La longue marche d'hiver
Note D'auteur:
1. Je n'avais vraiment pas prévu de m'en prendre à Dumbledore en commençant cette histoire, mais ma muse lui en voulait un peu dans ce chapitre. (donc si vous aimez Dumbledore, sachez qu'une fois sur deux et selon la fiction, je l'aime aussi ^^).
2. Voldemort n'est pas mort quand le don du Dieu serpent a été retiré, il a juste perdu la magie du serpent et le langage, mais a gardé la magie qu'ont tous les sorciers. Par contre, il ne survit pas à ce chapitre ^^.
3. J'ai passé de longues heures à corriger fautes et conjugaisons, donc il y en aura moins que dans les deux autres chapitres (j'espère).
4. Le slash n'arrive qu'en fin de chapitre. Rien de très visuel, juste le couple qui se forme et un baiser. Rien de plus. Normalement, le chapitre 4: le printemps, verra un autre couple se former (Severus avec le personnage d'un manga puisque ça sera un crossovers... avec Love Mode si j'y arrive ^^).
5. J'ignore si Remus aura quelqu'un, quoique je viens d'avoir une idée avec un autre personnage de Love Mode.
6. Si vous ne connaissez pas love mode: Les scans sont tous traduits sur le site 'les archives de Mimi Yui'. Tapez ça dans la recherche google et vous trouverez le site. Le manga est génial. Enfin le premier tome est bien, mais les suivants sont encore mieux ^^.
Bonne lecture, et si j'ai oublié de répondre à vos questions, je verrai la prochaine fois. Pour le chapitre du printemps, je ne sais pas quand je pourrais le faire et combien de temps il me faudra. J'ai toujours plus de difficulté avec les crossovers.
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Harry s'étala de tout son long sur le tapis de sa salle de sport. Il venait de finir sa leçon d'art martial avec Maître Li. Ou plutôt Maître Li venait de l'achever après une longue série d'exercices. Harry était à plat.... ventre sur le sol... et comptait bien rester ainsi aussi longtemps que possible. Bien entendu, son professeur n'étant pas d'accord, le jeune sorcier se retrouva assez rapidement debout aux côtés de son maître. Harry sourit gentiment et sans aucun remords avant d'incliner le haut de son corps en un salut respectueux. Maître Li lui donna une enveloppe et lui souhaita une bonne semaine, puis sortit sans plus rien dire. Harry resta un long moment étonné de l'attitude de son maître. Habituellement, l'homme lui faisait faire des mouvements pour détendre ses muscles, l'envoyait se doucher, et prenait un thé avec lui au coin d'un feu. Pendant près d'une heure ils discutaient des évènements présents et passés du monde. Maître Li avait enseigné plus à Harry en histoire et géographie qu'aucun professeur avant lui. En un mois, Harry avait gagné de grandes connaissances et une grande passion pour ces deux sujets, et regrettait amèrement que Poudlard ne lui ai jamais apporté un tel sentiment.
Alors voir Maître Li quitter sa demeure sans un mot et sans un regard en arrière était inquiétant. Harry secoua la tête et ouvrit l'enveloppe, en sortant un parchemin soigneusement plié. Ses mains tremblantes ouvrirent la lettre.
Mon bien aimé élève,
Rarement l'occasion d'enseigner m'a donné un tel sentiment d'accomplissement. Mon art est l'un de ceux qu'il faut entretenir toute une vie et de ce fait pas un jour ne passe sans que je reçoive visite de l'un de mes protégés.
Pour vous, j'ai changé mes habitudes. Vous n'aviez besoin de moi que le temps d'apprendre à vous défendre. Les gobelins n'auraient jamais fait appel à moi si votre vie n'était pas en danger. Ils savent que j'enseigne une personne à vie. Pour vous j'ai fait exception. Dés le début j'avais conscience que la décision d'arrêter viendrais plus tôt que tard. J'ai attendu d'être sûr que vous étiez prêt.
Vous étiez tellement blessé et fragile. Je me demande encore qui as laissé ces cicatrices sur votre esprit. Et espère que cette ou ces personnes n'ont plus aucun pouvoir sur vous. Quoique, au vue des précautions des gobelins à votre égard, je pense que vous êtes à l'abri.
J'ai été heureux à votre retour de ce parc, le premier jour où vous avez osé annuler notre session, de voir la lumière revenue dans vos yeux. Cette petite lueur qui manquait. Pas ce feu de pouvoir et de courage dont votre âme vibre, mais la flamme de vie. Il vous manquait une raison de vivre, ou vous l'aviez perdue. Je vois en tout cas qu'elle est revenue.
C'est ce que j'attendais pour pousser nos exercices à leur maximum et vous guider plus loin dans mon enseignement. Maintenant... je n'ai plus rien à vous apprendre.
Il ne vous reste plus qu'à voler de vos propres ailes.
Vous n'êtes pas l'un de ceux qui viennent à moi pour entrer la voie de mon art. Vous êtes le seul que mon art devais pousser dans la bonne direction, puis laisser aller. Votre voie n'est pas la mienne.
J'aurai aimer être témoin de votre envol et de votre art naissant. Vous m'en avez offert un aperçu. Ce livre pour enfant était une surprise. Jusque là je ne savais pas ce que votre coeur cachait vraiment. Vous aviez peur de ne pas trouver votre avenir, et au final c'est lui qui vous a trouvé.
Merci de m'avoir montré votre âme et votre coeur. Et merci pour cette occasion de participer à ce que sera votre vie.
Je vous quitte dans cette vie d'apprentissage, et souhaite vous voir un jour prochain. Lorsque vous serez maître de votre art, et il ne restera rien du maître et de l'élève. C'est la raison de cet au revoir. Tant que je reste vous serez élève. Je part pour vous laisser maître. Et comme je sors de votre maison, je reviendrais à nouveau, entrant par cette même porte.
Ce n'est pas un adieu.
Alors à bientôt jeune maître en devenir. Et que votre feu brille sur bien d'autres encore.
La lettre n'était pas signée. Peut-être parce que ce n'était plus, à la fin, un mot d'un maître à son élève. Mais d'un maître à un autre. Harry espérait qu'il gagnerait ce titre un jour. Mais savait qu'il n'était qu'aux premiers jours de son art.
Dans tous les cas, la lettre ne se terminait pas sur une signature, et lui offrait cette ouverture sur un avenir, aussi lointain soit-il, de retrouvailles. Ce jour n'était pas la fin de ce qu'il savait avoir le potentiel d'une amitié sincère.
Harry entra dans son salon et marcha vers l'une des fenêtres. Dehors, des flocons de neiges tombaient en abondance sur le sol déjà blanc. Le vent soufflait fort et les arbres alourdis par leur manteau d'hiver en étaient tout de même malmenés. La tempête se formait lentement mais sûrement. Cet hiver serait long.
Harry cligna des yeux, essayant de chasser l'illusion... mais peut-être n'en étais-ce pas une? Un loup aussi blanc que la neige se trouvait sur le chemin de sa maison. Il semblait épuisé et rampait plus qu'il ne marchait, s'enfonçant souvent dans les centimètres de neiges. Aussi difficile que soit son avancée, l'animal continuait. Harry pouvait voir dans tous les muscles tendus du loup qu'il n'abandonnerait pas. L'animal leva des yeux d'un ambre terne vers lui. Un instant de reconnaissance passa dans le regard fatigué. Une petite lueur de vie dans cet ambre mourant. Le coeur de Harry cessa de battre.
"Non. Non." Chantait-il dans un murmure. "Non." Et sans attendre le jeune sorcier couru vers la porte d'entrée, l'ouvrant avec plus de force qu'il n'aurait cru avoir. Luttant contre la force de l'air et le froid, il alla vers le loup blanc qui rampait toujours. Chacun allant vers l'autre avec plus d'insistance, de force, de vie. Et enfin... Harry attrapa le loup dans son étreinte et le souleva sans mal. Le loup n'avait que la peau sur les os. Si mince qu'il ne pesait rien. Sentant le corps humain, la créature se serra contre le jeune homme, tremblant tellement... tremblant...
Harry, malgré la légèreté de son fardeau, eut du mal à revenir en arrière. Mais dés la porte franchit il la ferma d'une pensée. Juste parce qu'il voulait empêcher le froid d'entrer, la porte claqua et se verrouilla. Le sorcier ne s'arrêta pas au salon mais alla directement dans sa chambre. Il posa le loup sur les couvertures, l'enroula soigneusement et le souleva à nouveau pour l'emmener près du feu allumé dans le coin opposé. La magie, sentant son désir de chaleur ranima les flammes pour lui. Alors il se mis à frotter le corps du loup avec les draps. Mais l'animal avait fermé les yeux et ne se réveillait pas.
Harry retira ses vêtements, ne gardant qu'un caleçon, et après avoir récupéré d'autres couvertures, et avoir créé un refuge de coussins autour d'eux, il s'allongea contre son protégé. Il offrit sa chaleur au loup, le couvrant autant qu'il pouvait, et aussi près du feu que possible. Puis, épuisé, s'endormit avec un esprit plein d'inquiétude.
Dans ses rêves il marchait en pleine tempête et son esprit était brumeux. Il cherchait quelque chose mais ne se rappelait pas quoi. Il était humain, mais l'homme en lui ne comprenait pas ce qu'il voulait, où il allait, ce qui le motivait. Alors il restait loup, parce que l'esprit animal savait. Le loup voulait poursuivre ses recherches et avancer toujours vers son but. Il ne pourrait s'arrêter qu'après avoir trouvé ce qu'il voulait. Harry avait si froid, même dans son rêve. Et il avait si mal. L'angoisse du loup entrait en lui et s'unissait à lui. Ne pas trouver serait sa mort. Et puis, levant les yeux, se sentant si proche, il vit les deux yeux verts cachés derrière une fenêtre. Lui.... c'était lui qu'il cherchait. Celui qui vivait là. Et si l'autre ne le voulait pas, et s'il marchait jusqu'à l'autre pour être rejeté? Et si... Mais il ne pouvait que continuer. Le vent était si fort qu'il failli s'envoler, ou rouler ou s'enfoncer dans la neige. Il ne savait plus. Il marchait. Et puis... l'autre venait vers lui et l'autre luttait contre les éléments. Luttait pour lui. Il n'était pas venu en vain. Et l'autre enfin l'atteignait et le réchauffait de sa présence. C'est lui que le loup cherchait. Même s'il ne se rappelait plus qui était cet autre. Il savait que cet autre était important. Qui qu'il soit.
