Chapitre 3
POV DON
Nos suppositions s'étaient avérées erronées : aucune trace de lotion pour lentilles sur les chaussures du loueur. En revanche, nous avions réussi à lui faire avouer que la jeune femme lui payait son loyer de façon… naturelle. Ce qui nous avait amené à réinterroger le petit ami et nous avions fini par trouver les fameuses tâches de lotion sur ses chaussures : quand il avait découvert le secret de sa petite amie, il était entré dans une rage folle, ses mains avaient fini par tomber sur un couteau et il avait porté le coup qui s'était avéré fatal pour eux deux, l'un finissant en prison et l'autre au cimetière.
Assis à un bureau mal éclairé, je finissais de clore le rapport d'enquête quand j'entendis quelqu'un entrer. J'étais tellement pressé de finir que je ne pris même pas la peine de relever la tête, daignant m'intéresser à mon visiteur seulement une fois que je l'entendis prendre une chaise et se positionner en face de moi. Je frissonnai légèrement en reconnaissant l'odeur caractéristique d'after-shave mélangée à un soupçon de transpiration et de déodorant et mes frissons redoublèrent quand je relevai la tête et découvris mon Adonis, assis à califourchon sur une chaise, les coudes sur la table et la tête appuyée sur ses mains. Je trouvais sa position terriblement excitante.
Il plongea ses yeux dans les miens :
- Il est dix heures du soir, on a fini l'enquête et y a plus personne dans les bureaux, alors éclaire-moi : qu'est-ce que tu fous encore ici ?
Je déglutis : ah bon, plus que nous dans les bureaux ? Je sentais mon esprit se bloquer en position « pervers et lubrique »… Mais lui répondit tout de même :
- Effectivement, l'affaire est bouclée… Mais pas les rapports. Je sais qu'en tant que... –je lui fis un large sourire, me sentant d'humeur à plaisanter- simple scientifique, tu n'as pas à te soucier de cela. Peut-être qu'ils n'ont pas jugé que tu étais assez doué pour réaliser un compte rendu complet et cohérent…
Je fis mine de réfléchir :
- Ou alors… c'est ton écriture de cochon qui les aurait rebutés, qui sait ?
Il me jeta un regard faussement outré… et fit la dernière chose à laquelle je m'attendais…
POV DANNY
Je me dirigeais vers la sortie quand je vis une faible lumière en provenance des bureaux. Je m'approchai et le vis à travers la vitre, l'air concentré mais excédé, plongé dans une pile de dossiers qui semblaient plus ennuyants les uns que les autres. Je le couvai un moment du regard, ne désirant rien de plus à cet instant que d'aller lui changer les idées et d'occuper sa soirée (et sa nuit !) de manière plus… agréable. Plus je le regardais, plus il me semblait parfait avec le nez penché sur sa feuille, les quelques cheveux bruns qui lui tombaient sur le front, la courbe gracieuse de sa nuque, ses mains fines qui écrivaient avec ardeur, les yeux bleus que j'imaginais courir sur le papier… Tout en lui me dressait les cheveux sur la tête… ainsi qu'une autre partie, relativement plus intime, de mon anatomie.
Il ne releva pas même les yeux quand j'ouvris la porte, mais suspendit en plein vol sa main qui était en train d'écrire quand je m'assis face à lui.
- Il est dix heures du soir, on a fini l'enquête et y a plus personne dans les bureaux, alors éclaire-moi : qu'est-ce que tu fous encore ici ?
La perspective de savoir que nous étions totalement seuls faisait affluer de drôles d'images à mon esprit. Et quand je disais drôles, cela signifiait plutôt perverses à souhait.
Je sus qu'il me préparait une vanne digne d'un de mes plus grands moments d'humour quand je vis un large sourire se dessiner sur son visage :
- Effectivement, l'affaire est bouclée… Mais pas les rapports. Je sais qu'en tant que... simple scientifique, tu n'as pas à te soucier de cela. Peut-être qu'ils n'ont pas jugé que tu étais assez doué pour réaliser un compte rendu complet et cohérent… Ou alors… c'est ton écriture de cochon qui les aurait rebutés, qui sait ?
