Hello tout le monde!

Et voilà le nouveau chap de The Swan, un peu plus long que le précédent, je crois. C'est un chapitre un peu spécial, en fait, où l'histoire d'amour entre Julia et Draco n'avance pas, mais que je trouve intéressant quand même. En fait, on passe par le point de vue des élèves les plus proches de nos tourtereaux. Soit Pansy et Blaise pour Dray, et Bob, Rita et Lizzy pour Julia. Ca permet de mieux les connaitre et de voi ce qui se passe autours du couple

Les points de vue sont mis au hasard, il n' a aucun odre précis...Et aucune chronologie non plus, c'est dans le désordre complet, et c'est fait exprès lol!!

Un grand merci aux revieweuses, en particulier les anon. à qui je ne peux pas répondre en privé: jvous adore toutes!!


4. All together now


"Robert"

La chair chaude et douce de ses cuisses, que laissait apparaitre sa jupe marine d'uniforme, me faisait un oreiller agréable. J'avais le nez emplit de ce parfum de gateau et d'enfance qu'elle dégageait, fragance de laquelle je m'abreuvais depuis ma toute première entrée à Poudlard. Ca sentait bon les bêtises, l'amitié et les vacances de Noel, en plein mois de Septembre. J'ai quatorze ans, je suis sans me vanter un des mecs les plus convoités de l'école, et je me laisse encore bercer par ces idioties pueriles. J'ai dû bouger car, d'un mouvement doux et élégant, elle a baissé son visage d'ange vers moi.

A quoi tu penses? Elle pose sa question avec ce petit sourire tranquille qu'elle arbore si souvent. Sa main, petite et légère comme un courant d'air, fait quelques va-et-vient dans ma chevelure châtaigne.

Mon immaturité...Un petit rire cristallin résonne dans sa gorge, et fait vibrer les jambes contre lesquelles j'appuis nonchalamment ma nuque.

Chaque fois que nos regards se croisent, j'ai l'impression de retomber en enfance, et d'observer la vitrine d'un magasin de jouets, où une étrange poupée serait exposée. C'est à ça qu'elle ressemblait: l'image parfaite et surfaite de la petite fille modèle: des anglaises blondes et chatoyantes qui encadrent un visage aux rondeurs candides, d'une peau blanche et chaste...De grands yeux bleus, entourés de cils noirs et épais, en contradiction complète avec ses sourcils clairs et ses cheveux d'ange, et puis cette bouche en coeur, ces joues rosées et ce cou gracieux, au-dessus de ce corps pubère sur lequel on pourrait glisser n'importe quelle tenue sans qu'elle paraisse vulgaire.

N'importe quel homme qui s'intéresserait de plus près à Julia Benett, de quelque classe sociale qu'il vienne, serait forcé de tomber sous son charme. Elle est tellement rayonnante, comme si une aura de sagesse et de candeur entourait son petit corps fragile...On ne saurait y résister! Et moi pas moins que les autres. J'ai eu une sorte de coup de foudre, dans le Poudlard Express, le jour de notre rencontre, il y a quatre ans de cela. Elle me parlait comme si on s'était connu des années plutôt, et elle avait cette confiance en son futur, comme si elle savait quelque chose que le monde entier ignorait, et que cela la préservait de nos pauvres inquiètudes humaines.

Depuis ce jour, je n'ai plus jamais pû la quitter. J'ai été hypnotisé par son charme, envouté par son charisme, touché par sa bonté, attendrit par sa candeur. Mais d'une façon différente. Différente de ce qu'on ressent lorsqu'on est piégé par la beauté ou le charme d'une fille. Je n'avais aucune envie de coucher avec elle, je répugnais même à embrasser ses lèvres pourtant roses et pleines. Je voulais qu'elle se blotisse contre moi, qu'elle m'appelle à l'aide, qu'elle ne me cache rien, que ce soit en moi qu'elle mette toute sa confiance. Je voulais être son frère.

