Chapitre 4 :

Kévin : Tu n'as rien fais ; t'as même pas essayé !

Yann se retint pour la énième fois de lever la voix, prenant sa tignasse brune entre ses mains, soufflant un grand coup, tentant de se calmer. Il se sentait bouillonner face à l'attitude de son époux et ne savait plus comment gérer les crises incessantes qui entachaient leur bonheur depuis ces deux derniers jours.

Yann : Kévin, on ne va pas encore remettre ça sur le tapis. Calme-toi.

Kévin : Mais JE SUIS CALME !

Yann : C'est ça, et moi je suis Annie Cordie.

Il vit Kévin faire les cent pas pour la énième fois, et n'y tenant plus, il se dirigea vers lui, lui saisissant le coude, l'obligeant à se retourner, mais Kévin ne l'entendit pas de cette manière. Il essaya, assez violemment, de se dégager, forçant Yann à se reculer.

Yann : Qu'est-ce que tu aurais voulu que je fasse, Kévin ? Sérieusement ? Vas-y, dis-mois !

Kévin : Tu aurais pu… Tu aurais dû intervenir. Il n'a pas de famille, c'est un enfant de la DAASS, il n'a aucun lien, aucune attache, aucune famille. Tu aurais dû les empêcher de le remettre en foyer d'accueil, tu aurais pu leur dire qu'il était sous protection, on aurait pu le garder là.

Yann : Et c'est reparti… Ca fait deux jours Kévin, deux jours qu'on se dispute pour quelque chose de totalement infaisable ; et tu le sais très bien. Je n'allais pas mentir pour te faire plaisir !

Kévin : ME faire plaisir ? ME faire plaisir ? Mais je croyais que tu voulais un enfant autant que moi, on en a discuté, tu m'as dit que…

Yann : … Que je voulais un enfant, oui, c'est vrai. Et tu sais parfaitement que je ne reviendrais jamais là-dessus. Ca me tient à cœur autant qu'à toi.

Kévin : Menteur !

Yann : QUOI ? Kévin tu vas trop loin.

Kévin : Si ça te tenait autant à cœur, tu aurais fait quelque chose !

Yann : Kévin ! Ce gamin a 8 ans, il a connu trois familles d'accueil différentes, ses résultats psychologiques montrent qu'il a certains problèmes, il est sous la respon…

Kévin : Ses résultats psychologiques ? Tu te fous de moi ! Je te parle pas de psychologie, là, Yann. Je te parle d'Antonin, un enfant qui a besoin d'amour et d'un foyer stable. Je te parle d'équilibre, je te parle d'une FAMILLE !

Yann : Deux jours que tu le connais et ça y'est c'est l'amour fou. Il t'a fallu plus de temps avec moi.

Kévin s'arrêta de bouger, toisant Yann, ses prunelles fonçant sous la colère et la tristesse. Il s'approcha de lui, leurs visages à quelques centimètres, leurs regards ne se lâchant pas, puis toujours l'émeraude dans le bleu azur, Kévin se saisit de sa veste posée négligemment sur le plan de travail dos à Yann, et se détourna pour se diriger vers la sortie.

Yann : Tu vas où ?

Sans un regard en arrière, sans réponse, Kévin claqua la porte. Une fois dehors, il inhala une grande bouffée d'air avant de laisser ses larmes couler. De son côté, Yann s'assit sur le canapé, tentant de contrôler sa respiration, rapide, lancinante, écrasante. D'un geste, il envoya valser tout ce qui se trouvait sur la table basse.

Yann : MERDEEEEEEEEE

Son cri se mêla aux sons des objets se fracassant sur le sol.