2 – le coma de Joy durait depuis trois semaines à présent et l'optimisme que chacun tentait d'afficher commençait à s'effacer et l'inquiétude commençait à se faire plus palpable, Largo faisait pratiquement la navette tous les jours entre Walken Security et le groupe W grâce à l'hélicoptère le trajet ne durait guère plus d'une trentaine de minute dans le pire des cas.

Largo s'était pris d'affection pour la fille de ses amis, si bien qu'il la gâtait outrageusement elle et Azmaria. Daniel, lui, gardait ses distances, d'ailleurs il avait calqué nombre de ses comportements sur ceux de Kerenski.

Il avait appris par Kerenski que Daniel et Azmaria avaient été mis sous la tutelle de Joy après qu'un attentat eût coûté la vie à leurs parents.

Cette facette de Joy le séduisit aussi, de toute sa vie il n'avait rencontré femme plus complexe. Cette complexité semblait renforcer les liens qui l'attachaient à la jeune femme, face à lui-même il avait enfin la force de l'admettre, fini les faux-semblants.

Largo avait enchaîné réunion sur réunion depuis son retour, il n'avait plus le temps pour rien, il n'en avait plus le goût non plus.

La liaison entre Simon et Alicia était des plus sérieuses, ils ne prenaient plus autant de précautions, d'ailleurs la presse semblait guetter leurs moindres faits et gestes, ce soir là pourtant Simon était venu le rejoindre et ne semblait pas pressé de partir.

- « Simon…..eh ! Simon. »

- « oui, tu me parlais Largo. »

- « dis donc, ça n'a pas l'air d'aller….

- « si, si tout va bien. »

- « t'en es sûr ? »

- « en fait non, ça ne va pas du tout, cela fait trois semaines qu'elle est dans cet état et aucune amélioration, je n'arrive plus à la voir comme ça, on dirait qu'elle dort mais elle ne veut pas se réveiller, j'ai beau faire du bruit, elle ne réagit pas…..

- « c'est vrai, je ne supporte plus de la voir dans cet état non plus. Quand je la regarde à présent que les plaies ont cicatrisé et que son visage a recouvré cet aspect que je lui connais, j'ai l'impression aussi qu'elle dort et qu'elle va froncer les sourcils puis ouvrir ses yeux d'ambres et me regarder les yeux brouillés de sommeil avant de me sourire en me reconnaissant….mais on est pas là pour ça, qu'est ce qui te tracasse ?...

- « et depuis quand ça t'intéresse….

- « …touché…

- « désolé mon pote. »

- « je l'ai cherché, je sais que je n'ai pas été à la hauteur et je m'en excuse. »

- « c'est bon Largo le passé est derrière. »

- « peut être mais durant cette année, tu as été à mes côtés et tu m'as suivi aveuglément au nom de notre amitié et …. Souvent je n'ai pas accordé à cette amitié la place qui lui revenait, je l'ai prise pour acquise…. J'ai été absent quand tu as eu besoin de moi, en fait je n'ai pas été présent à un seul moment lorsque vous aviez besoin de moi. Alors que vous trois…..

- « nous serons toujours là pour toi, Larg' n'en doute jamais….

- « je sais moi est ce que je serai là pour vous…. Oublie….mais toi dis moi ce qui ne va pas…..

- « ce qui ne va pas…tout, Diana a changé alors quelques part je me suis détaché d'elle lentement et lorsque sa trahison a été connue je n'ai pas été trop choqué mais Astrid…. Elle n'a pas changé, elle est demeurée la même téméraire et glaciale puis l'instant d'après la femme délurée et charmeuse…

Les deux hommes se replongèrent dans leur réflexion, à leur arrivée deux semaines auparavant, ils avaient d'un accord tacite évité d'en parler, l'état de santé de Largo et la charge de travail y avait aidé aussi.