Et c'est ce que je suis devenu, avec le temps, et toute l'amitié que j'ai pû lui donner, et qu'elle m'a renvoyé en retour. Elle vient supporter mes matchs de Quidditch, elle fait ses devoirs avec moi, elle me confesse ses journées, chaque soir ou presque, c'est moi qu'elle vient chercher lorsque quelque chose ne tourne pas rond. Elle désirait être ma soeur, elle aussi, et c'est ce qu'elle est devenue. Il n'a pas fallut trop longtemps pour que je l'accepte dans cette fratrie de pure fiction. Je l'aime si fort que je donnerais ma vie pour elle, sans hésiter. Mais jamais il ne me viendrait à l'idée de la toucher, de l'embrasser, de l'étreindre autrement que comme un frère.

Bien sûr, les gens ont du mal à croire à ce genre d'amitié. Julia est une belle fille, et je suis réputé pour être sorti avec pas mal de filles, en particulier des plus vieilles que moi. Certaines rumeurs sont vraies, d'autres enrobées d'histoires de dortoirs, mais je laisse couler, tant que ça ne touche pas à ma fierté. Mais je dois bien avouer que, des dortoirs aux vestiaires, en passant par la bibliothèque, je crois bien que chaque mec du collège m'a demandé au moins une fois s'il y avait autre chose que de l'amitié entre Julia et moi...Et la plupart du temps, ma réponse les laisse douteux, méfiants, curieux...

Tu risques de penser longtemps, alors...

Ajoute Julia avec un air malicieux. Je fais la moue et la chatouille sous les côtes, là où je sais qu'elle est sensible. Son rire est incontrôlable, cette fois, et s'étale en un panel de sons graves et nerveux, alors qu'elle essaye en vain de se débattre. Les éclats de voix résonne dans toute la salle commune, où nous sommes seuls, pour une fois. Quel bonheur de profiter d'une soirée calme, ici. Mais un bruit sourd et grave retentit, et, stopant net nos enfantillages, nos têtes se tournent. J'ai parlé trop vite, semble-t-il.

C'est le moment que Rita Moralez a choisi pour entrer. Sa jupe courte, bleu marine, virevolte tant le pas est rapide, mais elle s'arrête net quand elle nous aperçoit. Elle tient sa veste et son sac de cuir d'une main, et seule la blancheur immaculée de son chemisier la couvre. Léger, boutonné seulement à l'orée de sa poitrine et jusqu'à ses hanches féminines, il est horné d'un blason Serdaigle, luisant sous la flamme de la cheminée.

Sa peau est dorée, brunie par ses origines espagnoles, et elle contraste, parmi nous anglais et autres irlandais de souche. Ses cheveux, longs jusqu'à ses reins, forment des boucles noires et épaisses, qui coulent en cascade sauvage sur son dos fin et cambré. Ses grand yeux en amande, d'un noisette farouche et pourtant si transparent, se bloquent sur la main qui est toujours posée sur le ventre de son amie.

Rita aussi, est une beauté. Mais une beauté si différente de celle de Julia qu'on les croirait issues de deux espèces distinctes. Rita avait ce charme brûlant et torride des espagnoles, ces grands accès de colère bruyante qui la rendaient faible. Elle ne savait pas cacher ses émotions et se laissait complètement guider par elles. Elle avait aussi ce halo de mystère, cette beauté qui échappe, qui fuit quand on tente de l'attraper, alors qu'elle ne demande qu'à être apprivoisée...C'était le démon, le pêché, tellement tentant à côté de l'ange intouchable.

Rita? Appelle Julia. La susnommée nous adresse un bref et froid signe de la main avant de partir vers ses dortoirs. Avec un regard d'excuse qui, il me semble, ne m'était pas destiné, Julia se lança à sa poursuite, les faisant toutes deux disparaitre de ma vue.


"Pansy"

Il est à peine huit heures du matin. Je ne suis pas une lève-tôt, en général, et encore moins les dimanche. Mais c'est un jour particulier. Hier soir, Draco m'a demandé de le rejoindre ici, dans son dortoir. Même si je n'aime pas l'idée qu'il m'appelle et me renvoie comme une vulgaire esclave, je n'ai pas pû me résoudre à refuser. J'en avais sûrement autant envie que lui. Pas de la même façon, en tout cas. Draco avait seulement envie de sexe, et de regonfler son égo en constatant à quel point j'étais sensible à ses gestes.

