Hello!
Oui, je sais, incroyable mais vrai, i'm back. C'est pas un hasard. J'étais tranquillement en train de lire mes reviews, sur mon autre compte, quand je suis tombée sur un commentaire de l'Or Blanc, qui me faisait plus ou moins passer un sale quart d'heure parce que j'avais arrêté cette fic. Ayant un souvenir de fic banale et plus ou moins bidon, j'ai quand même eu la curiosité de venir la relire (hé oui, après presque deux ans, je ne me souvenais pas trop de cette histoire, comme vous je pense) et puis je me suis dit: (sans prétention aucune) c'est vrai que c'etait pas mal, quand même, et que c'est dommage d'arrêter là. C'est vrai que la fin prévu ne me plaisait pas du tout, du coup, je l'ai changé, mais la trame de la fic reste la même, ca ne change rien aux chapitres précédents. Je promets de n'arrêter cette fic que lorsqu'elle sera terminée, cette fois. J'espère que vous m'aurez pardonnée :) Sur ce bonne lecture, ce chapitre fait 4 000 mots, à peu près comme d'hab, et je vous embrasse R&R
6. Dreaming
*Draco*
Voilà maintenant un mois que j'ai entamé ma sixième année à Poudlard. Qu'est-ce qui a changé depuis la rentrée ? Pas grand chose, en fait. Je déteste toujours ce vieux château poussiéreux, les cours inintéressants qu'on nous y donne, la nourriture monotone des elfes de maison, les uniformes bien sagement repassés chaque matin et l'odeur nauséabonde des cachots. Cachots où je le rappelle, mes camarades Serpentard et moi-même sommes contraints de vivre dix mois sur douze, jusqu'en juin de l'année prochaine. Enfin, tout est strictement pareil, à quelques détails près.
D'abord, Pansy et moi. Elle a beau n'être qu'une pétasse écervelée, Pansy a bien compris que mon intérêt pour elle, même physique, ne faisait que décliner. Ô bien sur, nous couchons toujours ensemble. D'ailleurs elle est encore la seule fille avec qui j'ai déjà couché, cette année. Mais elle me trouve plus distant, moins passionné pendant nos ébats. J'ai l'impression qu'elle peut lire dans mes pensées, et qu'elle sait à quel point je suis distrait, et par quoi. En tout cas, elle est de moins en moins agréable. Elle me pose tout un tas de questions dès que je m'absente, et ne cesse de me demander à quel point je suis attaché à elle, si notre histoire va continuer après le collège et blablabla et blablabla... Questions que bien évidemment, j'élude toujours. Elle se conduit presque comme si nous étions un vrai couple, officiel. Non mais ou elle se croit...
La seconde chose qui a changé, ces trente derniers jours, c'est mon ami Blaise Zabini. Nous entretenons toujours de bonnes relations, et si j'ai une question qui me trotte dans la tête, c'est toujours à lui que je vais oser la poser, mais son comportement a quelque peu changé. Cette fois, c'est lui que je sens plus distant, distrait, et désintéressé de mes petits problèmes. Pas que ma vie dépende du bon vouloir de Blaise, loin de là, mais je dois bien avoué que j'aimerais garder parmi mes proches une personne à qui je peux m'adresser sans devoir porter ce masque de noblesse, ni faire et refaire tout un tas de ronds de jambes. Enfin, un jour ou l'autre, il se décidera bien à me dire ce qui se trâme. Tant que ce n'est rien qui me concerne, après tout, je ne vois pas pourquoi je devrais m'en mêler.
