Chapitre 28 :
C'est avec difficulté qu'il ouvrit les yeux, émergeant tant bien que mal. Les rayons du soleil se glissaient au travers les lanières du store et il referma les yeux, ébloui, avant de refaire surface. Il se tourna tant bien que mal sur le côté. 14 heures. Assommé par les médicaments, il avait dormi 16h durant. Il se releva avec du mal, les brûlures se rappelant à lui.
Yann : Kévin ?
Il avait haussé la voix pour se faire entendre de son compagnon qu'il pensait à l'étage inférieur, mais aucune réponse ne lui parvint. Il sourit en voyant ses médicaments posés sur la table de chevet, accompagnés d'une bouteille d'eau et d'un petit mot, les béquilles près du lit. Il avala ses antidouleurs, soupirant de bien-être lorsqu'il sentit son corps se soulager à leur effet quelques minutes plus tard. Il se leva doucement, saisissant ses béquilles, avant de se rendre à la salle de bain, où, encore une fois, un sourire se dessina sur ses lèvres en voyant les vêtements propres disposés en côté. Des petites attentions qui diminuaient sa colère sourde.
Kévin le retrouva accoudé au plan de travail lorsqu'il rentra les bras chargés des courses qu'il avait faites.
Kévin : Coucou
Yann : Salut
Kévin s'avança vers lui mais s'arrêta à quelques centimètres, ne sachant pas sur quel pied danser. Le malaise entre eux était toujours là, insidieux, et il craignait que Yann se braque de nouveau au moindre geste déplacé.
Yann : J'ai pas le droit à un bisou ?
Le visage de Kévin se détendit, et Yann l'attira à lui dans une étreinte ardente, resserrant son emprise autour de sa taille, mettant fin à leur baiser fiévreux.
Kévin : Un souci ? T'as mal ? Tu veux…
Yann l'interrompit en déposant de nouveau ses lèvres sur les siennes d'une manière presque hésitante, avant de sonder son regard, passant ses mains sur les flancs et le torse de son mari.
Yann : Va falloir faire quelque chose pour cette perte de poids mon ange.
A bien y réfléchir, ses doigts redécouvrant ce corps qui lui avait manqué, Yann ne se souvenait pas depuis combien de temps ils ne s'étaient pas touchés, depuis combien de temps il ne lui avait pas fait l'amour ni ne l'avait vu nu. Accaparé par le travail, il n'avait plus été qu'un simple courant d'air. Rentrant si tard qu'il n'avait qu'une envie, se coucher. Et la crise qui s'était installée entre eux n'avait pas facilité les choses. Passant ses mains sous le tee-shirt de Kévin, touchant du bout des doigts cette peau nue, frissonnant à son contact, plongeant sa bouche dans la nuque douce, s'enivrant de son odeur qu'il reconnaitrait entre mille, redécouvrant ce corps dont il était fou mais qu'il ne reconnaissait plus. Il sentit Kévin frémir sous son touché, et ce manque si ardent le déposséda un instant, avant de reprendre ses esprits et de faire coulisser le tee-shirt le long du torse de son époux, l'obligeant à lever les bras pour l'en délester.
Il se figea, l'émeraude scrutant les moindres détails de ce buste amaigri, avant de se plonger dans l'océan qui lui faisait face. La colère de ses derniers jours laissant place au doute et à l'incertitude. Le voyant ainsi, Yann fut percuté de plein fouet par la réalité ; celle qui lui avait échappé depuis des semaines. S'il souffrait intérieurement, la souffrance de Kévin avait pris le dessus physiquement, et traçant des sillons sur les côtes apparentes, sur le ventre creux, caressant cette peau toujours si douce mais si volatile, un sanglot naquit dans sa gorge. Le son lui échappa telle la plainte d'un animal blessé.
Devant ce brusque changement, Kévin tressaillit, avant de prendre la tête de Yann entre ses mains, sur lesquelles s'apposèrent fortement celles du commissaire, les retenant, les écrasant, avant que la bouche du brun ne viennent les embrasser tour à tour, collant l'une de ses paumes contre sa joue mal rasée, se caressant et se repaissant de ce contact. Puis il nicha sa tête dans le cou du basque, laissant malgré lui couler des larmes silencieuses.
