Bonjour à tous !

Tout d'abord, merci pour les reviews ! Contente que l'histoire vous plaise toujours autant ^^

Et voici le chapitre 16 ! Moult révélations et scènes d'action are coming !

J'espère qu'il vous plaira

Bonne lecture !

Vimiki : merci pour ta review ! concernant Rajan, je pense que tu vas le détester de plus en plus :p concernant tes questions : c'est la créature mi cadavre et mi végétale (vous saurez son nom dans ce chapitre donc ça sera plus simple pour le désigner) qui menace le Sanctuaire qui l'a possédé, tout comme il a possédé Hans. Le but : en faire sa marionnette et pouvoir s'infiltrer où il veut. Et il parle au jumeau d'Yggdrasil, l'arbre cosmique, qui est en quelque sorte connecté avec lui. J'ai mis plus de détails dans le chapitre et ai fait un petit résumé à la fin


Le cœur du jeune Deathmask tambourait fort dans sa poitrine. Il souffla un coup et regarda autour de lui. Ryan et Andy étaient dans l'arène. Le reste des disciples était dans la salle de jeux avec lui. Il essaya de se concentrer sur sa table de Ouija mais au fond il n'y arrivait pas.

Il pensait trop à l'aide qu'il pourrait apporter à Gabriele. Il avait envie de le sortir de ce camp, non de cette prison. Car désormais, depuis que son ami lui avait parlé du vrai Rajan, il voyait le camp comme une prison : toutes ces rondes de soldats, toutes ces règles, l'impossibilité de voir le monde extérieur… Oui c'était vraiment une prison. Et il fallait qu'il l'en sorte. Il finit par se lever et dit à un des soldats qui gardait la salle qu'il allait aux toilettes. En chemin, il évita précautionneusement les autres soldats : il fallait qu'il trouve Gabriele rapidement. Par chance, il le vit sortir du réfectoire. D'un signe, il lui fait signe de venir.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Gabriele.

- Chut ! Moins fort ! Je vais te sortir de là.

- Hein ?

- Je vais te libérer de tes bracelets. Et tu pourras partir.

- Mais et toi ?

- Je verrai comment je pourrais m'en sortir. Mais, il faut que tu partes d'abord.

Gabriele le dévisagea de ses yeux verts et lui fit un signe de tête :

- Viens, suis-moi.

Ils s'engouffrèrent dans les couloirs en pierre jusqu'à tomber sur une partie un peu démolie. Gabriele souleva un parpaing en bois et Deathmask vit avec stupeur qu'il y avait un trou.

- Ça s'est démoli récemment. Il faut faire vite. Les gars du village qui s'occupent des travaux ne vont pas tarder à revenir.

Deathmask et Gabriele s'engouffrèrent et après plusieurs minutes dans un tunnel composé de pierres et de terres, ils débouchèrent sur une grotte. Deathmask manqua de tomber. Heureusement, Gabriele le rattrapa.

- Merci, dit Deathmask dans un sourire.

Le soldat prit l'adolescent par la main et au bout de quelques minutes, Deathmask vit un trou de lumière dans la roche.

- Il est possible de s'en aller par là. Si je ne fais pas d'erreur, si on suit le Nord, on peut trouver un monastère dans lequel on peut se cacher de Rajan. Après… il n'y a que toi qui puisse t'enfuir.

- Mais et toi ?

Gabriele fit alors une moue triste.

- Je ne peux pas. Les bracelets me retiennent prisonnier ici. Si je m'éloigne, ça avertit Rajan.

Deathmask regarda Gabriele avec une lueur de détermination dans le regard.

- Je peux t'aider. Je vais activer mon cosmos et briser ses bracelets.

Gabriele regarda avec intérêt Deathmask puis tendit ses mains. Deathmask vint placer les siennes sur les bracelets et comme ça à augmenter son cosmos. Cela ne suffisait pas. Alors Deathmask décida d'utiliser sa télékinésie. Sa cosmo énergie augmenta brusquement et les bracelets commencèrent à se tordre. Soudain, ils lâchèrent d'un coup et tombèrent au sol. Deathmask retira ses mains et respira profondément, un peu épuisé : il n'aurait pas pensé que ce soit aussi dur. Gabriele les ramassa et les regarda, un léger sourire au coin des lèvres.

- Je suis libre… Grâce à toi.

Deathmask lui répondit par un clin d'oeil espiègle.

- Viens, il faut y aller maintenant ! Sinon, ils vont te retrouver.

Mais Gabriele, extrêmement calme, ne semblait pas être du même avis.

- Pars devant si tu veux. J'ai à faire avant.

- Hein ? Mais quoi ?