La troisième chose qui perturbe mon cher quotidien habituel, et pas des moindres, est Julia Benett. Dois-je vous rappeler ce petit corps mince, ses grands yeux lagon bordés d'épais cils noir, cette chevelure blonde comme les blés, chatoyant sous le soleil comme par le mauvais temps ? En fait, si cette année ne se passe pas comme les précédentes, c'est simplement à cause d'elle. Si je ressens autant le besoin de me confier à Blaise, c'est pour parler d'elle, et si je m'éloigne de plus en plus de Pansy, c'est parce que je me rends compte qu'à côté de Julia, elle n'est rien. Ce qui m'inquiète le plus, c'est qu'elle me fasse changer. Je ne veux pas changer. Je ne dois pas changer. Je suis un Malfoy, et tout mon être, depuis mes mimiques jusqu'à ma démarche en passant par mon caractère prétentieux a été travaillé depuis ma naissance pour que je m'inscrive convenablement dans la lignée de mes pères.
Pourtant, une force irresistible me pousse à me faire doux lorsque je suis avec elle, et même si je me laisse aller à quelques sarcasmes parfois, je n'ai qu'à me plonger dans ses yeux une seconde pour comprendre qu'elle se rend bien compte que je ne fais que me voiler la face. Elle a un pouvoir sur moi, et je déteste ça, mais je ne peux pas renoncer à la voir malgré tout. Enfin, n'allez quand même pas croire que je vais laisser une minette de quatorze ans me manipuler et me mener à la baguette, j'en ai bien assez de mon père, pour ça. Après tout je reste Draco Malfoy, prince des Serpentard aux yeux de tous, et si je laissais leur respect se ramollir en me voyant à genoux devant une Serdaigle, je n'oserais même plus me regarder dans un miroir (pourtant Merlin sait à quel point j'aime le faire).
Pour l'instant, il n'est que quatre heures du matin, et je ne devrais pas me torturer l'esprit ainsi. Je suis sensé me reposer, profiter de cette énorme lit que pour une fois, je ne partage pas, et dormir. Demain, un match de Quidditch m'attend, et je devrais mettre sa pattée à Potter. J'aimerais tellement retrouver cette sensation de calme et de plénitude que j'ai ressentie le jour où Julia et moi nous étions allongés au bord du lac. J'ai l'impression que cet après-midi béni date d'il y a des siècles. Mais ce remue-méninges me fatigue enfin, et je sens peu à peu mes paupières qui se font plus lours, mes pensées qui commencent à perdre de leur sens, et mes muscles qui se détendent un à un. Bientôt, les rideaux de satin vert disparaissent de ma vue, et je me laisse bercer par le néant rassurant des bras de Morphée.
Le petit jour pointe son nez, j'aperçois le soleil qui se fait une place à l'Est de l'horizon. Il ne fait pas froid, je sens une douce brise matinale faire voleter mes cheveux, caresser mon torse nu et chatouiller mes orteils à travers l'herbe tendre. Ca n'a pas de sens. Je suis dans le parc, encore en pyjama, pieds nus. Autour de moi, une foule d'élève est amassée et me pointe du doigt. J'y reconnais Potter, Granger, la totalité des enfants Weasley et même Pansy. Mêlé parmi les moqueurs, Blaise secoue la tête d'un air désolé, sans cesser de me fixer. Je commence à paniquer, mon coeur bat de plus en plus vite. Serais-je devenu sommnabule ? Est-ce qu'on m'a joué un mauvais tour et trainé dans le parc alors que j'étais encore plongé dans mon sommeil ? Impossible d'en savoir plus. Tout ce que je comprends, c'est que je vais asséner des coups de baguette partout autours de moi, jusqu'à ce que les rires déchainés s'arrêtent. Ma baguette ? Je ne l'ai pas. Ca ne me ressemble pas, je ne sors jamais sans, même pour aller pisser...
Soudain, une petite fille se fraye un chemin à travers la foule. C'est Julia. Elle est en uniforme, comme toujours, mais ne porte ni de chaussures ni de veste, comme lorsqu'elle se perche sur la tour d'astronomie pour observer l'orage. Elle aussi a l'air paniqué, mais quelque chose me fait dire que c'est plus pour moi que pour elle. Elle a l'air encore plus jeune que d'habitude. Sans dire un mot (de toute façon sa toute petite voix ne serait pas parvenue jusqu'à mes oreilles, dans tout ce brouhaha), elle m'attrape par la main et me tire vers le château. Elle se met à courir, très vite, et je lui emboite le pas sans poser de question. Je ne veux pas lâcher sa main. Je sais qu'il ne faut surtout pas que je lâche sa main, sinon je vais tomber, je le sens. Mais tomber où, je suis dans les couloirs ? Sans que je m'en sois aperçue, Julia m'a trainé jusque dans la tour Gryffondor. Qu'est-ce qu'on fait là ? Et comment connait-elle le mot de passe ?
