Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à J.. Moi, je ne fais que joujou avec, surtout que sa fin est, comment dire, décevante de mon point de vue.

Note de l'auteur : Bonjour à toutes et à tous ! Comme promis, voici le dernier chapitre de la fic.

Il y a aussi un épilogue qui viendra terminer cette aventure de plus de deux ans.

Merci à toutes les personnes qui m'ont laissé une review, même si je n'ai pas eu le temps d'y répondre. Bonne lecture !

Gros bisous à tous ! Crystal of Shadow

Chapitre 26 : La Fin d'une Ère

Le grand Albus Dumbledore regardait pensivement à travers la fenêtre de son bureau.

Il ne savait plus quoi faire. Il avait tout tenté, jusqu'à éliminer sa famille entière, pour avoir Harry Potter sous sa coupe. Mais la dernière tentative pour le soumettre, faire disparaître Draco Malfoy, son petit ami, avait totalement échoué, il ne savait comment. En parallèle, ses projets annexes, tels que la conquête de Genesys, l'école que dirigeait l'une des dernières descendantes des Sorcières de Salem, stagnait complètement.

Il FALLAIT qu'il ait le jeune Potter à sa botte ! Il restait l'une des personnes ayant le plus fort potentiel de magie qu'il n'ait jamais connu. Mais il lui restait un dernier espoir. S'il arrivait à faire annuler le prochain évènement, il aurait une chance de mener ses projets à bien et devenir le plus grand sorcier au monde.

Il laissa tomber sur la table la feuille qui l'avait mené à d'aussi intenses réflexions.

Vous êtes invité à assister au mariage de Harry James Potter et de Draco Lucius Malfoyqui aura lieu au solstice d'été à Stonehenge.

Narcissa, Cassiopée, Lucius, Remus, Sirius et Severus mettaient tout en œuvre pour que ce mariage soit le plus parfait possible. Même si les concernés étaient techniquement mariés devant la Magie elle-même, il fallait époustoufler toutes les personnes qui allaient venir. Ce mariage promettait d'être l'un des évènements majeurs des années à venir et il ne fallait pas qu'il soit gâché. La famille du couple avait également prévu de faire de cette union le prélude de la véritable lutte contre Voldemort. Ayant vu que sans leurs informations, l'Ordre du Phénix faisait encore moins de choses pour aider la population, ils avaient décidé de se montrer au grand jour et de faire ce que les autres ne voulaient faire. Les Shadows, comme les appelaient Harry, Draco et leur petite bande à l'école, savaient que le mariage dans toute sa splendeur serait une provocation sans nom pour le mage noir et qu'il n'hésiterait pas à agir pour maintenir son climat de terreur. Toutefois, ils savaient qu'il n'attaquerait pas directement le haut lieu de magie qu'était le cercle de pierre de Stonehenge mais un lieu où ils seraient un peu moins protégés. Et leur préparatif de mariage comprenait également le lieu de la grande bataille qui ne manquerait pas d'avoir.

-Mais maman ! grogna Draco

-Tiens-toi tranquille, asséna Narcissa. Je vais finir par te faire mal !

Sur le canapé, Hermione, Daphné et Luna pouffaient, s'attirant un regard noir de la part du blond.

Depuis que les Shadows avaient envoyé les invitations au mariage, Draco et Harry devaient courir de droite à gauche pour que tout soit parfait. Pour cacher leur implication, le couple avait enrôlé à leur côté leur bande d'amis. Par exemple, pour les essayages des tenues, Draco avait tenu à emmener Hermione, Daphné et Luna pour camoufler la présence de Narcissa et de Cassiopée. Ayant déclaré devant toute l'école que chaque tenue de mariage avait été faite main, les trois filles s'étaient proposées et le blond avait accepté. Le quatuor avait quitté l'école pour trouver les tissus, échappant à Dumbledore en lui présentant une autorisation exceptionnelle de sortie pour les trois filles. De toutes façons, le vieil homme ne pouvait refuser car l'évènement faisait la une des journaux. La recherche des tissus parfaits avaient été faits à Londres, Paris et New York que ce soit du côté sorcier comme moldu et maintenant, les deux blondes prenaient les mesures du jeune homme.

-Quelle couleur veux-tu porter parmi tout ce que tu as choisi ? questionna Cassiopée

-Sans aucune hésitation, les couleurs des Malfoy, trancha Draco.

-Je ne crois pas que le noir et le vert soient des couleurs astucieuses pour un mariage, fronça des sourcils Narcissa.

-Mais …

-Prends plutôt du blanc, proposa Narcissa.

-Je ne suis pas une fille ! s'insurgea Draco

-On le sait et je ne pense pas que Harry aurait voulu de toi si c'était le cas, ricana Cassiopée. Écoute ta mère deux secondes, elle a raison. Le blanc t'irait beaucoup mieux. Avec des ajouts argentés, je pense que ça ferait l'affaire.

-Ça donnerait quoi ? demanda Draco, boudeur

Sans un mot, les deux femmes se concertèrent et établir une illusion de ce qu'elles avaient en tête.

Et là, toutes les mâchoires se décrochèrent.

Le vêtement était de toute beauté. Même sans le porter, Draco concéda qu'il serait une merveille sur lui. Et …

-Vous pensez que si on le faisait en noir et … pourquoi pas émeraude, ça rendrait aussi bien ? fit Draco

Les deux femmes s'exécutèrent et tous restèrent bouche bée.

La tenue était tout aussi époustouflante que la première.

-Je les veux. Toutes les deux, décida Draco.

-Mais avec plaisir, sourit Narcissa.

Cassiopée et elle se mirent toutes les deux au travail. Tout en faisant, elles discutèrent avec les quatre autres qui choisissaient des décorations de table.

Deux heures plus tard, les élèves retournaient à l'école. Le blond se précipita vers son brun qu'il embrassa sans sommation.

-C'était pour quoi ce baiser ? demanda Harry encore un peu étourdi

-Je suis heureux qu'on puisse enfin se Lier, sourit Draco.

-Moi aussi, répondit tendrement Harry en le prenant dans ses bras.

La démonstration d'amour attendrit toute l'école sauf bien évidemment Dumbledore et les Weasley. Après le repas, le couple se rendit dans ses appartements, leurs amis les ayant laissé. Une fois protégés et installés, ils se mirent à parler.

-Tout est prêt ? demanda Harry

-On vient de terminer les tenues, raconta Draco. Stonehenge est prêt et nous avons l'accord du ministère pour y célébrer notre mariage.

-Et pour la suite ?

-Le bal aura lieu à Hogwarts, pour des raisons de sécurité, vu que ce sont deux élèves qui se marient. Les gouverneurs ont accepté ce matin.

-Et Dumbledore ?

-Il ne sait pas encore. Un gouverneur arrive en ce moment même dans son bureau pour lui annoncer. Il ne peut refuser.

-Tu es sûr ?

-Certain. Tout a été étudié avec le plus grand soin. Voldemort va apprendre la nouvelle au plus tard dans deux jours. Les Shadows connaissent l'école comme leur poche.

-Et pour Dumbledore ?

-Il doit agir. Il connaît les conséquences du Lien. Il sait qu'une fois Liés, plus rien ne pourra nous arrêter et personne ne pourra plus nous influencer. C'est la place de mentor qu'il veut occuper auprès de toi. Le maître de la marionnette reste toujours dans l'ombre, n'est-ce pas ?

-C'est sûr. Mais comment lui faire avouer qu'il ne nous veut pas du bien ?

-Tu tiens vraiment à vouloir parler de ça maintenant ?

-Tu as une autre idée en tête, toi.

-Nous pouvons nous occuper autrement …

La main du blond s'était faufilée sous la chemise du brun et commençait doucement à se permettre quelques libertés. Le brun sourit tendrement et s'empara du blond avant de l'emporter dans un baiser époustouflant.

La nuit leur appartenait …

Du côté du square Grimaud, les Shadows étudiaient les derniers détails. Mais un problème se posait. Ils n'avait toujours pas trouvé de solution efficace pour mettre hors d'état de nuire Albus Dumbledore.

-Le Véritaserum serait très risqué, confirma Severus. Je ne sais pas jusqu'où vont les capacités du directeur mais une chose est sûr, il découvrira très vite la supercherie. Sans compter qu'il peut détourner ce qu'il aura dit sous l'influence de la potion à son avantage.

-Mais alors, comment on va faire ? demanda Sirius. Il faut que Dumbledore ne soit plus là pour que nous puissions combattre Voldemort correctement.

-Certes, fit Lucius. Mais même les sortilèges anciens ne nous sont d'aucune aide. La puissance de ce vieux fou nous empêche de faire quoi que ce soit.

-Nous devrions en parler avec les garçons, proposa Remus. Mine de rien, ils ont de très bonnes idées.

-Parfait, sourit Narcissa. Severus, tu vas leur parler, de préférence à l'abri des oreilles indiscrètes.

-Tu me prends pour qui ? soupira Severus en roulant des yeux. J'irais les mettre au courant à mon retour.

-Parfait, sourit Cassiopée. Mis à part ça, tout est prêt ? Le bal ?

-Les elfes de maison sont d'accord pour nous aider à décorer la Grande Salle, annonça Remus. En environ deux heures, ça peut être fait. Donc il est prévu que pendant la cérémonie ils s'en occuperont.

-Selon notre programme, réfléchit Lucius en consultant un parchemin, avant la fin de la cérémonie Dumbledore devra être arrêté et emprisonné. Et nous devrions rester assez peu de temps à Hogwarts avant que Voldemort ne se décide à nous attaquer.

-Tu as réussi à trouver comment l'amener à attaquer là où nous voulons ? demanda Sirius

-Avec Lucius, expliqua Severus, nous avons pu approcher l'un des informateurs de Voldemort pour lui dire que des protections supplémentaires vont être ajoutées à l'école aussitôt que tous les invités seront présents. Dans le même temps, les protections seront abaissées pour laisser passer justement les invités. C'est le moment parfait pour lui.

-Comment être sûr ? demanda Cassiopée

-Nous visiterons quelques amis, ricana Lucius.

-Ceci réglé, passons à nos tenues, sourit Narcissa. Il est hors de question que je n'assiste pas au mariage de mon propre fils, juste parce que je suis soi-disant morte !

-Euh, comment te dire ? sourit Sirius. Tu as déjà assisté à son mariage, je te signale !

-C'est vrai, balaya Narcissa. Mais je veux surtout assister à la chute de Dumbledore ! Il en a bien trop fait pour nous pourrir la vie !

-D'accord, capitula Remus. Montre nous ce que tu as trouvé.

Et la conversation continua.

Harry et Draco, plus amoureux que jamais, se dirigeaient vers les cachots pour répondre à une convocation du maître de Potions. Depuis l'enlèvement du blond, le brun ne se détachait plus de lui à plus de trois mètres. Tous avait remarqué le rapprochement et personne n'avait pipé mot car ils se doutaient bien qu'une seule parole de travers pouvait leur coûter très cher.

Ce jour-là, Severus les avait demandé dans son bureau, à son retour du Manoir Black. Étant donné que les deux jeunes hommes limitaient drastiquement leurs contacts avec les Shadows, les seules nouvelles qu'ils pouvaient avoir devaient passer par Severus.

Le couple entra dans le bureau qui fut scellé de la plus puissante des manières.

-Alors Severus ? commença Draco en s'installant

-Tout est pratiquement prêt, annonça Severus. On a réussi à faire suggérer à Voldemort de nous attaquer quand vous gagnerez l'école. À ce propos, qu'en a dit Dumbledore ?

-Il fallait que tu sois là, pouffa Harry. C'était tout simplement hilarant !

