Une vie Un printemps 3
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Couples:
Harry/Drago (mariés)
Neville/Luna (mariés)
Remus/ surprise (^^)
Notes Auteur:
J'étais en train de relire Love Mode lorsque ma muse m'a frappée (j'ai une migraine en séquelle...)
Centré sur Remus et Neville. L'inspiration de ma muse l'a voulu ainsi... toujours pas la grande rencontre entre les trois frères... Mais une rencontre tout court qui va changer la vie de Remus et que les fan de Love Mode pourront apprécier (j'espère ^^).
Si vous ne connaissez pas Love Mode, j'espère que ma présentation des personnages sera assez pour que l'introduction ne perturbe pas l'histoire.
P.S: les sorciers anglais sont très mal vus dans ce chapitre... je ne l'ai pas fait exprès, c'est sorti comme ça... oups ^^
Une vie Un printemps 3
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La femme assise dans l'une des multiples chaises de la salle d'attente... avait été très calme. Si calme entre les murs froids depuis toutes ces semaines qu'elle avait passé à aller et venir de chez elle à cet endroit.
Pas un mot n'avait passé ses lèvres, pas un regard n'avait été noir de colère ou de rage. Elle était forte. Et cette force faisait toute sa triste beauté. Qu'ils étaient beaux ces parents emplis de craintes et désespoirs. Une force de la nature venant de leurs coeurs, de leurs âmes, soutenait leurs enfants... portait espoirs de vie et de guérison.
Cependant...
Il y avait un instant où tout s'écrasait autour d'eux, où le pilier qu'ils étaient ne pouvait plus tenir. Parce qu'il n'y avait plus rien à tenir:
Leur enfant était mort.
Entre ces quatre murs qu'étaient les hôpitaux de toute sorte, tout le monde ne guérissait pas. Tout le monde ne mourrait pas non plus. Il y avait des 'miracles', des joies inespérées. De belles histoires.
Mais pour cette femme là, le jour se terminait en ténèbres. Sa vision si trouble non de larmes mais d'un cerveau qui s'était arrêté de fonctionner... à l'écoute de quelques mots.
Et sa douce beauté de force s'effondrait alors dans une puissante tempête. Elle qui avait été si calme et solide...
Elle ne se rappellerait jamais comment elle avait réagi. Ni ses cris de pertes et peines, ni ses mots de colère et désespoir. Tout ce qui resterait dans sa mémoire était la douleur: l'infinie vague d'un mal noir intolérable. Tout son être rempli de cette rage qui ne demandait qu'à sortir... L'injustice de perdre le plus précieux trésor de son âme.
Et puis... dans la nuit qui l'envahissait. Si froide et sombre... une douce chaleur, hésitante, puissante... La femme se sentait entourée et bercée. Une lumière qui l'avait atteinte où nulle autre n'aurait pu.
Lorsque ses yeux s'ouvrirent, sa tête retenue sous un poids inconnu, elle leva ses mains tremblantes et douloureuses. Surprise d'y voir du sang, le sien. Elle se demanda comment elle s'était blessée. Puis réalisa la raison avant même du comment. Son coeur avait explosé et avec lui elle avait frappé de toutes ces forces qu'elle ne pouvait plus donner à son enfant mort. Elle avait physiquement frappé l'un de ces murs maudits. Elle était juste heureuse de n'avoir attaqué personne d'autre.
Ses yeux se tournèrent vers les bras qui l'enserrait avec tant de force mêlée de douceur. Elle remarqua avec horreur les marques de griffures, qu'elle savait instinctivement être sa faute. Mais comme sentant sa détresse et ses raisons, les bras se resserrèrent.
La femme ne pouvait plus bouger. Ses jambes n'avaient plus pour elle aucune fonction ni son esprit aucun sens. Où était le haut, le bas? Était-elle debout, assise?
L'autre, celui qui la retenait, celui qui avait pausé son menton sur sa tête dans un geste de tendresse infinie, ne la força pas à bouger. Être dans ces bras était comme être enfoui sous un tas de couverture, entouré d'un cocon de chaleur. Et cela faisait du bien. Elle n'était pas soudainement sur pieds, ni n'avait oublié ce qu'un docteur venait de lui annoncer. Cette présence avait juste brisé la prison de solitude qui l'avait faîte étouffer.
Elle avait été si seule pour toute cette épreuve. Et à la fin n'avait plus ce dernier lien à la terre, cette dernière famille qui lui était restée. Elle ne pouvait plus tenir debout. Elle n'avait plus cette force.
Et les bras autour d'elle la soutenaient. Elle ne pouvait pas tomber plus bas entre ces bras. Cela devrait suffire en attendant... qu'elle se remette? Elle ne savait pas. Ne savait plus rien. Elle ferma les yeux et s'endormit.
Elle ne sentit pas les larmes tomber sur ses cheveux, d'une âme qui avait choisi d'être forte pour elle. Pour une inconnue.
Mais c'était là la voie qu'avait choisit Harry. Donner cette flamme en lui à ceux qu'il pourrait atteindre. Pas seulement guider les morts, mais aussi guider la vie qu'ils laissaient derrière. Parce que sa force à lui ne pouvait plus s'éteindre. Le pilier qu'il était avait découvert d'autres trésors à soutenir. Cette femme était l'un d'eux.
Cette nuit-là, Harry ne rentra pas chez lui. Ni les jours suivants. Et s'il donnait à manger, et guidait les pas de la femme, il n'était pas seul dans cette tâche. Un homme l'entourait de ses bras chaque soir. Offrant l'énergie et l'amour dont il avait besoin. Drago avait depuis longtemps appris, pour lui, à servir ces autres qui avaient besoin d'un peu d'aide.
Ce faisant, Drago avait pris une place bien particulière aux yeux d'un dieu serpent qui n'avait jamais cessé d'observer le jeune homme qui l'avait réveillé un si lointain été. Drago était un compagnon digne de la flamme qu'était Harry. Être à ses côtés était un droit qu'il avait gagné par ses actions depuis le début de leur relation. Peu de personnes avaient été témoins de ce que le jeune Malefoy était devenu. Peu auraient pu croire qu'il possédait un coeur aussi grand sous ses airs méprisants.
Drago ne montrait sa véritable noblesse qu'à un petit nombre. Sa famille d'âme.
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Remus marchait depuis des heures. Son esprit concentré sur la tâche dont il était chargé. Il n'avait rien dit à Harry, comme la lettre reçue deux jours plus tôt lui avait demandé. Il n'aurait pas agis de même s'il n'avait eu totale confiance en cette personne qui lui demandait de l'aide. Et il n'y avait au monde que quatre personnes pour qui il agirait ainsi: les trois hommes qui avaient été sa famille depuis trois ans... et cet homme qui était aussi un des leurs mais que les circonstances avaient gardé loin d'eux.
Aucun autre humain ou loup n'obtiendrait ce même droit de confiance de la part de Remus ou du moins pas à cet extrême niveau. Les membres de la famille Li étaient entrés dans la meute de Remus et il les aimait et les respectait un peu plus chaque jour. Cependant, comme arrivait dans la nature des meutes de loups, il y avait une hiérarchie. Remus était alpha, père loup, à la place que Harry lui avait permis d'avoir alors qu'il avait lui-même le pouvoir et la force nécessaire pour ce rang. Mais malgré tout ce que Harry possédait qui faisait de lui un alpha, le jeune homme avait aussi une destinée qui le rendait précieux aux yeux de sa famille et du monde. Un futur et des devoirs qui faisaient de lui un être à protéger et aimer par-dessus tout. Un alpha loup devait être prêt à se battre constamment contre ceux qui voulaient son rang et devait aussi toujours veiller sur les siens.
Harry devait se concentrer sur ce que le don du dieu serpent faisait de lui. Et pour se faire, il devait être au centre d'une protection particulière. Il devait être soutenu à tous moments. Sa famille devait lui donner force et amour. Un alpha devait accepter qu'à tous moments il était la force de sa meute et non l'inverse. Harry avait besoin de chacun d'eux pour porter son destin sur ses épaules. Le jeune sorcier avait toujours eu besoin de leur amour.
Alors Remus était l'alpha. Le père, le frère, l'oncle. La force de sa famille. Bien que tous ses membres s'offrent mutuellement cette force, Remus en était le maître.
C'était un rôle qu'il prenait très au sérieux, que le loup en lui savourait depuis trois années. Et en ce jour, il accomplissait une partie de ce rôle pour l'un de ses petits. Ni Drago, ni Harry... mais pour celui qui avait été éloigné d'eux par une guerre qu'il avait du combattre, puis par ses études sous la coupe d'un maître dans son domaine choisi... puis plus récemment par un individu que tous les Black du Japon s'était pris à haïr passionnément.
