Voici la suite, les amis !
Ce chapitre là m'a donné du fil à retordre, je sais pas pourquoi. J'espère que vous aimerez, n'hésitez pas à me donner votre avis, il est toujours le bienvenu. :) MERCI beaucoup à tous ceux qui me laissent des reviews, j'adoooore vous lire ;) Autant que j'aime écrire à propos de notre Saiyen préféré oulala ! : 3 Et aussi, merci pour votre patience, parce que je sais que ça peut parfois être long d'attendre après moi... désolé pour ça !
Et puis oh, surprise...
Cette fois-ci, ce sera deux pour le prix d'un, parce que j'ai décidé de mettre mes capacités de traductrice à l'épreuve en vous offrant une AUTRE (oui-oui-oui) histoire BxV, celle-là originellement écrite par l'incroyable LadyVegeets (que vous connaissez peut-être pour ceux/celles qui lisent aussi les fics en anglais), qui m'a donné la permission (merci merciiiii!) de traduire son récit en français pour vous. Vous pouvez jeter un coup d'oeil au premier chapitre sur ma page d'auteur ! :D
Bonne lecture xx
(Et encore, la suite sera pour dans- environ -un mois)
Chapitre 18 - Hitos
Aux commandes de son aéronef en plein vol, Bulma fixait le ciel d'un air absent, la capsule qui contenait la maisonnette qu'elle avait enfin consenti à replier précautionneusement posée sur ses genoux. Les paysages défilaient sous elle, la plage qu'elle avait laissée derrière faisant tranquillement place à une forêt dense parsemée de montagnes qui, au loin, se transformait en une vaste prairie recouverte d'herbes hautes. À l'horizon commençait à se dessiner les contours d'une petite maison perdue au milieu des champs. La maison de Goku.
Voyant qu'elle arrivait enfin à la destination qu'elle convoitait, Bulma poussa un long soupir.
''Il commençait à être temps que je me bouge les fesses de là'' se dit-elle en posant une main sur son thorax alors qu'elle sentait le vide qui s'y était creusé s'estomper un peu.
Végéta était parti depuis deux semaines. Deux semaines pendant lesquelles elle n'avait pas trouvé la force de partir à son tour. Au départ, juste après la disparition du Saiyen, Bulma était resté à la plage dans l'espoir de voir sa chevelure aux pointes hérissées réapparaître au loin. Puis, voyant qu'il ne revenait pas, les questions s'étaient mis à affluer dans son esprit, l'enchaînant de plus en plus à ce petit univers qui lui semblait si irréel maintenant qu'il n'y était plus.
Si elle n'avait d'abord pas osé quitter la maisonnette parce qu'elle voulait faire perdurer les souvenirs de leur escapade le plus longtemps possible, que ce soit en regardant la mer dans laquelle il s'était entraîné, en mangeant au comptoir sur lequel ils avaient partagé leurs repas ou en s'enveloppant dans le parfum dont s'étaient empreint les draps, Bulma en était rapidement venue à redouter ce qui se passerait lorsqu'elle retournerait à Capsule Corp. Avec tout ce qu'ils avaient partagé, même (et surtout) s'ils se retrouvaient dans un milieu aussi neutre que sa demeure, il lui semblait impossible de reprendre sa routine et de faire comme si rien ne s'était passé.
Parce que, en l'espace de ces dix-sept jours passés ensemble, quelque chose avait changé.
Elle était tombée amoureuse de lui. Bêtement. Simplement. - Irrévocablement. Désespérément. Amoureuse de lui.
Et malheureusement, cette criante réalisation, qui l'avait rempli de bonheur quelques jours plus tôt, avait maintenant creusé ce vide douloureux et impossible à chasser dans sa poitrine. Parce que, elle, Bulma Brief, était tombé sous le charme de lui, Végéta, cet extraterrestre petit au physique étrange et à la coupe de cheveux douteuse, un tueur sans pitié, un mercenaire imbu de lui-même qui n'avait d'yeux que pour ses propres intérêts, un fou qui ne pensait qu'à s'entraîner et qui, comble de son malheur...
...était beaucoup trop fier pour l'aimer en retour.
Sachant cela, la jeune femme ne pouvait faire autrement que d'appréhender leurs retrouvailles. Car elle savait que lorsqu'elle retournerait à Capsule Corp., lorsqu'elle se retrouverait face à lui, lorsqu'elle croiserait de nouveau ses yeux sombres, elle ne pourrait en aucun cas faire taire la voix qui hurlait dans sa tête et qui lui rappelait dans quel merdier elle s'était mise. Elle avait exploré toutes les options, se demandant quelle était la meilleure réaction à adopter face à cette situation, s'imaginant fondre en larmes devant lui en lui admettant ses sentiments, ou se mettre à lui crier dessus pour être parti sans lui donner une seule explication, ou plutôt s'imaginer se jeter à son cou pour y enfouir son nez afin de humer son parfum étourdissant qui commençait à lui manquer terriblement. Mais malheureusement pour elle, la réaction du Saiyen, elle, était prévisible. Celle-ci étant invariablement toujours la même et ce, peu importe ce que Bulma envisageait ; il la repousserait.
Car la jeune femme savait sans l'ombre d'un doute ce que son départ définitif et imprévu pouvait signifier. Végéta était trop fier. Trop fier pour se permettre de se prêter à leur jeu d'amour plus longtemps. Trop fier pour s'avouer vaincu par un sentiment aussi révulsant que l'amour.
Tout ça était terminé.
Incapable de faire face au rejet cuisant qui l'attendait, Bulma avait donc passé les deux dernières semaines à retarder le plus possible son retour à Capsule Corp. Ça et peut-être, peut-être était-elle aussi un peu resté parce qu'elle avait peur qu'en quittant cet endroit, tout ce qui y était arrivé cesserait d'exister.
Un matin cependant, elle s'était éveillée pour l'énième fois submergée par les souvenirs de ce que les draps qui la couvraient avaient abrité, et elle en avait eu assez. Assez de se repasser inlassablement les mêmes images dans sa tête. Assez d'analyser sans relâche les mêmes discussions. Assez de se poser les mêmes questions et d'appréhender ce qui se passerait lorsqu'ils se reverraient. Bulma Brief n'était pas du type à bloquer devant une impasse, surtout quand cette impasse prenait la forme d'un alien à la coupe de cheveux hérissée. Il fallait qu'elle bouge, sinon elle deviendrait folle. Folle d'ennui, de tristesse, de rage.
Et d'amour.
Le matin même, elle avait donc enfin plié bagage, quitté cette oasis sans jeter un seul regard en arrière et avait prit la direction de la maison de son plus vieil ami.
Un sourire éclaira le visage de Bulma lorsqu'elle fut suffisamment près de la maison pour distinguer les formes de trois personnes qui échangeaient des coups amicaux près du jardin. La plus petite des silhouettes, en entendant les moteurs rugir au-dessus de leurs têtes, se mit ensuite à lui faire des signes de bienvenue avant d'accourir dans la direction où son aéronef s'était enligné pour atterrir.
- Bulma ! cria Gohan, le visage fendu par un énorme sourire. Wouah ! Tu as changé tes cheveux, c'est joli !
- Merci Gohan ! dit-elle en posant une main sur la tête du garçon. Et toi, tu as bien grandi, dis donc !
La jeune femme eut à peine le temps de mettre un pied par terre qu'ils étaient déjà rejoints par le père de l'enfant, qui affichait un air innocent sous sa coupe de cheveux en bataille. Plus loin derrière eux, Piccolo était resté à l'écart, les bras croisés sur sa large poitrine.
- Salut ! s'exclama Goku en ajustant sa ceinture atour de son éternel habit de combat orange. Je commençais à avoir hâte que tu arrives, Bulma. Ça fait plus de trois heures que tu nous a appelé.
- Oh ! Oui, c'est vrai que ça fait longtemps que nous ne nous sommes pas vus ! Toi aussi tu m'as manqué, Goku, dit-elle en s'approchant de son ami pour le serrer dans ses bras.
Celui-ci éclata du rire candide qui lui allait si bien et qui lui réchauffa le coeur au passage.
- Oui, c'est vrai que ça fait un bail, hein ?
- Arrête tout de suite avec ça, ajouta alors Piccolo qui s'était un peu rapproché. Tu avais hâte de la voir seulement parce que Chichi attendait son arrivée pour servir le repas.