Flash-back

La veille, après que Draco soit revenu de sa séance de shopping avec Hermione, Daphné et Luna, le couple reçut un message par le biais de Fawkes. Intrigué, Harry lut la lettre et découvrit que son compagnon et lui étaient convoqués dans le bureau du Directeur.

Haussant des épaules, le couple bannit le parchemin avant de se rendre dans le bureau. Le fait de bannir le message était une précaution supplémentaire qu'ils avaient prise suite à l'enlèvement de Draco.

Après s'être installés sur l'invitation de Dumbledore, ce dernier parla.

-Je viens de recevoir un membre du Conseil d'Administration de l'école, annonça Dumbledore.

-En quoi sommes-nous concernés ? répliqua Draco d'un ton arrogant

-Il m'a fait part de votre intention d'organiser votre réception de mariage ici même à Hogwarts, fit Dumbledore.

-Et ? demanda Harry

-Pourquoi n'ai-je pas été prévenu d'abord ? fulmina le directeur

-Parce que ce n'est pas vous qui prenez la décision si oui ou non nous pouvions organiser notre réception ici ! cingla vertement Draco. C'est seulement et uniquement le Conseil d'Administration qui peut le faire.

-Et puis, ajouta Harry, nous voulions faire les choses selon les règles. Ne nous en voulez pas pour ça !

-Mais … balbutia Dumbledore

-Avez-vous autre chose à nous dire, professeur ? ricana presque Draco. Non ? Alors nous allons prendre congé.

-Bonne journée à vous, monsieur le directeur ! termina Harry en quittant les lieux avec son compagnon

Ils laissèrent ainsi rager le vieil homme, honteux et furieux de s'être fait avoir.

Fin Flash-back

Severus rit en s'imaginant la déconfiture du vieil homme. Mais un point devait être réglé à son propos.

-Si je vous ai fait venir aujourd'hui, déclara Severus, c'est parce que nous avons un petit souci.

-De quel genre ? demanda Harry

-La façon dont nous allons confondre Dumbledore, avoua Severus. La meilleure idée que nous ayons reste le Véritaserum. Mais s'il a adopté une résistance à ce breuvage, tous nos plans tombent à l'eau. Idem pour toute sorte de sortilèges ou de charmes, Stonehenge nous en empêcherait ainsi que sa propre puissance.

-Magie blanche comme magie noire ? interrogea Draco

-Oui, répondit sombrement Severus. Malheureusement, nous devons trouver une solution. Car c'est la seule condition à tout ce que nous allons faire au solstice d'été.

-Les livres de Hogwarts ? proposa Draco

-D'aucun secours, répondit Severus. Tout au long de toutes ces années, je les ai épluché de long en large et en travers. Il n'y a rien. De même que dans la bibliothèque de Londres.

-Qu'est-ce qui gène exactement ? fit Draco

-Stonehenge est un croisement de plusieurs lignes de flux magiques, au même titre que Hogwarts mais à un niveau plus élevé, expliqua Severus. Le moindre sort lancé peut dramatiquement les modifier. C'est pour cela que le lieu a toujours été considéré comme un endroit parfait pour les mariages et totalement proscrits pour les grands rituels de magie blanche ou noire car ils pourraient avoir une incidence sur tout le pays.

-Uniquement la magie blanche ou noire ? demanda brusquement Harry

-Ce sont les deux seuls types de magie qui ont été testé là, répondit Severus. Tu as une idée en tête, n'est-ce pas ?

-Un souvenir, corrigea Harry. Je crois avoir la solution mais il faut que je m'en rappelle précisément. Je te préviendrais dès que j'en saurais plus. D'accord ?

-Je n'ai pas le choix, soupira Severus.

Il avisa l'heure.

-Il est temps que je vous laisse partir, déclara le professeur. Sinon, on va se douter de quelques chose.

Après les salutations de rigueur, tous se séparèrent pour gagner le lit qui lui était destiné.

Harry se réveilla brutalement. Il mit quelques secondes pour vraiment émerger du sommeil puis regarda tout autour de lui. Il se trouvait dans la chambre des appartements de Draco et dormait jusqu'à il y avait quelques minutes dans les bras de ce dernier, chose qu'ils faisaient depuis leur mariage dans la Forêt.

Ayant du mal à reprendre son souffle, il s'assit sur le lit et regarda son compagnon qui était profondément et sereinement plongé dans les bras de Morphée. Il avait fait un cauchemar qui s'était imprimé dans son esprit. Rien que de voir l'une des tueries de Voldemort lui donnait la nausée. Ce qui le préoccupa. Son Occlumencie était tel qu'il n'avait plus de vision depuis belle lurette.

Ne voulant pas réveiller son compagnon, il se dégagea délicatement de lui et se rendit dans la pièce commune. D'un geste vague, il ranima le feu et se mit à faire les cents pas. Sa cicatrice était douloureuse mais pas au point d'en hurler à se rouler par terre. Il avait senti Voldemort content de lui et comprit que c'était ça qui avait permis à la vision de passer ses barrières. Et la raison devait se trouver dans ce qu'il avait vu.

Il fit donc venir à lui une Pensine et extrait de son esprit le rêve pour l'y mettre. Une fois cela fait, il plongea.

Il - ou plutôt Voldemort - s'avançait vers une maison à l'écart des habitations. Sûrement celle d'un sorcier car c'était la coutume de cette communauté de s'isoler de peur de se faire remarquer par les Moldus. Le mage noir, entouré de plusieurs de ses suivants, ne fit pas de chichis et explosa purement et simplement la porte pour entrer.

-Mais … Qui êtes-vous ?

Un mort.

-Trouvez-moi la Sang de Bourbe ! ordonna Voldemort. Tout de suite !

Toutes les personnes encapuchonnées se dispersèrent dans la demeure. Elles ne mirent que quelques minutes pour ramener un bébé qui hurlait de toute la force de ses poumons, une fillette de six ans environ et une femme qui tenait dans ses bras le nourrisson effrayé.

-Que … Que voulez-vous ? balbutia vraisemblablement la mère

-Savez-vous qui je suis ? demanda Voldemort

-Le Seigneur des Ténèbres … souffla-t-elle.

-Exact, sourit - presque - Voldemort. Et savez-vous pourquoi je suis là, Sang de Bourbe ?

-Non, bégaya la femme.

-J'ai besoin de vous, malgré le fait que vous soyez Sang de Bourbe. D'ailleurs, je ne me demande si ce n'est pas pour ça que vous avez été choisie …

Le visage de la jeune femme refléta pendant quelques instants la plus profonde stupeur avant qu'un éclair de compréhension ne lui dévoile la raison de la visite du plus grand mage maléfique de l'époque.

-Le bal du mariage de Stonehenge à Hogwarts …

-En tant Langue de Plomb, vous faites partie de ceux qui vont installer les protections. Je veux savoir lesquelles.

-Comment … ?

-J'ai mes sources. Répondez avant que mes suivants ne commencent à s'occuper de vos enfants. Malheureusement, ils ne peuvent plus le faire avec votre mari, il me barrait le passage.

Comprenant le sous-entendu, les yeux de la femme se remplirent de larmes.

-Je veux savoir ! tonna Voldemort. Tout de suite !

La fillette, terrifiée, se colla contre sa mère en larmes tandis que le bébé criait encore plus fort. Conscient qu'elle était perdue dans sa douleur, Voldemort entreprit de la sortir de cet état.

Le hurlement de la femme soumis au Doloris retentit dans toute la maison. Il dura plusieurs minutes avant que Voldemort ne cesse.

-Alors ?

-La … la Barrière Runique du Cœur … Mais ne touchez pas à mes enfants ! réussit-elle à dire non sans difficultés

-Tuez-les.

La sentence tomba comme un couperet. Toutes les baguettes se dirigèrent vers le trio et le même sortilège vert en sortit. Mais en touchant leur cible, un nuage de poussière se leva et lorsqu'il retomba, il n'y avait pas de corps.

-Où sont-ils passés ? rugit Voldemort

-Nous avons mis toutes les barrières possibles, s'empressa de répondre un des Death Eaters. Nous ne comprenons pas …

-Très bien, bougonna Voldemort. Dès demain, vous allez les retrouver pour terminer le travail. Est-ce bien clair pour tout le monde ?

-Oui, monseigneur.

-Nous partons.

Tous vidèrent les lieux, non sans avoir mis feu à la maison et avoir lancé dans le ciel la Marque des Ténèbres.

Harry sortit du souvenir, le cœur au bord des lèvres. Il respira très profondément plusieurs fois avant de s'autoriser à réfléchir rationnellement à ce qu'il venait de voir.

-Harry ?

Le brun se retourna pour voir Draco dans l'encadrement de la porte. Ce dernier s'approcha et se blottit contre le brun assis sur le canapé face à la cheminée.

-Je m'inquiétais, souffla Draco. La place à côté de moi était froide quand je me suis réveillé …

-Il fallait que je réfléchisse, répondit Harry après l'avoir embrassé tendrement sur le haut de la tête. Je ne voulais pas te priver de sommeil.

-Je ne dors pas aussi bien quand tu n'es pas auprès de moi.

-Ah bon ?

-Comme si tu ne le savais pas. Bon, dis-moi ce qui se passe.

-J'ai fait un rêve …

-Quel genre de rêve ? Si c'est du genre coquin, je ne t'aurais pas empêché de sauter sur moi, tu sais.

-Si seulement. Désolé de briser tes espoirs mais j'ai vu Voldemort.

-Hein ?

Draco se redressa, se séparant brutalement de l'étreinte des bras de Harry où il était précédemment.

-Que veux-tu dire ?

-Ce que j'ai dit, Dray.

-Mais je croyais qu'avec l'Occlumencie, ce n'était plus possible ?

-Je croyais aussi. Mais je pense que c'est le fait que Voldemort était particulièrement content de lui qui a fait sauté mes barrières et qui m'a permis de voir ce qu'il a fait.

-Et donc ?

-Le souvenir est dans la Pensine. Tu peux le voir.

-Sans façons. Je préfère le résumé.

-Je crois que le plan de Severus a fonctionné. Il est allé se renseigner au sujet des protections chez une Langue de Plomb.

-Elle est …

-Non. Ses enfants et elle ont disparu avant de recevoir le sortilège de mort.

-Comment ? La Magie ?

-Possible. Je pencherais plutôt sur de la magie accidentelle. L'un des enfants devait avoir que six ans.

-C'est possible, en effet.

-Mais il va falloir les chercher. Voldemort veut leur mort.

-Je vais demander aux Shadows de le faire avant d'aller en cours.

-Pendant ce temps, je vais aller faire un tour dans la bibliothèque.

-Pourquoi ?

-Elle a parlé de la Barrière Runique du Cœur. Il faut que je sache ce que c'est.

-Pourquoi ne pas demander directement à Hermione ? Elle a dû lire tous les livres de cette bibliothèque !

-Qui te dit que c'est de la bibliothèque de Hogwarts dont je parle ?

-Mais alors … Où ?

-Laisse-moi organiser ça.

-Mais …

-Chut, mon tout beau. Ne me gâche pas ma surprise.

-Harry …

-Non, je ne te dirais rien. Et si nous allions nous coucher ?

-Ne détourne pas la conversation !

-Je ne la détourne pas. Je passe simplement à un autre sujet …

Draco dut se déclarer vaincu lorsqu'il poussa un gémissement sous l'action des mains de Harry sur sa peau.

-Je vous demande pardon ? s'exclama Dumbledore

-Nous devons quitter l'école, articula presque exagérément Harry. Ce week-end.

-Mais pourquoi ?

-Nos raisons ne vous concernent en rien, que je sache, jeta sèchement Draco. Je crois vous avoir rappelé que dès qu'il s'agit de raisons d'ordre personnel, les Lords de cette école n'ont aucun compte à vous rendre.

Le directeur fut mouché. Le couple - 1, Dumbledore - 0.

