Merci pour les reviews, ça fait plaisir x) !
Chapitre 4
POV DON
Trois jours. Trois jours horribles. Trois jours durant lesquels il ne m'avait pas adressé la parole une seule fois. Je n'en pouvais plus, j'aurais donné n'importe quoi pour qu'il fasse quelque chose, qu'il m'engueule, qu'il me frappe, peu importe du moment que ce sentiment profond d'abandon disparaissait.
Je sentais continuellement son regard inquiet sur moi et cela me mettais quelques fois dans une rage folle. Il pensait quoi ? Que j'allais lui sauté dessus ? Je savais me contenir et j'étais civilisé, bien que je savais que pour lui je n'étais plus rien, rien qu'un « pd » (je l'avais imaginé maintes et maintes fois crachant ce mot avec dégoût) de plus dans cette ville et que je le dégoutais. Je l'aimais, ce qui était pitoyable et désespérant compte tenu du fait que mes sentiments étaient tout sauf partagés…
Nous étions de nouveau dans ce bureau, ce bureau que je maudissais, celui qui avait été témoin de notre dernier échange pour le moins… original et dévastateur. Et de nouveau, personne dans les bureaux, il était tard et nous étions sur une affaire de meurtre en série sur laquelle nous stagnions depuis le début, comme si l'équilibre avait été rompu entre nous autant sur le point de vue privé que sur le point de vue professionnel.
J'étais malade de le voir à deux mètres de moi, me jetant de temps à autre un regard furtif, et de ne rien pouvoir faire, pas lui parler, pas l'approcher, pas le respirer… Je me dis alors que, vu le point où j'en étais, je ne perdrais rien à tenter de lui adresser la parole, de lui expliquer les choses. Mais contre toute attente, ce fut lui qui s'exprima en premier, comme s'il avait capté dans mon regard que je n'allais pas tarder à mettre fin au silence oppressant qui s'était peu à peu installé entre nous…
POV DANNY
Trois jours sans lui : je devenais fou. Trois jours sans lui : j'allais aller me jeter ! Pas un mot, pas une parole, pas un sourire… Comme si le fil qui nous reliait l'un à l'autre avait été coupé sans ménagement. Dieu que je me haïssais ! Si je n'avais pas fait le con, si je n'avais pas succombé à la tentation de lui sauter au cou, si, si, si… J'aurais pu continuer à le vénérer en secret et avoir le plaisir de le côtoyer chaque jour, de lui parler, de le faire rire, simplement de sentir qu'il était là, qu'il était mon ami, qu'il m'aimait un peu, bien que ce ne soit pas comme moi je l'aimais. J'avais tout gâché, j'étais un crétin…
J'avais pourtant essayé de voir si tout n'était pas perdu, je le regardais sans cesse, guettant le moindre fait ou geste qui aurait pu me suggérer qu'il veuille encore de ma présence… Mais je me heurtais à chaque fois à un regard froid, à la limite de la colère, qui me glaçait le sang.
Nous étions dans le bureau, qui avait été témoin de mon geste fatal, et dans les mêmes conditions, à savoir un bâtiment vide de toute présence humaine. Il fallait que je lui parle. Maintenant. Et si cette tentative était un échec, je laisserais tout tomber, y compris mon corps du haut du dernier étage.
Je guettais son regard, espérant ne pas être une nouvelle fois face à un mur de glace et quand ses yeux croisèrent les miens, je pris mon courage à deux mains et brisai le silence dans lequel nous nous étions emmurés depuis trois longues journées :
- Je… Je crois qu'il faudrait qu'on parle…
Waouw, quelle mise en perspective ! Il soupira d'agacement. Lamentable, j'étais lamentable ! Et ma voix chevrotante et hésitante ne faisait qu'augmenter ce sentiment.
- Oui…
Sa voix n'était qu'un murmure et l'entendre me fit un bien que je n'aurais pu imaginer, comme si elle était mon oxygène mais que je n'avais pas remarqué qu'elle m'était si indispensable.
- Je… Je te demande pardon…
POV DON
- Je… Je crois qu'il faudrait qu'on parle…
Sa voix était hésitante, comme si chaque mot lui brûlait les lèvres, mais d'enfin avoir brisé ce silence me procura un effet de soulagement incomparable, qui me fit pousser un énorme soupir, que je regrettai sur le coup en voyant son regard contrarié. Je répondis de manière courte et basse, terrorisé à l'idée de m'enfoncer encore plus :
- Oui…
- Je… Je te demande pardon…
HEIN ? Alors là, je devais avoir loupé un épisode ! Et un fameux ! De quoi il s'excusait ?
