Commentaire de l'auteur :
Ah. Ah. Ah. Ah ... AHAHAHAH! J'ai enfin fini ce fichu chapitre T_T ! Mon dieu, je suis sincèrement désolée pour ceux qui attendent depuis environ 6 mois ! Vraiment, je suis vraiment désolée ! Mais, faut pas m'en vouloir ... J'ai eu une période "syndrome de la page blanche", on va dire. Et quand je dis page blanche, je parle bien de page blanche. Je n'arrivai rien ... Bref. En tout cas, sachez que ça m'a bien fait chié, toute cette histoire, hein. Maintenant : parlons du contenu de ce chapitre. Déjà, comme vous avez pu déjà le remarquer, je suis une vraie quiche en ce qui concerne les titres xD ! Sinon, ce chapitre est long. Je n'en reviens pas moi-même ^^' ... On va dire que je compense, d'accord ? Sinon, la trame est simple : les nombreuses allusions et questions sans réponses des deux précédents chapitres sont ici résolues ;) ! Bon, je ne vais pas vous retenir davantage : bonne lecture 8) !
Post-Scriptum (j'aime bien ça, moi u_u) : Une fois de plus, un grand merci à Inomaru-niisan, mais aussi à Axel, à Megu-chan et ma chère Tako-chwan, sans qui je ne sais pas ce que je ferai


CHAPITRE 3.

« What This Fuck ? »


L'esprit brumeux, Levy attrapa le petit miroir disposé sur la table de chevet et y contempla son reflet. Ignorant les poches violettes commençant à cerner ses yeux, elle porta deux doigts à sa tempe gauche, cherchant la cause d'une récente douleur. Elle retint rapidement un gémissement, sa bouche se crispant légèrement lorsqu'elle tomba sur ce qui semblait être un bleu. Puis, elle glissa sa main dans son épaisse chevelure, découvrant une mèche plus courte que les autres. Le regard vague, elle resta un instant dans cette position, avant d'entendre un rire sournois provenant du lit voisin.

« C'est peut-être un amateur de vaudou, qui sait ! Gi-hi ! »

Automatiquement, son imagination déroutante et plutôt excessive développa une série de scénarios tous plus saugrenus les uns que les autres. Du vaudou ? Sa gorge se noua et elle déglutit avec grosse difficulté, reposant lentement l'objet à place initiale.

« Mais comment tu psycothes trop pour rien, toi !

- Arrête, Gajil ! Couina-t-elle en tirant le drap sur elle. C'est pas drôle !

- Froussarde. »

La jeune femme réagit au quart de tour, se redressant brusquement sur le matelas.

« J'suis pas une frou-

- Je parie dix joyaux que t'as peur des endroits sombres, continua-t-il de sa voix moqueuse.

- Même pas vrai, d'abord ... »

Ses lèvres se courbèrent dans une moue boudeuse et elle se rassit correctement.

« Dis.

- Hn ?

- Tu la connais, la fille de tout à l'heure ? C'est qui ? »

Un silence pesant s'installa dans la pièce et Levy se demanda s'il n'aurait pas mieux valu qu'elle se taise. Impression qui fut, sans conteste, confirmée par une simple phrase de son partenaire, balancée sur un ton qui n'invitait pas le moins du monde à la réplique.

« Occupe-toi de tes oignons, crevette. »

Elle allait finir par devenir folle et, lui, il souffrait très certainement d'un dédoublement de personnalité. Après tout, il n'y avait rien d'autre qui pouvait clairement expliquer les changements d'humeur de ce type. Monsieur jouait les durs avec son mauvais caractère, mais s'avérait plutôt social dans la minute qui suivait. Bien entendu, on parlait de Gajil Redfox : alors, le terme « social » n'était pas celui qui convenait le mieux, mais il était tout de même capable de tenir une conversation plus de trois secondes.

La porte s'ouvrit alors brusquement, partant claquer bruyamment contre le mur adjacent, pour laisser apparaître une brune plutôt petite et fluette d'apparence. Elle avait une peau aux couleurs chaudes, légèrement caramels, et était habillée d'un tailleur bleu marine. Cette dernière esquissa un sourire rieur, s'avançant vers Gajil, avec l'intention de dire quelque chose, mais le Dragon Slayer la coupa dans son élan en grognant.

« Quoi ? Demanda-elle, vexée de cet accueil peu chaleureux.

- Le p'tit rat de bibliothèque veut savoir qui t'es.

- Toujours à donner des surnoms loufoques, hein ?

- Je t'emmerde. Réponds juste. »

La nouvelle arrivante, essayant tant bien que mal de dissimuler son irritation, exécuta un bref demi-tour. Elle plongea ensuite son regard aux reflets violets dans celui de Levy, tandis qu'il s'adossa aux barreaux du lit de l'infirmerie, passant un bras sous sa nuque.

« Sue Namekawa, dix-sept ans, ancienne Mage de Phantom Lord.

- Ph-Phantom Lord ? » Balbutia en retour la jeune femme, stupéfaite.

Levy se tue, fixant ses mains d'un air penaud. Elle se mordit la lèvre inférieure, tentant de chasser quelques mauvais souvenirs : elle n'était pas au bon endroit pour repenser à cela. Elle releva alors les yeux et remarqua le sourire narquois qu'affichait la dénommée Sue.

« Et toi ?

- M-Moi ?

- Ben, oui, tiens ! Tu veux que je parle à qui ?

- Hm, hm ! »

Les deux filles tournèrent la tête d'un mouvement parfaitement synchronisé, reportant leur attention sur le brun qui les fixait d'un mauvais œil.

« Bref. Tu réponds ? En fait, t'as peut-être pas besoin … T'es la fille qu'on a éclaté, non ? »

Le seul représentant de la gent masculine présent dans la pièce grommela vaguement, se massant les tempes d'un air las. La brune avait toujours été comme ça : franche et directe. Quand elle avait quelque chose à dire, elle n'y allait pas par quatre chemins, manquant affreusement de tact, quitte à blesser. Les conséquences, elle s'en fichait. Un peu comme lui, en y repensant ...

« Aucune réponse. J'en déduis donc que c'est toi. Alors, comme ça, le grand Gajil Redfox a intégré Fairy Tail, hein ? Je me demandais où t'étais passé … T'as suivi Jubia, non ?

- J'avais besoin de travail. De plus … Non, rien. »

Levy le regarda avec incompréhension, mais il l'ignora et continua :

« Mais je vois pas en quoi ça pourrait t'intéresser.

- Ben, moi, vois-tu, j'essaye de prendre des nouvelles de mes amis.

- Ah. »

La brune afficha une mine sombre, les traits de son visage déformés par un rictus rempli d'amertume, serrant les poings jusqu'à ce que ses phalanges n'en deviennent blanches. Un sourcil inquisiteur de la part du Dragon Slayer à son encontre fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Les veines saillantes, elle se jeta sur lui, l'attrapa par le col de sa veste, le força à se relever et cracha :

« Ah ? C'est tout ce que tu trouves à me dire, bouffon ?

- Lâche-moi, ordonna-t-il en la fixant d'un regard neutre qui ne servit qu'à attiser un peu plus sa fureur.

