Salut Salut!!!!

J'ai un peu tardé pour le chapitre, désolée

Il fait 4002 mots, c'est à dire 4000 si on enlève le titre lol. J'espère qu'il vous plaira autant ou plus que le premier, mais n'hésitez pas, toutes les critiques sont les bienvenues!!

Une petite chose: j'ai essayé de faire un Drago qui ne ressemble pas à celui des autres fics. Ici il ne sera ni un ange romantique, ni un Tom Jedusor miniature. Je fais Drago comme je l'imagine: intelligent, rusé, prétentieux et plus mature qu'il ne veut le faire croire. Quant à mon OC, elle n'est pas parfaite, loin de là, mais pour l'instant, avec le PoV Drago, on ne s'en aperçoit pas encore

Pour plus d'infos et quelques details supplementaires, mon blog d'auteur, en homepage


1. Julia

Je déteste ces cours. Je déteste devoir être assis sur ce banc de bois noble, les coudes enfoncés sur ce pupitre, ma plume dégoulinante d'encre noir à la main, les yeux rivés sur le prof, et la tête ailleurs. C'est seulement le premier jour de cours, et déjà, je compte les heures que je devrai passer ici avant de retourner au manoir. Comment peut-on aimer rester là à écouter ces ignards déblatérer leurs idioties?

Un bruit attire mon regard vers l'avant de la salle. Un grand dadais à la peau aussi rose qu'il a les cheveux roux s'esclaffe. Weasley. Non loin de lui, une touffe de cheveux chatain précède un index pointé sur la poitrine d'un corps peu athlétique. Granger et son seigneur Potter. Je les hais. Je les hais parce qu'ils sont célèbres. Enfin, parce que Potter est célèbre et que les deux autres vivent dans son ombre. Il n'a jamais rien fait de sa vie. Du moins ce qu'il a fait n'est qu'une suite de hasards. Et on l'adule pour quelque chose qu'il a fait à une époque dont il ne se souvient même plus...

Et quelque chose qu'il a raté, en plus. S'il avait réussi, mon père ne serait pas convoqué tous les mois à leurs réunions, et ils ne me demanderait pas en permanence de les rejoindre. Ca aussi, c'est un problème. J'aimerais être dans les petits papiers du Seigneur des Tenèbres comme l'est mon père, mais je n'ai strictement aucune envie d'aller me jeter tête la première dans des duels magiques contre les aurors. Quelque chose de chaud se pose sur ma jambe. Je tourne immédiatement la tête vers la droite, oubliant les trois crétins.

A quoi tu pense?

Qu'est-ce que ça peut bien lui faire, à quoi je pense? Je crois qu'elle a peur que je ne regarde Granger pour d'autres raisons que la haine. Vraiment aucun risque. Son corps boudiné, son ventre trop proéminent, ses dents toujours trop longues, ses cheveux broussailleux et ses airs de je-sais-tout sang de bourbe n'ont vraiment rien pour m'attirer. Mais de toute façon, qu'est-ce que ça pourrait lui faire à elle, si Granger m'attirait? Elle sait très bien qu'elle n'est pas la seule à visiter mes dortoirs.

Rien.

Elle n'a pas l'air satisfaite de ma réponse. Tant pis, de toute façon elle devra bien s'en contenter. Ses cheveux noirs coupés au carré battent l'air lorsqu'elle reporte son attention sur le prof. J'aime bien son visage. Un peu grossier, mais elle a des moues tellement allumeuses, on n'y resiste pas. Sa frange d'ébène qui tombe sur des sourcils plus que fin, deux grands yeux noirs qui ne voient que par moi, un nez légèrement écrasé et une bouche si pulpeuse...La luxure personnifiée, voilà ce qu'est Pansy Parkinson.

Monsieur Malefoy, pourriez vous me répeter ma derniere phrase, s'il vous plait?