-Avec Voldemort qui court, je ne peux vous laisser errer sans que je ne sache où vous allez … se justifia le vieil homme.

-Certes, concéda Harry. Mais si vous ne criez pas sur tous les toits que nous avons quitté l'école, comment Voldemort pourrait le savoir ?

Le couple - 2, Dumbledore - 0.

-Très bien, vous pouvez y aller, capitula Dumbledore. Mais vous devez être de retour dimanche soir pour le dîner !

-Bien sûr, professeur.

Jeu, set et match.

-Au revoir, professeur.

Le couple sortit du bureau, laissant un directeur mâcher sa défaite.

Une fois dans leurs appartements, Draco sauta littéralement sur Harry.

-Tu vas enfin me dire à quoi rime toute cette mascarade ?

Flash-back

-Debout, amour, c'est l'heure de te lever ! murmura doucement Harry à l'oreille de Draco

Après le cauchemar de Harry, le couple avait renoncé à regagner son lit et avait terminé la nuit devant la cheminée. Alors que Draco, après leurs petits jeux, s'était paisiblement rendormi, Harry n'avait pu que somnoler une heure avant l'aube. Il en avait profité pour réfléchir à son plan et pour le mettre au point.

-Je veux pas, grogna Draco dans son cou. Tu m'as obligé à me lever cette nuit !

-Je t'ai laissé dormir dans le lit. C'est toi qui m'a rejoint.

-Veux pas quand même !

-Dray, sois gentil, mon amour. Il faut que nous allions voir Dumbledore avant le petit déjeuner.

-Raison de plus.

Silence. Puis …

-Pourquoi on doit aller voir Dumbledore ?

-Tu le sauras si tu te lèves, sourit le brun. Allez, debout ! En plus, on a cours.

-Pas juste, bouda Draco en levant et passant dans la salle de bain, non sans avoir embrassé longuement son compagnon.

Une demi-heure plus tard, le couple était fin prêt. Avant de passer la porte pour rejoindre le bureau du directeur, Harry lui donna une seule consigne.

-Quoi que je dise, fais comme si tu savais et que tu es d'accord avec moi.

-Pourquoi ?

-Tu le sauras après, je te promets.

Fin Flash-back

-Allons préparer nos bagages, sourit Harry en poussant Draco à avancer. J'aimerai que nous partions avant le dîner.

-Pourquoi si tôt ?

-Secret.

Draco bouda.

-Mais qu'est-ce que vous faites ici ? s'étonna Sirius en voyant le couple sur le pas de la porte avec armes et bagages

-Bonsoir Sirius, nous aussi nous sommes contents de te voir, ricana Harry. Tu peux nous laisser entrer, maintenant ?

L'homme s'exécuta et les deux jeunes hommes entrèrent dans la demeure. Ils déposèrent tout ce qu'ils avaient dans le salon et alors que le blond allait saluer les membres de sa famille, le brun s'assit devant un secrétaire pour rédiger à toutes vitesse une missive.

-Que fait-il ? demanda Remus qui était dans la cuisine quand les deux jeunes étaient arrivés

-J'en sais pas plus que vous, grommela Draco. Ce matin, il m'a dit de le suivre et de dire oui à toutes ses propositions et il a réussi à imposer au directeur que nous puissions partir tout un week-end sans sa surveillance. Et maintenant ça !

-Tu m'as l'air bien remonté contre ton mari, ricana Lucius.

-Mais il ne veut rien me dire ! renifla Draco. Je suis en droit de ne pas apprécier, non ?

-Laissez-le terminer, tempéra Cassiopée. Il nous le dira en temps voulu.

Une dizaine de minutes plus tard, plusieurs lettres partirent via un procédé inconnu de tous, mis à part bien évidemment de celui qui l'avait utilisé, c'est-à-dire Harry.

-Maintenant, tu peux nous dire ce que tu fabriques ? pressa Sirius

-Je vous demande encore quelques minutes, sourit Harry.

-Pas plus ! prévint Draco, tout aussi impatient

Un quart d'heure plus tard, les réponses arrivèrent. Harry les lut toutes très attentivement avant de prendre la parole.

-La directrice de Genesys vient très gentiment de m'inviter ainsi que mon compagnon chez elle, dévoila Harry. Vous voyez, j'étais l'un de ses élèves préférés. Elle voudrait également me faire part des résultats concernant la potion de changement de sexe.

-C'est la raison officielle, je suppose, devina Lucius.

-C'est l'officielle avec des détails et des noms, confirma Harry.

-Et la véritable raison ? demanda Narcissa

-Je vais consulter la Bibliothèque de Salem.

Tous se figèrent sous le choc.

-Mais … balbutia Severus. C'est un mythe ! Ce lieu rengorgerait d'écrits datant de Merlin et même avant !

-Oh, mais elle existe, sourit Harry. Seuls de rares élus peuvent y aller. Et je suis l'un d'entre eux, grâce à la directrice de Genesys qui est l'une des descendantes des Sorcières de Salem.

-Pourquoi ? demanda Remus

-Je veux savoir exactement ce qu'est la Barrière Runique du Cœur, expliqua Harry.

-Qui est ? fit Sirius

-La protection principale de l'école lors de mon mariage, répondit Harry. Voldemort a réussi à obtenir cette information. Il fau absolument que je le contre.

-C'est pour cela que Draco nous a demandé de mettre à l'abri cette femme et ses deux enfants ? comprit Lucius

-C'est elle qui a donné l'information, confirma Harry. Je l'ai vu la nuit dernière et pas de question là-dessus ! prévint le jeune homme en les voyant tous ouvrir la bouche.

-Très bien, lâcha Narcissa. Vous allez aller là-bas. Mais après ?

-On avisera, déclara Harry.

-Et comment tu comptes y aller ? demanda Severus. Il y a des heures de vols et Dumbledore le saura à la minute même où vous poserez un pied au Ministère pour prendre un Portkey international d'urgence.

-Personne ne saura où nous irons, ricana Harry. Parce que nous passons par le Manoir Potter.

-Quand y es-tu allé ? gronda Sirius. Dumbledore a fait surveillé Godric's Hollow !

-Qui a dit que le manoir se trouvait là ? sourit Harry

-Mais … bégaya Cassiopée.

-Le véritable manoir Potter se trouve à quelques kilomètres du village Godric's Village, expliqua Harry. Mon père a décidé de construire le cottage où mes parents ont été tués après la mort de mon grand-père. La demeure familiale est resté inoccupée pendant tout ce temps. Et elle dispose d'une Cheminée Internationale qui n'est pas reliée au Ministère. Pratique, non ?

-Et comment tu sais ça ? demanda suspicieusement Draco

-Héritage, répondit simplement Harry.

Draco pesta. Évidemment, les héritages financiers étaient sous la garde des Gobelins donc hors de portée du Ministère. Il aurait dû y penser lui-même.

-Qu'est-ce que vous attendez ? demanda Cassiopée

-Que vous ayez fini de nous questionner, ricana Harry. Je monte chercher des trucs et ensuite on y va. Vous nous accompagnez bien sûr.

-Ah bon ? sursauta Lucius. Et pourquoi ?

-Franchement, je vois mal Sirius rester bien tranquillement ici alors qu'il peut fouiner partout dans le manoir ancestral des Potter, leva les yeux au ciel Harry. Et au bout d'un moment, vous aussi vous auriez été curieux de savoir ce que regorge le manoir.

-J'avoue, sourit Remus. Allez, vas-y.

Le brun fila à l'étage et en redescendit quelques minutes plus tard. Pendant ce temps, les Shadows s'étaient préparés pour la sortie. D'un tour de main, Harry rétrécit ses bagages et ceux de Draco avant de les glisser dans sa poche.

-Comment comptes-tu aller au village ? demanda Severus

-En métro, bus et à pied, répondit Harry avec un grand sourire. Quoi de mieux que le monde moldu pour aller comme on veut là où on veut ?

Tous concédèrent le fait et ils sortirent du manoir Black.

Le manoir ancestral des Potter n'était pas si loin de cela de Londres. Ils y arrivèrent quelques heures plus tard. Alors que le dernier bus les déposait dans le centre du village, tous se tendirent.

-Où sont les protections de Dumbledore ? demanda à mi-voix Lucius

-Il n'y a pas de protection, avoua sombrement Harry. Ce vieux fou a simplement fait en sorte qu'aucun sorcier n'approche du cimetière sorcier ainsi que de Godric's Hollow qui est en ruine.

-Des pièges ? suffoqua Sirius

-Des tas, répondit Harry. J'ai failli y laisser quelques plumes. Bon, c'est par là.

Tous lui emboîtèrent le pas. Ils marchèrent une bonne demi-heure avant d'arriver devant un bois. Le brun n'hésita pas une seul instant avant d'entrer dans le sous-bois sombre. Draco suivit immédiatement puis le reste des adultes. Ils marchèrent quelques minutes avant de déboucher sur une petite clairière. Remus renifla subitement l'air.

-Beaucoup de magie dans l'air, déclara le loup-garou.

Harry se tourna brusquement vers son second parrain.

-Je sais que la question n'a rien à faire ici mais tu sais qui t'a mordu ? demanda Harry

-Greyback, pourquoi ? répondit Remus

-Qui d'autre ? leva les yeux au ciel Harry. Je comprends maintenant beaucoup de choses. Je te dirais quoi plus tard. Si vous permettez …

Le brun s'entailla la main et laissa tomber quelques gouttes sur le sol. Immédiatement, un grondement se fit entendre. Et tout le monde sursauta en voyant apparaître une immense bâtisse.

-C'est …

-Le manoir ancestral des Potter, oui.

Le brun les entraîna à l'intérieur. Une fois dans le hall, il déclara.

-Je vous laisse visiter, nous sommes attendus. Bye !

Il prit la main de Draco et le mena jusqu'à une autre salle qui s'avérait être une Salle de Transport. Devant une cheminée, il embrassa longuement son compagnon avant de le pousser dans l'âtre.

-Bureau de la directrice, École de magie Genesys, USA !

-C'est magnifique ! s'écria Draco

Le couple se promenait dans l'immense parc de Genesys. Une fois arrivés dans le bureau de la directrice, ils avaient été menés dans leurs appartements provisoires puis avaient fait une courte visite de l'école. Étant arrivés avant le couvre-feu, ils avaient pu rencontrer les amis de Harry et Draco avait enfin fait la connaissance de Requiem. Le lendemain matin, après un petit déjeuner au lit, le brun avait décidé de lui montrer les splendeurs de l'école et tous les deux profitaient d'une promenade en amoureux.

-Comment as-tu réussi à quitter cet endroit merveilleux ? soupira Draco. Si j'avais toute ma scolarité ici, j'aurais fait des pieds et des mains pour rester !

-C'est ce que je me suis dit aussi, avoua Harry. Mais il était hors de question d'abandonner Sirius et Remus. Ils m'avaient élevés et je trouvais que les remercier ainsi n'était pas une bonne idée. Et puis, je ne regrette pas mon choix de les avoir suivis. Je me suis fait de nouveaux amis et plus que tout, je t'ai rencontré toi, l'amour de ma vie.

Draco fut touché par cette déclaration et pour remercier le brun, il lui offrit un baiser d'une tendresse infini.

-Merci, sourit Draco. Je pense que la vie aurait été très fade à Hogwarts si tu n'étais pas venu. Tu as quand même réussi l'exploit de réunir les quatre Maisons !

-Je ne suis pas peu fier de cet exploit, se rengorgea le brun. Mais je n'y serais pas arrivé si vous ne m'aviez pas fait confiance dès le début.

-Certes, concéda Draco. Mais nous n'allons pas revenir dessus. Qu'y a-t-il d'autre à découvrir ?