Deathmask sentit un mauvais pressentiment l'envahir. Mais ce dernier était trop léger pour qu'il s'en rende compte.

- J'ai à faire d'abord. Il faut que je retourne au camp. Mais ne t'en fais pas pour moi.

Et avant même que Deathmask n'ai pu dire quoi que ce soit, il vit Gabriele partir à grande vitesse grâce à son cosmos. Le jeune disciple resta un moment hébété puis tourna son regard vers le trou dans la roche. Il se pinça les lèvres : devait-il s'en aller sans Gabriele ? Le mauvais pressentiment qu'il avait depuis toute à l'heure était désormais plus fort. Il se mit la main à la poitrine, sentant son cœur tambouriner. Il se concentra sur ce qui ressentait : c'était de la peur. Mais pas parce qu'il craignait une quelconque poursuite. Non… cela concernait le camp en lui-même. Il avait le sentiment que quelque chose de grave allait arriver.

Pourquoi ressentait-il une telle peur ?

Plusieurs minutes étaient passées quand il entendit un hurlement d'enfant. Son cœur se mit à battre plus fort et il regarda en direction du tunnel, la respiration hachée.

Faites que sa peur ne soit pas réelle…

D'autres hurlements se firent entendre. Deathmask regarda le tunnel : quelque chose de grave était en train de se dérouler. Appréhendant ce qu'il allait voir, il prit le tunnel et atterrit de nouveau dans le camp. Aussitôt, il eut l'impression que la mort avait envahi les lieux. Il s'avança dans les couloirs, tremblant, et retint un hoquet d'effroi quand il vit le cadavre d'un soldat, le corps complètement brisé. Puis ce fut un deuxième, un troisième, un quatrième et ainsi de suite… Des larmes commencèrent lentement à pointer dans les yeux de Deathmask, surtout quand il vit les corps détruits de ces camarades qui, à ce moment précis, n'avaient plus rien d'humain.

Il continua à avancer dans ce cimetière jusqu'à arriver dans la salle où l'armure d'or était gardée. Il ouvrit lentement la porte et s'arrêta en voyant Gabriele, debout devant l'armure d'or, la fixant d'un étrange regard concupiscent.

- G… Gabriele ? Que s'est-il passé ? Pourquoi tout le monde est mort ?

- Ils n'étaient que des humains.

- Quoi ?

- Que des mortels. Aussi misérable que des insectes. Il n'y a que toi qui arrive à sortir du lot. Voilà pourquoi je t'ai épargné.

Deathmask ne disait rien et restait planté, incapable de bouger, tandis que Gabriele s'approchait de lui. Il ressentait les vagues de la culpabilité naître dans son cœur.

- Arrête de penser comme un humain, lui dit Gabriele sur un ton froid et dur, tout le contraire de la personnalité qu'il avait affichée devant Deathmask. Tu es trop attaché à cette carapace pourrie qui t'empêche d'exploiter tout ton potentiel. Ne culpabilise pas : ils le méritent.

Puis, d'une voix à nouveau douce :

- Tu sais, je sais ce que ça fait d'être différent, de ne pas être comme les autres. Comme toi je pouvais, depuis tout petit, ressentir et voir des choses que personne d'autre ne voyait. Je pouvais aussi entrer dans la mémoire des gens et faire bouger les objets selon ma volonté. Mon père était un ingénieur italien et ma mère, une suédoise qu'il avait rencontré lors d'un voyage d'affaires. Ils sont allés vivre en Suède, pas loin d'une grande forêt pour m'élever. Persuadés que le bon air frais me ferait du bien et soignerait mes maux. C'est tellement stupide… Comme si changer de lieu allait me faire changer de personnalité. Et pourtant, contre toute attente, je me suis attaché à cette forêt. Entre ces arbres majestueux et quasi-immortels, j'avais le sentiment d'être libre et de pouvoir respirer, moi qui étais incompris dans ce monde où il n'y avait que des règles. Des règles imposées par une famille, par un village, par une cité, puis par un État et même par des dieux. J'étouffais dans cette structure imposée auxquelles je n'avais rien demandé. Où d'autres voyaient l'ordre et la justice, je voyais une camisole. Un monde oppressant dicté par Chronos et d'autres divinités. Qui ont dû nous imposer cette camisole pour pouvoir mieux régner sur nous. Et nous… Nous sommes censés vivre dans ce monde. Tous les jours accomplir les mêmes gestes, les mêmes actes pour ensuite mourir. Atterrir dans ce système punitif après avoir respecté toute notre vie des règles soi-disant de vertus et de respect envers les dieux, ou même ce qu'on appelle l'amour. Très tôt… je me suis mis à admirer ceux qui avaient osé renverser l'ordre, osé blasphémer ces dieux. Comme eux, je voulais établir mes propres règles, dépasser cette carapace mortelle qui allait un jour pourrir, cesser d'être un misérable insecte. Je me suis rendu compte que rien ne m'obligeait à suivre ses règles. Grâce à mes fortes capacités psychiques, je pouvais établir mon propre équilibre. Devenir… l'Architecte d'un nouveau monde. Mais mes parents ont dû se dire que j'étais trop étrange, que je devais me faire soigner. Les hypocrites… avec leurs règles, leurs vertus. Ils ont alors tenté de me restreindre, de me contrôler. Je n'ai eu d'autres choix que de leur montrer qu'il fallait me libérer. Un soir, j'ai laissé exploser tout mon potentiel et un feu s'est déclaré dans notre maison. Ils sont morts brûlés tandis que moi je dansais autour de la maison en flamme, heureux.