Une fois dans la salle commune, je m'aperçois qu'elle est exactement comme je l'ai toujours immaginée. Un feu gronde dans la cheminée, entourée par tout un tas de fauteuils en piteaux état. Les rideaux, rouge et or, sont déchirés par endroit, et même le jeu d'échec posé sur la table basse est fissuré. Tout à fait le genre de salle miteuse où Potter et son cher valet Weasmoche doivent se sentir comme chez eux. D'ailleurs, leur vraie maison doit certainement ressembler à cela, elle aussi. Julia ouvre alors une énorme armoire usée, et à l'intérieur, je découvre une série d'uniformes de Gryffondor, de toutes les tailles possibles. Je ne bouge pas, ne dis pas mot. Je suis encore sous le choc de ce qui m'est arrivé en bas, maintenant ?
Je la vois choisir à la vas vite un pantalon noir, une paire de chaussettes, des chaussures qui ne semblent pas tout à fait à ma taille, une chemise blanche, un blazer aux liserés rouge et or et la cravate assortie. Elle s'approche de moi, me tendant ses trouvailles avec impatience. Hors de question que je touche à ses saletés d'uniformes. Peut-être même que Potter en a porté avant moi. Je la repousse, plus fort que je ne l'aurais voulu. Elle tombe presque, se rattrape maladroitement à un des sofas. Son visage se transforme alors avec une des expressions les plus dures que je n'ai jamais vu, me rappelant presque mon père lorsqu'il me corrigeait, plus jeune. Je me sens impressionné, petit garçon. Sans perdre de sa vigueur, elle s'approche de moi à nouveau, et me tend les vêtements.
Il faut savoir faire des sacrifices, Draco M'ordonne-t-elle d'une voix suave et impératrice que je ne lui connaissais pas. Incapable de me rebeller à nouveau, je me saisis des guenilles, et les enfile rapidement, l'estomac au bord des lèvres.
Une fois habillé, elle s'occupe de me recoiffé convenablement. Elle ne met pas mes cheveux en arrière, comme je le fais d'habitude, mais se contente de les lisser à travers ses doigts et de les laisser tomber, sauvagement, sur mon front. Sur que de cette manière, accoutré de cette façon, le sacrifice est encore plus présent qu'elle ne le croit. J'ai l'impression d'avoir renoncer à ma famille toute entière, à toutes mes richesses, à toute ma noblesse, en seulement une minute. Elle m'attire alors vers elle, autoritaire, et colle mon torse à sa poitrine. Je sens à travers nos vêtements le galbe parfait de ses seins, et la chaleur envahit subitement mon bas ventre. Sans qu'elle ne me laisse le temps de respirer, je sens sa bouche, rose et impatience, se fondre sur la mienne, et j'ai la sensation d'embrasser pour la première fois.
Ses lèvres s'appuient contre les miennes et restent immobiles quelques secondes. Des fourmillements parcourent ma bouche, ma gorge et mes bras. Je voudrais encercler sa taille fine de mes bras, et la serrer plus fort contre moi, mais je n'arrive pas à bouger mes membres. Elle commence alors à faire bouger ses lèvres, et bientôt, les sensations sont trop intenses pour moi, et je ne sens plus mon visage. Ses lèvres s'entrouvrent, intimant aux miennes de l'imiter. Je ne sais comment, sans avoir de contrôle sur mon corps, j'arrive à lui obéir. Je sens sa langue, fraiche et humide, venir caresser la mienne. Elle passe dessus, se fait dure, puis douce, et j'en perds haleine. Je crois que je suis assez heureux pour en pleurer. Je sens mon coeur qui va bientôt crever ma poitrine, ma masculinité qui va bientot déchirer le pantalon neuf. Sans que je ne sache comment, elle se détache de moi, et le néant revient.