Je me demandais un instant si je n'avais pas une mauvaise influence sur lui et… eus une idée lumineuse, que je regrettais à l'instant même où j'enclenchais mon mouvement : je lui sautais dessus, faisant basculer sa chaise et me retrouvant à califourchon sur ses hanches. J'eus tout de même la présence d'esprit de dire quelque chose :
- Alors, on fait moins le malin maintenant hein !
POV DON
Il venait de me sauter dessus… IL VENAIT DE ME SAUTER DESSUS ! Ce type était fou, il ne savait pas à quoi il s'exposait ! Je n'allais jamais réussir à me contrôler ! Je n'allais jamais réussir à m'empêcher de le balancer au sol d'un habile mouvement de hanche et de le prendre là, tout de suite ! Je réussis tant bien que mal à réfréner les pulsions qui commençaient peu à peu à prendre possession de mon corps et de mon esprit.
- Alors, on fait moins le malin maintenant hein !
Appuyé sur mes hanches, il se balançait inconsciemment et trrrès lentement d'avant en arrière. Je me mis à manquer d'air quand je vis que ses mouvements lascifs allaient bientôt faire disparaître ce qu'il me restait de raison et qu'une réponse de plus en plus concrète à son petit jeu commençait à se former entre mes jambes…
- Danny, va-t'en de là… Tout de suite…
Je m'entendis prononcer ces mots d'une voix plus blanche qu'elle n'aurait dû l'être. Ses iris bleus croisèrent les miens, et j'y lus une incompréhension totale, ainsi qu'un sentiment sur lequel je ne pus mettre de nom. Il se releva lentement, ne cessant de me fixer, et partit sans dire un mot, ne me tournant le dos et ne quittant mon regard qu'une fois arrivé à la porte, qu'il ouvrit sans douceur. J'entendis cette dernière claquer, ainsi que son pas vif dans le couloir, que j'écoutais attentivement jusqu'à ce qu'il n'en reste aucun bruit.
Mon cœur se brisa : il savait, j'en étais certain, j'avais vu l'air terrifié qu'il avait pris en sortant. Je le dégoutais. J'étais foutu. J'étais mort.
POV DANNY
Je ne compris absolument pas quelle folie m'avait traversée. Bon sang, mais qu'est-ce qu'il m'avait pris de lui sauter dessus de la sorte ? J'éludais la question pour le moment, mon esprit préférant se concentrer uniquement sur son corps sous le mien, sur son corps que je tenais fermement entre mes cuisses, sur son corps que je sentais trembler et qui me procurait de délicieuse décharge dans le bas ventre… Rien que d'imaginer son entre-jambe si proche de mes fesses, je devenais à moitié fou de plaisir et je retenais difficilement les gémissements qui menaçaient à chaque instant de s'échapper de mes lèvres… Ce fut le son de sa voix qui me ramena sur terre :
- Danny, va-t'en de là… Tout de suite…
Le ton qu'il employa me terrorisa de par sa froideur. Je vis la lividité de son visage et le regard qui croisa le mien était si dur que je sentis la chair de poule me gagner. Sans un mot, je me relevai, mon regard toujours dans le sien et me dirigeai à reculons vers la porte, que j'ouvris violemment. Je sortis enfin de cet enfer et, les larmes commençant à envahir mes yeux, je me dépêchai de gagner la sortie.
Mon cœur se disloqua littéralement dans ma poitrine : je venais de creuser ma propre tombe. Je lui avais dévoilé mon secret comme un abruti et, au vu de son regard animé d'une lueur étrange, je sus pertinemment qu'il me haïssait. J'étais perdu. J'étais brisé. J'étais anéanti.
A Suivre...
Alors ? xP