- Goku ! s'exclama Bulma en lui donnant une petite tape sur le bras, sans vraiment être vexée cependant parce qu'elle connaissait bien les priorités des Saiyens. Tu sais combien de temps s'est écoulé depuis la dernière fois que nous nous sommes vus ?
- Aie ! Bulma ! Ça fait si longtemps que ça ?
- Depuis la visite du guerrier aux cheveux violets, en fait, lui rappela Gohan.
- Oh oui ! Ça fait un bout de temps qu'il est venu, celui-là. Tu avais les cheveux gros comme ça, s'exclama-t-il en formant un cercle autour de sa tête avec ses bras. Franchement, je t'ai souvent vu changer de coiffure Bulma, mais celle-là, c'était vraiment la meilleure ! Haha !
Elle vit ensuite Goku jeter un drôle de regard en direction du Namek, qui restait toujours aussi impassible, quelques mètres à l'écart du groupe. Puis, il se gratta la tête, l'air de réfléchir à quelque chose de bien complexe.
- D'ailleurs, ajouta-t-il en pointant innocemment son index vers elle, avec tout ce temps qui s'est écoulé depuis sa visite, ton ventre ne devrait pas avoir gro...
- Goku ! l'interrompit Piccolo d'une voix rude. Ça suffit ! Allons manger !
Ce dernier tourna ensuite sèchement les talons pour se diriger vers la maison, confiant que son invitation ferait oublier au Saiyen la question qu'il s'apprêtait à poser.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il a mon ventre ? demanda Bulma en regardant le duo s'éloigner. Je ne comprends pas. Je...
- Allez, viens Bulma ! dit Gohan qui venait de lui prendre la main. Ma mère va être contente de te voir, je crois qu'elle en a assez d'être seule avec nous trois. Si tu savais ! Nous nous sommes tellement entraînés ces derniers temps. Monsieur Piccolo m'a montré toutes sortes de nouvelles techniques, je suis vraiment devenu plus fort que je l'étais quand nous étions sur Namek.
- Oh ! J'ai bien hâte que tu me racontes tout ça, répondit Bulma en suivant le garçon à l'intérieur, oubliant instantanément la remarque de Goku en se disant qu'il s'agissait probablement de l'esprit un peu farfelu et simplet de son ami qui avait parlé.
Une fois entrée dans l'habitation chaleureuse de ses amis, Bulma fut immédiatement enveloppée par l'odeur délicieuse de la cuisine de Chichi. Goku, rapide comme l'éclair, était déjà assis à table alors que Piccolo était allé s'appuyer sur l'un des murs de la cuisine. Gohan, toujours aussi poli, lui désigna une chaise, attendit qu'elle s'installe en premier et s'assit à ses côtés sans qu'il n'ait arrêté de lui parler du nouvel entraînement qu'il suivait avec son père.
- Il progresse beaucoup, dit Goku dans un sourire sincère, il a bien plus de potentiel que moi au même âge !
- Ah oui ? s'étonna Bulma. Pourtant, à ce moment, je me rappelle bien comment tu écrasais tout ceux qui se mettaient dans notre chemin pour notre quête des Dragons Balls. Tu leur donnais toujours la raclée !
Goku éclata d'un rire cristallin.
- Oui, c'était le bon temps hein ? Mais là, c'est très différent. Avec Piccolo qui se met de la partie et les techniques que j'ai apprises durant le temps que j'ai passé dans l'espace...
- Ça suffit ! interrompit alors une voix criarde et autoritaire qui fit raidir les épaules de tout le monde dans la pièce. Combien de fois dois-je vous dire qu'on ne parle pas d'entraînement à table ?!
Bulma leva les yeux vers la femme aux longs cheveux noirs qui était apparue dans la salle à manger, les bras chargés de plats fumants qu'elle déposa rageusement devant son mari.
- Surtout avec une invitée sous notre toit ! poursuivit-elle en s'approchant de Bulma pour lui faire la bise et lui donner sa propre assiette de riz au passage. Tu dois les excuser, Bulma, j'arrive à peine à les arrêter de parler de combats une seule minute.
Chichi servit son fils avec beaucoup plus de délicatesse et s'assit sur la chaise voisine. Elle jeta un regard noir à son mari qui s'empiffrait comme jamais dans son assiette.
- Tu es seule ? Je croyais que tu viendrais avec Yamcha, demanda la femme en retournant son attention vers son invitée.
Bulma avala sa première bouchée de travers.
- Non... je... enfin nous...
- Yampha est partsi schentraîner dans le déschert.
Goku n'avait pas jugé nécessaire d'avaler sa bouchée pour donner l'information que Chichi avait demandée. Dans un sourire, Bulma lui en fut reconnaissante. Elle n'avait pas envie de parler de sa rupture et surtout pas de s'expliquer sur la raison pour laquelle ils avaient complètement coupé les ponts.
- Goku ! Tes manières ! Arrête de parler la bouche pleine ! s'écria Chichi.
Bulma éclata de rire. La situation lui rappelait étrangement quelqu'un.
- Arrête de t'en faire, Chichi. Sous mon toit aussi, il y a un Saiyen à qui je dois constamment rappeler les bonnes manières et qui ne pense qu'à s'entraîner.
À la mention du Saiyen en question, l'atmosphère se tendit soudainement. Derrière, elle vit que Piccolo avait crispé ses bras autour de lui. Chichi fut parcouru d'un étrange frisson et Gohan baissa les yeux vers son assiette, qu'il mangeait avec beaucoup moins d'empressement que son père. Seul Goku avait rit.
- Ah oui ? Végéta s'entraîne beaucoup alors ?
- Dans la chambre de gravité, répondit Bulma en ignorant le pincement au coeur qui s'était fait sentir en réalisant comment les gens autour d'elle réagissaient en pensant au prince.
- Wouah ! Tout ce temps dans la chambre de gravité... Gohan, tu réalises combien il doit être devenu fort ? Je suis impatient de voir comment il a progressé ! Pas toi ?
Le visage du petit se tordit d'une drôle de manière, partagé entre l'excitation et la peur. Il s'apprêtait à répondre, mais il fut interrompu par sa mère.
- Goku ! Je t'interdis de parler comme ça à notre fils ! Gohan, tu le sais. Je ne veux pas que tu t'approches de ce singe monstrueux !
- Monstrueux ? Tu exagères un peu là, non ? répliqua Goku. Je suis un Saiyen, moi aussi !
- Oh que non, je n'exagère pas ! Tu es un Saiyen, mais tu ne ressembles en rien à ce fou furieux ! Tu sembles avoir oublié que si Végéta s'entraîne aussi fort, c'est pour mieux te battre !
- Non, non, il s'entraîne pour se débarrasser des androïdes, comme nous, pas vrai Bulma ?
Chichi tourna des yeux inquisiteurs vers elle.
- Heu... marmonna l'intéressée, peu encline à se mettre en travers d'une dispute conjugale qui traitait de savoir si l'homme dont elle était tombée amoureuse était un monstre ou pas.
Elle haussa les épaules, gênée.
- Peut-être un peu des deux...
- Tu vois ! s'exclama Chichi à l'intention de son mari tout en pointant la femme aux cheveux bleus avec sa fourchette. Il veut te tuer ! Il veut tous nous tuer ! Même Piccolo ne lui fait pas confiance ! Il n'a pas passé les premiers mois suivant son arrivée sur Terre à le surveiller pour rien, hein ! Et toi, tu lui fais aveuglément confiance ! Ta naïveté m'exaspère Goku. C'est un monstre. Il est dangereux !
Bulma leva des yeux intrigués vers l'être vert qui se tenait toujours à l'écart du groupe. Ce dernier croisa brièvement son regard avant de baisser les yeux au sol, embarrassé. Si ce que Chichi disait était vrai, le Namek aurait épié Végéta pour s'assurer qu'il se tiendrait tranquille.
- C'est vrai Piccolo ? demanda Bulma, intriguée. Tu l'as surveillé ?
Le Namek prit un ton menaçant sans même lever les yeux pour lui répondre.
- Oui. Du moins, pendant le temps que les habitants Nameks résidaient chez toi. Je voulais m'assurer qu'il ne se mettrait pas à tous vous tuer sans que personne ne puisse lui opposer la moindre résistance. Je guetté ses écarts de comportement jusqu'à ce qu'il parte avec votre vaisseau, juste après que mon peuple ait été envoyé sur leur planète grâce aux Dragons Balls.
