Callie était tellement abasourdie qu'elle ne posa aucune autre question. Elle
se laissa guider jusqu'à un nouveau véhicule. Tout se déroula vite et dans
un silence quasi complet. Elle entendit brièvement Derek lui dire qu'il
préviendrait Marc, de ne pas s'en faire pour les enfants. Elle vit les
regards de pitié, d'incompréhensions des personnes qu'elle connaissait. «
Incompréhension », le mot était encore trop doux pour décrire le KO dans
lequel se trouvait l'esprit de Callie. Sa rencontre avec la belle blonde,
jusque là si excitante, c'était transformée en un véritable cauchemar.
Ils ont roulé pendant une bonne heure. « Loin de tout » pensa Callie. Ils
avaient croisé peu de voitures, encore moins d'habitation. La voiture
s'immobilisa devant une grande bâtisse. Deux hommes armés semblaient monter
la garde devant la porte d'entrée. Cela n'avait rien d'ordinaire. Ca ne
ressemblait pas à un bureau fédéral, ni à un centre de détention. Le sang
de Calie se glaça d'effroi.
« Et si ils allaient me tuer ».
Elle songea à ses enfants. L'angoisse monta encore d'un cran.
L'homme sortie de la voiture, ouvrit la portière arrière et tira sans
ménagement Callie par le bras. – Restez tranquille et tout ira bien.
Il la conduite à l'intérieur jusqu'à une chambre.
– Vous allez rester là ce soir. Voilà les règles, ici vous obéissez. Si
tout va bien aucun mal ne vous sera fait. Cela ne devrait pas être trop long.
Je pense que d'ici quelques heures je vous reconduirais chez vous.
– Quoi ? Je ne comprends pas. Qu'est ce que vous voulez de moi au juste ?
– Rien votre présence devrait suffire ! Restez tranquille.
– Mayer ! Cria la voie d'une femme.
– Merde ! murmura l'homme.
Il quitta la chambre prenant soin de bien fermer derrière lui.
- Altman !
– Qu'est-ce que vous avez foutu ? On m'a dit que vous avez amené une femme
avec vous.
– Je l'ai fait oui ! Elle a hébergé Robbins !
– Qu'est-ce que vous essayez de faire au juste ?
– Pourquoi me poser la question lorsque vous connaissez la réponse ?
– Vous voulez vous servir de cette femme comme appât.
- Connaissant Robbins elle doit suivre nos échanges radios. Lorsqu'elle va
apprendre que nous avons cette femme elle ne devrait pas tarder à rappliquer.

– Vous voulez utiliser l'instinct protecteur de Robbins ! Etes- vous
complètement malade ? Je ne parle même pas du fait que Callie Torres est une
civile. Que vous n'avez aucun droit de la retenir contre sa volonté.
– Ok Altman ca suffit. Je vous rappelle qu'on tolère votre présence
uniquement par respect pour votre mari. Mais ça pourrait bien changer.
– Tout ça est une très mauvaise idée. Compte tenu du passé de Robbins
vous risquez de vous retrouvez face à une personne ingérable.
– Nous avons de quoi la calmer ne vous en faite pas pour notre santé ! Rien
ne vous oblige à rester !
Teddy le regarda avec mépris.
– Je reste, ne serait-ce que pour cette pauvre femme qui se retrouve
prisonnière de cette putain de situation.
Callie n'en croyait pas ses oreilles. Un appât c'est ce qu'elle était. Elle
n'eut pas le temps de s'indigner plus que sa car la femme entra dans la
pièce. Elle s'est assise en face de Callie.
– Je suis sincèrement désolée que vous vous retrouvez mêlée à toute
cette folie.
– Si vous êtes tellement désolée pourquoi ne pas me libérer.
– Je le ferais si je le pouvais. Cette maison est remplit d'hommes armés.
– Je ne comprends rien ! Tous ça est complètement dingue !
– Je sais. Ils pensent que Robbins va venir vous chercher.
– C'est ridicule ! Elle ne sait même pas où je suis. Et elle n'a aucune
raison de faire ça.
Teddy la regarda avec un sourire plein de sympathie.
– Vous vous trompez, elle va venir. Ca ne fait aucun doute ! Arizona Robbins
est une personne de cœur. Elle est une protectrice. Vous l'avez aidé, elle
ne vous abandonnera pas !
– Mais tous ces hommes…. Et on est au milieu de nulle part… et …..
Callie était de plus en plus confuse.
– Je sais ! La nuit promet d'être longue et mouvementée Madame Torres.
Les heures passèrent sans que la blonde ne fasse son apparition. Louis Mayer
devenait de plus en plus impatient. Il était près de six heures du matin, la
plus part de ses hommes commençaient à montrer des signes de fatigue.
« Bordel de merde Robbins, tu ne peux pas avoir changé à ce point ! »
Callie avait finit par s'endormir. Teddy ne l'avait pas quitté, contre toute
attente la présence de cette femme la rassurait. Elle ne semblait pas être
une mauvaise personne. Callie avait essayé d'en savoir un peu plus sur
Arizona et sur ces hommes. Mais tout ce qu'elle apprit était que la femme
devant elle était psychologue, qu'elle avait suivit Arizona et que c'est pour
ça qu'elle était là. Elle ne semblait pas vouloir en dire plus. Ou peut
être qu'elle ne pouvait pas en dire plus.
Des cris d'hommes, la tirèrent de son sommeil.
– Du côté Est ! Entendit- elle.
– La voilà ! Souffla Teddy.
Elles pouvaient entendre les mouvements précipités des hommes en bas.
Bientôt des coups de feu suivirent les cris. Un homme entra dans la chambre.