Un rien de douceur glissa sur la joue trempée de Harry. Le froid diminua, et l'esprit loup se sépara de lui. L'eau dont il était couvert après cette marche dans la neige, avait fondue, disparue. Le décor d'hiver s'était enfui. Le rêve n'était plus qu'un coin de lumière au milieu d'un champ d'ombre. La douceur se fit plus pressante sur son visage. La sensation d'une main invisible. Et puis.... lentement... Harry commença à revenir à lui, laissant les dernières traces de rêve. Il ouvrit les yeux.
Deux ambres brulantes le perçaient de part en part. Le voyant éveillé, ce qui avait été un loup se jeta sur lui et l'emprisonna de deux bras puissants. Il restait de la force dans ce corps épuisé. Harry ne cherchait pourtant pas à fuir. Il connaissait l'homme loup. Il aimait l'homme loup. Il avait cru en quittant son passé l'avoir protégé des dangers qui l'avaient toujours suivis. Apparemment, l'homme loup n'avait pas été d'accord avec cette idée. Et le coeur de Harry se serrait d'un bonheur qu'il ne croyait pas être possible. Mais l'homme loup était là... et l'empêchait de respirer.
"Remus.... j'étouffe..." Choqua le jeune homme contre son compagnon. L'étreinte se desserra... juste assez pour qu'il respire. Harry se pencha en arrière, autant qu'il le pouvait. Son regard se posa sur le visage émacié et vieilli de cet être qui était son dernier parent vivant. Son second père de coeur. Il posa sa main sur la joue de l'homme et murmura pendant de longues minutes des mots d'un amour sincère et profond. Il pourrait passer sa vie à les dire à cet homme s'il le fallait. Parce que Remus avait besoin de lui. Il l'avait prouvé en venant jusqu'ici.
"Qui...qui... es-tu?" Demanda Remus à Harry.
Evidemment, le sortilège d'oubli n'avait pas été brisé. Pourtant l'homme était venu. Ou plutôt le loup. Alors Harry caressa le visage de Remus et dit:
"Du sort je te libère et de mon coeur t'enchaîne. Car seul ce lien peut la magie briser." Il avait retenu ce contre sort, parce qu'il avait passé des heures à étudier la page du sort d'oubli avant de décider de le lancer. Et il ne regrettait pas de s'être souvenu.
"H...Ha...Harry." Bégaya Remus. Des larmes coulaient sur ses joues pâles. Et les mains de l'homme parcourait le visage de Harry sans retenue. "Harry." Chantait l'homme dans un murmure. Il y avait de la joie, et de la peur. Et Harry, comprenant la blessure de l'autre parla à nouveau.
"De mon âme je te choisis et de mon coeur te promet. A jamais en ce jour l'un à l'autre sommes tout. De l'homme et du loup je suis l'enfant. De l'homme et du loup je suis le petit. Liés pour toujours et pour l'éternité." La magie vibra autour d'eux, entrant dans leurs deux corps et finissant de retirer l'eau et le froid de la neige. C'était une promesse qu'il ne pourrait pas briser et qui s'étendrait à toute vie qu'il aurait au-delà de celle-ci.
"Harry." Murmura Remus dans ce doux murmure un peu roque d'une voix longtemps inutilisée. Et dans ce mot, Harry sut que son sort ne suffisait pas. N'était plus assez pour celui qu'il avait ainsi blessé. Alors il regarda l'homme loup et d'un mot lui offrit plus.
"Legilimens."
Ce sort ne servait pas uniquement à voir dans l'esprit d'un autre mais aussi à lui laisser voir. Harry ouvrit les portes de leurs deux esprits et se lia à son père une seconde fois. Il laissa ses mémoires ouvertes à l'autre sans regret. Et puis, dans le tourbillon constant il se perdit un instant et se sentit envahi des mémoires de l'autre, des pensées et des cris de l'autre. Et la douleur omniprésente de son compagnon l'entraîna dans un puits de ténèbres sans fond.
Il s'éveilla pour la seconde fois, le dos pressé contre le torse de l'autre. Et l'une des mains, plus grandes que les siennes, caressait ses cheveux.
"Pardon Harry. Pardon. Je ne savais pas tout ce que tu vivais. Je ne voyais que le loup et ma souffrance. Je ne voyais en toi que l'enfant et l'adolescent, pas l'âme adulte et blessée. Pardon. J'étais si sûr que Dumbledore faisait pour le mieux. Et je voulais tant voir Voldemort disparaître que j'étais prêt à croire que tu pouvais le détruire. Pardon."
"Chut." Murmura Harry. "Tu as été blessé si longtemps sans moyen d'être guéri, que tu ne pouvais pas voir la douleur d'un autre. Tu as été seul toute ta vie. Même quand mes parents et Sirius étaient là. Avant eux, tu étais un enfant tout juste mordu par un loup garou et condamné à une vie de paria. Et le ministère avec ses lois et ses préjudices t'as enfoncé un peu plus chaque jour dans ces ténèbres. Poudlard était une chance, mais tu devais garder ton secret pour te faire des amis. Et ensuite, quand tes amis ont découverts, bien qu'ils t'ont soutenus et aidés, ils n'ont pu soigner tes blessures. Ils ne pouvaient qu'alléger le poids. C'était aux adultes de te protéger et de te veiller. Qu'est-ce qu'un groupe d'adolescents pouvaient vraiment faire contre une enfance de douleur? Puis... il y a eu la guerre, et la mort. Et tu devais survivre à la fois les mangemorts, le ministère.... et la vie de tous les jours. Trouver un travail pour manger et avoir un toit. Aider Dumbledore et son groupe à se battre. Rester entre les barreaux de la prison que formaient les lois du gouvernement magique. Et un jour... tout perdre. Mes parents morts, Sirius arrêté, et moi envoyé au loin. Tu étais seul. Revenir pour ma troisième année et revoir Sirius.... ce n'était qu'un petit bonheur et non un remède à ce mal qui te rongeait. C'est moi qui te demande pardon Remus. Pardon d'être parti sans toi. Pardon d'avoir cru que c'était pour ton bien et en même temps de ne pas avoir cru que je comptait suffisamment pour toi... pour que que tu veuilles de moi."
"Mon petit." Grogna Remus.
"Je sais maintenant ce que je ne savais pas alors."
"J'aurais pu faire tellement pour te montrer, te prouver, ce que tu étais pour moi Harry. Nous avons tous les deux des torts. Ne me laisse plus jamais Harry?"
"Tu m'as sur le dos pour longtemps. Tu es et seras mon père pour le reste de cette vie et toutes celles à venir."
"Merci." Murmura l'homme.
"Pardon Remus."
"Pour quoi." Fit la voix angoissée.
"Pour t'avoir donné des cheveux blancs." Répondit Harry. Alors la seconde main de l'homme, qui l'avait gardé serré contre lui, s'abattit... ou plutôt attaqua ce point si sensible de ses côtes qu'il éclata de rire sous l'assaut. Et Remus se réjouit de ce son merveilleux que ses mains provoquaient. Harry n'était pas trop grand pour échapper aux chatouilles. Harry n'était pas trop grand pour ne plus avoir besoin de lui. Harry était son petit pour toujours. Le loup était content. Et l'homme aussi.
Au bout de plusieurs minutes, Harry put enfin se retourner dans l'embrasse de son père et le regarder avec de nouveaux yeux.
Remus était squelettique, pâle. Mais ses yeux d'ambres tristes avaient regagné un peu de vie. Ce qui choquait le plus était les cheveux blancs comme la neige. Le choc de l'abandon de son petit l'avait fait vieillir. Et comme les mèches n'étaient plus brunes, le loup aussi avait pris la teinte blanche.
"J'ai... vu... ce que tu as vécu depuis mon départ mais je n'ai pas compris tout ce que je voyais." Annonça Harry.
"Alors je vais t'expliquer." Répondit Remus. "Je ne sais plus qu'elle heure du jour ou de la nuit il était. Nous étions en pleine réunion de l'ordre du phénix. Nous parlions de toi. Je voulais venir te voir et parler de Sirius, mais Dumbledore refusait. Il disait que tu serait mieux sans que je vienne t'enfouir sous mon propre fardeau de peine. J'étais prêt à me battre pour avoir le droit de te voir. Quand soudain, une vague de magie est passée sur nous. Je me rappelle que c'était froid, si froid. Dumbledore l'a senti et a cherché à savoir ce que c'était. Il a envoyé Severus se renseigner chez les mangemorts. Un jour plus tard l'homme n'était toujours pas revenu. Et Dumbledore s'inquiétant de plus en plus a voulu aller te chercher pour te mettre à l'abri. Il avait un mauvais pressentiment. Mais..."
"Il avait oublié le nom et l'adresse de son sauveur." Termina Harry.
"Oui. Et peu à peu nous avons compris qu'aucun de nous ne se souvenait. Dumbledore pensait que Voldemort était responsable et pour contrecarrer les plans de son ennemi est allé au ministère pour prendre ton adresse. Il pensait que seuls ceux dans la maison avaient été touchés."
"Combien de temps?" Commença Harry.
"Il nous a fallu deux jours pour voir que tout le ministère était dans le même cas que nous. Puis la rumeur de ce qui arrivait est sortie dans les médias et sorciers après sorciers ont réalisés... Personne ne se souvenait de toi. Ton nom, ton visage. Il ne restait plus rien. Mais pendant que le groupe essayait d'en savoir plus et parcourait le pays à la recherche d'une magie plus puissante qui marquerait ta présence, le loup en moi s'agitait. Après une semaine, j'avais attaqué verbalement presque tous les membres de l'ordre, et Dumbledore a fait passer le mot que je tournais mal. Ou que peut-être j'étais responsable de l'attaque qui leur avait fait t'oublier. Apparemment, ton sort a enlevé les souvenirs de tes parents, des circonstances de leur mort, de l'arrestation de Sirius et de son innocence, et de tout ce que j'ai fait pour prouver mon attachement à la cause. J'étais suspicieux alors qu'avant ton sortilège j'étais l'un des membres les plus sûrs. Ils m'ont piégé et fait boire du veritaserum. Je n'ai pas menti une seconde à leurs questions et ils étaient irrités que je n'avoue rien. Alors le loup s'est enragé et j'ai pu me libérer. J'ai collé Dumbledore et les autres à un mur et les ais insultés. Je leur ai craché dessus avant de partir de cette... maison de malheur."
"C'est une partie de ce que j'ai vu. Tu les traitais de traîtres et leur disais que tu ne voulais plus jamais rien avoir à faire avec eux. Mais après?"
