QUATORZE FOIS JE T'AIME


Je sais que je suis très en retard sur mon horaire lol mais bon, disons que ce sera un calendrier pour la St Valentin 2008 !!! Sinon merci à tous pour vos super reviews!! (A l'intention de Corny -- Bah, la première non plus c'est pas ma préférée... mais je suis contente que tu aies aimé l'autre! XD)

Résumé : Rusard/(Surprise!) et l'amorce d'un Sirius/OC en parallèle. Rusard, le concierge grincheux, reçoit de mystérieuses lettres d'amour anonymes. Sirius se retrouvera malgré lui dans le rôle de Cupidon, au risque de se faire prendre lui-même par une des flèches de l'amour!

Bonne lecture!


3 février
On peut aimer et laver les planchers!

(n'est-ce pas…?)

-BLACK! DANS MON BUREAU!

« Eh merde! » songea Sirius en abandonnant le graffiti qu'il avait commencé sur la porte de la salle des profs. L'idée de s'enfuir en courant lui traversa momentanément l'esprit, mais le concierge fut plus rapide et le traîna jusqu'à son bureau en le tirant par l'oreille.

-Ouille! Ça va pas, espèce de malade!? Ça fait mal!

-Taisez-vous, Black, avant que je vous attache par les pieds et que je vous fouette!

-Et sado, par-dessus le marché! marmonna Sirius.

-Qu'est-ce que vous dites? gronda Rusard.

-Rien, rien…

Rusard jeta Sirius sur un siège et ferma la porte derrière eux.

-Alors…, fit le concierge en consultant un épais grimoire. Vous avez dérogé à la règle numéro trois du décret vingt-six, alinéa quatre : violation d'un bien public…

-Je croyais que vous connaissiez les règlements par cœur, railla Sirius.

-Oh, mais c'est la liste des châtiments que regarde en ce moment ! répondit Rusard dans un rictus, en levant les yeux de son grimoire. Je recherche quelque chose…d'original.

-Vous voulez un truc VRAIMENT original ?

-…

-Laissez-moi partir sans histoire, et moi je vous promettrai que je ne recommencerai plus.

-Très original en effet. Vous pouvez toujours courir, Mr Black, vous n'y échapperez pas.

Sirius allait répliquer quelque chose, mais il fut interrompu par un PAF! retentissant. Nullement perturbé, Rusard leva les yeux un court instant vers le hibou qui s'était écrasé contre sa fenêtre, puis il retourna à son grimoire, l'air profondément ennuyé.

-Euh…vous ne lui ouvrez pas ? s'étonna Sirius.

-Nan.

PAF ! PAF ! PAF ! (de rétorquer le hibou)

-Mais euh…, commença Sirius.

-Nan j'ai dit ! Inutile d'insister !

-…

-Alors donc, nous parlions châtiment…

PAFPAFPAFPAFPAFPAFPAFPAFPA…

-LAVER LA SALLE DES TROPHEES, CA POURRAIT ETRE BIEN ! hurla Rusard pour couvrir les coups frénétiques du hibou. HUM, NON, VOUS L'AVEZ DEJA FAIT TROIS FOIS CETTE ANNEE…

PAFPAFPAFPAFPAFPAFPAFPAFPA…

-LE CHATOUILLIS DU MORT-VIVANT ALORS ? dit Rusard en tournant une page de son grimoire.

PAFPAFPAFPAFPAFPAFPAFPAFPA…

-MERDE, IL EST ILLEGAL CELUI-LA… N'Y A-T-IL DONC AUCUNE PUNITION QUE LA LOI ME PERMETTE DE VOUS INFLIGER ET QUE VOUS N'AYEZ PAS DEJA FAITE ?!?

PAFPAFPAFPAFPAFPAFPAFPAFPA…

-DANS CE CAS PEUT-ETRE QUE…

-C'EST FINI OUI !?!?!??? hurla soudainement Sirius.