- NON, je ne te lâcherai pas ! Pas avant que tu m'écoutes ! Tu pourrais t'inquiéter un peu de moi, non ? Prendre de mes nouvelles, savoir pourquoi j'suis là … Je sais pas, moi : n'importe quoi ! Tu pourrais même t'occuper de ce qu'est devenu Bozu, non ? On n'était pas tes amis ? »

L'emprise qu'elle exerçait se desserra peu à peu, jusqu'à ne plus se faire ressentir, tandis qu'elle s'éloignait de lui en baissant les yeux.

« Non. Toi, tu t'en fous. En fait, on était juste des bouches-trous, des pantins de plus ... »

La porte claqua une nouvelle fois, se refermant sur la silhouette de la brune. Levy ouvrit de grands yeux étonnés, ne comprenant visiblement pas très bien la tournure que venaient de prendre les évènements. Tout ce qu'elle savait, c'était que Gajil ne pigeait pas vraiment comment il fallait s'y prendre avec une fille. Cette pensée la fit soupirer.

« Sors. »

La bouche suspendue, elle voulu répliquer d'une remarque cinglante qui lui aurait fait regretter son ton, mais il fut plus rapide qu'elle en enchaînant :

« Maintenant. »

Sa mâchoire se crispa. Il était en train de lui faire quoi, là ? Elle se redressa rapidement et, attrapant son sac au passage, se dirigea vers la sortie de l'infirmerie. Cette avait été mise à leur disposition suite à leur arrivée, dans le but de leur permettre de soigner leurs légères blessures et contusions. Sa main glissa ensuite le long des traits fins de la poignée, comme si elle hésitait à exécuter son ordre. Ses lèvres se courbèrent un instant dans une moue, avant qu'elle ne disparaisse à son tour, doucement, silencieusement.

Gajil posa un regard morne sur la porte, le menton enfoui dans la paume de ses mains. Son front se plissa dans un froncement de sourcils presque inexistants et, nerveusement, il mordilla l'ongle de son pouce gauche. Puis, son dos bascula lentement en arrière et chuta lourdement, sans rebonds, sur le moelleux matelas. Un grognement profond et rocailleux résonna dans la petite pièce, pour ensuite mourir dans sa gorge.

« Putain. »


Exécutant une énième grande foulée, Sue se rendit soudain compte qu'elle était arrivée dans la cour intérieure, près du petit bassin japonais. Reprenant son souffle, elle se baissa pour s'asseoir sur l'un des gros rochers bordant l'eau. Ignorant le froid s'infiltrant dans son cou dénudé et son décolleté, elle ferma les yeux et passa une main tremblante dans sa masse de cheveux olive.

« Crétin. »

Et un bon crétin, hein ! Rageuse, elle attrapa un cailloux grisâtre et le jeta violemment. Il fit deux petites ricochets, avant de couler. Quelques bulles apparurent à la surface et plusieurs poissons s'échappèrent furtivement, effrayés. La jeune femme ne prêta nullement attention à ce spectacle, préférant se concentrer sur ses pieds, un sourire triste collé aux lèvres.

Elle aussi, elle était stupide. Comment avait-elle pu croire une seule seconde que Gajil serait « heureux » de la revoir ? C'était le monde à l'envers. Et, même, pourquoi aurait-il voulu prendre des nouvelles, savoir comme elle allait ? Elle le savait, qu'il était comme ça. Elle le savait, tout ça. Alors, pourquoi avait-elle la douloureuse impression que son cœur venait de recevoir un nouveau coup de poignard. N'avait-elle pas assez souffert ? Elle, tout ce qu'elle voulait, c'était un peu de reconnaissance. Des personnes sur qui elle pourrait toujours compter …

Ses doigts se crispèrent, se mêlant aux plis de sa jupe marine. Elle serra les dents et plissa les yeux, tentant de contenir le flot de haine qui s'emparait d'elle, la consumant petit à petit. Elle avait un réel besoin de se défouler, d'évacuer sa rage, de vider toute la douleur qu'elle avait accumulé pendant toutes ces années. Son regard se voila et son cou se courba en avant. Elle avait envie de cogner, hurler, tout casser, pleurer … Mais sa putain de fierté l'en empêchait !

Elle entendit alors des bruits de pas. Ses paupières se soulevèrent lentement pour savoir à qui elle avait à faire et elle aperçut une jeune femme qui lui faisait désormais face, les lèvres étirées dans une moue timide. Pas très grande, ses beaux cheveux cyan lui arrivaient un peu en dessous des épaules et ondulaient gracieusement, encadrant de quelques mèches rebelles son visage ovale aux joues rebondies et rosées. Outre ses allures de poupée en porcelaine, elle possédait de grands yeux magnifiques, d'une couleur tirant entre le vert émeraude et le vert mentholé.

« Qu'est-ce que tu fais là ? Réclama-t-elle d'un ton acerbe, reconnaissant immédiatement la fille qu'elle avait remballé seulement quelques minutes plus tôt.

- Un certain grincheux très souvent de mauvaise humeur m'a comme qui dirait fichu à la porte.

- Et ?

- J'en ai profité pour venir voir si tu allais bien.

- Te fous pas de moi. »

Sue détourna le regard, reportant son attention sur une carpe aux écailles flamboyantes qui nageait gracieusement dans l'eau. Pourquoi est-ce qu'elle était là, celle-là ? Et pourquoi essayait-elle de jouer les gentilles, hein ? Si elle voulait savoir, ça n'allait pas marcher, avec elle. Mais alors, pas du tout. Les gens cachaient toujours quelque chose, derrière leur sourire.

« Tu connais Gajil depuis longtemps ? »

Elle se mordit la joue. C'était quoi, cette question ? Cette fille n'avait pas de cerveau ou quoi ?

« Ça te regarde pas. »

Soupirant en songeant au mauvais caractère des Mages de cette Guilde, elle voyait en Jubia l'exception qui confirmait la règles : Phantom Lord abritait les hommes les plus acariâtres qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de côtoyer. Cela dit, la Femme de la Pluie n'avait pas non plus été un exemple de sympathie, au départ. Plutôt coriace, les filles du dortoir avaient eu un peu de mal à se lier avec elle. Mais, depuis Fantasya, Jubia s'était beaucoup plus socialiser, s'ouvrant davantage aux autres.

« Tu n'aimes pas Fairy Tail, n'est-ce pas ? »

Sue serra les dents, une veine palpitant nerveusement sur son front. Cette réaction ne présageait rien de bon : elle était énervée, vraiment énervée. C'est pour cela que Levy décida de la pousser un peu plus, quitte à ce que tout lui retombe dessus - ce qui allait très certainement arriver, de toute manière. C'était peut-être stupide, mais pas totalement irraisonné.

« Dois-je prendre cette réaction pour un oui ?

- Fermes-là ! S'exclama la brune en se redressant brusquement. Sérieux, tes parents t'ont jamais appris à respecter les gens ? La politesse et la discrétion, tu connais ?

- J'ai bien le droit de connaître les raisons pour lesquelles tu ne m'aimes pas, non ?

- Tu veux vraiment savoir ? Arrête de jouer la gentille fille attentionnée ! Tu devrais avoir peur de moi ou alors, tout simplement : me détester ! Mais non, toi, tu me parles comme si j'étais ton amie !

- Je vois pas le problème. Je suis bien amie avec Jubia.

- Avec- Je te crois pas ! C'est- Oh, et puis, qu'est-ce que tu veux que ça me fasse, hein ? »

La Mage aux cheveux bleus se leva souplement, esquissant un petit sourire. Son plan marchait à merveilles, plus que facilement qu'elle ne l'avait d'ailleurs prédit.