"Je suis sorti dans la rue. Et tout d'un coup plus rien n'avait d'importance pour moi. Alors le loup a pris le relais. Il avait un but. Quelque chose que je ne comprenais pas et qu'il voulait plus que tout. J'ai quitté la ville à pied. J'ai voyagé pendant des heures, des jours. Chaque seconde qui passait emmenait le loup plus près de la surface. Et puis un matin, je n'étais plus que loup. Tout est trouble après ça. Le besoin de trouver... de te trouver. Et la marche du loup de la fin de l'été, jusqu'aux mois d'automnes. Je me rappelle avoir nagé. L'eau était si froide et les vagues si hautes. Je crois que la magie m'a sauvé de nombreuses fois de la noyade. Il y avait des bateaux.... mais même là ils ne me voyaient pas. C'était mieux. Je ne sais pas ce qu'ils m'auraient fait. Après tout j'étais un loup. Quand j'ai touché terre à nouveau, l'air commençait à changer. Le loup pouvait sentir l'hiver arriver. Un camion était arrêté non loin. La magie me disait qu'il allait où je voulais. Je suis monté. J'ignore combien de temps a passé, combien de distance. J'ai fini par sauter du camion en marche et par marcher. Le sol était couvert de neige et l'air était gelé. Le loup était désespéré. Il avait peur de ne pas être accepté et à travers lui, avec lui, je ressentais la même chose. Jusqu'à ce que je vois tes yeux par la fenêtre. Tu étais si proche et si loin..."
"Mais j'étais réel et je t'ai accepté."
"Oui. Tu m'as accepté." Murmura Remus. Les deux sorciers se serrèrent plus près l'un de l'autre, et en même temps leurs paupières papillotaient et se fermaient. Il faisait chaud dans leur petit refuge. Il faisait bon exister dans cet endroit hors du temps. Alors le sommeil les avait trouvé sans mal.
Un mois... un mois d'hiver de plus. Remus avait été soumis aux bienfaits des gobelins. Il n'y avait pas meilleurs guérisseurs qu'eux. Bien sûr, ils avaient l'avantage de pouvoir placer toute une demeure à l'écart du temps normal pour le reste du monde. C'est à dire qu'ils avaient des sorts proches d'un remonteur de temps, qui permettaient d'enfermer un endroit dans une 'poche de temps' dans laquelle un mois équivalait à une journée dans le reste du monde. Alors, tandis qu'un mois avait passé pour eux, le reste de la ville n'avait vécu qu'une journée. Profitant de cette chance, un mois était devenu cinq, pendant que cinq jours passaient à l'extérieur. Le choix avait été celui des gobelins. Deux des nouveaux tuteurs de Harry avaient un temps limité avant de devoir reprendre leur place dans des projets importants. Hors, ils n'auraient pas d'autres moments de libres avant plusieurs années une fois leurs projets démarrés. Les professeurs avaient accepté sans protestations de vivre 'hors du temps' pendant plusieurs mois, afin d'éduquer leur élève et de profiter de 'vacances ' plus longues. La maison était grande, avec un beau jardin, était bien stockée au niveau de la nourriture et autres essentiels. Deux guérisseurs gobelins et un sorcier avaient rejoins l'aventure pour remettre Remus sur pied. Alors pendant cinq mois, pendant que Remus récupérait, tout en gardant un oeil sur son petit, Harry apprenait. Il venait de finir les cours de potions. Il n'était pas allé plus loin que le niveau de fin d'études de Poudlard. Parce qu'il n'avait pas plus d'intérêt de poursuivre ce sujet. Mais au moins il ne faisait plus rien exploser. Au grand bonheur de son professeur. Ce n'est pas qu'il était mauvais, mais il avait gardé un si mauvais souvenir de ses cours à Poudlard, que sa magie interférait avec les leçons. C'était un réflexe magique rare qui prouvait à quel point Harry avait été blessé par la manière d'enseigner de Severus Rogue. Après cet été passé, si lointain à présent, Harry avait du réapprendre à vivre. Un peu comme un bébé qui apprend à marcher. Il avait recommencer tout sans l'influence de Poudlard et des mangemorts, et du ministère... Et en effaçant leurs influences, il n'était pas surprenant qu'il soit resté quelques traces marquantes de certains évènements et qu'il n'ait pas pu s'en débarrasser aussi 'facilement'. Severus Rogue était resté dans sa mémoire... malheureusement. Il respectait ce que l'homme faisait pour le côté de la lumière dans la guerre... mais en tant que professeur il avait brisé toute chance pour Harry d'un jour aimer le sujet des potions. Et le stress d'avoir passé des heures avec des serpentards qui sabotaient son travail, avait eu des résultat inattendus. Pendant longtemps la magie de Harry avait simplement reconstitué les circonstances dont se souvenait Harry.... et ainsi ses potions n'avaient cessé d'exploser. Son tuteur maudissait régulièrement un certain Severus Rogue. Harry espérait que son ancien professeur n'était pas vraiment victime de toutes les catastrophes que lui souhaitait le tuteur. Cela aurait été douloureux pour l'homme.
Les deux autres classes étaient plus faciles parce que Harry était doué dans le domaine de la défense contre les forces du mal et les charmes. Du moins il était devenu doué en charme après avoir compris leur utilité dans un duel. Dans tous les cas, Harry se débrouillait bien et avait atteint le niveau d'études de tous les jeunes sorciers de ce pays. Sans compter qu'avec les trois guérisseurs il avait pu apprendre leur art du point de vue des sorciers et de celui des gobelins. Harry avait adoré ces leçons. Remus avait détesté ces leçons... Parce qu'il avait servit de patient test.
Un mois s'écoula. Puis un second, et un troisième. Un quatrième... et un cinquième. Et à l'aide de potions, d'exercices que Harry fournissait grâce à ce que lui avait enseigné Maître Li. Grâce à la présence et l'amour de Harry, l'homme loup avait fini par guérir. Ce n'était pas simple, ni facile, mais c'était rendu moins difficile que sans cette 'poche hors du temps'. Et puis, l'expérience qu'avait vécu Remus en se transformant totalement en loup pendant plusieurs mois et en vivant avec l'instinct du loup, l'avait changé. En partageant l'âme du loup et en suivant l'appel de son coeur, Remus s'était profondément unis avec la créature. La lune n'avait plus le même pouvoir sur lui. Remus pouvait se transformer tous les jours et l'esprit uni de l'homme avec le loup était tellement instinctif dans sa façon de vivre, que le loup était constamment libre. Puisqu'il n'était plus enfermé dans l'esprit de Remus, mais vivait avec lui, le loup ne cherchait plus à déchirer sa prison de chair ni à démembrer tout humain de cette race qui lui avait servi de prison. Remus et le loup étaient libres et de ce fait, le pouvoir de la lune était absorbé avec bonheur et au lieu de changer l'homme en loup, il aidait l'homme loup à soigner un peu plus des dégâts faits à son corps par les années.
Petit à petit Remus retrouvait un corps en bonne santé. Et bientôt la seule trace de son dur labeur dans cette vie, était ses cheveux blancs comme la neige.
Cinq mois. Il avait fallu cinq mois. Et en sortant de leur bulle magique de temps, il n'était passé que cinq jours dans le reste du monde. Les tuteurs étaient partis, pleins de cette nouvelle expérience qui les avait eux aussi un peu changé. Les au revoir n'étaient pas des adieux. Un jour ils se croiseraient à nouveaux. L'expérience avait eu du bon. Les gobelins avaient pris un dernier repas avec leurs hôtes. Surtout pour tester Harry et Remus qui avaient appris leur langage. Voyant que les deux sorciers avaient bien en main la langue des gobelins, les deux guérisseurs entraînèrent leur collègue sorcier hors de la maison. L'homme n'eut que le temps d'attraper une part d'un délicieux gâteau et de leur souhaiter une belle vie.
Deux jours plus tard, Remus joignait Harry dans ce qui était devenu sa nouvelle vie. Le matin, arrêt au parc pour écrire de nouvelles histoires et discuter avec le groupe de mères qui se trouvait là. Souvent Harry et le groupe de femmes, avec parfois un homme ou deux présents, faisaient des projets pour des lectures dans des écoles ou différentes associations que chacun soutenait. Harry néanmoins avait gardé deux jours par semaine pour lire dans un hôpital pour enfant. Il n'eut aucun mal à faire de Remus un volontaire de plus. Après tout, l'homme aimait les enfants et faisaient les voix des différents personnages des princes et autres avec génie. Il était étrangement doué pour faire le grognement du grand méchant loup, à la plus grande joie des tous petits. Harry avait une ou deux fois (à chaque histoire du chaperon rouge) aidé les enfants à attacher le loup pour 'sortir' ses victimes de son ventre. Il suffisait de soulever la chemise du jour et d'enlever des marionnettes à la forme d'une grand-mère et d'un chaperon rouge... Les enfants adoraient. Remus râlait le soir à la maison, mais sans grande conviction. Remus aimait vraiment ces enfants.
Bien sûr, il y avait les malades qui étaient en fin de vie. Comme l'avait été Phoenix. Et bien sûr Harry était toujours blessé quand ça arrivait. Mais il continuait et les aidait à sa manière à passer de l'autre côté. Il avait un don après tout qui le liait au passeur d'âmes. C'était l'une de ces choses qui avait inquiété Remus, jusqu'à ce qu'il assiste à la mort de l'un des enfants. Harry avait assisté la famille autant que le petit, et à la demande générale avait lu le livre du bébé, du sorcier et du phénix. Souvent quand il finissait cette histoire, les parents lui disaient espérer que leur enfant se soit aussi envolé avec le dragon. Après ça, Remus avait compris et avait aidé.
Père et fils, parce que c'était ce qu'ils étaient l'un pour l'autre, s'étaient rapprochés. Ils faisaient une belle paire au milieu d'un groupe d'enfants malades, parfois à lire, mais parfois aussi à se déguiser et à jouer. Remus était un clown magnifique avec un nez rouge impossible à enlever. Les enfants avaient essayés de retirer le beau nez rouge sans succès. Quand ils demandaient pourquoi ça ne partait pas, Harry répondait 'c'est magique'... Remus grognait et partait à sa poursuite. Il fallait dire que Harry l'avait ensorcelé pour qu'il ressemble à un clown. Alors les enfants assistaient à la chasse en aidant le clown, qu'ils adoraient, à trouver Harry. Lorsque Remus l'attrapait, il l'entraînait dans une pièce et en ressortait après quelques minutes avec un Harry transformé... en clown. Et le mystère restait de savoir comment il était maquillé et habillé en quelques minutes à peine alors qu'il aurait fallu plus de temps. Et Remus murmurait joyeusement 'c'est magique', et Harry se mettait à le poursuivre. Les enfants de l'hôpital étaient aux anges avec ces deux là.
