QUATORZE FOIS JE T'AIME


Résumé : Dudley/OC, Harry/OC. Suite des deux premiers OS : Harry et Dudley invitent leurs petites amies respectives à dîner chez les Dursley… le même soir! Rebondissements à prévoir, d'autant plus que Vernon et Pétunia ont du mal à accepter Charlie, et que tout n'est pas exactement au point entre Harry et Lyra…
(Je vous rappelle que dans ce contexte, Charlie est une boxeuse qui a foutu une raclée à Dudley avant de lui donner un rancard, et que Lyra est une sorcière : la fille de Sirius.)


13 février
Meet the Parents

-Il est hors de question que cette fille remette les pieds ici!!! tempêta Mr Dursley en rabattant son poing sur la table.

-Je suis entièrement d'accord avec toi, Vernon chéri, mais tu sais bien qu'il est impossible de…

-Et POUQUOI est-il donc impossible de décider de NOS droits dans NOTRE maison?

-Calme-toi, chéri, tu t'énerves…, dit Pétunia d'une voix douce en lui massant les tempes.

-JE NE SUIS PAS DU TOUT ENERVE!!! hurla Vernon en se levant d'un bond de sa chaise.

Pétunia recula d'un brusque mouvement; et ses sourcils se froncèrent.

-CETTE FOIS CA SUFFIT! cria-t-elle à la tête de son mari. CHAQUE FOIS C'EST PAREIL! TU N'EN MANQUES PAS UNE! OUI, MA CRETINE DE SŒUR M'A LAISSE UN CRETIN DE NEVEU, ET TU SAIS TRES BIEN QUE SI J'AVAIS EU LE CHOIX JE NE M'EN SERAIS PAS OCCUPE! MAIS L'A-T-ON, LE CHOIX, VERNON DURSLEY?!? HEIN?!?

Vernon recula devant une Pétunia menaçante. Il atteignit bientôt le mur de la cuisine et Pétunia le rejoignit, l'index pointé sur un de ses gras pectoraux.

-ALORS TU VAS ARRETER DE ME FAIRE TES SCENES, reprit-elle, PARCE QUE LA, J'EN AI MA CLAQUE!!! CA NE M'ENCHANTE PAS PLUS QUE TOI DE DEVOIR SUPPORTER CET INSOLENT ET SA MIDINETTE DIABOLIQUE, MAIS JE PREFERE ENCORE CA QUE DE VOIR UNE COHORTE DE LEUR ESPECE DEBARQUER CHEZ MOI!! ET PUIS JE TE SIGNALE QU'ELLE EST LA FILLE DE TON COLLEGUE DE TRAVAIL LE PLUS PROMETTEUR, IL SERAIT DONC TRES IMBECILE DE TA PART DE TE LA METTRE A DOS!

Pétunia s'arrêta une seconde pour reprendre son souffle.

-ALORS A PARTIR DE MAINTENANT, TU FERMES TA GUEULE ET TU SUPPORTES! EST-CE QUE C'EST CLAIR?!?!?!?!?

Vernon ne bougea pas d'un poil, pétrifié.

-EST-CE QUE C'EST CLAIR????????? répéta Pétunia en rapprochant son visage bleui par la rage de celui, blafard, de son mari.

Vernon hocha frénétiquement la tête en signe d'affirmation. Pétunia desserra l'emprise de son index et commença à se calmer, lorsque le bruit d'une porte annonça l'arrivée de quelqu'un.

-Ma copine vient dîner ce soir, vous avez intérêt à être sympas! lança Dudley en guise de bonjour, avant de disparaître dans sa chambre.

Les Dursley clignèrent des yeux un moment, hébétés. Puis Pétunia se laissa tomber sur une chaise, la tête entre les mains.

-C'est pas vraaaaaai!!!

oOoOoOoOo

Lyra Black sortit de sa penderie une robe très chouette, à pois et bordée de dentelles. Elle la mit devant elle, regarda son reflet dans le miroir… fit la moue, et la rejeta sur le lit. La robe atterrit mollement sur l'immense pile de fringues qui s'y entassaient déjà.

Lyra détestait porter des robes. Elle voulait bien faire un effort pour l'uniforme de Poudlard, mais des robes d'été : nan. D'ailleurs, elle ne savait pas du tout d'où lui venait cette manie de s'en acheter quand même.