Elle me prend par la main, tout sourire, et me traine vers la fenêtre. Une fois de plus, sans défense, je me laisse manipuler comme un vulgaire pantin de bois. Elle ouvre les battants de la fenêtre, écarte les volets, et hume à plein poumons l'air frais qui arrive jusqu'à nous. Elle lâche alors ma main, je me sens perdu, impuissant, et je la vois se hisser sur le rebord de la fenêtre. Je voudrais lui dire de descendre, lui dire qu'elle peut tomber, mais aucun mot ne veut sortir de ma bouche. Elle me tend à nouveau la main, et sans demander mon reste, je m'en saisis. Cette toute petite main, d'apparence si fragile, semble être toutes les frontières de mon monde à present. A mon tour, je grimpe sur la mince corniche, et je ne peux m'empêcher de regarder en bas. Les mêmes spectateurs sont dans le parc, tous la tête levée vers nous. Julia lève nos mains unis en signe de triomphe, et à ma vue, tous les élèves qui tout à l'heure me pointaient du doigt se mettent à m'applaudir de toutes leurs forces. C'est alors que je m'aperçois que dans la main de Julia, et maintenant dans la mienne, se débat une petite boule scintillante: le Vif d'Or.
Je me réveille en sursaut. Mes mains sont moites, mes cheveux sont collés à mon front par la transpiration. Je ne sais plus qui je suis, ni ou je suis. Il me faut encore quelques secondes pour réaliser que ce n'était qu'un rêve. Quelque chose d'humide et de froid me gêne entre les jambes. Je soulève le drap, sachant déjà à quoi m'attendre. Ejaculation nocturne. Ca ne m'étais pas arrivé depuis au moins quatre ans, et je n'avais même pas rêvé de sexe ! Je jette un coup d'oeil au réveil: il affiche 4 heures 25. Je n'ai pas beaucoup dormi, mais au moins, je suis sur que personne ne se sera rendu compte de mes péripéties. Je me lève, roule les draps souillés en boule et les balance dans la panière à linge sale. Ca me dégoûte... Immédiatement, ils disparaissent, et mon lit se recouvre d'une parure identique, propre et fraichement repassée.
Discrètement, j'ouvre la porte de la salle d'eau commune. A une heure aussi tardive, inutile d'aller s'isoler dans la salle de bains des Préfets. Le premier jet d'eau est glacé. Après tout ce que j'avais transpiré, ma température devait attendre pas loin des quarante degrés. Je me savonne, effaçant ainsi les dernières traces séchées de mon pseudo rêve érotique. Je repense alors à ce baiser imaginaire. Ces lèvres patientes, cette langue douce et fraiche, étrangement experte. Je ne pense pas qu'un baiser réel de Julia ressemble à ça. Je me demande alors si elle en a déjà donné un, et à qui cela pouvait bien être. Surement cet abruti de Johnson, je profiterais d'un match de Quidditch pour le défigurer, qu'à cela ne tienne.
Julia était une fille parfaite, pour moi. Des traits réguliers et nobles qui la rendait digne des plus grandes familles de sang-pur, une grâce et une intelligence vive qui la ferait briller pendant les soirées mondaines, et de légers airs coquins et malicieux qui la rendaient encore plus intéressante. Mais je n'ai jamais regardé cette parfaite petite poupée de cette façon là, aussi étrange que ça puisse paraitre. Mon subconscient s'en était chargé pour moi, apparemment. Non, elle faisait trop jeune et trop insouciante pour que j'ose poser la main sur elle, je me trouverais dégoutant. Je ne me sens pas sexuellement attiré par elle. Enfin, pas jusqu'à ce rêve. Demain matin, peut-être, je la croiserais, et je comprendrais que tout a changé, comme souvent ces derniers temps.