Deathmask restait estomaqué en entendant tout cela, alors que le masque de Gabriele se brisait petit à petit devant lui, révélant toute la sociopathie de son être.

- Malheureusement, cet instant de liberté n'a pas duré longtemps. Très rapidement, le scientifique qui devait s'occuper de moi m'a retrouvé. Et ce scientifique n'était autre que Rajan. Il m'a alors pris avec lui pour faire de moi le futur chevalier du Cancer. Encore un hypocrite : la seule chose qu'il voulait c'était m'étudier, me contrôler, que je sois sa chose. Petit à petit, une sorte d'obstination, de fascination scientifique et macabre autour de mon être est née, tel un docteur Frankenstein fasciné et terrorisé par la créature qu'il avait créée. Toutefois, lui non plus n'avait pas réussi à complètement me contrôler. Alors il m'a enfermé et a voulu continuer cette mission. Il s'est mis à parcourir le monde à la recherche de nouveaux disciples. Cependant, même si ces enfants pouvaient subir un entraînement pour devenir chevalier, aucun n'avait les mêmes capacités que moi. Tous… Sauf un. Toi.

Toujours sur un ton doux, Gabriele continua sa litanie infernale :

- Je suis tellement heureux que Rajan t'ai amené ici Deathmask. Tellement heureux que tu sois apparu.

Puis, en lui tendant la main :

- Tu sais. Tu es comme moi. Tu as de grandes capacités. Ensemble, avec l'armure d'or, on pourrait refaire ce monde, détruire ce système. Tu pourrais faire de grandes choses… Rejoins moi.

Deathmask dévisagea Gabriele de ses yeux bleu cobalt. Il avait du mal à réaliser tout ce qu'il venait de se passer. En à peine une matinée, il avait perdu son maître et ses camarades alors qu'il avait juste cherché à sauver son ami. Tout son monde s'était écroulé. Et par ses actions. Jamais il n'avait cherché à ce que tout cela arrive, il voulait juste l'aider à s'enfuir. En se disant ça, il eut la désagréable sensation de s'être fait rouler dans la farine par Gabriele. Et si Gabriele s'était rapproché de lui juste pour pouvoir s'évader ? Lui, le garçon différent ? Le gamin harcelé ? Gabriele avait-il vraiment été son ami ? Ou juste avait-il un pion dans son entreprise d'évasion ? Il sentit la colère monter petit à petit en lui : encore une fois, un humain était venu vers lui avec une arrière-pensée. Encore.

- C'est toi qui as provoqué l'éboulement ? demanda-t-il de but en blanc à son « ami ».

Gabriele le regarda avec un visage sans expression. Deathmask eut alors sa réponse.

Que devait-il faire maintenant ?

Il planta ses yeux dans ceux de Gabriele et prononça ses mots qui changeront sa vie à tout jamais :

- Non.

Et dans un cri, il tendit son bras et envoya une vague de cosmo en direction de Gabriele qui fut violemment projeté contre le mur. Ce dernier atterrit au sol et tenta de se remettre de cette attaque. Il serra les dents et dévisagea Deathmask d'un air mauvais. Ce dernier se mit en position de combat tandis que Gabriele avançait pour lui mettre la monnaie de sa pièce. Les deux disciples se regardèrent, l'armure d'or du Cancer les séparant et engagèrent tous les deux le combat en envoyant leur cosmos. Leurs énergies se heurtèrent dans un fracas digne d'une explosion cosmique. L'électricité statique devenait folle dans la pièce tant la puissance dégagée par les cosmo énergie devenait incontrôlable. Toutefois, Deathmask commençait à perdre pied. Il haleta plusieurs fois et tenta de maintenir le flux en faisant appel à toute sa colère. Gabriele balança alors une vague de cosmo énergie beaucoup plus forte qui remonta le champ d'énergie de Deathmask et le heurta de plein fouet. Deathmask hurla sous l'impact tant la douleur était forte.