- Dis donc, tu as été subtil parce que je ne m'en étais même pas rendu compte. Et après ? Lorsqu'il est revenu ? Tu l'as surveillé aussi ?
- Ah bien non ! s'exclama spontanément Goku. Après la visite du garçon aux cheveux mauves, Piccolo n'avait plus vraiment de raison de croire qu'il représentait une menace. Haha ! Avec toi dans les parages, il...
- GOKU ! tonna Piccolo.
- Qu'est-ce que tu veux dire par-là ? demanda Bulma en fronçant les sourcils.
Goku s'apprêtait à répondre, mais le Namek le devança.
- Il veut dire que la menace des androïdes donne à Végéta un second motif pour s'entraîner et que d'ici leur arrivée, il ne représente plus un danger pour nous.
- Pas une menace ?! Non, mais vous vous entendez parler ? s'écria Chichi en brandissant son couteau dans les airs. Bulma, je sais bien que tu l'as invité chez toi pour garder un oeil sur lui le temps que Goku revienne sur Terre, mais là, mon mari est de retour et ce n'est plus nécessaire de le garder vivant ! Je suis certaine que tu peux l'éliminer en claquant des doigts, hein mon chéri ? Il serait enfin temps de nous débarrasser de lui avant qu'il ne se transforme en Super Saiyen à son tour et qu'il essaie de tous nous arracher la tête !
Goku se mit à rire, un éclair d'excitation dans les yeux à la mention de la possible transformation de Végéta en Super Saiyen. Bulma, elle, sentit son coeur se serrer d'une drôle de manière.
- Nous ne pouvons pas nous débarrasser de lui tout de suite, gronda Piccolo. Végéta n'est peut-être pas notre allié, mais il nous sera d'une grande aide dans la bataille contre les androïdes. Nous devrons attendre un peu plus longtemps avant de l'éliminer.
À entendre ses amis débattre pour savoir quel était le moment le plus approprié pour se ''débarrasser'' de Végéta, Bulma sentit le besoin de le défendre un peu.
- Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de s'en débarrasser, couina-t-elle.
Tous les regards se tournèrent vers elle.
- Hé bien ! Et tu peux m'expliquer pourquoi tu le défends maintenant ? s'emporta Chichi.
- Je le défends, parce que... Végéta n'est pas aussi mauvais qu'il en a l'air, poursuivit-elle. Oui, j'avoue qu'au départ, je l'ai invité pour le surveiller et qu'il me foutait un peu la trouille, mais mis à part son caractère de chien et son attitude parfois un peu princière, ce qui est parfaitement compréhensible vu qu'il en est un, il s'est révélé être un parfait invité. Il est même très accommodant, si vous voulez savoir ! Il se montre toujours très respectueux avec mes parents. Il ne se laisse jamais traîner dans la maison. Il vit dans la chambre voisine de la mienne, mais il se fait toujours très discret. Jamais il ne m'a réveillé lorsqu'il se lève pour s'entraîner aux petites heures du matin. Si on ne l'embête pas trop, il reste quelqu'un de très effacé.
- Ça, on appelle ça le calme avant la tempête, ironisa Chichi. Il est sage, mais dès qu'il en aura l'opportunité, il se retournera contre mon mari, contre toi, contre nous tous ! J'en suis certaine !
- Ce n'est pas l'impression qu'il me donne. Il est beaucoup plus complexe que ça, il est... très introspectif. Il nous menace, nous méprise, mais son attitude parle en soi. Je crois qu'il se cache derrière ses airs de dur à cuir parce que c'est la seule chose que sa vie antérieure lui ait jamais permise.
Un petit sourire s'était involontairement dessiné sur ses lèvres. Tous l'avaient écouté d'une oreille attentive. Goku avait affiché un sourire fier pendant que Chichi claquait la langue pour signifier sa désapprobation.
- Ça ne compte pas, pesta-t-elle.
- Hein ? s'étonna Bulma. Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Piccolo, Krillin, Yamcha... Tous ceux qui t'ont vu interagir avec lui le disent. Il est différent avec toi.
- Tu ne l'as peut-être pas remarqué, ajouta alors Piccolo, toujours aussi impassible dans son coin, mais Végéta devient bien plus docile lorsque tu es là, Bulma.
- Si, j'avais un peu remarqué, mais...
- Allons Bulma, s'esclaffa Goku, tu as réussi à lui faire porter une chemise rose ! Tu crois que j'aurais été capable de faire ça, moi ?
En se souvenant du vêtement qu'elle avait, sans trop savoir comment elle avait fait, réussi à lui faire enfiler, Bulma afficha un sourire malicieux. Elle échangea un air complice avec son ami.
- Pff ! La chemise rose, c'était pour rire. Le complet qu'il a porté pour m'accompagner à ma cérémonie de remise de prix, ça c'était du sérieux ! J'ai même réussi à le traîner jusque dans un bar, après la soirée. Je n'ai rien pu faire pour la cravate, par contre.
Quatre paires d'yeux ronds se mirent alors à la fixer. Goku ralentit le rythme avec lequel il engloutissait son repas. La jeune femme sentit ses joues s'empourprer.
- Pardon ? fit Gohan.
- Tu as quoi ? s'étonna Chichi.
- Un bar ? demanda Goku.
- Qu'est-ce qui tu dis ? s'insurgea Piccolo.
Ce dernier s'écarta subitement du mur sur lequel il s'était appuyé et plaqua ses paumes sur la table si brusquement qu'il en fit tinter les couverts.
- On peut savoir ce qui t'est passé par la tête ? ajouta-t-il, une once de panique dans la voix. Le traîner dans une cérémonie ? Et un bar ? Ce sont des lieux publics bondés de gens ! Tu réalises combien ça aurait pu être dangereux ?
Bulma fixa ses amis d'un air hébété. Elle ne voyait absolument pas pourquoi ils en faisaient tout un plat.
- Hé bien quoi ? Oui, un bar, avec de l'alcool, de la musique, de la danse et tout le tralala.
Elle leva le nez au plafond, un peu insultée de voir combien ses amis sous-estimaient le savoir-vivre de Végéta.
- Et vous savez quoi ? Il a fait ça comme un grand ! Il a non seulement été sage, mais il m'a aussi attendu pour me raccompagner à la maison parce que j'étais fatiguée, comme un vrai gentleman.
Les quatre paires d'yeux s'agrandirent encore plus. Un silence s'insinua entre eux pendant quelques secondes. Ce fut Chichi qui parla la première.
- Il... t'a amené... danser ?
- Pas vraiment, non. Il est plutôt resté dans son coin à m'attendre en marmonnant. Mais c'est déjà ça, non ? Végéta n'est pas différent avec moi, il baisse seulement sa garde un peu plus qu'avec vous. Et passer du temps avec lui n'a fait que prouver qu'il n'est pas aussi dangereux qu'il veut le faire paraître. Alors vos tactiques pour vous débarrasser de lui, vous les gardez pour vous !
- Oh ! Vous passez beaucoup de temps ensemble, alors ? demanda Goku qui avait recommencé à s'empiffrer à une vitesse plus ''normale''.
Bulma rougit, le silence perdura, puis ses amis, qui s'étaient d'abord étonnés de la voir adopter une attitude si protectrice envers le Saiyen, se détendirent graduellement. Seul Piccolo sembla rester tendu un peu plus longtemps.
- Tu fais ce que tu veux, Bulma, mais je crois que nous devons rester sur nos gardes avec lui, conclut Chichi en pesant bien ses mots.
- Arrête de t'en faire Chichi, s'exclama Goku. Tu vois bien que Bulma gère impeccablement la situation. Il ne devrait pas poser de problème tant qu'il vit chez les Briefs. Et dit donc, Bulma, il dort vraiment dans la chambre voisine de la tienne, hein ?
Piccolo toussota dans son coin et jeta un regard entendu au Saiyen. Puis, au bonheur de Bulma, Gohan prit enfin la parole pour orienter leur discussion vers un sujet beaucoup moins délicat qui ne concernait pas le tueur qui logeait chez elle.
