léger sourire :
« Tu es très belle… »
Le teint de Riza se colora et elle ne sut que répondre :
« Tu n'es pas mal non plus… »
Et elle bredouilla :
« Enfin, ce n'est pas…tu es beau aussi… »
L'embarras manifeste de Riza l'émouvait, mais il se força à focaliser son attention sur la carte. Il y avait un menu de Noël pour deux personnes, aussi l'interrogea-t-il :
« Est-ce que le menu de Noël te plaît ? »
Elle hocha la tête et il héla le serveur, à qui il commanda le fameux menu et des apéritifs sans alcool. Elle le regardait à la dérobée, et perdait ses moyens tant elle le trouvait irrésistible dans cette tenue. Et cette odeur d'after-shave ! Elle se sentait timide et empruntée, comme une adolescente à son premier rendez-vous, et s'en voulut de ne pas pouvoir gérer cela d'une meilleure façon.
Il s'aperçut qu'elle le regardait, et son sourire s'agrandit, même s'il ne le releva pas. Sans dire un mot, il prit sa main dans la sienne, augmentant l'embarras de Riza qui cependant ne l'en empêcha pas.
« Que puis-je faire d'autre pour te convaincre que je suis sérieux ? », dit-il, une lueur de tristesse passant dans son regard sombre.
« Tu l'es peut-être, mais tu oublies que j'ai vécu à ton contact durant des années, j'ai vu ta façon de vivre… », Lui dit-elle.
Il rit doucement :
« Ce n'est que cela ? Tu peux bien demander à mes subordonnés, voici un certain temps qu'ils se posent des questions parce que ma réputation m'avait précédé à West City et que, justement, je n'y suis pas conforme… »
Il savait bien que tout ce qu'il pouvait dire ne pouvait prouver sa bonne foi, elle n'avait pas entièrement confiance en lui et, vu ce qu'elle connaissait de lui, elle n'avait pas tort. Il voulut lui dire qu'aucune femme à part elle n'avait retenu son attention depuis un bon moment déjà, mais il n'en fit rien. Il fallait qu'elle lui donne elle-même sa confiance, sans qu'il la force en quoi que ce soit.
Le serveur leur apporta les crudités artistement découpées qui composaient le premier plat avec des verrines de mousses de légumes. Tout en mangeant, il tenta de relancer la conversation, et y parvint assez bien. Riza semblait se détendre un peu, et il poursuivit dans ce sens. Elle le regardait à présent directement, sans plus aucune timidité, le teint légèrement rosé. Ils parlèrent de tout, de leur travail respectif, de leurs subordonnés, échangèrent des nouvelles de leurs connaissances communes. Riza rit à l'évocation des subordonnés de Mustang toujours en train de le surveiller et de colporter des rumeurs sur lui.
« A croire qu'ils n'ont que ça à faire. Ils peuvent dire sur moi ce qu'ils veulent, je m'en fiche royalement, mais s'il leur prenait la fantaisie de dire quoi que ce soit sur toi je t'emprunterais ton idée de la brosse à dents pour les calmer… », Ajouta-t-il avec un sourire malicieux.
Malgré tout ce qu'il pouvait en dire, elle savait qu'il les appréciait tout de même malgré leur propension au cancanage.
On vint déposer au centre de leur table un énorme plateau de fruits de mer accommodés à la mode de l'Est, avec diverses sauces, et le regard de Riza brilla car elle adorait ça. Ils firent un sort à une partie du plateau, puis le serveur vint leur apporter des rince-doigts. Il restait encore le plat principal et le dessert, et ils décidèrent de faire une pause avant de poursuivre. Il pensa le moment bien choisi et lui tendit le sachet qu'il avait apporté :
« Joyeux Noël, Riza… », Dit-il.
Elle prit le paquet, l'ouvrit et en tira un écrin, qu'elle ouvrit. Une paire de boucles d'oreille en argent ouvragé reposait à l'intérieur.