Dumbledore avait encore blessé la famille de l'homme loup. Encore une fois ses manipulations avaient faillis détruire l'un des leurs. Le vieux sorcier avait essayé de regagner contrôle de l'un de ses pions. Bien qu'il n'ait jamais réussi à vraiment attraper ce pion particulier en premier lieu. Après tout, Neville Londubat avait eu la chance d'avoir une grand-mère très forte et opiniâtre. Elle l'avait gardé des manigances du vieil homme dés son plus jeune âge.
Cela n'avait empêché le désir qu'avait Dumbledore de retrouver ce que sa folie réclamait. Et cette folie voulait ceux qui auraient du être au centre de tous ses plans pour vaincre le mal et la magie noire... Ceux qui à la fin avait pris contrôle de leurs vies et avaient menés la guerre à sa fin. Dumbledore n'était plus vu depuis comme le gardien des sorciers, leur bienfaiteur. Et cette place lui manquait. Il n'avait toujours pas accepté ses échecs ni le fait qu'il n'était pas le plus puissant et responsable sorcier au monde.
Et comme il avait définitivement perdu ceux qui étaient maintenant les Black du Japon, Dumbledore s'était tourné vers le véritable enfant de cette prophétie qu'il avait gardé toute une décennie. Il avait donc fait réaliser au gouvernement magique anglais qu'ils venaient de perdre quatre grandes familles sorcières:
les Malefoy (qui malgré les actions de Lucius n'avaient rien perdu en pouvoir après que Drago ait défendu leur honneur dans la dernière bataille... il avait défendu les membres de l'ordre avec qui il avait combattu parce que son parrain lui avait fait comprendre que c'était se battre ou être torturé aux mains de Voldemort).
Les Prince, dont Severus était le dernier membre (et dont les accomplissements des dernières années en création de potion et remèdes avaient montré aux anglais qu'ils s'étaient trompés sur celui qui avait joué le rôle d'espion pour eux).
Les Black dont la réputation avait été rétablie par l'apparence de ce jeune Lord qui avait été élevé par Sirius Black (jeune homme qu'ils savaient maintenant avoir été choisi comme Lord Gris, une position de pouvoir encore plus respectée que le Lord Blanc... en grande partie parce que le Lord gris jugeait à égalité chaque sorciers et créatures du monde).
Et les Potter... dont Dumbledore laissa glisser qu'ils étaient les derniers descendants de Godric Griffondor lui-même (ce qui provoqua une vague de rage à la perte d'un tel héritage magique). Car tous savaient qu'aucune de ces familles ne reviendrait jamais en Angleterre... pour toute autre raison peut-être que de visiter le pays de leurs racines. Et certainement pas sans une escorte considérable pour les protéger des sorciers anglais. Sans compter ce Lord Potter-Black qui était le Lord Gris et qui avait prouvé à ceux qui se plaçaient sous son règne qu'il était plus puissant qu'aucun autre Lord de toute leur histoire... Lord blancs, gris et noirs compris. Les anglais ne savaient pas encore comment tant de puissance leur avait échappé ni comment et pourquoi il était resté caché d'eux.
C'était là quatre héritages de sang et de magie qui venaient de faire baisser le standing des anglais aux yeux du monde. Sans eux, les sorciers de ce pays n'avait plus leur puissance d'avant. Et la manière dont ils avaient fait fuir ces familles... et tout le gouvernement anglais se rendait compte qu'ils étaient entièrement responsable de cet atroce événement historique... était sans aucun doute ce qui avait tourné plus d'un regard méprisant dans leur direction de la part des familles magiques d'Occident et d'Orient. C'était aussi ce qui avait rassemblé les anglais sous une même bannière pour récupérer une autre famille tant qu'il était encore temps.
Une famille qui descendait aussi de Griffondor bien qu'en seconde position d'hériter derrière le Lord Potter: Les Londubat.
Depuis que Dumbledore leur avait ouvert les yeux sur ce point précis, les anglais n'avait eu de cesse de retrouver et de capturer Neville Londubat, son épouse Luna Lovegood (nom tout aussi précieux pour les anglais et dont ils avaient à peine réalisés qu'elle était aussi la dernière héritière de sa famille), et Lady Augusta (la grand-mère de Neville. Bien que certaines mauvaises langues n'étaient pas si sûres que la remmener en Angleterre soit bon pour eux).
Et donc...
Là commençaient tous les problèmes qui avaient poussé Neville à écrire à Remus et demander l'aide de l'alpha. Neville n'avait pas hésité à nommer le loup dans sa missive, parce qu'il savait l'importance que cette distinction aurait et qu'elle pourrait bien sauver la vie de sa famille naissante. Luna était après tout enceinte de six mois. Porteuse de tous les espoirs de Neville et Augusta pour un futur meilleur.
Cher Alpha,
J'en appelle aujourd'hui au père de mon coeur, au gardien de mon frère et de notre grande famille. Bien que je n'ai pas comme vous tous pris ce nom qui vous réunis sous une même bannière, vous avez tous su faire de mon nom une branche de cet arbre qui a pris ses nouvelles racines au Japon.
Londubat peut-être, mais mon coeur est Black de bout en bout. Quelle ironie qu'une entière famille de sorciers dit 'gris' soit nommée ainsi.
Depuis trois ans je suis loin de vous. Mes lettres notre seul contact. Heureusement qu'un phénix que nous connaissons tous insiste toujours pour les délivrer chaque semaine. Mon amour pour chaque membre de notre famille n'a pu que grandir grâce à son aide précieuse.
Cependant... Il est des choses insidieuses qui se sont produites. Des choses qui jusqu'à récemment nous ont été cachées à tous. Il semble que les anglais ait retenu leur leçon après avoir fait fuir leurs plus importantes familles magiques. Ils ont manigancés dans l'ombre pour capturer ceux qu'ils ont décidés étaient leur seul espoir d'un avenir moins sombre. Ironie encore... que cette même personne qu'ils voyaient comme leur unique sauveur soit encore une fois placé sous cette même appellation. Moi.
Ils veulent à nouveau que je les sauve, bien que d'un tout autre danger. Ils ont peur. Ils sont terrifiés de ce grand trou béant dans leurs arbres de généalogie. Leurs arbres de pouvoir. Les Malefoy, les Prince, les Black et les Potter, étaient autant de chances d'enfants possédant un immense potentiel pour le monde magique anglais. Et tous ces enfants sont à jamais perdus pour eux. Les anglais désespèrent. Et dans leur désespoir ils frappent.
Et ils blessent.
Encore une fois.
Ceux qui pourtant les ont déjà sauvés une fois.
Remus... j'ai peur. Je suis terrorisé de les voir détruire ce qui m'est le plus précieux. Car ils ont trouvés le moyens d'y parvenir.
Insidieux... détestables. Tous autant qu'ils sont. Eux et LUI. Ce monstre caché parmi les brebis. Il semble bien que Fumseck ait eu quelque pouvoir sur lui durant toutes ces années. Que notre très cher phénix ait su retenir emprisonnés les instinct les plus laids du vieil homme. Il n'est pas fou cet individu haïs. Son esprit est clair et tout aussi visionnaire que lorsqu'il s'est battu contre et a détruit Lord Grindelwald. Et sa nouvelle mission dans la vie, pour le bien de tous (tous les anglais du moins), est de faire revenir sur les terres anglaises le sang pur de sorciers puissants.
Que je suis heureux que vous soyez tous dans un pays qui vous a rendus libres. Je ne vous souhaiterai pas cette position dans laquelle je me trouve. Cette fois-ci rien ne peut me sauver. Mais Luna... et grand-mère... elles peuvent encore fuir et être libres à vos côtés.
C'est pourquoi j'en appelle à mon alpha, à mon père choisi. Parce qu'il est le seul qui possède ce pouvoir de les mettre à l'abri. J'étais devenu précieux à mon pays d'adoption, et quand toutes leurs tentatives de me secourir ont échouées, ils ont trouvés le moyen de protéger ce qui m'était le plus précieux. Une grande partie des raisons qui m'ont fait venir dans ce pays était le respect qu'ils donnent à toute créature. Ils ont su voir la magie de chaque race. Et cela va sauver ma famille aujourd'hui.
Les loups-garous ont des droits ici. Des droits inaliénables que même les anglais ne peuvent nier dans ce territoire loin de chez eux:
'Tout loup-garou pourra, en vertu des pouvoirs que le peuple nous a donné, réclamer tout membre de sa meute qu'il soit de sang ou d'âme. Et notre devoir sera de les aider dans cette tâche et de faciliter chacune de leurs actions en ce but.'
