Hier j'ai réussi à finir d'écrire le chapitre 35 donc je vous mets le 34 !
Je le redirais dans les parties à venir mais il reste 4 chapitres sans compter celui-ci. J'y aurais passé beaucoup de temps (plus que je ne l'aurais voulu) mais je vais enfin achever cette histoire et je suis contente !
Bonne lecture et n'oubliez pas de laisser une review !
Edward avait passé des jours et des jours à observer Harry. Ce qui fut le plus étonnant, en dehors du fait qu'il n'avait plus reparlé de ce qui s'était passé dans le salon, c'était de voir qu'Harry se portait réellement bien. Il avait recouvré des forces au point d'avoir renvoyé Kreattur pour de bon.
Ils étaient tous les deux dehors, à s'occuper de Draco, quand Edward remarqua le sourire qui se forma sur les lèvres d'Harry. Dès qu'il l'aperçut, quelque chose en lui lui fit aussitôt tourner les yeux. Il sentait son esprit s'embrouiller. Alors, pour éviter de s'enliser dans un méli-mélo de sentiments sur lesquels il n'avait pas de noms à mettre, il se racla la gorge pour entamer la conversation.
- J'ai oublié de te prévenir, j'ai trouvé, déclara Harry, le coupant dans son élan.
- Trouver quoi ?
- Pourquoi tu ressembles tellement à Cedric.
- Alors ? Demanda Edward, soudain très curieux.
Harry coula un regard vers lui et s'amusa de son expression d'enfant avide de savoir.
- Rien d'extraordinaire. Ma première hypothèse était bonne, vous êtes parents. Ça remonte à très loin, mais vous avez un ancêtre en commun.
- Oh, fit Edward, un peu déçu.
- Tu t'attendais à quoi ?
- J'en sais rien. Peut-être à quelque chose de magique.
Un sourire amusé fleurit sur les lèvres d'Harry. Il voyait définitivement Edward comme un enfant dans un corps d'adulte.
- Qu'est-ce que tu dirais d'apprendre la magie ? Proposa Harry.
- Quoi ? S'exclama Edward en faisant volte-face.
- Ne t'excite pas comme ça !
D'un geste ferme, Harry replaça le poignet d'Edward bien au-dessus du trou et soupira. Quelle idée stupide il n'avait pas encore eue.
- Je me disais que, maintenant que tu t'es réhabitué à vivre dans le corps d'un humain mortel, je pourrais t'enseigner les bases de la magie.
- Tu ferais vraiment ça ?
- Si tu as envie.
- Évidemment ! Je n'osais pas te le demander. Ce n'est pas comme lorsque tu nous as appris à contrôler nos dons.
- Je risque de le regretter, mais ça nous fera une occupation.
Curieux de savoir pourquoi Harry le regretterait, Edward le regarda se relever.
- Je suis à peu près sûr que ça risque d'exploser à un moment donné.
En voyant Edward ouvrir la bouche, Harry clarifia.
- Au sens propre.
Il fallait croiser les doigts pour que ça n'arrive pas, alors.
Se relevant aussi, Edward suivi Harry jusqu'à l'intérieur et, pour la première fois, il eut le droit de pénétrer dans l'antre la plus sacré d'Harry : son laboratoire. Chaque objet le fascina, mais il comprit rapidement qu'il valait mieux ne toucher à rien s'il ne voulait pas s'attirer les foudres du sorcier. Même les rangées de livres semblaient différentes de ce qu'il connaissait.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda Edward en montrant une cloche de verre.
S'approchant de lui, Harry se gratta la mâchoire.
- Un crochet de Basilic.
- Le Basilic, c'est le serpent géant, non ?
- Oui.
Harry tira un livre qu'il ouvrit sur la table et tourna les pages jusqu'à trouver le chapitre consacré au Basilic.
- C'est un animal fantastique, expliqua-t-il en montrant les illustrations à Edward. Un œuf de poule couvé par un crapaud. Ils sont rares, mais on les considère comme les plus dangereux du monde.
- Plus dangereux que nos serpents classiques ?
