Base : Sherlock, série de la BBC.
Rating : K
Spoilers : Saison 1
Note : Et quatrième petit prompt ! J'espère que cela plaît toujours, même à ceux qui ne commentent pas.
Bonne lecture !
TACTILE
- Je ne comprends pas. Il était… là. Je l'ai vu il y a dix minutes. Un pan entier de graffitis.
- Quelqu'un ne veut pas que le voie. John, concentrez-vous ! Concentrez-vous. Fermez les yeux.
- Mais pourquoi ? Que faites-vous ?
- Optimisez votre mémoire visuelle. Essayez de vous rappeler l'image. Vous l'avez ? Vous souvenez-vous des dessins ?
- Bien sûr.
- Précisez.
- N'ayez crainte.
- Car la mémoire visuelle moyenne de l'homme n'est précise qu'à 62 %.
- Je me souviens de tout.
- Vraiment ?
- Si seulement je pouvais le sortir de ma poche. Je l'ai pris en photo.
Il le relâche et alors qu'il lui prend le téléphone des mains, John reprend son souffle, tentant de calmer les battements désordonnés de son cœur. Il n'a encore jamais vu Sherlock dans cet état, on aurait pu croire que sa vie dépende de ces fichus graffitis après lesquels ils ont couru toute la nuit. Il sait qu'il n'en est rien, qu'il s'agit juste d'une enquête assez importante impliquant un réseau mondial de trafic d'objets d'art asiatique.
Une étrange sensation lui brûle les joues et il passe vigoureusement ses mains dessus pour la faire disparaître. Il ne reste que de légers picotements par la suite et il espère qu'il ne fait pas une allergie à la peinture noire fraîchement déposée sur le mur derrière lui. Il s'est peut-être passé la main sur le visage par inadvertance.
Sherlock pianote à nouveau sur son téléphone et il ne cherche même plus à protester désormais. C'est à se demander si cet aristocrate n'est pas complètement fauché : il vit en colocation et utilise tout le forfait de son colocataire. Profitant de ces quelques secondes de répit, John regarde sur son ami. Ou plutôt, les mains de son ami, qui jouent toujours avec les touches et l'écran de son smartphone.
Peut-être qu'il aime bien son téléphone, en fin de compte. Ses longs doigts tapent avec dextérité sur le clavier. Leur vitesse est hypnotisante et John s'est déjà laissé hypnotiser plus d'une fois, s'éveillant en sursaut pour rattraper sa propriété que le brun lui renvoie sans un mot.
Un frisson remonte le long de la colonne vertébrale de l'ancien médecin militaire alors que les doigts de Sherlock referment son téléphone dans un geste sec. Il se tourne vivement vers lui et tend le bras, paume ouverte. Interloqué, John n'esquisse pas un geste.
- Vous ne le voulez pas ? s'étonne Sherlock en penchant la tête légèrement de côté, comme à chaque fois qu'une réaction humaine lui semble à la fois inappropriée et parfaitement stupide.
C'est-à-dire, souvent.
- Si… Si, bien sûr, bredouille John.
Il reprend son bien, ses doigts frôlant ceux de son colocataire. Il le range dans sa poche et lui emboîte le pas, ses esprits à nouveau à leur place. La tête baissée, il sourit en prenant garde de ne pas se tordre une cheville en traversant les voies ferrées. Un sourire à la fois doux et désabusé.
Doux parce qu'une fois encore, Sherlock a montré son côté humain.
Désabusé, parce que le cœur de John a encore raté un battement quand leurs doigts se sont frôlés.
Mais surtout, parce que John sait pertinemment que ce n'est plus seulement sur son téléphone qu'il aimerait voir les doigts de Sherlock.
FIN
L'auteur accepte les commentaires avec plaisir !