PAFPAFpafpa… (silence)

-Aaaaaah, soupira Rusard. Merci, Black. Ce crétin de volatile commençait vraiment à…

-Je ne disais pas ça pour le hibou ! riposta aussitôt Sirius. Vous allez lui ouvrir la fenêtre ou merde ?! C'est vraiment insupportable !

A la grande surprise de l'adolescent, Rusard sembla gêné, tout à coup.

-C'est que…, commença-t-il.

PAF !

-D'accord, d'accord, j'arrive ! grogna Rusard.

Il ouvrit la fenêtre. Le hibou s'engouffra à l'intérieur, laissa tomber une lettre sur le bureau, une fiente sur la tête du concierge, et repartit aussitôt.

Rusard accusa calmement le coup. Tandis qu'un filet mince et brun coulait le long de sa tempe, son regard suivit celui de Sirius jusqu'à l'enveloppe rose agrémentée de petits cœurs qui trônait sur son bureau. Puis, l'air extrêmement las, Rusard se laissa choir sur sa chaise. Quelques secondes plus tard, la lettre explosa dans un nuage rosé et, telle une Beuglante, laissa échapper son contenu, d'une voix suave cependant :

Ô toi, homme viril, fleur des champs,

Que ta grâce te porte jusqu'à moi,

Que ton cœur en fasse autant.

Ô toi, qui es au cœur de mes illusions,

Puisse ton amour n'être pas qu'une chimère,

Succombe à ma passion,

Ensemble, faisons union,

Et je te jure que jamais plus je ne serai amère.

Silence.

Malaise.

-Eh ben…, dit finalement Sirius.

-Je suis désolé (surtout pour moi) que vous ayez assisté à cette scène, Black ! dit Rusard en se débarrassant de la fiente d'un coup de mouchoir. Je suis victime de cette situation ridicule à tous les jours, immanquablement. Ça fait des mois que ça dure.

-Oh…et qui…?

-Je ne sais pas, grogna Rusard. Elles ne sont jamais signées.

-Ah…

C'était si absurde que, même mort de rire, Sirius n'arrivait pas à s'esclaffer.

-Ecoutez, Black, ça m'horripile d'en arriver là mais…

-Oui ?

-Puisque vous êtes désormais dans le secret, vous allez m'aider à trouver l'expéditrice de ces lettres ridicules.

-Quoiiii ?

-M'aider, que dis-je, VOUS allez trouver, VOUS SEUL, l'identité de cette femme ! Et vous n'avez pas le choix, c'est le châtiment qui vous est imposé pour avoir violé un règlement, haha, je suis trop génial…

-…

-Aller hop ! s'exclama Rusard en poussant Sirius hors du bureau. Au boulot ! Vous avez une semaine et vous êtes réduit au silence, sans quoi je vous confine en retenue tous les soirs jusqu'à la fin de votre scolarité. Bonne journée.

-Et merde, marmonna Sirius.

0o0o0o0

-OUAAAAAAAAHAHAHAHA !!!!!

-J'trouve pas ça drôle.

-Alors tu vas vraiment jouer à Cupidon pour Rusard ? Ouahahahaha !

-La ferme James, merde, j'ai pas envie de passer les deux prochaines années en retenue ! Je devais en parler à personne, tu es le seul à le savoir…

-Euh…, fit une voix derrière eux. Je voudrais pas passer pour une fouineuse, mais vous parlez fort et j'ai tout entendu…

Les deux garçons se retournèrent brusquement. Adorabelle Beauregard, la fille la plus canon du niveau, ferma le bouquin qu'elle avait ouvert sur ses genoux et eut un regard désolé.

-Mais c'est pas vrai, c'est pas vrai ! gémit Sirius, la tête entre les mains.

0o0o0o0

-Moi je suggère de filer Chourave, murmura Adorabelle. Elle lui demande trop souvent de venir passer le balai dans ses serres…

-Ouais, bonne idée ! approuva James.

-OK, dit Sirius. Ce soir ?

Ils étaient tous les trois dans un coin de la classe de sortilèges et discutaient à voix basse, tandis que les autres pratiquaient le Chauve-furie.