Il tentait de se relever, du sang s'échappant de sa bouche, quand il fut projeté violemment au mur par la télékinésie de Gabriele. Ce dernier s'amusa comme un marionnettiste avec sa marionnette, balançant violemment d'un mur à l'autre le corps de Deathmask qui se heurtait avec fracas contre les murs de la salle. L'enfant hurlait sous la douleur des coups. Dans une violente télékinésie, Gabriele plaqua Deathmask contre un mur. Le corps du jeune disciple était tendu comme un arc, les membres prêts à se tordre. Il regarda Gabriele, la respiration coupée. Ce dernier n'avait plus du tout un regard bienveillant. Au contraire, ses yeux ne semblaient plus voir la même chose que la majorité des hommes. Ses yeux étaient ceux d'un psychopathe.

- Ça n'aurait pas dû se finir comme ça.

Et il tenta avec son cosmos de briser littéralement Deathmask. Ce dernier sentit les os de ses bras se tordirent de plus en plus. Idem pour les jambes. Il avait aussi la sensation affreuse que sa colonne vertébrale allait lui être arrachée et que ses yeux allaient sortir de leurs orbites. Il sentit quelque chose couler sur des joues et une odeur de fer : du sang coulait sur ses joues depuis ses yeux !

Il hurla de douleur et de peur, conscient qu'il allait mourir dans d'atroces souffrances et qu'il allait finir dans le puits. Soudain un cosmos chaud et doux se mit à l'envahir. Brusquement, il eut la sensation de flotter dans du coton alors qu'il revoyait son amitié avec Giovanna : les moments passés ensemble, les promesses d'enfants... La sensation de ce cosmos était troublante. Il avait le sentiment que quelqu'un ou quelque chose le poussait à continuer de combattre.

A puiser dans la force de ses doux sentiments.

Il décida d'écouter cette petite voix et se mit à lutter contre les pouvoirs de Gabriele. Malgré la puissance de la cosmo énergie, il eut la force de redresser la tête et d'oser toiser le regard de l'ancien soldat qui sentit que quelque chose clochait : Deathmask n'était pas censé résister à ce flux.

La tension devient palpable et Deathmask hurla en reprenant le contrôle de ses bras et en propulsant violemment Gabriele contre un mur. Au moment même où cela se produisait, un éclat doré vint illuminer toute la pièce : l'urne de la Cloth du Cancer explosa et des parties de l'armure vinrent recouvrir le corps de Deathmask alors qui atterrissait au sol.

Gabriele, toujours plaqué au mur, terrassé par un pouvoir psychique aussi puissant que le sien, vit se relever quelqu'un d'autre. Deathmask, la tête cercle par la couronne à pinces, le regardait avec un air mauvais et déterminé, l'armure d'or resplendissante. Pour la première fois, il ressentit de la peur. Qu'est-ce qu'il y allait lui arriver ? L'ancien disciple s'avança et cria en tendant son index vers lui. Aussitôt, des milliers d'âmes commencèrent à s'échapper du mur et Gabriele se sentit aspirer à l'intérieur de celui-ci. Il hurla sous la douleur provoquée tandis que Deathmask, pour augmenter son attaque, prononçait pour la première ses mots si funèbres :

- Seki Shiki Mekai Ha !

Gabriele disparut dans un déferlement d'âmes dans le royaume des morts. Le silence se fit dans la salle, seulement entrecoupé par la respiration hachée de Deathmask dont le regard était perdu dans le vide.

Ça y est. Il avait, pour la première fois, envoyé quelqu'un dans le royaume des morts.

Un nouveau chevalier du Cancer était né.

Et Deathmask, en plus d'avoir retrouvé ses souvenirs, avait retrouvé ses pouvoirs.

OoOo

Gabriele ne faisait que chuter. Il avait le sentiment que c'était une chute interminable. Puis, il glapit de peur quand il vit un sol noir, couvert d'arbres tout aussi ténébreux. Son corps heurta violemment les branches d'un arbre plus grand et plus sombre que les autres, la peau s'écorchant en milliers de coupures plus ou moins profondes. Ses os se brisaient sous l'impact de la chute. Il s'arracha les cordes vocales à hurler de douleur.

Était-ce la fin pour lui ?