J'aime aussi le sexe, c'est évident. Et Draco n'a pas volé sa réputation, croyez-le. C'est quelque chose de génétique, d'après ce qu'en dit une de mes tantes, qui a très bien connu Lucius, dans sa jeunesse Poudlardienne. Mais en plus d'être un dieu du sexe, Draco est aussi un être humain. Et s'il le cache précieusement à longueur de journée, il se délivre pendant nos tendres nuits.

Je ne suis pas aussi idiote qu'il le pense: je sais bien qu'il couche avec d'autres filles, et qu'il regarde peu leur ascendance, contrairement à ce qu'il prétend. Mais je m'en fous. Il a beau inviter le tout poudlard dans son dortoir, je suis la seule et l'unique qu'il rappelle depuis ces quatre ans depuis lesquels il m'a pris ma virginité. C'est une preuve, tout comme ses gestes tendres et ses baisers légers, en intimité. Ho, pas une preuve d'amour, je ne me leurre pas à ce point. Mais un preuve d'atachement, d'affection même, qui sait?

En revanche, contrairement à lui, je ne me suis jamais laissé touchée par un autre. Je suis et resterai la femme de Draco Malfoy. Sa propriété, autant qu'il est la mienne. Que je lui laisse la corde longue ne signifie pas que je n'en tienne pas le bout...Alors j'attends patiemment le jour où il comprendra, ou plutôt celui où il s'avouera, que nous ne pouvons qu'être ensemble, et qu'il me demandera en mariage. En attendant, je ne veux pas être souillée par un autre que lui.

C'est pour ça que je me réveille si tôt, ce matin. Je veux pouvoir observer son visage avant qu'il ne se recouvre de ce masque imbuvable qu'il veut montrer aux autres. Les rideaux du baldaquins, dans leur satin emeraude, sont tirés et nous cache à la vue des autres garçons. Allongée sur le ventre, j'ai le menton appuyé sur mon coude, lui-même replié, reposant sur le torse d'albatre de mon amant.

Sa peau est claire et juvénile, son corps si différent, déjà adulte avec ses muscles fins et dessinés, ses cicatrices rosâtres dûes aux entrainements de Quidditch. Ses grandes paupières, longées de cils longs et clairs, sont d'un lisse et d'une détente impressionants. Son nez droit, tranchant, fusèle son visage avec aristocratie. Son menton tout aussi pointu a l'air de s'adoucir, et sa bouche détendue se fait boudeuse, rêveuse...

Tout à coup, mon avenir se dessina tout seul, dans mon esprit. Un futur auquel j'avais déjà songé cent fois au moins. Draco, avec quelques années de plus, peut-être même avec quelques rides d'expression et moins d'abdos sur le buste, part rejoindre son travail, un poste important du ministère de la magie. Et pendant ce temps, je reste sagement chez nous, à vérifier que les elfes nettoient parfaitement le magnifique manoir que ses parents nous auront fait construire en cadeau de mariage, et qu'ils nourrissent convenablement nos trois enfants. Des petites têtes blondes, ou brunes, avec ces traits aristocratiques et respectables que les Malfoy et les Parkinson partagent.

Je dépose quelques baisers aériens sur son cou, là où nos deux parfums se mélangent tant nos têtes se sont blotties ensemble, cette nuit. Je ne l'entends pas émettre ce fameux grognement qui m'indique qu'il se lève, d'habitude, mais sa main vient se poser sur ma hanche. Lentement, langoureusement, puis plus vite, il semble chercher sur ma peau quelque chose qui ne trouve pas. Puis, je l'entends soupirer. Je préfère me dire que c'est d'aise...


"Rita"

Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? Nom de Dieu, pourquoi est-ce que je suis toujours la seule à s'esclaffer comme une damnée à la moindre farce, pourquoi je suis la seule à pleurer toutes les larmes de mon corps dès que je lis un fait divers? Et pourquoi là, maintenant, je cris? Simplement pour avoir aperçu la main de Rob sur la hanche de Julia? Oui! Oui, et je ne peux rien faire contre! Je suis simplement triste, et énervée, et jalouse, et perdue...