Après avoir essayé un tas d'assortiments, des robes, des jupes, des shorts, des jeans…, Lyra se laissa choir par terre, l'air désespérée. Elle était en train de hurler, la tête enfouie dans les vêtements, lorsque Hermione transplana dans sa chambre.

« POP! »

-AAAAAHHH! Hermione!! Ne me fais plus jamais une peur pareille!

-Désolée, s'excusa la brunette. Ouah dis donc, y'a eu un ouragan par ici ou quoi?

-Ah!!! je suis désespérééééééééée! geignit Lyra en s'accrochant aux baskets d'Hermione. Aide-moi s'il te plait!!!

-Qu'est-ce qui se passe?

-Harry m'a invitée à dîner chez lui ce soir, ça fait tout un mois qu'on s'est pas revus, c'est hyper compliqué entre nous et je sais pas quoi meeeeeeeeettre!

-OK OK, calme-toi d'abord, dit Hermione.

Lyra soupira, la lippe boudeuse. Hermione vint s'asseoir à côté d'elle.

-Et maintenant dis-moi ce qui se passe…, dit-elle doucement.

-Harry ne t'a rien dit?

-Tu sais bien que Harry refuse de me parler depuis que je suis fiancée à Drago, soupira Hermione. En fait, tu es la seule à m'adresser la parole, maintenant…

-Hermy, tu avais parfaitement le droit de refaire ta vie après la mort de Ron… tu as dix-sept ans! Et puis Drago est quelqu'un de bien. Je ne peux pas t'en vouloir en sachant tout ça!

-Tu comprends toujours tout! Je t'adore…! (accolade) Enfin… ça ne règle pas ton problème avec Harry.

Lyra lui raconta brièvement comment Harry avait brutalement rompu, et comment ils s'étaient retrouvés un mois plus tôt.

-C'est pas vrai? s'indigna Hermione. Il a couché avec toi et après il a dit « on ne doit plus se revoir »?

-Si, confirma Lyra.

-Et il a pas donné de nouvelles avant aujourd'hui?

-Non.

-Et il t'invite à dîner chez sa famille bizarroïde? Tout bonnement, comme ça?

-Oui.

-Et la seule chose à laquelle tu penses, c'est ce que tu vas mettre???

-…

-Lyra, dit Hermione après avoir pris une grande inspiration, ce qu'il te faut plutôt, c'est un plan d'attaque.

-Un plan d'attaque?!

-Ben oui!!! Ce mec te planque là sans explications et il pense qu'il peut profiter de toi quand il le souhaite!! Voyons! Venge-toi!!!!

-Vu de cet angle-là…

-Mais c'est vrai quoi! s'enflamma Hermione. N'as-tu donc aucune fierté?

-Tu as raison! s'écria Lyra en se relevant. Je ne me laisserai pas faire! Je vais lui montrer, moi, à môssieu Potter, qu'on ne se joue pas d'une Black comme ça!

-Voilà! dit fièrement Hermione. Ça, c'est ce que je voulais entendre!

-Mais euh, fit Lyra, soudainement embarrassée, je ne sais toujours pas ce que je vais mettre…

oOoOoOoOo

Charlie Perry, pendant ce temps, se dirigeait vers les parents de son Dud chéri. C'était la première fois qu'elle rencontrait une belle-famille et elle était un peu intimidée.

En temps normal, quand quelqu'un l'intimidait, elle lui foutait un bon jab sur la gueule et on n'en parlait plus. Mais Dudley l'avait prévenue de ne pas tenter le coup avec ses parents. Triste…!

C'était aussi la première fois qu'elle venait dans un quartier aussi huppé. Elle qui avait toujours vécu dans les coins pauvres (il y avait davantage de voyous à tabasser, héhéhé), on l'invitait rarement dans les banlieues comme Privet Drive.

Et puisque Dudley était son premier vrai petit ami, c'était la soirée des premières fois!

Enfin! 4, Privet Drive. Elle y était!

Charlie soupira un bon coup. Dudley lui avait fait une liste de recommandations pour plaire aux Dursley.