Et puis vint le jour. Deux mois avaient passés depuis l'arrivée de Remus dans le pays. Deux mois si on ne comptait pas les cinq vécus hors du temps à guérir. Et ces deux mois de bonheur grandissant furent interrompus. Une lettre arriva un matin, par hibou. Sur l'enveloppe quelques mots: A mon meilleur ami et frère. Le hibou s'était posé près de Harry. Il avait pris et ouvert le message avec des mains tremblantes.
Mon très cher frère,
J'ai eu cette chance de ne pas t'oublier. Je sais que tu n'avais pas vraiment d'autre choix ni pour ma grand-mère, ni pour Luna, ni pour moi. Nous avions besoin de nous rappeler de toi pour savoir que j'étais le choisi de la prophétie et que je devais m'éloigner de Poudlard et de tout autre danger.
Merci de m'avoir laissé cette liberté de me souvenir. Je sais que tu as du penser à mes parents, enfermés dans cet hôpital dont ils ne sortiront jamais. Je sais que tu ne voulais pas toucher à ma mémoire par respect de cette mémoire qu'ils ont eux perdus il y a longtemps. Ne proteste pas, je n'ai aucun doute que tu y as pensé.
Toujours est-il que beaucoup est arrivé depuis ton départ. Le sort d'oubli a marché et l'Angleterre a perdu l'un de ces plus précieux trésors: toi. Néanmoins, j'en suis heureux. Je peux sentir que tu es libre quelque part. Et cette seule idée m'aide à tenir. J'ai demandé et obtenu la main de Luna l'été passé. La cérémonie de promesse a été simple et discrète. Et parce que nous étions liés par la magie, Luna devait venir avec moi là où j'allais être apprenti. Loin de Poudlard. Elle n'était pas très perturbée par le changement de décors. Après tout elle a découvert un grand nombre de créatures inconnues (que je ne peux toujours pas voir et dont je ne me souviens jamais le nom). J'en suis venu à aimer ma fiancée de plus en plus. Ses excentricités, son humour (sans aucune limite et parfois sarcastique), sa beauté. Tout en elle fait mon bonheur. Le fait qu'elle aime les plantes, même si c'est parce que telle ou telle créature s'y abrite, est un bonus. Elle a aussi la main verte (en partie à cause de l'un des bonbons que les jumeaux ont mis en vente dans leur magasin de farces et attrapes, et en partie parce qu'elle sait s'occuper des plantes aussi bien que moi). Comme tu peux le voir, je suis amoureux.
Ma grand-mère dit que mon père agissait pareil avec ma mère. J'aime l'entendre parler de mes parents. Elle est incroyablement heureuse et libérée depuis que nous avons quitté l'Angleterre pour m'entraîner. Elle a peur de me perdre, mais profite de chaque instant et a appris à me faire confiance. Elle a beaucoup rit de la déconfiture des sorciers anglais face au sort d'oubli... et m'en a fais baver pendant une bonne semaine après avoir compris que j'y étais pour quelque chose. Même si je n'ai fais que te passer l'information.
Excuse moi, quelque chose se passe, je poursuivrait cette lettre plus tard.
Harry eut un étrange sentiment aux derniers mots précipitamment écrits. Surtout en voyant qu'au lieu de poursuivre sur la même page qui avait encore de la place, Neville avait entamé une nouvelle correspondance.
Très cher frère,
Je n'ai ni signé ni envoyé la lettre que je voulais. Quelque chose est arrivé. Voldemort avait semble-t-il décidé d'attaquer le pays où je me trouve. Il voulait prendre contrôle ici afin d'avoir une base sûre. Il voulait avoir le contrôle d'un pays où ses hommes pourraient aller et venir à leur guise. Et où il pourrait déposer trésors de guerre et prisonniers en toute sécurité. Il aurait pu aussi bloquer l'Angleterre d'ici, les empêcher de recevoir l'aide d'autres nations.
Heureusement, les autorités d'ici sont compétentes et Voldemort a eu une mauvaise surprise. J'ai tout de même du m'en mêler. Et à ce moment je n'avais pas d'autre choix que de me révéler.
Harry... je comprends mieux ton état après avoir combattu Voldemort chaque année. Et le stress du monde sorcier pesant sur tes épaules. Après que j'ai repoussé Voldemort, les anglais sont arrivés en trombe et ont voulu me remmener avec eux pour que je fasse mon devoir envers mon pays. Etant apprenti hors d'Angleterre j'avais la chance d'être hors de leur juridiction. Mais ils ont bien faillis m'enlever sous les yeux ahuris des agents de l'ordre de mon nouveau pays. C'était sans compter l'arrivée de ma grand-mère qui les a envoyés valser avec brio. J'ai mis le souvenir dans une pensive pour pouvoir le revoir (surtout le passage avec Dumbledore, rappelle moi de te le montrer).
Le mauvais point est que Dumbledore a annoncé au monde que les sorciers s'étaient trompés de sauveur et que j'étais celui qu'ils attendaient tous. Je n'avais d'autre envie que de lui envoyer des sorbet citron empoisonnés. C'est la première fois que je hais une personne autant que Bellatrix Lestrange. Ce vieillard est manipulateur à souhait. Il fera tout pour que la prophétie se réalise. Il n'a toujours pas compris qu'elle n'aura pas besoin de lui pour arriver, ni qu'il m'a mis en plus grand danger que je n'étais déjà. Je crains devoir accélérer mes études spéciales et retourner dans ce pays qui nous fait tous deux tant souffrir. Je vais finir ici cette lettre. Je ne pense pas l'envoyer de suite. J'attendrais d'en savoir plus pour te donner des nouvelles.
A nouveau la page n'était pas signée, et un autre parchemin commençait. Harry, de plus en plus pâle, avait passé chaque papier à son père pour ne pas perde de temps plus tard. La lettre suivante le terrifia: elle était couverte de sang.
Bien aimé petit frère,
Après tout tu as un jour de moins que moi si je ne me trompe pas.
Il fait presque jour. Je viens de passer la pire nuit de ma vie. Je t'épargnerai le récit de mon retour en Angleterre et les dangers auxquels m'a exposé le 'vieillard qui ne sait pas s'occuper de ses propres affaires'.Tu devineras qu'ils étaient nombreux.
Cela fait à peine huit mois depuis ce lointain été. Je dois avouer que j'ai un peu triché grâce aux gobelins et certains sorts qui font passer le temps plus lentement à un certain endroit qu'à un autre.... donc en vérité cela doit bien faire 13 mois pour moi. L'un des gobelins a laissé entendre que tu avais vécu la même chose. Ai-je le droit de dire que nous sommes étrangement similaire en toute chose? Ton serpent avais raison, la personne qui répondait à la prophétie devait être très proche de ce que tu étais. J'espère que cela ne te dérange pas de me ressembler petit frère.
Les évènements ce sont un peu précipités dernièrement. J'avais suivi de près toute nouvelle du front et j'avais eu la bonne surprise d'apprendre que Voldemort avait tué un serpent qui s'était introduit dans son manoir. J'étais mystérieusement le seul à me demander pourquoi il tuerait un serpent qui à l'origine lui appartenait. Ma source m'a révélé que le serpent avait été trouvé endormi dans la 'salle du trône' et qu'en voulant s'en débarrasser un mangemorts n'a fait que le réveiller. Heureusement, ou malheureusement selon le point de vue, Voldemort est arrivé et a massacré le serpent. Tout du long pensant qu'il s'agissait soit d'un animagus venu l'espionner soit d'une tentative d'assassinat à son encontre. Cela aussi m'intrigue beaucoup.... qu'il ait perdu non seulement un don que tu as toi aussi, mais qu'en même temps une bonne partie de son intelligence se soit envolée. C'est à croire que la plupart de ses talents ne venaient vraiment que du don du Dieu serpent. Possible. Malheureusement Voldemort avait toujours un talent magique puissant... et mortel. Et même si j'ignore comment tu lui as retiré le don du Dieu serpent, je t'en remercie car c'était une éclaircie au milieu de la tempête. Je sais que ça venait de toi...
Je suis triste de dire que des gens sont morts. Sans qu'aucun sorcier n'arrête ce monstre. Ils attendaient tous que leur sauveur revienne.
Et cette nuit... j'étais à une réunion de l'ordre du phénix qui se déroulait à Poudlard. Il semble que l'ordre, après avoir quitté ses quartiers généraux la dernière fois (je suppose que c'était peu après ton sort d'oubli), a oublié où se trouvait le bâtiment. D'où l'assemblée à l'école. Tout d'un coup les alarmes se sont affolées et même Dumbledore s'est trouvé ahuri. J'aime ce mot... Dumbledore et ahuri vont bien ensemble... Les mangemorts avaient franchis les barrières magiques de Poudlard. Voldemort était avec eux.
Le sorcier noir en avait assez d'être mené par le bout du nez par Dumbledore. Il faut dire que chacune de ses attaques contre moi était due à des renseignements qu'avait laissé passer le directeur à l'ennemi. Pour une fois, Voldemort voulait être à l'origine de tout, et gagner. Il a utilisé son espion dans nos rangs, un sorcier que tout le monde croyait inoffensif, et a obtenu l'heure et le lieu de notre réunion. Une fois certain que je serai là, il a lancé l'assaut.
J'ai eu de la chance: Severus Rogue m'a sauvé la vie. Nous étions en pleine bataille et j'avais déjà battu un grand nombre de mangemorts. Je me suis trouvé face à Voldemort et, pris par notre duel, n'ait pas vu Bellatrix derrière moi. Severus l'a vue. Il a couru vers elle, abandonnant son rôle d'espion qu'il avait préservé jusqu'à la fin au cas où je ne vaincrais pas le sorcier noir de service. Je n'ai pu voir que le sort qu'il avait lancé frappant cette femme qui m'a enlevé mes parents. Je n'ai pris aucun plaisir à la voir décapitée. Je n'avais pas le temps car Voldemort s'acharnait sur moi. C'est alors que Dumbledore a fait une erreur. Il a voulu créer un bouclier magique autour de Voldemort et moi. Soi-disant pour protéger les combattants autour de nous mais je sais que c'était pour que je ne puisse pas m'enfuir avant d'avoir accompli mon devoir. Son bouclier s'est mis à pomper la magie alentour pour s'alimenter et ne pouvant prendre que ce qui se trouvait à l'intérieur et non à l'extérieur (j'aurai bien aimé voir Dumbledore vidé de ses pouvoirs par sa propre faute), il a commencé à prendre de mon énergie avant d'attaquer celle de Voldemort. J'étais tombé à genou, sûr de mourir à cet instant, lorsqu'une flamme d'une grande beauté m'a séparé de mon ennemi. Au milieu du feu, un magnifique oiseau que nous connaissons bien. Fumseck était venu pour moi. T'ai-je jamais remercié de me l'avoir envoyé plutôt que d'avoir fait appel à un hibou? Non? Alors merci. Ce lointain jour où j'ai appris que j'étais celui destiné à battre Voldemort, j'ai aussi trouvé un incroyable ami. Je ne savais pas que c'était possible alors, mais cette nuit Fumseck m'a choisit. Par-dessus son lien avec Dumbledore et même celui avec l'école, ce magnifique phénix m'a choisit. Il a changé son lien de familier et m'a pris pour sorcier. Je me rappelle avoir entendu les cris de douleur de Dumbledore quand son familier a coupé tout lien avec lui en ma faveur. Je ne regretterai jamais ce moment. Parce qu'à l'instant où Fumseck s'est lié à moi, Voldemort a lancé le sort de mort sur moi. La magie du phénix unie à la mienne a renvoyé le sort sur l'envoyeur. J'ai senti comme plusieurs liens retenant Voldemort à la vie s'éteindre en même temps que lui. Quoi qui ait permis de le rendre immortel, n'est plus. Le feu du phénix était plus fort. Voldemort a vraiment une mauvaise expérience avec ce sortilège de mort. C'est tout de même la seconde fois qu'on le lui renvoie à la figure (pauvre gars).