- Celui-là a un venin très puissant et peut te tuer en te regardant simplement dans les yeux.
- Donc oui, compris Edward, un long frisson lui parcourant la colonne. Je n'ai pas très envie de croiser une de ces choses.
Il regarda par-dessus son épaule et frissonna à nouveau en voyant la taille du crochet. Comment un animal pouvait avoir une telle chose dans la bouche ?
- Comment tu as fait pour en tuer un ?
- Ça, dit Harry en refermant le livre, j'ai eu de la chance. Et un peu d'aide. Si un phénix ne lui avait pas crevé les yeux, et soigner mon bras blessé, j'y serais resté à coup sûr.
Edward trouvait ça fascinant : les objets qui peuplaient le laboratoire d'Harry, et dont il était incapable de déterminer l'utilité, mais aussi par tout ce monde qui lui était inconnu. Il avait énormément de choses à apprendre et il n'en était pas mécontent. Il avait refait son lycée si souvent que personne, en dehors d'Harry, n'avait quoi que ce soit à lui apprendre.
- Qu'est-ce que c'est exactement « les animaux fantastiques » ?
- Des animaux que vous ne connaissez pas. Ou alors que dans les contes.
- Dans les contes ? Ne me dit pas que les dragons existent !
- Oh si, ils existent.
Harry prit le livre pour le ranger à sa place.
- Et crois-moi, ils sont loin d'être amicaux. Ce sont de sales bestioles enragées.
- Mais comment vous faites pour cacher des serpents géants et des dragons ?
- Exactement de la même façon qu'on cache des trolls, des géants, des centaures et même des acromentules.
Osant évoquer partiellement le sujet, Edward rassembla son courage sans regarder Harry pour autant.
- L'autre jour, Draco aussi à parler d'acromentules. Qu'est-ce que c'est ?
- Des araignées.
- Géantes ? Devina Edward.
- Exactement. J'en ai connu une qui était capable de parler.
Rassuré qu'Harry ne s'emporte pas à l'évocation de Draco, Edward décida de continuer de le questionner.
- Il y a d'autres animaux qui existent et dont je supposais qu'il s'agissait d'un mythe ?
Harry réfléchit à la question. Bras croisés sur sa poitrine et dos appuyé contre ses étagères.
- Ce sont plutôt des êtres, mais les sirènes sont réelles. Moins séduisantes que dans les histoires, mais réelles. Il y a aussi les farfadets. Mais leur or est factice. Il finit par disparaître.
- En fait, à peu près tout ce qui relève des contes, des légendes et des mythes existent réellement, résuma Edward.
- En gros, oui. Les sorciers sont très doués pour tenir les moldus dans l'ignorance. Et les moldus sont très doués pour nier ce qu'ils ne veulent pas voir.
Ça faisait beaucoup d'informations à digérer d'un coup. Harry se dit qu'il vaudrait sans doute mieux lui montrer tout ça. Que ça irait plus vite.
- Un tour en ville, ça te dirait ?
- Où est-ce que tu veux aller ?
- Chez les sorciers, répondit Harry comme si c'était une évidence.
Ce qui, à son sens, était réellement une évidence.
- Je croyais que tu ne voulais plus te mêler à eux.
- C'est vrai. Mais s'ils sont incapables de me reconnaître, il n'y a aucun risque.
- Tu vas te déguiser ?
- Je vais faire mieux que ça.
Harry partit fouiller l'un de ses nombreux tiroirs. À son arrivé, quand il avait obtenu tout le nécessaire, il s'était attelé à la fabrication de polynectar, en se disant que ça pourrait lui être utile, un jour ou l'autre. Victorieux, il sortit un flacon opaque de son tiroir et le glissa dans sa poche.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Une potion qui va me faire prendre l'apparence de quelqu'un d'autre.