Simon s'était plongé dans le travail dans l'espoir d'y trouver l'oubli, car durant le temps où Largo avait été inconscient il avait visionné les vidéos.

Il y avait vu Joy malade, délirant sous l'emprise de la fièvre, Li Ann Helms les trahissant puis, ELLE, Astrid torturant ses amis. C'était elle la responsable de la blessure de Largo au genou, à cause d'elle Largo allait devoir marcher avec une canne pendant plusieurs mois.

- « tu sais Largo des fois je me pose des questions, est ce que tout cela en vaut la peine. »

- « je ne sais pas, au début j'aurai dit non, puis j'ai vu ce que je pouvais faire pour aider les autres et il y avait les défis….l'argent mais ce n'est pas vraiment le plus important, ici j'ai l'impression que je pourrai un jour finir par comprendre l'homme qui était mon père. Tu sais même pour moi ce n'est pas si évident, dans le chaos qui règne la seule chose dont je sois sûre c'est que je ne veux pas perdre vous perdre, vous, ou le groupe W. Tu veux partir c'est ça ? »

- « je ne sais pas je me sens perdu, Kerenski est enfermé dans le bunker depuis notre retour, il ne le quitte que pour se changer et prendre une douche dans l'appartement du groupe que tu as mis à sa disposition…. Il est sombre à nouveau et taciturne, c'est à peine s'il dit allo quand il répond au téléphone. Et puis il y a tant d'ombres à éclaircir. »

- « je sais, et la principale c'est pourquoi Cardignac vous a aidé. »

- « je ne sais pas seul Sullivan pourrait répondre ou Michel lui-même, mais je doute qu'ils disent quoi que ce soit. »

A Londres, l'ambiance était moins sereine, elle était tendue et emplie de rancœur et de non-dits.

L'enterrement d'Edouard avait eu depuis trois semaines, deux semaines après les déplorables événements d'Atlantic city.

Deux semaines cela avait été le temps nécessaire pour que le corps soit rapatrié en Angleterre. Il était arrivé un soir par le même avion que la valise diplomatique, cercueil anonyme. Aucune rumeur n'avait circulé Charles y avait personnellement veillé. La cérémonie avait été discrète se cantonnant à la famille proche et quelques connaissances, Charles mais aussi ses propres parents avaient été intraitables sur ce point.

Elle ne pouvait affliger à Joy cet affront, car à présent c'était elle l'héritière, elle avait droit aux égards dus à son rang.

Le temps commençait son œuvre salvatrice, Adriana était moins sujette aux crises de larmes, elle acceptait plus facilement qu'on parlât de son fils au passé.

Après l'enterrement Charles était demeuré à Londres, il sortait tôt le matin et ne revenait que très tard le soir, toute la journée au siège du groupe faisant le tri dans les affaires de leur fils décédé.

Avec sa mort, la procuration en possession des Van Diep devenait caduque, il revenait au conseil d'administration de choisir un nouveau président, ce n'est qu'après qu'il validerait ou non les décisions de son prédécesseur.

Pourtant l'heure n'était pas à ses considérations, Malverne était à nouveau à la tête des galeries en attendant le réveil de la nouvelle héritière et le vote du conseil.

L'immense demeure londonienne était plongée dans le silence depuis si longtemps que le bruit du téléphone résonna étrangement aux oreilles d'Adriana.

- « Adriana Arden…..oui….bien je lui transmettrai. »

- « Adriana, qui était ce ? »

- « l'ex mari de Joy, il nous informe que Joy a repris connaissance. »

- « j'appelle ton père il sera heureux de l'apprendre. »

- « oui mère je n'en doute pas un seul instant. Préviens Charles aussi, j'ai une migraine je monte me reposer. »

- « c'est toujours comme ça quand il s'agit de ta fille, je te rappelle que c'est ton unique enfant à présent. »

- « oui mais ce n'est pas Edouard. »

- « Encore heureux, tu étais peut être aveugle mais nous non. J'ai vu de quoi était capable ce cher et tendre (devançant les protestations de sa fille)….non je ne suis pas injuste car il ne pourra se défendre mais objective. Tu l'as élevé dans l'esprit de l'aristocratie démagogue et passéiste en cela tu t'es trompée et tu as échoué, tu as créé un monstre qui n'a pas hésité un seul instant à vendre sa famille. »

- « mais….je…..il…..