Depuis ma première année, je suis follement, dangereusement, éperdument amoureuse de Robert Johnson. Il est parfait. Ses cheveux soigneusement décoiffés, ses grands yeux vert tendre, sa bouche apétissante, sa réputation de charmeur, son corps de gardien de Quidditch, son intellect précis et ses gestes gracieux. Tout chez lui était fait pour me faire fondre, et fonctionnait admirablement bien.

Alors pourquoi, Satané Père, pourquoi est-ce que ce n'est pas pareil pour lui? Pourquoi est-ce qu'il ne se sent pas soumis à cette même attirance, pourquoi ne sent-il pas ce destin tracé comme moi je le sens? Est-ce que je suis puni par les dieux, contraite à aimer un homme qui jamais ne me verra? Une sorte de chatîment céleste que je ne peux que subir? J'aimerais tellement qu'il comprenne à quel point j'ai besoin de lui!

Et c'est pourquoi, il y a environ un an de cela, j'ai pris mon courage et ma fierté à deux mains, et je suis allée voir Julia Benett. Julia est le genre de fille que les adolescentes détestent. Elle est svelte, belle, douce, agréable, intelligente, noble, et surtout complètement inconsciente de tous ces charmes. Et elle fait tourner les têtes, chavirer les coeurs et bondir les hormones sans même s'en apercevoir. Je n'échappais pas à la règle, à cette époque.

En lui parlant la première fois, j'ai constaté à quel point ses cils étaient trop longs, ses yeux trop bleus et sa bouche trop dessinée pour qu'elle ne soit pas au courant de sa beauté. Mais très vite, j'ai réalisé qu'elle n'était pas du tout comme les autres. Pas du tout comme moi. Elle semblait vivre sur un petit nuage, là où aucun problème de la terre ne pouvait la toucher, là où personne ne pouvait la briser.

Bien sur, je ne l'ai pas crûe le jour où elle m'a jurée qu'il n'y avait rien entre elle et Bob. D'ailleurs, je ne l'ai pas plus crûe les mille autres fois où elle me l'a dit, promi ou juré. Chacun de leur geste, de leur regard envers l'autre est bien trop doux, bien trop tendre pour qu'il ne s'agisse que d'une innocente amitié. Même si j'ai envie de lui faire confiance, surtout maintenant que nous sommes amies, je ne peux pas. La place du doute est trop importante pour que je passe dessus.

Rita!

Elle arrive derrière moi mais déjà, je suis allongée sur mon lit. Je la toise. Elle s'arrête et soupire, ne me lachant pas de son regard lagon. Je lève les yeux au ciel, et déjà elle se détend. Il ne faut pas que je me laisse ramollir par ses airs de gamine naïve. Elle sait très bien qu'elle me blesse, ce n'est pas la première fois que ça arrive. En attendant, partout où je vais, je la trouve toujours bras dessus bras dessous avec Bob.

Laisse moi tranquille, Julia, tu veux? Elle soupire et s'assoit sur le bord de mon matelas, trop près de moi.

Ne sois pas stupide, s'il te plait. Je rabats mes jambes sur ma poitrine pour creuser un fossée plus grand entre nos deux corps. Elle soupire une nouvelle fois, tandis que je garde le silence. Est-ce qu'on va avoir cette conversation qu'on a déjà eu cent fois? Son petit sourire coquin me fait bouillir. Elle prend ça a la légère car ça ne représente rien pour elle. Et moi, je souffre.

Non, Julia, on ne va pas avoir cette conversation. Elle hausse les sourcils, surprise. Arrête d'essayer de me convaincre qu'il n'y a rien entre vous, et prouve-le, plutôt, au lieu de te jeter dans ses bras dès que je ne suis pas dans le coin! Elle prend un air farouche.

Je ne me jete pas à son cou, et tu le sais. Elle tortille ses cheveux parfaits de ses doigts parfaits. Il est comme mon frère, c'est tout. Un rire ironique et amer s'échappe de ma gorge sans que je ne puisse le retenir.

Peut-être que c'est comme ça que tu le vois, mais honnêtement, tu trouves qu'il te lance des oeillades fraternelles?