« Tu sais, au début, elle était un peu comme toi. Enfin … Elle n'était pas grande gueule et aussi impulsive, bien entendu. En fait, elle ne parlait presque jamais. Limite si elle ne nous saluait pas. Pourtant, aujourd'hui, c'est une vraie Mage de Fairy Tail et plus personne ne pense à elle comme à une Phantoms. Je sais que tu n'en as sûrement rien à faire, mais je tenais à te le dire. De plus, en ce qui concerne Gajil-

- Ne dis pas un mot de plus, s'il te plaît ...

- Pourquoi ? Tout à l'heure, tu avais plutôt l'air attachée. Je me trompe ?

- C'était juste un coéquipier ! Enfin … Je croyais qu'on était amis, mais pas pour lui, visiblement ...

- Ben … Je ne le connais pas depuis trop longtemps, mais ce n'est pas le genre de mec social-

- Merci, ça je le sais ! Explosa finalement la brune, démontrant une facilité déconcertante à changer d'humeur comme de chemise. Et mieux que quiconque, même ! Il est toujours en train de grogner, de baragouiner dans son coin et il est ja-mais content. Une vraie plaie ! Et t'as vu son look ? On dirait un serial killer, t'sais. Et puis- »

La jeune femme continua sur sa lancée, accompagnant ses propos de mouvements de bras profondément exagérés, ce qui ne rendait que plus comique le spectacle. Étrangement, elle lui faisait penser à Lucy qui passait son temps à se plaindre de Natsu ou de Grey - ou des deux en même temps, aussi - à chaque retour de mission. Sauf que, là, c'était de Gajil dont il était question et la brune était clairement en train de lui casser du sucre sur le dos. Si jamais il débarquait … Soit dit en passant, c'était quoi cette grosse ombre qui se dressait au-dessus d'elles ?

« C'est bon ? T'as fini ? Grinça le Dragon Slayer d'Acier, un grimace déformant son visage.

- Oh, toi, ça va, hein ! On t'a pas sonné, que je sache ! S'exclama-t-elle en secouant nerveusement ses mains, comme pour le faire partir. Ah ! Je sais pas comment tu fais pour le supporter, sérieux ! Ma pauvre, j'te plains ! Ça doit-

- Ouais, bon, je crois qu'elle a compris, là !

- Fermes-là, sale ingrat !

- Tu sais quoi ? Merde ! »

Il grogna et empoigna violemment sa coéquipière pour la traîner jusque dans le hall d'entrée. Près du comptoir d'accueil, la gérante de l'auberge les attendait, droite comme un piquet malgré son âge quelque peu avancé. À ses côtés, le brun qui s'appelait Itsuki fouillait activement dans un gros livre, derrière le bureau.

Lorsque la « vieille » - surnom que s'était autorisé Gajil à employer - les aperçut, elle frappa durement sur le dos de son voisin qui étouffa un cri de douleur, avant de se redresser totalement et d'afficher un sourire qui semblait plus faux que vrai. Il s'inclina poliment, puis reprit sa recherche. La directrice, quant à elle, afficha un visage radieux et s'adressa d'un ton enjoué à la jeune femme :

« Ce que tu as grandi, ma petite Levy-chan ! Oh, je suppose que tu m'as oublié ! C'est normal. C'est vrai que cela fait longtemps que nous ne nous sommes pas vues. Tu avais quel âge, à l'époque ? Sept ? Huit ans ?

- M-Mae-obâsan ? Bredouilla-t-elle, les joues roses.

- Tu as une bonne mémoire, ma chérie ! Ah, ça faisait longtemps que je n'avais pas vu quelqu'un de Fairy Tail, mis à part ce vieux croûton de Maka-chan ! Bon. J'aimerais bien te parler, mais il se fait tard : je dois aller en cuisine pour vérifier le repas de ce soir. Quant à vous, Itsuki-kun va se faire le plaisir de vous amener à votre chambre ! N'est-ce pas ? »

Elle effectua un sublime clin d'œil malicieux à l'intention des deux Mages qui s'interrogèrent du regard, avant de hausser les épaules, ne comprenant visiblement pas la raison de cette attention toute particulière. La vieille Mae laissa ensuite échapper un petit rire, s'éloignant d'une démarche saccadée, tandis que le jeune homme s'ébrouait la voix.

« Hm, hm. Veuillez me suivre, s'il-vous-

- GAJIL REDFOX ! Coupa Sue en déboulant, les poings crispés. Ne te défiles pas !

- Qu'est-ce qu'elle a encore, celle-là ? Soupira l'employé en passant une main dans sa tignasse sombre.

- Oh, toi, c'est bon ! Pas besoin de ton avis, Ikki ! Je parle à l'aut'keupon, pas à toi ! »

Le Dragon Slayer manqua de s'étouffer à l'entente de ce surnom, puis vociféra :

« Le punk t'emmerde, sale folle ! Tu peux pas me lâcher deux secondes ? J'en ai ma claque, là ! C'est quoi c'te journée de merde ? J'apprends par ce p'tain de vieux schnock que je pars en mission avec l'intello de service, on se tape une heure de train qu'on a d'ailleurs failli loupé à cause de l'aut'tanchouille de Berlin-Ou Dublin, je sais plus ! Et puis, fuck, quoi ! J'suis crevé ! On a rencontré le chemin d'une p'tain de Guilde Noire et je viens de passer plus d'une heure à me faire pomper toute ma Magie sur une p'tain de moto ! Je peux pas être tranquille, juste ce soir, sérieux ? Tout ce que je veux, c'est une chambre, me laver, manger et dormir ! COMPRIS ? »

Il souffla, comme libéré, avant de se rendre compte que les trois le regardaient, complètement abasourdis. La première à réagir fut Sue qui explosa littéralement de rire, les larmes aux yeux, une main contre sa bouche. Le deuxième fut le brun qui lui assura qu'il pourrait faire tout ce qu'il voudrait une fois qu'il leur aurait montré leur chambre.

« Intello de service ? Quémanda finalement Levy, les mains sur les hanches. Comment ça ?

- C'est bon, tu vas pas non plus nous péter une durite ! P'tain, je préfère quand t'es silencieuse.

- T-Tu m'énerves !

- Dites. Désolée de vous couper, mais … Vous êtes en mission ? »

Les deux Mages se retournèrent vers la petite brune, la dévisageant comme si la réponse était évidente. Elle roula des yeux, visiblement choquée, et Itsuki la frappa gentiment en riant sur l'épaule.

« Eh ben ! Ça promet, moi je dis.

- De quoi ? Demanda Gajil en arquant un sourcil.

- Oh, vous n'allez pas tarder à le savoir. »

Levy frissonna, une boule d'appréhension nouant sa gorge. Son petit doigt lui disait que la soirée n'était pas prête de se terminer pour eux.


Le cœur de Levy rata un battement, lorsqu'elle pénétra dans ce qui était censé être leur chambre durant toute la durée de leur mission à Crocus. Elle entrouvrit la bouche et fixa avec effarement la pièce. Ce n'était pas possible. On leur faisait une blague. C'était obligé. En tout cas, blague ou non, ce n'était pas drôle du tout. Franchement, là, c'était … Non, elle n'avait pas à s'inquiéter : ce n'était sûrement qu'un mauvais rêve et elle allait se réveiller d'une minute à l'autre dans son lit douillet, entourée d'une multitude de livres, du dortoir féminin de Fairy Tail ...

