Chapitre 2
POV DON
Nous étions sur une nouvelle affaire : une femme de vingt-cinq ans avait été retrouvée morte chez elle, un couteau planté dans le ventre. Pas d'empreintes, mais d'étranges taches claires autour du corps avaient attiré notre attention et des échantillons avaient été prélevées afin de procéder à des analyses.
Je me retrouvais donc à observer avec envie le scientifique de ma vie en pleine action à travers l'épaisse vitre qui séparait le labo du couloir, n'osant pas l'interrompre dans son travail et attendant qu'il termine pour lui faire part de nouveaux éléments de l'enquête. Il s'affairait d'un coin à l'autre de la pièce, ce qui faisait virevolter son tablier. Tablier qui faisait d'ailleurs l'objet de mes fantasmes les plus inavoués… et inavouables.
Cependant, je trouvais Danny bizarre depuis quelques jours : il ne cessait de se renseigner sur mes fréquentations, me posait des questions sur mes goûts en matière de femmes, sur mes anciennes conquêtes,… Il faisait tout pour que cela paraisse naturel mais je voyais bien qu'il n'en était rien. Avait-il deviné mon amour pour lui ? Serait-il temps que je me fasse du souci ? Que je me mette carrément en quête d'une poutre solide et d'une corde ? Car si je perdais son amitié, si je perdais ce lien qui s'était peu à peu tissé entre nous au fil des jours et qui avait fini par être mon seul raccord avec la vie, je n'étais plus rien. Et s'il découvrait mon secret, il était certain qu'il serait dégoûté et qu'il me détesterait pour l'avoir trahi, il ne pouvait en être autrement…
- Qu'est-ce que tu fiches ici toi ?
Je sursautais, bien qu'il m'ait posé la question d'une voix extrêmement douce. Plongé dans mes doutes, je ne l'avais pas entendu quitter le labo et se diriger vers moi.
- Euh… Je…
Bon sang mais pourquoi fallait-il toujours que je m'y prenne à deux fois pour lui exposer les choses ? Dès qu'il posait ses deux saphirs brillants dans les miens, j'étais foutu…
Il me décocha un sourire éclatant :
- Mais encore ?
Oh non, s'il se mettait à sourire, c'était pire encore ! Je parvins néanmoins à me redonner une contenance :
- J'ai du nouveau : notre suspect principal est son loueur, à qui elle devait pas mal d'argent et qui a un casier relativement bien fourni. On a aussi interrogé son copain : cela faisait plusieurs jours qu'elle ne parlait plus à personne, pas même à lui, et qu'elle ne sortait plus de chez elle… Elle devait craindre quelque chose… ou quelqu'un.
- Wo… Quand on voit la taille de son appart, elle devait pas être claustrophobe pour rester enfermée là-dedans !
- Merci Danny, cette remarque nous a considérablement fait avancer.
- Bon Sang Don ! Décoince toi va ! Tu devrais sortir tiens ! Tu connais pas quelqu'un avec qui tu t'entends bien pour pouvoir t'aérer un peu ?
Voilà, c'était reparti pour un tour… Non, la seule personne par qui je tenais à être décoincée se trouvait justement à quelques centimètres de moi. Sans mauvais jeux de mots bien entendu…
- C'est bon, tu te soucieras de mon équilibre psychique une autre fois. T'as du nouveau toi à la place de dire des âneries ?
- Les tâches bizarres… c'est de la lotion pour lentilles de contact.
- La victime portait des lentilles… Ce qui pourrait signifier qu'elle maniait le produit quand son meurtrier est entré…
- Et, dans la lutte, la bouteille aurait pris un coup et se serait déversée sur le sol ?
- Sans doute… Mais pourquoi aurait-il emmené le cadavre de la bouteille ?
Il me regarda avec des yeux brillants de malice, ce qui rompit définitivement mon contact avec la terre :
- Parce que ça tâche ! Et s'ils luttaient en corps à corps quand la bouteille s'est déversée, ses chaussures ont dû être éclaboussées et il ne voulait qu'on puisse savoir d'où venaient les tâches qu'il allait avoir, afin que rien ne prouve son méfait.
Je souris, une fois de plus subjugué par son sens de la déduction. Ce type me rendait fou…
- Mais, bien entendu, c'était sans compter sur notre équipe d'analyseurs de choc…
Il me sourit encore :
- Bien entendu…
Je ne pus m'empêcher de poser ma main sur son épaule, désirant beaucoup trop le contact de son corps sous mes doigts, et de la serrer brièvement :
- Bien joué Danny ! Plus qu'à jeter un coup d'œil aux chaussures du loueur !
- Ca, je te laisse ce plaisir !
- Hum… Tu es trop bon !
Je ne me rendis compte du double sens de ma phrase qu'après l'avoir prononcée et je bénis le fait que le rouge ne me montait pas facilement aux joues car, dans le cas contraire, le secret que je préservais tant bien que mal n'en aurait plus été un… Je n'aurais néanmoins pas été contre le fait de vérifier mon affirmation…
- Que veux-tu, on est comme ça nous, les italiens : on donne, on donne… C'est la générosité qui nous caractérise !
POV DANNY
J'eus l'agréable surprise de le découvrir à la sortie du labo.
Ce qui, en revanche, était moins agréable, c'était cet air tendu qu'il arborait de nouveau, comme à chaque fois qu'il pensait à la femme qui le mettait dans un tel état. Et, bien que je me fusse attelé avec zèle et application à la découverte de son identité, je ne savais toujours rien sur elle. Nin âge, ni prénom, ni même couleur de cheveux ! De plus, je commençais à me douter que Don ne percevait plus mes multiples questions comme de la simple curiosité, il allait donc falloir faire preuve de plus de subtilité si je voulais soigner son cœur blessé sans qu'il ne découvre mon secret sinon… sinon je préférais de loin ne pas y songer.
