Chapitre 19, « Les Cauchemars » commencent !

La nuit recouvrait la ville alors qu'une femme courait dans les rues, essoufflée. Un nourrisson dans les bras, les cheveux en pagailles et les habits déchirés, les larmes coulaient le long de ses yeux marrons. Elle se stoppa soudainement quand elle fit face à une impasse et se retourna, anxieuse. Une silhouette apparut et elle trembla en serrant l'enfant dans ses bras.

– Pitié, pitié ne me tuez pas, pitié…

Elle continuait ses plaintes alors que la chose, noire et visqueuse, leva ce qui ressemblait à un bras en riant. La femme ferma les yeux et continua de pleurer en attendant le coup. Pourtant, rien ne vint. Après quelques secondes, elle se reprit et osa à doucement lever les yeux avant d'être frappée par une terreur sans nom. Son agresseur gisait à terre, du rouge coulant jusqu'à elle. Elle voulut crier mais se retint, regardant son enfant. Elle se tendit complètement lorsqu'une pression vint se poser sur son épaule – elle resta immobile tant la peur la paralysait. Quelqu'un vint lui caresser le cou avant de monter à sa joue. Les yeux fermés, sa respiration haletait. Elle ne reprit conscience que quand son enfant pleura et elle le berça, doucement. Ses larmes venaient sur le visage du petit qui hurlait.

– Une fille ou un garçon ?

Un silence s'installa et doucement, la femme releva le visage. Devant elle, deux personnes se tenaient. Deux adolescents. L'un dont les cheveux et les mains étaient de couleur similaire, rouge carmin. L'autre dont les yeux et les cheveux étaient similaires, bleu marine. Sans vraiment savoir comment i pourquoi, elle se détendis et sentit sa peur partir petit à petit, sans explication. Ses larmes se tarirent et bientôt, elle put leur sourire rien qu'en pensant à l'enfant.

– Un garçon.

Celui avec les cheveux bleus sourit doucement et vint caresser la joue du nourrisson.

– A-t-il un nom ?

– Hiro.

– Quel beau nom… l'enfant rit sous les caresses et la mère en fit de même

– Quel nom lui auriez-vous donné ?

– Hum… le jeune sembla réfléchir, regarda son acolyte avant de reposer son regard sur la mère avec un sourire nostalgique, Louis. Un prénom français beau, n'est-ce pas ?

La femme lui rendit son sourire avant d'embrasser son fils avec affection.

– Hiro Louis Suzuki… J'aime bien.

– Alors qu'il en soit ainsi.

La femme regarda une dernière fois les adolescents partirent avant de sourire de nouveau et sortir de la ruelle, sereinement. Si à l'instant, aucune question ne lui venait à l'esprit, à jamais ce jour resta gravé dans sa mémoire. Pourquoi n'avait-elle pas paniqué ? Pourquoi avait-elle été sauvé ? Qui étaient ces garçons ? Des questions dont elle eu la réponse, mais pour l'instant ces questions seront anodines et ne seront répondues. La seule chose qui était sûre était que son fils fut nommé Hiro Louis Suzuki en l'honneur de son héros.

Car même si ces étranges jeunes hommes avaient tué quelqu'un, il lui avait sauvé la vie.

Le vent souffla doucement sur ses cheveux alors qu'il regardait le ciel, les mains ensanglantées. Il ferma le yeux un instant avant de sourire, entendant le rire de l'enfant. Il soupira d'aise et doucement, vint remettre ses cheveux en place avant de reprendre un visage sérieux. À ses côtés, son acolyte souriait d'un air doux et tranquille alors qu'il taillé un couteau sans s'arrêter de marcher. Tout avait commencé un jour ensoleillé, alors tout allait finir une nuit de pleine lune. Son sourire s'agrandit et ses pupilles se dilatèrent alors qu'il sautait du haut de l'immeuble pour casser une fenêtre et entrer par effraction dans le bâtiment. Il se releva doucement alors que des cris commençaient à se faire entendre dans les pièces alentours. Des créature noires sortirent du sol et lentement se dirigèrent vers les portes, absorbant tout ceux qui étaient sur leur passage. L'adolescent sourit davantage et se déplaça, tel un prédateur vers la sortie. Sa démarche féline, ses yeux grands ouverts, sa bouche souriante, ses cheveux bleutés noirs, ses mains blanche et son costume couleur marine resta gravé dans la tête d'un homme qui se faisait enveloppait par la créature alors qu'il hurlait.