Harry fit un signe de tête à Edward pour l'encourager à sortir. Ils passèrent chacun par leur chambre pour se changer. C'était la première fois qu'Harry remettait une robe de sorcier depuis son départ de Londres. En se voyant dans le miroir il ne sut pas quoi ressentir. Une partie de lui avait envie d'arracher ces vêtements qui lui rappelaient tout ce qu'il avait abandonné et ceux qui l'avaient trahi, et quelque part, il avait l'impression de se retrouver lui-même. Épargnant cet accoutrement à Edward, il lui conseilla d'enfiler un simple costume.
- Tu es sûr que tu veux quitter la maison ? Demanda Edward.
- Ça fait un mois que personne n'a la moindre nouvelle de Bella, et on s'est tous mis d'accord pour mettre fin aux rondes.
- Et ça te suffit ?
- Oui. Parce que je sais que Jacob sera là en cas de besoin.
Mettant un terme à la conversation, Harry tendit sa main à Edward. Et il n'en fallu pas plus à celui-ci pour comprendre ce qui allait suivre. Ça ne lui plaisait pas franchement !
- Surtout, tu restes concentré, prévient Harry.
Déglutissant, Edward attrapa la main d'Harry et eut le droit à la plus horrible des sensations de toute sa vie. Pour sûr, il ne recommencerait jamais ! Atterrissant devant la maison des Cullen, Harry dût soutenir Edward pour ne pas qu'il s'écroule par terre.
- Si tu veux vomir, vas-y, mais pas sur moi.
- Je vais bien, souffla Edward entre deux haut-le-cœur.
Quand il arriva à tenir seul sur ses deux pieds, ils entèrent. Il ne manquait que Carlisle, mais toute la famille les accueilli chaleureusement.
- Qu'est-ce que vous faites ici ? Demanda finalement Rosalie.
- En fait, je suis venu pour demander un service à Jasper.
Il avait d'abord pensé prendre l'apparence d'Emmett, mais en posant les yeux sur le garçon, il s'était rappelé de sa stature imposante et Harry n'avait pas franchement envie d'être obligé de se changer. Jasper, lui, avait au moins le mérite d'être taillé dans le même bois.
- Moi ? S'étonna le vampire.
- J'emmène Edward faire un tour chez les sorciers, et je voudrais prendre ton apparence.
Alors qu'Edward patientait sur un fauteuil sans dire un mot, sa famille resta bouche-bée. À force de vivre avec Harry, Edward avait fini par s'habituer aux bizarreries qui sortaient de sa bouche.
- J'ai juste besoin de quelques cheveux, rassura Harry.
- Si c'est juste ça, commença Jasper, alors d'accord.
Il n'était toujours pas sûr de savoir dans quoi il s'embarquait, mais il était à peu près certain qu'Harry n'avait pas de mauvaises intentions et qu'il ne voulait pas commettre de délit sous son apparence. S'en arrachant quelques-uns, il les donna à Harry qui les garda dans un sac plastique. Il boirait la potion quand ils seraient sur place.
- On aura deux Jasper, s'amusa Emmett. Tu lui ressembleras longtemps ?
- J'ai à peu près une heure par gorgée.
- Trop cool.
Le reste de la famille ne partageait visiblement pas l'avis d'Emmett, mais ils s'abstinrent de faire le moindre commentaire.
- On y va en voiture ! Imposa Edward quand Harry s'apprêta à lui dire qu'ils pouvaient partir.
- Comme tu voudras, soupira le sorcier.
Harry salua les Cullen, leur promettant de leur ramener de quoi se nourrir et partit avec Edward vers le garage.
- Tu n'aimes pas transplaner, je me trompe ?
- C'est la pire sensation du monde.
- On s'habitue, répondit Harry.
Ils prirent la voiture choisie par Edward et se mirent en route. Le trajet fut long et pénible pour Edward, mais il ne fut pas déçu le moins du monde quand Harry lui fit franchir un mur dissimulé au milieu des passants.
- Ils ne voient vraiment rien ? S'étonna Edward une fois de l'autre côté.
- Non, assura Harry. Beaucoup de lieux pour sorcier sont dissimulés aux yeux des moldus.
Edward détailla Harry. C'était vraiment étrange de savoir qu'il était avec Harry en ayant son frère sous les yeux.