Comme si l'Univers avait décidé de se montrer sadique, il sentit la terre bouger tout autour de lui. Il eut à peine le temps de comprendre ce qu'il se passait qu'il sentit être enseveli. Il tenta de s'en extraire mais ses membres atrophiés ne lui répondirent pas. Il tenta de hurler une dernière fois alors que la terre l'enfermait dans ses entrailles. Il allait être condamné à être un cadavre

Un cadavre végétal.

Mais peut-être que l'arbre auprès duquel l il avait échoué avait d'autres projets pour lui ?

OoOo

Giovanna avait tout raconter à Milo qui ne l'avait pas quitté une seule fois des yeux. Quand elle eut fini, il détourna le regard et expira un bon coup.

- Wouah… ne put-il que dire.

Il avait désormais une autre vision de son camarade. S'il avait reconnu des traits de caractère du Deathmask pré-guerre du Sanctuaire comme le fait d'être irascible ou une légère tendance à être arrogant, il retrouvait dans ce Deathmask enfant d'autres nuances : loyal, espiègle, mais aussi sensible. Nuances qu'il avait tout juste entraperçu en Suède. Milo capta aussi autre chose : depuis le début, il avait suivi inconsciemment les préceptes d'Athéna. Alors qu'il ne l'avait jamais connu et que surtout il n'avait jamais vu le Sanctuaire.

- Je n'ai jamais senti ce Gabriele pour tout te dire Milo. Je ne sais pas pourquoi mais sa gentillesse, bien qu'extrêmement travaillée, m'avait toujours parue fausse. J'avais essayé d'en parler avec Deathmask mais on s'était disputés là-dessus. Je peux le comprendre d'une certaine façon : pour la première fois, un humain était avenant envers sa personne. Malheureusement, je l'ai boudé et ça a failli le tuer ce jour-là…

- Mais tu es intervenu non ? dit Milo dans un sourire.

- Oui c'est vrai, je suis intervenue pour le sauver au moment où Gabriele allait le tuer. Toutefois, je pense que je n'étais pas seule. Quelque chose d'autre accompagnait mon cosmos.

- L'armure d'or ?

- Non je ne pense pas, c'était plus fort. Enfin… Ça a fragilisé notre amitié et j'ai continué à faire des erreurs. Tu sais, en tant que fantôme, on ne peut plus évoluer, le passé se mêle sans cesse au présent. Quand il s'est réveillé et que j'ai vu Saga, je me suis dit que notre amitié était finie et qu'il avait désormais un autre ami, peut-être mieux que moi. Je me suis alors renfermée dans les Limbes pendant des années jusqu'au jour où Hel m'a trouvé et m'a demandé de rejoindre son royaume. J'ai embarqué dans un bateau et durant mon trajet je me suis remise à voir ma vie sur terre et ma mort comme un film. Alors que j'arrivais, je me suis mise à repenser à mon amitié avec Deathmask. Machinalement, je suis allée l'observer parmi les humains. Et c'est là où j'ai appris qu'il y avait eu une guerre sainte contre Hadès, qu'il avait été victime d'un lémur et que désormais il était de nouveau vivant mais complètement anéanti. Alors… Par amitié pour lui, j'ai sauté du bateau pour l'aider. La mort pouvait attendre.

- C'est sympa de ta part, dit Milo.

- Merci… Et puis c'est excitant d'observer les humains d'une certaine façon. Je peux leur jouer des tours et leur faire peur, dit-elle en tirant la langue, faisant éclater de rire Milo.

Ils continuèrent de voguer quand le Scorpion reprit la parole :

- Le lémur l'a tellement changé… dit-il comme à lui-même.

- Le lémur s'est simplement nourri de ce passif, expliqua Giovanna. Ce fut facile pour lui d'exacerber le côté sombre de Deathmask après ce qu'il avait vécu. Surtout quand il a découvert la vérité sur ses origines.

- C'est clair… dit Milo, toujours pensif, le regard triste.

- Que t'arrives-t-il ?

- C'est juste que… En quelques semaines, j'ai découvert tellement de choses sur lui, sur ce qu'il était réellement. Choses que je ne connaissais pas comme beaucoup d'autres. Je suis parti en mission avec lui sans rien connaître de tout ça. Et ça l'a perdu. Pour tout te dire… J'ai beau partir à son secours, j'ai l'impression de… d'être inutile… de…

- Tu as peur de le perdre à nouveau ?

Les yeux verts de Milo croisèrent ceux noisettes de Giovanna qui le regardait sans jugement.

- Je peux te parler de quelque chose ? lui dit-elle.

- Oui ?

- En fait… je vous ai un peu observé pendant votre mission en Suède. Je le suivais depuis pas mal de temps depuis sa résurrection, sans oser lui parler comme autrefois.

- Stalkeuse.