Au moins, cette fois je peux dire qu'un phénix est responsable de la victoire. J'ai menacé les journalistes de les ruiner s'ils ne publiaient pas ma version des évènements. Donc: Fumseck a sauvé tout le monde de la destruction. Youpi. Je sais, je suis légèrement cynique ce matin. Un brin heureux en même temps, parce que je surpasse Dumbledore en pouvoir politique. Enfin dans tous les domaines sauf un....
Un problème qu'il a créé et qui est la raison de cette lettre.
Dumbledore s'est arrangé pour que le procès de Severus Rogue ait lieu en fin d'après-midi. Soit disant pour le laver de tout crime le plus tôt possible et lui éviter la prison. Mais sa véritable raison est qu'il veut être le seul à pouvoir venir à la rescousse de l'homme et ainsi que Rogue ait une dette envers lui. Parce que j'ai moi-même une dette de vie envers Rogue, je ne peux pas intervenir au tribunal. Les juges pensent que Rogue pourrait utiliser cette dette à son avantage pour échapper à la justice. Dumbledore ne s'est toujours pas aperçu que les juges sont de l'avis d'envoyer Rogue à Azkaban quoi qu'on dise.
Aussi j'en appelle à toi. En jetant le sort d'oubli, tu as aussi basiquement effacé toute dette que tu aurais pu avoir envers Rogue. De ce fait si les juges lancent un sort pour savoir si tu es sous son influence, ils ne trouveront rien. De plus, tu es le Lord de deux grandes maisons du monde sorcier, et possède un droit de veto sur les juges, à condition de prendre l'accusé dans ta famille. Une espèce d'adoption si tu veux. Je sais que Rogue n'a pas toujours été juste à ton égard, tout comme je sais que tu sauras dépasser ce qui est passé. Ce que je ne sais pas, est si tu pourras te déplacer pour cet après-midi et sauver Rogue du gouvernement anglais et de Dumbledore. J'ignore ce qu'est ta vie aujourd'hui et quelles sont tes responsabilités, mais espère que tu seras là.
Tu sauras à quel point c'est important pour moi, en voyant le sang sur le parchemin. Je suis assis sur les marches à l'entrée de l'école, une quinzaine de minutes après le combat. C'est le seul moment de liberté que j'aurai pour les jours à venir. Fumseck s'est endormi sur mon épaule, la tête posée dans le creux de mon cou. J'entends les chants d'allégresse venant du dedans. Et je vois les nombreux hiboux voler dans le ciel. Je ne vais pas pouvoir envoyer de hiboux d'Angleterre parce que depuis mon arrivée tous mes courriers sont surveillés. D'ici peu je devrai réveiller mon ami phénix et lui demander d'apporter ce mot aux gobelins afin qu'ils te le fassent parvenir. Ils n'auront aucun mal à t'envoyer un hibou en toute sécurité... et discrétion.
S'il te plaît, fait tout ce que tu peux pour venir. Et pardon de te forcer ainsi à rentrer dans ce pays qui t'as tant fait souffrir.
Avec tout mon amour,
Ton grand frère Neville.
"Harry?" Fit la voix hésitante de Remus après avoir lui aussi lu ce dernier parchemin.
"Je ne le hais pas... Rogue. Je déteste tout ce qu'il a pu dire à mon égard, et tout ce qu'il a fait en cours pour me rabaisser et m'humilier. Mais je ne le hais pas lui. Il a fait des erreurs, a essayé de se racheter et fait encore plus d'erreurs. Aucun de nous ne peux revenir en arrière et changer le passé. Par contre, il est temps que quelqu'un lui offre un avenir. Un futur autre qu'être professeur à Poudlard sans possibilité de démissionner parce qu'il aura été placé sous la responsabilité de Dumbledore. Autre qu'être enfermé soit dans une école soit à Azkaban. J'aurai quand même une demande qu'il se devra de respecter... ne jamais m'insulter."
"Tant que tu lui offres le droit de t'insulter quand tu n'es pas là, je pense qu'il pourra tenir le coup." Plaisanta Remus.
"Je pense que ça pourrait bien être le cas." Répondit Harry avec un gentil sourire.
"Alors nous rejoignons ton frère?"
"Oui." Murmura Harry. "Oui."
Il ne fallut pas longtemps pour se préparer. Avoir sa magie pour ranger sa valise est toujours d'une grande aide. Bagages réduits et stockés dans les poches intérieures de leurs manteaux, père et fils avaient apparus à la branche de la banque Gringotts qui se trouvait en ville. De là, un portoloin les avait déposés dans le hall d'entrée du ministère. Les gobelins avaient découverts que le tribunal avait avancé l'heure du procès.... sans prévenir personne. Severus Rogue était donc seul et sans défense. Les deux sorciers présentèrent leurs baguettes à la sécurité mais étant de nationalité étrangère (même Remus avait pris une nouvelle nationalité pour ne plus être sous les lois anglaises sur les loups garous), ils avaient pu les garder sur eux avec juste un sort qui les empêcherait de jeter des sortilèges noirs. Harry avait une bonne idée de l'endroit où se déroulait le procès. Après tout il avait eu la malchance d'y être emmené après s'être défendu de démentors l'été avant la mort de Sirius. Il guida Remus dans les couloirs et ils ne s'arrêtèrent à aucun moment malgré le nombre de personnes qui essayaient de parler à Remus. Certains étaient membres de l'ordre du phénix et avaient reçu des ordres de Dumbledore de retenir Remus s'ils le croisaient un jour. Dumbledore espérait regagner la confiance de Remus et le remmener dans l'ordre. Il ne pouvait pas se permettre de perdre le seul loup garou de son équipe, sans quoi il perdrait définitivement contact avec les colonies de loups garous d'Angleterre et du reste du monde. En passant ces gens, Remus leur faisait un signe de main et indiquait qu'il avait un rendez-vous urgent. Sachant que Remus restait dans le ministère les membres de l'ordre le laissaient passer en se disant qu'ils pourraient toujours l'empêcher de repartir plus tard. D'autres personnes étaient de vieilles connaissances de Remus et se contentaient d'un lointain bonjour. Il y avait du monde dans les couloirs. Tous en train de fouiller les archives ou d'essayer de gagner du pouvoir pour les futures manipulations politiques que la fin de la guerre allait entraîner. A cause de cela, il leur fallu une vingtaine de minutes pour arriver à la porte du tribunal. Harry avait alors montré les bagues de Lords qu'il possédait et avait été donné accès à la salle. Remus avait du rester à l'extérieur parce qu'aucune créature n'était accepté. Heureusement pour lui, n'étant plus anglais il ne pouvait pas être arrêté pour s'être présenté dans un lieu interdit à sa race. Harry s'était empressé d'entrer et d'avancer dans l'ombre de la large porte.
"Accusé levez-vous." Prononça une voix froide que Harry reconnu. Il n'en croyait pas ses yeux: Dolores le crapaud était encore employée par le ministre. La dernière fois qu'il avait eu de ses nouvelles elle était à l'hôpital après une rencontre avec un troupeau de centaures. Qu'il était triste de la voir remise sur pied.
"Le tribunal vient de prendre sa décision. A cause des preuves données de votre rôle d'espion pour la lumière vous n'êtes pas reconnu coupable." Ciel ce que dire ça avait du lui faire du mal pensa Harry en voyant la grimace de la femme. Et elle n'avait pas reconnu Severus innocent. "Cependant, nous appuyant sur les preuves de votre utilisation de magie noire, nous ne pouvons vous laisser repartir libre et mettre ainsi en danger nos concitoyens. De ce fait vous serez placé en cellule de sécurité à Azkaban. Pour notre et votre protection." Se moqua la femme.
Severus Rogue s'effondra sur sa chaise et les chaînes placées là commencèrent à s'attacher à lui. Un cri sur le côté attira l'attention de Harry sur un Drago Malefoy blessé et vraisemblablement relâché de l'hôpital depuis peu. Le jeune homme avait le cou et les bras lourdement couverts de bandages, et sa peau était d'une pâleur alarmante. Un geste de main de Dolores créa une bulle de silence autour du jeune homme avant qu'il ait pu parler. Mais Harry était là.
"Je proteste la décision du tribunal." Annonça-t-il d'une voix dure et noble.
Dolores se tourna dans sa direction.
"De quel droit osez-vous interrompre le procès?" Enragea-t-elle.
"Du droit des Lords au nom des maisons Black et Potter." Déclara Harry en levant sa main bien au-dessus de lui, leur laissant voir les bagues de ses deux héritages. "De ce jour et pour toujours, J'accepte Severus Rogue et Drago Malefoy dans la maison des Black, sous tutelle des Potter. Maintenant membres et protégés de mes lignées et de mon sang. Ainsi souhaité ainsi jugé." La magie s'étendit dans la pièce, entourant Rogue et Malefoy avec une incroyable douceur, leur annonçant les pures intentions que Harry avait pour eux. Touchés par sa magie, ils savaient que ce jeune homme qu'ils ne connaissaient pas n'abuserait pas de ses nouveaux droits sur eux. Même l'inquiétude qu'avait Severus en entendant les deux noms de ses anciens tourmenteurs, s'effaça dans le sentiments de sécurité et de chaleur créé par l'adoption.