Il n'y a que toi qui vois quelque chose de malsain, là dedans! J'éclate de rire.

Oui...Moi et les cent autres Serdaigle...

Elle garde le silence en me fixant de ses immenses saphirs enflammés. Le miroir, en face de mon lit, renvoie cette image que je déteste. Je ne me trouve pas spécialement laide, mais c'est fou ce que je peux faire tache à côté d'elle. Ses airs de sainte intouchable et en même temps si coquine battent à plate couture mes traits méditérrannéens, tellement communs à quelques centaines de miles d'ici...

Mais je ne peux pas lui en vouloir, parce qu'en plus d'être belle, elle est aussi drôle et intelligente, sincère et fidèle. Je ne peux pas la renier simplement parce que sa beauté me fait de l'ombre. Je ne suis pas jalouse, juste déçue que la nature ne m'ai pas autant flattée que Julia à ma naissance. En fait, je ne peux même pas me résoudre à croire qu'il se passe quelque chose entre Bob et elle. Julia ne me ferait jamais ça, elle est trop parfaite pour trahir une de ses meilleures amies.

Okay, je suis désolée...Dis-je en ouvrant les bras.

Moi aussi. Elle vient se blottir contre moi. Je ne suis pas tellement plus grande, ni plus grosse, mais j'ai quand même l'impression de tenir une enfant dans mes bras. Sûrement l'effet de son parfum sucré...Je souris dans le vide.


"Blaise"

Je ne vais jamais à la bibliothèque, c'est rempli de gens studieux et bavards qui cherchent des nouveaux amis à chaque coin de rayon. Grave erreur. On ne peut pas lire un bouquin tranquille, dans cette fichue sale commune. Remarquez, je devrais le savoir, depuis le temps! Aujourd'hui, pour ne pas changer, c'est Draco qui vient me déranger. En prenant soin de se faire annoncer par sa courtisane favorite, mais bientôt remplacée, si j'en crois mon "maitre".

Pansy arrive de sa démarche chaloupée. Les hanches balançants langoureusement de chaque côté, ses jambes allongées par de hauts talons et la poitrine regonflée par un bustier cintré. Elle n'est pas maquillée, mais elle n'en a pas besoin pour être désirable. Son teint pâle contraste formidablement avec son carré noir et raide comme l'ardoise. Sa frange retombe sur ses sourcils fins, accentuant son regard de biche, d'un noir de jais, lui aussi. Sa bouche boudeuse est gonflée des baisers qu'elle vient d'échanger avec son cher et tendre.

Il arrive...Me lance-t-elle lorsqu'elle passe devant moi. Je hoche la tête et elle m'adresse un clin d'oeil complice.

Même sa voix est plus sexuelle que sensuelle. Chaude et grave, avec ses accents coulants. Elle parait hautaine, et en même temps, si facilement soumise. Tantôt exigeante, tantôt suppliante, elle sait très bien s'en servir pour obtenir ce qu'elle désire. Des petits chuchottements aux cris rauques, elle a tout tenté. Ca fait partie de ce qui séduit un Malfoy. Et pas un Zabini. Malgré toute la luxure qui entoure chaque pas de Pansy Parkinson, elle ne m'a jamais attiré. Je suis un des rares serpentards dans ce cas, et ça doit être pour ça que Draco me fait une si grande confiance.

Elle sort immédiatement de la salle commune, et je crois savoir où elle se dirige. Comme Draco, Pansy s'est toujours crûe au-dessus de nous autres, même si nous sommes aussi purs qu'eux. Alors, elle ne se mélange pas à ses soeurs serpentards dans les douches, non. Après les nuits passées avec son amant, trop rares à son goût et trop fréquentes aux yeux de l'intéressé, elle préfère l'intimité de la salle de bain des préfets.

Salut, Blaise.

Salut, Draco.

Le "Prince des Serpentards" s'assoit sur le divan en face du mien. Comprenant que dès qu'il aura réouvert la bouche, je n'aurai plus une seconde à moi, je referme mon livre et le pose sur une table basse. Je prends mes aises sur le canapé, impatient (ou pas) d'écouter son récit. Pour l'instant, paupières fermées et lèvres légèrement entrouvertes, il ne semble pas prêt à commencer. J'attends patiemment.