Apparemment, ils se sont tous donnés le mot pour ne pas me foutre la paix aujourd'hui. Je secoue la tête, et je fais surtout confiance à mademoiselle l'impure, avec sa main levée bien haut. Qu'est-ce qu'elle peut m'énerver celle là...Enfin, pour une fois elle me sauve la mise, même si ce n'est pas son but réel. La main de Pansy se ballade toujours sur ma cuisse. Il ne s'est encore rien passé entre nous, depuis ces deux jours de rentrée. En tout cas rien de plus que quelques séances de chauffage entre deux cours. Mais ça me suffit pour savoir qu'elle n'attend que moi.

Le prof regarde à sa montre à gousset, et pousse un long soupir. A mon avis, il vient de comprendre qu'absolument personne à part quelques lèches-bottes de Gryffondor ne s'intéresse à son cours. De la main, il nous fait signe qu'on peut quitter la salle. Je ne me fais pas prier. Pansy, Crabbe et Goyle sur les talons, je sors de cette prison. Ca tombe bien qu'il nous ai laissé sortir plus tôt, on a l'après midi de libre, ensuite.

Le cours se déroulait au rez-de-chaussée, je n'ai donc que quelques mètres à marcher pour me retrouver dans la cours. Vide. Je me dirige vers le banc le plus éloigné, et je m'allonge sur la pierre froide. Pansy vient s'asseoir à son tour, et elle relève ma tête pour que je puisse la laisser reposer sur ses cuisses. Elle se met ensuite à me caresser les cheveux de longs gestes appuyés. Je ferme les yeux, mais une pensée me fait froncer les sourcils.

Où est Blaise?

Il a dit qu'il profiterait de cet après-midi pour réviser.

Reviser quoi?

Je n'en sais rien...Les Aspics peut-être? Elle a un petit rire gras. Les cours viennent à peine de commencer et les Aspics ne sont pas avant la fin de l'année prochaine...

Je regarde le ciel. Nous ne sommes que le 2 septembre, et déjà le ciel est à l'automne. Les nuages sont épais et oscillent du gris souris au blanc brillant. Il pleuvra sûrement cette nuit, quand je serai bien au chaud dans mes dortoirs. Un vent frais balaye mes cheveux, et pénètre ma chemise jusqu'à faire frissoner ma peau. Pansy s'amuse à me recoiffer, faisant courir ses doigts sur mon front, puis s'évadant vers mon nez, mes lèvres...

Je jette un coup d'oeil dans la cours, et constate que nous sommes toujours seuls. Je pose ma main sur l'arrière de sa tête et l'oblige à faire descendre son visage vers moi. Elle ne se fait pas prier, et se met directement à m'embrasser goulument quand nos lèvres se touchent. J'aime bien ses baisers, aussi. Ses lèvres épaisses qui s'écrasent sans retenue contre les miennes, sa langue mouillée qui me réclame de ses caresses...Elle est plutôt douée. Il faut dire qu'elle a été à bonne école, puisque je suis le seul et unique mec qui ai jamais touché Pansy.

Si j'ai vérifié qu'on soit bien seuls, c'est surtout parce que je n'aime pas qu'on donne trop l'image d'un vrai couple. Après tout, cette relation n'est pas exclusive (du moins pas dans mon sens). Sa main descend le long de mon torse. Je la sens qui touche un maximum mes pectoraux, mes abdos, avant de s'arrêter à la fermeture eclair de mon pantalon d'uniforme. Elle caresse mon bas ventre quelques instants, puis nos bouches se séparent et elle me chuchotte à l'oreille.

Tu n'as pas envie qu'on soit un peu seuls, cet après midi? Je souris, les yeux toujours fermés.

On est déjà seuls, Parkinson.

Tu sais bien ce que je veux dire...J'ouvre les paupières, et ses iris, à quelques centimètres de moi, m'envoient des messages qui sont tout sauf subliminaux. Je passe la main sur sa joue, distraitement.

Attends-moi là haut. Elle hôche la tête, un sourire retenu.