- Arrête de me fixer et regarde devant toi, souffla Harry d'un ton ferme.
Quand son regard dévia, Edward resta stupéfait. Une vraie rue marchande s'étalait devant lui. Des centaines de personnes, dont beaucoup portaient le même style de vêtements qu'Harry, arpentaient la rue dans un sens comme dans l'autre.
- On dirait un autre monde.
- C'est un peu ça, s'amusa Harry qui se sentit presque chez lui au milieu de ses semblables.
Attrapant Edward par le bras, Harry le força à avancer et à se mêler à la foule. Il ne savait pas trop par quoi commencer. Qu'est-ce qu'il pourrait montrer à Edward ? Qu'est-ce qu'il pourrait acheter qu'il n'avait pas chez lui ? La réponse, bien que ravivant une braise de douleur, lui parut évidente.
- On va aller t'acheter une baguette, décida-t-il.
- Pourquoi ? Tu n'en utilises pas, toi.
- C'est différent. Je savais utiliser la magie avant de décider de me séparer de ma baguette. Toi tu es complètement novice. Tu t'en sortiras mieux comme ça.
- Si tu le dis, souffla Edward.
Il voyait pourtant que ça ne semblait pas réjouir Harry, du tout. Entrant dans une boutique qui n'avait rien à voir avec celle, approximativement rangée, d'Ollivander, Harry se pencha vers Edward pour lui murmurer quelque chose à l'oreille.
- Laisse-moi parler, et surtout n'oublie pas : je m'appelle Jasper.
Edward hocha la tête, même s'il n'était pas convaincu qu'il réussirait à ne pas faire de gaffe.
- Messieurs ! Salua une sorcière rondouillette en arrivant. Je peux faire quelque chose pour vous ?
- Oui, répondit Harry avec un sourire. Mon frère aurait besoin d'une baguette, il a cassé la sienne.
- En quoi était-elle ?
- En houx, mais c'était la mienne, au départ. Alors, il vaudrait mieux tout reprendre à zéro.
La sorcière les regarda tour à tour, un peu curieuse, mais ne fit aucun commentaire. Ce n'était pas la première fois qu'elle voyait des familles se transmettre leurs baguettes. Harry parut soulagé quand il la vit repartir vers ses étagères. Son mensonge, bien qu'instinctif, avait fonctionné à merveille. Avant qu'elle ne revienne, il glissa à Edward le mouvement à exécuter quand elle lui présenterait la première, et ajouta qu'il ne faudrait surtout pas qu'il soit surpris s'il cassait ou faisait exploser quelque chose. La tache fut moins ardue que ce qu'Harry aurait cru et ils ressortirent avec leur premier achat. Edward fut attiré et émerveillé par tout ce qui était à portée de ses yeux. Même par la simplissime vitrine d'une animalerie, présentant principalement des chouettes et hiboux.
- Ça va ? Demanda Edward, soucieux, en posant sa main sur l'épaule d'Harry.
Il s'était arrêté devant une chouette Harfang blanche et la caressait à travers les barreaux. Mais ce qui captait l'attention d'Edward était l'air triste qui s'était peint sur son visage.
- J'en avais une comme celle-là, avoua Harry.
- Hedwige, se souvient Edward.
- On me l'avait offerte pour mon onzième anniversaire. Juste après avoir appris que j'étais un sorcier.
Décidé, Harry pénétra dans la boutique. Ce n'était pas tant sa ressemblance avec sa chouette qui lui fit s'en offrir une nouvelle, mais l'idée que cela lui serait utile. Une chouette était toujours utile à un sorcier, même solitaire. Il repartit avec une cage à la main, dans laquelle la chouette qu'il caressait plus tôt exprimait sa joie d'avoir trouvé preneur.
- Elle semble déjà t'aimer, s'amusa Edward.
- On dirait.
- Pourquoi on t'a offert une chouette ?
- Parce que c'est de cette façon qu'on envoie du courrier. Par hiboux.