'Aucun gouvernement, aucune loi, aucune force ne se tiendra entre le peuple loup-garou et ceux qu'ils nomment leurs. Si, toutefois, un gouvernement, une loi ou une force empêchent accès à un membre d'une meute, alors sera accordé un droit de Réunion à la race des Hommes-Loups. Si celui réclamant sa meute se trouve seul face à un danger à sa meute venant de l'un des Trois cités plus haut, la race des loups-garous à laquelle il appartient aura pouvoir et droit ce se réunir en une faction assez puissante pour annihiler l'adversaire.'
Je compte sur ces deux lois particulières pour donner une chance à ma petite famille. Et je demande à mon alpha, toi Remus, de venir réclamer ses droits sur Luna et Augusta.
En cette seconde après avoir écris ces mots, je sais déjà que tu viendra ou enverra quelqu'un en qui tu as confiance. Et je ne peux te laisser dans le noir alors que ta vie ou une autre dépendra de ce que tu sauras de notre situation. Contre mon gré je me vois forcé de t'apprendre ce qui doit m'arriver. Ce que les anglais ont décidés doit être mon sort.
Dans l'ombre de leurs coeurs égoïstes, les ministres, conseillés et autres participants actifs de la société anglaise, ont tissés leur toile. Ils se sont tournés vers les archives poussiéreuses des contrats magiques, qui contiennent à leur plus grand plaisir les contrats de mariages. Tous contrats passés par les ancêtres d'une famille se trouvent là. Et chaque clause de chaque contrat passé depuis le temps de Merlin a été passé au peigne.
Là, entre de vieilles pages que j'aurai aimé voir se désintégrer sous leurs doigts, ma vie entière a été décidée. Toute union que les évènements ont empêchés d'être accomplie, et qui possédait une clause de 'report' vers un temps et une génération plus 'disponible' à ce mariage particulier, a été compilée dans un nouveau dossier.
Et il a été révélé que les Londubat sont liés par d'anciens contrats à plus d'une centaines de famille différentes. Un quart n'a plus aucun héritier, un autre quart des héritiers sont à Azkaban, un autre sont tous mariés et sans descendances disponible pour l'instant... le dernier quart n'attend plus que moi. Tous les contrats ont été activés et je suis obligé de les reconnaître valide ou périr à cause de la magie imbue dans ces promesses faîtes par mes ancêtres.
Je dois marier et donner un héritier à 25 jeunes femmes sélectionnées avec soin. Pour l'occasion unique, le gouvernement à autorisé la polygamie... uniquement pour moi. Pour que je leur donne de ce sang qu'ils désirent pour leur société de malheur. Les mariage se feront dés mon arrivée en Angleterre.
Le seul bon point, et oui il en est un, est que dans leur empressement et leur joie hideuse ils ont oubliés de cimenter la venue de Luna et grand-mère. Ils n'ont rien fait pour les 'obliger' à venir, certains qu'ils étaient que ma femme me suivrait partout, comme toute bonne épouse se doit de faire. Surtout une épouse attendant un heureux événement. Grand-mère est de moindre valeur à cause de son 'grand âge' (et ce ne sont pas mes mots mais les leurs. Imagine les idées de vengeance de grand-mère depuis qu'elle les a entendus).
Je pars dans exactement quinze jours. Tu n'as que cette courte période pour arriver et saisir tes droits sur les deux femmes de ma vie. Fait vite je t'en prie.
Que je puisse voir les visages défaits des sorciers anglais. Et surtout que je voie enfin les miens loin de tout danger.
Je t'en prie.
Ma seule erreur était de vouloir rester à moitié anglais pour ce pays que j'aime tant. Ce pays dont je n'aime plus que le côté moldu, et dont je hais chaque sorcier mêlé à cette farce qui va me détruire.
Neville Londubat... Black...
P.S: Ceci est la dernière lettre que vous recevrez tous de moi. Tiens la secrète jusqu'à ce que tu ais mes deux bien-aimées avec toi. Je ne veux pas que Harry tente de venir pour moi. Je ne veux pas qu'il se mette à portée de Dumbledore. Pour sa sécurité, agit seul. Et après... soit l'une des épaules sur laquelle il va pleurer.
Stupide... idiot... petit louveteau. Avait pensé Remus en lisant ces derniers mots. Comme si le loup qu'il était allait laisser ces imbéciles gagner et prendre l'un de ses petits. Aucun chance. Si Neville avait baissé les bras face à ce qui semblait insurmontable, Remus lui avait tout juste retroussé ses manches. Dés que Fumseck était reparti réconforter son sorcier et sa petite famille, Remus était sorti de la maison.
Il n'avait croisé qu'une seule personne, une jeune fille au ventre grandissant et tenant une cuillère de glace au chocolat dans une main et un pot bien rempli de cette substance dans l'autre. Elle l'avait regardé, s'était écartée, et n'avait dit mot à personne de la maisonnée de ce qu'elle avait vu. Quand on lui demanda si elle avait vu Remus, elle pris une grande bouchée de l'aile de poulet dans son assiette... et marmonna qu'il était sorti manger dehors.
Dans les jours suivant, Remus mangeait souvent dehors... Sakura ayant partagé avec lui son 'presque mensonge'. Après tout, si Remus ne mangeait pas dans la maison à un repas, c'est qu'il mangeait dehors... s'il n'oubliait pas de se nourrir au milieu de ce qui l'avait poussé à sortir en premier lieu. Remus avait rit, et pris une décision: s'il était une personne de toute leur famille qui comprendrait la situation de Neville, étant passé elle aussi par un 'mariage forcé', c'était bien Sakura. Et peut-être que participer à sauver les Londubat l'aiderait à guérir un peu plus de ce qu'elle avait souffert.
Mise dans la confidence, la jeune fille s'était montrée particulièrement ingénieuse. Pendant qu'elle était prisonnière de son 'époux', durant les heures après la consommation de l'union et avant d'être sauvée, elle s'était retrouvée enfermée dans une chambre en compagnie de deux autres femmes. Deux femmes de la famille, forcées elles aussi plusieurs années plus tôt. L'une d'elle avait même était là pendant près de vingt ans. Pour lui redonner espoir, alors qu'elle n'avait pour envie que de mourir, elles lui avaient chuchoté leurs histoires et leurs plans. Car un jour ne passait pas sans qu'elles inventent un nouveau plan pour s'enfuir. L'un de ces plans était l'un de ceux qu'elles prévoyaient tomberait à l'eau dans les semaines à venir. Parce que pour qu'il réussisse elles devaient contacter une personne qui ne serait au Japon que pour une courte période. C'était un homme qui acceptait une majorité de contrats en Chine et venait rarement au Japon. Il évitait surtout la ville dans laquelle se trouvaient les jeunes femmes. Alors elles n'auraient qu'une chance de prendre contact.
Cet individu travaillait avec un partenaire, à chasser les criminels que la police ne parvenait pas à attraper. Selon les circonstances il les capturait et les abandonnait sur place pour que les autorités les trouvent, et parfois il les tuait lorsqu'il n'avait pas d'autre choix. La rumeur disait qu'il n'avait tué que trois fois dans toute sa carrière. Une première fois à ses débuts pour sauver sa vie. Une seconde fois dans cette même ville qu'il évitait pour sauver un l'otage de deux braqueurs de banque. Et la troisième le jour qui l'avait placé sous l'œil des sorciers.
Les femmes avaient découvert tout de cet individu en entendant le chef de la famille se plaindre de ce nouveau mondain qui avait appris de l'existence des sorciers. Il semblait que l'un de ses contrats pour arrêter un criminel en fuite l'avait placé en plein milieu d'un réseau de braconniers de créatures magiques rare. L'homme et son partenaire, malgré l'étonnement et l'incrédulité née d'avoir vu: un bébé dragon, un bébé licorne, un bébé phénix, et un enfant centaure, tous destinés à la collection d'un amateur de créatures qui pensait se créer son propre 'zoo magique'... avaient répondus aux appels désespérés du petit centaures dont les pleurs mêlés des noms de ses parents leur avaient brisé le coeur. Quelle que soit la race de ce petit être, il n'était qu'un enfant effrayé, quelqu'un à protéger. Ils avaient repris leurs esprits lorsque l'un des sorciers avait giflé l'enfant pendant que le mondain qui était leur cible échangeait une cage remplie d'une couvée de créatures qui ressemblaient terriblement à des sphinx miniatures contre une liasse de billets de banque.
Ayant vu les hommes sortir des 'baguettes' et les utiliser pour bâillonner et ligoter leurs captifs d'un simple mouvement et avec quelques mots. Des sortilèges? De la magie? Ayant réalisé qu'ils ne savaient rien du danger encouru s'ils agissaient contre ces individus, les deux partenaires avaient décidés qu'ils n'avaient qu'un seul choix possible. Ils avaient sortis leurs armes et s'étaient placés à des endroits stratégiques à l'opposé l'un de l'autre afin d'embrouiller leurs cibles au moment de l'attaque. Puis, avec la vitesse que des années d'expérience leur avaient donné, ils avaient commencés à tirer.