La main de Kévin relâcha l'une des siennes et se posa dans sa crinière ébouriffée, caressant lentement sa tête avec toute la tendresse possible, embrassant son crâne avec amour. Le lieutenant se sentait déstabilisé par cette situation qu'il n'avait pas vu venir, mais devant le désarroi de son homme, il le laissa faire. Le soulageant au mieux par sa présence qui avait plus d'une fois réussie à calmer le beau brun. Lui susurrant des mots de réconfort à l'oreille, lui laissant le temps nécessaire pour reprendre contenance.
Yann : Je suis désolé
Le mot surprise n'était pas assez fort pour qualifier ce que ressentit Kévin. Chamboulé par ce débordement affectif qu'il n'avait plus connu depuis de longues semaines, mais heureux que son époux lui fasse toujours confiance malgré tout. Du moins… sur ce plan là.
Kévin : Calme-toi, je suis là, calme-toi.
Yann releva enfin la tête, séchant ses larmes au possible.
Yann : Je… Je sais que j'ai pas été tendre ces derniers mois. Qu'on s'est éloigné. Mais je ne m'étais pas rendu compte…
Il s'arrêta de nouveau pour tracer de ses doigts le contour du torse de son compagnon.
Yann : Je ne m'étais pas rendu compte à quel point tout ça t'avait affecté.
Il baissa les yeux sur le tee-shirt à terre, avant de les replonger dans ceux de Kévin.
Kévin : Ah… euh… disons que les miens sont trop grands et j'ai pas eu le temps d'aller en …
Yann ne le laissa pas finir et l'attira à lui avant de déposer une nouvelle fois ses lèvres sur celles de son ange basque, mêlant sa langue à la sienne et l'entraînant dans un balai survolté, une douce chaleur s'insinuant au creux de ses reins, se sentant d'un coup à l'étroit dans son pantalon. Kévin se laissa lui aussi porter par l'instant présent, réagissant aux caresses de son mari, son corps frissonnant du bonheur qu'il n'avait plus ressenti depuis bien longtemps. Mais il refit surface, arrêtant le baiser.
Kévin : Tu fais quoi là
Yann : J'ai envie de toi.
Sur ses dires, il posa sa main sur l'entre-jambe du Lieutenant, qui ne put s'empêcher de soupirer d'aise.
Kévin : Hum… Yann…
Yann : Oui ?
Un éclair mutin dans les yeux, et il entama une douce caresse sur la bosse qui déformait le jean de son homme, qui tentait de garder ses esprits. Kévin s'écarta plus que nécessaire, soufflant un grand coup.
Yann : Quoi ? Je ne suis pas le seul à en avoir en vie. Alors quoi ?
Kévin : C'est pas que je ne veux pas, mais le médecin a dit de faire attention et d'éviter toute activité trop intense.
Yann se leva gentiment et se posta face à lui.
Yann : On va faire attention. Et puis si c'est toi qui mène la danse, ça ira. En attendant…
Il posa ses mains sur les fesses de son mari
Yann : Je vais t'aider à reprendre du muscle mon ange, je vais pas te laisser comme ça.
Kévin : Je … J'ai pas…
Yann : Je t'aime Kévin, peu importe comment tu es. Mais te voir comme ça… Ça me fait mal tu comprends ? T'as la peau sur les os mon cœur, et je suis pas habitué.
Il lui saisit le menton devant son regard fuyant.
Yann : Ne baisse jamais les yeux devant moi. Je ne critique pas, je ne juge pas. C'est juste que je me sens coupable de tout ça. Alors… laisse-moi faire. S'il te plaît ?
Leurs regards se percutèrent de nouveau, leurs sourires se retrouvèrent, et enfin leurs corps se mirent à danser à l'unisson comme ils en avaient eu l'habitude si souvent auparavant. Kévin se retrouva assis sur le plan de travail, la langue de Yann, mutine, gourmande, goutant encore et encore son cou, avant de descendre délicatement sur l'un de ses tétons, le suçotant, le mordillant avec frénésie, le faisant se durcir avec rapidité, tandis que l'une des mains du beau brun dansait sur sa hanche, caressant sa cuisse, remontant sur son ventre, dégrafant sa ceinture, ouvrant la braguette et s'immisçant dans son boxer. Au contact des doigts sur sa virilité, Kévin se cambra dans un cri de bonheur, rejetant sa tête en arrière.
