Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à J.. Moi, je ne fais que joujou avec, surtout que sa fin est, comment dire, décevante de mon point de vue.

Note de l'auteur : Bonjour à toutes et à tous ! Mea culpa, je n'ai pas publié depuis un bout de temps.

Mais je vous rassure, la fic est terminée ! Enfin, je veux dire, j'ai terminée de l'écrire !

Et pour vous, chers lectrices et lecteurs, je terminerais de la publier avant la fin de l'année ! Bonne lecture !

Gros bisous à tous ! Crystal of Shadow

Chapitre 25 : L'union fait la force et des liens à briser

-Souhaites-tu vraiment te Lier à moi maintenant ? demanda Harry dans l'ombre de la nuit

Le couple s'était glissé dans le lit pour s'embrasser tendrement. L'heure les invitait aux secrets murmurés.

-Je t'aime, Harry, sourit Draco en caressant la joue du brun. Nous ne pouvons attendre la fin de la guerre pour nous Lier car on ne sait pas quand elle se finira ni même si nous y survivrons tous les deux. Le moment est bien choisi car ainsi, tes ennemis y réfléchiront à deux fois avant d'attaquer l'un d'entre nous. Nous n'avons peut-être plus autant de soutien adulte que nous avions mais nous serons infiniment plus puissants. Penses-y.

-J'ai vraiment peur de te perdre.

-Sans le Lien, c'est ce qui risque d'arriver très vite. Il nous garantie un sursis non négligeable. Et arrête de trouver des prétextes. Tu ne me feras pas changer d'avis.

-Très bien.

Harry serra dans ses bras Draco qui en ronronna presque.

-J'ai peur, Dray.

-Moi aussi, 'Ry. Mais nous ne pouvons rien y faire. Nous sommes au centre d'une guerre. Qui sait ce qui se passera. Tout ce que nous pouvons faire, c'est nous battre du mieux que nous pouvons, et si possible, gagner.

-Je sais.

Silence.

-Quelle serait la date parfaite pour nous Lier ? demanda soudainement Harry

-Laisse-moi réfléchir … Si ma mémoire ne me joue pas des tours, c'est dans cinq jours.

-Alors nous le ferons. Nous n'avons aucune démarche à faire ?

-Seulement nous trouver dans un lieu hautement symbolique et bien évidemment chargé en magie. Nous sommes à Hogwarts donc cela ne posera aucun problème. Reste à trouver le lieu exact.

-Moi je sais.

-Je peux savoir ?

-Non, ce sera une surprise. Ne cherche pas, sinon ça ne vaudra pas le coup. S'il te plaît.

-D'accord. Donc tu t'occupes de la salle. Tu as ta tenue ?

-Celle de cérémonie des Potter ?

-Non. C'est notre moment à nous. Laisse-moi m'occuper des tenues. Je vais faire aussi les invitations. Mais nos parents ne pourront pas venir ici !

-Ne t'inquiète pas pour cela. Ils viendront, sois-en sûr.

-Je te fais confiance mais ne me déçois pas. Alors je disais, il y aurait Severus, Blaise, Théo, Daphné, Hermione, Neville et Luna. Une autre personne ?

-Oui. Ajoute Nathan. Il viendra.

-En si peu de temps ?

-Qu'est-ce que je t'ai dit ? Tu n'as pas à t'en inquiéter. C'est le mariage de tes rêves, Draco. Et je ferais tout pour le réaliser.

-Je veux bien te croire. Donc il y aura nos parents et nos amis. Une cérémonie intime. Parfait. Nous devons écrire notre Serment à la Magie.

-Je le ferais. Tout ce que tu as à faire, c'est de prévenir nos invités de la date de la cérémonie. Je m'occupes du reste.

-Tu es sûr ? Tu ne veux pas que je t'aide ?

-Hors de question ! Fais ce que te dis, je t'en prie.

-Très bien, tu as gagné.

-Je t'aime, Draco Lucius Malfoy.

-Je t'aime aussi, Harry James Potter.

Les jours suivants filèrent à une vitesse folle. Mis dans la confidence en premier, Severus décida que les amis des deux garçons seraient soumis au Fidelitas concernant le fait que les Malfoy, Sirius et Remus étaient en vie mais qu'ils l'apprendraient qu'à la cérémonie. De son côté, Draco stressait à mort pour la future cérémonie qui se préparait dans le plus grand secret sans qu'il n'y fasse quoi que ce soit. Sa plus grande peur était bien évidemment que Dumbledore découvre le pot aux roses avant d'être mis devant le fait accompli. Les amis du couple, très vite mis dans la confidence de la cérémonie, essayaient de réconforter le fiancé tout en couvrant la disparition du second fiancé du mieux qu'ils pouvaient.

Enfin le jour J arriva. Fébrilement, toutes les personnes invitées à la cérémonie attendaient la tombée de la nuit. Ils avaient tous revêtus leurs plus beaux atours et patientaient avant que Harry ne les amène au lieu de la cérémonie.

Dans ses appartements, Draco, vêtu d'une tunique de style elfique et d'un pantalon, le tout d'un noir profond coupé d'entrelacs d'argent, faisait les cents pas devant la cheminée. Hermione, Luna, Daphné, Blaise, Théo, Neville et Severus, tous parée de riches tenues de cérémonie, le regardaient avec un sourire ironique. L'angoisse de Draco était touchante car qui ne serait pas perturbé par l'approche de son mariage ?

-Mais où est-il ? bougonna Draco. Il m'avait dit qu'il serait à l'heure !

-Du calme, Draco, sourit Severus. Il va arriver.

-Il a raison, soutint Blaise. En plus, si tu continues comme ça, tu auras des rides avant l'heure et tu ne seras plus parfait.

Le Slytherin eut juste le temps de se baisser avant de recevoir un sort de magie noire particulièrement vicieux. Le professeur réagit immédiatement et délesta le jeune fiancé de sa baguette avant qu'il ne fasse encore plus de dégâts. Il hésita à le ligoter à une chaise mais connaissant la fierté des Malfoy, Severus savait qu'il allait le sentir passer. Il était encore en train de tergiverser lorsque la porte s'ouvrit. Draco se redressa. Mais il n'y avait personne.

-Harry ? hésita le blond

Mais personne ne lui répondit. Ayant un pressentiment, Draco scanna les environs, tout comme Severus, et tous deux découvrirent la présence sous cape d'invisibilité de Sirius. D'un signe, il leur demanda de la suivre et sortit. Draco et Severus lui emboîtèrent tout de suite le pas, puis, après l'instant de surprise passé, leurs amis suivirent. À travers un dédale de couloirs, faisant en sorte de ne pas se faire repérer, le groupe s'enfonça dans les entrailles du château. Au niveau des cachots, ils sortirent de la bâtisse par une porte dérobée et entrèrent dans la Forêt Interdite. Ils cheminèrent pendant une quinzaine de minutes avant de déboucher sur une immense clairière. Au bord de celle-ci, il y avait un lac qui reflétait parfaitement la pleine lune. Juste devant, un autel avait été élevé, bloc de marbre blanc et noir. Tous furent bouche bée. L'endroit était tout simplement féerique.

-Ne restez pas comme cela. Installez-vous.

Le groupe découvrit avec stupeur Sirius Black auprès d'eux. Les élèves vainement les yeux qui sortaient de leurs orbites.

-Mais vous êtes mort ! bégaya Neville

-Non, nous sommes bel et bien vivants, sourit Remus en s'approchant à son tour. Mais vous ne pourrez le dire à personne. Vous êtes sous Fidelitas désormais. Vous ne pourrez raconter à qui que ce soit tout ce qui se passera cette nuit.

Tous hochèrent de la tête.

-Prenez place, maintenant, déclara Sirius. Ça va bientôt commencer. Remus ?

-Je vais les conduire, sourit le loup. Va le rejoindre. Amène Draco aussi.

-D'accord.

Prenant le blond par le bras, Sirius le mena sous le couvert de la Forêt où il le laissa. Là-bas, il retrouva Cassiopée, Narcissa et Lucius. Le jeune homme se jette dans les bras de sa mère.

-Maman …

-C'est un grand évènement aujourd'hui, mon enfant, sourit Narcissa. Tu te Lies avec l'homme que tu aimes. Je suis fière de toi.

-Merci, maman.

-Fils, fit Lucius. Sois heureux avec lui.

-Merci papa.

-Mon cher neveu, t'es avec un Slytherin à forte influence Gryffindor. Te laisse pas avoir ! conseilla Cassiopée

-D'accord, tante Cass.

-Mesdames, il est temps, annonça Lucius.

Les deux blondes s'éclipsèrent aussitôt. Les deux hommes restèrent seuls.

-Fils, tu connais la tradition aussi bien que moi. Je vais te conduire jusqu'à l'autel et là tu vas y effectuer le rituel. Je te souhaite tout le bonheur du monde.

-Je te remercie, papa.

-Viens, allons-y.

Tous deux s'avancèrent dans la clairière. Ils aperçurent de l'autre côté un autre duo approcher dans la même direction qu'eux. Enfin, le couple se regarda, seuls face à l'autel.

Dans sa tenue elfique noire, Draco contrastait avec ses cheveux blond argent. De son côté, Harry, dans une tenue identique mais blanche aux entrelacs émeraude, était tout simplement magnifique. Tous les deux s'harmonisaient et cela sautait encore plus aux yeux qu'ils étaient beaux ensemble et qu'ils étaient faits l'un pour l'autre.

Après s'être détaillés, Draco et Harry se ressaisirent.

Il fallait qu'ils commencent le rituel.

Tous les deux sortirent leurs baguettes de leurs manches et invoquèrent ensemble une somptueuse vasque en cristal. Dedans, ils y versèrent de l'eau apportée dans une cruche de fine porcelaine préalablement déposée là avant d'y immerger leurs items magiques. Avec une fine lame vierge, chacun s'entailla la main et versa dans la vasque quelques gouttes de sang avant de laisser leurs magies respectives refermer la plaie. Ensemble, ils descendirent le récipient du bloc de marbre au sol, le mettant en contact direct avec la terre, sous un rayon de lune puis ils prirent deux torches flambant joyeusement auprès d'eux pour enflammer le contenu du cristal. Les flammes montèrent immédiatement très haut dans le ciel avant de reprendre des proportions normales.

La première partie de la cérémonie était terminée.

Les deux jeunes hommes unirent leurs mains au-dessus des flammes et se regardèrent droit dans les yeux. Ils purent y voir tout l'amour qu'ils se portaient l'un à l'autre mais aussi la peur des conséquences que leur acte allait engendrer. Mais par-dessus tout le courage d'aller jusqu'au bout de leurs décisions. Après avoir respiré un bon coup, Draco commença à parler.

-Par l'Amour qui nous unit, moi, Draco Lucius Malfoy, fils de Narcissa Black Malfoy et de Lucius Malfoy, demande humblement à la Magie de me permettre de me Lier à Harry James Potter. Je suis conscient qu'en me Liant ainsi, je me dévoue corps, âme et magie à lui mais je sais aussi qu'il en sera de même pour lui vis-à-vis de moi. Je jure sur ma magie que personne ne m'a forcé à ce Lien et que c'est en toute conscience que j'offre ma vie à Harry Potter.

-Par l'Amour qui nous unit, moi, Harry James Potter, fils de Lily Evans Potter et de James Potter, demande humblement à la Magie de me permettre de me Lier à Draco Lucius Malfoy. Même si le monde est contre notre relation, je me battrais jusqu'au bout pour le protéger car je pense sincèrement qu'il est mon âme sœur. Je l'aimerai tout le temps que ma magie me le permettra et je jure sur ma vie que de tout mon corps, mon âme et ma magie je ferais en sorte qu'il soit heureux. Le fait de me Lier à lui démontre parfaitement que mon cœur lui appartient et ce pour toujours. Sur ma magie, je fais le serment que ce Lien est librement consenti et que je veux m'unir entièrement à Draco Malfoy.

La Magie se mit soudainement à tourbillonner autour du couple. Celles des deux jeunes hommes s'unirent au ballet féerique pour ne former qu'un gigantesque courant de couleurs. Celui-ci déplaçait la végétation aux alentours sous la forme d'un vent violent, soulevant les vêtements des spectateurs présents. Seul le couple ne semblait pas être affecté par le phénomène, étant en son cœur et étant plongé dans les yeux de l'autre. Après plusieurs longues minutes, le vent magique se scinda en deux, monta très haut dans le ciel avant de brusquement fondre vers les deux jeunes hommes et entrer en eux. Ils s'illuminèrent violement puis la lueur se concentra sur leurs pendentifs puis sur leurs mains toujours unies. Deux bagues finement travaillées firent alors leur apparition à leurs doigts, symbole de leur Lien. Enfin, toute lumière disparut.

Le rituel était terminé.

Harry et Draco clignèrent des yeux, comme s'ils sortaient de transe. Ils séparèrent leurs mains et voulurent s'avancer vers leurs familles et amis mais ils furent pris de vertiges. Seule la présence d'esprit de Lucius et de Sirius leur permit de ne pas chuter lourdement à terre. Tous les deux les retinrent avant qu'ils ne s'écrasent lamentablement au sol. Cassiopée se précipita vers eux et les examina soigneusement tandis que les deux auscultés reprenaient tout doucement leurs esprits.

-Alors ? pressa Narcissa

-Tu sais aussi bien que moi que le rituel prend beaucoup de magie, grogna Cassiopée en continua son œuvre. Un peu de patience je te prie.

Elle se redressa quelques minutes plus tard, apparemment satisfaite.

-Ils ont juste eu une perte importante de magie, déclara-t-elle. Après une bonne nuit de sommeil, ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Et le rituel est parfaitement accompli. Vous êtes tous les deux Liés pour le meilleur et pour le pire. Toutes mes félicitations !

-Merci, sourit pauvrement Draco. Mais là, on voudrait surtout se reposer.

-C'est évident, concéda Remus. Les garçons vont vous reconduire dans vos lits. De préférence dans les appartements de préfet. Cassidy, Sirius et moi y avons placé des absorbeur de magie au cas où Harry perdrait le contrôle, même si c'est rare. De plus, c'est parfaitement protégé.

-Très bien professeur, fit Blaise en aidant Draco pendant que Neville faisait de même avec Harry. Nous vous souhaitons une bonne nuit à tous. Et ne vous inquiétez pas, votre secret ainsi que le leur sera bien gardé.

-Les conséquences seraient terribles dans le cas contraire, dit Lucius avec une note menaçante dans la voix.

Alors que les jeunes gens s'éloignaient, les adultes eux soupiraient. Aucun d'entre ne pourrait être sur place pour les protéger, même Severus qui était étroitement surveillé par le directeur. Tous tremblaient de perdre Harry et Draco, même s'ils savaient au fond d'eux qu'ils sauraient très bien se défendre et qu'ils pouvaient leur réserver de sacrées surprises. Ils devaient avoir confiance en eux.

L'aube trouva le couple enlacé tendrement dans le grand lit à baldaquin de Draco dans ses appartements privés. Leurs amis, après les avoir couchés, avaient oublié de refermer les rideaux, trop soucieux pour leur état de santé. Ce fut le blond qui cligna le premier des yeux, dérangé par la lumière qui coulait à flots. Il prit le temps de bien reprendre ses esprits avant d'observer son environnement. La tête brune collée contre son torse lui arracha un sourire joyeux tandis que ce qui s'était passé la nuit dernière lui revenait clairement. Il lui caressa tendrement la joue avant de l'embrasser pour réveiller son compagnon endormi.

-Harry …

Le susnommé bougea dans son sommeil mais n'ouvrit pas les yeux pour autant. Avisant l'heure, Draco se dit qu'un réveil un peu coquin ne leur ferait pas trop de mal. Il se dégagea un peu pour être plus à son aise et entreprit de déposer des baisers partout sur la peau découverte. Peu de temps après, le brun s'étira, visiblement réveillé et d'un geste brusque, roula sur le lit pour glisser le blond sous lui et lui voler un délicieux baiser plein d'amour.

-Bonjour …

-Bonjour Harry. Bien dormi ?

-Étonnement bien. Et toi.

-Pareil. Tu penses que c'est à cause du rituel ?

-Y'a des chances. Faim ?

-Et comment !

-Je m'en charge.

Avec de très légères difficultés, le brun se tira du lit et héla un elfe de maison dans le salon. Celui-ci revint avec leur commande quelques minutes plus tard et le couple se fit un petit déjeuner au lit. Mais tous les deux étaient conscients que tôt ou tard, ils devraient faire leur apparition dans la Grande Salle. Ils prirent une douche ensemble mais ils firent en sorte qu'elle n'aille pas trop loin avant de s'habiller et se rendre dans la Grande Salle pour le déjeuner. Au passage, ils prévinrent leurs amis qui vinrent les rejoindre en chemin. Le groupe leur apporta tout le soutien dont ils avaient besoin. En effet, ce n'était pas parce qu'ils se moquaient de ce que pensaient les autres qu'ils ne redoutaient pas leurs regards. Ils prirent le temps de faire une pause dans le hall pour se calmer avant de pousser les battants et entrer. Assurément, ils attirèrent comme toujours les regards mais quelque chose faisait qu'ils paraissaient différents aux yeux des autres. Cependant, personne ne pouvait mettre le doigt dessus.