« NON, MAIS C'EST QUOI C'TE MERDE, P'TAIN ! »

Sue poussa un cri strident, impuissante face à la colère du Dragon Slayer qui attrapa son collègue de travail pour le suspendre en l'air et le secouer comme un prunier. En même temps, il avait de bonnes raisons pour être aussi enragé : ils étaient simplement là pour une mission et se retrouvaient à devoir loger dans … La Suite Nuptiale. Rien que ça.

« Fais qu-quelque chose, Sue ! Implora le pauvre garçon entre deux secousses. Je veux p-pas m-mourir aussi jeune !

- Démerde-toi, t'es assez grand. Bon. Y'a quand même un petit problème, là.

- Un petit ? Cracha Gajil en relâchant sa victime qui massa ses épaules endolories. Un gros, tu veux dire !

- Si tu veux. Mais je crains de ne pas pouvoir faire grand-chose-

- Comment ça ? Je refuse de dormir dans c'te stupide suite à la con, moi !

- J'en suis consciente, mais c'est la seule chambre de libre, Gajil ! Tout l'établissement est complet jusqu'à dimanche prochain ! »

Le moral des deux Mages chuta brutalement, Levy étant visiblement à la limite de la crise de nerfs.

« B-Bon, c'est pas si grave que ça, hein ? »

Les regards qu'ils leur jetèrent lui firent spontanément ravaler sa phrase, lorsqu'elle remarqua quelque chose. Ses lèvres s'étirèrent alors dans un immense sourire et elle frappa dans ses mains, toute fière de sa trouvaille.

« Regardez ! Un canapé ! Si vous ne voulez vraiment pas dormir ensemble, Gajil n'a qu'à dormir dessus ! »

À cette proposition, la jeune Mage des Mots, soudain toute ragaillardie, se jeta dans les bras de sa nouvelle amie. Elle la remercia maintes fois, avant de se dégager et de jeter son sac sur l'immense lit deux places. Quant à Gajil, il ne pipa mots, bien que l'expression de son visage montrait qu'il était profondément mécontent. Pourquoi ça tombait toujours sur lui ?

« Bien, dans ce cas, tout va bien ! Alors, alors, voyons voir … Étant donné qu'il est bientôt huit heures, je vous propose de vous installer et de prendre chacun une douche. Le dîner sera servit d'ici trente minutes, environ. Moi et Itsuki vous attendrons dans le hall, d'accord ?

- Ok ! S'empressa d'accepter Levy. Merci encore !

- Y'a pas de quoi. Au fait ! La directrice est assez … Enfin, vous voyez : si jamais elle apprend que vous n'êtes pas réellement ensemble, mais que vous logez dans cette suite … Elle serait sûrement très en colère. Si vous ne voulez pas vous retrouver à la rue, essayez au moins de jouer le jeu. Sur ce, à tout à l'heure ! »

La brune leur fit un petit signe de la main, poussa son coéquipier en dehors de la chambre et le suivit à son tour, fermant derrière elle. Quelques secondes passèrent dans le calme le plus absolu, jusqu'à ce que Gajil ne prenne finalement la parole :

« PUTAIN D'BORDEL DE FUCK DE MERDE ! Explosa-t-il, attrapant un pauvre coussin qu'il entreprit de déchiqueter. Argh ! Sérieux, j'ai fait quoi, pour mériter tout ça, moi, aujourd'hui ? Je te jure que, quand on rentre, je bute c'te vieille bique d'Makarov ! Je vais t'en faire de la chair à saucisse, tu vas voir ! C'est quoi cette idée de jouer au couple, en plus ! Et puis, pourquoi c'est moi qui dois me taper le canapé, quoi ? »


Les deux Mages de Fairy Tail avaient fait ce que Sue leur avait conseillé. En effet, ils s'étaient installés dans la fameuse Suite Nuptiale, quoique de façon assez superficielle à cause de leur épuisement. Ils étaient ensuite allés se laver chacun à leur tour, dans le but de se débarrasser de la crasse accumulée durant leur combat, puis avaient enfilés les yukatas plutôt sobres mis à leur disposition dans la salle de bains.

Après tout cela, ils avaient finalement pris la décision de sortir pour aller manger au restaurant du ryokan. Ils s'étaient donc rendus dans le hall d'entrée où les attendaient comme convenu leur nouveaux amis. Ces deux derniers les avaient alors guidé jusqu'au petit bâtiment qui faisait office d'auberge, mais aussi de bar … Malheureusement, les autres clients présents dans la salle semblèrent assez perturbés de manger autour d'un homme – aussi connu sous le nom de Gajil Redfox - qui mastiquait bruyamment des boulons et autres morceaux de métal.

C'est donc au bout d'un rapide quart d'heure qu'ils étaient revenus dans leur pièce, accompagnés des deux employés qui étaient à présent en train de les squatter, au grand bonheur de Levy qui préférait ne pas se retrouver toute seule avec le Dragon Slayer, mais au grand dam de ce dernier qui aurait bien voulu qu'on le laisse tranquille pour qu'il puisse dormir en paix. De plus, Sue était insupportable : toujours à le reprendre, celle-là ! Il ne fallait pas non plus oublier Itsuki qui s'était carrément affalé dans le canapé et qui, désormais, était en train de regarder la télévision à lachryma, zappant toutes les trente secondes.

« Pourquoi y'a plus de chaînes, ici ? On n'a pas tout ça, nous, dans not'chambre ! 'Faudrait que j'en touche deux mots à la patro-

- Si tu veux, on échange, hein !

- Fais pas ton grognon, elle est pas si mal que ça.

- Y'a des roses et des cœurs partout ! S'insurgea Gajil, balayant la pièce principale d'un large mouvement de bras.

- C'est un peu le but de la Suite Nuptiale, en même temps.

- Ouais, ben, ta « Suite Nuptiale », tu sais où tu peux te la mettre, hein ! Je l'ai pas voulu, moi !

- Ce qu'il est bruyant, ce type, c'est pas possible ... »

Gajil se retourna violemment et foudroya du regard la brune allongée sur le lit, en train de siroter tranquillement son jus de pomme, qui lui tira narquoisement la langue en retour. À côté d'elle, Levy était assise en tailleur, les yeux rivés sur un bout de parchemin un peu froissé. Les sourcils froncés, elle semblait en profonde réflexion. Finalement, elle releva la tête et demanda :

« Vous savez où se trouve le bois Karasumori ?

- Bien sûr. C'est une petite forêt qui se situe près de la Porte Ouest », répondit sa voisine en jetant un coup d'œil par-dessus son épaule.

Itsuki se redressa, éteignit le poste et se rendit au centre de la pièce. Il croisa les bras sur son torse et rajouta que celle-ci n'était pourtant pas habitée. Pourquoi leur client se trouverait-il là-bas ?

« Vous êtes sûrs que ce n'est pas un piège ou un truc dans le genre ?

- Ça m'étonnerait, rétorqua la Mage des Mots. Le Maître en personne nous a demandé de nous y rendre, alors … Mais c'est vrai que c'est bizarre. Normalement, les clients donnent toujours leur adresse ou un lieu de rendez-vous. En plus, on ne sait même pas son identité.