-Oh non ! gémit James. Je suis en retenue ce soir !

-C'est pas sérieux ? Et demain ?

-Entraînement de Quidditch.

-James ! J'ai qu'une semaine, je te signale !

-Je sais bien, mais que veux-tu que j'y fasse ? Allez-y sans moi.

-Haha, très drôle.

-Je te prêterai ma cape.

-Oh, ça va, dans ce cas.

0o0o0o0

Jamais Sirius ne s'était trouvé aussi près d'une fille. Était-ce cela qui lui donnait des sueurs froides, ou le fait que la fille en question soit hyper sexy ?

-Ouais ben, c'est pas super spacieux cette cape ! plaisanta Adorabelle.

-Non en… en effet…

-Oh regarde ! Il y a de la lumière dans la serre numéro quatre ! Tu crois que c'est Chourave qui compose un de ses poèmes ?

-Merlin… je suis pas très sûr de vouloir assister à ça !

Ils se mirent à rigoler, mais cessèrent aussitôt. Chourave avait entendu quelque chose et tentait de voir ce qui était à l'origine du bruit. Adorabelle se resserra contre Sirius pour être sûre de ne rien laisser paraître sous la cape d'Invisibilité. Un doux parfum chatouilla l'odorat de Sirius.

…Sueurs froides…

-Comment on va faire pour entrer dans la serre ? chuchota Adorabelle.

-…

-Sirius ?

-Hein ?

-OH MON DIEU ! s'écria Adorabelle avant de plaquer ses mains sur sa bouche.

Sirius sortit de sa transe et vit, à travers les vitres de la serre, Chourave et Flitwick qui se pelotaient sans retenue. Dégoûtant spectacle.

Choqués, les deux adolescents s'empressèrent de regagner le château. Arrivés dans la salle commune, ils laissèrent tomber la cape et éclatèrent de rire, sans pouvoir s'arrêter.

0o0o0o0

Leur terrifiante vision comportait deux désavantages majeurs. 1) Impossible de se concentrer dans les cours de botanique et de sortilèges. 2) Aucune candidate en vue pour l'affaire Rusard.

-Je ne vois absolument pas qui pourrait envoyer des poèmes enflammés à ce vieux rabougri ! dit James, trois jours plus tard, à la bibliothèque.

-Moi non plus, et c'est une source d'angoisse inimaginable ! dit Sirius. Le vieux rabougri en question n'arrête pas de me jeter des regards insistants chaque fois qu'il me croise et, ce matin, il a marmonné « Plus que trois jours, Black » …

-J'aimerais bien t'aider, mais j'ai rendez-vous avec Lily Evans ce soir !

-Noooooon !?

-Si ! dit fièrement James. Bon, j'ai été un peu inspiré… je lui ai envoyé une lettre anonyme !

-Pas étonnant qu'elle ait accepté le rendez-vous, alors ! T'as aucune chance, Cornedrue.

-Ça reste à voir. Et toi, avec ta Française ?

-Nonmaisdequoituparles, marmonna Sirius en rougissant.

-Ta flamme se dirige justement vers toi…, l'informa James, goguenard.

-Vous allez pas le croire ! s'exclama Adorabelle en déposant son sac sur la table.

-Quoi ? demanda James.

-C'est Pince qui écrit les lettres à Rusard ! annonça la jeune fille en baissant la voix. Regardez ce que je viens de trouver !

Elle sortit de son sac une pile de parchemins roses remplis d'une écriture ronde et raturée par endroits.

-Mince ! fit Sirius. Comment t'as eu ça ?

-Je suis allée demander une information à Pince au sujet d'un livre, et j'ai vu ces trucs suspects dépasser de la poche de sa robe… j'ai attendu qu'elle se retourne, et j'ai lancé un sortilège d'Attraction !

James poussa un sifflement admiratif. Sirius parcourait les lettres en s'efforçant à peine de ne pas éclater de rire.