1) Être jolie.
Alors là, y'avait rien à craindre hein! Les Dursley semblaient être des personnes qui aimaient la chair. Charlie avait donc revêtu un débardeur et une jupe de deux tailles trop petites, pour bien mettre en valeur ses bourrelets. De plus, elle avait dormi toute la nuit avec un bigoudi dans sa frange (elle avait entendu dire que c'est ce qu'il fallait faire, bizarre quand même, enfin, au moins il tenait encore dans ses cheveux) et avait soigneusement nettoyé son crâne nu. Dudley lui avait dit d'être naturelle, alors elle avait appliqué sur ses lèvres un rouge flashy (les lèvres sont naturellement rouges, non?) Donc, être jolie, ça elle savait!

2) Être polie.
Encore là, rien à craindre! Elle avait préparé une liste de compliments qu'elle avait mentalement apprise par cœur! Elle comptait bien faire quelques surprises à son homme et à ses beaux-parents au cours de la soirée!

3) Prétendre avoir de l'argent et une bonne éducation.
Ah ça, pas de trouble! Charlie avait un penny dans sa poche et elle avait appris à lire!

Il lui semblait bien qu'il y avait deux autres points à la liste, mais elle les avait oubliés. Bah! L'important y était.

Charlie sourit à son reflet dans la Mustang rutilante (« Atroce mon look! Qu'ils ont mauvais goût ces vieux! ») et sonna à la porte.

Elle attendit quelques secondes et, voyant qu'on ne lui répondait pas, elle actionna la poignée. Verrouillé.
Elle recula alors de quelques pas et se jeta sur la porte de tout son poids.

La porte céda dans un grand CRAC! et Charlie pénétra dans la maison de son amoureux.

oOoOoOoOo

Vêtue d'un jean troué et d'un t-shirt d'un groupe métal moldu, Lyra posa ostensiblement ses pieds sur la table du salon, après avoir croisé ses jambes. Puis elle se cala dans le fauteuil, croisa les bras et examina ses ongles. Elle avait conscience que les Dursley la regardaient avec hostilité; Pétunia tricotant furieusement dans un rocking-chair et Vernon faisant semblant de lire un quotidien. Lyra était arrivée bien sagement, en sonnant à la porte et en attendant qu'on lui ouvre. Elle avait salué poliment les Dursley, avait engagé une conversation bien avenante sur la beauté de leur jardin et les récents déboires de Britney Spears, avant de proposer de s'installer au salon, en famille. Harry avait l'air tout bonnement stupéfié, quant aux Dursley, ils étaient plus méfiants que jamais. Elle préparait un coup, c'était certain!

Dudley, lui, faisait les cent pas dans le hall; son regard nerveux allant de l'horloge aux deux sorciers.

-Big D a une copine, chuchota Harry à l'oreille de Lyra. Il l'a invitée pour la première fois ce soir : on va bien se marrer…

Les lèvres de Lyra tressautèrent. Ce n'était pas prévu au plan, mais ça jouait grandement en sa faveur. Elle tenta de paraître froide et indifférente aux yeux de Harry, en hochant simplement la tête.

-Mais qu'est-ce que tu as? osa demander Harry.

Oui, il OSE! Lyra darda ses yeux sur lui un instant, avant de reprendre contenance. Ses prunelles noires avaient brillé d'une lueur meurtrière; Harry avait ravalé sa salive, mal à l'aise.

Silence.

-La ponctualité est la politesse des rois! lança soudain la voix sèche de Pétunia. Où est donc passée ta copine, Duddy?

-Elle devrait être là bientôt, de toute façon, c'est pas une reine! grogna Dudley.

-Ça on sait! ricana Vernon.

CRAC!

-Duuuuud! s'exclama Charlie en sautant dans les bras de Dudley. C'est fou comme tu m'as manqué!

Dudley la rattrapa et croula sous son poids. C'est allongés par terre qu'ils s'embrassèrent. Les Dursley eurent un hoquet d'horreur, Harry un haut-le-cœur et Lyra une folle envie de rire. Ce qu'elle fit.

-Règles #4 et 5 : arriver à l'heure et ne passer détruire la porte! gronda Dudley à l'oreille de Charlie, lorsqu'ils se relevèrent.

-Merde, c'est vrai! J'avais oublié!

-Pourtant j'ai bien laissé la porte déverrouillée pour être sûr que ça n'arrive pas! T'as pas sonné?

-Ben si, mais on m'a pas ouvert…

-Hein?? Mais si tu avais sonné, je t'aurais entendue!

-Alors elle fonctionne plus, ta sonnette!

-Bien sûr que si, j'ai fait un test avant que tu arrives.

-Menteur!

-Non, c'est toi la menteuse!