- Oui je sais, dit-elle en riant. Enfin, je t'ai pas mal observé et j'ai vu que tu avais cette tendance à te laisser guider par ton cœur.

- C'est pas faux. On me le reproche souvent.

- Ce que je veux dire c'est qu'un cœur tu vois, c'est ce qui fait marcher tout le corps humain. Sans coeur, on meurt direct. Et toi t'es un peu pareil. Tu fais tout pour que la machine fonctionne, pour suivre tes valeurs jusqu'au bout ou accomplir une mission coûte que coûte. Et pas que tes valeurs, les personnes qui t'entourent aussi. Tu fais tout pour ne pas les laisser tomber. Ton ami le Verseau mais surtout Deathmask.

Alors qu'elle commençait à s'illuminer davantage, Giovanna détourna le regard comme si ses souvenirs défilaient devant ses yeux.

- Ces derniers temps… Il était tellement perdu. Il ne se comprenait plus lui-même. Tu vois, il a toujours compris qu'il était différent aux yeux des autres. Mais toi, lors de cette mission en Suède, tu es arrivé et tu ne l'as pas du tout traité comme une erreur ou un pauvre type. Au contraire, tu l'as en quelque sorte encouragé à être lui-même, à se battre. Et ça lui a donné de la force. Beaucoup plus que tu ne crois. Et s'il t'a repoussé ou qu'il a été méchant, c'est juste parce qu'il avait peur de perdre ce type passionné, un poil sadique mais tout de même sympathique qui a été pour la première fois vers lui sans arrière-pensée. Tout comme toi tu as peur actuellement de le perdre en t'imaginant que tu ne le comprendrais pas. Donc oui, il a besoin de toi Milo. Et tu n'es clairement pas inutile.

Milo ne disait rien et se contentait de regarder Giovanna, prenant conscience de ce qu'elle disait. Puis, il eut un léger sourire en coin :

- C'est gentil Giovanna.

- Je t'en prie, dit-elle dans un grand sourire.

Et ils continuèrent de voguer tranquillement sur ses eaux qui, petit à petit, étaient moins terrifiantes à mesure qu'ils approchaient du royaume de Hel.

Au loin, deux golems de pierre les observaient.

OoOo

- Comme tu le sais, après l'attaque, tu es tombé dans le coma...

Deathmask venait de sortir de son état de torpeur et était encore troublé par ce qu'il venait de comprendre. Son maître lui avait apporté du café et se tenait assis devant lui sur une chaise. Deathmask lui, s'était assis sur la table en pierre.

- Tu avais repoussé tes limites au maximum alors que Gabriele t'avait gravement blessé. Mais cela avait bien failli te détruire. Ce que tu as démontré ce jour-là était au-delà de tout ce que j'ai pu voir, un potentiel dont j'avais toujours rêvé d'être témoin : voir l'Homme maîtriser l'entrée vers le royaume des morts, maîtriser ce qui a toujours effrayé l'être humain. Mais lorsque tu t'es réveillé au bout d'un an, tous les souvenirs de ton enfance ainsi que la force que tu avais découvert en toi avaient disparu. Toutefois, tout comme aujourd'hui, je savais que ton potentiel n'était pas perdu. Il fallait simplement le stimuler. Voilà pourquoi je t'ai fait revivre tes souvenirs. Bien sûr nous n'avons pas encore terminé tout le processus mais au moins nous avons une bonne base.

Et il conclut dans un sourire qui se voulait réconfortant. Deathmask prit une grande gorgée de café et posa une question qui, à l'instar de la boisson chaude, lui brûlait les lèvres :

- Gabriele… Il est devenu cette créature ?

- J'ignore comment mais oui c'est exact. Il semble également s'être allié avec l'arbre maléfique, jumeau d'Yggdrasil. Tu vois… Pendant tout ce temps passé en exil, j'avais cette intuition, ce sentiment désagréable qu'il n'était pas mort. Qu'il avait d'une certaine façon survécu dans le monde des morts. J'ai arpenté le monde en large et en travers à la recherche d'un indice et c'est finalement après la guerre sainte contre Hadès que j'ai trouvé ce fameux indice : la résurrection de ces cadavres d'animaux et d'humains en Suède, sa terre natale. Au-delà du fait que c'était un piège pour toi, c'était un avertissement de sa part : l'avertissement qu'il était revenu. Et qu'il était désormais prêt à en découdre.

- Tu sais quand il va attaquer ?

- Non je ne le sais pas.

- Es-tu sûr qu'il n'est pas déjà en train de préparer une attaque contre le Sanctuaire ?

- Pour tout te dire Deathmask… il a trouvé comment l'infiltrer.