Le reste de la soirée se déroula sans embûche et ils eurent tôt fait d'échanger en partageant de nombreux fous rires. Puis, la lune était déjà bien haute dans le ciel lorsque Chichi annonça qu'il était temps pour Gohan de se mettre au lit. Bulma en profita pour prendre congé, heureuse du moment qu'ils avaient passé ensemble. Elle embrassa Gohan et Chichi, serra brièvement Goku dans ses bras et fit un signe de la main à Piccolo avant de retrouver la brise fraîche qui s'était levée à l'extérieur. Les pieds lourds, mais le coeur un peu plus léger, elle monta à bord de son aéronef et mit les moteurs en marche pour mettre le cap sur la ville voisine. Juste avant de s'envoler, elle jeta un dernier coup d'oeil vers la maison et vit la silhouette de ses amis qui la regardaient partir par la fenêtre. Elle leur adressa un dernier au revoir avant de disparaître dans le ciel.
- Eh bien, dit Goku une fois que l'aéronef fut parti. Même si elle n'a pas encore le ventre rond, une chose est certaine, c'est que le bébé est probablement déjà en route ! Hihi !
- GOKU ! cria Piccolo à l'autre bout de la pièce.
- Quoi ?! Mais qu'est-ce que j'ai dit ?!*****
*****Un mois s'était écoulé depuis que Végéta était revenu à Capsule Corp. Un mois qu'il avait passé à s'entraîner comme jamais il ne l'avait fait dans sa vie.
Et un mois à se rappeler cette nuit où il avait fui.
Cette nuit où il s'était brusquement réveillé, couvert de sueur de la tête aux pieds, le coeur battant à tout rompre contre sa poitrine et tourmenté par l'horrible cauchemar qui avait hanté son sommeil. L'esprit encore trop embrouillé pour être capable de départir la réalité de la fiction, il s'était mis à scanner frénétiquement la pièce des yeux à la recherche d'une éventuelle menace comme il le faisait toujours lorsqu'il émergeait de ses rêves agités. Son regard alarmé s'était rapidement posé sur la tête bleue qui dépassait des draps qui le couvraient.
Et il s'était calmé.
Pas de menace. Pas de cris. Pas de torture. Seulement elle. Cette humaine encore paisiblement endormie à ses côtés. Bulma.
Végéta s'était tourné sur le côté pour se rapprocher d'elle et avait posé une main encore tremblante dans le creux de sa taille. Il l'avait doucement attiré près de lui et avait enfoui son visage tordu par l'anxiété dans ses cheveux. Là, il avait tenté de calmer sa respiration chaotique en se concentrant sur le parfum rassurant qu'elle dégageait.
Et il avait tout de suite retrouvé ses repères.
Personne ne lui voulait de mal. Il était en sécurité. Sur cette planète de paix qu'ils appelaient Terre. Sur cette magnifique plage. Avec elle.
C'était précisément ÇA qui, cette nuit-là, l'avait fait fuir.
C'était ce moment, cette sensation de pur réconfort qu'il était allé chercher en la prenant dans ses bras. Cette facilité avec laquelle il était parvenu à se calmer lorsqu'il s'était accroché à Bulma, alors que, à des moments comme celui-ci, il avait habituellement toutes les misères du monde à chasser les horreurs qui tourmentaient son esprit.
La réalisation lui avait fait l'effet d'un coup de poignard au ventre et il s'était immédiatement défait de l'étreinte qu'il venait de provoquer. Et il avait fui cette plage avec un seul objectif en tête; s'entraîner suffisamment longtemps, faire suffisamment souffrir son corps pour étouffer ce qui faisait souffrir son âme.
De tous les baisers, de toutes les caresses, de toute la douceur, de tous les sourires qu'ils avaient échangés, c'était ÇA qui, jours et nuits, depuis un mois, le hantait le plus.
L'amour.
Parce que Végéta, le guerrier solitaire qui avait toujours puisé sa force dans son indépendance et son détachement, ne s'accrochait à rien pour trouver son chemin. Et que l'amour ne serait certainement pas ce qui l'en ferait déroger.*****
*****Bulma essuya la sueur qui perlait abondamment sur son front en même temps qu'elle ajustait le sac à dos qui pesait sur ses épaules. La rue dans laquelle elle se promenait était bondée de gens qui fourmillaient dans tous les sens. Un soleil de plomb brillait au-dessus de leurs têtes, rendant l'air qui couvrait la métropole dans laquelle elle avait temporairement loué un petit appartement presque irrespirable.
Voilà plusieurs semaines qu'elle avait quitté la maison de Goku pour se rendre à divers endroits qu'elle avait ciblés dans l'espoir d'y trouver des informations concernant l'armée du ruban rouge. Elle savait que l'opération était risquée, ne doutant pas une seconde que les menaces qui lui avaient été faites étaient sérieuses, mais quelque chose (la mort éminente de ses amis, par exemple) la poussait à continuer ses recherches. Ça, et peut-être aussi le fait qu'elle détenait le prétexte parfait pour ne pas retourner à Capsule Corp. dans l'immédiat.
Mais malgré tous ses efforts, tous les endroits suspects qu'elle avait visités, tous les réseaux et systèmes informatiques qu'elle avait piraté durant le dernier mois, si ce n'était pas de cette misérable photo qu'elle venait de dénicher dans l'un des anciens bureaux de l'armée du ruban rouge situé dans cette grande ville juchée au milieu des déserts, elle n'avait pratiquement rien trouvé.
Et c'était décourageant.
En poussant un long soupir, Bulma donna un coup de pied rageur dans une bouteille vide qui traînait par terre. Elle rassembla ses cheveux trempés de sueur dans une queue-de-cheval serrée en se disant qu'elle aurait bien aimé boire quelque chose de désaltérant. Glissant sa main dans la poche de son short, elle en sortit la photographie délavée sur laquelle on pouvait voir le visage sérieux d'un homme à la chevelure longue, au crâne dégarni et à la moustache blanche. Juste en dessous, on pouvait aussi lire deux mots servant manifestement à l'identifier; docteur Gero.
Bon. Elle savait à quoi ressemblait le scientifique, créateur des androïdes meurtriers qui seraient la raison de la mort de ses amis et de l'humanité.
Et ensuite, quoi ?
À quoi cela lui servait-il de mettre un visage sur le nom du dangereux personnage ? Pour être honnête, Bulma n'en avait aucune idée. Mais c'était déjà ça et c'était mieux que rien du tout, non ?
La jeune femme s'arrêta pour souffler un peu et pour mieux étudier la photographie, tentant d'imprégner le visage de l'homme dans sa mémoire et d'en tirer quelque chose d'utile. Les passants autour d'elle la bousculèrent légèrement pour lui signifier qu'elle bloquait l'accès au trottoir bondé. Marcher sous un soleil aussi brûlant, même si ça n'avait été que pour quelques centaines de mètres, l'avait complètement vidé de son énergie. Elle leva les yeux vers l'immeuble à étage qui la dominait. En étirant un peu plus son cou, elle parvint à distinguer les fenêtres les plus hautes, celles de son appartement, et se dit qu'elle aurait peut-être mieux fait de se trouver quelque chose qui ne l'aurait pas forcé à gravir autant de paliers sous une pareille chaleur.
Aveuglée par la lumière du jour, Bulma ferma les yeux et passa une main dans ses cheveux trempés. Elle sentit une goutte de sueur perler et rouler sur la peau de son cou, traçant un chemin luisant entre ses seins, lui rappelant brièvement la caresse humide d'une langue qui s'y était promené plus d'un mois plus tôt. Le souvenir lui fit tourner la tête et elle se maudit intérieurement de penser encore à lui.
Puis, lorsqu'elle souleva de nouveau ses paupières, l'immeuble qui la dominait s'embrouilla et tout autour d'elle ne devint que lumière et noirceur à la fois.
Et le malaise ne tarda pas à se faire sentir.
La photo qu'elle tenait dans sa main glissa vers le sol. Son sac à dos décrocha de ses épaules. Ses jambes se dérobèrent sous son poids. Et elle sentit son corps chanceler dangereusement, jusqu'à ce que celui-ci se heurte violemment sur le sol. Elle eut le temps d'entendre un passant l'interpeller, vaguement concerné par la gestuelle inattendue et inquiétante de la femme aux cheveux bleus qui venait de s'écrouler sur la surface de ciment.
Puis, plus rien.*****
******Végéta s'étala sur son matelas, les bras en croix, exténué, complètement vidé.
Il s'était entraîné depuis plus de soixante-dix heures. Ça avait été une bonne séance. Une séance satisfaisante. Productive. Tous les muscles de son corps le faisaient souffrir.