Mais Harry ne répondit pas. Draco allait se vexer lorsqu'il vit ce que son mari observait avec autant d'intérêt.

Des hommes allaient et venaient à l'extrémité du parc. De loin, ils semblaient être des hommes d'âge mûr. Donc leur place à l'école était tout à fait déplacée.

-Des hommes du Ministère, déclara laconique une voix derrière eux.

Le couple se retourna pour découvrir Alex, un membre de Requiem.

-Ça dure depuis combien de temps ? demanda Harry

-Un mois, répondit Alex. Ils veulent soi-disant tester l'efficacité des protections de l'école.

-Et donc ?

-Elles ont perdues vingt pourcents de leur puissance. Comme c'est dame Camille qui a la main sur les protections, nous sommes quasiment certains que ce sont eux qui ponctionnent.

-Comment ?

-Des artefacts interdits, quoi d'autre ? D'après Lucia, qui est spécialisée dans la magie noire, elle ne connaît que des sorts de ce type de magie qui peut voler autant de magie.

-Et du côté de la magie blanche ?

-Nora a vérifié. Rien.

-Et dans la Bibliothèque ?

-J'allais y venir. Nous ne pouvons pas y accéder.

-Et pourquoi donc ?

-Nous avons des mouchards sur nous. Dame Camille s'en est aperçue quand nous sommes entrés dans la Rose des Vents.

-La Rose des Vents ? interrompit Draco

-L'antichambre de la Bibliothèque, une salle d'attente si tu préfères, expliqua rapidement Harry. La Rose a détecté quelque chose ? Alors c'est un sort assez complexe.

-Des sorts connus pour demander une grosse contrepartie, tu t'en doutes, soupira Alex. Ils font partie des sorts qu'on ne peut pas transférer à moins de trouver le contre sort. Seule dame Camille n'a pas été touchée parce que les Descendants des Sorcières de Salem sont extrêmement bien protégées. Et elle cherche de toutes ses forces.

-Personne ne sait ce qu'elle est ?

-Tu veux dire une Descendante ? C'est un secret très bien gardé. Nous sommes soumis à un sort de Merlin, heureusement.

-Tu sais qu'il a une faille ?

-Ah bon ? Lequel ?

-Si je te dis que j'ai pu le dire à Sirius et Remus mais aussi à la famille de Draco, tu dis quoi ?

-Je m'en doutais. Tu m'as toujours dit que tu cachais très peu de choses à ton parrain et ton oncle. Loin de moi l'idée de ne pas avoir confiance en toi mais ça m'a donné l'idée de regarder les limites du sort.

-Et qu'est-ce que tu as découvert ?

-Que tu ne pouvais le dire à d'autres personnes que sous deux conditions. Que tu aies une totale confiance en eux et qu'ils soient liés à toi par le sort sur un autre secret.

-Ici, ils le sont doublement. Je vois. Au fait, ils ne sont pas au courant de notre présence ? Je n'ai pas envie que le vieux fou qui nous sert de directeur ne débarque ici.

-Encore faudrait-il qu'ils vous voient.

-Sort de Merlin ?

-Morgane, c'est plus efficace. Je vous laisse. Il serait temps que tu y ailles.

-Merci.

-Pas de quoi.

Le jeune homme disparut de leur vue. Le couple admira encore un peu le paysage avant de se décider à y aller. Ils s'offrirent le luxe d'un langoureux baiser avant de rejoindre le cœur du château.

La Rose des Vents, antichambre de la Bibliothèque de Salem, était une salle ronde aux dimensions gigantesques qui avait la particularité la plus visible d'avoir gravée sur le sol et dans la coupole qui servait de plafond une immense rose des vents, bien entendu correctement orientée. Elle servait également de détecteur de sorts et de gardien de la Bibliothèque. Construite en même temps que la Bibliothèque par les premiers disciples de Merlin et de Morgane qui avaient quitté le Vieux Continent, il s'agissait d'une véritable merveille.

Merveille qu'ils ne pouvaient se permettre d'admirer pour l'instant.

-Mais pourquoi ? geignit Draco, au beau milieu de la Rose

-Amour, nous n'avons qu'un week-end pour écumer toute la Bibliothèque, soupira Harry. Je dois trouver ce qu'est ce sort qui va nous protéger. Tu ne veux pas m'aider ?

-C'est juste que … hésita Draco. Regarde où nous sommes ! C'est paradisiaque ! Et aussi, tu te rends compte que c'est la première fois que nous voyageons tous les deux depuis que nous sommes mariés ?

Harry comprit enfin ce qui tourmentait son mari. Leur week-end aux États-Unis avait tout l'air du voyage de noces qu'ils ne pouvaient s'offrir à cause des temps sombres qui recouvraient leur pays. Il l'enlaça tendrement avant de lui répondre.

-Quand tout sera enfin fini, quand nos parents ne se feront plus passer pour morts, quand Dumbledore sera totalement rayé de la carte, quand Voldemort ne sera plus de ce monde, alors à ce moment-là, je t'offrirais le plus grandiose et le plus merveilleux des voyages en amoureux que tu puisses imaginer. Nous ferons même le tour du monde si cela te fais plaisir. Une fois que tout est terminé, je m'occuperais exclusivement de toi. Tu es d'accord ?

-C'est un programme très alléchant, rigola Draco. Très bien, nous allons attendre. Que puis-je faire pour toi ?

-Nous allons trouver ce fichu sort, déclara Harry. Heureusement, la Bibliothèque est avec nous. C'est la suite qui sera plus difficile.

-En quoi ?

-Il va falloir trouver les failles du sort pour que nous puissions trouver ce que Voldemort a l'intention de faire. Prêt ?

-Pas le choix. En avant !

Le couple se mit au travail. Ils avaient de longues heures devant eux.

-Harry ?

Le brun mit quelques instants à émerger de son sommeil. Une femme intemporelle était penchée au-dessus de lui. Il voulut se redresser correctement mais un poids sur son bras l'en empêchait. Une chevelure blonde lunaire lui indiqua que c'était Draco.

Le couple, après leur discussion, s'était lancé à corps perdu dans la recherche de la Barrière Runique du Cœur. Ils avaient rassemblé des centaines d'informations et petit à petit, ils avaient commencé à monter une parade à l'attaque plus que probable de Voldemort durant leur mariage officiel. La nuit les avait surpris et ils s'étaient endormis sur leurs nombreuses notes. La femme, qui s'avérait être dame Camille, les avait surpris sur l'une des tables de la Bibliothèque.

-Dame Camille ?

-Oui, Harry, c'est moi. Tu es dans la Bibliothèque.

-C'est vrai ? Oh, pardonnez-moi, Draco et moi n'avons pas vu le temps passer …

-Du calme, mon enfant. Ce n'est pas grave. Cela fait longtemps que la Bibliothèque n'a pas eu de visiteurs, depuis que le Ministère a placé les enfants sous ces sorts …

-Quelle heure est-il ?

-Pas loin de neuf heures. Tu devrais réveiller ton compagnon …

-Oui, dame Camille.

Alors que la directrice s'éloignait pour laisser un peu d'intimité au couple, Harry se pencha au-dessus de Draco et l'embrassa doucement. Sous la tendresse dégagée, le blond se réveilla et répondit avec ardeur à son mari.

-Bonjour, amour, susurra Harry. Bien dormi ?

-Cela ne m'a pas gêné de ne pas dormir dans un lit confortable, répondit Draco. Quelle heure est-il ?

-Bientôt neuf heures. Nous devrions aller nous rafraîchir un peu avant de manger.

-Bonne journée à vous, mes enfants, fit une voix derrière aux.

Le couple se retourna et vit dame Camille.

-Bonjour, dame Camille, salua Draco. Avez-vous passé une bonne nuit ?

-Assez bien, sourit dame Camille. Voulez-vous prendre le petit déjeuner avec moi ?

-Avec plaisir, fit Draco. Nous voudrions simplement aller nous changer avant.

-Mais faites donc. Nous disons dans une demi-heure dans mon bureau ?

-Ce sera parfait, dit Harry.

Le délai écoulé, tous les trois se retrouvèrent devant un gargantuesque repas.

-Avez-vous avancé dans vos recherches ? interrogea dame Camille

-Beaucoup, révéla Draco. Je pense que nous pourrons efficacement contrer Voldemort.

-Certes. Mais que faites-vous de Dumbledore ? fit remarquer dame Camille. Car je ne suis pas aveugle. J'ai mes informateurs en Angleterre et j'ai appris qu'il y avait beaucoup de sa touche dans les tentatives de te marier à cette jeune fille.

-Je crois que j'ai trouvé la solution, fit Harry.

-Ah bon ? s'exclamèrent dame Camille et Draco

-Je ne préfère rien vous dire, fit Harry. Il y a de nombreux paramètres à vérifier et je ne veux pas vous donner de faux espoirs. En parlant de cela, dame Camille, viendrez-vous à notre mariage ?

-Ce serait avec plaisir, répondit dame Camille. Je n'ai pas assisté au vrai, c'est un honneur que d'assister à l'officialisation publique de votre Lien.

Draco se tourna vers Harry, complètement abasourdi que dame Camille sache qu'ils étaient déjà Liés.

-Mais comment … ? balbutia Draco

-Notre aura, répondit Harry. Cela se voit dans notre aura. Et elle est visible pour dame Camille.

-Ah …

Le repas se termina avec d'autres discussions puis chacun vaqua à ses occupations, la femme à la direction de l'école, les garçons à leurs recherches.

-J'espère que vous avez passé un agréable séjour, sourit dame Camille en les serrant contre elle.

-Ce fut féerique, révéla Draco. Je vous avoue que je n'hésiterais pas à revenir un jour pour découvrir tous les secrets de cette l'école et de la Bibliothèque.

-Je l'espère bien, rit dame Camille. Je vous demande juste de survivre à Voldemort et à Dumbledore pour pouvoir revenir ici passer des vacances bien méritées.

-J'y compte bien ! s'exclama Harry. Au revoir, dame Camille !

-Au revoir les enfants ! Et soyez très prudents !

Le couple lui fit un signe de la main avant de s'engouffrer dans la Cheminée Internationale et de crier leur destination, chez eux.

Le retour à l'école pour Draco et Harry fut assez rapide. Une fois au manoir familial, ils durent raconter dans les détails leur séjour et révélèrent leurs découvertes au sujet du sort de protection. Mais d'un commun accord, ils ne parlèrent pas de la possibilité de Harry de confondre une bonne fois pour toutes Dumbledore. Une fois cela fait, ils se décidèrent à rentrer à l'école par divers moyens et arrivèrent juste avant le couvre-feu. Ils ne rencontrèrent cependant personne et se rendirent dans leurs appartements où ils purent enfin prendre un peu de repos confortablement dans les bras l'un de l'autre.

-Que veux-tu dire ? fronça des sourcils Harry

-Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase « Ginny va tuer Draco » ? s'exaspéra Neville

Le couple était de retour de leur week-end improvisé et discutait tranquillement avec leurs amis. Mais les nouvelles étaient sombres.

-Ce n'est pas une grande nouvelle, fit Harry. Nous avons tous vu le cahier de Weasley.

-Non, secoua la tête Hermione. Là, elle va passer à l'action, on en est sûrs.

-Comment ? fit Draco

-On ne sait pas, avoua Blaise. Mais voir une adolescente enceinte dans l'Allée des Embrumes alors qu'elle devrait être à l'école n'est pas anodin, tu ne crois pas ?

-Une Weasley ? Appartenant à une famille de la Lumière ? Dans l'Allée des Embrumes ? s'étonna Harry. Vous l'avez suivie ?

-Non, répondit Luna. C'est le sort de traçage qui est toujours actif.

-Mais de là à dire qu'elle va me tuer, il y a de la marge ! sourit Draco

-Tu ne l'as pas entendu en parler, frissonna Théo.