– Je suis là pour veiller à ce que vous ne fassiez rien de stupide !
Annonça-t-il.
Il appuya sur son oreillette « Tout est OK ici ».
La situation dehors se calma. Les coups de feu avaient cessé. Cela ne
semblait pas rassurer le sentinel.
« Ici Emerik, quel est la situation dehors ? »
Il n'eut aucune réponse. Un bruit sourd attira son attention, comme le bruit
d'un corps heurtant le sol. L'homme arma son flingue, prêt à tirer, quand
une forte détonation se fit entendre. Instinctivement, les trois se
baissèrent. Au même moment la porte de la chambre s'ouvrit. Emerik eut à
peine le temps de voir venir la crosse de l'arme d'Arizona s'écraser sur sa
tempe. Callie se redressa
– Arizona ! dit-elle estomaquée.
La blonde lui souri faiblement avant de tourner son regard vers Teddy. Elle
arma son arme et la pointa vers le psy.
– Arizona, attends. Je te jure que je n'y suis pour rien. Je n'aurais jamais
même pensé à faire une chose comme ça. Je te le jure.
Elle baissa son arme. Et tendit un sac à Callie.
– Enfilez ça faites vite. Il faut qu'on quitte les lieux au plus vite. Le
sac contenait un gilet par balle. Callie s'exécuta beaucoup trop stressée
pour poser la moindre question.
- Bon bougeons. Tu viens avec nous Altman.
Teddy ne s'offusqua pas du ton sec d'Arizona elle lui obéit. Elle savait que
la situation n'était pas bonne mais c'était la seule solution qu'elle avait
pour pouvoir raisonner Robbins. Elles descendirent les escaliers à pas de
chat. De nombreux corps jonchaient le sol. Callie essayait de son mieux de les
ignorer.
Mayer était hors de lui. La plus part de ses hommes avaient été mis KO.
N'ayant aucun retour radio de ses hommes restés à l'intérieur il comprit
que tout ça n'était qu'une diversion. Il courut vers la maison.
« Le loup entre dans la bergerie » Souffla Arizona en voyant Mayer
s'approcher.
Elle évalua rapidement la situation, seule elle aurait largement eu le temps
de quitter les lieux. Mais pas avec Callie et Teddy à protéger.
- Restez là et quand je vous le dirais vous courrez vers l'extérieur. Pas de
coup bas Altman, vous risqueriez de le regretter.
Arizona s'avança vers la baie vitrée d'où elle pouvait voir Louis. Elle
ouvrit la baie et tira à quelques mètres des pieds de l'homme. Il
s'immobilisa aussitôt. Pointant à son tour son arme vers la femme.
- Robbins !
– Mayer !
– Tu n'as aucune chance de sortir de ses lieux Robbins.
– Vraiment ! Plus de la moitié de tes hommes sont out.
– Ce qui me laisse encore pas mal de possibilités.
Arizona sourit ce qui déstabilisa son adversaire.
– Tu n'as aucune chance Mayer. Tu ne seras jamais que l'un de mes anciens
subordonnés. Peu importe le grade que ce fils de pute te donnera, tu me seras
toujours inférieur.
– Salope cria-t-il en vidant son chargeur en direction d'Arizona.
Elle avait eu le temps de se mettre à couvert. Désormais Mayer aveuglé par
sa rage n'en aurait qu'après elle.

« Sortez maintenant ! » Ordonna-elle.

Elle riposta aux tirs ordonnant implicitement à Mayer de garder ces distances.

Callie entendit l'ordre mais resta pétrifiée. C'est Teddy qui la sortit de sa léthargie.

-Il faut qu'on bouge !

-Mais Ari…

-Elle sait ce qu'elle fait.

Elles se dirigèrent vers l'avant de la maison. Là, un homme se dirigea vers elle.

-Venez avec moi ! Je suis avec Robbins.

Elles eurent d'abord un doute, mais Callie reconnu le profil de l'homme.

C'était lui qui était venu chercher Arizona. Elles l'ont suivit jusqu'à un véhicule.

Mayer avaient été rejoint par une demi douzaine d'hommes.

-Tu n'as aucune chance Robbins !

Arizona avait espoir qu'Owen avait les deux femmes avec lui. Elle mit sa main à son oreille.

-Est-ce que tout est Ok Hunt !

-Tout est Ok Commandant. J'ai les femmes. Nous vous attendrons au lieu de ralliement.

-Parfais !

Elle se leva le sourire aux lèvres.

« Que le spectacle commence ! »

Elle sortit une télécommande de sa poche

-Et de une ! Dit-elle déclenchant une première explosion à quelques mètres du groupe d'hommes.

Ils se baissèrent tous, lui permettant de quitter sa planque.

Elle était dans le vestibule lorsqu'elle déclencha la seconde explosion.

Elle monta dans un véhicule et s'éloigna des lieux déclenchant une toute dernière explosion qui anéantit tout les véhicules restant.

« Je te l'ai déjà dit Mayer tu n'as aucune chance contre moi ! »