Et voici le dernier chapitre! Mon préféré... Celui qui dévoile tout. Le plus cruel, le premier écrit, le plus humain peut-être... Le plus Peter en tout cas!

Merci à ceux qui m'ont lue et un grand merci à ceux et celles qui m'ont reviewée.

P'tite RAR:

Lindamire: merci beaucoup :) C'est malheureusement vrai qu'on écrit trop peu sur Peter, c'est un personnage très complexe et intéressant (bien plus que Drago en tout cas), mais aussi tellement difficile à cerner... J'ai un projet de fic entière sur lui, mais écrire autant me fait vraiment peur de le rendre OOC! J'espère en tout cas que ce dernier chapitre te plaira car on est en plein dans la trahison.

Circae: Oh, tu devrais sortir ton histoire des limbes de ton Macbook (oh, une adepte du mac, je t'aime^^). Il y a tellement de façons de voir Peter et tellement peu d'écrit que tout est bon à lire, je pense. Enfin ici le but n'était pas d'écrire sept années, mais sept journées, c'est une participation à une série sur un autre site. Merci pour tous ces compliments qui me touchent (surtout le spontané).


Le dernier jour

La sorcière du salon de thé de Sainte Mangouste servit à son client un thé brûlant. Chose rare, l'homme l'avait demandé sans nuage de lait, ni avant, ni après. A cette heure tardive de la nuit, seules quatre personnes se trouvaient dans la salle. La plupart somnolaient sur les banquettes. Mais l'homme était nerveux. Il avait de grands cernes sous les yeux. La serveuse jurait qu'il n'aspirait qu'à dormir et lui conseilla même de le faire.

- Je ne peux pas, murmura-t-il dans un souffle. Je ne peux pas.

Non, Peter ne pouvait pas dormir. Il était venu chercher des calmants, sans quoi ses nerfs n'auraient pas tenus le choc.

James était venu lui parler le matin même. Il lui avait demandé l'impensable. C'était même tellement impensable qu'il ne l'avait pas crû au début. Comment Sirius pouvait-il avoir eu cette idée ? Comment James pouvait-il l'approuver ? Comment pouvait-il lui demander cela, à lui ?

Et surtout pourquoi ? Pourquoi lui demander ça, maintenant ? Oh, Peter se haïssait. Il n'avait jamais pensé être leur égal. Il savait ne pas l'être. Et s'il les avait aimé pour ce qu'il lui faisait miroiter, cette félicité qu'ils lui permettaient de toucher, il les avait aussi haï de briller tant qu'il était encore une fois, encore et toujours, éclipsé par leur éclat. Même Remus, le timide, l'effacé, le loup-garou, même Remus attirait l'attention sur lui. Mais pour Peter, il n'y avait rien d'autre que l'oubli. Et il avait toujours cru que James et Sirius le savaient inférieur.

Et voilà que James voulait lui confier sa vie. L'imbécile qu'il était ! Pourquoi avoir attendu tant d'années et tant de souffrance avant de lui témoigner sa confiance, son respect, son estime, son amitié ? Et surtout pourquoi le lui montrer de manière si absolue, si… définitive ? Il reconnaissait bien là le caractère entier de ses deux amis. Amis.

Il y a trois mois encore, Peter aurait accepté en pleurant de joie. Mais il ne pouvait maintenant que pleurer de peur. Il était touché au cœur de la manière la plus horrible qui soit. Il avait fauté et ne pouvait plus retourner en arrière. A la vérité, il mourrait d'horreur. Chaque jour que Merlin faisait, un membre de l'Ordre tombait. Et il l'avait trouvé. Il l'avait menacé. Il voulait le tuer. Or Peter voulait vivre, il voulait que son cœur batte encore et encore, il ne vivait que pour vivre, pour ce sang qui pulsait dans ses veines. Il était terrifié par la mort. Non pas par l'après, comme beaucoup. Par la simple idée de disparaître de cette terre. Idiot, il avait pensé que non seulement il vivrait mais qu'il connaîtrait peut-être la gloire. Il s'était aussitôt aperçu de son erreur mais il était trop tard. Alors il blinda son cœur et condamna les Maraudeurs d'avoir voulu se battre. Sans ça, rien ne serait arrivé. Il les avait haï et il avait sombré.

Désormais, il ne pouvait plus reculer. Il savait qu'il aurait dû refuser immédiatement quand James était venu. Il aurait dit avoir peur, être terrifié par la charge, ne pas en être digne. Et James l'aurait crû. Mais il l'aurait su et l'aurait terriblement puni pour cet acte. Il l'aurait même tué car Peter ne lui aurait plus été d'aucune utilité. Et Peter voulait vivre.

Alors il termina son thé et transplana chez James. Lorsque celui-ci ouvrit, il dit simplement :

- Oui.

C'était le début de la fin.