Je ne me sens pas inférieur à Draco. Nous avons des sangs semblables, une popularité égale parmi le élèves. Il est peut-être meilleur joueur de Quidditch, mais j'ai de bien meilleures notes que les siennes dans la plupart des matières. Et si le défilé des dortoirs est plus impressionant de son côté, c'est simplement parce que je ne suis pas de ceux qui aiment jouer des sentiments des autres.

Comment a été ta nuit?

Je souris. Il a beau être rentré tard et accompagné, il a tout de même remarqué que moi, je ne suis ps revenu au dortoir, hier soir. Ca fait partie des traits étonnants de Draco Malfoy, et des rares qu'il n'a pas hérité de son père mais de sa mère (même s'il répugne à l'avouer...). Même si il n'est qu'un gosse de riche pourri gâté et imbu de sa personne, il est plus observateur que ce qu'on l'on croit, en particulier quand on se rapproche de son entourage le plus proche...

Aussi bonne que la tienne, jespère...Il éclate franchement de rire.

Il aura fallut beaucoup d'efforts, alors...Je hausse les épaules.

Pansy n'est pas la seule fille attirante du chateau, mais certaines cachent mieux leur jeu. Tu dois savoir ça...

Ca n'a rien à voir. Ses yeux de métal se sont durcis, fixés sur mes prunelles brunes, plus douces, moins tranchantes.

Bien sûr que si...Tu te lasses de Pansy, et au même moment, tu te découvres une petite serdaigle apétissante pour la remplacer. Il allume une cigarette. C'est plutôt rare, en particulier en dehors des fêtes mondaines auxquelles nous devons souvent accompagner nos familles. Il me tend le paquet, mais je le refuse, comme toujours.

Je ne vais pas remplacer Pansy par Julia. Elles ne jouent pas dans la même cours. Je hausse les sourcils. Pour avoir vu Julia quelques fois dans les couloirs, je vois exactement de quoi il veut parler, mais ça m'étonne que Draco lui-même l'ai remarqué, avec son peu de considération habituel pour la gent féminine de Poudlard. Pansy est seulement bonne pour baiser. Et je ne me vois pas du tout coucher avec Julia. Elle est trop...Parfaite? Pure? Irréelle?...Gamine.

Ca va changer...Il me lance son paquet d'alumettes à la tête.

Arrête de faire ça, Blaise! En lui rendant la petite boîte de carton, j'éclate d'un rire franc.

De faire quoi?

De faire comme si tu savais tout mieux que tout le monde!

Nous rions comme deux gosses jusqu'à ce que quelqu'un entre dans la salle commune. C'est Greengrass, avec son regard hautain et ses minauderies à Draco. Nous attendons patiemment qu'elle disparaisse dans son dortoir pour continuer de rire. Ses traits détendus et ses cheveux pour une fois réellement décoiffés sont surprenants. Draco Malfoy est lui-même. Il n'y a qu'avec moi qu'il s'autorise ça, et je crois que c'est ce qui prouve que je suis son meilleur, et surtout son seul ami.


"Elisabeth"

C'est mal. Je sais à quel point c'est mal. Mes parents m'ont enseigné ces valeurs que je conseille à mes amies sans les respecter moi-même. C'est mal. Je suis jeune, inconsciente et irresponsable. Je n'ai que quatorze ans! Ce n'est peut-être pas interdit, mais ça n'empêche pas que ce soit mal. Très mal, même. Et le cacher à mes amies, c'est encore plus mal. Mais je n'oserais pas leur avouer, c'est trop mal. J'ai été élevé dans une famille moldue et catholique. Chez nous, tout le monde serait d'accord pour dire que c'est très mal.

Mais qu'est-ce que c'est bon! Souvent, les meilleures choses sont les plus dangereuses. Le chocolat l'est pour les hanches, et ça, ça l'est pour mon avenir post-mortem. L'enfer m'attend, si ce n'est une errance eternelle, balancée entre les morts et les vivants. Pitié, je ne veux pas finir comme la Dame Grise. Elle est belle, mais sacrément aigrie, tout de même! Pour l'instant je ne fais que savourer ces instants que je regretterai dès demain.