Le couple s'installa tranquillement, ne tenant pas compte des autres, et commencèrent à manger. La conversation roulait sur divers sujets lorsqu'une vague de silence tout autour du groupe interpella ce dernier. En se reconnectant au monde extérieur, ils en découvrirent la raison. En effet, Ginny, encore plus resplendissante que d'habitude, s'était rapprochée de la table des Vert et Argent, comme sûre du succès de ce qu'elle allait faire. Elle s'arrêta devant Harry et lui adressa un sourire enjôleur et particulièrement séducteur qui eut très vite fait d'énerver profondément Draco.

-Weasley. Que veux-tu ? demanda sèchement Harry, encore plus sensible aux humeurs de son compagnon depuis l'achèvement du rituel

-J'ai une fabuleuse nouvelle à t'annoncer, fit Ginny, un immense sourire aux lèvres.

Cela alarma encore plus fortement les amis du couple qui se tinrent prêts à parer toutes éventualités.

-Ah oui ? haussa un sourcil Harry

-Tu vas êtres papa !

Un blanc plus froid que la banquise se répandit dans la Grande Salle. Tous étaient soufflés par la nouvelle.

Ginny Weasley, enceinte du Survivant lui-même ?

Ce fut une secousse qui les tira de l'état de surprise dans lequel ils étaient plongés.

Une vague de magie pure qui se renouvelait en prenant de plus en plus d'ampleur.

Draco venait de craquer. Et pas qu'un peu.

C'était simple. S'il mettait la main sur cette garce rousse, il n'était pas sûr qu'il reste de morceaux assez grands pour permettre une identification. Et il se savait très inventif sur ce point. On était un Malfoy ou on ne l'était pas.

Parvenant à reprendre ses esprits et profitant que tous soient encore en état de choc, Severus prit les choses en main. Il figea efficacement Draco par un sort à la limite de la magie noire et traîna Harry avec eux hors du château. Il les traîna jusqu'au Manoir Black où il s'empara d'un Portoloin d'urgence. Car c'en était une grande.

Direction la Confrérie.

Les salles de pouvoir allaient carburer, et pas qu'un peu.

Bénis soient les sorts de suspension du temps ! Severus souffla de soulagement en voyant revenir ses deux protégés après deux heures dans les salles si spéciales.

En arrivant à la Confrérie, il était tombé sur un étrange jeune homme qui se révéla être Nathan, le compagnon de Cassidy Allan, prévenu de leurs venue par une alarme placée sur le Portoloin. Il les avait directement mené vers ces salles et en avait réglé les paramètres avant d'y enfermer les deux jeunes hommes. Il avait ensuite, pour tromper leurs angoisses, entrepris de lui expliquer comment marchaient ces pièces.

Après un rapide calcul de tête, le ténébreux grimaça. Le guérisseur avait fait en sorte à ce que une minute soit équivalent à une heure. Cela faisait donc cent vingt heures qu'ils se déchaînaient, soit cinq jours. Et leur niveau de magie restant était celui d'un sorcier lambda en pleine forme. La magie libérée avait dû être énorme.

Tout simplement effrayant.

Les deux jeunes hommes avaient l'air fourbu mais la lueur de rage pure qui brillait dans leurs yeux démontrait parfaitement qu'ils étaient encore capables de faire beaucoup de choses même dans leur état. Usant sur eux de leur incroyable autorité, il les enjoignit fermement de s'asseoir et de boire la tasse de thé qui se présentait devant eux et qui, ils en étaient certains, contenait une très forte dose de Potion calmante. Une fois qu'il fut sûr que la potion faisait effet sur eux, Severus prit la parole.

-Si vous ne le savez pas, vous vous trouvez en ce moment même à la Confrérie, renseigna Severus. J'ai jugé bon de vous sortir de Hogwarts avant que vous ne vous décidiez à raser définitivement l'école. Cela fait déjà deux heures que vous êtes partis. J'ai laissé un mot à miss Granger pour couvrir votre disparition. Êtes-vous calmés ?

-Absolument pas, gronda Draco. Si je mets la main sur cette …

-Reste poli, je te prie, coupa Severus. Et toi Harry ?

-Laissez-moi seul avec elle et je vous jure que même les triplés Malen s'estimeront chanceux vu ce que je lui réserve, siffla Harry.

-Au moins ça a le mérite d'être clair, soupira Severus. Vos familles n'ont pas encore été prévenues …

-Si, coupa une personne qui entra dans la pièce. Je viens de contacter Sirius et Remus.

-Nathan ! s'écria Harry

-Qu'est-ce que tu nous a fais encore, mon petit Raven soupira le jeune homme qu'il serra dans ses bras. Je vais devoir t'examiner encore une fois.

-Mon compagnon aussi, trancha Harry.

-Et ton compagnon aussi, sourit Nathan. Ensuite je verrai si je vous renvoie à l'école ou pas.

-Je ne crois pas que ce soit une très bonne idée, soupira Severus. Mais leurs présences là-bas est vraiment indispensable.

-Vous ne m'avez toujours pas dit pourquoi ils sont arrivés dans cet état, prit conscience Nathan.

-L'une de leurs ennemis leur a annoncé qu'elle était enceinte de Harry, révéla Severus.

La réaction qu'eut Nathan surprit tout le monde.

Il éclata de rire.

Cela dura quelques minutes, le temps qu'il se calme et qu'il puisse livrer ses explications.

-C'est impossible, souffla Nathan. Harry ne peut être le père de cet enfant.

-Et pourquoi ? demanda sincèrement Severus

-Il est techniquement stérile.

Un blanc suivit cette déclaration. Le brun, se rappelant pourquoi, commença à rougir. Nathan rit doucement de son embarras et consentit à fournir des éclaircissements.

-Lorsqu'il était plus jeune, Harry a effectué une épreuve concoctée par Cassidy, raconta Nathan. Il devait avoir une douzaine d'années. Alors qu'il allait s'écarter d'une lame, il a vu au loin un magnifique jeune homme qui le regardait. Son corps a disons eu une réaction naturelle mais totalement malvenue à ce moment-là. Et la lame a déchiré l'aine, frôlant la catastrophe. J'étais en train de me rouler par terre face à l'humour de la situation lorsque Cassidy a déboulé, affolée. Il s'était avéré que la lame en question était enduite de poison. On lui a vite donné le contre poison mais on a découvert que cela avait entraîné la stérilité. Oh, bien sûr, c'était réversible mais nous avons jugé bon de ne pas le faire, comme ça il avait un moyen de contraception très efficace.

Les deux hommes mirent du temps à assimiler l'information. Mais Severus se remémora une chose.

-Tu sais que tu es gay depuis tout ce temps ?

-Je n'ai jamais été intéressé par les filles, avoua Harry en rougissant. Et puis les garçons m'ont toujours troublés, surtout les blonds.

-D'ailleurs, la personne qui l'a déstabilisé était un blond plutôt mignon, insinua Nathan.

-Nathan ! s'écria Harry, tout rouge

-C'est bon, j'arrête, sourit Nathan. Maintenant que vous êtes tous un peu plus calmes, je vais tous vous examiner. Oui, même vous Severus, coupa-t-il alors que l'homme allait protester. La magie de Harry peut faire des choses très étranges quand elle se libère violemment. Et elle avait commencé à le faire quand vous êtes arrivés ici.

Tous les trois se soumirent donc à l'examen. Le guérisseur fut satisfait et leur permit de retourner à l'école, ce qu'ils s'empressèrent de faire avant que leurs absences ne se fassent problématiques. Ils eurent la surprise de retrouver dans leurs appartements toute leur bande d'amis. Blaise entreprit de s'expliquer.

-Quand vous êtes partis, ça a été le chaos, raconta-t-il. Tout le monde faisait des commentaires et Weasley était entourée par toutes les commères de l'école et répondait à toutes leurs questions. Dumbledore a compris qu'il n'obtiendrait pas le calme et il a renvoyé tout le monde dans son dortoir sauf elle à qui il a demandé de rejoindre dans son bureau. Nous sommes partis avant qu'il nous demande où vous étiez. Et on attend.

-Merci, sourit Harry. On a eu le temps de se calmer. Maintenant, on va les faire poireauter jusqu'à ce soir. Je parie qu'il va confirmer l'histoire de cette sale garce devant toute l'école. Quel plaisir ce sera de les désillusionner !

-Tu as quelque chose derrière la tête, soupçonna Théo.

-Et comment ! ricana Draco. Ils vont très vite comprendre qu'on ne peut strictement rien contre nous !

Sur ces paroles mystérieuses, le groupe passa à autre chose.

Ils réapparurent donc comme annoncé au dîner, parfaitement calmes en apparence mais bouillant littéralement de rage au fond d'eux. Le couple le plus en vue de l'école s'installa à sa place, leurs amis faisant très efficacement barrage à la foule qui voulait les interroger. Ils allaient commencer à manger lorsque le directeur demanda le silence.

-Chers élèves, fit-il, ce midi nous avons eu l'annonce d'une nouvelle assez spéciale. J'ai fait mon enquête et effectué tous les tests nécessaires. Je peux désormais vous annoncer officiellement que ce que miss Weasley a annoncé est tout à fait vrai !

Toute la salle explosa. Mais Harry se leva, amenant immédiatement le silence.

-Je me dois vous contredire, déclara-t-il doucement. Weasley peut très bien porter un enfant en elle. Mais qu'est-ce qui vous prouve qu'il est de moi ? Les tests de paternité ne peuvent se faire que dans le troisième trimestre de la grossesse, il me semble, non ?

-C'est exact, fit Dumbledore. Mais miss Weasley a prêté serment qu'il s'agissait bien de vous.

-Alors que je ne l'aime pas ? contra Harry

-Miss Weasley m'a révélé les circonstances de la conception de cet enfant, dit le directeur. Maintenant que vous avez été reconnu comme le père de cet enfant, les lois sont claires : vous devez épouser miss Weasley. Le mariage va être organisé dans deux semaines.

-Il n'y aura pas de mariage, annonça fermement Harry. En tout cas, pas avec cette prostituée !

-Mr Potter !

-C'est ce qu'elle est. Et puis, comment puis-je concevoir alors que je suis stérile ?

Un silence accueillit la déclaration. Le directeur et Ginny avaient radicalement pâli.

-Stérile ? bégaya presque Dumbledore

-Des suites à un accident survenu lors de mes douze ans, développa de manière bienveillante à la limite du sadisme le brun. De ce fait, il m'est impossible d'être le père de cet enfant. De plus, je certifie sur ma magie que je n'ai jamais approché de près ou de loin les draps de Weasley et que je ne compte pas le faire de toute ma vie.

Tout le monde commenta le retournement de situation. Mais Draco n'avait pas fini. D'un bon, il se leva et gifla à la volée Ginny qui se retrouva plusieurs mètres plus loin, la joue en sang.

-Approche encore une fois de Harry et je te promets que tu ne seras pas prête de revoir la lumière du jour, gronda le blond. Par le sang des Malfoy, si de nouveau tu convoites ce qui ne t'appartenait, ce qui ne t'appartient et ce qui ne t'appartiendra jamais, je jure que tu le paieras de ta vie et plus encore.

Une aura sombre entoura le jeune homme tandis que tous écarquillaient des yeux. Le jeune aristocrate venait ni plus ni moins de lancer une malédiction terrible sur la jeune fille. Mais le pire, c'était qu'il était parfaitement dans ses droits !

-Et trop, c'est trop, acheva Harry. Je compte ajouter un chef d'accusation contre elle. Et j'espère qu'elle terminera ses jours en prison ! Au fait, vous devriez trouver au plus vite le véritable père. Il va être ravi par la nouvelle !

Le couple s'en alla sans un mot, l'appétit coupé.

Harry et Draco vainqueurs par KO contre Ginny Weasley.

Draco et Harry se retrouvèrent au Manoir Black pour discuter de l'éclat de Ginny avec leurs familles quelques jours plus tard. Les deux jeunes hommes, main dans la main, voulaient essayer de comprendre ce qui était passé dans la tête de la rousse pour oser faire cela.

-Mais il y a une chose que je n'ai pas comprise, fit Harry. Pourquoi je devais l'épouser ?

-Ah, c'est vrai, soupira Sirius. Je ne te l'ai pas dit. La loi est tacite et le cas ne s'est pas reproduit depuis un siècle ou deux. Il n'y a pas d'enfant qui naissent hors mariage. Ce serait un déshonneur aussi bien pour la « mère » mais encore plus pour le père si on découvre son identité. C'était soi-disant pour préserver les Sang Purs mais je pense que c'était surtout pour éviter le scandale d'avoir un bâtard dans une famille.

-Je pense surtout que par ce mariage, elle serait entrée dans le cercle des plus prestigieuses grandes familles sorcières, grogna Draco. Et aussi dépenser sans compter des fortunes qui ont mis des siècles à se créer.

-Tu as la dent dure contre elle, ricana Cassiopée.

-Quelles auraient été les conséquences sur le Lien ? demanda Harry, car dans toutes les recherches qu'il avait effectué, il n'avait pas trouvé de réponses

Aussitôt, les regards de Lucius et de Sirius s'assombrirent. Il s'agissait d'informations qui ne se transmettaient que de père sorcier à fils et cela uniquement quand ils venaient à recevoir leur héritage.

-Elle aurait ni plus ni moins réussi à vous tuer, déclara Lucius. L'existence de l'enfant en soi n'aurait pas posé de problèmes mais votre Lien aurait ressenti sa conception comme une trahison impossible à pardonner et aurait commencé à empoisonner votre existence. Votre relation se serait dégradée à un tel point que vous souhaiteriez littéralement la mort de l'autre. Ce qui se serait passé vu que vous auriez lié vos vies à l'autre.

-Ça donne froid dans le dos, frissonna Harry en se blottissant contre Draco.

-Mais c'est une Sang Pur, même si je le regrette amèrement, se souvint Draco. Elle aussi aurait dû savoir que briser des Liens aurait des conséquences désastreuses, même sans en connaître tous les détails. Pourquoi elle a fait ça ?

-Parce qu'il y a une faille, répondit Sirius. Le Lien se fait en trois temps. L'Annonce, le Rituel et l'Union. La période entre l'Annonce du Lien et son Rituel est plus ou moins long. On pourrait presque dire qu'il s'agit de fiançailles. Rien n'est encore définitif mais cela ne va pas tarder. Durant cette période, comme vous n'êtes pas officiellement Liés, vous pouvez très bien contracter un autre mariage. C'est ce qu'elle voulait, je pense. Ça aurait pu marcher si Harry n'était pas stérile et que vous n'étiez pas déjà Liés.

-On l'a échappé belle, je crois, souffla Remus. Mais que deviendra cette gamine ?

-Je vais faire en sorte qu'elle ne s'en sorte pas, gronda Harry.

Les différents éclairs de magie tout autour de lui confirmaient parfaitement qu'il gardait une rancune tenace à la jeune sorcière.

-Je ne crois pas que la faire comparaître devant la justice ne suffise, observa Severus. Elle reste une des marionnettes de Dumbledore. Et il a le bras long.

-Mais il n'a pas la Ministre de la Justice Magique sous son contrôle, remarqua Remus. Cela limite les risques qu'elle s'en sorte.

-Mais il peut faire pression sur les autres juges, contra sombrement Narcissa. Alors à moins d'utiliser la magie, il n'y a rien qu'on ne puisse faire pour qu'elle paie totalement.

-Certes, concéda Draco. Mais nous pouvons utiliser notre intelligence pour une punition officieuse. Déjà qu'elle est maudite …

Les regards de tous les adultes, sauf le professeur, se dardèrent sur le blond qui fit un immense effort pour ne pas se cacher derrière son compagnon.

-Disons que je me suis légèrement emporté, avoua Draco. J'ai dû lui dire que si elle osait encore une fois approcher de Harry, elle le regretterait toute sa vie …

-Jeune homme, gronda doucereusement Cassiopée. Les termes exacts, je te prie.

-Très bien, ronchonna le plus jeune blond. « Par le sang des Malfoy, si de nouveau tu convoites ce qui ne t'appartenait, ce qui ne t'appartient et ce qui ne t'appartiendra jamais, je jure que tu le paieras de ta vie et plus encore. »

Des hoquets de surprise retentirent dans la pièce. Severus, Draco et Harry, ainsi que Remus, ne comprenaient pas ce que ces mots avaient de si terrible. Le loup-garou décida de se lancer.

-Des explications seraient les bienvenues, insinua doucement le châtain clair.

-Tu te rends compte de ce que tu as fait ? demanda sourdement Narcissa, visiblement sous le choc

-Je l'ai maudite pour qu'elle n'approche plus de mon compagnon, pourquoi ? grogna Draco

-Tu as fait en sorte de gâcher de manière irréversible sa vie, cousin, ricana Sirius. Je m'explique, tu as converti ses désirs en sa perte. Toutes ses envies, même furtives, deviendront sa douleur perpétuelle à ce niveau. Elle souffrira à jamais.

-Bien fait pour elle ! conclut Draco

-Draco ! gronda Lucius. Nous ne t'avons pas élevé pour que tu sois si puéril. Il faut que tu comprenne que par cette malédiction, tu l'as lié, elle et ses descendants, à toi-même et tes futurs enfants. Tant que restera du sang de ta lignée au monde, le sang de sa lignée souffrira. Bravo !