Les sorciers braconniers, trop habitués à ne réagir qu'à la vue de sortilèges tout en couleurs et fortement visibles, étaient tombés comme des mouches. Le mondain au milieu d'eux avait été si surpris de les voir s'effondrer au sol sans raison apparente (les armes utilisées contre eux avaient des silencieux) qu'il n'avait toujours pas bougé d'où il était lorsque la dernière balle, que les deux hommes lui avaient réservées parce qu'il était le moins dangereux de tous ceux présents, le toucha au centre du front.
Il avait fallu moins de cinq minutes pour que tous les criminels soient hors d'état de nuire. Après, les deux 'chasseurs' étaient sortis de leurs cachettes pour rejoindre la 'ménagerie' étrange qui avait fait silence durant l'assaut. Des regards effrayés s'étaient tournés vers les deux inconnus. Le plus âgé s'était agenouillé devant l'enfant moitié cheval qui s'était écroulé par terre après avoir été frappé. Les 'magiciens' n'avaient pas pris la peine de le faire taire après ce coup qu'il avait reçu parce qu'il avait perdu connaissance pour quelques instants. Alors quand le nouvel homme se plaça si près de lui, l'enfant se recroquevilla et murmura des suppliques de ne pas le frapper. Il ne pouvait croire encore que ceux qui avaient mis à bas ses kidnappeurs étaient là pour l'aider. Surtout à la vue des pistolets qu'ils avaient dans leurs mains. Il était peut-être jeune et d'une communauté loin de tout humain, mais les siens lui avaient déjà enseigné ce qu'étaient les armes à feu et qu'il fallait les craindre.
Mais l'homme se contenta de poser une main sur le bras que le jeune avait placé devant son visage pour se protéger. Et ignorant les tremblements encore plus fort du petit être, l'inconnu caressa le bras d'une manière simple et étrangement réconfortante. Ayant obtenu l'attention du petit, le mondain avait demandé qui ils pouvaient appeler à l'aide pour eux et de quelle manière. Sur une indication hésitante du jeune centaure, il avait fait passer l'une des baguettes sans aucune hésitation ni aucune crainte donnant à l'enfant pouvoir sur sa vie, finissant ainsi de le rassurer sur ses intentions.
Et il appris que lancer un appel à l'aide pendant qu'on tenait l'un de ces morceaux de bois magiques faisait apparaître une petite armée de 'sorciers' prêts à toutes les situations. Et si lui et son jeune partenaire s'étaient retrouvés paralysés le temps que les nouveaux arrivants questionnent les jeunes victimes, ce n'était pas si important que ça une fois la journée terminée. Parce que les deux mondains avaient été introduits à un monde si magiques qu'une partie de leurs coeurs avait retrouvé une étincelle d'espoir que leurs vies difficiles leur avaient arraché. Ayant prêtés serments et étant liés à cette 'société secrète' ils s'étaient vus proposés une collaboration très avantageuse: si les sorciers avaient besoin d'eux, ils seraient intégrés à une force d'assaut spéciale en tant que tireurs d'élites. Pendant que la police sorcière attaquerait avec magie, eux feraient comme ils venaient d'agir ce jour-là. Leurs armes avaient après tout été très efficaces. Et malgré le mélange des communautés magiques avec les mondains, les sorciers criminels pensaient rarement que ceux envoyés pour les arrêter pouvaient être ainsi armés. C'était un avantage dont ils sauraient jouer.
Cette histoire qui avait été entendue par deux femmes désespérées et récitée à une toute jeune fille terriblement blessée, était ce qui avait conduit Remus à marcher si longuement dans les rues de la ville. Si longuement que son esprit avait vagabondé, remmenant à la surface les souvenirs des derniers jours, de ce qui semblait être une éternité. Car déjà il avait perdu quelques jours de cette quinzaine avant que Neville ne lui soit arraché.
Il espérait seulement que ses actions des derniers jours allaient lui apporter l'aide voulue. Car il avait un plan et il ne pouvait rien faire sans ces deux mondains qui semblaient accomplir des miracles depuis qu'ils étaient associés aux sorciers.
Après avoir entendu le récit de Sakura, il avait contacté le ministre lui-même, qui après avoir été informé de la dernière situation était préparé à aider autant qu'il pourrait. Cela n'avait rien à voir avec l'idée de gagner un autre puissante famille anglaise... mais plutôt tout à voir avec le respect grandissant que les Black faisaient naître au Japon pour leur famille. Et c'était bien peu demander après tout ce que le maître de potion Severus Black avait fait pour eux. Et étant donné que leurs venues au Japon était entièrement due au Lord Gris Harry Black, et que Neville était son frère de coeur... alors oui le ministre comptait bien donner un coup de main.
Le ministre avait pris contact avec les deux mondains, et rendez-vous avait été donné. Sauf que l'une des conditions à venir dans cette ville bien particulière du Japon, était que le sorcier qui souhaitait les engager devrait prendre un parcours bien particulier de façon à perdre toute personne qui essaierait de le suivre. Le secret était d'importance pour les deux mondains. Ils n'avaient aucun problème avec les autorités mondaines ni avec celles magiques, cependant ils essayaient de se cacher d'une personne pour une raison inconnue. Peu importait car ce que Remus voulait le plus à cet instant était d'arriver à destination et ne se préoccuper que d'aider son petit en danger.
Bientôt, il pris un petit chemin cabossé qui le mena à une ancienne église calcinée. Elle était en ruine, victime d'un incendie remontant sans doute à plusieurs années. Un grillage en aurait empêché l'accès de ce côté s'il n'avait été en lamentable condition. Un large trou se trouvait exactement où la carte qu'on lui avait fourni le plaçait. Le loup sentit l'air autour de lui, il y avait du danger mais pas tourné vers lui, plus comme un piège prêt à se refermer sur quiconque voudrait du mal à ceux qu'il venait rencontrer. D'un pas sûr il se dirigea vers l'immense porte brulée. Le bois avait été d'une si grande qualité que le feu n'avait rien fait de plus que les noircir. Les gongs n'étaient pas assez endommagés pour bloquer l'accès à l'intérieur du bâtiment. Le bruit inquiétant que l'ouverture fit ne ralentit en rien l'effort de Remus d'atteindre son but. Rien ne lui faisait peur, ou du moins rien ne lui faisait plus peur que l'idée de perdre l'un de ses louveteaux.
Alors les vieux sons qui auraient étés parfaits dans un film d'horreur? N'avaient aucun effet sur lui.
Il s'avança dans la longue rangée couverte de détritus de bois, restes d'une voûte qui avait soutenu le plafond maintenant ouvert aux éléments.
L'homme loup sentait le regard posé sur lui. Un seul... le partenaire devait sans doute faire le guet. Protection que le loup appréciait. Remus restait droit et digne sous les yeux de l'inconnu. Il savait déjà où se tenait l'individu, derrière un rideau de fortune qui séparait la grande salle de messe aux parties plus communes de l'église (le rideau était une addition récente). Il semblait qu'en cet instant, Remus était jugé et que ce jugement était de la plus grande importance. Ce qui était en fait le cas, car les deux mondains avaient le choix des missions qu'ils acceptaient ou refusaient. Remus espérait que la sienne serait prise et non rejetée.
Dans son coin, ne cherchant en rien à se dissimuler mais profitant de l'ombre pour gagner un certain avantage sur ce probable client, le plus âgé des deux partenaires mondains observait. Depuis qu'il était entré dans le secret du monde magique, il avait rencontré des êtres surprenants mais aussi le plus souvent des êtres humains, bien que magiques, qui pouvaient être aussi vicieux ou aussi bons que tout autre humain sur terre. Alors il faisait toujours attention aux choix de ses emplois afin d'assurer son partenaire et sa propre survie. Bien que Iishin était à présent assez grands et capable pour se débrouiller tout seul, en tant que son aîné il avait depuis longtemps pris sur lui de le protéger. Et rencontrer les clients était l'une des précautions qu'il prenait. Son jeune partenaire avait quant à lui appris à faire avec ce côté protecteur du plus vieux. Le seul regret du jeune Iishin était son désir d'entrer dans le lit du plus vieux, et que ses tentatives avaient toutes étaient en vains. Iishin savait bien que le plus âgé ne le voyait que comme un petit frère agaçant.