Je me mets assis pour la laisser se lever, et je la regarde partir. Quelques mètres plus tard, elle quitte mon paysage de sa démarche langoureuse. Pauvre Pansy. Elle croit sérieusement que je la prendrai pour femme quand on ne sera plus de Poudlard. Ce n'est même pas envisageable. Déjà, il est hors de question qu'on me voit avec la même fille depuis mes douze ans jusqu'à ma mort, même si je ne lui suis pas fidèle. Ensuite, bien qu'elle ai un sang pur, Pansy n'a pas l'etoffe d'une Malfoy. Quand je la compare à la grâce et l'aristocratie de ma mère, elle me fait honte.

Non, je veux une femme de haut rang, pour ma vie. Une qui me ressemble, pour que la lignée Malfoy ne perde pas ses traits caractéristiques. Une blonde, ou pas trop brune, et surtout une qui sait se tenir en societé. Une qui saura se taire quand je ne lui donnerai pas la parole, une qui rendra les autres femmes jalouses et les hommes envieux à nos soirées mondaines. Une qui ne s'opposera jamais à moi mais qui sera de bons conseils dès que j'aurai besoin d'elle. Une femme parfaite, avec des traits fins, une intelligence suffisante et surtout un sang bien pur.

Je sais que je suis un des rares garçons de Poudlard à déjà penser à mon mariage. Bien sur, je n'y pense pas comme ces stupides adolescentes qui rêvent du grand amour. Mais ça fait partie de ma culture. Comme la carrière professionnelle et le patrimoine familiale, le mariage est une tradition à laquelle mon rang est très attaché. Dans nos familles nobles, on nous enseigne dès notre prime jeunesse à être de futurs bons maris. Ou plutot ce qu'on considère comme de bons maris, mais tout est relatif.

Je soupire. Pourquoi je me pose autant de questions? Pour l'instant, ma vie n'est pas si compliquée, alors autant en profiter jusqu'à ce que ce ne soit plus le cas. J'enlève ma veste, et défait mes boutons de manchette. Je desserre également ma cravate et me rallonge sur le banc. Je me laisse encore une fois aller à des pensées absurdes, ou utopiques. Dans certaines, je m'appelle Harry Potter. C'est plus fort que moi, je ne peux pas m'empêcher de penser (assez souvent) à ce que ma vie aurait pu être si j'avais été à sa place. J'imagine que tous les autres mecs de son âge ont du se poser la même question, au moins une fois dans leur vie...Et sur ce, je m'assoupis.

C'est une goutte d'eau, tombée sur ma paupière, qui me tire de mon sommeil. Je ne peux pas dire qu'allongé sur un banc de pierre, ma positon était très confortable, et d'ailleurs mon dos en souffre déjà. Je me frotte les yeux une seconde, puis jette un coup d'oeil à la cours. J'y suis toujours seul. Peut-être que la pluie fine a dissuadé les autres de venir prendre l'air. Ma veste, dont je m'étais servie de coussin, est déjà assez humide. Je regarde ma montre et constate qu'il est déjà dix-sept heures, et que la nuit ne va pas tarder à tomber.

Je me lève, et commence à marcher avec l'intention d'aller rejoindre Pansy, qui a dû elle aussi s'endormir à force de m'attendre. Je traverse les pavés de la cours, mais, juste avant d'entrer dans le bâtiment, un éclair argenté attire mon regard. Mon regard glisse automatiquement vers le ciel, mais ce n'est pas de là qu'est venue cette lumière. En haut de la tour d'astronomie, j'aperçois le corps d'un élève, ou plutôt d'une élève, assis sur les créneaux de pierre. Un des rares rayons de soleil pénétrants à travers la couche de nuage avant dû se refleter sur son écusson.

D'habitude, je ne suis pas du genre à secourir les demoiselles en détresse, autant le dire. C'est un boulot de Gryffondor, ça. Et puis je ne vois pas pourquoi j'irais me mêler d'histoires avec lesquelles je n'ai rien à voir, tout cela pour jouer les héros. Je laisse ça à la clique de Potter, c'est leur spécialité. Mais là, tout de suite, c'est différent. C'est vrai, je suis loin de cette fille, même à vol d'oiseau. Mais il n'y a aucun doute possible, c'est bien elle. D'ici, je reconnais cette chevelure d'un autre monde, et même la forme légère et gracieuse de son corps.