- Q… Comment ?!

- L'ancien soldat… Hans… Il l'a tué puis possédé. Ça a dû se passer la nuit entre le moment où cette famille a été tuée et le moment où tu as été séparé de ton camarade. Si tu avais été là, tu te serais rendu compte que quelque chose clochait chez Hans. Mais tu étais ici malheureusement.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?!

- Je devais t'aider à retrouver tes pouvoirs Deathmask d'abord. On ne pouvait pas se permettre de se disperser.

Deathmask retint un grognement et se leva pour faire les 100 pas.

- Tu sais s'il a agi ?

- Non… Pas encore. Tes camarades se débrouillent plutôt bien avec l'armure.

- Ce n'est pas suffisant.

Il regarda le sol puis se pinça les lèvres, conscient du danger qui se profilait pour le monde mais aussi pour le Sanctuaire.

- Je ne peux pas rester plus longtemps ici Rajan. Il faut que j'aille aider le Sanctuaire. Que j'aille retrouver coûte que coûte mon armure.

Il allait se diriger vers la porte quand soudain cette dernière se referma brusquement devant lui. Il se précipita, tenta de l'ouvrir et se rendit compte qu'elle était bloquée. Une vague de panique parcouru son corps : qu'est-ce qu'il se passait ?

- Tu ne t'en iras pas Deathmask.

Le Cancer réalisa que c'était Rajan qui l'avait enfermé ici.

- Qu'est-ce que tu cherches à faire Rajan ?

- Je sais que tu aimerais partir d'ici Deathmask. Et il n'y a rien que je puisse pour t'empêcher de forcer l'ouverture de cette porte. Mais tu ne pourras pas te repérer tout seul dans les Limbes et retourner dans notre monde. Moi je sais comment faire. Donc voilà ce que je te propose : nous allons recommencer un entraînement ensemble, peu importe le temps que cela prendra. Et dès que j'estimerai que tu es prêt, nous partirons d'ici avec mes acolytes et nous irons combattre ce monstre. Élève et maître…

- Pourquoi tu me fais ça ?

- Parce que c'est la seule solution.

- Non. Il y en a une autre, dit Deathmask entre ses dents, sentant la colère monter en lui. C'est celle de me laisser retourner au Sanctuaire, retrouver mon armure et préparer l'offensive. Actuellement, Gabriele doit sûrement attaquer.

- Il faut que l'on te fasse un entraînement en plus. Même si cela signifie une attaque de Sanctuaire entre temps.

- Oh je vois, il n'y a que toi pour prendre de bonnes décisions donc ?

- Oui. J'essaye du moins.

- Par exemple, c'était un bon choix lorsque tu m'as enlevé à mes parents ?

- Ne remets pas cette histoire…

- Si. Ma mère a fini dans un hôpital psychiatrique à cause de toi.

- J'ai fait ça pour Athéna, pour l'humanité. Tu étais un bébé avec des capacités gigantesques. Je ne pouvais pas te laisser devenir un être humain lambda alors que tu avais le potentiel d'être un digne chevalier du Cancer. Voilà pourquoi je t'ai entraîné dans ce camp.

- Dans ce camp ? dit Deathmask dans un rire sardonique. En prison tu veux dire ?

- Tout ce que j'ai fait, c'était pour ton bien.

- Et Gabriele ? Tu l'as gardé dans ce camp avec nous, avec des enfants ! C'était pour notre bien ?!

- J'étais loin d'imaginer ce que ferait Gabriele. Je tenais à toi. Je tenais à vous tous.

- Même Gabriele ? Même après ce qu'il a fait ?

- Oui. J'ai voulu lui tendre la main. Parce que je n'avais pas réussi à le sauver.

Deathmask eut un regard perdu et observa le sol en s'éloignant de son maître. Petit à petit, le voile du mensonge se déchirait devant ses yeux et la vérité qui était derrière semblait être atroce.

- Toute à l'heure… Tu m'as dit que tu le pensais en vie dans les Enfers… C'est pour ça que… Dès que j'ai eu mon armure, tu m'as envoyé dans les Enfers ? Je cherchais Gabriele ?

- Hein ? Non… Non. On devait surveiller les agissements d'Hadès, tu sais ça.

- "Rajan n'est pas toujours exemplaire", c'est Gabriele qui me l'a dit.

- Ah parce que maintenant tu crois Gabriele ? Gabriele qui t'a manipulé comme une poupée de chiffon ? Deathmask, je suis désolée mais c'est de ta faute. C'est toi qui l'as libéré. Toi et toi seul. Alors, cesse maintenant de retourner cette colère contre moi en plus de mettre tout le monde en danger.