« C'est un artisan de West City qui les a fabriquées, j'espère qu'elles te plaisent… », Déclara-t-il.
Pour toute réponse, elle enleva les siennes et les mit avec un sourire, achevant de le conquérir si c'était encore nécessaire.
« Merci, Roy… », Lui dit-elle avec émotion, « elles sont magnifiques… »
Se reprenant un peu, elle lui tendit son propre cadeau. Il ouvrit le sachet noué de bolduc et trouva une superbe écharpe en cachemire véritable.
« Tu t'es souvenue… », Lui dit-il.
Quand ils étaient plus jeunes et qu'il était disciple de son père, elle avait brûlé par mégarde une écharpe précieuse qu'il possédait.
« Oui, je n'ai jamais oublié, et c'est ma façon de tirer un trait sur le passé… », Lui répondit-elle.
Il eut un sourire qui lui chavira le cœur.
« Merci, elle me plaît beaucoup… », Dit-il en la regardant dans les yeux.
Il la plia soigneusement et la rangea dans le sachet, visiblement pour ne pas la salir. Le moment qui suivit fut silencieux, mais un moment de complicité unique, le premier, et, dans une sorte d'instinct, Riza eut une partie de la réponse à la question qu'elle se posait en finissant de se préparer. Lui aussi se rendit compte qu'il se passait quelque chose, et ne rompit absolument pas le charme. Main dans la main, regard fixés l'un dans l'autre, il semblait à chacun que rien n'existait en dehors de l'autre.
Ce fut le serveur qui rompit le charme en amenant la poularde fourrée à la farce au foie gras, avec les légumes en julienne qui l'accompagnaient. Si lui, avec son bel appétit proverbial, fit encore honneur au plat, elle en mangea peu, même si c'était absolument délicieux. Quand il le lui fit remarquer avec humour, elle lui rétorqua :
« Je n'ai plus très faim, et je n'ai pas vraiment envie de devenir énorme… »
Il rit doucement.
« Qu'importe, à mes yeux tu serais toujours la même, la plus belle femme au monde… », Ajouta-t-il très sérieusement.
Elle rosit, baissa le regard mais ne répondit rien. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, et elle ne comprenait plus très bien ce qui lui arrivait. Elle était sûre de ses sentiments envers lui, mais elle n'était pas préparée à ce flot rageur et brûlant qui l'emplissait toute entière, provoquant de la confusion dans son esprit. Que lui arrivait-il, que diable ? Elle ne le savait que trop bien, mais c'était trop subit, trop violent.
Mustang remarqua son absence car il lui demanda :
« Riza, ça va ? »
Elle tressaillit et lui répondit avec un sourire qu'elle espéra convainquant :
« Oui, oui, un petit moment de fatigue… »
Jamais elle n'aurait osé lui expliquer cela, elle se sentait trop embarrassée et elle avait besoin d'y réfléchir elle-même. L'arrivée du serveur qui débarrassa les assiettes du plat principal et leur apporta le dessert la distrait quelque peu et la fit revenir tout à fait à la réalité. Elle admira avec sincérité la magnifique bûche pâtissière, faite maison, qu'on leur avait déposée, et sourit au serveur qui lui en servit un morceau. C'était un véritable délice, et, malgré le fait qu'elle se sente déjà plus que lestée, elle le mangea avec appétit. Mustang rit et remarqua :
« Ah, vous les femmes, terriblement sensibles au sucre… »
Riza lui rétorqua avec humour :
« Hé oui, c'est ça qui nous donne notre caractère doux et sensible… »
Mustang rit encore plus et parvint à dire :
« Doux et sensible ? Ca se voit que celui qui a dit cela ne t'a jamais vue à l'œuvre au tir, tu en remontrerais même au meilleur de nos troupes d'élite… »
Elle lui sourit, de ce sourire qui le faisait fondre, et avala sa dernière bouchée avant de dire :
« Je me suis spécialisée en tir d'élite parce que je voulais te protéger, et c'est encore d'actualité… »
Leurs regards se croisèrent, et ils entendirent au loin, dehors, les cloches des églises de la ville se mettre à sonner les douze coups de minuit.