Je pars en courant, comme un damné. Ma veste d'un vert foncé est pendue à mon bras, trainant surement sur le sol, mais je n'y fais pas attention. J'entends mes chaussures de cuir claquer le sol, à un rythme que mes jambes n'avaient peut-être jamais suivi auparavant. Je rencontre enfin les escaliers. Heureusement, ce soirs, les marches de pierre n'ont pas l'air de vouloir me jouer des tours. Je les monte quatre à quatre, si vite que j'en perds haleine. La tour d'astronomie est la plus haute du chateau.

Quand j'arrive à son sommet, je dois encore traverser notre salle de classe d'astronomie, et éviter les obstacles sur ma route. Les tablettes, les tabourets, les lunettes et autres télescopes. Je grimpe à l'echelle comme si j'avais le diable à mes trousses, et je sens enfin les vents glacés dans mes cheveux. Je suis sur le toit. Je guette le bord de la tour, mais aucun signe de la fille. Mon coeur se met à dangereusement accelerer. Si elle s'est balancée et qu'on me trouve ici, je suis bon pour Azkaban.

Je me retourne, une main sur le visage, réflechissant aux rares solutions à mon problèmes, et aux pourcentages de chance que la fille se soit échappée avant que je ne monte jusqu'à elle. Mais mon cerveau arrête de travailler, tout comm mon coeur. Car de l'autre côté, celui que je ne voyais pas quand je suis monté à l'échelle, une jeune fille est bien assise sur le bord de la tour, les pieds balançant dans le vide, les cheveux d'un blond des blés au vent. Je n'avance pas, et le seul mot qui veut bien sortir de ma bouche n'en est pas un.

Hé?

Surprise, elle se retourne. Apparement, elle ne m'avait pas entendu monter. Ses boucles parfaites balayent la moitié de son visage, mais la moitié restante est bien assez belle pour deux. Contrairement à ce que je m'étais imaginé, elle n'est pas en train de pleurer. Et elle ne me balance pas une réplique du style "n'approche pas où je saute". Ce n'est pas du luxe, parce que du coup, on serait vraiment tombé dans le cliché.

En fait, son visage n'exprime aucun mal aise, aucune gêne, aucune peur de ma présence. Elle est simplement surprise. Ses sourcils arqués, ses beaux yeux bleu légèrement arrondi, ses lèvres restées entrouvertes. Elle me toise sans répondre. Il est vrai qu'à sa place, je ne saurais pas quoi dire non plus. Sa veste trempée repose au sol, près de ses chaussures de cuir parfaitement ciré. Son corps pivote jusqu'à ce que je le vois de profil. Elle porte sa jupe plissée, qui me laisse entrevoir la limite de ses bas blancs. Sa chemise mouillée est moins blanche, sa cravate à peine desserée.

C'est dangereux de rester là!

Je suis forcé de crier, car malgré les quelques mètres qui nous séparent, le bruit du vent et de la pluie l'empêche de m'entendre correctement. Elle m'observe toujours, plus détendue, cette fois. Ses mains se détachent de la pierre, et j'ai l'impression qu'elle peut glisser dans le vide à chaque seconde. Mais elle n'en fait rien. Comme soutenue par des ficelles de pantin, elle reste là, droite et équilibrée.

Je m'appelle Drago Malfoy et...Elle ne m'a pas laissé terminer.

Je sais qui tu es. Un léger sourire qui ne découvre pas ses dents orne ses lèvres roses. Tu m'as bousculée, dans le train. A mon tour, je souris, narquois.

Excuses-moi mais Tu m'as bousculé, et Tu t'es enfuis comme une voleuse. Elle hausse les épaules, son sourire plus appuyé. Tu as un prénom, peut-être?