- À combien s'élève la récompense ?

- Ce n'est pas noté. Makarov a prévenu Gajil que le client nous en ferait part lors de notre rencontre.

- Et à quelle heure est fixé le rendez-vous ?

- Onze heure. »

Gajil grogna, avant de déclarer que, de toute manière, avec le peu d'informations qu'ils avaient, ils ne pouvaient pas faire grand-chose. Le plus simple était de ne pas se prendre la tête et de se rendre dans cette satané forêt. S'ils trouvaient quelqu'un susceptible d'être leur client, tant mieux. S'il n'y avait personne, tant pis : ils retourneraient à Magnolia et en informeraient le Maître. Sa coéquipière acquiesça, ne trouvant aucune autre solution.

« Parfait. Maintenant, les squatteurs, dégagez !

- D'accord, d'accord, m'sieur. On vous laisse entre amoureux ! » S'écria Sue.

La brune sauta du lit, évitant un coussin de la part de sa nouvelle amie, et courut vers la porte, ignorant la panoplie d'insultes dont le Dragon Slayer la couvrit. Elle s'échappa dans le couloir, bientôt suivie du brun qui ricanait, moqueur, dans sa barbe. Hors de lui, Gajil lui claqua la porte au nez, vociférant encore quelques jurons qui arrachèrent un sourire à Levy. Jamais il ne se calmerait, celui-là.

Sa vue se brouilla alors, comme si elle allait s'évanouir d'un instant à l'autre. Les paupières lourdes, elle se secoua néanmoins vivement. Épuisée, elle laissa échapper un faible soupir. Elle n'en pouvait plus, vraiment plus. Elle était aussi vide que son réservoir de Magie et seule une bonne nuit de sommeil pourrait la faire récupérer. Si encore elle arrivait à s'endormir …

Ce que lui avait dit ce Mage Noir avant de disparaître lui embrouillait l'esprit, l'inquiétant de plus en plus. Elle ne cessait de se rappeler sa voix chaude et suave qui, la faisant encore frissonner, lui avait soufflé à l'oreille : « Ce n'est pas encore fini, ma jolie petite Levy ». Et elle était censée le prendre comment, ça ? Il y avait de quoi paniquer un peu, non ? De plus, elle n'osait pas en parler à Gajil, de peur qu'il ne se gausse encore plus d'elle en la traitant de parano et de froussarde. En un sens, il avait raison, mais … De toute manière, il ne comprendrait pas !

« T'es bien silencieuse, tout d'un coup. »

Elle porta son regard fatigué sur lui et soupira une nouvelle fois.

« Je suis crevée. »

Il ne lui répondit pas, se contentant seulement d'attraper son sac sur le fauteuil et d'aller s'enfermer dans la salle de bains. Elle souffla. Il aurait tout de même pu la laisser y aller en première ! Ah, ce n'était pas la politesse qui l'étouffait, lui. Elle était tout aussi prête à parier que, si elle avait été à l'article de la mort, il n'aurait même pas bougé ne serait-ce que le petit doigt !


Après s'être brossé les dents, Gajil sortit de la salle de bains. Il se rappela alors de quelque chose et lança :

« Au fait, tu connais- »

La suite de sa phrase se suspendit dans l'air et il soupira longuement. Franchement, qu'est-ce qu'il avait fait pour mériter ça ? Et puis, elle était en train de lui faire quoi, là ? Si encore elle s'était mise sous la couette ... Mais non, mademoiselle avait préféré s'endormir, étalée comme une vieille loque, sur le lit.

Il hésita quelques secondes. Devait-il la réveiller ? Non, ce ne serait qu'une perte de temps et cela ne servirait presque à rien. De plus, elle semblait être dans un profond sommeil et l'en faire sortir paraissait être une chose plutôt difficile. Il pourrait utiliser la manière forte, mais ce ne serait pas tout à fait correct. Et puis, elle avait l'air si paisible …

Secouant nerveusement la tête, il s'approcha d'elle : il n'allait tout de même pas la laisser dormir comme ça, alors qu'ils étaient en plein hiver. Il ne se préoccupait pas réellement de son état de santé, mais quand même … Fronça les sourcils, il passa alors un bras dans son dos et tira l'édredon de l'autre. Puis, il la posa délicatement, rabattant la couette dessus.

« T'es vraiment chiante, comme fille, toi … »

En guise de réponse - inattendue -, elle gémit une ou deux plaintes, se lovant un peu plus contre l'oreiller. Il grogna et l'ignora, partant vers son lit à lui, qui n'était autre qu'un simple canapé, sur lequel il s'écroula. Heureusement qu'il n'était pas trop dur, hein. En tout cas, ce n'était vraiment pas son jour. Et si Dieu existait bel et bien, alors il ne l'aimait pas.


Alors, là, c'était vraiment la meilleure. Jamais, ô grand jamais, elle n'aurait pensé se retrouver dans une telle situation. En même temps, il fallait le faire, aussi … Et tout ça à cause de lui, hein ! De toute manière, maintenant, plus grand-chose ne l'étonnait. En seulement une journée et une matinée, elle avait vécu une énormité de choses qui s'avéraient, bien entendu, plus loufoques les unes que les autres. Et c'était peu cas de le dire !

« Mais doucement, quoi, là ! T'es en train de me charcuter, sérieux !

- C'est pas ma faute !

- Bien sûr que si ! Tu veux que ce soit celle de qui ? T'as qu'à pas être aussi peureuse !

- Je ne- KYAH ! »

Une immense toile d'araignée apparu comme par enchantement dans son champ de vision et Levy couina de nouveau, enfonçant un peu plus le bout de ses ongles dans la peau de son coéquipier qui retint un cri de douleur en retour.

« Et puis d'abord, c'est ta faute ! Continua-t-elle, les yeux larmoyants. Si on n'avait pas écouté ton « instinct de dragon », on serait sûrement déjà chez notre client !

- Tu parles ! On ne sait même pas où il habite, le gus ! Tu voulais faire comment, toi ? Aller à la Mairie ou au Conseil ? Et puis quoi encore ! Plutôt crever !

- Au moins, on ne serait pas coincés dans c'te stupide forêt ! On ne sait même pas où on va !

- Mais arrête de crier, bordel de merde ! Et par pitié, évite de m'arracher le bras ! C'est pas comme ça qu'on va trouver c'te foutue baraque ! »

Les broussailles frémirent alors, arrachant un énième cri à la jeune femme qui se cramponna littéralement au brun. Ce dernier roula des yeux, maudissant le vieux « schnock » qui avait eu la sublime idée de lui coller une « gonzesse » pareille. Grognant en guise de réponse, il fit quelques pas de plus et écarta les branches l'empêchant d'avancer.

Brusquement, une nuée de corbeaux s'échappa de la verdure, croassant bruyamment et les frôlant de peu. Levy manqua de s'évanouir, se demandant ce qu'elle avait fait pour mériter un tel supplice, tandis que, devant elle, le brun ria sournoisement à son égard.

« Gi-hi ! Il porte bien son nom, ce bois !

- C-C'est pas drôle, Gajil !

- C'est toi qu'a pas d'humour, crevette. Bon, bon … Tiens. C'est quoi, ça ? »

Il plissa les yeux et huma l'air, puis afficha une mine triomphante.

« Trouvé !

- De quoi ?

- Ben, notre client, pardi.