Flash-back

Après le coup d'éclat de Ginny Weasley dans la Grande Salle avec l'annonce de sa grossesse, la bande avait décidé de changer de salle de réunion pour ne plus la rencontrer. Leur nouvelle salle était bien plus spacieuse et plus chaleureuse et c'était un véritable plaisir que d'y s'y réunir pour une raison ou pour une autre. Alors que la bande, amputé du couple phare, y faisait leurs devoirs, l'une des alarmes qu'avaient posé les amis, sonna. Hermione se leva et consulta un tableau qui révélait toutes les données complémentaires des sorts qui protégeaient la salle.

-C'est Ginny … et Dumbledore ! hoqueta la brune

Luna, Daphné, Blaise, Théo et Neville se redressèrent.

-Tu as quoi comme gadgets d'espionnage des jumeaux ? fit Neville immédiatement

Les farces et attrapes ne produisant pas la magie particulière aux sorts, ils avaient découvert qu'il était plus sûr pour eux de les utiliser pour ne pas se faire attraper par Dumbledore.

-Des Oreilles à Rallonge, répondit Hermione en réfléchissant à ceux qui pourraient leur être utile pour le moment. Des Lunettes Traverse Matière.

D'un geste de baguette, elle munit tout le monde des objets cités et tous regardèrent leurs deux ennemis parler.

-Vous n'avez plus aucune chance avec le jeune Potter, miss Weasley, déclara Dumbledore, visiblement las.

-Si, il m'en reste une, contra Ginny. Je vous assure que ça vous aidera.

-Si vous ne le dites pas en quoi, je ne pourrais pas le savoir.

-Je vais me débarrasser de l'élément gênant. Et le mariage ne sera plus entre Harry Potter et cette blonde peroxydée mais avec moi !

-Quel est votre plan ?

-Il me faudrait me rendre à l'extérieur de l'école pour quelques heures. Je ne serais pas longue.

-Qu'est ce qui me pousserait à vous aider ?

-Mon plan n'a aucune chance d'échouer.

-Poursuivez.

-Alors …

Mais les amis ne purent en entendre plus. Déjà le duo s'éloignait.

Fin Flash-back

-Ça ne veut pas dire qu'elle veut me tuer, s'entêta Draco.

-Arrête, je t'en prie, tempéra Harry. Ils ont raison. Tu es la seule chose qui se mette en travers de son chemin. Je n'ai plus de famille, du moins officiellement, pour s'opposer à un mariage avec elle. Toi mort, je deviens l'unique meilleur parti d'Angleterre. Elle veut te tuer.

-Très bien, concéda Draco. Mais comment ? Parce que je doute qu'avec Severus comme parrain, elle se risque à utiliser une potion.

-Certes, avoua Blaise. Mais elle a l'esprit tordu, tu le sais. Il faut que tu restes sur tes gardes.

-Comme d'habitude, fit remarquer Draco, fataliste. Vivement les vacances !

-Dès qu'on sera libre, pas avant, sourit Harry avant de l'embrasser tendrement.

-Nous pensons que fouiller une nouvelle fois ses affaires pourrait nous aider, fit Daphné.

-A-t-elle remarqué quoi que ce soit la première fois que vous l'avez fait ? demanda Théo

-Pas que je sache, répondit Hermione. On peut réessayer, je pense.

-Je ne pense pas qu'elle cacherait ce qu'elle réserve pour Draco dans un endroit aussi évident que son dortoir, fit remarquer Neville. Il vaut mieux la faire suivre. Si elle se rend dans un endroit où elle a nullement l'intérêt de se rendre, alors on fouillera cet endroit.

-Très bonne idée, sourit Luna. Mais Dumbledore ?

-Lui … soupira Harry. On ne peut rien faire contre lui. On se torture les méninges pour le mettre hors d'état de nuire pendant le mariage …

-Vous n'avez rien trouvé ? s'étonna Hermione. Même dans la bibliothèque des Black ou des Prince ? Ou même ici ?

-Rien qui n'altérerait pas la magie de Stonehenge, soupira Draco.

-Mais j'ai peut-être une solution, fit Harry. Hermione, il y a des livres sur Stonehenge ?

-La plupart sont dans la Réserve, renseigna Hermione. Le site est en rapport avec l'ancienne magie élémentaire.

-La magie élémentaire ? sursauta Harry. Tu m'étonnes ! Je comprends mieux les informations que j'ai, maintenant ! Tu pourras me les indiquer ?

-Bien sûr, sourit Hermione.

Le brun orienta ensuite la conversation sur leur séjour aux USA que Draco se fit une joie de raconter.

Ginny Weasley se trouvait à l'infirmerie pour son rendez-vous mensuel.

Depuis qu'elle avait annoncé sa grossesse à toute l'école, le directeur avait exigé qu'elle soit très étroitement surveillée et il n'avait pas changé ses consignes quand il s'était avéré que ce n'était pas l'enfant du Survivant qu'elle portait. Elle en était maintenant à cinq mois de grossesse et son état se voyait parfaitement. État dont elle se servait allégrement. En prétextant se sentir mal assez régulièrement, elle avait pu se faire exempter de cours, la laissant libre de faire ce qu'elle voulait. Sachant que Dumbledore fermerait les yeux sur ses allées et venues en reconnaissance de ses services rendus, elle était partie sur Diagon Alley faire quelques emplettes. En dissimulant sa chevelure rousse aisément reconnaissable, elle s'était rendue dans l'Allée des Embrumes et avait acheté plusieurs fioles tentatrices. Elle était revenue quelques heures plus tard et après avoir caché son butin, elle s'était rendue dans sa chambre pour s'y allonger. Elle avait déjà prévenu le directeur de ses intentions et elle mettait au point son plan qu'elle savait infaillible.

Le jour tant attendu arriva.

Draco avait demandé à ce que Severus, son parrain, soit auprès de lui en ce jour mémorable. N'ayant « plus » de famille, Harry avait demandé à ce que Nathan vienne, étant un ami très proche de sa famille. Les deux jeunes hommes se préparèrent au manoir Black, ne voulant donner aucune chance à Dumbledore et ses sous-fifres de leur nuire. En même temps, cela permettait aux Shadows de participer au début des festivités.

-Tiens-toi tranquille, Draco ! souffla Narcissa

Le blond eut comme un air de déjà-vu … Évidemment, elle avait dit la même chose lors des essayages …

-Maman … grogna le blond.

-Juste une minute, mon chéri, je finis la dernière retouche, coupa Narcissa.

Enfin, la tenue tomba parfaitement sur le jeune homme. La mère se recula pour admirer de tout son saoul son fils pour l'un des jours les plus importants de sa vie.

-Tu es magnifique, murmura Narcissa, la voix enrouée.

L'émotion le gagnant, le blond alla enlacer sa mère pour une tendre étreinte.

-Désolé de casser l'ambiance, fit Severus, mais nous devons y aller.

-Harry est parti ? demanda Draco

-Depuis cinq minutes à peine avec Nathan, Sirius et Remus viennent de me prévenir, répondit Severus. Nous sommes attendus.

Tous descendirent donc. Draco fut légèrement déçu de ne pas voir son mari dans le salon mais il avait privilégié la coutume moldue comme quoi les futurs mariés ne devaient pas se voir avant d'être devant l'autel. Quoique techniquement, ils étaient déjà mariés.

Les Shadows se lancèrent le sort que Harry avait déjà lancé sur Sirius et Severus lors de leur rendez-vous de réconciliation, celui qui dissimulait l'apparence d'une personne en quelque chose de banal, puis ils transplanèrent tous vers Stonehenge.

Tandis que les autres s'éparpillaient dans la foule, Draco, au bras de Severus, se plaça au bout de l'allée centrale. Dans sa tenue de cérémonie immaculée et argent, le blond était tout simplement sublime. Au bout de l'allée, devant l'autel, Nathan se tenait en retrait de Harry qui ne quittait pas des yeux son mari. Enveloppé dans sa tenue noire et verte, le brun était magnifique. Draco et Severus s'approchèrent de l'autel et le professeur confia la main de son filleul à son mari.

Et la cérémonie commença.

Le mage marieur rappela l'importance et les conséquences du Lien pendant une bonne demi-heure. Même le couple commençait à le trouver barbant mais ils n'osaient se parler par leurs esprits par respect pour le vieil homme.

Puis vint l'un des moments clés de la cérémonie.

-Si une personne s'oppose à ce Lien, qu'elle parle où qu'elle se taise à jamais, fit le mage.

Et là, un sourire digne des enfers apparut sur les lèvres de Harry.

-Harry ? osa Draco, guère rassuré

-Ne t'inquiète pas, sourit tendrement Harry. Je crois que l'un de nos problèmes va se régler de lui-même dans très peu de temps.

-Mais …

-Chut. Tais-toi et observe …

Le blond, sachant que quand le brun n'avait décidé de rien dire, il ne dirait rien, se tut donc et promena son regard dans les alentours.

Soudain, un éclair blanc aveugla la foule et celle-ci ne put voir qu'au bout de quelques minutes. Avant qu'ils n'aient pu s'interroger sur les raisons d'un tel phénomène, une imposante silhouette se redressa et tonna.

-Je m'oppose à ce Lien !

Tous les sorciers se retournèrent et découvrirent avec effarement qu'il s'agissait de Albus Dumbledore en personne.

-Pourquoi ? hoqueta le mage marieur

-Parce que Harry Potter est à moi ! tempêta Dumbledore. Je n'ai pas tué toute sa famille pour qu'il soit Lié à cette pute de Malfoy !

La foule grondait. Et Harry, malgré l'état de fureur de Draco sous l'insulte, décida de rajouter de l'huile sur le feu.

-Que voulez-vous dire, professeur ? demanda-t-il donc

-Tu dois tuer Voldemort ! fit Dumbledore. Tu devais être ma petite arme chérie. C'est pour cela que j'ai fait en sorte qu'il se rende chez tes parents et qu'il les tue. Mais ces sales cabots t'ont emmener avant que je ne puisse mettre la main sur toi. Et quand tu es revenu, tu était bien trop indépendant pour moi. Ton parrain disait tout le temps que tu ressemblais à ton père et je savais que la seule chose qui pouvait l'anéantir était la perte d'êtres chers. Alors j'ai fait la même chose. J'ai fait supprimer ta famille et j'en ai fait de même avec la famille de cette pute !

-Vous avez tué mes parents ! hurla Draco, laissant enfin sa rage contre le directeur sortir. Ils avaient demandé à ce que vous les aidiez à se protéger et en récompenses de leurs services toutes ces années, vous les avez tué !

-Mais ils ne me servaient plus à rien ! ricana Dumbledore. Quand je n'ai plus besoin d'un objet, je les jette !

-Qu'auriez-vous fait de moi une fois que j'en aurais eu fini avec Voldemort ? demanda Harry

C'était l'une des plus grandes interrogations du brun.

-Si tu étais venu vers moi quand ton parrain et ton oncle ont été tué au lieu de vers cette fouine, cracha Dumbledore, j'aurais modifié le lien que tu avais avec Voldemort pour que quand il meurt, toi aussi. Et j'aurais récolté toute la gloire pour moi !

Toute la foule s'indigna. Tuer de grandes familles seulement pour la gloire ? Où était passé le gentil Albus Dumbledore, vainqueur de Gellert Grindelwald ?

-Vous ne faisiez tout ça que pour la gloire ? fit Harry, abasourdi

-Pour quoi d'autre ? fit Dumbledore. Une fois le monde sorcier éperdu de reconnaissance, j'en aurais pris le contrôle et je l'aurais changé à mon image. J'aurais été le maître du monde !