Julia. Julia Benett. Je découvre sa voix. Avant ce jour, je n'avais jamais rien entendu d'aussi doux, d'aussi feutré. Un mélange parfait de candeur et de sensualité, qui la rend irresistible.

Okay, Julia. C'est un joli prénom, latin, mais bien sur je n'en fais pas la remarque. Tu veux bien descendre de là maintenant?

Elle fait rouler ses yeux si discrètement que je crois l'avoir rêvé. Son corps bascule du côté le plus sécurisant de la tour, et ses deux pieds couverts de tissus épais rejoignent enfin le sol ferme. Sans me lancer un regard, elle s'asseoit par terre et renfile ses chaussures, les laçant avec précaution. Les jambes étendues devant elle, elle prend tout son temps, comme si je ne l'attendais pas. Pendant ce temps, je m'adonne au loisir de la contempler, avec tout autant d'admiration.

Elle se relève avec énergie, et ramasse le tas de chiffon bleu marine qu'est devenue sa veste. Avec une moue de dégout, elle l'essore comme une serpillère, et la garde sous le bras. L'enfiler serait s'assurer un séjour d'au moins deux semaines chez Mme Pomfresh. Elle s'approche de moi en marchant, ou plutot en effleurant le sol de ses pas délicats. Son sourire est toujours présent et illuminant.

Je n'allais pas sauter, tu sais...

Ha non? Je souris ironiquement. Alors qu'est-ce que tu faisais assise au bord de cette tour, toute seule? Elle hausse les épaules.

J'aime bien regarder l'orage.

Comme pour l'appuyer, ou lui obéir, le ciel se déchaine. D'un des épais nuages anthracite, un éclair zig-zag jusqu'à ce qu'il entre en collision avec le sommet d'une montagne, à quelques kilomètres de Poudlard. Pour les élèves qui sont déjà blottis dans leurs salles communes, ça n'aura été qu'un flash blanchâtre parmi tous les autres que cet automne nous réserve. Mais nous, aussi près du ciel, nous avons pu en voir chaque détail. Quelques secondes plus tard, un grondement sourd et oppressant resonne dans toute la campagne écossaise.

La lumière de l'éclair a fait briller quelque chose sur ma droite. D'un geste incontrolé, mon regard se bloque immédiatement sur la gorge de Julia. Là, pendue à son cou fragile, une fine chaine d'or blanc retient un magnifique pendentif. C'est un coeur qui semble être en cristal, ou en diamant, sculpté de centaines de facettes. Les couleurs du ciel y jouent somptueusement. C'est sûrement cette petite pierre qui avait attiré mon regard, quand j'étais dans la cours, tout à l'heure.

Tu es le préfet de Serpentard, c'est ça? J'acquiesce de la tête, sentant son regard sur moi. J'imagine que tu dois me ramener jusqu'à mon dortoir? Elle sourit, je l'imite.

Je vais te ramener jusqu'à ta salle commune, ce sera déjà pas mal. Normalement, je ne suis pas sensé prendre en charge les élèves des autres maisons, mais pour le coup, je n'y vois aucun inconvénient. Tu es une Serdaigle, non? Elle hoche la tête, et quelques anglaises d'une blondeur d'enfant suivent le mouvement. En quelle année?

Je viens d'entrer en quatrième. Elle ne doit pas avoir plus de quatorze ans. Une gamine. Et pourtant, elle ne me fais pas du tout l'effet d'une petite fille. Tu es en dernière année? Je souris. Voilà qu'elle me flatte en me faisant plus vieux.

Non, sixième. Elle hoche à nouveau la tête.

Nous avons arpenté les couloirs ensemble, croisant très peu d'élèves sur le chemin. Quelques Serpentards me lancent des regards curieux, mais aucun d'eux n'osera me poser de questions, même dans notre salle commune. A part si tout ça arrive aux oreilles de Blaise. Lui, il se moque bien du respect qu'on doit à un Malfoy. Et c'est bien le seul que j'autorise à me parler franchement. Julia grelotte, elle a l'air glacée. Voilà qui lui apprendra à se ballader à moitié nue sur les toits par un temps pareil. Je lui aurais volontiers prêté ma veste mais deux raisons m'en dissuadent. La première, je ne suis pas du genre chevalier servant les demoiselles en detresse, j'en ai déjà bien assez fait pour ce soir. La seconde, ma veste est largement aussi trempée que la sienne.