Edward trouva ça aussi étrange qu'ingénieux. Leurs achats terminés, ils s'installèrent dans un bar et Harry commanda deux bièraubeurres, assurant à Edward que ça lui plairait. Ce fut un fulgurant échec. La grimace d'Edward le trahit tout de suite et il recracha le jus de citrouille qu'Harry avait demandé pour qu'il se rince la bouche.
- Désolé, ce n'est pas très po…
Edward s'arrêta tout net lorsqu'il se rendit compte qu'à moitié caché derrière son verre, Harry riait. Il riait. Stupéfait, l'adolescent garda son regard fixé sur le sorcier. Il ignora ses joues rosissant ou le sourire qui étirait ses propres lèvres. C'était la toute première fois qu'il entendait ou voyait Harry rire de bon cœur. Et ça le rendait… hypnotisant. Se rendant compte de ce qu'il faisait, Harry cessa aussitôt, gêné.
- Excuse-moi, je ne voulais pas me moquer de toi.
- Ce n'est rien, le rassura Edward.
Il avait envie d'ajouter qu'il était heureux de l'avoir fait rire, mais pour une raison inconsciente, il s'abstint. Et Harry n'avait pas non plus besoin de savoir qu'Edward voulait entendre ce son à nouveau.
Ils étaient rentrés en soirée, et, pour une raison obscure qu'Harry n'avait pas voulu lui expliquer, ils avaient fait une halte dans la maison du sorcier et étaient repartis chez les Cullen. Edward pensa d'abord qu'il voulait rapporter à sa famille ce qu'ils avaient acheté pour eux, mais dans la voiture, il avait continué de lire un nouveau grimoire tout aussi énorme que les autres.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Hein ?
Harry releva les yeux vers lui, curieux. Il n'avait pas écouté.
- Tu as dit quelque chose ?
- Je te demandais ce que c'était, ce gros livre.
- Oh, ça…
Harry le referma et s'enfonça dans son siège.
- Je n'ai pas de raisons de te le cacher puisque tu étais là, commença-t-il en coulant vers Edward un faux regard de reproches. Il y a quelque chose que Draco m'a dit la dernière fois et je n'arrête pas d'y penser.
Edward, à moitié concentré sur la route, attendit la suite.
- D'après lui, il y aurait certaines personnes qui seraient restées à mes côtés, dont lui. Mais j'aimerais bien savoir qui, exactement. Ça m'intrigue.
- Qui sont restés avec toi comme…, des fantômes ? Demanda Edward après avoir marqué une pause dans sa phrase.
- Non. Les fantômes sont des êtres visibles. Ils sont translucides mais pas transparents. Ce sont des morts qui ne sont pas passés de l'autre côté. Ils sont prisonniers de notre monde.
- Les fantômes existent, souffla Edward pour lui-même, super…
- Je viens de te dire qu'on peut voir les fantômes. Ce n'est pas comme une présence qui te donne la chair de poule comme pensent les moldus.
C'était déjà ça.
- Oublions les fantômes, reprit Edward. Tu voudrais savoir qui est avec toi, c'est ça ?
- Oui. Je suis sûr qu'il y a Draco et mes parents. Mais j'ai le sentiment que ce ne sont pas les seuls.
- Donc, si j'ai bien compris, tu cherches dans ce livre une solution pour savoir qui sont les autres ?
Harry ne répondit pas. Edward ne sut pas trop comment interpréter son silence. Est-ce que c'était parce qu'il n'avait pas les mots pour lui expliquer ce qu'il cherchait dans son grimoire, ou était-ce plutôt une approbation silencieuse ?
Il n'eut sa réponse que lorsqu'ils entrèrent dans la maison Cullen. Edward s'était débarrassé des sacs de nourriture pour sa famille dans la cuisine, quand il trouva Harry en grande discussion avec Alice dans le salon.
- Je ne vois pas les morts, Harry, s'excusa Alice.
- Je sais. En revanche, je suis quasiment sûr que tu possèdes plus qu'une aptitude innée à la divination. Et c'est ça que je voudrais utiliser.
- Je ne suis pas sûre de tout comprendre.