- « nous sommes vieux Adriana mais nous ne sommes ni fous ni aveugles, Charles a certes réussi à étouffer l'affaire afin qu'elle ne s'étale pas à la une de la presse mondiale mais pour le reste tout le monde est au courant. »

Sur ces mots l'aînée des deux femmes se leva et quitta la pièce, la plus jeune se laissa lourdement tomber sur son siège. Elle qui craignait le scandale et avait érigé l'honneur en précepte tombait de haut, son fils, cet enfant pour qui elle avait tout sacrifié, l'avait galvaudé pire à présent son déshonneur était connu de tous.

Elle ne pouvait demeurer plus longtemps à Londres, elle devait partir dans les plus brefs délais et ne reparaître que lorsqu'un nouveau scandale occupera les bonnes gens.

Joy avait repris connaissance depuis quelques heures, Marshall après l'avoir examiné avait jugé son état satisfaisant, la preuve était le retrait de la plupart des machines qui occupaient la pièce, seule demeurait l'intraveineuse.

Les trois hommes n'avaient pas mis longtemps pour couvrir la distance séparant le groupe W du siège de Walken Industries.

Kerenski et Simon avaient les bras chargés de cadeaux Largo portait attaché à sa béquille une multitude de ballons.

Lorsque les trois hommes franchirent le seuil de la chambre de la jeune garde du corps ils virent un moment rare, Joy tenant dans ses bras une Natalia endormie, celle-ci serrait de sa petite main la manche de la jeune femme. Endormie mais tout aussi accrochée à la jeune femme, Azmaria, la fillette enlaçait un pan du drap.

- « salut ma toute belle. »

- « salut les gars….shhuuut, parlez doucement. »

- « bonsoir Joy.»

Tout en saluant la jeune femme, Kerenski se baissait pour embrasser tendrement le front de la jeune femme. Puis avec une douceur que les deux européens ne lui aurait jamais imaginé s'emparait de Natalia qui dormait dans les bras de la jeune femme.

A l'instar de son ami Simon contourna le lit pour s'emparer de l'autre fillette et s'apprêtait à suivre son ami au même moment il s'aperçut de l'absence de son ami.

- « où est passé Largo ? »

- « il est ressorti. »

- « comment ça sorti? »

- « Simon….

Simon reposa délicatement Azmaria sur le lit avant de se précipiter en direction de la sortie, la voix chargée de mise en garde du Russe n'avait eu aucun effet sur lui cette fois-ci. D'un pas vif il sortit dans le couloir, il n'eut pas à aller bien loin, Largo était assis sur une chaise près de la porte, les deux mains posées sur les genoux soutenant sa tête.

- « je peux savoir ce qui te prend ? »

- « moi, rien…..

- « alors pourquoi tu n'es pas dans la pièce près de Joy. »

- « je ne peux pas Simon, je n'arrive pas à lui faire face, je n'ai pas réussi à la regarder dans les yeux. Quand j'ai levé mon regard vers elle et que je l'ai vu sur ce lit avec cette lueur dans le regard, je n'ai pas pu Simon je me suis senti si abject….. Elle a été présente pour moi durant cette année sans dire un mot, elle était tout simplement là, elle m'a aidé, supporté et moi qu'est ce que j'ai fait, je l'ai insulté blessé par mes actes mes paroles et mes soupçons…. »

- « écoute ce n'est pas à moi que tu dois dire ça mais à elle, expliquez vous une bonne fois pour toute puis on recommence une nouvelle page. »

Dans la chambre Kerenski, Natalia dans les bras s'était installé sur une chaise pour tenir compagnie à la jeune femme en attendant le retour des deux autres hommes de l'Intel.