- Euh… De quoi ?
- De t'avoir sauté dessus… C'est ma faute ce qu'il s'est passé, j'aurais jamais dû en sachant que…
Je le coupai, redoutant ce qui allait suivre :
- Danny, je suis amoureux.
Voilà, c'était fait, c'était dit. Stop. Point à la ligne.
POV DANNY
- Euh… De quoi ?
DE QUOI ? Non mais il se foutait de moi là ? Je m'étais jeté sur lui avec une érection bien visible entre les jambes et il me demandait de quoi ?
- De t'avoir sauté dessus… C'est ma faute ce qu'il s'est passé, j'aurais jamais dû en sachant que…
Il me coupa :
- Danny, je suis amoureux.
Et merde. Voilà, c'était fini, j'avais foiré, grillé ma dernière cartouche. Il venait de couper court la conversation, avortant mes idées de réconciliation dans l'œuf, ne laissant aucun espoir sur l'avenir de notre relation : il était amoureux et moi… Moi j'étais fou de lui et il s'en foutait pas mal parce quelqu'un faisait battre son petit cœur !
Je répliquais d'un ton plus hargneux que je l'aurais voulu :
- Je peux savoir c'est qui au moins ?
Il me regarda, l'air complétement perdu.
- Putain Don ! Tu peux au moins me dire comment elle s'appelle non ?
- Je… Il.
Jehil… Elle avait un prénom débile cette conne en plus !
- JEHIL ?
- Non… Il, pas elle.
Le temps suspendit son cours autour de moi. Je ne pensais pas que je pouvais avoir encore plus mal que quand on ne se parlait plus. En fait, je ne pensais pas que l'on pouvait avoir aussi mal et survivre. Non seulement il m'annonçait qu'il était amoureux, mais en plus, c'était d'un mec ! J'aurais pu tenter ma chance, j'aurais pu directement tout lui avouer, j'aurais pu… Mais il était trop tard, j'avais laissé passer mon tour, j'étais encore plus idiot que je ne le pensais… Un pieu planté dans le cœur, je réussi néanmoins à articuler douloureusement la question qui me brûlait les lèvres :
- Ha… Ouais… Ok… Et je le connais ?
- Euh… ouais.
- Bien ?
- Oui…
Sa voix n'était plus un murmure à présent, mais un souffle. Et mon cœur n'était plus un cœur mais un truc inutile qui battait à une vitesse folle dans ma poitrine. Je le connaissais bien ? Mais c'était qui ? Soudain la vérité m'apparut, comme un seau d'eau glacée que l'on m'aurait envoyé en pleine figure…
POV DON
Il me fixa, bouche bée. Il allait me tuer.
- Je peux savoir c'est qui au moins ?
PARDON ? Mon Dieu… Je me rendis compte que je m'étais planté sur toute la ligne… Il ne s'était jamais douté de rien ! Mais pourquoi ne m'avait-il plus parlé dans ce cas ? Pourquoi tous ces regards étranges ? Je n'y comprenais plus rien…
- Putain Don ! Tu peux au moins me dire comment elle s'appelle non ?
Je tentais alors le tout pour le tout, au risque de me planter misérablement à cette partie de quitte ou double :
- Je… Il.
Et merde, pourquoi les mots n'arrivaient pas comme je le souhaitais à ma bouche, c'est-à-dire en formant un ensemble cohérent et non un grognement inintelligible ?
- JEHIL ?
Ou là… Je devais vraiment faire un effort d'articulation…
- Non… Il, pas elle.
Mon cœur battait la chamade à présent : allait-il enfin saisir le sens de mes propos ? Allait-il enfin comprendre que j'étais maladroitement en train de lui avouer que je l'aimais ?
- Ha… Ouais… Ok… Et je le connais ?
Non. Il n'avait rien compris.
- Euh… ouais.
- Bien ?
- Oui…
Ma voix n'était qu'un souffle, je retenais ma respiration, espérant qu'il comprenne enfin… Et sa réponse me déstabilisa totalement.
A Suivre...
Alors ? Des pronostics ? xP