"Mais.... vous ne pouvez pas. Vous n'avez pas le..." Bégaya Dolores.
"Le droit. Je l'ai et je le prend. Lord Rogue a accompli son devoir pour ce pays, par tous les moyens qu'il avait à disposition. Il est temps qu'il en soit remercier. Ma décision ne changera pas. Et si vous tentez de vous mettre en travers de ma route, la magie de l'adoption vous fera payer juste rétribution. Mais je vous en pris, donnez-nous la joie de vous voir recevoir le châtiment que vous méritez amplement par toutes actions passées et celles à venir si personne n'a l'intelligence de vous arrêter."
"Vous me menacez?" Grinça-t-elle. "Je vous ferez arrêter pour ça."
"Ah, mais ce n'était pas une menace, tout juste une constatation. Je jure sur mon honneur et sur ma magie avoir connaissance de vos crimes et ne pas mentir sur eux. Après tout qui aurez l'absurde idée de vous accuser d'avoir usé d'une plume de sang sur les élèves de Poudlard auxquels vous donniez détentions, si ce n'était pas vrai? Je me demande à combien d'années vous pouvez être condamnée pour cette seule activité. Si le tribunal le souhaite je peux demander aux gobelins de fournir une liste complète de tous vos crimes?" Tout du long la voix de Harry était resté calme et douce comme s'il discutait des changements de temps. Seules les exclamations d'horreur de certains des juges et autres sorciers présents rappelaient qu'il ne s'agissait pas d'une question de pluie.
"Mais... mon fils a eu des détentions avec elle." Commença l'un des sorciers.
"Ma fille en a eu une dizaine..." S'exclama un autre. Et bientôt la moitié de la salle avait failli se jeter sur Dolores dans une juste rage. Les quelques aurors qui s'étaient trouvés là pour Severus Rogue s'étaient tournés sur elle et l'avait emprisonnée par des cordes magiques avec un air dégouté.
"Si vous le permettez tous. Le procès étant fini, j'aimerais emmener mes deux charges voir un guérisseur. D'après ce que je peux voir tous deux ont soufferts des combats de la nuit passée et ne devraient pas être debout à l'heure qu'il est." Interrompit Harry.
"Bien sûr. Vous avez raison Lord Potter." Ah ah, l'homme avait choisit de s'adresser à lui par la lignée de lumière plutôt que celle des Black. "Votre voeu d'adoption sera respecté avec soin Lord Potter. J'espère que nous aurons tous l'honneur de vous revoir bientôt. Peut-être au bal pour fêter la défaite de Vous-savez-qui?" Tenta le sorcier.
"Certes non." S'indigna Harry. "Je n'ai pas le temps d'assister à une fête avec toutes les responsabilités que j'ai. Et je dois organiser le voyage de retour dans ma demeure pour deux blessés de guerres." Il affichait une telle indignation que le sorcier recula de honte et bégaya un au revoir hâtif, heureux de voir Lord Potter s'éloigner puis sortir du tribunal.
Les aurors gardant les portes les fermèrent dés qu'ils furent sortis. Harry vit que Remus était en pleine 'discution' avec Dumbledore un peu plus loin. Il semblait que les membres de l'ordre avaient prévenus le directeur d'où il pourrait trouver le loup garou. Harry pensait qu'il ne devait pas être au courant pour le procès qui venait d'avoir lieu sans quoi il s'y serait présenté pour prendre responsabilité de Rogue. Alors, il s'avança vers les deux hommes, en faisant signe à ses deux charges de le suivre en silence. Il pouvait sentir à travers sa magie l'angoisse des deux blessés à chaque pas qui les approchait de Dumbledore. Remus se tourna vers le petit groupe, son loup ayant reconnu les pas de son fils.
"Harry. Je vois que tout s'est bien déroulé de ton côté." Harry lui répondit par un hochement de tête. Dumbledore avait jeté un regard étonné sur Severus et Drago avant de commencer une examination envahissante de Harry. Ses yeux se firent ronds en remarquant les deux bagues de Lords et leur signification.
"Lord Potter. C'est un plaisir de vous rencontrer enfin. Je n'ai pas eu de nouvelle de votre père depuis qu'il a fini ses études à Poudlard." Le sorcier ne s'était même pas présenté, trop habitué qu'il était à ce qu'on le reconnaisse. Harry avait envie de jouer un peu.
"Remus? Pourrais-tu faire les présentations, je crains de ne pas savoir qui est cet homme." Ah ah! Une touche d'amusement lui parvint de trois personnes différentes.
"Bien sûr Harry. Voici le professeur Albus Dumbledore, directeur de l'école Poudlard. Directeur..." Sans une once de respect. "Voici Lord Harry Lupin Black Potter. Fils de Lili et James Potter, filleul et héritier de Sirius Black, et mon fils adoptif."
Dumbledore se tourna avec horreur vers Remus. "Remus! Pourquoi ne m'avoir jamais dit que vous aviez adopté le fils de James? Et pourquoi l'avoir empêché de venir à Poudlard? James et Lili auraient voulu qu'il s'y inscrive!" S'indigna-t-il.
"Certes non!" L'interrompit Harry. "Mes parents avaient précisés avant de mourir qu'ils voulaient que je sois en sécurité. Mon parrain a pris soin de moi tant qu'il pouvait et a choisi de m'éloigner de tout le jeu politique que mes héritages entraîneraient. Le seul moyen était de me donner les meilleurs tuteurs possible. Quant à Remus, je crains qu'il ait été tellement occupé avec vos diverses missions 'secrètes' qu'il a passé très peu de temps avec nous et n'a eu aucun droit sur ma vie jusqu'à récemment."
"Quoique tout droit m'a été offert par Harry et non par l'adoption." Précisa Remus. "Après tout il a été déclaré majeur en prenant la tête de deux nobles maisons."
"Si Sirius était venu me voir j'aurai pu..." Commença Dumbledore.
"Je suis heureux qu'il ne soit pas venu à vous alors. J'aurai haïs d'être sous la coupe de quelqu'un qui n'a vraiment rien à faire dans mes affaires. Merci mais non merci. J'étais très bien tout le temps où vous n'étiez pas présents." L'insulte était claire et Harry ne mentait pas. Ces derniers mois sans aucun contact avec le directeur avaient été une incroyable expérience malgré toute la douleur de la perte de Sirius, puis de Phoenix.
"Jeune homme..." Et à nouveau le directeur fut interrompu.
"Je suis Lord Black ou Lord Potter pour vous. Je ne pense pas que vous ayez l'intelligence d'associer les deux noms qui m'appartiennent aussi je vous laisse choisir lequel utiliser. Je ne suis pas l'un de vos élèves ni l'un de vos hommes de mains. Veuillez garder vos avis sur ma vie pour vous. Je ne suis pas intéressé. Maintenant, je suis heureux de devoir vous dire que nous devons partir." Sa voix était froide et coupait l'air comme une lame.
"Je comprends." Fit le directeur dans une dernière tentative de se faire bien voir. "Vous avez sûrement beaucoup à faire avec vos deux récents héritages?" Ah, il voulait savoir depuis quand il était Lord. Il était vrai qu'un jeune Lord pouvait se voir retirer ses titres dans les premiers 10 mois de possession.
"Ne m'agacez pas plus directeur. J'ai largement dépassé les 10 mois." Vive la magie des gobelins qui lui avait fait vivre 13 mois au lieu des huit passés. "Je vous souhaite une longue journée." Et Harry se tourna vers Remus et ils s'apprêtèrent à partir.
"Ah, Severus, Drago. Je vois que vous êtes venus en avance voir où le procès aurait lieu. Nous pourrons discuter plus de votre futur devant un bon feu à Poudlard." Leur parvint la voix noble de Dumbledore.
"Je crains que mes deux charges n'aient pas plus de temps à vous accorder que je n'en ai moi-même. Quant au procès, il vient juste de se terminer. Je suis sûr que les juges sont encore dans la salle. SI vous voulez leur poser des questions, rien ne vous retiens. Et Harry pris le bras de Drago pendant que Remus entraînait Severus loin du directeur.
Dumbledore n'eut pas le temps de les retenir ou de poser des questions. Il était sous le choc de cette rencontre et de ce qu'il venait d'apprendre. Il ne comprenait plus rien de ce qui se passait et il n'avait plus aucun contrôle sur... personne. Il n'avait aucun sauveur à montrer au monde puisque tout le monde croyait que son ancien phénix avait vaincu Voldemort. Neville Londubat avait gagné en pouvoir politique ce que Dumbledore avait perdu. Un Potter n'avait pas été inscrit à Poudlard. Remus était le père adoptif du garçon et Sirius Black dont il n'avait eu aucun nouvelle depuis Poudlard avait élevé le jeune Potter. La guerre était finie mais Severus n'était ni mort pour la cause ni placé sous sa responsabilité à l'école où il avait besoin de lui pour enseigner les potions. Drago Malefoy qui aurait été la charge de Severus après la mort de ses parents, puisqu'il était son filleul, avait suivi Severus et le jeune Potter. Et Remus lui avait dit qu'il ne reviendrait pas dans les rangs de l'ordre du phénix. Comment avait-il perdu contrôle de ce qui se passait? Est-ce que Potter allait se tourner vers les arts noirs? Est-ce qu'ils auraient un nouveau Lord Voldemort sur les bras? Est-ce que Malefoy était le nouveau homme de main de Potter? Et Severus? Et ils avaient un loup garou sous la main. Dumbledore ne pouvait pas les laisser libre d'agir à leur guise. Il avait trop peur de ce que pouvaient faire ces hommes avec le pouvoir qu'ils avaient. Et il connaissait bien les manières d'agir des Lord Noir, alors il était le mieux placé pour contenir ces hommes. Pas une seconde il ne pensait à donner une 'seconde chance' à ces personnes qu'il avait immédiatement placé sous l'étiquette de futur danger pour son monde. Il agissait pour le bien de tous. Sauf qu'il était aussi juge de ce qu'était le bien de tous. Il avait été corrompu par ce pouvoir qui lui avait été donné après avoir vaincu le mage noir Grindelwald. Depuis ce temps il avait passé tous ses jours à vivre dans les joutes politiques et les manipulations. Il en était même venu à appliquer ces manipulations dans l'école qu'il dirigeait. Faisant de ce lieu d'études un ministère miniature dans lequel la seule règle était que celui qui avait le plus de pouvoir gouvernait. Et le fait qu'il croit que les griffondors étaient les porteur de la lumière, faisait d'eux les plus puissants de l'école. Tout n'était qu'un jeu d'échec gigantesque. Dumbledore avait perdu de vue qu'il y avait des enfants dans les murs de Poudlard. Et il pensait que pour leur laisser leur innocence il suffisait de ne pas les informer sur les choses du monde des adultes. Un enfant n'a pas besoin de lire un journal pour devenir adulte. Il le devient par tout ce qu'il voit et entend, mais surtout par ces décisions qu'il prend, de la moins à la plus importante. Du moment où il fait des choix, un enfant devient adulte. Et même en leur retirant certains choix, comme Harry en avait été souvent privé par Dumbledore, il leur en restait toujours à faire. Il n'y avait pas un jour qui passait sans décisions à prendre.