Sortant de derrière le rideau, l'homme se dirigea à pas lent vers sa proie. Il avait tout d'un prédateur parti chasser. Ses cheveux longs châtains presque noirs cascadaient autour de son visage, s'arrêtant à sa mâchoire serrée. Ses yeux sérieux auraient parus froids si ce n'était pour une lueur curieuse que Remus eut du mal à reconnaître. Et si l'occasion avait été différente il aurait répondu de manière plus visible. Mais le moment ne s'y prêtait pas aussi retourna-t-il cette même lueur dans ses yeux préoccupés. L'humain était professionnel dans ses actions et réactions: il continua sa marche silencieuse, surprenant Remus par la qualité presque animale de l'individu. L'inconnu passa le plus large tas de débris devant lequel Remus s'était arrêté, ayant choisi ce point comme barrière protectrice dés son arrivée.
Face à face, les deux hommes se regardaient avec un intérêt grandissant. Il y avait quelque chose qui appelait chacun d'eux au plus profond. En cette seconde Ils savaient que leurs vies venaient de changer. Même s'ils ne pouvaient rien y faire pour le moment. Une main se tendit:
"Je suis Tien Lee."
"Remus." fut la réponse pendant que leurs mains se serraient, testant leur force et leurs qualités.
Un hochement de tête de Tien Lee et les deux hommes laissèrent tomber leurs mains avec reluctance. Tien Lee les dirigea vers l'un des rare bancs encore en état de soutenir leur poids. Dés qu'il fut installé il réalisa l'ironie de l'instant. C'était sur ce même banc qu'il avait reposé des années auparavant, blessé par balle et recevant des soins d'un hommes qu'il avait enlevé. Un homme dont il était tombé amoureux... Un homme dont le coeur était déjà pris par un autre.
C'était dans cette église que Tien Lee avait revu son frère jumeau après des années de séparation, et que leurs âmes s'étaient réconciliées alors que le feu détruisait tout autour d'eux. Ce même frère que son prisonnier aimait plus que tout au monde. Les retrouvailles avaient été une épreuve qu'ils avaient passés. Gardant de ce jour des cicatrices autant physiques que morales. Les guérisons n'étaient pas toutes sans douleur ni sans marque. Tien Lee n'avait eu que peu de marques visibles mais son coeur avait pensé qu'il n'aimerait jamais personne comme il aimait cet homme qui avait été son prisonnier. Et il avait aussi du laisser son frère jumeau blessé derrière lui, aux soins de cet homme que tous deux aimaient.
Aujourd'hui... il semblait bien que son coeur ait trouvé un nouvel intérêt. Et cette fois il avait la certitude que tout serait différent. Étrange que cela se produise alors qu'il pensait prendre sa 'retraite' de la partie 'mondaine' de son métier. Ne se concentrer que sur les rare et plus que bien payées missions du monde sorcier. Et peut-être trouver une activité qui ne le mènerait pas à fuir constamment et criminels et police qui n'aimait pas les individus qui comme lui faisaient justice sous contrats grassement payés. Quoique 'grassement' voulait juste dire mieux payé qu'un policier mais pas non plus richement.
"Quelle est la mission?" Demanda Tien Lee, se tirant de ses pensées pour s'occuper de ce qui était plus important.
Remus pris le temps de revoir le discours qu'il s'était préparé à donner, et s'aperçut que cela n'irait pas du tout. Que seule une honnêteté totale de toute l'affaire pourrait convaincre l'homme face à lui.
"Durant les leçons que vous avez reçu sur le monde sorcier, que vous as-t-on dit sur l'Angleterre et la dernière guerre?"
"La version japonaise." Fut la réponse directe.
Aussi étrange qu'elle soit elle expliquait actuellement tout ce qu'il savait. Tous les habitants du Japon et de tout autre pays, à part l'Angleterre qui avait enterré sa tête dans le sable, savaient que la 'version Japonaise' était l'entière vérité sur chaque participant de la guerre et toutes les erreurs commises par les anglais. La famille Black, la nouvelle version pas celle 'avant Harry Potter Black', était une part proéminente du récit. Dumbledore quant à lui y était peint sous un très mauvais jour.
"Mon fils adoptif, Harry Black, est aussi le frère de coeur de Lord Neville Londubat. Pour différentes raisons, dont un amour pour le pays d'Angleterre qui l'a vu naître, Neville avait gardé une double nationalité: celle de son nouveau pays et celle d'Angleterre. Les sorciers anglais s'en sont servis pour mettre en place un plan qui va le garder prisonnier entre leurs mains. Neville ne peut rien faire parce que ce qui le tient à leur merci est une série de très vieux contrats signés par ses ancêtres. S'il brise ces contrats, il mourra. Tout aurait été différent s'il n'était plus en partie anglais ou s'il avait intégré totalement le nouveau clan des Black. La création d'une nouvelle lignée aurait en soit annulé tout autre contrat."
"Quel est le but de notre rencontre alors?"
"Il y a dans chacun de ces contrats une clause qui y est placée automatiquement sans que personne n'y prête jamais attention. Une clause qui me permet de faire appel à vous."
Remus sortit une feuille soigneusement pliée de la poche de son jean. Il se prit à rougir quand Tien Lee suivit des yeux ses mouvements et regarda son corps un peu plus longtemps qu'il n'aurait du. Donnant le papier à l'autre homme, il le regarda l'ouvrir et le lire avec attention.
Un sourire carnassier apparut sur le visage autrement froid. Le loup de Remus réalisa alors que ce prédateur était peut-être plus alpha qu'il n'était. Et l'idée de se soumettre ne lui déplaisait pas pour ce seul individu.
"Et personne n'a réalisé...?"
"Les sorciers anglais ne sont pas très observateur même quand leur vie en dépend."
"J'ai été en Angleterre avant d'apprendre l'existence du monde magique. Ce que j'ai vu des habitants de ce pays était plus aptes à capturer mon respect que ce que j'ai appris de sa partie sorcière."
"Les sorciers sont très 'en retard' de tout point de vue sur les mondains. Ils se sont laissés allés parce qu'ils avaient un pouvoir que d'autres n'avaient pas. Si ce n'était pour les anglais mondains je crois bien que je haïrais le pays tout entier. Mais je n'ai en horreur que les sorciers eux-mêmes. Peut-être qu'un jour ma famille pourra y retourner pour voir ce pays que nous aimons encore. Cela ne pourra arriver que si certaines personnes ne sont plus là pour faire de nos vies un enfer."
"Ce plan fera certainement de leurs vies un enfer."
"C'est aussi ce que je pensais. Alors?"
"J'accepte. Les enlèvements m'ont toujours portés bonheur."
Si Remus trouvait cette déclaration étrange, il n'en dit rien. Trop occupé à ne pas rougir plus sous le regard révélateur de Tien Lee.
"J'ai besoin des détails des transports, contacts et plans de secours." Annonça Tien Lee.
"Pour le transport..." commença Remus avant qu'un flash n'annonce l'arrivée de celui qui s'était porté volontaire. "Voici Fumseck. Neville lui appartient." Oui Neville appartenait au phénix et non l'inverse. C'était ainsi et pas autrement. Et foie de phénix son sorcier serait sauvé.
"D'accord." Répondit l'autre homme le plus simplement du monde.
Clignant des yeux Remus reprit en sortant un nouveau papier:
"Ici se trouvent les noms des membres de clans lycanthropes qui vous aideront si vous annoncez que je vous envoie. Ils ne répondront qu'à un des leurs, ou un envoyé de l'un des leurs." Remus se trouva un peu inquiet de ce que penserait Tien Lee d'être aidé par des loups-garous... encore plus d'être engagé par un loup-garou. Mais encore une fois l'autre homme le surpris, le regardant droit dans les yeux et acquiesçant légèrement. Il n'y avait aucune horreur ni aucun recul. Il n'y avait rien de plus simple pour cet homme que d'accepter ce qui ne pouvait être changé comme étant parfaitement normal.
"Fumseck vous emmènera à l'une des places où vous pourrez les trouver. Quant à un plan de secours... il n'y en aura aucun. C'est un plan unique et il n'y aura aucune seconde chance. Un plan d'extraction pour vous mettre à l'abri par contre est assez simple: Fumseck vous attrapera et vous emmènera en sécurité s'il n'y a pas d'autre choix. Mais... vous êtes la dernière et seule chance pour Neville. Même s'il n'en sait rien. À vrai dire le plan ne réussira que parce qu'il n'en sait rien."
"Il est une chose qui va poser problème." Annonça Tien Lee.
"Neville lui-même?"
"Oui. Sa réaction sera ce qui fera échouer ou réussir la mission. J'ai une idée qui pourrait faire toute la différence. Je peux facilement obtenir le matériel nécessaire avec mes contacts au Japon. Ma crainte est pour lorsque Neville reviendra à lui. Il faudra absolument qu'il voit un visage ami dans les premières minutes, tant qu'il sera sous l'effet de ce que je veux utiliser. Sans quoi il pourrait très bien attaquer quiconque sera dans la même pièce que lui."