Il porte un tee-shirt gris souris. Ou plutôt, il portait, car je m'empresse de le lui retirer lorsqu'il se trouve à portée de bras. Dans la pénombre, je ne distingue pas son teint de peau exact, ni les détails de ses traits, mais qu'importe, ce nest pas comme si je ne les connaissais pas par coeur. Et puis l'essentiel est là: son grand corps musclé encerclant le mien, son visage penché pour me voir, ses lèvres ourlées sur les miennes, et ses prunelles chocolat qui vrillent mes pauvres yeux d'un bleu foncé comme celui des poissons.

A son tour, il fait glisser le débardeur en coton que je porte au-dessus de ma tête. J'entends le tissus tomber sur le sol, et ressere mes mains autour du cou épais de mon amant. Son parfum est boisé, masculin et délicieusement exotique. Je sens ses lèvres frôler mon cou, puis déposer quelques baisers mouillés et aériens derrière mon oreille. Je ronronne presque sous ses caresses expertes, oubliant tout sentiment de culpabilité. Il est si doux, si tendre..

Tout est allé très vite, peut-être même trop vite, depuis notre rencontre. Comme tous les élèves de Poudlard, je l'ai vu pour la première fois plusieurs années auparavant, à mon entrée au collège. Je ne l'avais pas remarqué. Et puis l'an dernier, alors que je m'adonnais à une de mes excursions plus ou moins secrète dans la bibliothèque, je l'ai croisé sur le chemin. Je ne sais pourquoi, il s'est mis à me parler.

Et puis presque tout de suite, nous avions pris pour habitude de nous retrouver à ce même endroit chaque soir, devant la statue de Parfait le Pieu. Quelle ironie, quand j'y pense! Ces rendez-vous n'ont été qu'amicaux pendant près de deux mois. On parlait au bord du lac, ou bien on faisait le tour du chateau, chacun son bouquin à la main. Bref, nous avons fini par devenir de vrais amis. Et puis on s'est plus ou moins éloignés un de l'autre. Les nombreuses révisions que ses BUSE exigeaient ont eu raison de notre amitié.

Ce n'est que le dernier jour de l'année scolaire que nous nous sommes retrouvés. En fait, il est venu me trouver devant ma salle commune. Il a dit que si nous devions être séparés pendant tout l'été, autant qu'il garde un souvenir de moi le plus beau possible. Il m'a embrassée comme jamais on ne m'avait embrassée, et il a disparu pendant ces deux longs mois de vacances. J'ai ruminé et fantasmé sur ce court mais délicieux baiser tout au long des vacances d'été.

Le jour de la rentrée, alors qu'on venait à peine de reprendre nos marques dans le chateau, je l'ai revu. Je n'ai pas pu résister. Le souvenir de son parfum, de son sourire, de son baiser, de son étreinte...Tout ça était trop fort pour lui comme pour moi. Nous avons partagé notre première relation sexuelle ensemble, ce soir là. Pour moi, c'était même la première tout court. Pour lui je ne pense pas, même si je n'ai pas posé la question franchement...Mais il est si assuré, si maître de la situation, que je ne peux pas en douter...

Tu me donnes des vertiges, Lizzy...

Ses murmures chatouillent mes lèvres, tandis que sa bouche sourit contre la mienne. Je ne peux pas m'empêcher de ricaner bassement. Lui aussi, il me donne des vertiges, et il n'imagine pas à quel point c'est vrai! Je suis en sueur, et je ne sais plus où je suis, ni ce que je fais. Je perds la tête quelques minutes, oubliant principes et tutti quanti pour être juste moi, dans ses bras. C'est tellement agréable...

Je t'aime, Liz...

Ses murmures sont bien compréhensibles, cette fois, et loin d'être drôles. Sa main continue son ascension sur ma cuisse, sa bouche torture toujours mes lèvres de baisers ardents, sa jambe se glisse entre les mienes pour que je sois docile, mais je me suis rendue plus dure qu'un mur de ciment. Pourquoi faut-il qu'il complique les choses?..