Il n'en fallait pas plus. Amélia Bones, ministre de la Justice Magique, outrée, demanda silencieusement à deux Aurors qui lui étaient complètement fidèles, d'arrêter le directeur de l'école tandis que quelques autres avaient transplané en urgence récupérer des artefacts magiques qui allaient interdire au vieil homme de s'échapper de quelque façon que ce soit.

Alors que Dumbledore devenait hystérique quand on lui passa des menottes d'anti-magie, Draco osa tourner son regard vers Harry.

-Que s'est-il passé exactement ? demanda suspicieusement Draco. Est-ce que je viens de voir Dumbledore faire des aveux complets devant le monde magique dans son intégralité ?

-Tu ne t'es pas trompé, sourit Harry. J'ai vu la même chose que toi.

-C'est toi qui est à l'origine de tout ça, devina Draco. Comment ?

-Je t'ai dit que je pensais avoir trouvé une solution dans la Bibliothèque de Salem, expliqua Harry. Je suis tombé sur des écrits de Morgane et de son maître la fée Viviane et j'ai trouvé un ancien rituel appelé l'Autel de Vérité.

-L'Autel de Vérité ? répéta Draco

-Oui, poursuivit Harry. Un cercle d'invocation permet qu'à l'intérieur tout le monde doit dire la vérité.

-Mais Stonehenge …

-C'était ma seule inconnue. Ce rituel était posé dans des lieux symboliques de la justice, généralement très chargés en magie sans que les lanceurs ne le sachent. Je n'ai plus eu qu'à poser le cercle et à croiser les doigts.

-Quand ?

-Cette nuit. Il ne reste en place qu'une journée.

-Mais comment tu as pu le centrer sur Dumbledore ?

-Je ne l'ai pas fait, enfin pas totalement. Je savais qu'il se placerait près de nous. Le centre du cercle se trouve à deux pas de nous et va jusqu'à la moitié de la foule.

-Pourquoi il a été le seul à se lever ?

-J'ai légèrement modifié le cercle. Il contient des runes qui indiquent ce que l'on veut savoir exactement. Dans la version initiale, il doit révéler si la personne dans le cercle est coupable ou non. Dans ma version, il doit indiquer qui est prêt à nous annihiler par tous les moyens et pourquoi.

-Pourquoi tu ne m'as pas laissé t'aider ? Pourquoi ne m'avoir rien dit ?

-Je voulais te faire la surprise.

-Tu ne t'en tireras pas comme ça, Harry Potter Malfoy …

-Je sais, Draco Potter Malfoy.

En même temps, le directeur se faisait emmener directement à Azkaban en attendant son procès.

-Désolé pour ce petit contre temps, s'excusa Amélia Bones. Mage, poursuivez.

-Bien, fit le mage. Personne ne s'oppose, à part Albus Dumbledore ? Parfait ! Continuons …

Le mage reprit ses esprits avant de poursuivre.

-Voyons … Harry James Potter, voulez-vous vous Lier à Draco Lucius Malfoy ici présent ?

-Oui, je le veux, sourit Harry.

-Draco Lucius Malfoy, voulez-vous vous Lier à Harry James Potter ici présent ?

-Oui, je le veux, répondit Draco.

-Vous pouvez maintenant prononcer vos vœux.

Le couple avait longtemps tergiversé à ce sujet avant de décider de répéter ce qu'ils avaient dit dans la clairière dans la Forêt Interdite.

-Par l'Amour qui nous unit, moi, Draco Lucius Malfoy, fils de Narcissa Black Malfoy et de Lucius Malfoy, demande humblement à la Magie de me permettre de me Lier à Harry James Potter. Je suis conscient qu'en me Liant ainsi, je me dévoue corps, âme et magie à lui mais je sais aussi qu'il en sera de même pour lui vis-à-vis de moi. Je jure sur ma magie que personne ne m'a forcé à ce Lien et que c'est en toute conscience que j'offre ma vie à Harry Potter.

-Par l'Amour qui nous unit, moi, Harry James Potter, fils de Lily Evans Potter et de James Potter, demande humblement à la Magie de me permettre de me Lier à Draco Lucius Malfoy. Même si le monde est contre notre relation, je me battrais jusqu'au bout pour le protéger car je pense sincèrement qu'il est mon âme sœur. Je l'aimerai tout le temps que ma magie me le permettra et je jure sur ma vie que de tout mon corps, mon âme et ma magie je ferais en sorte qu'il soit heureux. Le fait de me Lier à lui démontre parfaitement que mon cœur lui appartient et ce pour toujours. Sur ma magie, je fais le serment que ce Lien est librement consenti et que je veux m'unir entièrement à Draco Malfoy.

Tous avaient la larme à l'œil. Ce qu'ils avaient dit été très beau et cela se voyait que cela venait du fond du cœur.

-Messieurs, nous allons vous Lier par le cérémonial certifié par le Ministère, déclara le mage marieur. Vous allez verser votre sang dans cette coupe dont vous allez boire une gorgée du contenu.

Le couple se sourit et se prêta au cérémonial. Muni d'une dague fourni par le mage, Harry puis Draco s'entailla la main pour laisser quelques gouttes de leur sang couler dans la coupe de verre. Le mage récita une formule avant de tendre la coupe à Draco. Le blond but avant de la tendre à Harry. Mais à peine eut-il approché la coupe de sa bouche qu'il s'arrêta.

Une odeur suspecte.

Mais il ne put s'appesantir là-dessus.

Draco s'écroulait et convulsait à terre.

D'un geste, il se débarrassa de la coupe et prit le jeune homme dans ses bras pour éviter qu'il ne se blesse. Le blond convulsait toujours alors que les Aurors présents allaient chercher des Médicomages à St Mungo.

-S'il te plaît, Dray, ne m'abandonne pas … sanglotait Harry en une longue litanie

Mais rien n'y faisait. Le souffle de Draco s'affaiblissait de plus en plus avant de s'éteindre complètement.

-Non, Draco, non, ne me laisse pas … NNNOOOOOONNNNN ! hurla Harry

Draco Lucius Malfoy venait de rendre son dernier souffle le jour de son mariage.

Harry prit délicatement le corps de Draco dans ses bras avant de le déposer délicatement sur un nouvel autel tout proche. Il allait laisser éclater sa peine lorsqu'une voix le sortit de sa torpeur.

-Le mariage doit être célébré, hésita le mage.

Harry explosa.

-Vous ne voyez pas que mon fiancé vient de mourir sous mes yeux ? siffla le brun

-Il a raison, intervint une voix.

Harry se tourna. C'était Sirius sous son Glamour.

-Comment ça ? demanda Harry, intrigué

-Une cérémonie de mariage doit toujours être finalisée pour être reconnue devant la magie, s'excusa Sirius. Un mariage doit être célébré.

-Je ne me marierais avec personne d'autre que Draco ! affirma Harry

-Mais c'est obligatoire, soupira Amélia Bones. Vous devez vous marier aujourd'hui.

-Mais …

-Vous risquez d'être dépouillé de votre magie si vous ne le faites pas, coupa Mrs Bones.

-Ai-je le choix ? fit Harry

-Pas vraiment, avoua Sirius. Il s'agit de vieilles règles tacites des Sangs Purs. En plus, le mariage est retransmis partout dans le pays. Sans compter que nous devons nous occuper de Voldemort. Si tu perds ta magie maintenant, tout ce que nous aurons fait jusqu'à aujourd'hui n'aura servi à rien.

-Mais Draco …

-Je sais.

-S'il le faut, soupira Harry. Mais il n'y aura qu'une seule personne dans mon cœur et c'est Draco. Mais qui accepterait de m'épouser maintenant, sachant que je ne l'aimerais jamais ?

-Moi, je le veux, fit une voix.

La foule s'écarta pour laisser place à une jeune rousse que Harry connaissait trop bien.

Ginny Weasley.

-Severus, où était placé la Weasley ? demanda Harry, enfouissant sa peine au fond de lui et la remplaçant par une fureur sans bornes

-Au dernier rang, répondit Severus, surpris. Pourquoi ?

-Cela expliquerait beaucoup de chose …

-Tu penses qu'elle a empoisonné Draco ?

-J'en suis certain. C'est la seule avec Dumbledore qui voulait se débarrasser de lui. Identifie le poison dans la coupe, il doit être parmi les plus commun si, comme je le pense, elle l'a acheté dans l'Allée des Embrumes. C'est une incapable en Potions, toi-même tu me l'as dit.

-Je vois. Je vais vérifier cela tout de suite. Gagne du temps. Mais une fois que j'aurais fini, qu'est-ce que tu feras ?

-Je vais essayer de sauver Draco.

-Mais …

Mais il ne put continuer. Le jeune homme avait tourné son attention vers la rousse enceinte.

-Pardon ? siffla Harry. Toi ? La pute de Hogwarts ? Tu veux te ranger ?

La rousse blêmit sous l'insulte. Mais elle tenait sa chance.

-Tu dois te marier, expliqua Weasley. Je suis là.

-Alors que tu ne le devais pas, rétorqua Harry. Je ne crois pas t'avoir invité ni Draco.

Elle plissa les yeux.

-Cela nous arrange tous les deux, reprit-elle. Tu veux garder ta magie, je veux un père pour mon enfant.

-Donc tu avoues sans honte que tu ne sais pas qui est le père de ton enfant vu les hommes qui ont défilé dans ton lit ont été nombreux ?

Harry sourit intérieurement. Il savait que sa plainte contre la dernière des Weasley avait été tenue secrète par Dumbledore lui-même. Mais ça l'amusait de déclarer au grand jour que la jolie rousse de seize ans n'était qu'une pute de bas étage. Voire jouissif.

-Écoute Harry …

-Pour toi, ce sera toujours Potter, gronda Harry. Que veux-tu exactement ?

-Me marier.

Une idée plus que tordue surgit dans l'esprit de Harry.

-J'ai trouvé, interrompit Severus.

-C'est quoi ? demanda Harry

-Un poison fulgurant. La Rose Noire.

-Cette pute a de la ressource. Dommage qu'elle ne voit que son nombril.

-Qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?

-Tu vas voir …

Harry s'approcha de Amélia Bones et lui murmura à l'oreille. Le Ministre de la Justice Magique, au courant de l'histoire entre la rousse et lui, hocha de la tête et appela un Auror qui s'empressa de quitter les lieux muni d'une enveloppe. Mais cela passa inaperçu car les hostilités avaient repris.

-Pourquoi moi, Weasley ? demanda Harry

-Tu es le Héros du Monde Sorcier, répondit-elle. Tu feras un merveilleux père, ça se voit quand tu t'occupes des plus jeunes. En plus, tu es magnifique. Qui ne voudrait pas de toi ?

-Personnellement, j'ai plusieurs raisons de ne pas vouloir de toi, fit Harry. Tu m'as harcelé, tu as dénigré Draco, à l'époque mon meilleur ami, parce qu'il était gay, tu hais les homosexuels alors que tu sais parfaitement que mon parrain l'était … Tu es une garce, Weasley, et tout ce qui t'intéresse c'est de devenir lady Potter pour dépenser sans compter ma fortune. Si je t'épouse, j'aurais l'air fin d'avoir à mes côtés la femme sur qui toute la population masculine de Hogwarts est passée ! Sans compter l'enfant que tu attends ! Tu as tenté de le faire passer pour mien alors que je n'ai jamais approché de près ou de loin ton lit ni semblé être intéressé par toi de quelque manière que ce soit ! Tu as menti à toute l'école en prétextant que j'avais couché avec toi pour que je t'épouse dans les plus brefs délais. Mais le plus ironique c'est que tu voulais me faire porter le chapeau alors que je suis stérile ! C'est bête, hein ? Tu veux que je t'épouse alors que tu as tout fait pour briser mon couple ? Plutôt mourir !