Finalement, nous sommes arrivés devant l'entrée de sa salle commune. Là, deux filles attendaient avec un semblant d'inquiétude sur le visage. Quand elles ont aperçu Julia, leurs regards se sont tout de suite apaisés. Jusqu'à ce qu'ils tombent sur moi. Immédiatement, c'est l'interrogation qui a pris la place de l'inquiétude. Elles sont plutot mignonnes. Une a des cheveux chatain qui ondulent jusqu'à ses reins, et de magnifique yeux d'un bleu roi. L'autre a la peau plus brune et deux perles noisettes pour prunelles. Aucune des deux ne rivalisent avec la beauté de Julia.

Tu étais encore là-haut? Demande celle aux yeux bleus.

Tu sais que t'es vraiment cinglée? Renchérit la plus mate. Un jour tu vas te faire foudroyer ou tomber du toit! Pour toute réponse, la belle Julia éclate d'un rire fin et léger, avant de repartir de sa voix si douce.

Drago, je te présente miss Lizzy McAree et Rita Moralez. Je leur fais un signe de tête, auquel elle réponde poliment. Elles n'ont visiblement qu'une hâte: que je les laisse bavarder sur le pourquoi du comment de mon arrivée avec Julia. Ce que je ne tarde pas à faire.

Voilà, j'ai fait mon devoir, alors on se recroisera sûrement dans les couloirs, Julia...Elle hoche la tête, un sourire radieux découvrant une dentition parfaite. A plus! J'adresse un signe de la main aux deux autres, qui me réponde évasivement.

Le chemin qui sépare la tour des Serdaigles des cachots des Serpentards est long. Assez long pour que je puisse réflechir, et même aller jusqu'à me perdre dans mes pensées. Et ces pensées sont toutes allées vers elle. Pour une fois, aucune image de mon père ou de son lord ne vient me hanter. Seulement deux mots: Julia Benett. Et une image: celle de son corps si parfait. Ses formes fines, discrètes sous son uniforme trempé. Ses cheveux bouclants à souhaits et chatoyant de reflets miel et platine. Sa bouche en bouton de rose qui s'ouvre en de si beaux sourires. Ses yeux étincelants d'intelligence et de malice. Son nez délicat, son menton doux et ses pomettes hautes. Sa voix pure et ses mouvements gracieux...

A peine le temps de me refaire notre rencontre mentalement que déjà, je me retrouve dans mon dortoir. Crabbe et Goyle ronflent comme deux porcs goinfrés de pommes trop mures, Blaise a tiré ses rideaux et dans mon lit, un corps voluptueux s'est laissé aller au sommeil. Je ne m'étais pas aperçu qu'autant de temps s'était écoulé. Je me déshabille lentement. Je suis crevé, j'irai prendre une douche au levé, demain. Je me glisse dans mes draps. D'habitude, j'aurais réveillé Pansy pour qu'elle retourne dans son propre lit. Mais ce serait tout de même un peu trop cruel de la jeter dehors après qu'elle m'ai attendu une bonne partie de la journée, pour rien.

Ce qui est à regretter, d'ailleurs, puisqu'elle porte des dessous plus que coquins, à ce que je vois. A peine nos corps se touchent qu'elle vient chercher ma chaleur, ses bras se nouant autour de ma nuque. Je ne la repousse pas. Les rideaux à baldaquins sont tirés, personne ne peut nous surprendre dans cette position. Bien plus compromettante pour moi qu'aucune autre du Kama-Sutra. J'encercle sa taille dessinée de mes bras, sans la serrer contre moi. Je respire son odeur musquée, mais dès que mes yeux se ferment, c'est un autre corps que j'ai l'impression de tenir. Un corps pur et gracieux. Un corps d'ange.