Et c'était parfait comme ça.
Il ferma doucement les yeux, étourdi, soûl, enivré par ce sentiment de plénitude que seul un entraînement comme celui-ci pouvait lui apporter. Il laissa échapper un long soupir. Maintenant, seul, dans sa chambre, après avoir pris un bonne douche brûlante comme il les aimait, il pouvait s'adonner au dernier exercice de sa séance. Parmi tous ceux qui faisaient partie de sa routine, celui-là était devenu son préféré.
Le visage tendu, ignorant la fatigue, il se mit à scanner mentalement la maison, détectant rapidement le Ki familier des humains endormis dans leur propre chambre, et même celui du chat qui courait en rond dans la cuisine, probablement en train de jouer avec cette espèce de peluche en forme de souris. Puis, il élargit son rayon de recherche, analysant chaque petite énergie, chaque petite étincelle de vie qui progressait dans la ville, puis celles de la ville voisine et l'autre. Et l'autre encore.
Jusqu'à ce qu'il la trouve. Elle.
Et, soudainement, son visage se détendit.
Cette étincelle qui, parmi toutes les autres, brillait un peu plus malgré sa faiblesse. Celle qui, à presque tous les soirs depuis plus d'un mois, lui permettait de sombrer dans un sommeil un peu moins agité qu'à l'habitude et qui, s'il se l'était permis, aurait fait sourire ses lèvres.
Ce Ki, qui lui rappelait la douce caresse des doigts qui avaient distraitement parcouru le haut de son dos, à chaque matin, lorsqu'il était assis au comptoir et juste après qu'une assiette remplie de gaufres ait été déposée devant lui.
Ce Ki, qui l'avait si souvent électrisé lorsqu'il avait senti un regard bleu l'étudier, juste après que des doigts s'étaient enroulés autour des siens au travers le sable.
Cette étincelle, qui lui rappelait la brûlure incandescente qui avait retourné ses entrailles lorsqu'il avait senti la chaleur d'une bouche se poser sur la sienne, juste après qu'il ait senti un corps frêle s'imposer dans ses bras, cherchant la sécurité là où il n'aurait jamais dû y en avoir.
Cette lueur de vie, qui lui rappelait avoir vu la femme à qui elle appartenait se déhancher joyeusement, faisant balancer ses cheveux coupés au carré autour de son visage à la moue joueuse, dansant doucement au rythme et au son de la voix d'un certain Marley, selon elle. Une attitude qu'il avait d'abord trouvée un peu intrigante, mais dont la splendeur l'avait rapidement hypnotisé.
Ce Ki, qu'il chassait à presque tous les soirs et qui, une fois son entraînement terminé, le soûlait à un tel point qu'il finissait invariablement par sombrer dans l'inconscience, en se disant que c'était la dernière fois qu'il s'adonnait à ce stupide exercice.
Avant de recommencer la fois suivante.
Parce que, bon dieu, c'était bon.*****
***** Bip. Bip. Bip.
Au loin, un son régulier et clair se fit entendre.
Bip. Bip.
Un son qui battait exactement au même rythme que le coeur qui frappait contre sa poitrine. En tentant d'identifier ce bruit, Bulma marmonna quelques mots, mais rien ne sortit de sa bouche. Seul un faible grognement fut émis dans le creux de sa gorge.
Bip. Bip.
Puis, derrière ce battement rythmé, un autre son, plus chaotique celui-là. Des voix, beaucoup de voix. Féminines, masculines, plus jeunes, plus vielles. Tout était désordre et agitation. Rien de tout ce qu'ils disaient ne faisait de sens. Bulma fronça les sourcils et entrouvrit les yeux, mais un brouillard blanc et épais voilait sa vue.
Des bruits de pas se firent alors entendre. Légers, mais pressés. Elle tourna la tête dans la direction de ce nouveau bruit qui lui indiquait que quelqu'un s'approchait d'elle. Tout autour d'elle sembla vaciller.
- Mademoiselle Brief ?
Au son de la douce et lointaine voix qui l'interpellait, Bulma cligna des yeux plusieurs fois. Le brouillard se dissipa un peu. Tout autour d'elle était beaucoup trop lumineux. Elle avait mal à la tête, sa bouche était sèche et elle avait le sentiment que son corps était si lourd qu'il s'enfonçait dans quelque chose d'enveloppant. Elle leva les bras dans les airs afin de se passer les mains sur son visage qu'elle sentait embrouillé, mais celles-ci retombèrent péniblement sur le matelas qui la supportait.
- Mademoiselle Brief, répéta la voix. Tout va bien, n'essayez pas de bouger. Prenez votre temps.
- Qu'est...ce...que, fit-elle d'une voix pâteuse et un peu confuse.
- Ne vous inquiétez pas, mademoiselle. Vous êtes à l'hôpital, mais tout va bien.
- L'hôpital ?
En entendant ce mot, Bulma redressa la tête du mieux qu'elle put et ouvrit grand les yeux. Devant elle, il y avait le visage d'une femme d'à peu près son âge qui la regardait avec un air rassurant. Tout comme le décor qui les entourait, elle était vêtue de blanc. Elle passa une main réconfortante sur son front et dans ses cheveux pour poser le geste qu'elle n'avait pas été capable de faire quelques secondes plus tôt.
- Je m'appelle Kina. Je suis l'infirmière qui s'occupe de vous.
- Infirmière... ? demanda Bulma qui commençait à peine à replacer les morceaux qui semblaient manquer dans son esprit.
- Oui. Vous avez eu un malaise. Apparemment, vous seriez tombée inconsciente dans la rue et des passants vous ont transporté jusqu'ici, il y a environ une heure de ça.
- Un malaise ? Comment...
- Nous croyons à une chute de pression. Il faisait chaud et vous étiez probablement déshydratée. Nous vous avons donné une solution intraveineuse et tout semble rentrer dans l'ordre.
- Oh... murmura Bulma qui avait fixé son regard sur le visage de l'infirmière afin de se garder éveillée. Ça arrive, hein ?
Sa voix était faible. Son commentaire lui semblait superflu, mais elle n'arrivait pas à se remettre suffisamment les idées en place pour formuler quoique ce soit qui ait plus de sens. Puis elle, se rappela vaguement avoir eu très, très chaud alors qu'elle marchait dans une rue bondée.
- Oui, ça arrive, fit l'infirmière dans un sourire compatissant. Prenez votre temps. D'ici une heure ou deux, vous serez probablement capable de repartir. Nous avons fait les tests nécessaires et tout est normal. Ce n'était qu'un malaise.
- D'accord, répondit Bulma qui pensait déjà à reposer ses paupières trop lourdes.
L'infirmière passa une dernière fois sa paume fraîche sur son front avant de s'éloigner. Bulma fixa un instant son dos alors qu'elle se dirigeait vers le couloir. Puis, celle-ci se retourna de nouveau vers elle, son visage soudainement éclairé par un sourire radieux.
- Oh ! J'allais oublier, s'exclama sa soignante en dévoilant ses jolies dents blanches. Je voulais vous en informer avant que vous ne vous inquiétiez.
Elle s'approcha de sa patiente d'un pas vif et lorsqu'elle arriva à son chevet, elle posa sa main sur son épaule avant de prononcer la phrase la plus irrationnelle, la plus absurde, la plus insensée du monde.
- Le bébé va bien aussi.
D'instinct, comme pour cacher son incompréhension, Bulma répondit au sourire de l'infirmière en étirant faiblement ses lèvres. Puis, sa confusion la fit froncer les sourcils.
... Hein ?
- Pardon ? demanda-t-elle d'une voix un peu plus claire.
- Le bébé. Il va bien.
- Un bébé ?
La jeune femme battit des paupières. Un bébé ? Mais quel bébé ? Soit cette femme était folle, soit elle savait quelque chose qui lui échappait.
- Quelqu'un est venu avec un bébé ?
Cette phrase fut la seule chose qu'elle trouva à dire. L'infirmière, devant l'évident égarement de sa patiente, fronça les sourcils à son tour. Une ombre de doute passa sur son visage et elle consulta avec suspicion le dossier qu'elle tenait sous son bras. Elle le referma rapidement.
- Peut-être que le malaise était plus grave que nous le pensions et que vous ne vous en souvenez pas, mais je ne me suis pas trompé. Je parle de votre bébé. Vous êtes enceinte, mademoiselle Brief, vous vous rappelez ?