*Julia*
Il est huit heures du matin, et je suis déjà prête, dans la salle commune. J'ai mon uniforme, mes bouquins sont posés à côté de moi, et je suis coiffée. Tout va bien, je suis fin prête pour attaquer une nouvelle journée. Mais je me suis trompée dans mon emploi du temps, et mes cours ne commencent que dans une heure. Je m'ennuis à mourir. Je caresse le tissus bleu sombre du sofa, rêveuse. A part rêver, je n'ai pas grand chose à faire, aujourd'hui. Je pense à ma journée, aux cours que je vais avoir, au déjeuner de ce midi, au match de Quidditch que jouera Draco cet après-midi. Ce sera certainement une bonne journée, il n'y a pas de raison qu'il en soit autrement. Une seule petite ombre au tableau : Bob. Cette histoire avec ma meilleure amie me perturbe, et je me demande même si je ne ferais pas mieux de rompre mon serment et tout lui avouer. Après tout, s'il était au courant qu'elle avait le béguin pour lui, peut-être se montrerait-il moins tactile avec moi ? Peut-être même qu'il m'avouerait qu'elle l'intéressait et qu'ils sortiraient ensemble ? Mais si elle apprenait que je l'avais trahie, elle me tuerait, telle que je la connais.
Après plusieurs minutes seule sur mon canapé, à passer le temps en écoutant les mouches voler, j'entends enfin la porte du dortoir s'ouvrir. Même si c'est un première année qui en sort, je trouverais bien de quoi lui faire la conversation. Coup de bol, c'est mon amie Lizzie qui dévale les marches quatre à quatre. Elle est loin d'être prête, elle. Ses longs cheveux bruns sont en bataille, et elle porte encore cet affreux pyjama rose bonbon dont elle ne veut pas se séparer. Je peux même apercevoir un peu de son maquillage d'hier, qui a coulé de ses yeux. Elle balaye la pièce d'un regard, presque paniquée, avant que nos regards se croisent. Je me demande bien ce qui peut la mettre dans cet état. Elle me sourit, légèrement crispée, et vient prendre place à mes côtés.
Ca va Julia ? Je te cherchais Me dit-elle, la voix encore enrouée après de longues heures de sommeil.
Hé ben je suis là. Je croyais qu'on était demain, du coup je me suis levée une heure plus tôt. Ai-je expliqué, amusée moi-même par ma tête en l'air.
J'ai quelque chose à te dire... Elle prend un ton un peu plus solennel, que je ne comprends pas. Je ne pense pas qu'il se soit passé quelque chose de grave...
Tu ne crois pas que tu devrais d'abord aller te préparer, on en discutera sur le chemin pour la Botanique, si tu veux Mais elle secoue la tête, sourde à ma suggestion.
Je préfère te le dire tout de suite, je me doucherais plus tard, on a le temps de toute façon. Sur ce point là, elle n'avait pas tord.
Bon et bien vas-y Ai-je réclamé, maintenant impatiente de savoir ce dont elle voulait me parler.
Tu connais Blaise Zabini ?
Le grand black de Serpentard ? Ai-je demandé. Elle hocha la tête, ses joues légèrement plus rosées.
Hé bien, lui et moi, on s'entend très bien, et il n'est pas comme les autres Serpentard, il a un truc particulier Elle ne reprenait même pas son souffle entre ses phrases Enfin je sais que ce n'est pas une excuse, mais tu vois, la dernière fois, on s'est embrassé, et depuis je n'arrêtais pas de penser à lui, et l'autre soir, juste après la rentrée, on s'est croisé, et j'ai pas pu résister, et... Je la coupe, déçu de cette annonce pour le moins banale.
Vous avez couché ensemble ? Ai-je demandé sans minauder. Rouge de honte, elle hocha la tête lentement. Je fis rouler mes yeux, amusée. Je vois pas ce qui a de grave là-dedans, Liz. a Poudlard, tout le monde couche avec tout le monde, de toute façon. C'est un nid à hormones, ce collège.