"Vous insinuez qu'il ne prendrait pas le temps de découvrir où il se trouve? Qu'il foncerait à l'aveugle?"
"Si mon plan marche, sa première réaction au réveil sera une rage sans limite. Pour que ce soit un véritable enlèvement, et qu'il résiste vraiment notre attaque, Neville devra croire qu'il n'est pas le seul en danger. Je devrai laisser glisser que sa femme est notre cible suivante."
Remus resta silencieux. Il savait qu'ils n'avaient pas d'autre choix. La clause qu'il avait trouvé dans chaque contrat, grâce aux espions qui en avaient fait des copies pour lui sans que le gouvernement anglais ne s'en aperçoive, était très précise.
'Dans le cas où l'une des parties attachées au contrat d'union, serait enlevée contre son gré avant le mariage par une troisième partie et quelle que soit la partie enlevée avant mariage contre sa volonté, l'union ne pourrait plus prendre place et de ce fait n'aurait plus aucune valeur. Le contrat serait annulé sans report possible sur une génération future.'
Cette clause avait été incluse dans tous les contrats à une époque où les enlèvements étaient à la mode. Où les jeunes filles en âge étaient convoitées par plusieurs familles qui étaient prêtes à tout pour les avoir. Souvent ces jeunes victimes étaient alors forcées à épouser leurs kidnappeurs et/ou à porter leurs enfants avant d'avoir pu être secourues. Afin de ne pas vexer la famille des jeune filles, la clause concernait aussi l'enlèvement possible du jeune marié lui-même. Bien que cela ne soit jamais arrivé, cela avait permis d'éviter les vendettas qu'une rupture de contrat aurait entraînée. Puisque les deux parties du contrat étaient tenus à égalité dans ce passage particulier, aucun des deux camps ne pouvait accuser l'autre de quoi que ce soit.
Et comme la clause n'avait jamais été revue ou retirée, Remus pouvait aujourd'hui en profiter. Le tout était de faire en sorte que Neville soit capturé contre sa volonté. Il fallait qu'il résiste et refuse de suivre ses attaquants. Cependant le jeune homme s'était déjà fait à l'idée d'appartenir aux sorciers anglais jusqu'à la fin de ses jours, et peut-être croirait-il que l'attaque était lancée par eux pour une raison qui lui était inconnue. Le seule moyen de le faire se battre contre Tien Lee, était de lui faire croire qu'une personne qu'il aimait serait prise après lui. Il fallait que Neville ait vraiment peur le temps de cet enlèvement, afin que la magie reconnaisse la clause remplie et annule tous les contrats.
Remus aurait fait appel à des sorciers pour cette mission si les anglais n'avait pas déjà activés la magie d'un bracelet qui agissait de la même façon qu'un de ces bracelets que les mondains mettaient sur certains prisonniers qui sortaient de prison. La différence étant qu'au lieu de savoir où Neville se trouvait à tout moment, le bracelet empêchait toute personne autre que celles inscrites sur une liste secrète d'user de magie autour de Neville. Ni Portoloin, ni poudre de cheminette, ni même phénix, ne pouvaient transporter le jeune homme hors de leurs griffes depuis qu'il portait ce maudit bracelet. C'était la raison qui faisait des deux partenaires mondains le meilleur (et seul) choix pour accomplir la mission.
"Mieux vaut que son âme soit blessée pour une courte période plutôt qu'il soit pris et utilisé pour le restant de ses jours." Décida Remus. "Faîtes tout ce que vous pourrez pour réussir."
Tien Lee laissa ses yeux capturer ceux de l'homme loup. Se laissant porter par tous les sentiments que Remus laissait entrevoir: du désespoir, de la colère, de la conviction, des doutes, un mur solide que rien ne ferait bouger parce que rien d'autre ne comptait que ce qu'il voulait voir mené à bien. Et un amour si fort que Tien Lee se prit à vouloir recevoir cette émotion de Remus. Il voulait obtenir ce même amour et le garder toute sa vie durant. Le prédateur en lui reconnut que le premier pas vers cette direction serait de remmener son petit au loup. De prouver à Remus qu'il était capable de protéger... leur famille? Parce que si Tien Lee voulait construire quelque chose avec cet homme, il savait que ce serait définitif et qu'il obtiendrait plus que juste un homme. Il aurait toute la meute du loup, il en ferait partie et devrait en prendre soin. Un loup ne prend qu'un seul compagnon pour toute sa vie. Il est fidèle et possessif. C'est ce qu'avait souhaité l'oriental depuis aussi loin qu'il se souvenait. Quelqu'un qui l'aimerait lui pour toujours. Pendant quelques années il avait eut l'amour de son frère jumeau, mais c'était différent de ce qu'il avait devant lui. L'amour d'un frère, réalisa-t-il n'avait vraiment rien à voir avec ce qu'il pouvait déjà entrevoir. Il avait eu un aperçu de cet amour en voyant son frère et le jeune homme que Tien Lee avait un jour enlevé. Cette fois-ci, il serait celui qui recevrait cet immense cadeau. Il était prêt à se battre pour cela.
Se levant calmement du banc noirci, Tien Lee saisit la main de Remus et l'aida à se lever. Debout l'un près de l'autre quelque chose passa entre eux: une affirmation, une acceptation qui les liait.
"Vous serez au ministère dés ce soir dans une salle que j'aurai choisit. Vous attendrez mon retour. La première chose que Neville verra à son retour sera vous et son épouse."
Puis d'un geste il poussa Remus légèrement, lui faisant signe de partir. Remus acquiesça muettement et s'éloigna à regret. Il avait confié son plan à cet homme, il devait lui faire confiance, croire qu'il pouvait réussir sans l'aide de Remus. Que son petit lui serait remmené sain et sauf. Et peut-être allait-il gagner plus que les trois Londubat qui appartenaient à sa meute? L'avenir avait tant de possibilités que l'homme loup ressenti cette même peur qui l'avait pris trois ans plus tôt, quand il ne savait pas si celui qu'il cherchait alors allait l'accepter. Mais Harry l'avait accepté... lui avait promis d'être son fils dans cette vie et toute autre à venir. Remus devait croire. Et pour la première fois en trois ans il avait mis sa famille entre les mains d'un autre. Il voulait vraiment que le destin leur soit favorable. N'avaient-ils pas assez soufferts?
Regagnant le chemin près de l'église, il recommença sa longue marche et eut l'impression de revivre ce lointain hiver où l'espoir avait été si mince et le temps si long.
Ce soir-là, Remus contacta Severus depuis le ministère où il attendait que la salle qui accueillerait Neville soit préparée. Il lui dit une partie de la vérité: qu'il était retenu là pour une affaire de clan. Il ne révéla pas que cela concernait leur clan, ni à quel danger il devait faire face. Il ne rentrerait pas à la maison pour quelques jours, et c'est tout ce qu'il avait le temps de dire à sa famille. Il s'éloigna du miroir, mode de communication largement plus appréciée que la cheminée anglaise.
Maintenant il lui fallait attendre.
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Tien Lee avait gardé son regard posé sur le dos de l'occidental. La dignité palpable de l'homme avait été d'une sorte rarement vue. Le loup n'était pas séparé de l'homme comme il l'avait vu chez d'autres loups-garous. Remus et son loup étaient unis. Et Tien Lee savait que seule une grande épreuve pouvait en être responsable. Les cheveux blancs comme la neige la plus pure avaient renforçaient cette certitude. La beauté de cette étrange créature avait saisit son coeur avec force. Les yeux d'Ambres à l'air si ancien, remplis d'un grand savoir et de grandes souffrances, étaient ce qu'il avait le plus aimé de l'autre.
Secouant la tête, il se concentra sur le présent. Un sifflement attira son jeune partenaire de son tour de garde. Il passa une longue heure à revoir tout le plan avec lui et l'heure suivante à prendre contact avec ses fournisseurs en ville. Pour son idée si particulière il aurait besoin de matériel mondain, puisqu'aucune magie, qu'elle soit de transport ou de potion, ne pouvait fonctionner autour de leur cible.
Il fut assez facile d'obtenir une drogue qui marcherait sur un sorcier. Il avait en main une liste de ce qui était efficace sur un individu magique. Peu de médecines mondaines fonctionnaient vraiment sur les sorciers. Malgré le fait que les ingrédients eux-même, s'ils étaient utilisés différemment, soient capables d'un effet positif. Les rares drogues préexistantes qui agissaient comme il voulait, puisqu'ils n'avaient pas le temps d'en créer une nouvelle, devraient faire l'affaire.