-A ce point ? s'horrifia Draco. Et mince ! Et il y a un moyen d'annuler ça ? Hors de question de lier nos deux lignées !

-Maintenant qu'elle est maudite, le processus est irréversible, répondit Cassiopée. Cependant, tu peux la modifier. Mais il faudra aller au manoir Malfoy et ça, ça va être un peu compliqué.

-Et zut ! grogna Draco. Pour une fois, j'aurais dû fermer ma grande gueule !

-Draco, langage ! gronda Narcissa

-Du calme, amour, sourit doucement Harry en caressant tendrement la joue du blond.

Chacun se plongea dans ses pensées mais ils furent interrompu par l'arrivée d'un aigle, Alexis. Le brun s'empressa de le délaisser de sa charge avant de lire rapidement le contenu de la missive. Il fronça au fur et à mesure de sa lecture des sourcils.

-Un problème ? demanda Sirius

-Des nouvelles de Genesys, répondit Harry. C'est étrange. Suite aux attaques qu'a subi l'école, Dumbledore a proposé son aide pour la protection et le Ministère américain a accepté.

-C'est une bonne nouvelle, non ? fit Sirius. Même s'il est mauvais, Dumbledore reste quand même un sorcier puissant.

-Tu n'as pas l'air de comprendre, secoua de la tête Harry. Il y a aux États-Unis des sorciers reconnus comme bien plus puissants que Dumbledore et spécialisés dans la protection des hauts lieux magiques. Si une liste devait être établie, Dumbledore serait tout dernier, voire n'y serait pas du tout. Il y a une histoire là-dessous, j'en suis sûr.

-Est-ce qu'il pourrait faire ainsi faire pression sur toi en s'occupant de la protection de tes amis ? proposa Remus

-C'est une possibilité, réfléchit Severus, le seul ayant vraiment côtoyé le directeur assez longtemps pour avoir eu un aperçu de sa personnalité. Cependant, il doit vraiment être désespéré pour en arriver là. Il veut vraiment avoir le contrôle sur toi. Cependant, tant qu'il ne se dévoile pas, on ne peut rien faire. Mais tu devrais mettre en garde tes amis.

-Requiem ne va pas aimer, soupira Harry.

-As-tu réellement de l'ascendance sur eux ? demanda Narcissa, curieuse

-Je suis l'un des fondateurs du groupe, rigola Harry. Et même du temps où j'étais là-bas, j'étais encore le plus puissant. J'ai déjà fait mes preuves parmi eux. Je n'ai jamais donné de conseils à la légère. Jamais. Ils m'écouteront.

-Tu as confiance en eux, remarqua Cassiopée.

-C'est une amitié à la Maraudeur, expliqua Harry. Comme celle qui liait Sirius, Remus et mon père. Nous serions capable de tout les uns pour les autres, c'est tout.

-Ça se comprend, fit Cassiopée. Que faisons-nous alors ?

-Je vais leur dire de se tenir sur leur garde et de ne pas faire confiance à Dumbledore, répondit Harry. Il faut que quand il arrive, Genesys ait une bonne protection qu'il lui serait impossible à voir. J'aviserai en temps et en heure.

Draco avisa l'heure.

-Nous devrions y aller, déclara-t-il. Il ne vaut mieux pas qu'on découvre qu'on peut sortir de l'école trop facilement.

Après avoir salué tout le monde, les deux élèves et le professeur disparurent dans les profondeurs de la nuit pour rejoindre la fabuleuse école de sorcellerie mais non moins devenue dangereuse pour eux qu'était Hogwarts.

Depuis que Ginny avait été confondue toute l'école regardait le couple avec respect. Le directeur avait de moins en moins de soutien de la part des élèves après le fiasco avec Harry Potter. Le vieil homme ne faisait guère d'apparition mis à part lors des repas. Cela enchantait le jeune homme mais il ne pouvait pas savoir ce qu'il pouvait faire pour le nuire. Quant à la jeune rousse, curieusement elle faisait comme si de rien n'était. Elle faisait de réguliers passages à l'infirmerie pour que Mrs Pomfrey puisse suivre la grossesse qui avait soulevé la polémique. Ginny était maintenant ignorée par la majorité de l'école. Malgré la visite d'Aurors pour qu'elle réponde de la plainte qu'avait déposé Harry, elle ne semblait pas atteinte par le mépris qu'elle inspirait.

Pendant ce temps, le groupe vivait leur vie tout en restant sur ses gardes. Cependant, Luna et Neville, Hermione et Blaise et Harry et Draco roucoulaient tranquillement.

Mais ça ne pouvait pas durer longtemps.

Les temps étaient sombres, tous le savaient.

Et la guerre n'attendait jamais.

Jamais.

Dumbledore mangeait un nouveau paquet de bonbons au citron. Il réfléchissait à la situation dans l'école.

Je ne peux plus atteindre Harry Potter, se disait-il. J'ai beau avoir éliminé tous ses proches mais il est devenu insaisissable en s'apprêtant à se Lier avec l'héritier Malfoy. Je ne peux me risquer à écarter Severus sinon on va se douter de quelque chose. C'est énervant ! Le plan de la Weasley était parfait mais comment on pouvait savoir qu'il était stérile, hein ? Maintenant je suis obligé de chercher par qui cette garce s'est faite engrossée. Quelle plaie ! Elle est en plus inutile désormais ! Ne parlons pas de son frère qui se lamente sur lui-même depuis que Granger sort avec l'héritier Zabini. Je n'ai plus rien pour faire pression sur Harry ! J'ai quand même avancé avec Genesys mais la directrice ne veut pas me laisser entrer à cause de soi-disant travaux. Mais ce n'est pas très important si je n'arrive pas à mettre la main sur les trésors cachés de l'école tout de suite. Il faut que je convainque Harry de me rejoindre, de gré ou de force ! Et je crois que le seul moyen est de s'attaquer à la dernière personne à laquelle on penserait. Mais ça serait délicat, très même. Il me faut un plan et je crois que le Ministère va bien me servir …

Le plan prenait forme dans la tête du vieux fou et avec le sourire machiavélique qu'il avait, il fallait se préparer au pire.

-Ah, Severus !

-Monsieur le directeur …

Le professeur de Potions ne comptait pas rencontrer le professeur Dumbledore ni aujourd'hui, ni un autre jour. En effet, avec tout ce que le vieil homme avait fait rien que pour mettre la main sur Harry, l'estime que Severus avait pour Dumbledore était descendue en flèche et un sentiment trop proche de la haine le submergeait à chaque fois qu'il le voyait. Et il avait peur que ses barrières d'Occlumens ne cède à ce sentiment.

-Cela fait longtemps que nous n'avons pas discuté tous les deux, reprit Dumbledore. Et je vous ai déjà dit de m'appeler Albus !

-Albus, j'ai beaucoup de choses à faire …

-Allons, Severus, vous avez bien quelques minutes, je suppose ?

-Je …

-Parfait. Faisons un bout de chemin ensemble.

Severus ne put que capituler.

-Comment prenez-vous la mort de Sirius, Severus ? J'avais cru comprendre que c'était très sérieux entre vous. Ce qui est étonnant vu votre passé commun.

Severus se raidit brutalement. L'absence de Sirius était un sujet plus que délicat et savoir que l'homme à ses côtés y avait un lien direct n'était pas pour le calmer.

-Albus …

-Voyons, Severus, dites-moi la vérité.

-Je crois que ceci ne vous concerne en rien, Albus, trancha rageusement Severus. Mais comme vous tenez tellement à savoir, je vais vous le dire. La mort de Sirius m'a porté un coup très dur au moral mais sachez que je serais toujours opérationnel pour quelque mission que ce soit.

-Ne vous méprenez pas, je voulais juste savoir si vous alliez bien !

-C'est cela …

-Sinon, j'aurais un service à vous demander.

-Dites toujours.

-J'aurais besoin que vous vous rendiez au Ministère pour moi.

-Pardon ?

-Je ne peux compter que sur vous.

-Vous oubliez que je suis recherché par les Death Eaters !

-J'allais oublier de vous dire qu'il s'agit du Ministère de la Magie des États-Unis.

Severus se tint sur ses gardes.

-Pourquoi aussi loin ?

-Je suis en plein négociation au nom du Ministère de la Magie anglais avec le monde magique américain. Rassurez-vous, il s'agit juste d'un gala de bienfaisance. Vous n'aurez pas à parler de la guerre.

-Et pourquoi moi ?

-J'ai confiance en vous, très cher. Et puis, cela vous changera les idées.

-Cela n'empêche pas que je suis toujours en danger.

-Certes. Mais personne ne saura à part vous et moi que vous êtes là-bas.

-Les oreilles du Seigneur des Ténèbres sont partout.

-Je n'en doute pas. Mais le secret sera préservé.

-J'imagine que je n'ai pas le choix ?

-Nous avons toujours le choix, Severus.

-Guère avec vous, ne le niez pas. Je …

-Je savais que vous accepteriez. Je vous remercie. Je vous contacterais pour vous communiquer de plus amples informations.

Et Dumbledore partit dans un couloir adjacent sans laisser le temps à Severus de réfuter l'affirmation. Ce dernier, en ayant marre du vieil homme, était au bord de l'explosion. Avisant l'heure, il fila à ses appartements, laissa un mot pour Draco et Harry puis débarqua au manoir Black avec l'intention plus qu'évidente de tout casser. Il ne remarqua même pas Sirius qui lui ouvrit la porte et encore moins le regard interloqué de Remus en passant devant lui. Severus marcha d'un pas rapide jusqu'à la salle d'entraînement où il s'enferma. Quelques instants plus tard, un hurlement déchira le silence. Sirius voulut se précipiter mais Narcissa le retint efficacement.

-Mais quelque chose se passe ! s'écria Sirius

-Non, Sirius, expliqua Narcissa. Là, il est en train de péter les plombs. Dumbledore l'a encore énervé plus que de raison. Laisse-lui le temps de se calmer.

-Mais …

-Pas de mais, Sirius. Si tu entres là-dedans, il y a peu de chance pour que tu en sortes vivant. Lucius a tenté une seule et unique fois et il était dans un état lamentable en sortant, à la limite de la mort, même s'il s'agissait de son meilleur ami. Dans cet état de rage, il ne te reconnaîtra pas.

-Tu as sûrement raison …

Severus sortit de la salle quelques bonnes heures plus tard. Il avait l'air fourbu mais totalement détendu. Il prit avec bonheur la boisson fraîche que lui tendait Cassiopée qu'il but d'une traite avant d'en redemander.

-Alors ? demanda Lucius

-Dumbledore, soupira Severus. Il m'a encore imposé quelque chose.

-Quoi ? demanda Lucius

-Assister à un gala de bienfaisance.

-Un gala de bienfaisance ? s'étonna Sirius. Mais tu es recherché !

-C'est ce que je lui ai répondu. Seulement, la gala a lieu aux États-Unis.

-Pourquoi ? demanda Cassiopée

-C'est à propos des négociations avec Genesys, il me semble. Je ne ferais que le représenter.

-Mais pourquoi ? Il a d'autres pantins, que je sache ? grogna Lucius

-Il n'a pas voulu me le dire, avoua Severus. Enfin bref, il a décidé que j'irais, point barre. Ce qui n'a pas amélioré mon humeur après qu'il ait demandé comment j'allais suite à la disparition de Sirius.

-Il a osé faire ça ? cracha Sirius. Mais quel culot !

-Je comprends ton état, sourit Narcissa. Tu comptes t'y rendre ?

-Je n'ai pas le choix, soupira Severus. Je dois y aller. Mais ça ne m'enchante pas des masses, surtout que je laisserais Harry et Draco seuls pendant ce voyage.

-Je vais t'accompagner ! décida Sirius

-Sirius ! gronda Narcissa. Rappelle-toi que nous sommes tous censés être morts !

-Quoique, ce ne serait pas une si mauvaise idée, réfléchit Remus.

Tous se retournèrent vers le lycanthrope.

-Comment ça ? fit Cassiopée

-Rien ne nous dit que ce n'est pas un nouveau plan de Dumbledore pour se débarrasser de Severus et avoir un accès plus aisé à Harry, expliqua Remus. Severus aura de l'aide quoi qu'il arrive. Sans compter que Sirius sera tout simplement insupportable durant toute la durée du séjour.

-Hors de question de supporter ce sale cabot en pleine crise ! lâcha Lucius

-Eh ! s'indigna Sirius

-Et n'oublions pas tous nos contacts là-bas, souligna Remus. Ils ne feront peut-être pas confiance à Severus s'il leur dit qu'il vient en notre nom mais à Sirius si. Ici, nous serons bien assez pour aider les garçons en cas de besoin.

-C'est une idée, admit Lucius. Aucun de nous ne devrait rester seul. Remus a raison.

Les deux femmes hochèrent la tête, en accord avec le blond. Voyant cela, Sirius ne se retint plus et fit une danse de la joie sur la table basse. Tous sourirent à la vue.

-Je vais y aller, soupira Severus. Je n'aime pas savoir les garçons seuls face à Dumbledore.

-Reste calme surtout, conseilla Cassiopée.

Tous le saluèrent avant qu'il ne quitte la pièce. Sirius l'accompagna jusqu'à la porte d'entrée. Sans crier gare, il l'enlaça et lui donna un baiser à couper le souffle.

-Tu me manques, souffla Sirius. Tu me manques vraiment trop. Vivement que cette histoire se termine !

-Nous ferons pour ça, sourit Severus. Allez, mon sale cabot adoré, je dois vraiment y aller. Je reviendrais dès que je peux. D'accord ?

-Ne tarde pas trop.

-Je ferais mon possible.

Sur un dernier baiser, Severus regagna ses appartements à l'école sous le regard triste de Sirius.

Severus maudissait Merlin, Morgane et tous les plus grands sorciers ayant vécu pour être tombé dans cette situation plus que déplaisante.

Sur ordre de Dumbledore, donc, l'homme avait dû abandonner ses chers cachots et ses victimes favorites - ses élèves chéris - pour se rendre au Ministère de la Magie américain pour un gala de bienfaisance. Avant de quitter le château, il avait eu la surprise de voir arriver une malle de vêtements que Dumbledore lui avait ordonné de porter durant son séjour. Après avoir vérifié qu'ils n'étaient pas infestés de sorts espions, Severus s'était demandé à quoi jouait le vieil homme. Les vêtements étaient d'une très grande qualité et le mettait outrageusement à son avantage. Même trop. Et maintenant, à la vue du spectacle qui s'offrait à lui, il comprenait ce qu'il avait voulu faire.

Des hommes.

Des dizaines d'hommes lui tournaient autour. Et il était vraiment à deux doigts de commettre un meurtre, si ce n'était plusieurs ce soir-là.

En laissant traîner ses oreilles après s'être aperçu de la situation, le Maître des Potions avait compris que Dumbledore avait laissé échapper quelques informations personnelles sur lui, comme celle qu'il avait perdu son compagnon récemment. Il n'en avait pas fallu plus pour que tous les hommes célibataires ne cherchent à le séduire. Severus ne pouvait les envoyer bouler avec son sarcasme habituel, parce que le directeur lui avait expressément ordonné de se montrer aimable. ce qui avait de quoi le faire rager.

-Voulez-vous m'accorder cette danse ?

Encore un énième homme voulant lui faire la cour. Deux heures seulement qu'il était là et cela allait faire au moins la centième invitation qu'il allait refuser. Sa patience, déjà très faible, s'amenuisait très rapidement et il se retenait de plus en plus de réduire le prochain à l'état de larve sanglotante.

Il porta son attention sur son vis-à-vis pour lui signifier son refus et allait ouvrir la bouche lorsqu'un élément l'interpella.

Cette boucle d'oreille … Ces détails … Il les reconnaîtrait entre mille ! Mais alors …

-Si… Orion ? souffla-t-il tout doucement pour n'être entendu que par son interlocuteur

Seul un sourire canaille si reconnaissable lui répondit. Severus poussa un soupir de soulagement à l'intérieur de son esprit.

-Pourquoi pas ? fit Severus en déposant sa coupe sur un plateau qui passait

L'inconnu pas si inconnu que ça pour le Britannique s'empara délicatement de sa main et l'entraîna sur la piste de danse sous les regards envieux de tous les célibataires du gala, impressionnés que celui-là entre tous ait pu obtenir une danse de la beauté ténébreuse qu'était Severus. L'orchestre démarra une chanson lente et l'espion en profita pour lancer tout autour d'eux quelques sortilèges d'intimité.

-Sirius ? C'est bien toi ? Mais comment … ?

-Un de mes contacts sorciers que j'avais sous le nom de Sirius Orion a pu me faire entrer.

-Je suis heureux que tu sois là. Un peu plus et je les tuais tous.

-C'est dommage que je ne puisse pas montrer à ces imbéciles que tu es à moi ! Fichu Dumbledore !

-Ne m'en parle pas de celui-là ! C'est à cause de lui si on en est là !

-Je sais. C'est lui qui t'a envoyé ici.

-Je ne parle pas de ça. Je parle de ces vautours !

-Que veux-tu dire ?

-Il a laissé entendre que j'étais libre, ou plus exactement que j'avais perdu mon compagnon très récemment. Tu imagines la suite.

