Base : Sherlock, série de la BBC.
Rating : T
Spoilers : Saison 1
Note : Et voici le dernier prompt de cet arc consacré aux cinq sens ! Il est bien plus long que les précédents, mais je n'ai vraiment pas réussi à faire moins. J'espère que cela vous aura plu, même à ceux qui ne commentent pas.
Nous devrions nous retrouver rapidement, mon esprit est habité par Sherlock et John xD
Bonne lecture !
UNIQUE
- Cessez de m'importuner ou je vous carbonise. Je vous carboniserai le cœur jusqu'à ce qu'il n'en reste rien.
- Je tiens de source sûre que j'en suis dépourvu.
- Pas tout à fait et nous le savons tous les deux.
La phrase tourne en boucle dans sa tête alors que la douleur reprend peu à peu ses droits sur son corps. Un gémissement résonne dans l'air poussiéreux, mais il ne vient pas de lui. Dans un effort douloureux, il tente d'alléger le poids de son corps sur celui qu'il protège. Une quinte de toux le secoue et sa bouche est pâteuse des particules inhalées.
L'explosion a éventré le côté droit de la piscine et il sent l'eau tremper son pantalon jusqu'à ses genoux. Il ne doit pas y avoir plus d'une dizaine de centimètres de profondeur. Les planches des cabines pèsent lourd sur son dos, mais il n'en a cure. Parvenant finalement à se redresser sur un coude, son regard se baisse sur la forme recroquevillée sous lui.
Un regard bleu foncé le fixe, oscillant entre soulagement et désapprobation. Il tente un sourire pour alléger l'atmosphère, mais une nouvelle pointe de douleur le fait grimacer. La main de John monte jusqu'à son visage et il voit le professionnalisme reprendre le dessus dans les yeux de son ami. Les tâtonnements lui tirent un grincement de dents et la main retombe.
- Belle coupure, constate John.
- Merci.
Le professionnalisme est reparti dans les limbes alors que les yeux de John fixent maintenant ses lèvres. Ce n'est pas la première fois qu'il le voit faire ça. Instinctivement, mais aussi pour lutter contre la sècheresse de sa bouche, il s'humecte les lèvres. Le goût de la poussière l'importune. De même que celle dans ses narines : il ne sent pas l'odeur de John et ça lui donne l'impression d'être face à un imposteur.
- Vous allez bien ? s'inquiète Sherlock pour la seconde fois en moins de quinze minutes.
- Vous m'empêchez de respirer correctement, mais il me semble être entier.
- Bien. Et c'était quoi ça ? s'exclame-t-il en fronçant les sourcils.
- Ça quoi ? s'étonne John.
- Ce hochement de tête ! Vous étiez vraiment prêt à vous faire exploser ?
John ouvre la bouche pour répondre, mais aucun son n'en sort. Il semble contrarié et ses sourcils se froncent. Il détourne les yeux. La tête du détective consultant se penche sur le côté, intrigué par cette réaction. Cela l'amène, sans qu'il ne s'en rende compte, à ce que son nez plonge presque dans le cou de John. Ses épaules se détendent : maintenant, ça sent bon. Il prend une grande inspiration.
- Arrêtez, souffle l'homme sous lui.
- Pourquoi ? Vous sentez bon. Ça vous gène ?
La question est posée avec tant d'ingénuité que John soupire, lassé d'avance d'avoir à s'expliquer. Il préfère se taire. Il faut vraiment que Sherlock s'éloigne, maintenant.
- Vous m'empêchez toujours de respirer, rappelle-t-il.
- Et vous, vous aviez tort, rétorque Sherlock.
- À quel sujet ? s'enquit John, intrigué.
- Au sujet de mon cœur, l'éclaire son ami comme si c'était évident.
Leurs yeux se rencontrent à nouveau. John sourit et Sherlock lui répond. On dirait un gamin qui découvre un nouveau jouet.
- Je sais, souffle John.
Son odeur envahit les narines de Sherlock dont les lèvres s'étirent davantage, attirant à nouveau l'attention de l'homme bloqué sous lui. Les doigts de Sherlock viennent toucher la tempe de John alors que les bruits des battements de son cœur envahissent les oreilles du plus grand.
Et alors que leurs bouches se joignent, Sherlock sait qu'il prendra rapidement goût à cette nouvelle manière de se sociabiliser.
FIN
L'auteur accepte les commentaires avec plaisir !