Un dard contenu dans une bague des plus discrète serait imbibé de la substance. Il lui suffirait de trébucher près de sa victime et de le toucher une seconde pour que le plan soit en marche. Dés les premiers vertiges...
Iishin serait avec lui tout le temps, il l'aiderait à porter Neville Londubat Hors du ministère où il s'était réfugié pour gagner un peu de temps et essayer de sortir son épouse du pays. Les anglais pensaient toujours que les Londubat n'y étaient que pour régler leurs affaires avant de revenir au pays. Après tout Neville ne pouvait pas s'enfuir sous peine de mourir. Et Luna n'irait nulle part sans son mari. Heureusement pour le jeune couple, le ministère de leur pays d'adoption avait su leur gagner un peu de temps avant que les sorciers anglais n'aient le droit de les récupérer. Remus avait su profiter de ce temps précieux. Tien Lee n'allait pas le décevoir.
Après avoir choisit le matériel, et avoir subit de longs regards mi-intrigués mi-agacés de Iishin... le jeune homme avait semble-t-il remarqué une différence quelconque dans les agissements de Tien Lee. Et en avait déduit qu'il n'avait plus aucune chance d'atterrir un jour dans le lit du plus âgé (comme s'il en avait eu une au départ!). Mais bien que Iishin ait toujours eu un comportement très enfantin, il savait aussi rester professionnel quand il fallait, et avec les années le jeune homme avait gagné en maturité dans leur domaine très particulier. Aussi les plans furent facile à finaliser et le départ rapide à venir.
La nuit n'était pas encore tombée que les deux hommes se trouvaient transportés par phénix express directement en face d'un groupe de loups-garous aux abois. Dés les premiers pas qu'avaient pris les hommes loups pour se défendre de ce qu'ils pensaient être une attaque, le phénix avait pris sur lui de les calmer, à sa manière... Sa méthode restera à jamais secrète, foie de loups-garous. Il semblait bien que Fumseck ne voulait aucune barrière sur son chemin pour libérer son sorcier. Neville était son choisis, aussi aucune convention de politesse qui veut qu'on se présente à l'entrée avant d'être reçu n'avait plus de valeur pour lui. Même si se faire annoncer à un groupe de loups-garous avant d'apparaître était en général une excellente idée.
La présence du phénix était une preuve suffisante que les deux nouveaux venus étaient là pour aider. Le nom de Remus était un bonus. Personne au monde n'ignorait plus que Neville Londubat appartenait à Fumseck. Néanmoins, les deux mondains étaient aussi venus dans ce pays en tant que représentants de l'alpha Remus, venus pour réclamer la charge de Luna et Augusta Londubat. Leur demande étant des plus légales, ils furent donnés responsabilité des deux femmes et s'empressèrent de préparer leur départ de ce pays. Elles ne pourraient pas être déplacées avant que les deux hommes aient enlevés Neville. Sans quoi leurs adversaires réaliseraient le danger et Neville deviendrait inaccessible. Des membres du clan auxquels Fumseck les avaient emmenés furent délégués la mission de mener Luna et Augusta dans le bureau du ministre, et d'user de sa cheminée pour les envoyer au Japon. Le timing devrait être impeccable.
À 8 heures 0 minutes, Augusta Londubat se vit invitée à rencontrer un représentant du ministre de son pays d'accueil. N'ayant pas laissé Luna hors de sa vue depuis que les sorciers anglais avaient mis leur plan en action, Lady Augusta entraîna sa jeune charge avec elle. Si elle remarqua que les deux gardes assignés à leur protection étaient des créatures, elle le garda pour elle. Neville s'était déjà arrangé pour lui faire promettre que quoiqu'il arrive elle emmènerait Luna au Japon, avec ou sans lui. Et il semblait bien que l'aide qu'il lui avait dit viendrait bientôt... était là. Il n'y avait qu'une seule raison possible pour que des loups-garous approchent les Londubat, et cette raison s'appelait Remus.
Ce qui l'étonna encore moins fut que le fameux rendez-vous se fasse dans le bureau du ministre. Ce qui la surpris vraiment était l'absence de tout anglais pendant le trajet. Les couloirs qu'elles avaient empruntés avez été comme vidés de tout témoin possible. Augusta se demandait comment cela avait été possible aux vues de la quasi invasion des anglais de tout le bâtiment. Quand le ministre s'était plaint à la confédération européenne des sorciers, il avait du faire face à un Dumbledore qui n'avait pas aidé le moins du monde. Le seul accord qui était passé était que le ministre pouvait garder tous ses droits d'accès et de protection disponibles depuis son bureau. Le reste du ministère était entièrement aux mains des anglais et personne ne pouvait entrer ou sortir sans leur accord. Enfin... personne sauf un phénix très motivé apportant avec lui quelques passagers.
Pendant que le ministre entretenait ses deux invitées et leurs deux gardiens, un groupe de loups-garous faisait diversion. Ils avaient démolis un mur du bâtiment pour y rentrer, avec une aide venue de l'intérieur qui avait brisé une partie des protections magiques qui les auraient empêchés de rentrer. Ayant déclenché une alarme, volontairement, ils avaient attiré les aurors anglais dans leur petit coin du ministère, pendant que les deux mondains entraient au moyen d'un phénix qu'aucune magie ne pouvait arrêter. Enfin, sauf cette magie des contrats de mariage qui aurait tué Neville si l'oiseau avait essayait de l'emmener au loin.
Tien Lee et Iishin, vêtus de manière respectable dans leurs deux costard cravates et marchant en gardant leurs yeux sur un dossier surchargé de documents, se déplaçaient d'un pas assuré vers le couloir par lequel un second groupe d'auror allait essayer de déplacer leur prisonnier pour s'assurer que les intrus ne pourraient pas le trouver. Heureusement pour les intrus et malheureusement pour les anglais, ce trajet était le seul disponible depuis la chambre dans laquelle Neville avait été retenu depuis plusieurs jours. Lorsque les aurors écartèrent les deux hommes de leur passage assez violemment, les deux mondains étonnés trébuchèrent et tombèrent sur les aurors, les piquants à l'aide de différents dards cousus sur les manchettes de leurs vestes. Dans un dernier mouvement, comme pour regagner son équilibre, Tien Lee toucha Neville. Son geste passa inaperçu dans la pagaille initiale, d'autant plus que les aurors avaient commencés à s'effondrer avant qu'il ait pu approcher le jeune homme.
Drogués, les aurors n'eurent aucune occasion de se défendre. Si sûr avaient-ils étés que le bracelet porté par Neville les protégeait de toute magie, qu'ils n'avaient pas pris en compte une méthode plus banale de les mettre hors d'état de nuire.
Neville quant à lui se mit à trembler, sa réaction moins rapide et plus violente que celle de ses gardiens. Car la drogue utilisée sur lui avait été différente par nécessité. Il fallait que Neville entende la menace qui allait suivre, sinon l'enlèvement n'aurait aucune valeur aux yeux de la magie.
"Attache-le aussi serré que tu peux. Il ne manquerait plus qu'il se réveille et se libère avant qu'on ait attrapé sa femme."
"On utilisera le même mélange pour l'empêcher d'utiliser sa magie elle aussi?"
"Non, il suffira de menacer son bébé. Une femme enceinte suivra toujours les ordres si son enfant est en danger." Rigola froidement Tien Lee.
À la seconde où il avait fini sa phrase, un Neville que Iishin n'avait pas fini de ligoter se jeta avec rage sur celui qui venait de menacer son épouse. Neville se débattit quand les deux hommes prirent le dessus. Il mordit, frappa tant qu'il pouvait jusqu'à ce que ses bras se retrouvent emprisonnés à nouveau. Et même là, ses jambes s'agitaient et il se démenait comme un homme possédé. Il ne les laisserait pas faire, il se battrait de toute son âme pour sa famille. Neville essayait toujours furieusement de se libérer lorsque la drogue l'entraîna finalement dans l'inconscience. Sa dernière pensée était encore son désir d'être libre, d'échapper à ceux qui l'avaient capturés.
Iishin poussa un profond soupir de soulagement et fini d'attacher le jeune homme. Comme ils ne pouvaient pas sortir du ministère d'une manière magique, à cause du bracelet qui emprisonnait Neville, ils devraient passer par la grande porte.
Tien Lee déposa Neville sur son épaule, une main le maintenant en place pendant que l'autre contenait son pistolet. Ils quittèrent le couloir en silence, abandonnant les aurors sur le sol. En passant devant une fenêtre, Iishin ramassa un marteau qu'un de leurs alliés avait laissé là et fracassa la vitre. Une seconde alarme se déclencha. C'était le signal pour faire partir Luna et Augusta vers le Japon.