-Le … Un de ces jours, je vais lui rendre la monnaie de sa pièce et avec les intérêts en prime !

-Ne t'inquiète pas, je serais à tes côtés pour ça.

-Et sinon ? Tu ne t'ennuies pas trop ?

-Mortellement. Je me demandes encore pourquoi le vieux fou voulait que je sois présent.

-Pour te caser de l'autre côté de l'Atlantique ?

-Pour m'éloigner, Sirius. Je ne sais pas pourquoi mais je sens que quelque chose va se passer à l'école.

-Espérons que non. Si c'est vraiment le cas, Narcissa, Cassiopée, Lucius et Remus pourront venir en aide aux enfants. Et en dernier recours, Harry et Draco sauront se débrouiller. Tu ne crois pas ?

-J'ai confiance en eux mais qui sait ce que l'avenir leur réservera …

Le jeune Draco Malfoy parcourait les couloirs de l'école pour se rendre à la bibliothèque lorsque soudain, un hibou fonça sur lui. Il ne dut son visage intact qu'à ses réflexes d'Attrapeur.

-Stupide volatile ! grogna-t-il

L'animal poussa un hululement indigné avant de lâcher sa lettre et de s'envoler à tire d'aile. Maudissant les piafs postiers, le blond attrapa la lettre et la rangea dans sa poche pour la lire un peu plus tard. Il se rendit donc à la bibliothèque pour rejoindre ses amis et commença ses devoirs sous le regard tendre de Harry, la lettre au fond de sa poche.

Ce ne fut que quand il alla dans la Grande Salle pour manger qu'il s'en souvint. Il l'ouvrit et la parcourut rapidement. Mais il dût s'arrêter,dubitatif, pour relire plus attentivement le contenu de la missive.

Cher Monsieur Malfoy,

Vos parents étant décédés récemment, de nombreuses affaires en instance les concernant requiert votre présence au sein du Ministère de la Magie.

Nous pensons qu'une rendez-vous dans trois jours serait pour le mieux afin que tout ceci soit réglé au plus vite.

Veuillez nous faire parvenir par hibou votre accord quant à cette rencontre.

Avec mes salutations distinguées,

Le Ministère de la Magie

Draco haussa un sourcil. À sa connaissance, il n'y avait plus d'affaire en cours concernant la famille Malfoy depuis des lustres. Vu que sa fortune était sous la tutelle de Harry, ce ne pouvait pas être une affaire d'ordre financière. Alors, que lui voulait donc le Ministère ? Fourrant le lettre dans sa poche, il alla manger tout en réfléchissant à ce rendez-vous. Quand il déposa un baiser sur les lèvres de Harry, le blond décida de ne pas lui parler de lettre pour le moins surprenante.

Il aurait dû.

Quelques jours plus tard …

Harry se rendait dans la Grande Salle pour le petit déjeuner. À sa surprise, son compagnon n'était pas dans leur lit à son réveil. Pensant que Draco avait une affaire urgente à régler et qu'il le retrouverait à table, il ne s'en inquiéta pas. Mais en arrivant, ne le trouvant nulle part, il fronça des sourcils et s'assit auprès de ses amis qui le saluèrent.

-Et où est donc ta tendre moitié ? plaisanta Théo

-Je n'en sais rien, avoua Harry. Je ne l'ai pas vu ce matin.

-Il n'y avait pas de réunion de préfets, fit Hermione. Ne t'inquiète pas, il va arriver.

À moitié rassuré, Harry patienta donc. Mais le blond ne pointa pas le bout de son nez ni au repas, ni aux cours, faisant s'angoisser de plus en plus le brun. Ce dernier avait tenté de le contacter par le bais de la Légilimencie mais pas de réponse. Et il n'avait aucun moyen de contacter Severus, parti en mission pour le compte de Dumbledore. L'inquiétude de Harry était telle qu'à la fin de la journée, tous savaient qu'il ne fallait pas embêter le Survivant.

-Harry …

-Il n'est nulle part ! coupa Harry. J'ai fouillé partout, je l'ai appelé mais il ne répond pas ! Mais où il peut bien être ?

-On a dû se rendre compte que Draco n'était pas là de la journée, hésita Hermione, bien consciente de l'état de nervosité du brun. Je pense que tu devrais le signaler au professeur Dumbledore.

Le jeune homme se figea net. Toute à son inquiétude, il n'avait même pas songé à la ou les personnes qui pourraient être derrière la disparition de son compagnon. Et bien sûr, le premier nom sur la liste restait celui de Albus Dumbledore …

-Je ne sais pas, fit Harry. Je crois que tu as raison. Je vais aller le voir plus tard …

-Il n'y a que ça à faire, concéda Théo. Veux-tu que nous t'accompagnons ?

-Non merci, refusa Harry. Ce ne sera pas la peine.

-Très bien, fit Luna. Nous te laissons. Passe une bonne nuit.

-Bonne nuit à vous tous, sourit Harry en se dirigeant vers les appartements de Draco.

Le brun s'enferma soigneusement là-bas avant de sortir d'un coin de sa valise un petit Miroir à double sens. Après la panique dû à la tentative d'assassinat de Dumbledore, Sirius avait jugé bon de confier à Harry et Draco ces Miroirs qu'il tenait lui-même de James Potter. Le téléphone portable restait en cas d'extrême urgence car il était ensorcelé pour fonctionner dans tous les lieux magiques, chose qu'on tentait de faire depuis des années donc découverte tout à fait lucrative. Donc à conserver soigneusement.

-Remus ?

-Salut Harry, comment ça va ?

-Mal.

-Hein ? Qu'est-ce qui se passe ?

-Je crois que Draco a disparu.

-QUOI ? Tu plaisantes ?

-Il n'est pas venu en cours de toute la journée ! Je l'ai cherché dans tout le château et il est nulle part !

-Du calme ! Même d'ici, je sens que tu es sur le point de perdre le contrôle.

-Pas vraiment. Mais j'avoue que je suis inquiet. Très inquiet.

-Tu m'étonnes ! Qui ne le serait pas à ta place ? Et Dumbledore ? Il n'a rien dit ?

-C'est ça le plus étrange. Il ne s'est pas renseigné. À aucun moment il ne m'a interrogé ni mes amis pour savoir où était Draco, lui qui est réputé pour ne manquer aucun cours !

-Tu penses qu'il est au courant de quelque chose ?

-Voire qu'il est à l'origine de sa disparition vu les derniers évènements. Je dois aller le voir pour lui signaler la disparition de Draco.

-Sois très prudent. Tu n'ignores pas qu'il veut absolument mettre la main sur toi.

-Je sais. Mais là, je n'ai pas le choix. Il reste le directeur de l'école !

-Malheureusement pour nous. Sois très prudent, hein ? Hors de question de te perdre après avoir perdu tes parents !

-Je ferais mon possible. Mais comprends bien que je ferais tout pour sauver Draco.

-Réfléchis-y bien d'abord. Très bien, je te laisse. Je vais annoncer la nouvelle à Cassiopée, Narcissa et Lucius.

-Ok. Bonne soirée, Remus.

-Bonsoir Harry.

Le Slytherin rangea soigneusement l'objet avant de s'installer en tailleur sur le sol du salon. Il tenta une dernière fois de retrouver son compagnon dans le château mais quand sa recherche fit choux blanc, il décida d'entrer en méditation. En effet, il savait que s'il se rendait dans cet état dans le bureau du directeur, il pourrait laisser échapper sans le vouloir des informations capitales comme ses capacités réelles par exemple.

Il lui fallut une bonne heure pour être parfaitement calme pour faire face au directeur. D'un geste, il rectifia sa tenue puis se dirigea d'un pas calme jusqu'au bureau du directeur plus que honni. Il respira un bon coup et souffla le mot de passe. La gargouille s'écarta aussitôt et le jeune homme grimpa les escaliers jusqu'à la lourde porte en chêne massif. Il frappa à la porte et attendit qu'on lui fasse signe avant de pénétrer l'antre du manipulateur fou.

-Assis-toi, mon garçon, sourit affablement Dumbledore.

Harry se crispa imperceptiblement à l'entente du surnom. Les seules personnes l'ayant nommé ainsi s'étaient révélées être indignes de confiance et particulièrement pressées de lui faire du mal. Inutile de dire qu'elles avaient chèrement regretté leurs projets néfastes.

Après qu'il se soit installé, le vieil homme reprit la parole.

-Que puis-je pour toi, mon cher Harry ?

Ledit Harry grinça intérieurement des dents. Quand avait-il permis à ce vieux fou shooté aux bonbons au citron d'être aussi familier avec lui ?

-Monsieur le directeur, fit Harry. Si je suis ici, c'est pour savoir si vous saviez où était mon compagnon Draco Malfoy.

Il faut bien lui rappeler que je suis aux yeux de tous sur le point de me Lier avec mon blondinet, pesta Harry.

-Je le croyais malade, s'étonna ingénument Dumbledore.

-La dernière fois que je l'ai vu remonte à hier soir, avoua Harry de mauvaise grâce. Est-ce que vous l'avez envoyé en mission pour l'école ?

La question de Harry était somme toute légitime. Il arrivait parfois, mais les occasions restaient rares, que les Préfets en Chefs soient envoyés à l'extérieur du château pour remplir des missions pour le compte de l'école.

-Pas du tout, répondit Dumbledore. As-tu fouillé le château ?

-Je ne l'ai pas trouvé, déclara Harry.

-Je vois. Je vais faire des recherches de mon côté. Si nous n'avons aucune nouvelle, je serais dans l'obligation de prévenir les Aurors.

-Je sais.

-Y a-t-il quelque chose d'autre dont tu voudrais me faire part, mon garçon ?

-Je m'inquiète pour Draco.

-Je peux le comprendre. Je te laisse regagner ton dortoir. Bonne nuit, Harry.

-Bonsoir, professeur.

Paf !

Cela faisait au moins la quinzième balle anti-stress que Harry faisait exploser depuis qu'il s'était levé après une nuit blanche à se ronger les sangs. Et cela faisait à peine une heure qu'il avait mis le pied hors du lit. Son inquiétude, mêlé avec le Lien distordu par la distance, lui mettait les nerfs à vif. Il hésitait à rester dans les appartements mais il savait que ça allait mettre la puce à l'oreille. Déjà hier soir, les élèves avaient commencé à murmurer sur l'absence de Draco parmi ses amis. Ces derniers faisaient office de barrière entre Harry et les élèves, conscients que si l'un d'entre eux ne lui posait ne serait-ce qu'une seule question, le jeune homme n'allait pas faire dans la dentelle.

Et ainsi se déroula la journée …

Alors qu'elle regardait distraitement autour d'elle, Hermione surprit le regard satisfait de Ginny sur Harry. Fronçant légèrement des sourcils, elle se mit à l'observer plus attentivement. La rousse avait vraiment l'air fière d'elle et cela ne présageait strictement rien de bon. Sachant que quand la rousse avait un plan, son frère n'était jamais bien loin, la brune dirigea son regard vers Ron. Ce qu'elle découvrit faillit la faire tomber de sa chaise. Alors que la veille encore le roux était quasiment dépressif, état dans lequel il était plongé depuis qu'elle l'avait rejeté avec pertes et fracas, ce jour-là il semblait presque tout à fait normal, engouffrant naturellement tout ce qui se trouvait à portée de main. Luna, auprès d'elle, avait suivit son regard.

-J'ai remarqué aussi, chuchota la blonde. Quelque chose se prépare.

-Non, corrigea Hermione. Quelque chose est en train de se dérouler. Et ça concerne Harry, j'en mettrais ma main à couper.

-Mais quoi ? dit Luna. Et faut-il prévenir Harry ?

-Pas maintenant, réfléchit la brune. Trouvons des preuves d'abord.

-J'imagine que tu compte faire une petite visite quelque part, non ?

-Tout à fait. Mais avant, je dois me renseigner auprès de personnes qui sauront me dire comment fouiner efficacement.

-Personnes dont le Vert et Argent est inscrit dans leur sang, je me trompe ?

-Luna, je me demande toujours où regardent les gens quand ils disent que tu est totalement folle à fier.

-Mais là où je leur dis de regarder, bien sûr.

-Vous voulez fouiller les affaires de la Belette fille ?

-Je dirais plutôt que nous allons mener notre enquête. Tout de suite les grands mots !

-Je ne savais pas qu'une Gryffindor pouvait se montrer aussi Slytherin.

Hermione et Luna avait donné rendez-vous à Daphné, Blaise et Théo dans une salle désaffectée. Elles avaient immédiatement sollicité leur aide pour l'exécution de leur plan.

-Et pourquoi ? demanda Théo

-Les Weasley ont fait quelque chose et il faut absolument que nous sachions quoi, répondit Luna. Ça ne m'étonnerait même pas qu'ils aient un lien avec la disparition de Draco.

-Vu comme ça … fit Blaise. Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ?

-Il nous faut des sorts de magie noire, déclara abruptement Hermione.

-Pardon ? sursautèrent les trois Slytherin

-Je m'explique, fit Hermione. Nous savons que Ginny et Ron sont des Sang Pur, malgré leurs soucis financiers. Nous ne sommes pas stupides, ils doivent avoir une puissance non négligeable qui pourrait efficacement contrer nos propres sorts. Vu qu'ils viennent d'une famille dite « blanche », je suppose qu'ils ne connaissent que des sorts de magie blanche. À nous deux, Luna et moi pourrons replacer les sorts de protection dont Ginny a sûrement bardé ses affaires. Mais pour les briser sans effusions de magie, c'est autre chose.

-D'où la magie noire, bien plus discrète dans ces cas-là, termina Théo. Quand comptez-vous faire votre petite visite ?

-Le plus tôt serait le mieux, répondit Luna. Si effectivement cette garce a un lien avec la disparition de Draco, plus vite nous le retrouverons, plus vite Harry se calmera et foutra la raclée à Dumbledore, qui j'en suis sûre, est à l'origine de tout ce bordel.

-Luna ! se récria Daphné. Je ne t'ai jamais connue aussi vulgaire !

-Je sais, concéda la blonde. Mais voyez plus loin qu'une simple histoire entre écoliers. Imaginez tout ce qui se passe sur point de vue du monde sorcier.

Il ne leur fallut que quelques minutes pour comprendre de quoi la jeune fille parlait.

-Par Merlin … Dumbledore cherche tout simplement la domination du monde sorcier en s'assurant que Harry soit sous sa coupe … énonça Hermione. Et il fait pression lui par le biais de Draco.

-Mais pourquoi ils ne nous l'ont pas dit ? grogna Blaise. On aurait pu les aider !

-Parce que ce n'est pas notre combat, répondit Luna. Nous, nous devons les soutenir et briser le déséquilibre qu'a instauré le directeur entre les Maisons, c'est tout. Mais rien ne nous dit qu'on ne peut rien faire. Leur donner un coup de main en retrouvant Draco sans que Harry ne le sache fait parti de notre mission, non ?

Leur sourire de connivence scella leur pacte.

-Je refuse ! tempêta Harry

-On ne te demande pas de sortir avec elle, ré expliqua calmement Neville. On veut juste que tu sois suffisamment présent à ses yeux pour qu'elle ne se préoccupe pas du reste.

Le reste du groupe avait mis Neville dans la confidence et celui-ci avait aussitôt adhéré. Ils lui avaient expliqué leur plan pour la fouille des affaires de Ginny mais il fallait toujours la maintenir au loin. Et la seule chose qui pouvait lui faire tout oublier restait encore et toujours Harry. Ils avaient donc dû le mettre au courant de leur plan mais ce dernier n'était pas en position de coopérer.

-Harry ! tempêta à son tour Blaise. On ne te demande pas de trahir Draco dès qu'il a le dos tourné mais de braquer tous les regards sur toi. Ce n'est pas bien difficile, non ? Tu l'as bien fait pour faire craquer ton homme, je me trompe ?

-Comment tu sais ça, toi ? bougonna Harry

-Nous ne sommes pas stupides, sourit Hermione. On avait bien vu que ton plan pour te débarrasser de Ginny était aussi ton plan pour séduire Draco.

-Allez, on ne te demande que quelques heures, c'est tout ! fit Théo

-Mais pourquoi ? demanda Harry

Aïe ! Le groupe se regarda. Ils avaient oublié de prévoir cette question.

-Parce que je veux savoir qui a engrossé cette garce, bien sûr ! dit subitement Daphné. Cette information pourrait nous servir un jour.

-Ce moyen de chantage, tu veux dire, ricana Harry.

-Tout de suite les grands mots, renifla Daphné. Reconnais que tu veux toi aussi le savoir.

-Je suis curieux, c'est vrai, avoua Harry. Très bien, je marche dans votre combine douteuse. Mais qu'un après-midi uniquement, hein ?

-C'est d'accord, déclara Luna. Merci de ton aide.

-Pas de quoi. Et j'espère que votre expédition se passera bien.

Harry pestait contre ses amis alors qu'il fouillait sa garde-robe. Et il pestait également contre lui-même d'avoir les mains liées.

Cela faisait déjà trois jours que Draco avait disparu et son état n'avait pas changé d'un iota. Après la discussion avec ses amis, il s'était rendu compte qu'il ne pouvait quasiment rien faire pour retrouver Draco. Il était très étroitement surveillé par le directeur donc une sortie hors du château était tout à fait exclue. Narcissa, Cassiopée, Remus et Lucius avaient cherché dans tous les lieux possibles le jeune homme mais il n'avait rien trouvé. Les renseignements qu'ils récoltaient ne leur apportaient aucune information exploitable et cela les angoissaient de plus en plus.