- T'es sûr que c'est bien lui ?

- Tu crois qu'il y en a beaucoup qui habite le coin ?

- Non, mais c'est pas très rassurant. Itsuki-kun avait peut-être raison en disant que c'était un piège ...

- Ce que tu peux être pessimiste.

- Je suis réaliste, c'est tout », se défendit-elle.

Il mit fin à la conversation en soupirant et poursuivit son chemin, tentant d'ignorer l'étreinte de la jeune femme qui se faisait de plus en plus puissante. Cette fille était vraiment un phénomène. Elle était censée avoir peur de lui, normalement, non ? Alors, pourquoi était-elle en train de s'accrocher à lui de cette façon, comme s'il était une bouée de secours ? En fait, plus qu'un simple phénomène, cette fille était un véritable mystère.

« T'as pas dis que t'avais trouvé ?

- Fermes-là, crevette. On arrive. »

Il l'entendit soupirer à son tour et ne put s'empêcher de sourire narquoisement. C'est ce qu'il pensait : un véritable mystère. Finalement, cette mission n'allait pas être aussi ennuyante qu'il l'avait prédit. De plus, comme il l'avait aussi dit, ils arrivaient à destination. Maintenant, il ne leur restait plus qu'à prier pour que cela ne soit pas un piège.

Ils débouchèrent alors dans une clairière emprisonnée d'une ceinture de bambous hauts et feuillus, tanguant au vent. Dormant à leurs pieds, un petit étang aux nuances sombres qui émergeaient doucement en surface. Ils marchèrent le long d'une allée bordée de feuilles mortes ratissées et ils élevèrent la tête, découvrant un immense et somptueux bâtiment aux allures de temple traditionnel. Étranglées par du lierre grimpant, des colonnes en bois massif soutenaient lourdement le balcon et le toit en pagode était d'un rouge, seule couleur vive tranchant avec le vert des alentours.

À cette vue, les lèvres du Dragon Slayer se courbèrent en un mouvement ascendant, laissant entrevoir ses canines extraordinairement pointues, au grand dam de sa voisine qui devinait déjà ce qu'il s'apprêtait à dire et qui n'était pas tout à fait son point de vue, voire même pas du tout.

« J'aime déjà c'te baraque !

- T'es bien le seul à pouvoir aimer un truc pareil …

- Peut-être, fit-t-il en haussant les épaules. Bon, tu viens ? Ou t'attends le déluge ?

- Et si c'était vraiment un piège ?

- D'accord, j'ai compris ! J'y vais en premier et, toi, tu restes à faire le guet ici, hein.

- Euh … Pas tout à fait, non ! Attends-moi ! »

Il ricana, pensait qu'il était décidément trop simple de convaincre une fille avec seulement quelques mots bien choisis. Levy, quoique très peu rassurée, lui emboîta rapidement le pas, jetant tout de même de brefs coups d'œil autour d'eux, au cas où on les attaquerait par surprise.

Brusquement, dans l'ombre d'un des piliers, arrachant au passage un petit cri à la jeune Mage qui s'accrocha une fois de plus au bras de son coéquipier, une femme apparut comme par enchantement. Sa silhouette était admirablement bien dessinée : elle possédait une poitrine généreuse et des hanches anguleuses. Elle portait un kimono classique d'un gris perle qui s'accordait parfaitement avec son visage stoïque et inexpressif, mais ces traits dénués de toutes émotions contrastaient vivement avec le pers luisant de ses yeux de biche. Quant à ses sublimes cheveux aile-de-corbeau, ils étaient rassemblés en un impeccable chignon de sorte à ne laisser passer aucune mèche.

D'une démarche lente et élégante, elle se rendit jusqu'à eux et les examina de la tête aux pieds, avant de leur faire signe de la suivre. Levy posa un regard anxieux sur le brun, mais il ne broncha pas et exécuta l'invitation de leur hôte sans trop se poser de questions. Cette dernière, incroyablement silencieuse, les guida sur la terrasse encerclant la bâtisse, jusqu'à s'arrêter devant une énième porte en papier de riz.

« Maître, appela-t-elle d'une voix chaude et mélodieuse. Les Mages de Fairy Tail sont arrivés. »

La cloison coulissa alors, laissant émerger d'une pièce assombrie un homme aussi grand que Gajil, bien que beaucoup moins colossal. Au contraire, il était plutôt svelte et élancé. De plus, il possédait de longs cheveux noirs aux reflets violacés qui retombaient souplement juste en-dessous de ses épaules, ainsi qu'un teint blafard qui faisait ressortir l'améthyste de ses yeux légèrement bridés où brillait une curieuse lueur.

« Merci, Akemi-san. Tu peux disposer.

- Comme vous le désirez, Maître. »

Sans un mot de plus, la brune rebroussa chemin et disparut au bout du couloir.

« Veuillez l'excuser, elle n'est pas très sociale avec les inconnus. Sur ce, rentrons dans mon bureau pour discuter du sujet de votre venue ici. »

Les deux Mages acquiescèrent d'un même mouvement et le suivirent à l'intérieur. La jeune femme admira silencieusement la décoration composée de multiples petits tableaux et statuettes, tandis que le Dragon Slayer examina leur client de la tête aux pieds. À vue de nez, il ne semblait pas très âgé : il devait même très certainement avoir dans la trentaine. En tout cas, sa tenue était des plus excentriques. À vrai dire, ce n'était pas tous les jours que l'on croisait un homme vêtu d'une longue veste à froufrou d'un violet profond et surplombée d'une fraise, ainsi que d'un pantalon de la même couleur et de hautes bottes noires légèrement pointues … De plus, cela n'allait pas tout à fait avec le style de la maison …

« Ah, mais j'oubliais de me présenter ! Je me nomme Takeshi Horikita. Enchanté de faire votre connaissance ... »

Levy les présenta, enchaînant rapidement, et l'informa de son rôle de traductrice.

« Bien ! Alors, maintenant que les présentations sont faites, que dites-vous de parler de la mission ? Je suppose que vous avez tout un tas de questions à me poser, n'est-ce pas ?

- En effet, grogna Gajil. En outre, nous aimerions savoir pourquoi le lieu de notre rendez-vous n'était pas clairement indiqué sur la-

- Je m'excuse, mais j'avais une bonne raison de ne pas préciser plus que ça.

- C'est-à-dire ? Quémanda la Mage aux cheveux bleus, inquisitrice.

- Je suppose que votre Maître vous a informé du fait que j'avais plusieurs ennemis et c'est justement à cause de cela. La missive aurait très bien pu tomber entre de mauvaises mains, ce que je ne pouvais en aucun cas me permettre. Voyez-vous, le livre à traduire en question n'est pas qu'un simple grimoire ordinaire ... Je crois même qu'il pourrait s'agir d'une incroyable découverte pour le monde de la Magie ! Toutefois, je ne peux pas en être sûr et certain, car il est écrit dans une langue qui m'est inconnue. C'est pourquoi j'ai fait appel à vous !

- Si ce livre est si important, pourquoi ne pas l'avoir confié au Conseil de la Magie ? Vous savez, il y a là-bas de nombreuses personnes beaucoup plus qualifiées que moi dans ce domaine. »

Passant une main dans ses cheveux, l'homme soupira.