Lyra simula une subite quinte de toux et s'efforça de se calmer. C'était elle qui avait verrouillé la porte et désactivé le carillon, lorsque Harry avait annoncé qu'ils attendaient la « copine de Big D »!

-Oh, excuse-moi mon chou! s'écria Charlie après avoir envoyé un uppercut à son petit ami.

-Ça va ma pouliche, c'est moi qui t'ai insultée, pardonne-moi!

-Oh, duddychou, tu es tout pardonné!

Bisous. Cette fois, Lyra eut aussi un haut-le-cœur, davantage pour la mièvrerie du couple que pour leur allure. Quoi de plus vomitif qu'un couple qui s'aime!?

-Il est l'heure de passer à table! chantonna faussement Pétunia, tentant de sauver la situation.

oOoOoOoOo

Le dîner fut une pure horreur. Charlie, désireuse de bien faire, multiplia les « compliments » (du style : « T'es trop chill m'dame » ou « J'kiffe grave ta stachemou, Vernon! ») ce qui fit blanchir les Dursley. Dudley décida de ne pas s'en préoccuper et mangea bruyamment, malheureusement, ses plats tressautaient et s'enfuyaient souvent à l'autre bout de la table.

C'était la guerre entre les deux sorciers. Lyra, soucieuse de suivre le plan élaboré avec Hermione, se montra polie et parfaite envers les Dursley – ce qui avait pour but seul d'énerver Harry, car celui-ci préférait les tourner en bourrique. Or, Harry avait bien compris son petit manège et s'appliquait à faire sortir son oncle et sa tante de leurs gonds. Ni Harry ni Lyra ne prononçaient un mot, mais la vaisselle et les plats gambadaient au gré de leurs pensées magiques – Harry pour les faire s'activer et Lyra pour les faire cesser.

Charlie, nullement affectée par les plats volants (« Ça alors! Chez moi aussi les assiettes bougent toutes seules! Vous avez des bestioles? »), Charlie donc, voulut prouver qu'elle avait une très bonne éducation. Elle récita une comptine d'une voix criarde, comptine qui parlait d'un têtard désireux de gagner une course afin de fusionner avec un œuf.

Mais ce fut lorsque l'acharnement magique sur la vaisselle de porcelaine la fit éclater en mille morceaux et que Pétunia hurla « ASSEEEEEEEZ!!!! » que Vernon fit une crise cardiaque et que le dîner prit fin.

L'ambulance embarqua Vernon et Pétunia. Dudley et Charlie prirent nonchalamment le dessert avant de filer boxer des gamins pour digérer.

Harry et Lyra se retrouvèrent seuls dans la cuisine du 4, Privet Drive.

oOoOoOoOo

-Charmante soirée, dit calmement Harry.

Lyra regardait tout, sauf Harry. Elle ne répondit pas.

-Ce fut vraiment un plaisir de partager ma table avec toi, dit Harry sur le même ton.

Lyra serra les lèvres, les yeux obstinément fixés sur un portrait de Dudley en veston queue-de-pie.

-Lyra, appela Harry.

Pas de réponse.

-Je peux savoir à quoi tu joues?

Lyra sentit le sang lui monter au visage. L'insolent!!! C'était lui qui demandait ça!?

-Je vais rentrer, dit-elle sèchement en se levant.

-Pas avant de t'expliquer! dit Harry en se levant à son tour.

-M'expliquer!!!!

Lyra éclata d'un grand rire incrédule.

-Parce que tu penses que c'est TOI qui a besoin d'explications? Toi qui me plaques sans rien dire, qui me fais une déclaration enflammée, qui me prends et qui me rejettes quand ça te chante??? Tu veux que je t'explique QUOI, moi, Harry?

Cette fois, elle le regarda franchement dans les yeux. Elle vit un éclair de douleur passer dans les prunelles émeraude, et Harry baissa la tête. Lyra sentit une boule lui serrer la gorge. Merde!! Elle n'allait tout de même pas se laisser émouvoir?

-Je ne suis pas une pute, Harry Potter! cracha-t-elle dans un accès de courage. Je n'offre pas mes services, si c'est ça que tu veux! Je n'ai donc plus rien à faire ici!

Elle lui tourna le dos et ferma les yeux. Sale con! Quel con, con, con!!!!