- Qu'est-ce que tu fiches ici toi ?
J'eus un léger pincement au cœur quand je le vis sursauter : il devait être plongé très profondément dans ses songes pour que le ton calme et affectueux que j'avais pris bien malgré moi ne l'ai fait surpris.
- Euh… Je…
Je m'amusai de son air hébété :
- Mais encore ?
Il me regarda étrangement, pris une profonde inspiration et m'exposa ses découvertes d'une traite. Mon estomac se contracta douloureusement quand je remarquai qu'il était pressé d'en avoir fini avec moi. Peut-être avait-il quelqu'un à aller retrouver après ? Je songeai un moment à le pister… Mais me dis que je réfléchirais à cela plus tard car là, il me regardait, attendant une réponse censée, ce que je ne fus pas à même de fournir, préférant masquer mon émoi derrière mon humour légendaire :
- Wo… Quand on voit la taille de son appart, elle devait pas être claustrophobe pour rester enfermée là-dedans !
- Merci Danny, cette remarque nous a considérablement fait avancer.
Il me dit cela d'un air sérieux mais je captai quand même une lueur d'amusement dans son regard. Ou du moins, je pensais et espérais en avoir captée une…
Je revins à la charge en lui suggérant de sortir, de voir du monde, et en lui demandant, sans arrières pensées aucunes, qui pourrait l'accompagner, ce que je regrettai bien vite quand je vis l'ombre étrange qui passa dans ses yeux bleus : encore une ou deux questions ainsi et je pense que j'étais fait comme un rat.
- C'est bon, tu te soucieras de mon équilibre psychique une autre fois. T'as du nouveau toi à la place de dire des âneries ?
Un goût amer m'envahit la bouche que je réalisai une fois de plus qu'il ne raconterait pas sa vie, pas à moi du moins et qu'il préférait se faire du souci à longueur de journée que de m'exposer ses problèmes. Seigneur, ce que je pouvais avoir mal… Je réussi néanmoins à lui exposer mes découvertes de manière correcte et relativement structurée :
- Les tâches bizarres… c'est de la lotion pour lentilles de contact.
Je crus défaillir quand il baissa les yeux et qu'il commença à se caresser le menton, plongé dans sa réflexion. Je l'observais avec tant d'attention, juste focalisé sur sa main en action, que j'en oubliais de cligner des paupières. Dans mon esprit, ce n'était plus sa main qui le caressait lentement, mais mes lèvres et le bout de ma langue : je parcourais le contour de sa mâchoire avec lenteur, le mordant doucement quelques fois et mes mains, qui n'étaient pas en reste, se baladaient partout sur son corps, plus bas, toujours plus bas…
- La victime portait des lentilles… Ce qui pourrait signifier qu'elle maniait le produit quand son meurtrier est entré…
Il mit fin à mes pensées, qui commençaient à devenir intéressantes, avec son annonce. Heureusement d'ailleurs, parce que je commençais un rien à me sentir à l'étroit dans mon jeans. Heureusement que je n'avais pas enlevé ma blouse blanche en sortant du labo… J'arrivai néanmoins à rebondir :
- Et, dans la lutte, la bouteille aurait pris un coup et se serait déversée sur le sol ?
Il fronça les sourcils :
- Sans doute… Mais pourquoi aurait-il emmené le cadavre de la bouteille ?
Je réfléchis quelques secondes et une lumière s'alluma dans mon esprit :
- Parce que ça tâche ! Et s'ils luttaient en corps à corps quand la bouteille s'est déversée, ses chaussures ont dû être éclaboussées et il ne voulait qu'on puisse savoir d'où venaient les tâches qu'il allait avoir, afin que rien ne prouve son méfait.
Rien que pour le sourire qu'il me décocha à ce moment-là, j'aurais résolu une bonne centaine d'affaire.
- Mais, bien entendu, c'était sans compter sur notre équipe d'analyseurs de choc…
- Bien entendu…
A cet instant, il posa sa main sur mon épaule et la serra brièvement. Cela me fit l'effet d'une décharge électrique et j'eus beaucoup de mal à réprimer les frissons que je sentais courir sur ma peau, les bonshommes qui dansaient la salsa dans mon ventre, mon cœur qui menaçait d'exploser… et mon envie incontrôlable de lui sauter dessus… Mon jeans commençait vraiment à devenir trop étroit…
- Bien joué Danny ! Plus qu'à jeter un coup d'œil aux chaussures du loueur !
Ses yeux dans les miens, son odeur exquise dans mes narines, sa main dont mon épaule regrettait déjà la chaleur,… Il était si proche de moi mais pourtant si loin. Ce qu'il venait de dire m'avait tout de même mis du baume au cœur.
- Ca, je te laisse ce plaisir !
- Hum… Tu es trop bon !
Heureusement qu'il avait enlevé sa main sinon il aurait sentit tout mon corps se tendre à cette annonce. Je réprimais une fois de plus mon envie de lui démontrer contre le mur que ce qu'il venait de dire s'avérait exact et réussi à lui répondre :
- Que veux-tu, on est comme ça nous, les italiens : on donne, on donne… C'est notre générosité qui nous caractérise !
Il sourit une dernière fois et s'en retourna voir si le loueur était coupable.
Je ne pus m'empêcher de regarder avec envie son adorable derrière outrageusement sexy quand il partit d'une démarche légère. Il allait vraiment falloir que je me calme moi…
A Suivre...
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