« J'y ai effectivement pensé, mais … Comment dire ? C'est un objet familial se transmettant de génération en génération, chez moi. Cela me ferait de la peine de devoir le donner au Conseil, car je sais que, même s'il s'avérait n'être qu'un vulgaire bouquin sans importance, ils ne me le redonneraient probablement pas. Et, tout comme Fairy Tail, je ne les porte pas dans mon cœur.

- Pourquoi dites-vous ça ?

- Je crains ne pas pouvoir vous répondre, cette fois-ci : raisons personnelles obligent.

- Je comprends.

- Avez-vous d'autres questions ? »

Les deux Mages se questionnèrent du regard, avant de décréter au bout de quelques secondes qu'ils n'avaient plus rien à demander. Leur client esquissa un sourire bienveillant, puis les invita à se rendre dans sa bibliothèque pour qu'il puisse leur montrer l'objet de la mission.

Ils sortirent alors de la pièce et se rendirent dans une autre, où seul un escalier faisait office de mobilier. Ils y montèrent silencieusement, jusqu'à finalement déboucher dans une autre salle qui aurait pu être spacieuse si elle n'avait pas été encombrée d'une multitude d'étagères. Les tablettes regorgeaient de livres, de rouleaux de parchemins et autres objets plus difficilement identifiables. Au centre se dressait une table en chêne massif, dont la surface semblait avoir été abîmée au fil du temps et sur laquelle trônait un énorme livre poussiéreux. La couverture de ce dernier était d'un vert impérial profond et les caractères dorées la recouvrant semblaient issus d'une langue indéchiffrable pour une personne normale.

« Puis-je l'étudier ? Questionna l'amoureuse des lettres, retenant un souffle d'admiration.

- Bien entendu. Vous êtes là pour ça. »

Elle attrapa délicatement le vieux grimoire et glissa ses doigts de fées sur les glyphes. Fronçant légèrement les sourcils, elle sortit une paire de lunettes rouges de son sac et les posa sur son nez, avant de reprendre son analyse d'un œil expert. Puis, au bout de seulement quelques secondes, elle redressa la tête et déclara qu'il s'agissait de l'ancien Harukan, un langage antique perdu depuis des centaines d'années.

« La traduction sera-t-elle rapide ?

- Je ne peux pas vraiment le dire, car tout dépend du contenu. Mais je pense que cela ne prendra au maximum que quelques jours. Quand puis-je commencer ?

- Dès maintenant, si vous le voulez. Par-contre, je ne pourrai pas rester avec vous. Du travail m'attends. Cependant, si vous avez besoin de quoi que ce soit, faites appel à Akemi-san.

- Merci. »

Le dénommé Takeshi s'apprêta à descendre les escaliers, quand il fit brusquement volte-face et posa son regard sur le brun qui était resté silencieux depuis le début de la conversation, se contentant de regarder la scène de loin, les bras croisés sur son torse musclé. Ce dernier haussa un sourcil inquisiteur à l'encontre de l'homme, se demandant intérieurement ce qu'il pouvait bien lui vouloir.

« Au fait, monsieur Redfox … Pourquoi êtes-vous là ? Cette question peut vous paraître déplacée, mais étant donné que vous n'avez pas les compétences requises-

- Mon rôle premier dans cette mission est avant tout de protéger ma coéquipière, ainsi que vous et votre habitation, si jamais il arrivait malheur. Cependant, je vous informe aussi que je ne suis pas aussi illettré que je n'en ai l'air. Je n'ai certes pas la même connaissance que ma partenaire, mais je crois m'en sortir assez bien avec les langues. De plus, j'ai été élevé par un grand passionné du monde littéraire.

- Excusez mon imprudence : j'ai oublié un instant qu'il ne faut jamais se fier aux apparences. Sur ce, je vais vous laisser. »

Cette fois-ci, leur client s'en alla pour de bon, laissant seuls les deux jeunes Mages de Fairy Tail. Le Dragon Slayer poussa un grognement sourd, avant de s'installer sur l'une des chaises disposées autour de la table. Sans une seule once de gêne, il croisa les bras derrière sa nuque et allongea ses jambes sur le bois. Puis, il jeta un coup d'œil en biais à sa voisine qui, elle, n'avait point bougé, se contentant de le fixer bizarrement.

« Quoi ? Lâcha-t-il, las.

- T-Tu-

- Je ?

- Tu-T'es sérieux ? S'exclama-t-elle, s'asseyant à son tour, les yeux toujours rivés sur lui. Tu lui as vraiment dit tout ce que j'ai entendu ?

- Logiquement, si tu l'as entendu, c'est que je l'ai vraiment dit. Pourquoi ?

- Pas grand-chose … C'est juste que ça m'a surprise, sortant de ta bouche. Alors, comme ça, Metallicana était un grand passionné du monde littéraire, hein ... »

Il reporta une fois de plus son regard sur elle et fut surpris de la voir sourire discrètement, une main posée sur le livre qu'elle devait traduire. Finalement, elle laissa échapper un petit rire.

« C'est bizarre. Quand Natsu est arrivé à Fairy Tail, il ne savait ni lire, ni écrire. En fait, les seuls mots qu'il reconnaissait avaient obligatoirement rapport avec la nourriture. Je me souviens que c'est Erza qui a du rattraper son éducation en lui donnant des cours particuliers, d'ailleurs … Le pauvre, il a souffert !

- En parlant de ça … La vieille Mae, par hasard, c'est pas la grand-mère de Mirajane et de ce crétin d'Elfman ? Je voulais te le demander, hier soir, mais tu dormais-

- Désolée ! J'ai vraiment pas fait exprès de m'endormir comme ça ! Désolée ! Bafouilla-t-elle, son visage prenant une violente teinte carmin.

- Oi, c'est bon ! T'excite pas, comme ça ! T'es toute rouge, en plus. »

La jeune femme s'empourpra de plus en plus, secouant nerveusement la tête en lui ordonnant de se taire et d'arrêter de dire des bêtises.

« Si tu veux. Sinon, j'ai raison ?

- Euh-Oui, oui ! Elle habitait à Magnolia et faisait encore partie de la Guilde, quand nous étions petits, mais elle a déménagé il y a quelques années, suite à la mort d'Hilda-obasan.

- C'est une Mage ? S'étonna-t-il, évitant le sujet de la disparition de la gardienne des dortoirs féminins qu'il savait sensible.

- Bien sûr ! Elle utilise un Take Over, elle aussi. Celui des Éléments, plus précisément. En gros, il vaut mieux la laisser tranquille et ne pas trop la mettre en colère, si tu vois ce que je veux dire. Elle est aussi susceptible que Mira-san, si ce n'est plus … Bref !

- Ouais. Faut traduire ce putain de bouquin à la noix, maintenant. »

Ils se regardèrent, puis le livre qui faisait au moins six cent bonnes pages et soupirèrent de concert, déjà à moitié découragés. Toutefois, cela n'empêcha pas Levy d'attraper son sac à bandoulière, commençant à fouiller bruyamment à l'intérieur. Elle en sortit, quelques instants plus tard, trois dictionnaires aussi épais que le grimoire et les posa devant elle. Le brun se pencha au-dessus et les analysa d'un œil stupéfait.

« T'as vraiment besoin de ça ?

- Oui. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Euh … Rien. Au fait, comment ça se fait que t'avais ça sur toi ? C'est un sac magique ?

- Tout juste ! Il est relié à la bibliothèque de la Guilde, ainsi qu'à celle des dortoirs et ma collection personnelle. Pratique, non ?