-Harry ! s'écrièrent les Shadows

-Laissez-moi faire ! claqua Harry

-Tu vas tout perdre avec ton entêtement, siffla Weasley. Épouse-moi et tu pourras aller vaincre Tu Sais Qui.

-Dans tes rêves, rétorqua Harry. Si j'avais le choix …

Le brun repéra un mouvement dans son champ de vision et sourit intérieurement.

-Mais je ne l'ai pas. Le mage a dit qu'un mariage devait être célébré, déclara Harry. Puisque tu veux tellement te marier, Ginny Weasley, je vais exaucer ton souhait.

Les yeux de la rousse brillèrent de mille feux. Enfin, elle allait devenir lady Potter !

Le jeune homme récupéra la coupe qu'il avait préalablement vidé et nettoyé puis le mage remit à l'intérieur la potion qui devait être bu par le couple. Impatiente, Ginny s'approcha de l'autel, s'empara de la dague et laissa couler son sang dans la coupe. Avec un sourire qui faisait le tour de sa tête, elle tendit la lame à son futur époux. Mais elle figea. Devant elle ne se tenait plus Harry Potter mais Marcus Flint qui faisait à son tour couler son sang dans la coupe. Il but à contrecœur dedans avant de la tendre à la jeune fille.

-Mais … comment ? balbutia Ginny. Pourquoi lui ?

-Quoi ? s'étonna faussement Harry. Ce n'est pas lui que tu dois épouser ? Mais il s'agit quand même du père de ton enfant !

-Comment tu le sais ?

-C'est simple. Juste avant de partir, j'ai entendu Mrs Pomfrey le dire au professeur Dumbledore. Quand tu as exprimé ta volonté de te marier, je me suis souvenu que Flint venait d'être arrêté. J'ai demandé à Mrs Bones si elle pouvait l'amener ici et voilà ! Ne sais-tu pas qu'un enfant ne naissait pas hors mariage ?

-Miss Weasley, ou devrais-je dire Miss Prewett, fit Mrs Bones. La loi sur laquelle s'appuie Mr Potter existe bel et bien, même si sa dernière application remonte à plus d'un siècle. D'autant plus qu'il a été porté à mon attention que le Ministre de la Magie lui-même voulait appliquer la Préservation des Lignées. Puisque vous attendez un enfant, vous devez vous marier. En plus, vous portez la prochaine génération de Prewett.

Ginny était d'une blancheur cadavérique. Tout son plan tombait à l'eau.

-Buvez, miss Prewett, ordonna Mrs Bones.

La rousse jeta un regard à Harry qui la toisa avec mépris. Elle sut alors qu'elle avait perdu. La mort dans l'âme, elle but le reste de la coupe et le mage s'empressa de terminer la cérémonie. Deux anneaux apparurent aux doigts des nouveaux mariés.

-Par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare mari et femme.

Ginny s'évanouit alors tandis que Flint était reconduit dans sa prison. Alors que la jeune fille était évacuée, tous étaient en train de commenter ce coup de théâtre.

-Harry ? Où es-tu ? demanda Remus

-Je … sauve … Draco …

Soudain, une brillante lueur attira l'attention du public vers l'autel mortuaire.

-Mr Potter ! s'écria Mrs Bones en s'approchant rapidement

Elle comprit rapidement ce qui s'était passé. Harry avait sans doute voulut sauver Draco et lui avait donné toute son énergie magique.

-Qu'on fasse venir un Médicomage, vite ! ordonna-t-elle

On sépara le couple inconscient et on les examina soigneusement.

-C'est incroyable, balbutia un Médicomage. Ils sont tous les deux vivants ! Ils respirent, faiblement, mais ils respirent !

-Et leur magie ? pressa Mrs Bones

-Elle se régénère, répondit-il après quelques sorts. Ils ne tarderont pas à se réveiller.

-Si vite ? sursauta Mrs Bones

-Il n'y a qu'une seule réponse à cela, déclara le Médicomage. C'est qu'ils sont des âmes sœurs.

Tout le monde hoqueta. Trouver son âme sœur était très rare.

Tous attendirent donc. Comme prévu, une dizaine de minutes plus tard, Harry se réveilla.

-Oh ma tête ! se plaignit-il. Mais qu'est-ce que j'ai pu faire comme connerie ?

-Du genre me donner toute ta magie pour que je survive ? répliqua une autre voix pâteuse

-Ça me ressemblerait, ricana faiblement le brun.

Mais l'information remonta jusqu'au cerveau et il fit volte-face. Près de lui se tenait Draco, lançant des regards noirs aux Médicomages qui voulaient l'examiner.

Mais vivant.

-DRACO ! hurla Harry

Ce dernier se précipita dans ses bras et enfouit sa tête dans son cou. Cette fois-ci, il avait été à deux doigts de le perdre et il était sûr qu'il n'y aurait pas survécu. Les larmes coulèrent sans qu'il ne puisse rien y faire et le blond lui caressait tendrement les cheveux le temps qu'il se calme.

-J'ai cru te perdre à jamais, sanglota Harry.

-Arrête de pleurer, gronda tendrement Draco, encore un peu faible. Je te rappelle que notre mariage est retransmis dans le monde !

-M'en fiche, renifla Harry. J'ai eu peur, laisse-moi tranquille !

-D'accord. Mais réponds à mes questions.

-Si je peux.

-J'ai pas rêvé quand j'ai senti que tu me donnais toute ton énergie magique, hein ?

-Pas du tout. La Rose Noire, c'est le nom du poison que tu as bu, met quinze minutes à tuer la victime. J'ai l'antidote dans le sang. Une fois que j'ai réglé mon problème, je te l'ai fait boire et j'ai poussé ma magie à travers le Lien pour activer l'antidote.

-Tu savais ce qu'il fallait faire ?

-En vérité, c'est ma magie qui a pris les manettes. J'étais totalement paniqué mais dès que cette solution m'est apparu, j'ai marché à l'instinct.

-Lève-toi. J'ai plein d'autres questions mais il faut que nous terminions cette mascarade.

-Tu as raison.

Avec l'aide des Médicomages, ils se redressèrent et revinrent vers le mage marieur.

-Je crois que j'ai eu un malaise, sourit pauvrement Draco. Pouvons-nous reprendre la cérémonie, s'il vous plaît ? Je veux pouvoir me Lier avec celui que j'aime. Il y a trop de gens qui veulent l'épouser et j'en ai marre !

Le public s'esclaffa doucement. Le miracle les avait tous stupéfié.

Et la cérémonie reprit.

Pour plus de sécurité, le couple avait été assis. Une nouvelle coupe apparut et les sangs furent mélangés. Chacun but et le mage annonça enfin la phrase qu'ils attendaient tous.

-Par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare Liés par le mariage. Vous pouvez vous embrasser.

Harry ne se le fit pas dire deux fois et embarqua Draco dans un baiser envoûtant et plein de promesses. Le blond en ressortit les joues rouges et l'air hagard sous les rires de l'assistance. Une ovation suivit et tout le monde vint leur souhaiter leurs sincères félicitations. Mais après la remarque d'un énième convive, Draco ne put se retenir.

-Mais qu'est-ce que tu as fait pour qu'on te félicite autant ? fit Draco

-Je te raconterais plus tard, sourit Harry. Terminons avec ça puis allons nous reposer. Nous aurons besoin de toutes nos forces pour la suite.

Une fois la foule calmée, le couple retourna au manoir Black pour se retrouver étouffé par les Shadows.

-J'ai vraiment cru que tu allais mourir, pleura Narcissa, Draco dans ses bras.

Pour couper court aux questions en tous genre, Harry répéta ce qu'il avait dit à Draco. Tous furent soulagés.

-Au fait, fit Sirius. Toutes mes félicitations pour t'être débarrassé aussi bien de la Weasley.

Draco se redressa et se planta devant Harry.

-Explications ! tonna-t-il

Et Harry reprit son récit. Le blond était mort de rire en apprenant que la rousse était mariée au père de son enfant, Death Eater reconnu depuis au moins un an.

Enfin, il fut temps de se rendre au château.

Tous revêtirent des tenues de combat avant de les dissimuler sous de puissants sorts de Glamour, faisant ainsi croire qu'ils portaient encore leurs tenues de cérémonie. Ils disparurent ensuite pour arriver devant l'école de magie. Ils entrèrent en grande pompe dans la Grande Salle décorée pour l'occasion. Les élèves étaient là et commençaient la fête, la journée ayant été déclarée fériée par le Conseil de l'école. Les Shadows se dispersèrent dans la salle pour essayer de repérer des traîtres. Draco et Harry allaient s'installer quand le professeur McGonagall vint à leur rencontre.

-Pourrais-je vous parler en privé ? demanda la vieille femme

-Nous ne pouvons guère quitter les lieux, s'excusa Draco.

-Un simple sortilège d'intimité suffira, fit le professeur.

Le couple la suivit dans un coin de la salle qu'ils isolèrent discrètement.

-Je voulais vous dire que je suis profondément choquée de l'attitude et des actes que le professeur Dumbledore a eu à votre encontre, fit-elle. Sachez que personne du corps professoral n'était au courant de ses intentions. Je ne cautionne pas sa notion du « plus grand bien » si cela conduit par le meurtre gratuit de personnes innocentes.

-Vous n'avez pas à vous excuser à sa place, fit Harry. Mais je comprends que vous voulez vous démarquer de lui.

-Et je tiens à vos dire que je n'ai jamais partagé son opinion, continua le professeur. Ni à votre propos, Mr Potter, mais encore moins au vôtre, Mr Malfoy. Ou devrais-je dire messieurs Malfoy Potter ?

-Potter Malfoy, corrigèrent-ils en cœur.

-Très bien, messieurs Potter Malfoy, sourit-elle. C'était tout ce que je voulais vous dire.

-Merci beaucoup professeur, fit Harry.

Tous les trois se séparèrent. Le couple flâna un peu dans la foule avant d'être rejoint par leur groupe d'amis.

-Magnifique mariage, déclara ironiquement Blaise.

-J'ai adoré le passage où Dumbledore déballait sa vie, sourit Neville.

-Moi c'est quand l'autre pouffiasse s'est mariée, fit Daphné. Hilarant !

-Parle pour toi, grogna Harry. Je peux te dire que là, je l'ai senti passer de très près. J'ai vraiment eu peur.

-Mais qu'est-ce qui s'est passé avec Draco ? demanda Théo

-Quelqu'un a glissé de la Rose Noire dans la potion que nous devions boire, expliqua Harry.

-Personnellement, ajouta Draco, nous n'avions aucune raison de nous méfier. Nous avions tord.

-Comment avez-vous fait ? demanda Luna

-Je lui ai donné mon sang puis toute ma magie, expliqua Harry. Ne me demandez pas pourquoi ni comment, je n'en sais rien du tout.

-Âmes sœurs, chantonna Luna.

-On sait, grinça Draco. Nous pouvons parler d'autres choses ?

-Comme nous avons vu le mariage en direct, fit Hermione, nous avons donc assisté à ses aveux. Immédiatement, il a été décidé que ce serait le professeur McGonagall qui serait la nouvelle directrice de l'école. Les Aurors vont venir dès demain matin pour éplucher toutes les actions de Dumbledore.

-Donc ils vont s'intéresser à sa collaboration avec les deux Weasley, sourit Neville. Génial !

-Bon, on vous a assez accaparé, trancha Hermione. Allez vous amuser un peu !

-Oui maman ! tirèrent la langue Harry et Draco

Le buffet les attira comme des mouches et ils allèrent se restaurer. Ils passèrent ainsi les heures suivantes en mangeant, dansant et discutant avec les convives.

Le début de soirée vint alors et les invités entrèrent dans la salle. Le couple se plaça non loin des portes pour recevoir contre leur gré à nouveau les félicitations pour leur union.