Yann continuait sa descente, sa langue jouant avec son nombril, sa main entamant des mouvements de va-et-vient incessants, voir même indécents, sur le membre gorgé de sang de son amant. Il releva la tête, et Kévin se délesta des derniers remparts à sa nudité, ayant juste le temps de reposer ses fesses lorsque la langue de Yann s'empara de son sexe. Le beau brun savourait cette caresse qu'il ne pratiquait pas souvent, se laissant guider par les gémissements de plus en plus rapides et saccadés de Kévin. Il sentit la main de ce dernier s'apposer sur sa nuque, et il frissonna à ce contact, avant de reprendre ses mouvements. Agaçant son gland de sa langue, le mordillant, apposant ses lèvres autour de ce bien précieux comme pour l'aspirer, tandis que sa main se posa plus bas, malaxant soigneusement ses deux abricots.
Kévin était transporté par le bien-être et l'excitation qui s'étaient emparés de lui, et se laissait guider sans retenue par les caresses expertes de son homme, se retenant de lui crier tous les mots d'amour qui lui venaient à l'esprit, se contractant à la chaleur de cette langue sur sa partie la plus intime, étourdit de cette douce caresse que Yann lui prodiguait. Il se cambra au maximum et ne pur retenir un cri de pure jouissance lorsqu'il sentit la bouche de son homme l'engloutir tout du long, l'emmenant aux portes de l'extase.
Yann laissa coulisser le sexe de compagnon au plus profond de sa gorge, se repaissant de l'entendre crier, et accéléra le rythme de ses va-et-vient, le laissant glisser pour mieux le reprendre ensuite, se délectant de ce goût qui lui avait manqué, de ce plaisir qui lui avait fait défaut. Il ne le faisait que rarement, se maudissant au nouveau cri de Kévin de ne pas le faire plus souvent. Son propre sexe devenait douloureux de l'excitation et du plaisir qu'il ressentait, et il intensifia son emprise, laissant sa langue parcourir une nouvelle fois le pénis de son époux, retirant sa bouche, s'arrêtant quelques secondes afin d'humecter ses doigts, puis il apposa de nouveau ses lèvres sur le gland offert à lui, tandis que sa main prit la direction de cette vallée des plaisirs. Il le sentit se contracter lorsque sa phalange entra en lui, et arrêta le mouvement, intensifiant ses coups de langues sur le sexe de Kévin. Distraction qui marcha lorsqu'il le sentit se détendre. Il introduisit alors son doigt en entier dans l'alcôve chaude, et commença à le bouger avec tendresse, élargissant le passage, jouant avec son intimité. Puis un second doigt vint rejoindre le premier, cherchant ce petit joyau des plaisirs.
Kévin hurla lorsqu'un frisson violent s'empara de lui lors du contact des doigts de Yann avec sa prostate ; doigts habiles qui s'amusaient à lui procurer un plaisir immense. Alors qu'il se laissait envelopper dans ce pays d'émerveillement, la chaleur au creux de ses reins s'intensifia, et une chaleur plus brûlante encore s'empara de son bas ventre.
Yann le pris au plus profond de sa gorge, appuyant sur ses deux abricots, ses doigts jouant à l'intérieur de son époux, le sentant partir. Il releva légèrement la tête, et dans un cri rauque, cette douce semence vint lui chatouiller le palais par vagues successives. Il avala le tout avec délectation, apposant son regard sur le visage béat de Kévin, les yeux mis clos, tremblant comme une feuille, le souffle haletant. Il reprit ses mouvements dans cette entre chaude qu'il allait bientôt savourer, et sa langue retrouva le membre soulagé, se délectant des quelques gouttes perlant encore. Le léchant avec toute la délicatesse dont il savait faire preuve.
Le corps de Kévin se mit à trembler plus fort, et le bleu azur percuta le vert émeraude.
Kévin : Ha… Yann… stop.
Yann retira ses doigts, puis laissa le sexe de son compagnon glisser hors de sa bouche, lui déposant un baiser au passage, avant de se redresser.
Kévin : Tu vas me tuer.
Yann : De plaisir alors !
Kévin sourit et lui tendit la main. Yann se retrouva coller à son torse.
Kévin : Merci mon amour.
Yann : J'adore t'entendre crier.
Kévin lui sourit timidement, ce à quoi Yann répondit par un tendre baiser, comme pour calmer l'extase qui s'était emparé d'eux à l'instant.
Kévin : Canapé ?
Yann : Canapé.
L'entraînant à sa suite avec plus de prudence que nécessaire, le délestant de ses habits, Kévin se retrouva à califourchon sur le corps nu et en ébullition de Yann.
Yann : Merde, le lubrifiant.