Arrivé dans le hall d'entrée, et ayant fait retirer les sorts sur leurs baguettes, et récupéré celles de Severus et Drago, le groupe s'empressa d'aller au point d'apparition le plus proche. Harry n'avait toujours rien dit à ses deux protégés. Mais Remus était plus inquiet de le voir retenir ses émotions après leur rencontre avec le directeur que de donner des informations aux deux autres sorciers. Harry leur fit tenir une page blanche et presque immédiatement les murs du ministère disparurent, remplacés par le hall de ce qui semblait être un manoir. Un jeune homme, grand, musclé et élancé, aux cheveux châtains, s'avança vers eux. Il était si différent du Neville que Remus avait vu plusieurs mois plus tôt. Plus fort et plus adulte. Plus sage aussi d'après ce que ses yeux affichaient.
"Harry." Fit la voix joyeuse du jeune homme. Et Remus fut surpris lorsque son fils couru jusqu'à Neville et le serra très fort dans ses bras.
Neville se contenta de rendre la même embrasse et de rassurer son frère de coeur.
"Merci d'être venu Harry."
Harry se recula et le regarda longuement.
"Ta demande était trop importante pour que je ne vienne pas. Et puis, je voulais savoir si tu allais bien. Il y avait beaucoup de sang sur le parchemin."
"Je suis désolé. J'avais beaucoup de coupures superficielles qui perdaient du sang. Une jambe cassée , quelques côtes dans le même état. Mais j'avais pris des potions avant de m'isoler pour t'écrire. Je n'avais juste pas le temps de me faire plus présentable ou de t'épargner la preuve du combat qui venait d'avoir lieu."
"Tant que tu vas bien, il n'y a rien de plus important grand frère." Dit Harry.
Neville sourit et se tourna vers Remus avec étonnement, levant les sourcils en signe de question.
"Le loup se souvenait." Fut la cryptique réponse.
"Ah. C'est mieux ainsi, Harry avait besoin de vous professeur Lupin."
"Appelez moi Remus. Après tout nous sommes quasiment de la même famille puisque j'ai adopté Harry."
Le sourire de Neville se fit radieux. Des bruits de pas interrompirent la conversation. Annonçant l'arrivée d'une vieille dame vêtue d'une longue robe verte.
"Lord Potter." Fit-elle d'une voix respectueuse.
"Appelez moi Harry, Lady Londubat. Après tout vous êtes la grand-mère de mon frère de coeur."
"Alors..." sourit-elle. "Je serais grand-mère pour vous aussi." L'inclination de tête de Harry fut la réponse muette. Il n'y avait besoin ni de remerciements pour ce que chacun pensait que l'autre avait fait. Ni pour la révélation que Harry avait fait l'été passé et qui avait permis à Neville de se préparer, ni pour l'envoi de Fumseck avec la lettre. Ni pour l'amour que Lady Londubat avait donné à son petit-fils ni pour les tuteurs qu'elle avait aidé à réunir pour l'instruire à la guerre. Juste cette addition dans chacune de leurs familles, d'une grand-mère et d'un petit-fils de plus.
"Je ne pense pas que tu puisse rester plus longtemps Harry?" Demanda Neville.
"Non. Nous avons croisés Dumbledore et je crains qu'il n'essaie quelque chose qui nous retiendrait en Angleterre plus tard. Je préfèrerait emmener les deux nouveaux membres de ma famille dans un lieu où ils pourront récupérer."
"Je comprend. Et encore une fois je vais suivre ton exemple. J'ai envoyé Luna chez le maître d'herbologie dont je suis apprenti. Elle va préparer la maison pour notre retour. Plus je serais loin de ce pays mieux j'irai."
"Sauf que cette fois nous aurons l'adresse de l'autre pour nous contacter et nous rendre visite." Repris Harry.
Neville hocha de la tête en accord avec un grand sourire. "Et puis j'ai un ami qui peux aller d'une place à l'autre en un flash."
Harry se mit à rire, d'autant plus quand le dit 'ami' apparut près de lui et vint se poser sur son épaule.
"Fumseck. Merci d'avoir pris soin de mon frère et d'être devenu aussi important pour lui que tu l'étais pour moi." Le phénix se mit à défaire la natte qui retenait les cheveux de Harry à coup de bec.
"Pour une fois que j'étais bien coiffé." Se plaignit Harry. Et Remus, Neville et sa grand-mère éclatèrent de rire.
Un elfe de maison apparut avec un pop sonore.
"Lord Londubat monsieur. Professeur Dumbledore est dans la cheminée."
"Ce qui veut dire que sa tête est dans les flammes et que même si j'aimerai bien qu'il s'y brûle ça n'arrivera pas. Harry, vous devriez partir maintenant. Missy va le retenir suffisamment pour que grand-mère et moi partions rejoindre Luna. Je ne pense pas que ceux présents veulent le voir si tôt et se retrouver bloquer en Angleterre." Neville s'avança vers Harry et le serra à nouveau très fort, puis fit de même pour Remus avant de se tourner vers Severus et Drago.
"Nous ne cherchions pas à vous ignorer professeur, Lord Malefoy. Nous avons tous été séparés très longtemps. Harry est venu à vous à ma demande, mais c'était sa décision de comment il vous aiderez à la fin. Il ne vous tiendra pas prisonniers dans sa maison ni ne vous forcera à faire ce que vous ne voulez pas. Lui et Remus prendrons soin de vous comme personne ne l'a jamais fait. Tout ce que je vous demande c'est de ne jamais l'insulter ou le blesser."
Severus Rogue inclina la tête en réponse, suivi par Drago. "La dette de vie entre nous est payée alors. Puisque vous m'avez protégé en envoyant votre.... frère, pour m'aider."
"Mais si vous avez un jour besoin de mon aide je serais là. Et dans quelques temps je serai à la tête de la meilleure serre du monde et vous ne trouverez pas de meilleurs endroit où trouver les ingrédients de potion de meilleures qualités." Se vanta Neville avec humour.
"J'attendrais ce moment avec impatience." Il se tourna vers Harry et dit: "Nous pouvons y aller..." Et il hésita sur le nom à donner.
"Harry, juste Harry. Prenez cette corde, c'est notre portoloin. A bientôt Neville, grand-mère. Embrassez Luna pour moi." Puis le groupe de quatre disparu comme il était venu. Et peu après Neville et les siens quittaient le manoir pour la dernière fois. Aussi longtemps qu'il y aurait un Dumbledore dans ce pays, aussi longtemps que le gouvernement serait aussi corrompu, la demeure serait inhabitée.
Harry atterrit lourdement sur le sol, entraînant Drago dans sa chute. Les yeux dans les yeux, il y eut un instant de silence avant que Harry s'excuse et se sorte aussi dignement que possible de sous l'autre sorcier.
"Vous êtes vraiment le fils de Lili?" Demanda Severus.
Harry lui sourit: "Oui. J'ai beaucoup entendu parler de votre amitié."
Severus déglutit. Cette amitié c'était mal terminée après qu'il ait insulté la jeune fille.
"Ne vous inquiétez pas. Elle vous aurez pardonné avec le temps. Elle était juste tenace qu'en elle était fâchée."
Severus se dit que le jeune homme semblait bien connaître sa mère. Et il était soulagé qu'il n'ait rien dit à propos de James Potter pour l'instant. Cela voulait dire, il l'espérait, que son entrée dans la lignée de Harry ne se ferait pas sous le coup d'une future vengeance.
Harry leur montra leurs chambres et la grande maison. Il n'avait plus de tuteurs à héberger donc toutes les pièces étaient libres. Il expliqua les quelques règles afin que chacun respecte le territoire des autres. Et leur donna une carte de la ville, sans aucune restriction d'où ils pouvaient aller ou non. Harry leur expliqua qu'ils pourraient faire ce qu'ils voudraient une fois qu'ils se seraient familiarisés avec la ville, autant du côté moldu que du côté magique. Le reste de la journée leur vit visiter les guérisseurs de la communauté magique de la ville. L'état de Drago et Severus n'était pas très grave: plus d'épuisement que de blessures importantes. Quelques potions, du repos, et tout irait bien.
Les jours passaient à nouveau. Severus et Drago étaient guidés dans leur nouvelle demeure et leur nouvelle famille. Ils étaient surpris de voir à quel point Harry avait le même coeur doux que Remus alors que d'après ce qu'ils disaient ils ne s'étaient rapprochés que depuis peu. On aurait vraiment dit un père et un fils. Drago était intrigué par les moldus de cette ville. Sans ses parents pour lui dire quoi détester, il pouvait poser des questions et apprendre. Quoiqu'il garde une attitude noble, elle était moins hautaine que dans son enfance. Il aurait suivi son parrain jusqu'au bout du monde, mais aurait protesté si Dumbledore leur avait mis la main dessus. ハtre libre dans un autre pays, et avec un Potter qui était aussi Lord Black, n'était vraiment pas une mauvaise chose.
Drago se pris d'intérêt pour son hôte et protecteur. Pendant que Severus contactait la guilde des maîtres de potions pour se faire une nouvelle vie, Drago avait décidé de suivre Harry toute la journée. La première fois, il s'était fait discret à l'aide d'un sort d'invisibilité et l'avait vraiment 'suivi' sans qu'il ne le sache. Enfin, jusqu'à ce que Harry le sorte de derrière un arbre en le tirant par l'oreille et lui dise que s'il voulait venir il n'avait qu'à demander. Harry avait pris bien trop de plaisir à lui tirer l'oreille.
La seconde fois, Drago s'était ennuyé à regarder Harry écrire dans le parc alors Harry lui avait donné du papier et un stylo et lui avait dit qu'il n'avait qu'à écrire aussi. Comme il n'avait pas d'idée il lui avait dit de dessiner à la place. Sur le coup Harry était agacé. Drago arrivait toujours à faire ressortir le pire chez lui. Mais au bout d'une heure, il avait découvert que le jeune sorcier avait un don d'art incroyable. Il venait de faire un portrait du groupe d'enfant non loin. Alors, sans plus attendre, il avait tiré Drago vers la maison et l'avait installé dans son bureau avec des fournitures de dessins, et un texte à côté. Puis lui avait dit de dessiner d'après le texte. C'était un test que Drago avait passé. Il avait toujours aimé dessiner et peindre, mais n'avais jamais pu le faire en dehors des heures de cours que ses parents avaient arrangé avec un tuteur. Un Malefoy se devait d'être doué dans tous les domaines, mais ne devait travailler que sur la scène politique.