-Oh mon Rusardinouninouchet…

-C'est pas le pire ! dit Adorabelle. Par endroit, elle l'appelle Rusochou-cœur-de-biche.

-Mrfrf…

-OUAHAHAHAHAHAHA !!!!

-Mais qu'est-ce que ça signifie ?! accourut aussitôt la bibliothécaire.

-Et merde…

0o0o0o0

Sirius vécut les pires minutes de son existence. James avait habilement réussi à se défiler en feignant être attendu pour une retenue, mais Sirius et Adorabelle s'étaient retrouvés confinés dans le bureau de Madame Pince et durent endurer ses longues jérémiades et ses longs soupirs désespérés. Ça donnait dans le « Mais je l'aime, mais je sais plus, mais je l'adore, mais il ignore mon existence » et blablabla. Sur le point de mourir d'ennui, Sirius eut toutes les misères du monde à ne pas s'endormir dans son fauteuil, tandis qu'Adorabelle faisait dans le « Mais non, il vous aime j'en suis sûre, vous devriez aller lui parler » et blablabla. L'entretien se conclut par un « Oh ! désespoir ! » de Pince et un « Ne vous en faites pas, on va vous aider » d'Adorabelle.

-ON !?!? dit Sirius en regagnant la salle commune avec la jeune fille.

-Quoi ? se défendit Adorabelle. C'est toi qui t'es embarqué dans cette histoire.

-Hey ho, je devais trouver l'expéditrice des lettres pour Rusard, c'était pas dans mon contrat de jouer les entremetteurs par la suite ! Si ça te chante de faire l'agence matrimoniale, j'en suis heureux pour toi, mais ne me mêle pas à ça !

-Tu n'es qu'un égoïste, Sirius Black ! Je te rappelle que c'est moi qui ai trouvé l'auteure des lettres ! Ce serait la moindre des choses que tu m'aides à remplir la promesse que j'ai faite à Pince !

-Je vois pas pourquoi je ferais ça !

-Parce que je te le demande.

Adorabelle lui fit son petit air piteux.

-Et merde ! grogna Sirius, fidèle à son habitude.

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Convaincre Rusard que Pince était la femme de sa vie ne fut pas une mince affaire. Sirius et Adorabelle durent user des arguments tous plus inimaginables les uns que les autres, tels que « Vous aurez un accès illimité à la Réserve ! » et « Ça vous fera une compagne pour laver les planchers ! »

Ce dernier argument fut particulièrement percutant, je dois dire. À ces mots, Rusard ouvrit de grands yeux et regarda Sirius avec espoir.

-Vous croyez vraiment qu'elle acceptera de faire le ménage avec moi ? demanda-t-il.

-Euh…, fit Sirius qui avait dit ça simplement comme ça.

-Absolument ! intervint Adorabelle. Après tout, en amour on partage tout !

-Et puis, on peut aimer et laver les planchers, vous savez ! ajouta Sirius.

Adorabelle pouffa. Sirius eut du mal à se retenir de l'imiter et Rusard leur jeta un regard soupçonneux.

-Pardon, fit Adorabelle en faisant mine de tousser.

-Vous et Madame Pince êtes faits l'un pour l'autre, dit Sirius. A votre place, j'irais vite lui déclarer mon amour avant qu'un autre ne le fasse !

Cela acheva de convaincre Rusard, qui sortit de son bureau à la course, non sans s'être bombé le torse avant de partir conquérir la bibliothécaire. Après son départ, Sirius et Adorabelle partagèrent un autre interminable fou rire.

-On a réussi ! dit Adorabelle en tendant la main à Sirius.

Sirius la lui serra, en signe de victoire, mais ne la retira pas comme il l'aurait dû. Les deux adolescents échangèrent un long regard, puis dégagèrent leur main comme s'ils s'étaient brûlés.

-Tu rêves, Sirius !

-Pff ! Comme si j'étais intéressé !

Et ils quittèrent le bureau du concierge en évitant soigneusement de se regarder.


A suivre...