Chapitre 41 :
« Prenez des initiatives » Yann grommela. Il était bien gentil le Docteur je sais tout, mais mettre en pratique des paroles si simples sur le moment s'avérait être une tâche autrement plus difficile. « Ne vous laissez pas déstabiliser par ses refus » Cette fois, il en était sûr. Il le tuerait la prochaine fois qu'il le verrait. Il ne pouvait s'empêcher de penser à lui alors que son ange basque, encore endormi, lui offrait la plus délicieuse des images. La plus excitante, la plus sensuelle et la plus érotique, aussi. Dévêtu, sur le dos, une main sur son front, l'autre posé sur son ventre, un genou dépassant de la couette remontée jusqu'à la naissance de ses hanches.
3 semaines s'étaient écoulées depuis la soirée où ils avaient mis, tous deux, les choses à plat. Yann avait repris confiance, débarrassé de la culpabilité de plomb qui l'avait rongé jusqu'alors. Dès lors, il s'était endormi tous les soirs le cœur un peu plus léger au fil des jours, Kévin dans ses bras. Plusieurs caresses avaient été échangées, mais jamais la barrière n'avait été franchie. Les mains baladeuses, mais pas trop. La langue joueuse, jusqu'à la limite. Cette limite qui tourmentait Yann, et dont il avait parlé au Dr Malroye. Il sentait Kévin de plus en plus en confiance, mais sa propre peur le bloquait. Le médecin lui avait alors intimé de ne pas baisser les bras. Le soir de l'explication, Kévin avait fait le premier pas. A lui de faire le deuxième.
Il devait prendre l'initiative, quitte à se faire rejeter. Il inspira un grand coup, secouant la tête, s'ébouriffant les cheveux de sa main, chassant les paroles du psychiatre de son esprit. Après tout, que risquait-il ? Au pire, un égo blessé, au mieux… au mieux… Il se détendit à cette pensée, un sourire ravageur venant prendre possession de ses lèvres. Lèvres qu'il déposa délicatement sur le genou replié de Kévin, sa langue joueuse se déposant avec tendresse sur le pli, caressant sa courbe. Il leva les yeux vers son mari, qui dormait toujours à poings fermés.
Il s'encouragea un peu plus, le bout de ses doigts effleurant la cuisse nue, passant sous la couverture pour s'arrêter au tissu du boxer. Main qu'il redescendit, frôlant l'intérieur chaud de cette cuisse offerte. Il s'arrêta un instant au mouvement de son époux, les yeux toujours clos. Ce dernier venait de bouger, et une fraction de seconde, Yann avait cru l'avoir réveillé. Il souffla de soulagement, et le regard rivé sur le visage de Kévin, il entreprit de descendre doucement la couverture, se relevant pour apposer de petits baisers sur son torse. Il laissa glisser la couverture sur le côté et sentit son ange frissonner.
Le fixant toujours de ses prunelles émeraude, il laissa ses doigts s'aventurer un peu plus, le long de ses hanches, de ses bras, se délectant de la douceur enfantine de cette peau de lait. Sa langue s'attaqua gentiment à un téton, le suçotant au possible. Il vit un sourire se dessiner sur le visage de Kévin, et s'enhardit alors encore un peu plus, laissant ses mains descendre jusqu'à la limite.
Il marqua une minute d'hésitation, mais malgré sa peur, il s'autorisa alors à la franchir, caressant doucement le tissu retenant prisonnier le membre endormi de son mari. Membre qu'il sentit se réveiller sous ses douces caresses, son regard quittant le visage de son homme pour se déposer sur la bosse formée. Il se baissa pour déposer un baisser sur cette parcelle de tissu, et les jambes de Kévin remuèrent, s'écartant. Il se redressa d'un coup, surpris par l'azur qui le regardait. Pris la main dans le sac, Yann se sentit soudainement mal, ne sachant pas quoi dire.
Kévin : Continue.
Yann releva la tête, surpris. Mais fondit sous le sourire ravi de Kévin, dont les yeux émerveillés n'exprimaient aucun reproche, seulement un désir brûlant. Il l'embrassa à perdre haleine, laissant enfin ses mains le toucher pleinement, redécouvrant avec émotion ce corps. Il se redressa et s'arrêta.
Yann : T'es sûr de toi ?
Kévin : Comme jamais.
Une légèreté mélangée à l'euphorie, les mains de Yann se glissèrent sous l'élastique, Kévin leva les fesses et il s'empressa de retirer le dernier rempart à la nudité de son mari. Une émotion intense lui vrilla le cœur. Par ce geste, Kévin lui faisait comprendre qu'il était prêt. Enfin. Que même s'il n'avait rien oublié, il avait réussi à lui pardonner.
Les yeux dans les yeux, Yann se saisit de ce membre offert à lui et y déposa sa bouche avec tout le respect et la tendresse dont il était capable. Le corps de Kévin se souleva dans un cri passionnel, et Yann se fit douceur et passion pour honorer ce gland dont il raffolait, ce membre qui l'avait aimé plus d'une fois, ses mains caressant avec tout l'amour qu'il avait les deux abricots remplis tandis qu'il le prenait au fond de sa gorge. Aux gémissements de Kévin se succédaient ses cris d'un plaisir sans fin, plaisir procuré par le beau brun qui y mettait toute son ardeur. Le son de la voix de son mari dans l'extase lui avait tellement manqué que son excitation se faisait de plus en plus grandissante et douloureuse.
Ce désir, ce déchainement, cet amour qui lui avaient fait défaut le percutèrent de plein fouet, et il approfondit encore sa caresse buccale, s'abreuvant des râles et des sons de jouissance de cet homme qu'il aimait par-dessus tout. Le sentant se tendre, il éloigna sa bouche, prenant entre ses lèvres ce gland rougeoyant de plaisir, le léchant, le mordillant et l'aspirant de la plus belle des manières. Son prénom résonna à ses oreilles lorsque Kévin déversa dans sa bouche son doux nectar, qu'il prit le temps de déguster jusqu'à la dernière goutte, passant sa langue de nouveau sur son gland pour le nettoyer et le chérir encore un peu, avant de remonter prendre possession des lèvres de son amour.
Yann : Ça va ?
Le corps de Kévin tremblait intensément, et une seconde, la peur de Yann le rattrapa. Kévin ouvrit ses yeux, voilés par le plaisir, et lui adressa son plus magnifique sourire.
Kévin : Si tu savais à quel point. Tu m'as manqué.
Yann : Toi aussi.
Leurs lèvres se retrouvèrent avant que les jambes de Kévin se pressent contre sa taille, se nouant dans son dos. Il accrocha son regard, et le désir fiévreux qu'il lut dans les yeux de son homme l'emplit de joie.
Kévin : J'ai envie de toi. Viens.
Son sourire resplendissant, sa douceur angélique, ses magnifiques fossettes eurent raisons des peurs de Yann. Kévin lui avait tellement manqué…
C'est avec toute la douceur et la tendresse qu'il avait en lui qu'il le prépara et le fit sien, retrouvant cette osmose et cette union qui le faisait tellement frissonner. Réunis de nouveaux, leurs doutes derrière eux, c'est dans leurs étoiles qu'ils partirent, qu'ils communièrent, s'abreuvant de tous les mots de l'autre, chérissant le plaisir et le bonheur tant appelé et finalement rattrapé.