Alors, de ce second jour, Drago se mit à dessiner pour le plaisir. A illustrer les textes que Harry lui donnait sans savoir que Harry les écrivait. Les histoires étaient courtes et très belles. Racontant la vie d'un sorcier à la recherche de l'amour qui lui était destiné. Dans chaque récit il rencontrait des créatures et des êtres qui lui apprenaient tout de la vie et du monde. Et bien que son amour reste un mystère, les mots étaient remplis d'espoir.
Un jour, Harry arriva avec une série de livres pour enfant, contenant les illustrations de Drago et les textes de Harry. Quand Malefoy vit son nom avec celui de son hôte à la place des auteurs, il en resta bouche bée, au grand bonheur de Harry.
Il fut présenté un contrat de la maison d'édition qui avait déjà publié le premier livre de Harry de l'automne dernier. Il n'aurait jamais pensé en faire sa vie, mais c'était une passion qu'il ne voulait pas lâcher. Surtout qu'il allait travailler avec Harry. Et cela était un vrai bonus.
Leur sortie suivante, Remus força Severus à venir. Ils allaient tous à l'hôpital pour enfant. Pendant que Severus et Drago attendaient dans un coin, Harry et Remus faisaient leur numéro préféré des deux clowns. Drago n'avait pas pu se retenir de rire, et les coins de la bouche de Severus se levaient constamment dans une tentative de le faire sourire. La dernière heure ils n'avaient fait que lire, mais il s'agissait du premier livre de Drago et Harry sur le voyage du sorcier. Les enfants étaient pendus aux lèvres de Remus.
L'un des plus solitaire des petits malades s'étaient accrochés à Severus et ne l'avait plus lâcher jusqu'à l'heure du départ. Etais-ce étonnant que Severus revienne chaque semaine pour revoir le petit bout qui n'avait pas eu peur de lui et l'avais mené d'une main de fer tout le temps de sa visite? Drago avait décidé d'aider le directeur de l'établissement à revoir ses finances. Il l'avait vu lire les livres de comptes tout en suivant l'histoire que lisait Remus, et s'était assis près de lui avant de se mettre à l'aider. Voyant que le jeune homme savait ce qu'il faisait, le directeur l'avait laissé continuer.
Ainsi débuta la longue vie de Severus et Drago dans ce pays. Le premier était maître de potion et avait ouvert un laboratoire privé dans la communauté sorcière. Il inventait de nouvelles potions avant d'en vendre les droits. Il était même devenu membre du conseil de sa guilde, avec toutes les responsabilités et toute la reconnaissances qui vont avec. Remus s'amusait souvent à essayer de le détendre, mais ça finissait toujours en disputes comme celles qu'auraient deux frères. Harry plaisantait souvent qu'il venait d'obtenir un oncle. Et comme Severus ne protestait pas, l'idée ne se voyait pas rejetée. Il ne l'appellait pas oncle Severus, juste Severus. Mais leur relation était plus aisée, moins stressée qu'au début. La peur de voir Harry se venger au nom de son père, avait été sans fondement.
Severus s'était trouvé des assistants pour son laboratoire, et quelques maîtres de potions prometteurs. Plus le temps qu'il passait en volontariat à l'hôpital pour enfant, et ses tentatives de trouver des cures que les moldus pourraient utiliser... l'homme n'avait plus de temps à lui. Il avait des connaissances des remèdes moldus mais avait demandé un tuteur à Harry pour en savoir plus sur le sujet. Comme Harry était toujours jugé responsable de ses deux charges, il devait prendre la décision d'engager ou non. Tout comme il avait du signer le contrat d'achat du laboratoire et les contrats d'embauche des assistants. Malheureusement pour Severus, le tribunal anglais avait essayé de l'arrêter à nouveau et il n'y avait échappé qu'après que Harry ait fait un voeu magique de toujours protéger la magie et d'être responsable de ses deux charges pour aussi longtemps qu'on le demanderait de lui. Severus n'en voulait pas à Harry qui n'avait pas eu d'autre choix que de faire ce voeu pour les sauver des anglais. Il était juste souvent énervé d'avoir perdu cette liberté. Quoique Harry ne refuse jamais ses demandes et lui ait donné un maximum de liberté.
Drago était devenu illustrateur de livres pour enfant. Il avait aussi été engagé par le directeur de l'hôpital qui n'avait pas pu trouver un bon comptable jusque là. Le dernier était parti avec la caisse... Harry l'avait recommandé pour la tâche et avait aussi du signer le contrat pour lui pour les mêmes raisons que Severus. Heureusement le directeur avait compris que la décision du tribunal concernant Drago était là à cause des actions de son père et non des siennes. Drago accompagnait souvent Harry au parc. Mais le soir, il partait seul en boîte de nuit parce qu'il n'était pas du genre à rester au coin du feu. Néanmoins, il passait encore plus de temps à faire la cours à Harry. Il avait décidé que ce qu'il voulait vraiment était la totale amitié de l'autre. Et pour lui aucune relation n'est mieux qu'avec une personne que l'on considère comme un meilleur ami. Il aurait Harry.
Alors Harry recevait des fleurs (dont la maison finissait par être remplie). Il recevait des livres pour sa bibliothèque. Des cadeaux de plus en plus utiles avec le temps. Jusqu'à ce que Drago l'invite à déjeuner en tête à tête. La journée fut agréable, même en cette fin d'hiver encore un peu froide. Harry hésitait, et avait peur. Il ne s'était jamais attaché à personne de cette manière. Personne ne l'avait baigné d'attention ni ne l'avait poursuivis avec insistance et douceur mélangés. Harry n'avait eu aucune relation de toute sa vie. Alors il ne savait comment réagir. Les conversations étaient intelligentes et passionnantes. Les activités durant leurs sorties étaient amusantes. L'homme qu'était devenu Drago était bien plus que le garçon rencontré un jour dans le magasin de vêtement pour leurs robes scolaires. Intéressant, drôle, tenace, noble... parfois hautain, mais tellement moins qu'à Poudlard. Harry était séduit... même s'il était effrayé il voulait bien essayer. Mais il ne voulait pas mentir au jeune homme. C'est ce qui l'inquiétait le plus. Il voulait que Drago puisse choisir en toute connaissance de cause. Alors il l'emmèna dans sa chambre, pour être certain de ne pas être dérangé, et leva le sort d'oubli pour lui.
Drago se rappellait. Ce petit garçon émacié qu'il avait un jour rencontré dans un magasin. Tout lui revenait, et avec: toutes les erreurs qui ont pu l'éloigner de Harry dans leur enfance. Il voyait les insultes et autres batailles enfantines. Les sorts jetés et autres. Il savait aussi que Harry avait été leur sauveur et ne comprenait pas ce qui l'avait fait disparaître ainsi. Ni pourquoi il était ensuite revenu chercher Severus et Drago.
Alors Harry, s'appuyant contre la tête du lit, dit: "J'ai une très longue histoire à te raconter."
Une voix les interrompit: "j'aimerais bien l'entendre moi aussi." Severus se tenait là, debout sur le pas de porte avec un Remus pâle derrière lui.
"Ils sont liés comme parrain et filleul par un lien magique. En libérant Drago du sort d'oubli... Severus l'a été aussi."
Harry hocha la tête:
"C'était il y a un été si lointain. Mon parrain venait de mourir..."
Les heures passèrent lentement, Remus remmenant boisson et nourriture pour les autres. Severus avait fermé les yeux pour mieux 'voir' ce qui était raconté. Drago n'avait pas quitté Harry des yeux. Il avait haussé des sourcils, bégayé une ou deux fois (aux passages sur le Dieu serpent), avait ressenti de la tristesse pour Harry à la perte de Phoenix. Il s'était rapproché aussi de son ami jusqu'à n'être séparés que par leurs genoux. Harry avait décidé de ne regarder que lui pour lui dire toute la vérité. Remus observait, inquiet, et écoutait ce qu'il n'avait fait qu'entrevoir dans les mémoires de Harry au début de l'hiver.
"Et l'hiver se finit, avec vous dans ma vie. Ce n'est qu'une saison de plus dans cette année difficile. Mais comme l'automne avant elle, et comme l'été juste avant, elle m'a emmené beaucoup. Elle m'a donné l'occasion d'offrir un avenir à Severus, et de te découvrir vraiment. Je ne pouvais pas te laisser me choisir sans te laisser tout savoir." Harry était effrayé d'être rejeté, détesté... pourtant.
Drago se pencha légèrement et pris son visage entre ses mains. Les doigts caressant le visage de celui qui n'était pas le sauveur des sorciers, mais avait vraiment sauvé Drago et son parrain. Puis il posa ses lèvres sur celles de Harry. Reculant un peu:
"Je t'ai choisit. Pour meilleur ami, amour et famille. Tu es à moi comme je suis à toi. Je suis fier que tu sois revenu pour moi malgré notre passé. Et peu m'importe les jugements sorciers qui voulaient nous emprisonner et faire de toi notre geôlier, tu restes celui que je veux. Si je suis dans une prison, alors je ne veut plus la quitter. Parce que même ainsi, tu m'appartiens." Et le jeune homme embrassa Harry une nouvelle fois. C'était doux et léger. Ce n'était que le début.
Sur le pas de la porte, Severus et Remus les regardèrent une dernière fois avant de sortir. De ce côté du mur, Remus osa enfin demander:
"Et toi Severus? Que penses-tu de tout ça?"
"Il a beaucoup souffert n'est-ce pas?"
"Tellement plus qu'il n'aurait du."
"C'était un très long hiver. Mais le printemps n'est pas si loin." Répondit Severus avant de s'éloigner.
"Depuis quand tu répond en devinette?" S'agaça Remus.
"Et bien.... très cher frère." Se moqua Severus. "Depuis que je sais que ça t'énerves." Et de partir avec un sourire moqueur, laissant Remus sur place avec un grand regard étonné.
Puis Remus secoua la tête comme le loup qu'il était: "C'était une longue marche pour arriver jusqu'ici. Je n'en regrette aucune seconde." Murmura-t-il.
Dans la chambre fermée, Drago, allongé sur Harry, l'embrassait toujours.
Note auteur: Je répète: crossover avec le manga Love Mode la prochaine fois... J'espère... ça dépendra de ma muse...
