Bon allez, je vais poster les 2 derniers chapitres, j'ai un peu de temps ^^

On repasse à présent du côté de Nick...

La vie avait repris son cours après les funérailles de Greg.

Sauf pour Nick.

Toute vie semblait éteinte en lui à présent. Lui, si empathique, si près des autres, était maintenant inaccessible et détaché de tout. Plus rien ne semblait l'émouvoir.
Beaucoup avaient mis ces changements sur le compte de l'amité très forte entre les 2 hommes et avaient pensé qu'il avait besoin de temps pour digérer la nouvelle . Seule Catherine avait perçu que sa douleur était plus profonde mais même avec elle , il n'avait pas réussi à ouvrir son coeur définitivement verrouillé.

Il ne pouvait en parler à personne ,car personne ne savait et personne ne pouvait comprendre.
Et il préférait rester seul avec ses sentiments et son amour toujours aussi fort pour celui qui était parti.

Au fil des jours,il était devenu plus distant. Il ne riait plus et les sourires se faisaient plus rares.
Il s'investissait à corps perdu dans le travail, cumulant heures supplémentaires à s'en épuiser.
Et accumulant également prises de risques et décisions litigieuses. Il prenait de plus en plus de risques sur le terrain, n'attendant même plus la sécurisation des zones par les policiers et se jetant volontiers tête baissée dans des poursuites où il n'avait pas sa place

Sophia et Jim l'avaient tous deux rappelé à l'ordre et avaient rapporté ce changement d'attitude à Grissom, inquiets de la tournure des événements. Mais ce dernier, préoccupé par le tueur aux maquettes , avait minimisé les faits et juste imposé à Nick quelques jours de congés. Il devinait que son jeune collègue était secoué par la mort de Greg, mais ne pouvait comprendre à quel point.

Nick avait pris cette injonction comme une torture. Se réfugier dans le travail c'était tout ce qui lui restait : ce qui l'empêchait de ressasser ses idées noires et de regretter tout ce qu'il avait manqué.

Depuis la mort de Greg, il survivait, sans trop savoir comment.

Tout lui était devenu indifférent. Tout. Sauf ce qui concernait Greg. Et les regrets étaient autant de coups de poignards qu'il s'infligeait des dizaines, des centaines de fois par jour.

C'était devenu si difficile de vivre en sachant que plus jamais il ne le reverrait, que tout ceci n'était hélas pas un cauchemar.
L'idée du suicide l'avait effleuré, mais il ne pouvait s'y résoudre.

Alors il se détruisait de façon plus pernicieuse.
Les insomnies et les maigres repas influençaient son état d'esprit, renforçant les sentiments amers qui l'habitaient. Il perdait la notion du danger, se mettant en péril au travail, roulant à tombeau ouvert. Il n'avait cure des avertissements de Sophia, Jim et même de Grissom. La situation ne pouvait de toute façon pas être pire. A terme, il savait qu'il risquait de sérieux ennuis et pourrait même être rétrogradé, muté ou pire. Si sa santé, physique ou mentale, ne lâchait pas avant évidemment.

Et un jour de mai, la délivrance vint enfin.
Ce jour- là, sa vie s'arrêta définitivement.

Un guet-apens. Ils étaient attendus, policiers et scientifiques. Attendus par un gang sur une fausse scène de crime et les balles n'avaient cessé de pleuvoir dès leur arrivée.
Et comme un automate, Nick était allé trop loin, trop près du leader. Il ne s'était pas jeté à terre ni mis à couvert.
Curieusement, cela avait presque failli marcher. Malgré les appels désespérés de Sofia, il était resté calme étrangement calme même et n' avait pas cillé une fois en avançant. Les armes automatiques s'étaient tues d'elles-mêmes et un silence pesant régnait dans la ruelle.
S'il y avait prêté attention, il aurait pu voir une lueur d'admiration et de respect dans l'oeil de celui qui allait l'abattre. Mais il n'en avait cure. Il se moquait bien de ce qui se passerait. Il avait déjà tout perdu, autant finir au moins son travail correctement. Pour le reste...
Il avait pointé son pistolet en direction du chef de bande, sciemment. Il savait que les tirs se concentreraient sur lui et permettraient aux hommes de Brass de réagir. C'était leur seule chance. Une seule et infime chance que personne n'avait osé tenter. Mais il connaissait le scénario et savait bien que c'était la seule façon d'éviter le carnage. Nick savait aussi qu'il perdrait certainement la vie. Mais il s'en moquait. Sa vie s'était déjà arrêté avec celle de Greg et il était temps que la comédie cesse une bonne fois pour toutes.

Il ne se souvenait plus comment il s'était retrouvé par terre, cette douleur terrible à l'abdomen et à l'épaule. Il y avait eu tout ces bruits de balles et en un instant, il était tombé.

Combien de temps s'était-il écoulé avant que les autres ne puissent l'approcher ?
Sofia témoignerait plus tard au procès des assassins que 3 longues minutes avaient été nécessaires pour les neutraliser. Catherine et Grissom diraient aussi que les secours étaient arrivés rapidement , mais trop tard. Et Robbins, la gorge nouée,confirmerait que la balle retrouvée en morceaux dans l'abdomen de Nick était de celles qui explosent en fragments à l'impact, ne laissant quasiment aucune chance de survie.

La douleur était terrible, mais tellement moins que celle qui le tourmentait depuis la disparition de celui qu'il avait aimé de toute son âme.
Il la savourait même, cette douleur. Car il savait qu'il vivait ses derniers instants d'enfer et que, bientôt, il le rejoindrait sous les étoiles. Enfin il pouvait sourire, apaisé, tranquille. Le froid commençait à l'engourdir, quand il sentit une main délicate soulever sa tête tendrement. Catherine pleurait, le suppliant de s'accrocher. Puis Grissom le souleva et le serra contre lui, de la même façon qu'il devrait le faire un an plus tard pour Warrick. Il était hagard et comprenait enfin l'abîme de souffrances dans lequel avait sombré Nick. Il lui murmura doucement " Pardon Nick, pardon de ne pas avoir compris", ne quittant pas des yeux le doux regard de Nick. Il y vit la tranquille certitude de celui qui sait qu'il va mourir.
Rapidement sa vision s'obscurcit et les vertiges commencèrent. Avant de les voir disparaître pour toujours, Nick trouva la force de sourire une dernière fois à Catherine et Grissom et de leur dire qu'il les aimait.

Puis ce fut la nuit.

Son coeur ralentit. Quelques battements encore.

Et ce fut tout.