C'était aussi un bon moyen de faire se déplacer une autre partie des aurors dans l'immeuble. Les deux kidnappeurs entrèrent dans une pièce et empruntèrent une entrée secrète. Pendant que les aurors fouilleraient les couloirs, eux seraient déjà partis dans la direction opposée.
Dans la grande entrée du ministère, il n'y avait plus qu'une quinzaine d'hommes et de femmes. Et si aucune magie ne pouvait être utilisée autour de Neville, rien n'empêchait l'un de ses alliés de lancer des sorts autour des anglais eux-même. Le passage entre les deux portes était suffisamment large pour que le pouvoir du bracelet ne touche même pas ceux qui gardaient la sortie. Tout ce que les aurors verraient était deux hommes discutant et souriant à l'idée d'un bon dîner avec leurs femmes respectives.
A quoi servait d'avoir autant de policiers en un endroit si leur système de protection était aussi horrible? Enfin, tout avait servi d'avantage pour la réussite de la mission.
Une fois libres des murs de ces lieux officiels, les deux hommes se dirigèrent vers une ruelle un peu plus loin, dans laquelle attendait une voiture aux vitres teintées. Leur captif fut gentiment placé et sécurisé. Et ils prirent la route.
Il était assez tard et la ville se préparait pour la nuit. Les rues étaient libres de la foule du jour. Conduire dans ces conditions avait un effet calmant. Plus d'une fois Tien Lee regarda le jeune homme endormi reflété dans le rétroviseur. Il semblait si jeune ainsi, différent de l'homme désespéré qui avait réussi à placer quelques bons coups dans sa tentative de leur échapper. Le plus âgé des deux partenaires ne poussa à son tour un soupir que lorsqu'ils embarquèrent enfin sur le bateau qui les avait attendu.
Le véhicule devait les mener sur un porte-avion militaire qui avait reçu pour ordre de mettre un petit avion à leur disposition. Un avion à trois place qui serait bien plus rapide pour gagner le Japon que de continuer par la mer. Ils avaient eu beaucoup de chance sur ce point-là, parce qu'aucun aéroport national ne les aurait laissé passer avec un jeune homme inconscient.
Tout ce que les militaires savaient était qu'une mission secrète avait pris place et que pour la terminer avec succès ils avaient eu besoin d'un point relais pour continuer leur voyage en toute sécurité. Le gouvernement magique avait fait appel à sa contrepartie mondaine sans aucune difficulté. Personne n'arrêterait les deux partenaires, pas même lorsqu'ils les verraient transporter un troisième homme.
Tout ce qui avait été fait ce soir-là n'avait été dû qu'au respect qu'avait eu ce pays pour son enfant d'adoption. L'idée de rabaisser le caquet des sorciers anglais n'avait joué que très peu sur leurs plans, mais avait certes été un magnifique bonus.
Dans la nuit, éclairé par le porte-avion, un petit avion décolla presque sans bruit. Au petit jour, ayant traversé une longue étendue de l'océan, il se posa sur une base dans laquelle une nouvelle voiture attendait. Cette fois il s'agissait d'une limousine accompagnée d'un médecin pour assurer la santé de leur passager endormi.
Leur arrivée au ministère du Japon se fit en toute discrétion. Et c'est avec grande gentillesse que les deux hommes passèrent leur fardeau à leur employeur, dans la chambre qui avait été préparée à cette occasion.
"Merci." Murmura Remus après avoir allongé son fils sur le grand lit. Luna s'était empressée de se placer aux côtés de son époux, et elle caressait avec amour les cheveux de Neville. Rassurée qu'il soit à nouveau avec elle. Augusta s'était installée sur un second lit dés que son petit fils était arrivé. Elle avait attendu aussi longtemps qu'elle pouvait avant que l'épuisement ne la rattrape.
"C'était la plus exceptionnelle mission de fin de carrière que j'aurai pu souhaiter." Répondit Tien Lee. Un hoquet de surprise se fit entendre depuis la porte d'entrée.
"Tien Lee?" Questionna Iishin.
"J'y pensait depuis longtemps. Je suis fatigué de toutes nos missions. Tu es encore jeune alors tu n'a pas perdu toute ton énergie. Pas comme moi Iishin."
Fermant les yeux et baissant la tête, le plus jeune acquiesça:
"J'aurai du m'en douter. Mais je crois que je ne voulais pas voir ce jour venir."
"Je ne te laisse pas seul." Le rassura Tien Lee.
Et Iishin réalisa qu'il était en effet déjà en contact avec un partenaire potentiel. Tien Lee les avait présentés l'un à l'autre un an plus tôt. Et depuis leurs routes s'étaient souvent croisées. Ils travaillaient ensemble à merveille. Et Iishin l'appréciait vraiment. Mais Tien Lee lui manquerait. Ils avaient toute une histoire. S'étant rencontrés alors que Iishin n'était qu'un enfant. Et Tien Lee avait été un tout jeune homme. Leurs vies n'avaient pas été faciles, mais elles avaient été bien remplies. Iishin sourit.
"Je te reverrais."
"Tu peux en être certain." Affirma Tien Lee. "File. Ou tu vas louper ton avion. Passe le bonjour à notre ami."
Iishin se retourna... et marcha la tête haute. Ses longues tresses rasta se balançant librement après qu'il les ait détachées de leur queue habituelle pour se détendre. La noirceur des tresses, et la douce teinte ambrée de sa peau à la lumière des bougies faisant de lui une apparition au milieu de ce décor de vieux château japonais. Le ministère s'était formé dans un bâtiment historique que personne n'avait visité depuis des siècles. Tenu secret par leurs enchantements. L'apparition disparue au détour du couloir. Et Tien Lee lui fit de silencieux adieux.
Une main se posa sur son épaule. Rassurante.
Lorsqu'il se tourna vers l'homme qui avait capturé son coeur même s'il en savait si peu sur lui, il suivit ses instincts. Il se pencha, réalisant avec plaisir qu'il était plus grand que Remus. Puis il l'embrassa. Saisissant le loup entre ses bras, comme s'il ne voulait plus le lâcher. C'était une étrange destinée qu'il s'était trouvé.
Une qu'il avait choisi et qu'il allait aimer.
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"QUOI!" Le cri avait certainement était entendu à des lieux à la ronde. Il avait peut-être même traversé un ou deux océans.
Puis des bredouillements avaient suivis, quelques coups avaient été frappés sur le torse d'un homme loup qui n'avait ressenti aucune douleur. Puis les sanglots avaient commencés. Et tout le temps qu'ils durèrent, Remus maintint sa prise sur le jeune homme à qui il avait annoncé une bonne nouvelle.
Oui... il avait aussi été obligé de raconter toute l'histoire. Depuis la lettre jusqu'à l'enlèvement. Oui, il avait une impression de déjà vu, puisque la réaction de Neville avait été la même à quelques détails prêts à son réveil ce premier jour. Oui encore, il avait du admettre avoir laissé passer quelques jours afin de vérifier que les contrats de mariages avaient bien été annulés par la magie de la clause spéciale découverte par Remus. Et, oui! Non seulement le plan avait fonctionné mais leur famille était enfin au complet.
Alors après tant de découvertes, Harry avait bien droit à ce moment de colère et de peur. Car même à retardement et le danger déjà passé, l'idée à elle seule de ce par quoi ceux qu'il aimait étaient passés... L'idée elle-même avait serré son coeur, presque à l'étouffer. Et les larmes étaient bienvenues parce qu'elles le libéraient de la peur qu'il ressentait maintenant.
Les 'et si' étaient nombreux de ce qui aurait pu se passer. Mais les 'et si' n'étaient pas arrivés. Tout était bien qui finissait bien. Sans compter que les Londubat avaient tous pris la nationalité japonaise et que quelque part en Angleterre de nombreuses personnes se lamentaient ou rageaient. Dumbledore, sa clique, et toutes les brebis stupides qui l'avaient suivi, avaient perdu la dernière bataille. Leurs victimes étaient libres.
Le vent soufflait dehors, balayant les champs de fleurs. Le rire cristallin d'une jeune fille retentit dans toute la maison. Sakura avait découvert sa toute petite gigantesque victoire: elle avait par ses conseils sauvé un jeune homme du même destin auquel elle n'avait échappé que trop tard. Un mariage forcé.
Et si au passage de sa danse de joie elle saisit l'un des bras de Harry, c'était pour le mieux. Car les larmes de peines du jeune homme se transformèrent aussitôt en larmes heureuses. Et leurs deux rires se mélangeaient avec bonheur, faisant sourire les membres de leur famille présents à leurs côtés. Bientôt, trois autres personnes viendraient vivre avec eux.
Remus leur dirait alors que son coeur avait trouvé un compagnon. Que le loup avait rencontré cet être unique qui lui était destiné.
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Note auteur: Est-ce que l'attente en vallait la peine?