Kévin : T'en fais pas mon amour, tu m'as bien assez préparé comme ça.
Yann : Mais…
Kévin posa son index sur ses lèvres.
Kévin : Maintenant Berthier, tu te tais, tu profites, et tu me laisses faire.
Les lèvres du basque partirent à l'assaut de ce corps qu'il avait pleuré plus d'une nuit dans un lit bien trop grand et bien trop froid, de ce corps trop absent et enfin retrouvé, qu'il entreprit de chérir comme un bijou précieux ; redécouvrant avec plaisir cette zone érogène qui fit vibrer Yann ; cette petit zone juste en dessous de son lobe d'oreille, juste avant son cou. Ses lèvres taquinent tracèrent un sillon brillant jusqu'à sa nuque, avant de s'apposer sur cette pomme d'Adam qu'il aimait tant, soupirant de bien-être au gémissement de Yann, qui se sentait défaillir. Il se rendait compte que les lèvres de son mari sur lui, son mari sur lui, lui avaient fait cruellement défaut. Le commissaire ferma les yeux, appuyant sa tête sur le haut du canapé, se laissant aller au plaisir de la chaire, au plaisir de l'amour retrouvé, se délectant de son homme.
Kévin continua sa lente exploration, déposant de tendres baisers sur toutes les brûlures recouvrant le corps de son homme, effleurant fébrilement du bout des doigts les ecchymoses qui lui serraient le cœur, lui rappelant la frayeur et l'angoisse qu'il avait vécues quelques jours plutôt. Il caressa de sa joue l'épaule de son amant, comme pour se rassurer, se laissant bercer par ce contact.
Sentant son angoisse, Yann ouvrit les yeux et caressa son crâne, embrassant son front. Kévin redressa alors la tête et se prit son sourire en plein cœur. Ses frayeurs disparurent aussi soudainement qu'elles étaient apparues, et sa langue retrouva celle de Yann pour un balai des plus doux, tandis que ses bras ne cessaient de caresser le ventre et les cuisses musclés de son époux. Il approfondit son baiser, et se laissant guider par cette bulle d'amour dans laquelle ils se retrouvaient, une de ses mains s'insinua jusqu'au membre douloureux de Yann, qui gémit de nouveau au contact de cette caresse. Ils s'écartèrent à bout de souffle, et les yeux dans les yeux, sans se lâcher, Kévin se positionna et se laissa descendre dans un long soupir sur le sexe de son compagnon, qui cria de bonheur.
Kévin arrêta sa course, se raidissant, le visage crispé. Yann passa alors ses doigts sur ses joues.
Yann : T'as mal ?
Kévin : J'ai juste besoin de quelques secondes.
Yann : Je te l'avais dit ! Ça fait longtemps ! Tu…
Kévin le coupa en apposant ses lèvres sur les siennes, et continua son mouvement jusqu'à ce que le membre de Yann soit entièrement en lui. De concert, ils soupirèrent de plaisir tous les deux, avant que Kévin entame un balai déchaîné de son corps, se courbant, se laissant glisser avant de se relever, accélérant son rythme aux râles d'extase de son mari.
Yann savourait la nouvelle union avec son homme. Comme si rien ne s'était passé. Deux mois. Deux longs mois et leurs corps s'étaient retrouvés comme au premier jour. Il ouvrit de nouveau les yeux et le bonheur de son époux le happa. Leurs doigts s'entrecroisèrent, et Kévin accéléra ses mouvements. Yann resserra ses doigts sur ceux de Kévin, et libéra une de ses mains qui alla se poser sur le sexe de nouveau dressé de son homme. Calant le rythme aux coups de reins de son mari, se laissant totalement transporter par leur union, il ressentit cette béatitude qui l'avait quittée. Il accéléra ses mouvements sur le sexe de Kévin, qui s'empalait de plus en plus vite. Leurs cris résonnèrent simultanément, et Yann sentit son torse se recouvrir de la semence chaude de son ange, avant, qu'à son tour, un nouveau cri s'échappe de ses lèvres en même temps que sa jouissance qui alla se fondre au plus profond du jeune basque.
Les deux hommes, haletant, essayant de reprendre leur souffle et le contrôle de leurs corps, les yeux dans les yeux, leurs deux mains gauches mêlées apposées sur le cœur tambourinant de Yann, leurs alliances reflétant leur promesse, étincelantes des rayons du soleil venant les frapper, dans une même pensée, celle du bonheur retrouvé.