Soudain, la vérité éclata aux yeux de Deathmask et ce dernier ne put contenir la colère qui montait en lui. Rajan, qui auparavant lui apparaissait comme sévère et avec une grande prestance, cette fois-ci lui apparaissait vieux et petit. Plus petit que lui. Cette aura brisé lui permit de vomir toute sa haine.

- Non… Non c'est toi… C'est toi qui as mis tout le monde en danger ! Qui a gardé ce psychopathe auprès de nous ! Qui a menti comme tu le fais encore aujourd'hui ! Que ce soit à moi ou à Athéna ! Ça n'a jamais été une mission du Sanctuaire ! Tu ne m'as pas fait chercher Hadès mais Gabriele ! C'était Gabriele que je devais surveiller ! Depuis le départ c'était lui !

Deathmask ne pouvait plus retenir sa colère. Elle avait été enfouie sous trop de mensonges et il en avait assez. Rajan était ébranlé par toutes ces vérités.

- La fracture du sceau d'Hadès… le réveil du lémur qui était en moi… Tous ces morts… Tout ça c'est ta faute ! Parce que tu n'as jamais pu t'arrêter dans tes délires ! Parce que tu n'as jamais pu laisser partir ta précieuse création !

À mesure qu'il continuait, des larmes commençaient à perler dans ses yeux.

- Si j'ai accepté de subir à nouveau cet entraînement avec toi, ce n'était pas seulement pour retrouver mes pouvoirs. Je voulais aussi comprendre qui j'étais. Voir si… Si en dehors du lémur… J'étais un monstre…

Puis son regard se fit dur à mesure que les agissements de Rajan se dévoilaient en face de lui.

- Maintenant je connais la vérité, je ne suis pas le seul monstre. Nous sommes deux monstres. Et c'est en partie toi qui m'as transformé.

Son maître ne disait rien et encaissait, les mots le frappant plus durement qu'il ne l'avait pensé. Car oui, bien qu'il se soit drapé dans des causes qu'il jugeait nécessaires et nobles, il prenait conscience de leur horreur.

- Je vais retourner au Sanctuaire. Et tu me montreras le passage pour retourner dans notre monde. Si tu essayes de m'arrêter, je te tuerai.

Mais il fit l'erreur de tourner le dos à son maître. Au moment où il fit appel à son cosmos pour pulvériser la porte et que cette dernière explosait en mille morceaux, il sentit une poigne rude sur son épaule qui le retourna violemment. Furieux, il balança Rajan contre la table en pierre qui hurla sous l'impact. Hagard, il regarda ses poignets et vit avec effroi deux bracelets en or les encerclant. Il leva la tête, prenant conscience de ce que Rajan avait fait. Il poussa un cri de rage et utilisa sa télékinésie pour plaquer violemment Rajan au mur. Ce dernier hurla en sentant ses membres se raidir, prêts à se briser. Mais les bracelets finirent par faire effet. La cosmo énergie s'affaiblit et Rajan retomba au sol. Deathmask regarda ses moments, tentant de reprendre pied dans ce cauchemar. Maintenant privé de son cosmos, il ne put réagir face à Rajan qui arriva à grande vitesse en face de lui, une seringue à la main. Deathmask tenta de se débattre mais de nouveau, il eut l'aiguille de la seringue plantée dans le coup. Sa vue se brouilla et il tomba au sol alors qu'il était à deux doigts de tuer son maître. Rajan le récupéra avant qu'il ne s'effondre pour le prendre dans ses bras :

- Pardonne-moi Deathmask.


À suivre…

Et voilà vous savez maintenant qui est la créature qui en veut mortellement à Deathmask et qui chercher à obtenir l'armure d'or du Cancer !

Concernant ses pouvoirs et capacités, je les détaille au fur et à mesure mais voici un petit résumé :

Pouvoirs propres :

- Maîtrise du sixième sens donc de pouvoirs dits paranormaux dès son plus jeune âge comme la télépathie et la télékinésie

- Maîtrise du septième sens

- Envoi dans le Yomotsu Hirasaka.

Pouvoirs partagés avec le jumeau d'Yggdrasil/ l'arbre maléfique :

- Communication avec les végétaux et l'arbre maléfique en lui-même

- Capacité via de la terre de créer des zombies végétaux.

- Capacité à posséder les gens toujours via de la terre (cf liquide noir et marron que Hans vomit dans la bouche de Camus) et à les utiliser comme des marionnettes pour arriver à ses fins.

Faiblesses :

- Est bloqué dans les Limbes.

- Je vous invite à observer les attitudes de Hans dans le Sanctuaire pour mieux connaître son autre faiblesse :p