-Les Death Eaters se rassemblent entre Hogmeade et le château, prévint Lucius.

-Voldemort ? demanda Harry

-Pas encore présent, répondit Sirius. Mais j'ai cru voir ma chère cousine dans les parages.

-Si ses lieutenants sont là, fit Severus, c'est que l'attaque ne va plus tarder.

-En tous cas, je suis prête, fit Cassiopée. Je me suis installée pas loin de l'infirmerie.

-Contacte directement Mrs Pomfrey, conseilla Remus. Elle n'a pas de camp précis et si tu lui dit que les Death Eaters vont attaquer, alors elle va t'aider.

-Je vais la chercher, fit Cassiopée.

-Aucune trace des Aurors, signala Narcissa. Ils devaient pourtant être là depuis un moment ?

-Tu aurais le temps de faire un saut au Ministère pour voir ce qu'ils font ? demanda Draco

-Je vais y aller, proposa Remus. Je suis reconnu ouvertement comme étant du camp de la Lumière. S'ils ont mis des détecteurs de la Marque des Ténèbres, Narcissa pourrait se faire repérer.

-D'accord, fit Draco. Mais quelqu'un connaît les effectifs de Voldemort ?

-Toutes ses troupes sont là, déclara Lucius. Donc ils peuvent faire assez de dégâts.

-Y a-t-il beaucoup de Death Eaters parmi les élèves ? demanda Harry. Enfin, à part ceux que vous m'avez indiqué en début d'année.

-On ne pourrait te le dire, avoua Severus. Les espions de l'Ordre ne sont pas aussi bien placé que nous l'étions. Donc pas d'informations.

-Je pense que nous allons mettre hors d'état de nuire toute personne pour Voldemort, décida Draco. On les immobilise puis on leur donne la Goutte du Mort Vivant. Au moins, on est sûr que personne ne peut les réveiller.

-Bonne idée, fit Cassiopée. L'aile de l'infirmerie peut être isolée, m'a dit Poppy. On peut utiliser le rez-de-chaussée pour nos désagréments et les étages pour les blessés.

-Parfait, fit Narcissa. Je vais continuer à attendre l'arrivée des Aurors.

Une heure plus tard, les Aurors étaient là et les derniers invités entraient dans la Grande Salle. Les Langue de Plomb, dans le Hall, s'apprêtaient à lancer le sort mais ils furent immobilisés par certains invités qui obéissaient à Voldemort. Malheureusement pour eux, les Shadows étaient là et ils furent stoppés avant d'avoir prévenu leur maître de la réussite de leur mission. Ils refermèrent les portes avant d'être rejoins par le couple.

-Il est temps de mettre la suite du plan en marche, annonça Sirius.

-On a prévenu Hermione, Luna, Daphné, Théo, Blaise et Neville qu'on avait besoin de leur aide pour arrêter ceux qui étaient pour Voldemort, fit Draco.

-Je vais aller prévenir McGonagall, déclara Severus. Vous deux, suivez-moi, ajouta-t-il en désignant Draco et Harry.

Tous les trois cherchèrent la nouvelle directrice qu'ils rejoignirent très vite.

-Que puis-je pour vous ? demanda-t-elle

-Les Death Eaters ne vont plus tarder à attaquer le château, annonça Severus. Les Langues de Plomb ont été neutralisés avant qu'on ne puisse intervenir …

-C'est affreux, s'exclama McGonagall.

-Par des invités, termina Severus.

-Des invités ? gronda-t-elle. Ils vont voir de quel bois je me chauffe ! Aucun élève ne sera blessé sous ma garde ! Savez-vous qui pourrait les aider ?

-Je vous propose d'annoncer que l'école est attaquée, fit Severus. Je pense que vous verrez tout de suite qui veut aider Voldemort.

-J'ai une subite envie de me défouler, murmura McGonagall. Bloquez les issues, nous allons aller à la chasse aux Death Eaters.

Elle se rendit sur l'estrade et réclama le silence.

-Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, fit-elle, votre attention je vous prie.

Elle jeta un regard circulaire dans toute la salle et aperçut Severus dans un coin.

-On vient de m'apprendre que les Death Eaters sont à nos portes, annonça Minerva. Les Aurors sont déjà sur place. Je vais faire évacuer tous les élèves mineurs ainsi que toutes les personnes qui le souhaitent. Seules les personnes majeurs, si elles le veulent, pourront se joindre aux forces qui défendent le château.

-Personne ne sortira d'ici ! cria une voix

Une trentaine de personnes s'étaient réunies devant les grandes portes, baguettes en main, ouvertement menaçantes.

-Et vous êtes ? demanda Minerva limite condescendante

-Des serviteurs du Seigneur des Ténèbres, révéla l'un d'entre eux. Et notre mission est de faire en sorte que personne ne puisse aider !

-J'aurais cru les larbins de Voldemort plus intelligents que ça pour ne pas annoncer à tout le monde leur plan, cracha Minerva. Je tiens cependant à vous signaler une chose : moi vivante, jamais les élèves sous ma responsabilité ne seront blessés. Est-ce clair ?

-Et comment vous allez faire ? ricana un homme. Vous êtes seule !

-Je ne crois pas.

Tous furent surpris de l'assurance qu'elle dégageait.

-Pourquoi ?

-Derrière vous.

Les Death Eaters en herbe se retournèrent tous et furent assommés dans un bel ensemble par les massues qui sortaient des doubles portes, métamorphose exécutée de main de maître par le professeur.

-Vous m'impressionnez, Minerva, félicita Severus en s'approchant d'elle.

-On s'attaque à l'école, Severus, fronça des sourcils Minerva. Je prends les mesures qui s'avèrent nécessaires. Avez-vous de quoi les garder un moment ?

-Il suffit de les emmener vers l'infirmerie, indiqua Severus. Il y a un endroit pour les ranger sans qu'ils nous gênent plus tard. Auparavant, je vais leur donner ceci, pour éviter de mauvaises surprises.

-Qu'est-ce ?

-Goutte du Mort Vivant.

-Parfait.

Une fois les Death Eaters conduits en lieu sûr, le professeur reprit la parole.

-Le niveau baisse parmi les rangs de Voldemort, remarqua-t-elle.

-Il privilégie la quantité à la qualité, renifla Severus. Seuls quelques uns, dont Lucius et moi faisions partie, appartenaient à une véritable élite qui élaboraient la majorité des stratégies de Voldemort.

-Et heureusement que vous n'êtes plus dans son camp, sourit Minerva. La Lumière vous en est reconnaissante.

-Certes.

Les deux professeurs revinrent dans la Grande Salle où les plus âgés calmaient les plus jeunes. Minerva remonta sur l'estrade.

-Bien, fit-elle. Cette petite interruption terminée, je reprends. Donc, nous allons évacuer l'école. Les élèves mineurs, même s'ils savent se battre, n'auront pas le choix. Ceux majeurs, par contre, pourront décider si oui ou non ils veulent participer aux combats. Cependant, j'ai toujours un droit de veto et si je considère que tel ou tel élève n'a pas le niveau suffisant pour survivre, il partira avec les plus jeunes pour les protéger. Pour les adultes, n'étant pour la plupart plus leur professeur, je n'ai pas de droit de regard quant à leur décision. Ils doivent néanmoins comprendre que s'ils ne veulent pas prendre part aux combats, ils devront aider à la protection des plus jeunes et cela est non négociable. Je tiens à signaler que les personnes qui ont des qualifications en Médicomagie et en Potions seront les bienvenues pour aider au bon fonctionnement de l'infirmerie. Voilà, j'en ai terminé.

D'un geste de baguette, le professeur de Métamorphoses sépara les mineurs de l'école du reste de la foule et les repoussa doucement vers le fond de la salle.

-Que ceux qui ne veulent pas se battre rejoignent les élèves, demanda Minerva.

Plus d'un tiers de la foule se déplaça, notamment les mères de famille avec des enfants en bas âge ainsi que des sorcières et sorciers qui n'étaient plus dans la force de l'âge. Certains élèves y allèrent également, conscients qu'ils ne feraient que gêner sur le champ de bataille. Devant le manque flagrant de protection, certains adultes décidèrent de rejoindre les non combattants afin qu'ils ne se retrouvent pas sans défense. Lorsque plus personne ne bougea, le professeur continua.

-Que les personnes ayant des connaissances en Médicomagie et en Potions se mettent de ce côté. Je tiens à ce que ce soit clair. Je ne veux pas de personnes qui réussissent une fois sur quatre leurs potions. Il faut qu'elles sachent vraiment en faire. Vous tiendrez la survie des combattants à la fin de la bataille entre vos mains. Si vous ne vous en sentez pas capable, vous pouvez toujours rejoindre ceux qui ne combattront pas. Enfin, ceux qui veulent se battre, mettez-vous de ce côté, les élèves à part. Ceux que je ne jugerais pas apte de participer devront rejoindre les autres élèves. Il n'y aura pas de contestation possible. Vous êtes encore sous ma responsabilité.

Tous s'organisèrent alors rapidement. Minerva fit le tri parmi ses élèves et près d'un tiers d'entre alla vers les plus jeunes pour les protéger. Elle conseilla également à quelques adultes fraîchement sortis d'école de ne pas prendre part aux combats et tous l'écoutèrent. Ensuite, l'évacuation commença. Les élèves furent envoyés vers une propriété au cœur de la Forêt Interdite en attendant que les combat cessent. Les aides pour l'infirmerie partirent à la recherche de Mrs Pomfrey et les combattants attendaient les ordres de Minerva dans le hall. Alors qu'elle allait quitter la Grande Salle pour rejoindre les troupes sous ses ordres, elle se tourna vers Severus, resté à ses côtés.

-Severus ?

-Je vais vous rejoindre, Minerva. Il y a une chose que je dois faire avant.

-Très bien. Severus ?

-Oui ?

-Je dois vous avouer que je suis très fier de vous, et ce depuis votre passage dans cette école en tant qu'élève. Même si je ne le montrais pas, vous étiez l'un de mes élèves préférés.

-Et vous un professeur que j'ai toujours apprécié. Restez en vie, je vous en prie. Vous manqueriez à beaucoup de personnes, moi en premier.

-Je tacherais de faire mon possible. Prenez bien soin de vous, Severus. Nous nous retrouverons plus tard.

-Je l'espère.

Sur un dernier signe de tête, elle partit.

Une fois sûr que plus personne n'était dans le château, Severus fila dans les cachots pour prendre nombre de fioles qu'il glissa dans les poches sans fond de sa tenue de combat. Quand il eut fini, il remonta rapidement dans le hall où il retrouva les autres Shadows. Harry et Draco arrivèrent quelques instants plus tard, s'étant éclipsés dès que le professeur McGonagall avait pris la parole pour annoncer la bataille. Nul doute qu'ils aient fait comme lui, c'est-à-dire se préparer du mieux qu'ils pouvaient.

Chaque couple s'offrit alors un dernier moment d'amour.

Lucius et Narcissa. Cassiopée et Remus. Sirius et Severus. Harry et Draco.

Chacun s'aimait et tenait à le rappeler à sa tendre moitié, pour qu'elle l'emporte, si le Destin en décidait ainsi, avec elle dans l'au-delà.

Puis ils se réunirent et unirent leurs mains ensemble.

-Jusqu'à ce que la mort nous sépare de nouveau ? sourit tristement Harry

-Jusqu'à ce que la mort nous sépare de nouveau, répondirent gravement les autres.

Doucement, les grandes portes du château d'Hogwarts tournèrent sur leurs gonds, laissant entrer les hurlements de douleur et de désespoir de la guerre qui se déroulait dans le parc.

Serrant fermement leurs baguettes dans leurs mains, ils se dirigèrent vers la Bataille Finale pour que leur destin se réalise.

Et pour que la mort ne les sépare pas de nouveau.