Le bruit qu'Emmett produisit en se laissant tomber lourdement dans un fauteuil coupa net leur conversation.
- Faites comme si j'étais pas là, leur dit-il.
Il était simplement curieux de savoir s'il allait assister à nouvelle démonstration des pouvoirs d'Harry. Autour d'eux, toute la famille Cullen s'était réunie, et Alice accepta d'aider Harry. D'après lui, elle n'aurait pas grand-chose à faire. En tout cas, rien de plus que ce qu'elle avait l'habitude de faire depuis des décennies.
Lui amenant son carnet et un crayon, Jasper s'assura qu'elle était certaine de son choix et ne se forçait en rien pendant qu'Harry avait repoussé les meubles du salon et traçait des cercles au sol.
- La maison est toujours agréablement vivante, chaque fois qu'Harry est ici, tu ne trouves pas ? Glissa Carlisle à l'oreille d'Edward.
Ce dernier sursauta. Il maudit ce qu'il appelait cette « fichue perception humaine bien trop réduite ».
- Je t'ai fait peur ?
- Je ne t'ai pas entendu arriver, révéla Edward à contre-cœur.
- Tu t'y feras, le rassura Carlisle.
- Harry a l'air d'aller mieux.
C'était tout ce qu'Edward avait trouvé à dire.
- Oui, nous trouvons aussi. C'est une bonne nouvelle.
- Tu penses qu'il pourrait simuler ?
- Je ne suis pas un expert en psychologie, mais je ne crois pas qu'Harry feigne son état. Rappelle-toi quand nous l'avons connu.
Edward s'en souvenait parfaitement. Il était bien plus affaibli, dans tous les sens du terme. Il était solitaire, asocial.
- Il va mieux, assura Carlisle. Et je suis sûr que tu n'y es pas étranger.
Surpris par ses mots, Edward se tourna vers Carlisle qui lui adressa un sourire étrange avant de partir rejoindre le reste de la famille. Qu'est-ce que cet air signifiait ? Edward était sûr qu'il y avait un sous-entendu.
- Tout est prêt, déclara la voix d'Harry.
Alice quitta le canapé, son carnet à croquis serré contre elle. Elle s'avança jusqu'à une chaise qu'Harry avait placée au centre d'un cercle pour elle.
- Je n'aurais rien à faire, à part dessiner ce que je vois ? Répéta-t-elle, pour être sûre.
- Rien du tout. Tu ne feras pas la différence entre ça et une vision.
Bien qu'elle avait appris à faire confiance au sorcier, elle restait stressée. Elle n'était pas du tout sûre que les choses se passeraient exactement comme lors d'une vision. S'installant correctement, elle regarda Harry faire de même, face à elle.
- Tu es prête ?
Elle hocha la tête. Rosalie craqua une allumette qu'elle jeta dans un bol. Une flamme violette s'en éleva avant de s'éteindre aussitôt, laissant place à une fumée qui envahit la pièce. Les cercles tracés par Harry brillèrent de la même couleur rouge dont il s'était servi et l'odeur accompagnant la fumée embrouilla l'esprit d'Alice. Ses yeux se fixèrent totalement sur Harry, bien plus intensément, et, se laissant aller à l'odeur qui titillait ses sens, sa main traça les premières lignes. Ça ne faisait pas mal. C'était lumineux et elle ne s'était jamais sentie aussi apaisée. Tout était calme. Autour d'elle. Dans sa tête.
Pour sa famille, comme l'avait dit Harry, ils ne virent rien de plus que ce dont ils avaient l'habitude. La main d'Alice s'activait sur la feuille, donnait forme à ce que ses yeux semblaient voir.
- Vous pensez que ça va durer longtemps ? Demanda Esmée, en essayant d'être discrète.
- Je n'en ai aucune idée, lui répondit Harry.
Il s'efforçait de rester immobile, mais il n'était pas dans la transe qu'Alice semblait subir.
- J'imagine que ça dépend de la masse de choses à dessiner.
- Rappelle-moi ce qu'elle est censée voir, quémanda Jasper.