Bulma pouffa. Le mince sourire qu'elle avait affiché s'étira puis elle éclata finalement de rire. Elle passa distraitement une main sur son ventre plat. Cette infirmière était définitivement folle. Elle ? Enceinte ? Bien sûr que non ! Elle visitait son médecin à tous les six mois pour recevoir une dose d'anovulant. N'étant pas du tout prête à fonder une famille, surtout pas du temps où elle était avec Yamcha, elle avait même soigneusement cédulé ses rendez-vous pour les trois prochaines années. C'était impossible. Impossib...
Son sourire s'effaça graduellement. Un éclair de doute passa dans ses yeux en même temps qu'il traversa son esprit.
-... hein ? Non... vous blaguez... je... ne suis... pas...
- Hé bien ! Apparemment, vous n'étiez même pas au courant.
- Vous vous trompez. Je ne peux pas être enceinte. Je reçois des injections.
Bulma était parfaitement éveillée, maintenant prête à prouver son point avec vigueur. Sa voix avait été plus claire, plus ferme, plus décidée. À la limite de l'insolence. Avec, en même temps, une teinte de panique difficilement camouflée. Le son émit par le moniteur s'était mit à s'affoler de la même façon que son coeur le faisait dans sa poitrine. L'infirmière plissa le front, mais se montra patiente.
- Oui, mais selon votre dossier médical, la dernière dose vous a été donnée il y a huit mois. Dans ce laps de temps, l'efficacité de l'anovulant n'est pas garantie. Et les tests sanguins ainsi que l'échographie que nous avons faits le confirment. Vous êtes enceinte ! Félicitations !
Pour appuyer ses paroles, l'infirmière avait joyeusement ouvert le dossier qu'elle avait gardé sous son bras et avait déployé deux feuilles devant les yeux très attentifs de sa patiente.
Les tests sanguins.
Et une image en noir et blanc sur laquelle on pouvait facilement distinguer la forme d'un petit humain en pleine croissance avec une légende inscrite en rouge dans le bas qui semblait crier l'identification de la mère; BULMA BRIEF.
Le son régulier des battements de son coeur sur le moniteur à sa gauche. Les voix empressées dans le corridor de l'hôpital. L'infirmière qui la regardait avec un sourire sincère. Les feuilles qu'elle tenait dans les airs et qui volaient doucement sous la brise qui s'était faufilée au travers de la fenêtre ouverte. Tout, absolument tout s'écroula autour de Bulma. Il n'y avait plus qu'elle, sa tête qui vacillait et sa faible voix qui prononça LE mot, comme pour se permettre de mieux l'assimiler.
- ... enceinte... ? couina-t-elle.
- Oui, dit l'infirmière. De neuf semaines exactement. Vous n'auriez pas tardé à le savoir. Chaque femme est différente, mais votre ventre devrait très bientôt se mettre à grossir. D'ailleurs, votre malaise est probablement une conséquence de votre grossesse. Il arrive que les hormones provoquent une baisse de pression.
Bulma s'était arrêté lorsqu'elle l'avait entendu prononcer le chiffre neuf. Neuf semaines.
Elle était enceinte depuis plus de deux mois.
Elle porta instinctivement sa main gauche sur le bas de son ventre, d'un geste protecteur cette fois.
- D'après l'échographie, poursuivit l'infirmière à ses côtés, l'enfant est en pleine santé.
Bulma leva des yeux brillants. Un faible sourire s'était inconsciemment dessiné sur ses lèvres en entendant cette information.
Elle était enceinte de plus de deux mois et son enfant était en pleine santé.
- Ah bon ?
L'infirmière acquiesça vigoureusement. Elle tentait probablement d'initier l'excitation qui aurait déjà dû être présente sur le visage de sa patiente.
- Neuf semaines...
Le calcul qu'elle faisait dans sa tête était beaucoup plus complexe qu'il n'aurait dû l'être. Neuf semaines plus tôt, elle savait exactement où elle s'était trouvée. Elle s'était trouvé sur une plage, sous un soleil brûlant, près d'un petit village, pendant dix-sept jours... avec lui. L'équation n'aurait jamais dû être nécessaire de toute façon, puisque depuis sa rupture avec Yamcha, qui datait de plus de six mois, elle n'avait pas couché avec personne d'autre que...
- Vous êtes sous le choc, je crois. Ça fait beaucoup d'information et vous êtes très fatiguée. Je vais vous laisser le temps d'assimiler l'information. Vous serez une maman très bientôt, c'est merveilleux !
Bulma resserra son étreinte autour de son ventre.
- Maman... répéta-t-elle.
''Maman''.
Au son de ce mot, le coeur de la jeune femme se gonfla jusqu'à doubler de volume dans sa poitrine. Cette sensation sembla écarter quelque peu le serrement oppressant qui avait commencé à se faire sentir lorsqu'elle s'était mis à penser à...
''Maman''.
Au son de ce mot, son sourire s'élargit ensuite en une espèce de grimace qui tordit drôlement son visage, affichant une expression partagée entre le bonheur de savoir qu'un enfant grandissait dans son ventre et la panique que cet enfant serait aussi celui de...
''Maman''.
Au son de ce mot, ses yeux se remplirent de larmes pour l'instant impossibles à distinguer entre une manifestation de pure joie ou de peine inconsolable.
''Maman...''.
L'expression qu'elle afficha rendit l'infirmière perplexe, cette dernière étant manifestement partagée entre l'idée de s'enthousiasmer ou de se mettre à la réconforter. Elle finit par opter pour ce qui lui parut le plus instinctif.
- Oui ! l'encouragea-t-elle. Vous avez des doutes, mais c'est normal au début. Vous serez une très bonne mère, mademoiselle Brief. C'est toute une surprise que je vous fais là, hein ?
Le sourire de Bulma s'élargit et pendant un court instant, les larmes qui baignaient ses yeux semblèrent vouloir sécher.
- Il ne vous restera plus qu'à l'annoncer à l'heureux père ! ajouta alors l'infirmière en sautillant presque sur place.
Celle-ci ne se doutait pas que ce serait à l'évocation du ''père'' en question que sa patiente se mettrait à faire verser les larmes qu'elle avait tant peiné à retenir.*****
*****La mer. Le soleil brûlant. Le sable. Et une maisonnette.
Neuf semaines plus tôt.
En entendant le mot ''père'', ce furent ces souvenirs qui effleurèrent l'esprit de Bulma en premier.
Celui de Végéta, qui était venu la rejoindre afin de partager leur énième repas, assis sur une couverture étendue sur le sable.
Cette journée-là, un petit chapiteau blanc avait été dressé devant le village, plus tôt le matin même, à environ deux cent mètres de la maisonnette. Peu après midi, des gens, locaux ou pas, avaient commencé à y affluer en se saluant gaiement les uns les autres. Ils s'étaient tous habillés avec beaucoup d'élégance et certains s'étaient assis sur des chaises placées en rangés ordonnées devant une petite arche parsemée de fleurs exotiques aux teintes de blanc et de jaune. Sous le chapiteau, on avait pu distinguer quelques tables, un buffet, des serveurs ainsi qu'un énorme gâteau de la même couleur que les fleurs qui avaient décoré l'arche.
- Un mariage, avait commenté Bulma.
- Un quoi ? avait demandé Végéta entre deux bouchées.
- Un mariage. C'est le rituel que nous utilisons pour unir un couple officiellement.
Il avait jeté un rapide coup d'oeil aux gens qui s'étaient rassemblés près du chapiteau.
- Tsk !
Ce son méprisant fut la seule chose qui sortit de sa bouche, la laissant se contenter de déguster le contenu de son assiette en silence. Ils avaient continué de partager leur repas sans se dire un mot, Végéta contemplant les vagues miroiter sous le soleil éclatant et Bulma observant les invités discuter pendant qu'ils attendaient l'arrivée des mariés, leurs jambes négligemment entremêlées par-dessus la couverture.