Pour se changer les idées, Harry avait donc accepté le plan de ses amis et devait donc détourner l'attention d'eux. Pour ce faire, il devait attirer irrémédiablement les regards sur lui. Mais il n'avait aucune idée de comment faire.

Pris d'une inspiration subite, il se dirigea vers les affaires de Draco. Il entra dans la pièce et inspira longuement l'odeur inhérente de son compagnon, submergé par la mélancolie. Délicatement, il prit l'une des chemises préférées du blond et enfouit son visage dedans pour en respirer l'odeur. Depuis que Draco avait disparu, il s'était refusé à craquer, à laisser couler ses larmes. Il voulait être fort pour que le blond puisse se reposer sur lui une fois revenu. Il resta prostré pendant un certain temps puis se redressa, prêt à affronter le monde.

Et puisque tout le monde le pensait chamboulé par l'absence de Draco, autant leur affirmer le contraire.

Mettre le bazar à l'école n'avait jamais eu un goût aussi savoureux …

Choc et bave.

C'était les deux seules choses que pouvait ressentir les élèves de Hogwarts au déjeuner. Et la cause se résumait en deux mots : Harry Potter.

Ce dernier était venu habillé d'une chemise verte harmonisée avec la couleur de ses yeux et d'un pantalon droit noir qui moulait outrageusement ses jambes. Mais le fait le plus marquant était que ce n'était pas ses vêtements. C'était ceux de Draco Malfoy, reconnaissable entre tous. Et il s'avérait que habillé ainsi, le brun était encore plus la perfection faite homme. Personne ne pouvait détacher ses yeux de lui. Blaise, Théo et Neville, restés pour aider Harry, ne purent s'empêcher de le trouver magnifique, malgré qu'ils soient tous les trois hétérosexuels.

Lorsqu'il vint s'asseoir auprès d'eux, Blaise ne put se retenir.

-Tu as de la chance que je sois déjà casé et pas gay, sourit le noir. Sinon, je t'aurais sauté dessus !

-Content de te l'entendre dire, fit Harry. Parce que tu fais peur. Tu commences aussi à baver, là.

-C'est ça, bougonna Blaise en s'essuyant discrètement la bouche. Fous-toi de moi, je ne te dirais rien.

-C'est pour cela que j'en profite.

Les quatre garçons discutèrent joyeusement ensemble, ne se préoccupant pas des regards qui glissaient sur eux. Cependant, ils faisaient en sorte de toujours garder dans leur champ de vision les Weasley.

Tout était en place.

Pour garantir le succès de leur opération, Daphné avait décidé d'accompagner Hermione et Luna dans la tour des Gryffindor. Bien évidemment, sans qu'elles ne le sachent, Harry avait fait en sorte que personne ne se doute de leur petite escapade. Prétextant des révisions entre filles, elles avaient pu s'esquiver pour le déjeuner et grimper jusqu'à la tour des Gryffindor. Hermione conduisit Daphné et Luna jusqu'au dortoir des filles de 6ème année et indiqua depuis la porte entrouverte le lit de la rousse. Un sort de d'intimité plus tard, les trois filles se concertèrent un peu plus loin dans le couloir.

-Que fait-on ? demanda Hermione

-Si effectivement la Weasley a truffé ses affaires de sorts, pronostiqua Daphné, à sa place j'aurais également espionné les personnes qui sont proches de la personne qui m'obsède.

Hermione sursauta.

-Tu n'irais pas jusqu'à me dire que … hésita Hermione

-Elle était prête à tout pour être lady Potter, haussa des épaules Luna. Disons que ça ne m'étonnerait même pas.

-Vous pensez qu'elle aurait pu mettre sur écoute Neville aussi ? réfléchit Hermione, car c'était de cela dont il s'agissait

-C'est probable, avoua Daphné. Elle a accès au dortoir par son frère, de toutes façons.

-Veux-tu quadriller tous les lieux ? demanda Luna

-C'est plus sûr, confirma Daphné. Par contre, vous regardez mais vous ne faites pas. Si, comme vous me dites, c'est une pratiquante de la magie blanche, si vous vous amusez à faire de la magie noire juste avant de replacer ses sorts, une vérification poussée pourrait révéler que ce n'est pas elle qui a posé ces sorts.

-C'est compris, fit Luna.

Les deux jeunes filles regardèrent leur camarade défaire avec brio le sort d'écoute posé illégalement dans le dortoir des 7ème année. Ensuite, elle s'acharna à défaire les différents sorts qui gardaient le dortoir des 6ème année. au bout d'une bonne demi-heure, elle acheva son travail, totalement en sueur.

-Je ne m'imaginais même pas qu'elle avait des connaissances aussi importantes, avoua Daphné. Ce sont des sorts de notre niveau.

-Tu veux dire qu'elle a notre niveau en magie ? fronça des sourcils Hermione

-Niveau, je n'irais pas jusque là, se rattrapa Daphné. Disons qu'elle a la capacité d'exécuter certains sorts de notre niveau. Quant à savoir si elle comprend ce qu'elle fait, c'est une autre histoire.

-Que faisons-nous maintenant ? demanda Luna

-Tous les sorts sont levés, déclara Daphné. Je pense que nous pouvons y aller.

Avec précaution, les trois jeunes filles pénétrèrent dans le dortoir des 6èmes année après avoir sécurisé les lieux. Elle était assez bien rangée mais on pouvait voir ça et là quelques objets traîner. Sans aucune hésitation, elles se dirigèrent toutes vers le lit de la rousse, décidant de faire partir leurs recherches de là. Avec une méticulosité digne des plus grands spécialistes, les filles retournèrent patiemment tout le dortoir. Elles y dénichèrent successivement un journal intime, une cache de potions douteuses, un album photos ainsi qu'un parchemin suspect. Elles firent un prélèvement de chaque potion qu'elles replacèrent soigneusement à sa place puis elles se tournèrent vers les documents retrouvés.

-On commence par quoi ? demanda Luna

-Le parchemin, décida Hermione. Je te le laisse, Daphné. Qui sait ce qu'il peut contenir …

La Slytherin commença par jeter un sort de reconnaissance. Le parchemin se révéla être un Parchemin de Lien, qui permettait à une personne de rester en contact avec une autre dans un rayon restreint via un parchemin identique. Quelques sorts plus tard, ce qu'elles soupçonnaient fut confirmé. La personne possédant le second parchemin avait protégé son identité par magie mais la quantité de magie sous-jacente ne pouvait désigner que peu de personnes, plus particulièrement trois dans l'école. Les deux premières étant hors de cause, ne restait plus que le troisième qui était nul autre que Dumbledore. Ainsi la rousse marchait avec le vieil homme qui sous ses airs de grand-père se révélait être de plus en plus un grand manipulateur. N'arrivant pas à connaître les conversations passées, elles replacèrent les protections et remirent le Parchemin à sa place avant de passer à autre chose.

Elles tentèrent leur chance avec l'album photos. Ce qu'elles y virent les horrifièrent au plus haut point.

Elles savaient que Ginny était obsédée par Harry mais devant l'album, elles surent que le mot était largement encore trop faible. L'ouvrage, très épais, contenait des centaines de photos du brun, toutes prises à son insu, dans des lieux divers et variés. Soucieuse, Hermione avait examiné toutes les photos et avait soufflé de soulagement en s'apercevant qu'il n'y en avait aucune prises dans les appartements de Draco car elle savait que si cela venait à se savoir, la rousse n'aurait plus aucune chance de survie, peu importe qui la protégeait. Les messages qui les accompagnaient, en plus d'être obsessionnels, témoignaient franchement d'une folie sous-jacente. Sa volonté de devenir lady Potter était écrite de toutes lettres et ne semblait avoir aucune limite.

-C'est stupéfiant, commenta Luna. Je ne pensais pas que ça allait si loin.

Mais toutes les trois furent plus que choquées en tombant sur les pages suivantes.

Elles étaient toutes sur Draco. Sur la façon de l'éliminer. Sur la façon de le détruire. De le réduire à néant.

S'en suivait un dossier étonnement détaillé sur le blond, avec des informations qui, elles en étaient sûres, ne pouvaient être connues que de personnes assez proches du Prince de Slytherin, mais pas nécessairement de la sphère familiale.

-Elle est trop bien renseignée, grogna Daphné.

-Que veux-tu dire ? fit Hermione

-Il y a des infos dont je me doutais mais dont je n'étais pas sûr que ce soit vrai ou non, expliqua Daphné. Et vu certains détails, je pencherais pour l'option que tout ce qui est dedans est véridique.

-Peut-on laisser cela dans les mains de cette folle ? demanda Luna

-Nous n'avons pas le choix, soupira Hermione. Si elle voit sa disparition, qui sait ce qu'elle fera.

-Je vais en faire une copie, décida Daphné.

Elle s'exécuta puis la Gryffindor et la Ravenclow replacèrent les sorts dessus avant de la ranger.

Le meilleur pour la fin. Le journal.

Ce fut Luna, voyant que ses amies n'osaient pas le faire, qui l'ouvrit. Une chose lui sauta immédiatement aux yeux.

-Ce journal ne commence qu'à partir de sa 2ème année, fit Luna.

-C'est normal, expliqua Hermione. Pendant sa 1ère année, son journal était hanté par l'âme d'un ancien élève qui a ouvert par son biais la Chambre des Secrets. Je le sais parce que c'est Ron et moi qui l'avons sauvé.

-C'est elle qui a ouvert la Chambre ? hoqueta Daphné. Pourquoi on ne l'a jamais su ?

-Ça aurait fait tache, ricana Hermione. En plus, on n'a jamais retrouvé la créature de la Chambre. Quoique, je ne suis pas sûr que Dumbledore ait réellement tenté de le chercher aussi.

Elles poursuivirent leur lecture. Elles passèrent rapidement les années suivantes puis tombèrent sur l'année en cours, celle qui les intéressaient plus particulièrement. Elles y découvrirent comment l'obsession de la rousse et la montée en puissance de la folie -car il n'y avait pas d'autres mots- de cette dernière pour le brun. Puis …

-Eh, lisez ça ! fit Luna. « Il est sur le point de se Lier avec cette raclure de Malfoy ! Hors de question de laisser passer ça ! Et je ne peux pas demander de l'aide à Dumbledore vu que ses plans ont échoués. Je …

J'ai eu des nausées. C'est trop régulier. J'ai fais un test. Je suis enceinte. La potion m'indique que ça fait bientôt un mois. Le père est sûrement Flint, c'est le seul qui corresponde à cette période. Ce gosse va finalement me servir à quelque chose. Dumbledore va être ravi … »

-Donc, elle a imaginé faire passer Harry pour le père de son enfant toute seule, en conclut Hermione.

-Et Dumbledore a compris le potentiel de cette idée, termina Daphné.

-Mais Flint ? N'est-il pas Death Eater ? s'interrogea Luna

-Si, confirma Daphné. Alors elle a des contacts avec des Death Eaters. Je crois même qu'elle leur sert de pute, à mon avis.

-Tu ne vas pas trop loin ? fit Luna

-Ginny ne s'est jamais cachée aimer le sexe, soupira Hermione. Et elle a toujours eu une préférence pour les hommes plus âgés qu'elle. Dès sa 4ème année, je savais qu'elle découchait régulièrement et des rumeurs courraient qu'on l'avait souvent retrouvé dans les lits de certains garçons des années supérieurs. Dont cela ne m'étonne même pas.

-Mais des Death Eaters ? dit Luna

-Je n'ai jamais dit qu'elle se contentait des Gryffindor, grimaça Hermione. J'ai entendu parler des Ravenclow ainsi que des Huflepuff. Mais pour les Slytherin …

-La Lionne en chaleur, souffla Daphné. Maintenant je comprends. On lui donnait ce surnom. J'imagine que c'est elle. Déjà qu'elle me dégouttait, là, c'est pire !

-Continuons, coupa Luna.

Elles feuilletèrent encore quelques pages et elles en arrivèrent à la période où Draco avait disparu.

« C'est bizarre ce que Dumbledore m'a demandé. Pourquoi devrais-je surveiller Malfoy, hein ? Je le hais ! Il m'a volé celui que j'aime ! Mais ça me dit toujours pas pourquoi je dois lui dire s'il a reçu une lettre par hibou particulier. C'est quand même louche. Mais je dois le faire sinon le vieux va tout faire pour qu'on découvre qui est réellement le père du mouflet … »

« La fouine a disparu, j'en suis sûre ! Il n'est pas venu au petit déjeuner ! Je suis sûre que Dumbledore a trouvé un moyen de l'écarter de l'école et de mon amour ! Je suis si heureuse ! Je vais enfin pouvoir séduire Harry ! »

« Dumbledore m'a donné une boîte à garder. Il m'a interdit de regarder dedans sinon je pourrais être emportée là où je ne voudrais jamais être. J'ai obéi. Mais il a ajouté à voix basse que cette teigne pourrait le garder en place. De quoi parlait-il ? En tout cas, la boîte est en sécurité … »

-Vous croyez que … hésita Daphné

-C'est trop gros, confirma Hermione. Je pense que Dumbledore a un lien avec la disparition de Draco. Le contenu de la boîte doit être un Portkey. Spécial vu qu'il a été caché.

-On le copie ? proposa Luna

-Et comment !

L'affaire fut vite faite puis, après un dernier coup d'œil, elles remirent les sorts en place. Mais alors qu'elles s'attaquaient au dernier sort, elles entendirent du bruit depuis la salle commune.

-Ils sont revenus ! comprit Luna. Dépêchons-nous !

En deux temps trois mouvements, elles terminèrent puis se dirigèrent vers le dortoir des 7ème année où elles s'emparèrent de leurs bouquins et commencèrent une discussion sur un sujet quelconque. Du coin de l'œil, Hermione vit Ginny passer la tête par la porte entrouverte puis repartir aussi silencieusement. Après cinq minutes d'attente, elles soupirèrent de soulagement puis rangèrent leurs affaires pour se diriger vers la salle du groupe. Les nouvelles allaient être surprenantes.

Le silence était de plomb.

Après avoir réussi plus ou moins à se débarrasser de Harry qui repensait avec nostalgie à son compagnon, ses amis s'étaient réunis dans leur salle où le compte rendu de l'expédition des filles fut fait. Mais le contenu de l'album et plus encore celui du journal les avaient choqué.

-On fait quoi ? demanda Théo

-Dumbledore doit être à l'origine de la disparition de Draco, résuma Blaise. Si Harry l'apprend, nous n'aurons plus de directeur, bien que ça ne me gène absolument pas. Mais on ne saura toujours pas où est caché notre blondinet.

-Et si on retrouvait ce fameux Portkey ? proposa Neville

-C'est une idée, avoua Hermione. Mais nous ne savons pas ce qui nous attendra de l'autre côté. Si nous tombons sur des personnes bien plus fortes que nous, nous ne pourrons pas aider Draco. Et on ne sait même pas si le Portkey fait l'aller et le retour. Je suis désolée de le dire mais nous ne sommes pas assez puissants pour faire face aux situations qui nous attendraient là-bas.

-D'accord, fit Luna. Mais que faisons-nous avec toutes ces informations ? Comment pouvons-nous aider Draco et Harry ?

-Notre meilleure source de renseignements reste la Weasley, déclara Daphné. C'est notre seul lien. Peut-être la suivre ?

-C'est une idée, avoua Théo. Mais comment faire sans qu'on ne le remarque ? Parce que même si elle n'est plus vraiment protégée par le directeur, j'imagine qu'il ne va pas laisser tomber un si bon pion.

-Donc on la suit ? fit Blaise

-Alors va falloir avoir une histoire en béton au cas où on se ferait prendre, fit Luna.

-Ou bien faire en sorte qu'on ne s'intéresse pas à ce que nous faisons, réfléchit Daphné.

-À quoi tu penses ? fit Blaise

-À détourner l'attention, comme aujourd'hui, répondit Daphné. Mais pas avec Harry. Même s'il serait ravi de nous filer un coup de main, on verra tout de suite qu'il y a quelque chose de louche.

-Tu penses à quoi ? fronça des sourcils Théo

-Il faudrait des tas de petits évènements, tellement qu'on ne saurait où donner de la tête, répondit Daphné. Mais je ne vois pas comment.

-Moi si, déclara Hermione avec un sourire proche du sadisme.

-Hermione chérie, tu fais peur, se recula Blaise.

-Quelle est ton idée ? demanda Luna

-Ouvrir une période digne des jumeaux Weasley, ricana Hermione. En mettant le château à feu et à sang, personne ne va se préoccuper de ce que nous faisons, non ?

-Tu es sûre d'être Gryffindor ? hésita Blaise

-Nos qualités sont peut-être le courage et la bravoure mais il y a une autre que nous avons en quantité monstre, sourit Hermione.

-Ah oui ? s'étonna Théo. Laquelle ?

-Le culot, mon cher, le culot …

Un goutte d'eau le sortit brusquement de sa torpeur.

