Hello tout le monde!
Je ne peux pas cacher que je suis super déçue de ne pas avoir eu le retour que j'attendais, mais d'un autre côté, je ne peux pas me plaindre, je l'ai bien cherché. Merci quand même à la revieweuse, et à celles qui suivront j'espère.
7. Not Yet
*Draco*
Il est vingt-trois heures. Serpentard a bien gagné ce foutu match. Il était moins une, mais comme toujours, j'ai su choper cet enfoiré de Vif d'Or avant Potter. La vérité, c'est qu'il l'avait repéré quelques secondes avant moi, mais j'ai un balai très puissant, et avec un bon coup d'épaule, j'ai vite pu reprendre le dessus. C'est ma partie préférée des matchs : quand je brandis la petite boule surrexcitée qui se débat dans ma main, fanfaronnant sur mon balai, faisant le tour du stade pour narguer les perdants, et que la foule m'acclame. Et je ne cherche pas à cacher que ce plaisir tout narcissique se voit décuplé lorsque c'est Potter et ses petits potes que j'écrase d'une bonne centaine de points. Et si en plus un des Weasley se mange un bon vieux cognard, je me fais carrément dans le pantalon.
Comme toujours après nos victoires, la fête bat son plein dans la salle commune : whisky pur feu, rhum piquant, liqueur de fée verte... Tout le monde est saoule, y compris moi. En réalité, les fêtes de Serpentard ne ressemblent pas vraiment à celles des autres maisons, je pense. Dans les cachots, on vit dans le vice, l'abus et la luxure, et on ne s'en cache pas. Sur la table basse, des lignes de poudre blanche s'alignent, que deux garçons s'amusent à inspirer avec une paille, éclatant de rire à chaque fois. Je sais bien ce que c'est, j'en ai même déjà pris une fois, mais tous ces délires moldus ne m'ont jamais trop attiré. Sur un canapé, une fille que je sais être en cinquième année est allongée sur le ventre, sa jupe relevée sur ses hanches, pendant que deux garçons que je connais à peine embrassent ses jambes avec impatience.
Comme d'habitude, je fais semblant d'être amusé par toutes ces singeries, mais il n'en est rien. Je vois presque trouble, ma tête tourne, je transpire. Je n'ai qu'une envie: aller me coucher dans les draps frais et moelleux que les elfes auront préparé au nouveau champion. Malgré les fêtards qui protestent, j'adresse un signe nonchalant avant de descendre les escaliers qui mènent à mon dortoir. L'humidité qui y règne me glace les os, et clarifie mon esprit. Ma vision se rétablit peu à peu, mais mon cerveau reste embué de milliers de pensées qui se mêlent et s'entremêlent, incohérente. J'espère que je ne devrais pas encore supporter un mauvais rêve, comme je l'ai fait la nuit précédente.
En arrivant dans la salle ovale, je retire mon plastron. Je n'avais pas encore eu l'occasion de le faire, et j'avoue qu'après quelques heures, la tenue de Quidditch pèse lourd sur mes épaules. Tous les baladaquins sont ouverts, à part le mien. Je suis donc seul dans le dortoir. Enfin un peu de tranquillité. En revanche, je me demande où est Blaise, que je n'ai pas vu depuis le début du match. Bien qu'il n'accorde pas une grande importance à la compétition entre les maisons, il est toujours présent pour me soutenir, quand je suis sur le terrain. J'hausse les épaules, indifférents. Je lui poserai la question demain matin, au petit-déjeuner. En attendant, la seule chose dont j'ai envie est de tirer les rideaux, me jeter dans les draps, et remonter la couverture épaisse qui me protègera du froid toute la nuit. Pourtant, quand je tente enfin d'accéder à mon lit, mes plans se chamboulent.
Une silhouette se dessine dans la pénombre, allongée en travers du lit, offerte à moi comme un chat en manque de caresses. J'aperçois le sourire de Pansy à travers l'obscurité. Une fois mes yeux habitués au manque de lumière, je distingue ses traits plus confortablement. Elle a l'air bien coiffée, très maquillée, et accoutrée comme une putain. Elle porte un soutien-gorge foncé, peut-être bleu nuit ou noir, et un porte-jarretelles assortis. Je suppose qu'un string se cache en dessous. Une fine ligne noire se trace à l'arrière de sa paire de bas, au bout de laquelle pendent des chaussures à talons aiguilles. Elle a sorti le grand jeu, ce soir. Je l'entends glousser, déjà certaine que je lui accorderai ce qu'elle veut. Elle n'a pas tord : comment ne pas se sentir excité à cette vue, surtout avec un taux aussi élevé d'alcool dans le sang.
J'ai cru que tu ne descendrais jamais... Susurre-t-elle de cette voix féline que je connais trop. Je pose ma main sur ses lèvres. Je n'ai aucune envie de discuter avec elle. Elle est venue dans mon dortoir pour une raison, soit, mais qu'elle n'en demande pas plus, je ne suis pas d'humeur.
Sans demander son reste, elle m'incite à m'allonger sur le dos, et entreprend de dégrafer le reste de mes vêtements. Chaque fois qu'une partie de ma peau se dévoile, elle y dépose un de ses baisers obscène et mouillé. Je me laisse faire, détendu. J'ai toujours l'impression que la pièce tourne autour de moi, mais ça ne me dérange plus. Bientôt, je me retrouve nu comme un vers, et j'entends vaguement des grognements d'envie qui émanent de sa gorge. Très vite, je sens sa main entourer mon sexe, puis sa bouche. Bonne idée, de toute façon, je me sens trop faible pour des ébats plus acrobatiques. Je passe une main derrière sa tête, caresse ses cheveux courts. Elle me dégoûte un peu, mais mon instinct masculin se refuse à se passer de ce plaisir nocturne.