Oui, mais on m'a toujours dit qu'il fallait attendre la bonne personne, le mariage, et si mes parents apprennent ça un jour, je ne sais pas comment ils pourraient réagir. Paniqua-t-elle.
D'abord, je ne vois pas comment tes parents pourraient être au courant, à part si toi ou Blaise allaient leur dire Et je ne pense pas qu'aucun d'eux ne s'y aventurera Et ensuite tu peux coucher avec la personne que tu veux. Je te dis pas de dormir dans un dortoir différent tous les soirs, mais si Blaise te plait et que tu as des sentiments pour lui, je ne vois pas pourquoi tu devrais te priver Dis-je en riant presque. Elle me prend alors dans ses bras et me serre fort.
Merci, Ju', tu me rassure Dit-elle avant de s'échapper vers les dortoirs.
Plus tard, après le déjeuner (qui fut d'ailleurs un délice), je digérais tranquillement, allongée dans le parc. Encore un genre de moment où je préférais être seule. Les discussions battent leur train pendant les repas, je ne vois pas trop l'intéret de continuer à jacasser une fois le dessert englouti. Les yeux dans le vide, une brindille encore humide dans la bouche, je me laisse aller à observer le ciel. Il fait beau temps, aujourd'hui, et je dois avouer que c'est agréable. Le ciel est d'un bleu très pâle, presque brumeux, et le soleil scintille, même s'il est encore trop loin de la Terre pour réchauffer ma peau. Quelques nuages, comme de grosses boules de coton blanc, se promènent à travers le ciel, au gré des vents d'altitude. Mais bientôt, une silhouette m'empêche de voir ce beau paysage. Draco Malfoy.
Salut Me dit-il
Je me relève légèrement, et l'observe un n'est pas coiffé comme d'habitude, il a laissé ses mèches folles aller là où bon leur semble, et je trouve que ça lui va beaucoup mieux. Il a l'air moins sage, moins prince, moins Malfoy comme ça. Je lui souris, et d'une tape sur la pelouse, l'invite à me rejoindre. Il regarde à droite, à gauche, et une fois qu'il est sur que la voie est libre, il prend place. Il porte sa tenue de Quidditch, renforcée de part et d'autre, aux couleurs de sa maison.
Tu ne devrais pas être en train de t'échauffer ? Ai-je demandé
Non, c'est déjà fait. Je préfère un peu de calme avant les matchs. Il me toisait d'une façon qui me fis presque rougir, comme toujours. Il a cette manière de me regarder, de détailler chaque partie de mon corps, de mon être, qui me met à chaque fois très mal à l'aise. Mais depuis quelques temps, j'ai appris à me servir de ces moments d'innattention pour l'observer, moi aussi. Sa nouvelle coiffure donne des reflets chatoyant à ses cheveux platines, retombant sur ses perles d'acier que j'adore. Il a le visage fin, les traits coupés au couteau, et le corps musclé de l'athlète. Pas étonnant que les filles défilent dans son dortoir... Pour celles qui en ont l'occasion, il doit être dur de lui résister. Je me demande s'il a déjà eu des sentiments pour une fille, s'il aime Pansy... Je ne crois pas, je crois que Draco n'aime que Draco.
Tu vas venir me voir ? Demande-t-il, plus sérieux qu'à son habitude
Pourquoi pas... Ai-je répondu, plus détendue.
Quelque chose chez lui a changé, depuis que je le connais, et je ne saurais dire quoi. Il m'a toujours regardé avec insistance, mais jamais avec cette intensité dans le regard, et il ne me parle jamais d'un ton aussi sérieux, aussi franc, sans sarcasmes et autres sourires narquois. Il ne sourit pas d'ailleurs, il a l'air préoccupé, et je ne pense pas que ce soit à cause du match. Draco Malfoy, tu me cache quelque chose, et je vais le découvrir à coup sûr...