-Ne dis pas ça, dit Harry d'une voix rauque. S'il te plait…

-Pourquoi tu m'as invitée ce soir? dit Lyra en se retournant brusquement. Pour le simple plaisir de terroriser tes Moldus, c'est ça? Tu as des tas de sorciers disponibles pour ça! J'ai assez donné!

-Je voulais juste te parler…

-Ha! Un jour comme ça, il te prend une envie de me parler? C'est drôlement gentil, ça, Harry!

-Lyra, je vais mourir.

Il avait dit ça le plus simplement du monde. Comme un juge prononce une sentence. Il te regarde droit dans les yeux et bang!
Je vais mourir. C'est aussi simple que ça.

Et souvent il arrive que la sentence paralyse sur place. Qu'on ne la comprenne pas du premier coup.

-Quoi? dit faiblement Lyra, la colère s'évanouissant tout à fait de ses traits.

-Je vais mourir, répéta Harry.

Et qu'on ne l'accepte pas.

-N'importe quoi! s'exclama Lyra. Harry, tu ne vas pas mourir!

-Je t'en prie, Lyra! Soyons réalistes, pour une fois! C'est beau l'optimisme, mais je n'ai réellement aucune chance de vaincre le mage noir le plus puissant du monde!

Et qu'on refuse de se laisser convaincre.

-Harry…

-Regarde la réalité en face! Je suis un adolescent quelconque, plutôt maigrichon et sans pouvoirs particuliers! J'ai dix-sept ans!

-Tu as les sorciers les plus puissants de ton côté! Dumbledore et les membres de l'Ordre seront là Harry! JE serai là!

-Ce ne sera pas suffisant…

-Mais bien sûr que si!! Penses-tu vraiment que Dumbledore te laissera mourir? Que je te laisserai mourir?

-Et moi, tu penses que je vais accepter que tu combattes avec moi? Tu penses que je vais accepter que tu risques ta vie, tu penses que je vais risquer de te perdre pour…

La voix d'Harry se brisa et la fin de sa phrase se perdit. Oubliant le stupide plan d'Hermione et toute la rancœur accumulée, Lyra courut se jeter dans ses bras.

Harry la serra contre lui, enfouit son visage dans ses cheveux.

Lyra pleurait tellement qu'elle avait du mal à respirer. Ses pleurs redoublèrent lorsqu'elle sentit Harry sangloter contre elle.

-Je…je te laisserai pas partir! dit Lyra en resserrant ses bras autour de lui. Jamais!

Harry ne répondit rien, resserra aussi son étreinte.

-Tu…tu m'entends Harry? Je ne te quitterai plus d'une semelle!

-Je peux pas accepter, dit Harry d'une voix étouffée.

-Je ne te laisse pas le choix! Ou tu survis avec moi, ou tu crèves avec moi!

-Arrête!

-C'est quoi ton plan Harry? Tu laisses tomber à la moindre difficulté, tant pis pour tous les sorciers qui sont prêts à vaincre Voldemort, tant pis pour tous ceux qui ne veulent pas vivre sous son règne, tant pis pour ta meilleure amie qui a choisi de se relever et de refaire sa vie, tant pis pour moi qui ne fait qu'attendre après toi… Harry… comment peux-tu penser que nous serions tous heureux sans toi? Que je pourrais continuer sans toi?

-Arrête…

-Non! Tout le monde compte sur toi, Harry! toi seul peux y arriver… et on te donne les moyens d'y parvenir! Mais il faut que tu y mettes du tien! Et puis pour moi, ma décision est prise et c'est irrévocable, quoi que tu fasses, quoi qu'il t'arrive, je serai avec toi!

Harry renifla, releva la tête. Il avait posé ses lunettes sur la table; ses yeux étaient rouges et bouffis. Lyra essuya ses larmes et posa son front contre celui d'Harry.

-Tu me manques trop, chuchota-t-elle.

Harry eut un sourire triste, Lyra l'imita.

-Lyra, dit-il, je suis condamné.

-On est deux, dit Lyra. Embrasse-moi.

Elle n'eut pas besoin d'argumenter. Harry s'empara de ses lèvres aussi naturellement qu'un nouveau-né s'empare du sein de sa mère.

Ils étaient condamnés, et alors? Ils allaient marcher vers la potence s'il le fallait vraiment. Mais ils le feraient ensemble.


Oui bon c'est devenu guimauve à la fin.
Ben quoi? C'est la St-Valentin oui ou non?