- « Kerenski, merci de m'avoir sauvé. »

- « je suis payé pour ça, mais quand même tu commences à prendre l'habitude dés que ça ne va plus tu disparais, ce n'est pas très…..CIA tout ça. »

- « tu as raison, ça va finir par casser mon image de femme forte. »

- « non, pas pour moi. Tu es une femme forte et courageuse, mon affection t'est acquise Joy et n'oublie pas je serai là pour toi. »

- « merci Georgi. … Elle s'appelle Andreïna Warwick et elle travaille pour Walken Industries. »

- « il faudra me dire pourquoi. »

Kerenski n'eut pas besoin de s'étendre, la porte s'ouvrit pour laisser passer Simon et Largo, ce dernier arrivait à la suite de son ami d'un pas hésitant.

- « Salut Joy. »

- « salut. »

Les deux jeunes gens semblaient quelques peu mal à l'aise l'un face à l'autre, Kerenski quitta son siège avec Natalia tandis que Simon contournait le lit et récupérait Azmaria, les deux hommes prirent la direction de la porte. Avant de refermer la porte Simon se tourna vers Largo et lui lança sur un ton sévère.

- « évite de la faire pleurer. Par contre n'hésite pas à la faire enrager, elle est trop faible pour riposter. »

- « je vais te montrer si je suis faible. »

Avec tout ce dont elle était capable, Joy s'empara de l'oreiller près d'elle et le lança avec force en direction du Suisse qui s'empressa de l'esquiver en riant et de quitter la chambre.

La journée de Largo avait été longue et pénible, depuis six heure du matin il n'avait cessé de courir d'un rendez vous à un autre, à cause d'un emploi du temps chargé il avait déjeuné avec Sullivan à six heures trente du matin avant d'enchaîner rendez vous sur rendez vous si bien qu'il avait sollicité sa jambe plus que nécessaire alors que les médecins avaient préconisé du repos. Plus de dix heures plus tard il n'en pouvait plus, la douleur irradiait de sa jambe comme autant de vagues de chaleur.

Il n'en avait peut être pas conscience mais tout son poids s'appuyait sur la béquille et son pied valide dans le naïf espoir de se sentir soulagé. Mais rien n'y faisait, la douleur persistait.

Pourtant sur ses lèvres la douleur cédait devant l'hilarité et incapable de le réprimer plus longtemps un éclat de rire fusa.

Les deux hommes se trouvaient devant la porte de la chambre des filles, lorsqu'un son qui leur était devenu étranger depuis quelques semaines leur parvint. Le rire de Largo leur arrivait, il afficha sur le visage de son meilleur ami une expression d'intense soulagement, le groupe W leur avait déjà coûté beaucoup il ne voulait pas qu'il lui coûtât aussi sa joie de vie et son bonheur.

Sur le visage impassible du Russe il apporta un léger étirement des lèvres, un sourire imperceptible qui exprima son soulagement.

Son arrêt n'avait duré qu'un bref instant, il avait été inquiet pour son entourage, mais le voilà à présent rassuré, Andreïna était dans la même ville encore un peu de patience et il pourrait la rencontrer, Joy était de retour auprès des vivants et Largo avait retrouvé le sourire.

Plus que tout son ange blond était près de lui, avec le passage des années il avait développé une réelle affection envers cette fillette qui levait vers lui des yeux innocents et confiants.

Dans la chambre, Largo riait toujours.

- « je suis contente de voir que je te fais rire. »

- « tu faisais une de ses têtes. Tu étais trop drôle. »

- « merci pour moi…. Assis toi tu sembles fatigué. »

- « c'est vrai je cours de réunion en rendez vous depuis six heures du matin. »

- « pauvre milliardaire….où vas-tu ? Viens près de moi.»