« Joyeux Noël… », Lui dit-il sans quitter son regard.
Un père Noël passa alors dans l'assistance et offrit une fleur à chaque femme et un rond de serviette à chaque homme, alors que le sapin au fond de la salle s'illuminait davantage sous l'effet de cierges à étincelles. Un flot de souvenirs envahit alors Riza, et elle détourna le regard. Elle se revit petite fille, déballant des cadeaux auprès de sa mère, alors que son père travaillait derrière sa lourde porte de chêne fermée.
Mustang comprit la teneur de ses pensées car il dit :
« Là où ils sont, ils sont fiers de toi… »
Et il serra plus fort sa main dans la sienne…
Il commençait à se faire tard, et il fallait songer à rentrer sous peine de trouver porte close au quartier général. Bon, il y avait toujours des plantons, mais il valait mieux ne pas avoir recours à eux pour ouvrir sous peine d'en entendre parler dans tous les couloirs le lendemain. Il demanda l'addition et, malgré les protestations de Riza qui voulait payer sa part, régla les deux menus rubis sur l'ongle. Une fois dehors, il lui dit :
« Tu te sens assez forte pour rentrer à pied ? Je doute qu'on trouve un taxi facilement à cette heure… »
Il avait arrêté de neiger, et le ciel dégagé scintillait d'étoiles. Elle acquiesça et il prit sa main.
Il n'y avait quasiment personne dans les rues, mais les restaurants et les bars étaient encore allumés partout. Ils marchèrent un moment dans les rues et, prenant un raccourci, arrivèrent dans un petit jardin non loin du quartier général. Il s'immobilisa et lui désigna une étoile très brillante, au firmament.
« Quand j'étais petit, je croyais que c'était elle qui amenait les cadeaux sous le sapin… », Expliqua-t-il.
Il abaissa le regard vers elle et lui dit doucement en caressant sa joue :
« Mais cette année, elle m'a apporté un cadeau dont je n'avais jamais osé rêver… »
Il caressa sa joue une autre fois, plongeant son regard sombre dans les yeux dorés de Riza tremblants d'émotion. Leurs souffles se raccourcirent, et, enfin, leurs lèvres s'unirent dans un premier baiser léger. Quand ils se séparèrent, il y avait des larmes qui perlaient dans les yeux de Riza, mais elle ne put rien dire, la gorge serrée. Il referma avec précautions ses bras autour d'elle, et elle ne se défendit pas.
« J'ai tant rêvé de te tenir ainsi, dans mes bras…il me semble que je vais me réveiller… », Dit-il d'une voix rauque.
Elle appuya ses mains contre sa poitrine.
« Non, tu ne rêves pas, pas du tout…ou je rêve aussi… »
Serrés l'un contre l'autre, leurs chaleurs d'entremêlant, ils restèrent un moment ainsi, les yeux dans les yeux, et il reprit ses lèvres alors que, cette fois, elle mettait ses bras autour de son cou, intensifiant le contact de leurs deux corps. Ils se séparèrent à regret et il déposa un dernier baiser sur ses lèvres avant de dire :
« Il faut qu'on rentre… »
Aucun d'entre eux n'en avait envie, pourtant. Il garda la main de Riza dans la sienne tout le long du trajet et la reconduisit jusqu'à sa porte. Il n'avait pas envie de la laisser, il aurait voulu la garder dans ses bras, mais la bienséance le nécessitait. Ils échangèrent encore un long baiser et il lui dit :
« Fais de jolis rêves, dame de mes pensées. Je viendrai te chercher demain… »
A SUIVRE