Surpris, le jeune homme secoua la tête afin de reprendre ses esprits. Il jeta un coup d'œil autour de lui et soupira. Il n'avait toujours pas bougé.

Cela faisait déjà plusieurs jours que Draco était enfermé dans ce cachot. Alors qu'il fouillait ses poches à la recherche d'un objet quelconque le jour suivant la réception du billet du Ministère, le blond s'était senti aspiré par le morceau de papier. Sa tête avait violement tourné et il avait juste eu le temps de reconnaître une salle désaffectée de l'école avant d'être tabassé puis jeté sans ménagement sur un petit tableau qui l'avait transporté dans le lieu où il se trouvait actuellement. Depuis, il n'avait reçu aucune visite, ses repas, se résumant à un quignon de pain et une cruche d'eau, lui étant apporté par magie. Mais cela n'était pas le pire. Si sa famille, celle de Harry et Cassidy n'avaient pas fait en sorte qu'il connaisse presque par cœur sa magie, il n'aurait jamais rien senti. En effet, les murs de la cellule avaient des facultés particulières. Premièrement, ils empêchaient radicalement tout contact avec l'extérieur. Mais le deuxième fait était bien plus troublant. Les murs aspiraient lentement mais sûrement toute la magie contenue à l'intérieur. Ce qui n'était pas pour enrager Draco. Il ne savait pas quel effet cela avait sur le Lien avec Harry et dans quel état ce dernier pouvait bien être.

Le jeune homme se redressa et arpenta les quelques mètres qui le séparait du mur d'en face. Au moins une fois par heure, il s'obligeait à marcher pour ne pas perdre ses facultés motrices. Il ne se risquait pas avec la magie puisque le sort aspirant était toujours actif. Il avait bien tenté de sortir à la méthode moldue mais la lourde porte en fer n'était pas aisément manipulable et vu qu'il perdait chaque jour un peu plus de force, il ne pouvait la faire tourner sur ses gonds. Il n'avait pas pris le risque d'appeler qui que ce soit de peur qu'une mauvaise personne ne vienne et le fasse taire de force. Il tenait à son intégrité physique et morale. Il fallait que Harry vienne l'aider.

Harry …

Draco n'osait pas aventurer ses pensées vers le brun de peur de s'enfoncer dans une déprime sans fond. Certes, il étaient Liés mais tous les liens n'avaient pas été encore forgés, surtout le dernier, le lien charnel. Mais même sans ça, le Lien le tiraillait durement, assourdi comme il l'était.

Soudain, la cellule s'éclaira violemment car la porte avait été ouverte sans douceur. Aveuglé, Draco plissa des yeux pour voir un minimum.

Et ce qu'il découvrit le figea net.

Hermione n'eut strictement aucun mal à se procurer des farces et attrapes made in Weasley & Weasley. Depuis qu'elle était entrée à Hogwarts, elle s'était très vite liée d'amitié avec Fred et Georges, ce qui avait longtemps rendu jaloux Ron. À la fin de leur scolarité, elle avait gardé le contact et avait parlé d'eux à Harry qui avait été très intéressé par leurs produits, avec les témoignages des autres à l'appui. Ce fut donc sans problème qu'elle reçut le lendemain même de sa lettre un colis d'apparence moldue. Les jumeaux ayant coupé les ponts avec les deux plus jeunes de la famille et méprisant ouvertement Ginny depuis qu'ils l'avaient surpris sans qu'elle ne le sache en très charmante compagnie - comprendre un homme ayant le triple de son âge et reconnu comme Death Eater. Les jumeaux n'avaient pas demandé d'explications et s'étaient exécutés immédiatement. La brune l'ouvrit et en retira un paquet de friandises moldues qu'elle partagea avec ses amis. Elle réduit le reste et le mit dans sa poche, mettant en garde les autres de ne faire aucun commentaire dans la Grande Salle en les regardant fixement. Le groupe laissa Luna en surveillance et se rendit vers leur salle. Une fois sécurisée, les questions fusèrent.

-Je croyais que tu attendais un colis des jumeaux, s'étonna Blaise. C'est un colis de tes parents, non ? Vu qu'il y a des friandises moldues …

-Non, c'est bien le colis des jumeaux, sourit Hermione en redonnant à la boîte sa taille originelle. Ils savent que je n'ai pas envie que tout le monde sache que j'ai encore des contacts avec eux, surtout pour préserver mon image de première de la classe. Alors j'ai mis cette technique au point avec eux. Le dessus du colis est rempli de mes bonbons préférés et en dessous il y tout ce que je leur commande.

-Ingénieux, félicita Daphné. Maintenant, voyons voir ce qu'ils t'ont envoyé.

Tout en sortant les différents produits, ils mirent au point leur plan pour les utiliser au bon moment. Ils avaient prévu de prévenir Harry pour qu'il ne soit pas pris au dépourvu et un peu aussi pour lui changer les idées.

Le plan « Que le Bordel soit » était en place.

Du côté du Manoir Black, c'était le branle-bas de combat.

Sirius et Severus étaient toujours bloqués outre-Atlantique sur ordre de Dumbledore. Narcissa, Cassiopée, Lucius et Remus devaient donc se débrouiller tous seuls pour retrouver Draco. Aussitôt que Harry avait donné l'alerte, ils avaient inspecté tous les lieux où le jeune homme aurait pu se trouver de son plein gré. Quand il fut évident qu'il était retenu quelque part, ils cherchèrent dans tous les endroits auxquels ils pensèrent. Juste avant que le plan des amis du couple soit déclenché, ces derniers eurent l'heureuse idée de faire parvenir leurs résultats aux adultes qui les en remerciaient chaleureusement. Comprenant comme eux que Dumbledore avait de très sérieuses chances d'être derrière tout ça, ils avaient tous les quatre compulsé les notes plus que généreuses de Severus concernant le directeur, au cas où, comme ce jour-là, il ne pourrait les aider. De nouvelles possibilités s'offraient à eux mais toujours aucune trace du jeune blond.

Alors qu'elle prenait une tasse de thé pour calmer son angoisse, soudain Narcissa eut une idée. Rapidement, elle attrapa sa belle-sœur, lui soumit son idée et elles s'installèrent toutes les deux à un secrétaire pour rédiger une lettre.

Daphné, Hermione, Luna,

Tout d'abord, nous vous remercions d'abord d'avoir pensé à nous transmettre vos doutes et les informations concernant Ginny Weasley. Nous savions qu'elle n'était pas digne de confiance et vous nous en avez apporté la preuve.

Ensuite, nous venons d'avoir une idée pour la filature de Weasley. Comme tout sort lancé sur elle serait délicat à cause de sa condition de future mère - que Morgane ait pitié de ce pauvre enfant ! - ainsi que de son statut de protégée de Dumbledore, le plus aisé serait de placer à son insu sur elle un … - comment appelle-t-on cela dans le monde moldu ? - … ah oui, un mouchard. J'imagine que vous y avez déjà pensé mais que vous ne devez pas en connaître. Cependant, il nous faut vous prévenir que si Daphné en connaît - de magie noire, évidemment -, qu'elle s'abstienne. Même s'il est plus difficile pour un sorcier lambda de le trouver, Dumbledore, lui, est habitué à repérer toute forme de magie noire dans son rayon d'action. Donc il se doutera très vite de quelque chose s'il venait à proximité de son pion, qu'il voit régulièrement, nous vous rappelons.

Pour contrer ce désagrément, nous avons trouvé une solution. Dans la bibliothèque des Malfoy, nous avons de nombreux grimoires, qu'ils soient de magie noire ou de magie blanche. Dans l'un de ces derniers, il y a un rituel de magie blanche qui pourrait nous servir dans ce cas précis. C'est un ancien sort qui était habituellement utilisé pour garder un œil sur un enfant des plus récalcitrants ou, dans ses dernières années, les jeunes gens de bonnes famille aux mœurs quelques peu légères pouvant entraîner le déshonneur sur la famille. Nous vous joignons le rituel ainsi que la recette de la potion qu'il vous faudra utiliser. L'élément principal en reste un élément de la personne à faire suivre, chose que vous pouvez aisément trouver dans la salle de bain mais vous devez savoir que le sort fonctionnera beaucoup mieux si l'élément ajouté est du sang, voire un échantillon de magie.

Comme c'est un rituel considéré de magie blanche, vous ne serez guère ennuyées. Cependant, étant donné son ancienneté, nous vous demanderons de l'effectuer en-dehors des murs du château, voire dans la Forêt Interdite. Cette dernière vous procurera une sécurité quant au secret du rituel de par la magie inhérente de la Forêt et personne de sain d'esprit n'irait de nuit volontairement dedans.

En espérant la réussite de votre plan, portez-vous bien et surtout, soyez prudentes.

Narcissa et Cassiopée

Les deux blondes relurent soigneusement la lettre avant de joindre les éléments qu'il fallait puis elles firent une copie de l'ensemble qu'elles conservèrent soigneusement et cachetèrent la missive avant de l'envoyer en direction de Hogwarts. Une fois cela fait, elles se sourirent et allèrent rejoindre leurs compagnons respectifs.

Bonne idée, songea Daphné en regardant le rituel.

La jeune fille avait reçu la lettre à son levé par un moyen connu uniquement des Slytherin. Se cachant des autres, elle l'avait lu attentivement et avait adhéré à l'idée. Planquant la lettre, elle se prépara puis, la récupérant ensuite, elle alla réveiller Blaise et Théo pour qu'ils l'accompagnent dans la Grande Salle. À l'aide d'un ingénieux système mis au point par Hermione, ils prévinrent les Gryffindor et la Ravenclow qu'il fallait absolument se rencontrer dans les plus brefs délais. Très vite, étant samedi, ils se retrouvèrent dans leur salle, plaçant Blaise en surveillance, non sans avoir déclenché quelques blagues dans quelques lieux importants de passages. Immédiatement, Daphné leur fit lire la lettre des deux Malfoy.

-Est-ce possible ? demanda Neville après un silence

-C'est de notre niveau, confirma Daphné. Mais pour le réaliser, c'est une autre histoire.

-Dans le château ? fit Luna

-Il est sous le contrôle de Dumbledore, secoua la tête Neville. Aucune chance. D'où la demande de Ms et Mrs Malfoy de le faire dehors.

-D'accord, mais où ? demanda justement Théo. La Forêt est interdite ! Personne n'y va !

-Sauf ceux qui ont l'habitude, sourit Hermione.

-Toi ? s'étouffa Daphné

-Avec moi, sourit à son tour Neville. Elle m'accompagne souvent avec le professeur Chourave et Snape pour trouver les plantes pour les cours. Donc nous pouvons sans hésitation vous indiquer un endroit parfait pour faire ce fichu rituel.

-Ce n'est pas là où se sont Liés Harry et Draco, non ? s'inquiéta Luna

-Nous ne leur ferons pas cet affront, déclara Hermione. Ce lieu est le symbole de leur amour. Aucun rituel ne devrait le gâcher !

-Ceci réglé, reprit Daphné, nous devons nous occuper des détails. Pour la potion, je propose que Théo et Hermione s'en occupent. Ils sont les deux meilleurs en Potions, si on oublie Harry et Draco.

-Très bien, accepta Théo. Mais il nous manque certains ingrédients. Je ne suis pas sûr qu'on pourra avoir accès à la réserve du professeur Snape pendant son absence. Je ne suis même pas sûr que Harry y ait accès, il est du genre à avoir sa propre réserve.

-Certains peuvent se trouver dans la Forêt, renseigna Neville. J'irais en trouver sans difficulté.

-Et pour les autres ? demanda Luna

-On doit en trouver dans des laboratoires familiaux, suggéra Daphné. Je pense que Narcissa et Cassiopée pourront nous en fournir.

-Bonne idée, sourit Hermione. Daphné, tu devrais te charger de trouver les objets qu'il nous faut. Quant à l'ingrédient provenant de Ginny, je m'en charge.

Ils discutèrent encore un peu avant de se séparer. Mais alors qu'ils partaient dans différentes directions, Daphné retint Hermione et elles s'enfermèrent dans la salle.

-Tu as dit que tu t'occupais de Weasley, fit Daphné. Qu'est-ce que tu vas faire ?

-Je peux facilement avoir l'un de ses cheveux, fit Hermione. Mais tu te doutes comme moi que ça ne sera pas assez.

-On ne peut pas avoir de son sang facilement, j'imagine ?

-À moins de cambrioler l'infirmerie, non. Et lui demander bien gentiment serait bien trop louche.

-Mais tu as bien l'intention de prendre son sang.

-Oui.

-Mais comment ?

-Nous n'avons pas le choix. Il va falloir que je ruse. La forcer à se couper. De toutes les façons, quelques gouttes suffisent donc je n'aurais pas à la vider de son sang. Quoique, c'est vraiment tentant …

-Tu m'étonnes. Bon, je te laisse. Nous n'avons pas beaucoup de temps.

-Tu as raison.

Sur ces mots, elles se séparèrent.

Les petits messagers express travaillèrent donc toute la journée ainsi que les différentes farces et attrapes des jumeaux Weasley pour les couvrir dans leurs activités et à la tombée de la nuit, tout était fin prêt. D'un commun accord, tous se décidèrent à effectuer le plus vite le rituel. Pour ne rien rater, Hermione avait consciencieusment endormi Ginny pour qu'elle n'aille nulle part durant la nuit. Ils avaient bien évidemment mis Harry au courant de leur petite escapade pour qu'il les couvre et ils avaient aussitôt filé dans la Forêt. Bien entendu, aucun des garçons n'avaient posé de question concernant la provenance du sang de Ginny et seule Luna se demanda à quel moyen la sage Préfète avait eu recours pour obtenir ce si précieux ingrédient.

Au bout de plusieurs heures, ils revinrent, satisfaits de leur travail. Maintenant, enfin, ils pensaient qu'ils allaient avancer.

Me convoquer à cette heure ! bougonna Ginny. Faudrait lui signaler qu'on n'est pas à ses ordres, enfin si. En plus, je suis enceinte, il l'a oublié ou quoi ?

La rousse pestait depuis qu'elle avait reçut une missive de son directeur pour un entretien au beau milieu de la nuit. Elle ne savait pas que non loin d'elle Hermione, prévenue par le sort de pistage contenu dans plusieurs sphères de verre, la suivait sous un sort de désillusion fourni bien volontiers par Harry ce qui voulait dire qu'il était personnalisé et donc impossible pour ceux qui ne le connaissait pas de voir la personne soumise. La brune, voyant parfaitement que la rousse était dans ses pensées, s'approcha d'elle et glissa dans le col de sa robe une petite boule autocollante avant de reprendre sa filature. La boule était une invention conjointe des jumeaux et elle. Elle était basée sur le Rapeltout qu'ils avaient réduit à une taille minimal et qu'ils avaient ensorcellé pour qu'elle puisse également enregistrer le son. Ils avaient mis près d'un an à le mettre au point et était sur le point d'être commercialisé. Satisfaite que son savoir était utilisé à bon escient, la brune se cacha non loin de l'entrée du bureau du directeur. Une fois la rousse dans le bureau, elle attendit que cette dernière redescende mais la sphère de contrôle lui indiqua qu'elle avait quitté l'école. Elle nota distraitement ses coordonnées moldues - mesure de protection au cas où la sphère tomberait entre de mauvaises mains - puis se rendit dans son dortoir. Inutile de l'attendre dans un lieu froid et inconfortable alors qu'elle pouvait la suivre sans bouger de son lit.

Peu avant l'aube, Ginny retourna dans son dortoir. Hermione, réveillée sur le coup, profita du fait qu'elle s'était endormie immédiatement pour reprendre la boule espionne. Elle en aurait des choses à lui dire.

Le lendemain, à l'heure du déjeuner, Hermione réunit ses compagnons dans leur salle, laissant Ginny sous la surveillance de Neville qui discutait tranquillement avec Harry. Devant les précautions plus qu'importantes que prenait la jeune fille, ils surent qu'il y avait du changements.

-Ginny est sortie cette nuit, expliqua Hermione. Vu qu'elle se dirigeait vers le bureau du directeur, je lui ai collé une Boule Espionne dans ses vêtements. Je n'ai pas encore écouté ce qu'il y avait dessus.

-Alors allons-y ! fit Blaise

Bruit de pas qui grimpent les escaliers.

Porte qui s'ouvre.

-Miss Weasley, merci d'avoir répondu aussi vite, dit Dumbledore.

-Je n'avais pas le choix, grinça Ginny. Venez-en au fait. Vous vous rappelez que je suis enceinte, non ?

-Certes, oui. J'aimerais que vous m'accompagnez ce soir.

-Où ? Et pourquoi ?

-Je préfère ne rien vous dire pour l'instant. Mais je dois vous signaler que vous serez soumise au sortilège du Fidelitas une fois de retour. Êtes-vous d'accord ?

-Ai-je le choix d'abord ?

-Non, en effet. Suivez-moi.

Poudre de cheminette.

-Où sommes-nous ?

-Dans une résidence que mon frère dans un moment de folie a acquise. Il l'a totalement oublié.

-Pourquoi sommes-nous ici ?

-J'ai besoin de votre aide, Miss Weasley. Seul, je ne pourrais pas à la fois maîtriser mon … invité et faire ce que je veux faire.

-Votre invité ?

-Venez, vous allez comprendre.

Pas.