L'homme aux couleurs bleus sortit de la salle, apparent dans un couloir éclairé ou tous ceux qui restaient purent le voir avant eux même de disparaître, laissant seulement une femme d'une soixantaine d'année seule face à lui. Cette dernière se crispa alors qu'elle tenta de reculer, en vain. Elle se retourna vivement et vit un autre jeune homme. Celui-ci était noir de peau, avec des cheveux similaires en dreadlocks qui portaient des reflets rouge. Son costume rouge bordeaux contrastait avec le bleu marine et la femme ne sut quoi faire à cet instant-ci. Elle tenta de reprendre contenance.

– Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ?

– Ah… Quelle déception.

La vieille regarda le plus petit des deux avec une certaine méfiance.

– Madame ne nous reconnaît pas, me voilà si déçu…

– Je me répète : qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? De l'argent ? Des informations ?

– Je suis déçu, mais si déçu…

– Répondez-moi !

– C'est une épine qu'on me plante dans la poitrine… Naël, n'es-tu pas déçu ?

La vieille se figea. Elle porta lentement son regard vers l'arabe alors que ses lèvres tremblaient. Elle recula de quelques pas avant de tomber au sol, tremblante comme une feuille.

– Ah, je crois que tout commence à lui revenir… Oh, la joie s'empare de moi tant me voilà heureux !

– Naël Trabelsi et Akira Tanaka ?

Akira explosa de rire alors que Naël restait neutre et immobile. La femme recula au sol sans lâcher le jeune homme du regard.

– Oh, mais où allez-vous ? Cela fait si longtemps que nous vous cherchons !

Elle tourna la tête et vit que le japonais était à quelques millimètres d'elle. Elle tenta de se lever, en vain. Akira sourit et petit à petit, les choses qui avaient engloutit les civils firent réapparaître ces derniers en position de croix. Certains étaient assommés alors d'autres se débattaient comme ils le pouvaient.

– Mesdames et messieurs, bonsoir et bienvenue à notre nouveau spectacle qui se nomme « Les Cauchemars » ! Nous sommes heureux de vous avoir avec nous ce soir, profitez bien du spectacle car vous voilà aux première loges…

L'espace autour de tous se fit noir et alors que Naël et Akira disparaissait, une lumière vint éclairée la femme qui paniquait complètement.

– Ici et maintenant nous suivrons Satomi Watanabe, une chercheuse mondialement connue !

La femme fut mise sur un pied d'escale et tout le monde la regardait sans comprendre la situation.

– Jeune fille, elle a toujours aimé les sciences et les mondes parallèles. Passionnées de lecture, aimante, elle se plongea dans des recherches dès qu'elle eut l'âge avec le docteur Kyudai Garaki, un homme qui a révolutionné les principes de la science !

Les habits de la femme, c'est-à-dire sa blouse blanche, son t-shirt noir et sa jupe longue marron changèrent de couleur pour devenir une simple et longue robe noire à col roulé et manche longue. Un collier vint se poser sur son cou et elle criait de peur. Les autres chercheurs la regardaient avec incompréhension alors que ses larmes coulaient tel un torrent.

– Voyant que tout cela ne servait à rien, ridiculisée, humiliée, elle arrêta ses recherches et devint scientifique pour arrêter les maladies telles que le cancer et le sida… Une femme illustre qui se battit toute sa vie pour son but, à la recherche de remède, motivée par la mort soudaine de son père, mort d'un cancer des poumons… Quelle belle histoire, n'est-pas ? Touchant, émouvant, surprenant… Mais si faux…

La situation prit un tournant. Satomi était debout et des chaînes la reliées au sol, l'empêchant de s'enfuir. Akira apparut à sa droite et Naël derrière elle. Elle se sentait trembler comme une feuille et son corps se tendit. Ses jambes flageolante lâchèrent et elle pleurait sans pouvoir s'arrêter. Sa vessie lâcha aussi sous le regard dégoûté des deux jeunes garçons.

– Oh dieu, c'est abominable. Elle n'a plus de dignité ? Oh, m'en voilà révulsé.

La vieille pleura alors que ses collègues eurent un mouvement de recul.

– Bon… Akira soupira, Et si maintenant, vous révéliez la vérité ?

La femme trembla davantage et osa lever le regard vers le bleu. Ce qu'elle vit la fit figer d'horreur alors qu'elle resta plantée, là sans pouvoir faire quoi que ce soit d'autre. Ses yeux ne pouvaient quitter cet air démoniaque qu'il abordait, ce sourire angélique accompagné de yeux plus fous que le plus fou des fous.

Elle était prise dans ses filets comme un pauvre insecte prit dans une toile d'araignée et ne pouvait s'en défaire.