- Des fantômes, répondit Edward.
Harry, le regarda du coin de l'œil, lui adressant ce qu'il en pensait, même s'il l'apercevait à peine.
- Ce ne sont pas des fantômes, dit-il.
- D'accord, capitula Edward. Comment tu appelles ça alors ?
- Des morts, tout simplement.
En-dehors d'Harry, et visiblement Edward, ils étaient tous un peu perdus. Par ce qui se déroulait sous leurs yeux, et par cette relation qui semblait se tisser entre les deux garçons. Edward était plus proche d'Harry que ce qu'il ne l'avait, à première vue, jamais été avec qui que ce soit d'autres. Pas même Bella.
Sans savoir combien de temps s'était écoulée, Alice cligna des yeux plusieurs fois, revenant à elle. La fumée avait disparu et, sans que personne ne cherche à comprendre comment, les cercles aussi. Ils s'étaient tous dissipés d'eux-mêmes.
- Tu vas bien ? Demanda Harry.
- Oui, je crois.
- Tu crois ? Releva Jasper en s'approchant d'elle.
- Je suis juste un peu perdue. Je ne sais pas trop comment l'expliquer.
En voyant les visages inquiets tournés vers elle, la jeune femme s'empressa de les rassurer. Ça n'avait rien de négatif, au contraire.
- J'espère que c'est ce que tu voulais, dit-elle à Harry en lui tendant son carnet.
Le sorcier le prit en la remerciant et se donna du courage avant de baisser les yeux sur le dessin. Chaque centimètre carré de la feuille avait été recouvert. Alice avait dessiné le décor derrière Harry et juste devant, autour d'Harry posté au centre, il y avait ce fameux « nous » évoqué par Draco.
Lily et James à ses côtés, mains sur ses épaules, comme ils les avaient vus pour la première fois dans le miroir du Risèd. Devant lui Dobby, un sourire mangeant son visage à l'air enfantin, tel qu'il l'avait toujours connu. Sirius, un bras autour des épaules de James. Rogue de l'autre côté, près de sa mère, avec Draco. Dumbledore et Maugrey en arrière-plan. Sans surprise, il y trouva aussi Remus, près de Tonks. En revanche, il ne s'était pas attendu à trouver Colin et son satané appareil photo ou encore Fred et Cedric.
Ils étaient tous de face, fixant le même point invisible qu'Harry, alignés et souriant comme s'ils posaient pour une photo. Voilà donc les personnes qu'avait évoquées Draco sans les nommer. Une larme glissa sur la joue d'Harry qu'il s'empressa de chasser. Quelque chose dans sa poitrine venait de s'alléger. Draco lui avait dit que personne ne lui en voulait. Aujourd'hui il pouvait le voir de ses propres yeux. Pourtant, un détail lui parut étrange.
- Pourquoi certains sont moins nets que les autres ? Demanda-t-il à Alice.
Il voyait une très nette différence entre certaines des silhouettes. La main d'Alice avait été plus légère.
- Je ne sais pas, répondit-elle. C'était étrange. Comme s'ils étaient là, mais pas vraiment. Comme s'ils n'étaient là qu'à moitié.
- Comme s'ils étaient à deux endroits à la fois, souffla Harry.
Un sourire s'était dessiné sur ses lèvres. C'était évident. Bien sûr qu'ils ne restaient pas tous collés à lui. Remus et Tonks devaient passer du temps avec leur fils. Tout comme Fred, Colin et Cedric avaient leurs familles. Il ne chercha pas à savoir pourquoi Dumbledore avait cet aspect aussi, ou pourquoi Draco et Rogue étaient aussi net que ses parents et Sirius. Relevant le nez vers Alice, il lui fit un sourire et désigna son dessin.
- Je peux le garder ?
- Évidemment ! Répondit-elle aussitôt, sans même attendre une seconde.
- Merci, souffla Harry.
Pas vraiment pour l'autoriser à garder le portrait, mais pour ce qu'elle venait de faire pour lui. Lui rendre sa famille. Et un bout de son âme.