-Derrière cette porte se trouve une personne très récalcitrante. Je dois absolument lui donner cette potion. Mais je ne peux pas à la fois la contrôler et la lui donner.

-Mais qui vous pouvez donc garder dans cette endroit, hein ?

-Vous n'allez pas tarder à le savoir.

-Je dois juste lui donner la potion, c'est ça ? Par magie ?

-Il vaut mieux en effet pour vous que vous ne l'approchiez pas trop. Et puis, vous me l'avez dit vous-même, vous êtes enceinte.

-Très bien. On y va ?

-Tenez-vous prête.

Lourde porte qu'on ouvre.

-Mais qu'est-ce que … Qu'est-ce que vous me faites ? Arrêtez !

-Allez-y !

-Oui, professeur !

Silence.

Bruits de lutte.

Porte qui se referme.

Halètements.

-Professeur, que fait cette pute de Malfoy ici ?

-Il devenait bien trop encombrant. Il ne fallait absolument pas qu'il se Lie avec Harry Potter. J'ai d'autres projets pour lui.

-Pourquoi il est dans cet état ?

-Votre frère m'a aimablement aidé à le maîtriser en échange de mon aide pour qu'il récupère celle qu'il aime.

-Et que lui avez-vous fait boire ?

-Une potion qui empêcherait tout Lien.

-Magie noire, tout ça.

-C'était la seule solution. Comme je vous l'ai dit, cela contrarierait particulièrement mes plans si cette union avait lieu. Bien, ceci fait, je vais vous mettre sous Fidelitas.

-Une question, encore. Pour m'avoir fait venir ici ?

-Vous le saurez en temps voulu, très chère. Si vous me permettez, encore une dernière chose …

Murmures.

-Voilà. Maintenant, rentrons. Les cours commencent dans quelques heures à peine. Vous devriez aller vous reposer.

-Je crois bien.

Pas.

Poudre de cheminette.

Draps froissés.

Légers ronflements.

Porte qui s'ouvre doucement.

Arrêt de l'enregistrement.

Dire que le groupe était pâle était encore en dessous de la réalité. Ils ne pensaient pas que le directeur, considéré comme étant l'un des plus grands mages blancs ayant existé, se serait abaissé à des technique dignes de Voldemort pour pouvoir mettre la main sur l'un de ses élèves, le Survivant de surcroît.

-Que fait-on ? demanda Luna. Parce que là, ça va au-delà de nos capacités, vous savez.

-Pour l'instant, il est hors de question de dire quoi que ce soit à Harry, fit Hermione. Il serait capable de tuer Dumbledore sur le coup.

-Prévenir leur famille ? proposa Blaise

-Je pense que c'est mieux, confirma Théo. Eux pourront le dire à Harry sans risquer de se prendre un mur.

-Ça aurait été sympa si on avait également l'adresse, soupira Blaise. Mais il est vrai que tant que Weasley ne sait pas où elle est exactement, elle ne pourra pas le dire, surtout sous le Fidelitas.

-Certes … fit Hermione.

Mais elle se figea puis fouilla avec fébrilité ses poches.

-Hermione ? fit Daphné

-Je savais que je l'avais ! s'écria la brune en brandissant un morceau de papier

-Qu'est-ce que c'est ? demanda Blaise

-Ceci est l'adresse où se trouve Draco, très chers ! annonça fièrement Hermione

-Donne ! s'empressa Daphné en lui prenant le papier des mains. Eh ! Mais il n'y a que des chiffres et des lettres là-dessus !

-Exactement, ricana Hermione. Le lieu est protégée pour qu'on ne puisse pas le retrouver par magie mais Dumbledore a fait l'erreur que font la plupart des sorciers.

-Ah oui ? fronça des sourcils Daphné. Laquelle ?

-Il ne l'a pas protégée contre des moyens de recherche moldu, expliqua Hermione. Ce que tu vois écrit sont les coordonnées moldues de la maison où est retenu Draco.

Au manoir Black, au même moment, l'heure était aux retrouvailles.

En effet, Severus et Sirius étaient revenus une heure plus tôt de leur voyage et les habitants avaient tenu à ce qu'ils le leur racontent avant de leur annoncer la triste nouvelle.

Narcissa, concentrée sur le récit, fut brusquement interrompue par un signal indiquant l'arrivée d'un courrier urgent. Intriguée, elle s'excusa puis grimpa à la bibliothèque et découvrit qu'il provenait de Hogwarts et plus particulièrement de Daphné. Curieuse, elle lut la missive.

Narcissa, Cassiopée,

Le rituel nous a servi au-delà de nos espérances. Grâce à deux erreurs de Dumbledore, nous savons où se trouve Draco. La première était de ne pas avoir suffisamment protégé le lieu où se trouvait Draco, la seconde d'avoir fait confiance à une traînée, si vous me passez l'expression.

Ci-joint un enregistrement sur Boule Espionne de l'implication de Dumbledore ainsi que les coordonnées moldues de la maison.

Vous pouvez en faire usage mieux que nous.

S'il vous plaît, sauvez Draco.

Cordialement,

Daphné, Hermione, Luna, Blaise, Neville et Théo

PS : Nous n'avons pas osé faire part à Harry de nos résultats. On pense que ça passera mieux par vous.

La blonde était choquée, c'était au-delà des mots. Ce fut le raffut dans le salon qui la sortit de son état de choc. Des ailes lui poussant aux pieds, elle descendit rapidement et revint à un moment crucial.

- … que vous n'étiez pas là, Draco a disparu il y a maintenant une semaine, déclara Lucius.

-Et je sais maintenant où il se trouve, compléta Narcissa en brandissant la lettre tout en entrant.

La mission de sauvetage s'organisa à une vitesse défiant l'imagination. Après que tous aient pris connaissance de la missive, tous débattirent de la meilleure manière de sortir le jeune homme de là. Une fois cela décidé cependant, un problème se posa.

-Et que fait-on de Harry ? fit brusquement Remus. Il serait vraiment dangereux de le prévenir de nos intentions.

-Mais il s'agit de son mari ! s'écria Narcissa

-Comprends-nous, Cissa, fit Sirius, si nous le disons maintenant, Harry ira directement confronter Dumbledore et n'hésitera pas à le tuer s'il est assez en colère.

-Ça m'écorche de le dire mais Dumbledore ne doit pas mourir maintenant, confirma Lucius. Et je ne crois pas que Draco apprécie que quand il sort de son enfer, son époux soit enfermé à Azkaban pour le meurtre du plus grand sorcier de la Lumière, même s'il est le Survivant.

-Mais … protesta Narcissa.

-Ils sont raison, abonda Cassiopée. Vaut mieux lui faire la surprise même s'il nous en voudra un peu après.

-Très bien, capitula Narcissa.

Les choses allèrent ensuite très vite. Sirius, sous forme canine, avait été désigné pour faire des repérages à distance des protections de la maison. Lucius quant à lui devait l'accompagner pour définir les sorts qui entouraient la bâtisse. Ils étaient conscients qu'ils n'avaient pas beaucoup de temps et que le directeur pouvait revenir à tout moment pour faire ce qu'il voulait de Draco. Pendant ce temps, Severus et Cassiopée se chargeaient de fabriquer toutes les potions et contre-poisons dont pourrait avoir besoin le blond. Narcissa et Remus, enfin, compulsaient tous les grimoires de la bibliothèque du manoir Black pour parer à l'éventualité où Dumbledore aurait ensorcelé son prisonnier. Ils cherchaient également des informations complémentaires sur le Lien, voulant savoir si leur séparation pourrait avoir des conséquences néfastes sur le couple.

Enfin, ils furent prêts. Si on pouvait le dire avec le peu de temps de préparation qu'ils avaient eu.

Ils avaient décidé de laisser en arrière Cassiopée, à sa plus grande fureur, mais elle dut s'incliner lorsqu'on lui expliqua que même si les autres étaient pris, il fallait que quelqu'un de confiance puisse soigner Draco au cas où. Préparés de toutes les manières auxquelles ils avaient pu penser, le reste partit pour la maison. Elle était assez isolée non loin d'un petit village dans le pays de Galle. Les uns après les autres, chacun apparut à une centaine de mètres de la bâtisse. Enfin, la mission commença.

Lucius, Severus et Narcissa se chargèrent de créer une faille dans les protections pendant que Remus et Sirius faisaient le guet. Une fois cela fait, tous entrèrent, leurs magies camouflées. Ils remarquèrent immédiatement qu'elle n'était pas habitée, ce qui les arrangeait un peu. Il y avait les habituels sorts de protection mais ils étaient à une puissance beaucoup plus élevée. Ils ne s'embêtèrent pas à les briser et les contournèrent prudemment. Ils s'infiltrèrent partout et examinèrent avec soin chaque pièce qu'ils visitaient. Lorsqu'ils se retrouvèrent moins d'une heure plus tard, personne n'avait trouvé quoi que ce soit.

-Et le grenier ? fit Remus

-Il n'y avait aucun accès, secoua la tête Severus. En tout cas, j'en ai pas trouvé.

-Je suis sûre qu'il est là-haut, déclara Narcissa. Il faut le trouver !

Tous repartirent animé d'une ardeur nouvelle. Ce fut Remus qui trouva l'entrée, sentant un courant d'air là où il ne devait pas en avoir. Le sort de camouflage enlevé, ils grimpèrent au grenier et découvrirent une multitude de portes. Une à une, ils les ouvrirent toutes et finalement, la dernière leur résista. Pour ne pas tout faire échouer, les hommes durent faire tourner eux-même la porte sur ses gonds sans utiliser de magie.

Ce fut Narcissa qui découvrit l'horreur.

La première à entrer dans la cellule, la blonde eut beaucoup de mal à distinguer ce qu'il y avait à l'intérieur. Une fois accoutumée, elle remarqua une silhouette recroquevillée sur elle-même.

-Draco ?

La silhouette fut prise de soubresauts et Narcissa se précipita à ses côtés.

-Par Morgane ! Je vais le tuer !

Elle tenait son fils entre ses bras, ce dernier avait les yeux révulsés et tremblait littéralement de froid. Les lèvres bleues, la peau translucide, sans compter les hématomes qui le recouvraient, les veines noires ressortant de manière terrifiante, il était clair que si des soins n'étaient pas données de toutes urgences, le jeune homme allait y rester. Un à un, tous prirent conscience du spectacle.

-Sortons-le d'ici, ordonna Lucius. Nous ferons le reste plus tard.

Ils refermèrent la porte, remirent tout en état avant de vider les lieux tout aussi vite. Ils s'arrêtèrent dans un premier endroit convenu où ils examinèrent le jeune homme et se débarrassèrent des sorts espions et nocifs pour le blond. Ils voyagèrent alors un peu partout dans le pays avant de rentrer au manoir Black.

Aussitôt qu'ils eurent mis un pied dans le manoir, Cassiopée leur arracha son neveu des mains et s'ingénia à lui sauver la vie. Tous furent également mis à contribution et de nombreuses fois, ils crurent le perdre. Mais après trois jours non stop de soin, ils purent enfin souffler.

Draco était sauvé.

Harry tournait réellement en rond à l'école. Le Lien était de plus en plus perturbé et cela se reflétait dans son comportement. Il n'osait plus sortir plus que de raison pour se mêler aux autres élèves de peur que ses secrets ne transpirent. Comprenant son état, ses amis avaient fait en sorte que personne ne vienne l'embêter, y compris le directeur et les professeurs. De toutes façons, même s'il ne se présentait plus en cours, ses devoirs étaient toujours faits et parfaits de surcroît. Il n'y avait rien à lui reprocher.

Alors qu'il allait se coucher une nouvelle fois le ventre vide - il n'arrivait plus à manger quoi que ce soit - son portable sonna. Intrigué, puisqu'il ne devait être utilisé que dans des cas d'urgence, il s'en empara et consulta ses messages. Ce qu'il lut le surprit au plus haut point.

Severus et Sirius sont rentrés.

On les a prévenu pour Draco.

Tu peux venir si tu veux.

Bises

Remus

Harry leva un sourcil. Remus, utiliser une ligne d'urgence pour un message qui pouvait être transmis par un faucon ? Il en était sûr, il y avait anguille sous roche.

Il prépara rapidement son départ puis se dirigea directement vers le manoir. Mais à peine eut-il mis un pied à l'intérieur qu'il se sentit attiré à l'étage. Et pas par n'importe qui.

-Draco …

Sans tenir compte des personnes présentes pour l'accueillir, il grimpa quatre à quatre les marches pour aboutir à une chambre réaménagée. Ses barrières ébranlées n'arrangèrent pas les choses quand tout à coup son empathie se déclencha violemment.

Douleur. Souffrance. Désorientation. Manque. Amour. Détresse.

N'y tenant plus, le brun entra et ce qu'il découvrit le figea.

Malgré les trois jours de soins, Draco était toujours aussi pâle et ses veines toujours aussi apparentes. Il avait certes repris des couleurs et ses bleus s'étaient un peu estompés mais on voyait qu'il était passé par une phase très difficile. La chambre était très faiblement éclairée et vu comment le blond plissait des yeux face à la lumière du couloir, on devait se douter qu'il était resté très longtemps dans le noir.

-Draco ? Amour, c'est moi, Harry.

-Harry … Tu es enfin là …

Harry s'agenouilla devant le lit. Voyant qu'il avait du mal à parler, le brun tenta d'entrer en contact avec l'esprit du blond et de lui prendre délicatement la main mais le hurlement déchirant qui retentit le fit se jeter violemment en arrière, rameuta tout le monde et lui fit également comprendre que c'était une très mauvaise idée.

-Que s'est-il passé ? s'affola Cassiopée

-Je voulais l'empêcher de faire le moindre mouvement, déclara Harry d'une voix quelques peu hachée. Je ne voulais pas lui faire de mal …

-C'est l'une des choses dont on voulait te parler, calma Narcissa. Viens, descendons au salon.

-Hors de question de le laisser seul ! se rebiffa Harry. Je reste avec lui.

-Très bien, capitula Lucius. Laisse-nous quelques instants, veux-tu ?

Après que tous se soient installés confortablement avec une tasse de thé, Harry n'osant plus toucher Draco mais étant assis tout à côté de lui, les explications commencèrent.

-Pour résumer, tes amis ont réussi à trouver le lieu où était retenu Draco, expliqua Narcissa. Nous l'avons récupéré il y a trois jours et depuis, nous ne faisons que de le soigner. Pendant qu'il était enfermé, on lui a fait boire une potion qui lui était inconnu. Heureusement pour nous, Draco a eu un éclair de génie et a pu recracher une partie du liquide dans son mouchoir qu'il a précieusement dissimulé. Severus a fait des analyses et a découvert qu'il s'agissait d'une potion de magie noire. En gros, ses effets sont de ne permettre aucun Lien.

-Comment ça ? fit Harry d'une voix blanche

-Elle empêche tout Lien de se former, fit Remus. En d'autres termes, si Draco et toi n'êtes pas encore Liés, cette potion a pour but de faire en sorte que le Rituel ne marche pas.

-Mais nous sommes Liés ! s'exclama Harry

-Et c'est là que vient la difficulté à soigner Draco, fit Severus. Depuis le Lien, vous partagez régulièrement votre magie. Quand l'un est malade, l'autre le soigne avec sa magie. La potion a vraisemblablement coupé tout pont entre vous et empêche Draco de puiser en toi pour récupérer correctement de son emprisonnement.

-Comment on peut le soigner ? fit Harry

-Nous avons trouvé un contre poison, annonça Lucius. Seulement, il semble qu'il y ait quelques difficultés …

-Qu'est-ce qui vous empêche de le faire ? coupa Harry

-Sais-tu seulement où trouver l'ingrédient principal ? siffla Lucius, les nerfs à vif

-Du calme, vous deux, pria Remus. Il ne sert à rien de s'énerver.

-Bref, continua Severus. Il nous manque le sang de Merlin, à la rigueur celui de l'un de ses descendants.

-C'est tout ? s'étonna Harry

Tous le regardèrent avec des yeux ronds.

-Harry … expliqua Cassiopée. La lignée de Merlin s'est perdue il y a de très nombreux siècles, presque dès le début. Pour retrouver un seul descendant, cela prendra des années.

-Parce que vous croyez que …

Harry partit dans un grand fou rire qui figea toute l'assemblée.

-Harry ?

-C'est trop drôle, sourit Harry en essuyant ses larmes. Le sang de Merlin ! N'empêche, je comprends, ça peut porter à confusion …

-Si tu pouvais nous expliquer, demanda Sirius.

-Le sang de Merlin est en fait une pierre précieuse, expliqua Harry. Une sorte de rubis pour être exact. Il est appelé comme ça parce que Merlin l'a découvert alors qu'il s'était coupé dessus.

-Comment tu sais tout ça ? hoqueta Severus

-La directrice de Genesys est une descendante des Sorcières de Salem, répondit Harry. De nombreux écrits de Merlin ont été transportés là-bas pour les protéger de l'Inquisition moldue. Avec un échange de bons procédés, elle m'a permis de consulter ces écrits protégés dans l'école.

-Donc tu dis que c'est une pierre ? fit Narcissa, submergée par un espoir fou

-Oui, sourit Harry. Une pierre précieuse trempée dans du sang magique selon un rituel druidique. En une heure, elle sera prête. Je vais voir ce que je peux faire.