En parlant Joy tapotait la place laissée vacante par Azmaria sur le lit, Joy le regarda claudiquer jusqu'au lit et elle put constater l'extrême lassitude qu'exprimait son visage.

Le jeune homme s'installa sur le lit et poussa un soupir de soulagement.

- « je suis vraiment perdu sans toi tu le sais. »

- « je vais faire semblant de te croire, je ne peux tout de même pas contredire mon patron. »

- « je suis sérieux Joy, je le suis….. (Largo posa une main sur l'avant bras de la jeune femme)… Joy…. Je suis désolé, je te demande pardon pour tout, je n'ai pas assuré….

- « c'est vrai et tu m'as fait mal. Tes doutes m'ont blessé, je suis ton garde du corps, jamais je ne te nuirais. Ton père me l'a fait promettre mais surtout vous êtes ma seule véritable famille… je l'ai cru jusqu'à ses derniers temps. »

- « non Joy, tu ne t'es pas trompée. Mais moi je n'ai pas ta force, j'ai appris à diriger le groupe Sullivan m'y a aidé mais rien ne m'a préparé pour le reste, la duplicité, le mensonge et les trahisons en tout genre. On est un bon ou un méchant pas plus. »

- « c'est là où tu te trompes, tout n'est pas blanc ou noir, c'est tout un dégradé entre les deux. »

- « peut être….

- « c'est une certitude, crois moi aucune décision n'est bonne à 100%. Les meilleurs d'entre nous pourraient te montrer un visage que tu ne soupçonnes même pas. »

- « c'est l'influence du père Maurice sûrement. »

- « sans doute…. Tu es un rêveur Largo c'est ce qui m'a marqué la première fois que je t'ai vu agir.»

- « c'est vrai ? Dis Joy je ne t'ai jamais posé la question mais Diana avait dit que tu avais été dans mon ombre. »

- « c'est vrai, la première année je vous ai accompagnés Simon et toi dans vos déplacements les plus dangereux, je vous ai couverts certaines fois. »

- « moi qui croyais avoir une chance de pendu. »

Un sourire naquit sur les lèvres de Joy, elle se pencha et bientôt sa tête se retrouva au dessus de celle du jeune homme qui était étendu sur le lit de tout son long.

- « mais tu as de la chance. »

- « c'est vrai quand je te vois devant moi et que Simon est là avec Kerenski je m'en rends compte, je n'ai pas gagné que des ennuis avec le groupe W. »

Les cheveux de Joy étaient détachés et pendaient sur ses épaules. Pendant de part et d'autre de son visage ils formaient un rideau qui les isolait du reste du monde.

- « tu sais, durant ces semaines où tu étais dans le coma, je me suis rendu compte à quel point tu étais importante. »

D'un geste nonchalant il leva la main vers le visage qui se trouvait au dessus de lui et le traça.

- « oui, tu es importante car même pendant tout le temps où j'ai cru que tu m'as trahi je n'ai pas su te détester alors je me suis fait blessant. »

Le rappel de ses événements jeta un voile sur le regard d'ambre de la jeune femme qui se redressa et se rallongea à nouveau. Elle ne savait que dire alors elle garda le silence.

- « Joy, pendant notre emprisonnement tu as déliré et dit des choses tu peux m'expliquer, tu as dit que Natalia était une héritière. C'est la fille de mon père, tu l'as eue avec lui. »

- « non. Elle n'est pas la fille de Nério mais sa petite fille. »

- « comment ? »

- « on attend les autres d'accord et je vous dévoilerai qui est Natalia ?»

- « d'accord mais d'ici là repose toi. »

Tendrement Largo borda la jeune femme qui cédant à son épuisement sombrait dans le sommeil. Accoudé Largo la regardait s'endormir puis doucement il glissa à son tour dans les bras de Morphée.

A leur retour Simon et Kerenski les trouvèrent endormis, le bras de Largo entourant tendrement Joy.