- Ok ! Soupira-t-il, retombant sur son fauteuil. Pratique pour une fille comme toi, ouais … Ah, je sens qu'elle va être chiante, c'te mission ! Et évites de me demander si je peux t'aider. C'est déjà tout vu : non. J'ai peut-être été bien « éduqué », mais pas au point de connaître un truc perdue depuis une éternité. Puis, de toute manière, moi, je ne suis que le « protecteur » !

- Et, à ton avis, ils servent à quoi, les dicos ? Dis plutôt que t'es trop- »

Le Dragon Slayer émit un grognement rauque et profond, avant de la contempler de ses iris d'un rouge grenat incroyablement ensorcelant. Elle déglutit et baissa instinctivement les yeux, se rappelant que, malgré le fait qu'ils faisaient désormais plus ou moins équipe et qu'ils arrivaient à discuter de façon on ne peut plus normale, il restait tout de même Gajil Redfox. Ce dernier ayant un assez mauvais caractère, il était aussi très susceptible et mieux ne valait-il pas trop le provoquer. Elle courait à sa perte, sinon.

« Fais gaffe à ce que tu dis, susurra-t-il en affichant un sourire vicieux. Gi-hi, c'est pas demain la veille que tu vas me faire obéir, crevette ! »

Les joues en feu, elle préféra ne rien répondre, sachant pertinemment qu'il faisait référence à ce que lui avait dit Kana avant qu'ils ne partent : « Ahah ! Va falloir que tu le dresses, ce dragon, Levy ! ». La bonne blague. C'était carrément mission impossible. Ce type était tout à fait intraitable, désagréable, irritable … Un vrai rustre, un vrai goujat !


Lorsque le soleil commença à se coucher, teintant le ciel d'une sublime couleur orangée, les deux Mages décidèrent qu'il était temps pour eux de rentrer en ville. À peine furent-ils arrivés dehors que Takeshi les aborda, voulant savoir ce qu'ils avaient trouvé. D'un ton posé, Levy lui expliqua ainsi que la traduction prenait du temps et que, de ce fait, elle n'avait encore pu transcrire que le premier quart du grimoire. Le Dragon Slayer se fit ensuite un plaisir de l'informe sur le contenu :

« Il s'agit du journal « intime » d'un homme qui est sans aucun doute un de vos ancêtres, mais qui n'a toujours pas divulgué son prénom. Il parle notamment de sa vie en tant que soldat royal et père de famille. Pour l'instant, aucune trace de Magie prête à révolutionner le monde. »

La jeune femme se frappa intérieurement le front : qu'est-ce qu'elle avait fait pour mériter un type aussi peu délicat que lui ? Rapidement, remarquant l'air décomposé qu'affichait le pauvre homme, elle essaya de rattraper la chose en lui assurant que tout n'était pas perdu pour autant, étant donné qu'il restait encore une bonne partie du livre qui lui était inconnue.

« De toute manière, c'est notre mission de le traduire, qu'importe le sujet.

- Merci beaucoup, mademoiselle McGarden.

- Au fait, à combien s'élève notre récompense ? » S'enquit le brun, impatient.

Embarrassée, elle s'apprêta à lui rappeler qu'il devait le respect à leur hôte, mais ce dernier la coupa en esquissant un sourire bienveillant :

« Il a raison, j'avais complètement oublié de vous le préciser. Eh bien, je crois que 100 000 joyaux seraient tout à fait honorables. Sur ce, je vais vous laisser. Il commence à se faire tard et je ne voudrais point que la nuit vous tombe dessus, surtout en forêt.

- J'ai d'ailleurs une dernière petite question à ce sujet.

- Oui, monsieur Redfox ?

- Pourquoi n'habitez-vous pas en ville ?

- J'y habitai, il y a encore quelques temps, mais des menaces et des agressions m'ont forcé à me cacher ici. »

Gajil s'apprêta à répliquer d'une autre question, lorsque sa voisine le pria du regard de se taire. Il s'exécuta en grognant, contrarié, et pris congé sans attendre. Elle soupira, désespérée de sa grossièreté et de son mauvais caractère, mais n'en dit rien et se contenta de le suivre, faisant un signe de main à l'encontre de l'homme aux cheveux violets qui répondit à son salut, avant de retourner dans son bureau.

Après quelques pas, ils arrivèrent au bout du petit chemin de la demeure de leur client et le brun s'autorisa à faire quelques commentaires désobligeants vis-à-vis de ce dernier, notamment sur sa capacité étonnante à faire appel à une Guilde pour traduire un stupide bouquin, mais pas pour se protéger d'ennemis potentiels. Levy, quant à elle, lui emboîtait le pas, silencieuse, étant donné qu'il avait raison.

« L-Levy … »

L'interpelée fit volte-face, anxieuse, et analysa furtivement les alentours. Cette voix n'appartenait ni à Gajil, ni à leurs hôtes … De plus, elle était si larmoyante, si implorante … Alerté par l'arrêt brusque de sa partenaire, le Dragon Slayer reporta son attention sur cette dernière et la découvrit en proie à une soudaine panique.

« Qu'est-ce qu'il y a ?

- Qu-Quelqu'un m'a appelé, balbutia-t-elle en tremblotant. On aurait dit une plainte … »

Fronçant les sourcils, il renifla l'air à la recherche d'un quelconque élément perturbateur. Toutefois, ses essais furent vains : en dehors d'eux-mêmes, de Takeshi et de sa servante, il n'y avait personne. Il ne sentait aucune présence étrangère.

« J'ai rien entendu, alors que j'ai l'ouïe beaucoup plus fine, et je sens rien. T'as dû rêver.

- M-Mais-

- Laisse béton, je te dis. Allez, viens, il sera trop tard, sinon. »

Effrayée par la perspective de se retrouver dans une forêt sombre et brumeuse d'ici quelques minutes, elle décida de ne pas renchérir et de le suivre prestement. Toutefois, elle ne manqua pas de tourner une dernière fois la tête en direction de la maison. Elle se surprit alors à rencontrer un regard derrière l'une des fenêtres de la pagode. Son sang ne fit qu'un tour et elle décida qu'elle aurait une discussion à ce sujet avec son coéquipier, plus tard : il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond et cela n'avait aucun rapport avec le fait que leur client aimait un peu trop le violet.


À SUIVRE.


Commentaire de l'auteur :
Oi ! Moi, j'dis, j'suis un peu dégoûtée de ma fin. En fait, j'voulais plus approfondir, mais je n'y arrive pas -'. Peut-être un jour, sait-on jamais. Bon, que dire, maintenant ? J'ai peur de vous ennuyer et je crois ne rien pouvoir vous dire sur le prochain chapitre, car ... Moi-même, je ne sais même pas ce qu'il y aura, dedans xD ! Enfin, si, un peu, quand même ... Ah ! Et, sinon ... Je sais, on ne voit quasiment pas Itsuki, dans ce chapitre, mais je promets de me racheter dans le prochain ! Enfin, en fait ... Je pense que vous vous en foutez bien pas mal de mon OC, non xD ? Sur ce, je vous donne rendez-vous en septembre pour le quatrième chapitre ;O* ! Kissu~
*Je rigooooole, bien entendu ! J'espère mettre beaucoup moins de temps =='.

© Aubanne Suki L. 2010-2011.