Plusieurs minutes s'étaient écoulées, puis, toujours absorbée par l'évènement qui avait été organisé sur la plage, elle avait vu deux jeunes femmes au teint hâlé se détacher du groupe. Dans leurs robes trop courtes qui dévoilaient un peu trop de peau au goût de Bulma, elles s'étaient approchées de leur couple en discutant gaiement et en faisant balancer leurs longs cheveux noirs ondulés avec soin sur leurs épaules. La plus grande d'entre elles avait remarqué leur présence en premier. Ses grands yeux bruns encadrés de cils interminables s'étaient posés sur elle, puis sur le Saiyen. En voyant ce dernier, elle avait imperceptiblement ralenti le pas. Le coup de coude qu'elle avait ensuite donné dans le flanc de son amie n'avait même pas eu le mérite d'être subtil. Cette dernière s'était automatiquement arrêté de parler et avait tourné la tête dans leur direction pour regarder ce que son amie lui désignait d'un regard entendu.
Bulma avait froncé les sourcils.
À ses côtés, Végéta, vêtu d'un simple short d'entraînement, avait délaissé quelques secondes son assiette pour étirer les muscles endoloris de ses bras. Les mains à l'arrière de son cou, la tête légèrement penchée vers l'avant, tous les muscles de son torse découvert saillaient dangereusement sous sa peau cuivrée. Bulma n'eut pas besoin de plus amples renseignements pour comprendre ce que ces pimbêches regardaient avec autant d'intérêt. Le Saiyen leur avait inconsciemment offert un spectacle magnifique dont elles ne s'étaient pas gênées de profiter. Avec un petit sourire aux lèvres, elles s'étaient remis à marcher vers eux dans un déhanchement légèrement trop accentué pour qu'il soit naturel.
Bulma avait vivement croisé les bras sur sa poitrine en grognant un coup.
Son attitude avait attiré l'attention de son compagnon, qui avait tourné la tête vers elle pour comprendre ce qui l'avait poussé à grincer des dents. Intrigué de voir la bonne humeur de la jeune femme soudainement assombrie, il avait suivi son regard et avait à son tour posé ses yeux sur les deux jeunes femmes qui passaient maintenant devant eux. L'une d'elles lui avait adressé un sourire engageant, avait fait battre ses cils beaucoup plus rapidement que nécessaire et avait réajusté la fleur jaune qu'elle avait glissée derrière son oreille tandis que son amie lui avait envoyé un petit signe de la main.
Bulma avait soufflé rageusement de l'air par son nez.
- Quoi ? avait demandé Végéta sans prêter plus d'attention à ses prétendantes déçues. Qu'est-ce qui te prends ?
Bulma lui avait lancé le t-shirt qu'il avait retiré plus tôt avant d'aller s'entraîner.
- Tu devrais te couvrir. Le jour va tomber et il va commencer à faire plus frais.
Il avait froncé les sourcils et avait regardé le soleil qui brillait bien haut dans le ciel.
- Il est à peine plus tard que midi... avait-il soufflé, confus. Et tu peux bien parler, mademoiselle ''je-me-promènes-en-sous-vêtements-toute-la-journée''.
- Combien de fois je vais devoir te le dire ? Ce ne sont pas des sous-vêtements ! C'est un bikini !
- Combien de fois je vais devoir te répondre ? C'est tout comme !
- Peu importe ! Couvre-toi !
Et elle avait jeté un regard mauvais aux deux jeunes femmes qui, marchant d'un pas incroyablement lent devant eux, n'avaient pas cessé de le reluquer une seule seconde. Végéta s'était de nouveau tourné vers elles, tentant de comprendre pourquoi Bulma faisait soudainement tout un plat de son accoutrement alors que d'ordinaire, elle avait plutôt tendance à profiter qu'il soit presque toujours torse nu devant elle. L'une des deux femmes, en voyant qu'il s'était retourné pour les regarder, lui offrit un sourire étincelant par-dessus son épaule, arrachant un nouveau grognement à Bulma. Le Saiyen s'était rapidement désintéressé d'elles et avait posé un regard hébété sur la femme aux cheveux bleus.
- Tu vas m'expliquer ce qui se passe ?
- Rien du tout ! Tu veux bien mettre ce foutu t-shirt, oui ? s'était emporté Bulma.
- Demandé aussi gentiment... avait-il grommelé en la fixant.
- Qu'est-ce que tu connais à la gentillesse, toi ?
- Tsk ! On se calme ! Mais qu'est-ce que j'ai fait ?!
Végéta avait eu raison. Il n'avait rien fait de mal. Bulma avait baissé la tête et resserré ses jambes autour des siennes, honteuse de se sentir aussi possessive avec lui alors qu'il ne lui avait vraiment donné aucune raison de l'être. Étant de nature jalouse, elle n'avait rien pu y faire. Il avait marmonné quelques mots injurieux en Saiyen et s'était de nouveau tourné vers son assiette en prenant soin de lui lancer le t-shirt à son tour pour lui signifier qu'elle n'obtiendrait pas ce qu'elle voulait de lui.
- Les femmes... avait-il glissé entre deux bouchées. J'y comprendrai jamais rien.
Un commentaire qui n'avait pas manqué de piquer la curiosité de Bulma.
- Et tu en as rencontré beaucoup, des femmes ? avait-elle soudainement demandé en relevant la tête.
Il avait posé un regard étonné sur elle, un éclair de compréhension traversant son visage alors qu'il réalisait quelle était la cause du comportement jusqu'alors irréfléchi de la scientifique.
- Quelques-unes, oui, avait-il soufflé.
Puis, ses lèvres s'étaient étirées en un mince sourire arrogant.
- Mais je repoussais la majorité d'entre elles.
- Pff ! Végéta, tu parles comme si les femmes faisaient la file pour passer un moment avec toi. Connaissant ta réputation universelle de mercenaire et ton maudit caractère, elles devaient plutôt te fuir comme la peste ! Je dois être la seule suffisamment folle pour te tolérer.
Il l'avait fixé un instant, cet affreux sourire toujours accroché aux lèvres. Il avait déposé son assiette dans le sable dans un geste lent.
- Hé bien... tu sembles oublier qui je suis, femme ingrate, avait-il décrété.
Végéta s'était alors tourné et avait penché son corps vers l'avant pour s'approcher d'elle. D'un geste rempli d'assurance, il avait ensuite emprisonné sa nuque dans l'une de ses puissantes mains tandis que de l'autre, il avait enveloppé son corps en entier dans une étreinte possessive. Il avait volontairement crispé les muscles de son torse afin de les faire saillir encore plus sous sa peau brûlante. Ses yeux sombres ne s'étaient pas détachés une seule seconde des siens. Enveloppée par la chaleur du Saiyen et envoûtée par la confiance qui brillait dans ses pupilles, la jeune femme s'était sentie basculer vers l'arrière. L'attitude à la fois menaçante et séductrice qu'il avait adopté ne lui avait rien annoncé de bon et son coeur s'était mit à battre furieusement dans sa poitrine alors qu'elle avait senti tous ses moyens la quitter d'un coup.
Lorsqu'il avait enfin parlé, sa voix avait été beaucoup plus rauque qu'à l'habitude, si sensuelle qu'elle avait fait vriller son estomac et serrer ses cuisses.
- Je suis un guerrier Saiyen, les plus puissants de tout l'univers. Je suis l'élite en matière de combats.
Il avait fièrement relevé le menton, cet horrible demi-sourire sur ses lèvres. Bulma s'était sentie chavirer, complètement hypnotisée par la confiance qui émanait de son corps et de ses paroles.
- Je suis un prince. Je suis le fils de Végéta, le roi de tous les Saiyens.
Il avait approché son visage du sien, ses pupilles brillantes de convoitise vrillées dans les siennes. D'un geste habile, il avait remonté sa main jusqu'alors posée dans le bas de son dos pour aller la presser dans le creux de sa taille. Il avait distraitement glissé son pouce sous le tissu du minuscule bikini qu'elle portait et avait effleuré la chair nue de son sein. Un gémissement sourd s'était échappé de la bouche de Bulma, qui s'était délecté de se sentir aussi vulnérable sous sa puissante emprise, tout en lui faisant totalement confiance qu'il ne lui ferait jamais de mal. Le souffle chaud qui s'était échappé de ses lèvres l'avait fait frémir lorsqu'il avait parlé de sa voix basse.
- Tu veux m'expliquer ce qui te fait croire que les femmes ne s'approchaient pas de moi ?
Bulma, qui avait cessé de respirer dès qu'il l'avait touché, s'était un instant perdu dans la contemplation de ses traits ténébreux. À ses yeux, le Saiyen avait toujours été trop arrogant, trop froid, trop inaccessible et trop imbu de sa propre personne pour qu'on puisse s'y attarder. Et elle avait toujours eu beaucoup de difficulté à se l'imaginer dans le rôle de coureur de jupons. Mais, comme il avait si habilement été en train de lui pointer, il était aussi fort, puissant, influent et puis bon sang, il ne fallait pas se le cacher, il était dangereusement beau !