-Que vas-tu faire ? demanda Remus

-Me rendre d'abord à Gringotts, pour récupérer un rubis pur, déclara Harry. Ensuite, fouiller dans ma réserve pour faire le rituel. Préparez tout pour le contre poison. J'en ai pour au maximum deux heures.

Alors que tous s'en allaient, Harry fut retenu par Draco.

-Harry …

-Oui amour ? fit le brun en s'approchant

-Tu sais que je t'aime ? sourit pauvrement Draco

-Tout comme moi je t'aime, répondit Harry. Repose-toi, tu vas bientôt guérir, je t'en fais la promesse.

-Merci.

-Je ferais toujours tout pour toi.

Il tendit sa main pour lui caresser la joue mais se souvint juste à temps qu'ils ne pouvaient se toucher. Il baissa donc la main, un sourire triste aux lèvres. Il lui envoya à la place un baiser que le blond, avec un beau sourire, s'empressa d'attraper et de garder près de son cœur. Sur cette vision enchanteresse, Harry partit à son tour.

-Bois doucement, conseilla Severus. La potion sort du feu.

Lucius soutenait son fils tandis que Cassiopée lui faisait boire le contre poison. Tout autour, Sirius, Remus, Severus et Harry attendaient avec impatience les résultats. Mais à peine eut-il avalé la dernière goutte qu'il commença à convulser. Surpris, Lucius allongea Draco sous les ordres de sa sœur qui prit les choses en mains. Elle ordonna à tous les hommes présents de maintenir le jeune homme pour éviter qu'il ne se blesse. Après quelques minutes angoissantes, il cessa et tous purent souffler. Cassiopée l'examina.

-La potion a fait effet, déclara-t-elle. Il est totalement sauvé.

Une fois cela dit, elle pressa tout le monde du regard de quitter la chambre, consciente que les prochains instants ne leur appartiendraient pas.

La porte se referma doucement, laissant seuls Harry et Draco. Le blond était maintenant assis le dos appuyé contre le mur et le brun n'osait bouger. Tous les deux se regardaient droit dans les yeux, personne n'osant faire le premier geste.

N'y tenant plus, Draco tendit la main, en signe d'invitation.

-Harry …

Empli d'une crainte presque révérencieuse, Harry s'approcha du lit avant s'agenouiller devant. Doucement, il tendit à son tour ses doigts et toucha enfin ses vis-à-vis.

-Draco …

Le brun craqua alors. Délicatement, il prit son compagnon dans ses bras et le serra très fort. Ce dernier lui rendit son étreinte, tous les deux heureux. Dix jours qu'ils ne s'étaient pas touchés, qu'ils ne s'étaient pas vus, qu'ils ne s'étaient pas embrassés.

Chose à laquelle s'empressa de remédier Harry.

Le baiser fut brutal, à l'image des sentiments qui les animaient à ce moment-là. D'une étreinte sauvage, elle devint douce et amoureuse. Harry soupira avant de poser sa tête sur les jambes de Draco qui lui caressa tendrement les cheveux.

-Tu m'as manqué, dit Harry. Plus jamais je veux être séparé de toi.

-J'y compte bien, sourit Draco. Je ne me suis jamais senti aussi en manque que ces derniers jours.

-Comment … ?

-Une négligence de ma part. J'ai reçu une lettre du Ministère avec une convocation. Je ne savais pas qu'il s'agissait d'un Portkey. Il m'a emmené dans une salle de l'école où m'attendait une personne qui m'a tabassé avant de m'envoyer dans un autre Portkey. Je me suis retrouvé dans une cellule où je n'ai eu qu'une visite, celle de Dumbledore et de la Belette fille, qui m'ont fait boire la potion.

-Je vais les tuer ! ragea Harry dont la magie commençait à sortir

-Non, Harry ! Tu ne feras rien !

-Et pourquoi ? Ils ont essayé encore une fois de nous tuer !

-Ils ne doivent pas mourir de ta main ! Qu'est-ce que je ferais si tu es emprisonné à vie à Azkaban, hein ? Tu veux m'abandonner, c'est ça ?

-Jamais !

-Alors du calme. Ils paieront, sois-en sûr, mais pas tout de suite malheureusement.

Le brun mit quelques minutes à se reprendre.

-Tu vas mieux ? demanda Harry

-Maintenant que tu peux me toucher, beaucoup mieux, sourit Draco. Severus m'a expliqué que dès que nos magies pourront de nouveau voyager librement entre nous, mon état s'améliorera très vite. Plus il y aura de contacts, mieux ce sera.

-Je ne vais plus te lâcher alors.

-Je n'en espérais pas tant …

Rapidement, le brun ôta ses vêtements superflus et se glissa sous les draps de son compagnons. Ils s'enlacèrent très étroitement et ils s'endormirent avec un sourire bienheureux sur les lèvres.

Harry dut repartir au petit matin, ne pouvant pas se permettre de ne pas apparaître à l'école. Draco, lui, devait rester encore quelques jours de constants soins avant de pouvoir faire quoi que ce soit. Le brun promit de revenir chaque nuit avant de se faire alpaguer par le reste de la famille.

-Prongsie, fit Sirius, il va falloir que tu sois très prudent. Tu rayonnes de joie !

-Et alors ? se rebiffa Harry. Je te signale que je viens de retrouver mon compagnon !

-Ce que Sirius essaie de te dire tant bien que mal, coupa Remus avec un regard d'avertissement à ce dernier, c'est que personne ne doit savoir que tu l'as effectivement retrouvé.

-Il faut que tu fasses en sorte que tout le monde croie que tu es toujours inquiet pour mon fils, reprit Lucius. Tu dois maintenir les apparences.

-Je comprends, bougonna Harry. Mais Draco reviendra avec moi à l'école ? s'alarma le jeune homme

-Nous ne sommes pas assez fous pour séparer des âmes sœurs, sourit Narcissa. Il te rejoindra dès qu'il sera prêt avec une excuse en béton en prime pour qu'on oublie son absence. Soit confiant.

-Et pour en revenir à ce qu'on dit Lucius et Sirius, ils ont raison, fit Severus. Il faut que tu joues la comédie jusqu'au retour de Draco.

-Très bien, fit Harry. Ils n'y verront que du feu.

Il retrouva ses amis au petit déjeuner. Pour eux, il avait toujours l'air inquiet mais il semblait plus serein.

-Tu m'as l'air plus calme, osa Théo.

-Je devenais incontrôlable donc je me suis décidé à prendre des potions calmantes, expliqua Harry.

-C'est une bonne chose, fit Daphné. Personnellement, je ne voudrais jamais avoir à faire à toi si tu étais hors de contrôle.

-C'est sûr, confirmèrent les autres.

Et le repas reprit.

Neville se rendait vers les serres quand au détour d'un couloir, il reconnut une voix. Il prit quelques précautions avant de s'avancer prudemment. Il découvrit qu'il avait bien entendu Ginny Weasley mais il ne s'attendait pas à trouver le grand Albus Dumbledore en sa compagnie. Il se recula précipitamment et sortit de sa poche une Oreille à Rallonge des jumeaux Weasley. Il la déroula et écouta la conversation avec un rapide sort d'Amplificateur de Son.

- … notre connaissance commune ? demanda Ginny

-Normalement, bien, répondit Albus. Ce que nous lui avons donné a déjà dû faire effet. Dès que ma pièce aura fait son office, il va disparaître.

-Vous allez le tuer ?

-Comme si cela était aussi simple. Non, avec un sort d'Oubli, il va errer et quand on le retrouvera, il sera largement trop tard. J'aurais déjà gagné.

-Tout est prêt, donc ?

-Bientôt. Je vous conseille de vous préparer.

-Bien, professeur.

Entendant des pas venir dans sa direction, il rangea très vite son Oreille et se précipita dans une salle vide où il commença à s'entraîner sur le prochain sortilège à maîtriser dans le cours du professeur McGonagall. Quand il n'entendit plus aucun bruit, il courut jusqu'à son cours et tenta de se calmer une fois assis.

Ils avaient raison. Quelque chose était en marche.

Chaque nuit, comme promis, Harry revenait au manoir Black pour permettre une guérison bien plus rapide à Draco. Ce dernier reprenait très vite son apparence normale et son séjour devint un lointain souvenir. Il avait mis ses amis dans la confidence et ceux-ci se réjouissaient pour lui.

Ce jour-là, alors qu'il déjeunait avec ses amis, les portes de la Grande Salle s'ouvrirent violemment pour faire place au Ministre de la Magie lui-même, Cornélius Fudge. Albus Dumbledore se leva.

-Monsieur le Ministre, accueillit le directeur. Que nous vaut le plaisir de votre visite ?

-On a porté à mon attention qu'une vieille famille était sur le point de s'éteindre, fanfaronna Fudge. Comme c'est dans mes devoirs, je viens faire en sorte qu'elle ne s'en aille pas.

-De quelle famille s'agit-il ? demanda aimablement Dumbledore

-Des Prewett.

Harry se tendit. Il ne connaissait qu'une seule personne qui portait ce nom : Molly Weasley, née Prewett. Il le sentait mal.

-De ce fait, je vais permettre à la seule qui puisse prétendre à ce nom, la jeune Ginny Weasley, de le reprendre et pour perpétuer cette lignée, je vais l'unir à une autre lignée digne de son nom, déclara Fudge. Et le seul que j'ai pu trouver s'avère être Harry Potter.

-Je refuse ! siffla Harry en se levant. Elle a déjà essayé de me faire l'épouser en me faisant passer pour le père de son enfant et ce n'est pas une décision d'un ministre qui va me la faire épouser !

-J'invoque le droit de la Préservation des Lignées, souligna perfidement Fudge.

Harry pâlit. La Préservation des Lignées permettait au Ministère de passer outre tous les contrats de mariage en instance. Il n'avait aucun moyen d'y échapper … Lui-même étant d'une lignée sur le point de s'éteindre, il ne pouvait pas vraiment s'y opposer. Mais si les Prewett étaient une ancienne famille, les Potter restaient l'une des plus prestigieuses et il ne sera pas né celui ou celle qui voudrait imposer sa volonté à l'un d'entre eux.

-Et moi j'invoque les Anciennes Traditions et je réaffirme ma volonté de revendiquer Harry Potter comme époux !

Tous se retournèrent vers les doubles portes pour découvrir Draco Malfoy dans toute sa splendeur, un sourire machiavélique aux lèvres. Dumbledore et les Weasley pâlirent radicalement. Il s'avança pour attraper Harry et échanger avec lui un baiser sulfureux qui fit baver tout le monde.

-Draco … hésita Fudge.

-Pour vous, c'est Lord Malfoy, cracha Draco. Pourrais-je savoir pourquoi vous ennuyez mon fiancé avec la Préservation des Lignées alors que vos bureaux savent parfaitement que je vais me Lier à lui ?

-On vous a porté disparu, comme vous ne vous êtes pas présenté à la convocation, répondit Fudge, fier de sa répartie.

-Bien évidemment que je n'allais pas venir, vu que vous ignorez que pour convoquer un Lord au Ministère, il y a des moyens différents que pour le commune des mortels, persifla Draco. Dans une convocation officielle, on y explique les raisons exactes de la convocations, pas de raisons vaseuses comme j'ai pu le voir. De plus, si vous vous étiez assez bien renseigné, vous auriez su que je me suis retiré chez moi en urgence durant quelques jours pour y régler des affaires mais que je suis tombé malade.

-Je n'étais pas au courant, déclara durement Dumbledore. Vous n'avez même pas daigné m'avertir.

-Parce que je n'étais pas dans l'obligation de le faire, rétorqua Draco. Cela fait partie des prérogatives des Lords majeurs encore en formation dans ces murs, je dois vous le rappeler.

Dumbledore se tut, mouché.

-Il n'empêche, poursuivit Fudge, la Préservation des Lignées me donne le droit de marier Harry Potter à Ginny Weasley Prewett.

-Et je vous répète, j'invoque les Anciennes Traditions, fit Draco. J'ai Annoncé ma volonté de me Lier à Harry bien avant que cette traînée ne pense à cette loi.

-Draco ! se récria Fudge

-Lord Malfoy, je vous prie, grinça des dents Draco. Les Anciennes Traditions sont largement antérieurs à cette stupide loi. Les Anciennes Traditions veulent que si un même Courtisé est convoité par plusieurs Prétendants, chacun d'entre eux doivent Affirmer sa volonté de se marier avec le Courtisé. Le futur marié est imposé uniquement si la ou le Courtisé est trop jeune pour choisir en son âme et conscience et il s'agit toujours du meilleur parti qui est choisi. Sinon, c'est uniquement le Courtisé qui choisit son futur époux ou épouse.

-Vous ne pouvez vous mettre en travers du Ministère ! ragea Fudge

-J'aurais toujours bien plus de pouvoirs que tous vos laquais et vous réunis, Fudge, ricana Draco.

-Monsieur le Ministre ! s'exclama Fudge

-Uniquement quand vous aurez fait vos preuves à mes yeux, Fudge, rétorqua Draco. D'après vos propres lois, rien ne peut aller à l'encontre des Anciennes Traditions.

-Et même si vous aviez réussi à imposer votre volonté, déclara Harry en se plaçant aux côtés de son compagnon, vous n'auriez jamais réussi à me faire épouser cette putain !

-Harry ! s'insurgea Fudge

-Pour vous c'est Lord Potter Black, corrigea sadiquement Harry. Le Ministère pourrait éventuellement imposer un tel mariage, sauf si l'un des partis est déjà engagé dans un mariage mieux considéré. C'est le cas puisque je suis sur le point de m'Unir à l'héritier de l'une de plus vieilles et des plus riches familles de l'Europe. Qui dit mieux ? Sûrement pas un mariage avec une fille de seize ans qui ouvre encore plus facilement les cuisses qu'une prostituée et qui de surcroît attend un enfant dont le père n'est pas connu, du moins pas encore.

-Mais …

-Vous avez été mal conseillé, comme toujours, persifla Draco. Je pense que vous n'avez pus rien à faire ici.

Mouché, congédié comme un vulgaire laquais, Fudge dut s'avouer vaincu. Il rappela ses suivants et tourna des talons avant de quitter l'école. Le directeur se tourna vers le couple.

-J'aimerai beaucoup qu'à l'avenir vous me préveniez quand vous quittez l'école, fit Dumbledore.

-Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, je n'ai pas à vous prévenir de mes allées et venues quand elles concernent mes affaires, répondit Draco.

Comprenant qu'il ne gagnerait pas la partie, Dumbledore tourna à son tour les talons et quitta la salle. Le couple, heureux de se retrouver se prit la main et alla enfin s'asseoir. Les voyant dans leur bulle, leurs amis les laissèrent tranquille.

-Tu as fait une entrée spectaculaire, félicita Harry.

-Ce n'était pas tout à fait prévu, avoua Draco. J'ai vu le Ministre arriver et je me suis discrètement faufilé à leur suite. J'ai entendu tout ce qu'ils avaient dit.

-Sérieusement, aurait-il pu faire ce qu'il a dit ?

-Oui, même si tu avais la parade. Comme on dit, les absents ont souvent tord. Ils ont profité du fait que je n'étais pas là pour t'imposer ce mariage.

-Pourquoi elle ?

-Elle est malléable jusqu'à un certain point. Je pense que tant qu'on lui dit que c'est pour préserver son train de vie fastueux, on peut faire tout ce qu'on veut d'elle.

-Elle a dû donner de sa personne pour convaincre le Ministre lui-même de venir pour donner plus de poids. Quoique, ça n'a pas dû la gêner tant que ça …

-Mauvaise langue. Mais je pencherais plutôt pour la présence du plus grand sorcier de la Lumière.

-Dumbledore ? Comment ?

-Une pute, même la meilleure, n'arriverait pas à manipuler seule Fudge. Il faut quelqu'un de puissant derrière.

-Certes. Mais nous avons de nouveau contré ses plans. Qui sait ce qu'il pourrait faire.

-Je commence à en avoir marre qu'on veuille te caser à tout bout de champ avec cette garce, à croire que c'est le seul parti existant sur cette terre. Je crois qu'il est temps qu'on organise notre mariage en grande pompe.

-Et qu'on confonde une bonne fois pour toutes ce vieux manipulateur.

-Aussi. Il est temps.

Le soir venu, le couple prétexta une grande fatigue pour pouvoir se réfugier dans leurs appartements avant de filer au manoir Black. Une fois installés, ils relatèrent la tentative du Ministère d'unir une nouvelle fois Ginny à Harry. Tous abondèrent dans leur sens quand ils annoncèrent qu'ils allaient se marier publiquement.

-Nous pensons aussi qu'il est temps que Dumbledore sorte de scène, fit Harry.

-Il nous a que trop gêné, confirma Lucius. Son obsession de vouloir Harry à tout prix commence sérieusement à m'agacer.

-Ok, fit Sirius. Mais il va falloir dans le même temps le discréditer. Parce que j'imagine que si on fait le boulot à sa place, il va encore dire que c'est grâce à lui.

-Et comment ? souleva Cassiopée

-Nous allons le piéger au cours de ce mariage, proposa Severus. Comme ce sera public, il ne pourra pas se défiler.

Tous adhérèrent à l'idée.

La fin de Albus Dumbledore était proche.