- Alors... elles ont été nombreuses ? avait-elle articulé sans être capable de camoufler la pointe d'inquiétude qui la transperçait soudainement.
- Huhm, avait-il grondé, son regard glissant sur ses seins qui descendaient et montaient au rythme de sa respiration chaotique.
Bulma avait à son tour baissé les yeux vers leurs corps qui se touchaient presque, tentant de faire disparaître cette sensation malsaine qui s'apparentait un peu trop à de la jalousie. Elle avait aimé se dire qu'elle, la jeune, magnifique, intelligente, riche et célèbre Bulma Brief, était celle qui avait enfin réussi à briser l'armure de fer du prince des Saiyens. Mais apparemment, elle n'était peut-être pas aussi unique qu'elle avait pensé l'être. Végéta avait eu beaucoup plus de femmes sous ses draps qu'elle se l'était imaginé.
Le Saiyen avait ensuite raffermi la poigne qui emprisonnait sa nuque pour lui indiquer silencieusement de lever les yeux vers lui. Son sourire s'était effacé. Il avait abandonné son attitude séductrice pour redevenir froid et intimidant, mais il ne s'était pas écarté d'elle.
- Elles ont été nombreuses à tenter de me courtiser, expliqua-t-il, mais très peu d'entre elles peuvent se vanter d'en avoir tiré quelque chose.
Végéta s'était écarté, la libérant entièrement pour s'allonger sur la couverture, les mains derrière la tête et les yeux clos. Bulma était resté silencieuse, aux aguets, mais sa curiosité avait fini par l'emporter.
- Tu les repoussais ? Pourquoi ?
Il avait froncé les sourcils et une grimace dégoûtée s'était dessinée sur ses lèvres. Il hésita, puis parla enfin.
- Hitos, avait-il dit simplement, avec cette voix profonde qui lui indiquait qu'il avait prononcé un mot dans la langue Saiyenne.
- Hitos ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
Végéta ne répondit pas à sa question, se lançant plutôt dans une explication beaucoup plus longue qu'elle l'avait cru.
- Les Saiyens sont une espèce guerrière. Nous avons toujours eu tendance à voyager de planète en planète pour assouvir notre soif de nouvelles conquêtes, de nouvelles guerres, de nouvelles acquisitions. Nous étions portés à rencontrer beaucoup de peuples différents, beaucoup de civilisations étrangères et... beaucoup de femelles aussi. De toutes les espèces imaginables. Certains d'entre nous, les plus faibles, s'en donnaient à coeur joie...
- Oh ! Tu veux dire qu'ils...
- Qu'ils sautaient sur la moindre occasion pour coucher avec n'importe qu'elle répugnante créature. Pour un Saiyen, ce n'était pas très difficile de se retrouver entre les jambes d'une femelle.
- Ah bon ?
- Hum. Nous sommes forts, puissants, nous possédons une génétique parfaitement sélectionnée pour le combat, ce qui est très utile en temps de guerre, lorsqu'on est sous l'empire de Freeza. La plupart du temps, les femelles accouraient lorsqu'elles nous voyaient apparaître dans les bordels, en espérant passer du bon temps, mais aussi peut-être découvrir une compatibilité entre nos gênes. C'était rare, mais malheureusement, ça arrivait, et un hybride pouvait parfois voir le jour.
- Un hybride ? Un enfant avec le sang mêlé, tu veux dire ?
- Hitos, avait-il corrigé. Ou bâtard, si tu préfères, mais le terme est faible. C'est le mot utilisé par le peuple Saiyen pour désigner ce genre de monstruosité.
Il avait fait une pause. Bulma s'était redressée un peu pour mieux étudier son visage impassible.
- Monstruosité... Végéta, c'est un enfant, quand même !
- Le rejeton issu de l'accouplement d'un Saiyen avec une espèce différente de la nôtre était toujours médiocre, pitoyable, répugnant et sans aucune qualité de combattant, avait-il craché, dégoûté. Si la naissance d'un hybride était gratifiante pour la femelle, pour nous, c'était plutôt une honte. Nous ne leur accordions même pas de place dans notre hiérarchie. Pour nous, ils n'étaient pas des Saiyens.
- Et... il y a un lien avec le fait que tu repoussais les femmes ?
- Une fois ma planète réduite en cendres, moi, Nappa et Raditz étions les derniers représentants de notre espèce. Nous n'avions donc plus vraiment le choix de nous contenter des femelles provenant d'autres espèces si l'envie de sexe nous prenait. Ces deux-là se foutaient bien de se retrouver avec un Hitos. Pas moi.
Bulma, tout à coup très curieuse, s'abreuvait de ses paroles, sa respiration légèrement accélérée, sa jalousie complètement oubliée et son intérêt entièrement voué aux propos de Végéta.
- Pour moi, un Saiyen de classe un, un prince, avec d'aussi bonnes qualités de combattant, la simple idée de mélanger mon sang avec celui d'une Saiyenne de classe inférieure est considérée comme une offense. Je te laisse t'imaginer ce que je pense de m'accoupler avec une espèce différente de la mienne. La majorité du temps, je repoussais celles qui me faisaient des avances, parce qu'elles ne méritaient pas mon attention, mais aussi pour éviter de me retrouver avec un immonde rejeton. Il m'est arrivé, par quatre fois exactement, de m'être laissé tenter par mes envies charnelles. À chaque fois, j'ai dû me montrer très... préventif.
La dernière phrase avait soudainement fait naître une pointe de doute dans l'esprit de Bulma. Lorsqu'il s'agissait de contraception, quelque chose lui disait que Végéta ne faisait pas usage de la prévention de la même manière que le commun des mortels.
- ... préventif... ? avait-elle balbutié.
- Humm. Je les ai tuées.
Bulma s'était senti blêmir. Dans ces quatre petits mots assemblés les uns après les autres, il avait balayé tout ses doutes les plus affreux. Végéta avait pivoté sa tête sur le côté et l'avait observé d'une drôle de façon. Partagé, incertain, il avait longuement hésité avant de poursuivre.
- Juste après l'unique relation que j'ai eue avec elles. Toutes les trois.
- T-trois ? bredouilla-t-elle, encore sous le choc de sa révélation. Mais tu as dit qua...
- La quatrième est assise devant moi.
Elle retint son souffle. Elle n'était pas certaine d'aimer le ton menaçant et le sérieux que Végéta avait utilisé pour lui révéler qu'il avait délibérément éliminé toutes ses partenaires précédentes afin d'éviter de se retrouver avec un enfant au sang mêlé. Avait-il voulu, à travers ses paroles et son attitude, lui rappeler ses intentions de la tuer le moment venu ? Peut-être. Mais en même temps, ne venait-il pas de lui avouer, par le fait-même, et peut importait la raison, qu'elle était l'unique femme qu'il avait gardée en vie après le sexe ?
Tout deux savaient pourtant que l'union entre un humain et un Saiyen était possible, le petit Gohan en était la preuve vivante.
Bulma avait froncé les sourcils, soucieuse, tentée par l'idée de fuir le plus vite possible cet homme, si proche, si rassurant, mais si dangereux et imprévisible à la fois. Pendant un bref instant, juste après ses aveux, elle avait eu peur. De ce qu'il lui avait dit. De lui. Un sentiment qui s'était probablement reflété dans ses yeux et qui était peut-être l'origine de l'hésitation de Végéta, un moment plus tôt.
Sans perdre de son sérieux, ce dernier avait alors tendu la main vers elle pour la poser sur sa hanche.
- Viens par-là, avait-il murmuré en l'attirant vers lui.
Elle avait instinctivement suivi le mouvement qu'il avait initié et s'était étendue à ses côtés en enfouissant son visage dans le creux du cou puissant du Saiyen pour y retrouver le réconfort qui n'aurait jamais dû exister, éclipsant l'envie de s'éloigner ainsi que ses doutes au passage.
- Tu sais que tu peux parfois me faire peur ?
- Enfin, tu dis quelque chose de sensé.
- Tu es fou, avait-elle fini par glisser contre sa peau.
- Pas autant que toi, avait-il grogné en poussant son nez dans ses cheveux.*****