Ses mouvements sont lents, précis autours de moi. Elle passe sa langue aux endroits les plus sensibles, déclenchant des séries de frissons, puis me réchauffe de sa bouche entière, accueillante. Elle simule de légèrs bruits d'aspiration, et émet des cris rauques étouffés. Elle croit que ça m'excite. En vérité je ne fais plus attention à ce petit jeu depuis longtemps, je prends juste tout mon plaisir avec elle, qui connait mon corps depuis si longtemps, et avec qui je n'ai besoin de faire aucun effort pour qu'elle se dévoue totalement et me fasse jouir sans demander son reste. Sotte petite Pansy, toujours persuadée que chaque pipe experte qu'elle me fait lui garde une place au chaud dans mon coeur... Comme tu tomberas de haut à la fin du collège, quand tu verras tout tes espoirs s'envoler.
C'est alors qu'un autre visage m'apparait. Un joli visage rond et candide que j'avais vu en rêve une vingtaine d'heures plus tôt. Julia. Je l'imagine alors, vêtu d'une petite robe de nuit enfantine, sous une couverture de cachemire bleu, un sourire sur son sommeil. J'entends son rire cristallin et sa petite voix moralisatrice, je voix ses grands yeux chatoyants de mille passions, je sens le parfum enfantin de sa belle chevelure bouclée. Et je me sens dégoûtant. Pervers, écoeurant... Je suis là à me faire sucer par une espèce de catin en devenir, alors qu'une poupée de porcelaine m'attend, éteinte, dans une des chambres du chateau. Ce que je voudrais faire avec elle n'a rien à voir avec ce que me fait Pansy maintenant. J'ai envie d'enfouir mon nez dans ses cheveux, de la serrer fort contre moi, de la sentir dormir sur mon torse...
Il faut que cela se termine vite. Avec la plus basse opinion de moi possible, j'attrape la tête de Pansy et l'incite à faire des mouvements plus rapides. Elle laisse échapper un hoquet de surprise, et je sais qu'il est franc, cette fois. Très vite, en maintenant toujours sa tête, je me laisse aller dans sa gorge. Elle ne fait aucun bruit, soucieuse d'en avaler jusqu'à la dernière goutte. Je sens vaguement mes jambes se contracter, mais ça n'aura pas été le nirvana comme les autres fois. Non, car cette petite peste de Julia vient me gacher la vie jusque dans mon lit.
*Pansy*
Et voilà, encore une nuit où j'erre dans les couloirs, sans but. Je suis une habituée de la vadrouille, et pourtant, Merlin sait à quel point je n'aime pas être seule. Mais ce soir, je n'avais pas le coeur à me coucher, et vu que je n'étais pas désirée, dans cet autre lit, je n'ai rien d'autre à faire qu'arpenter les couloirs, en attendant que le petit matin se lève. J'ai pourtant fait ce qu'il fallait pour dormir dans son dortoir. J'ai hurlé comme une perdue pendant tout le match, je n'ai pas été l'importuner pendant qu'il faisait la fête avec les autres, je l'ai attendu pendant des heures dans son dortoir, avant que monsieur daigne me rejoindre.
Déjà, l'expression sur son visage lorsqu'il m'a trouvée sur son lit, m'avait déçue. Il n'avait pas l'air énervé, ni même blasé, mais je n'ai pas vu dans ses yeux l'envie animale qu'il me réserve d'habitude. Pourtant, je ne crois pas qu'il ait vu quelqu'un d'autre avant moi, je m'en serais aperçu. Et même pendant que je m'évertuais à lui donner du plaisir, j'avais à peine l'impression qu'il savait que j'étais là. Il semblait pensif, ailleurs. J'aurais aussi bien pu lui caresser le dos pendant une demi-heure, le résultat aurait été le même. Quoique, peut-être qu'il se serait endormi en me laissant une place à ses côtés.
Dès que j'ai eu fini (et ce après qu'il m'ait plutôt forcée à augmenter la cadence sans la moindre délicatesse), il m'a simplement demander de le laisser seul. Il me semble pourtant que je ne suis pas très difficile. Je ne lui demande pas de bouquets de roses, ni même de me remercier, mais au moins un peu de respect. Mais Draco a changé, et le peu d'attention qu'il avait pour moi s'est évanoui, ces dernières semaines. Mes plans ne se dérouleront peut-être pas comme prévu, finalement. J'imagine une seconde me retrouver seule à la fin de mes études, sans jamais m'être vraiment préparée à un métier. Sans carrière, sans maison, sans homme, après m'être consacrée à lui seule pendant ces sept longues années. Les larmes me montent aux yeux, il faut que je m'asseois.
Seule, et définitivement seule, voilà ce que je serais. Plus jamais je ne trouverais un sang-pur qui voudra bien me marier, alors qu'ils auraient tous entendu mes péripéties avec Draco, et de sa propre bouche, certainement. Je n'aurais plus ma place aux soirées mondaines qu'organiseraient les bonnes familles, et je ne serais même pas dans les petits papiers du Seigneur des Ténèbres, m'assurant ainsi une protection pendant la prochaine guerre. Non, je ne serais plus rien d'autre qu'une vieille fille aigrie, entourée d'une dizaine de chats, désespérée.
Hé, qu'est-ce que tu fais là ? Demande une voix que je reconnais. C'est Ron Weasley, le petit rouquin ami avec Potter, que Malfoy déteste. Qu'es-ce qu'il fait tout seul dans les couloirs des cachots à cette heure-ci, lui ?
Je revise les Aspics, connard Ai-je répondu, tentant de sécher mes larmes avec toute la dignité dont j'étais capable. Il fait rouler ses énormes yeux bleus.
Ouai, et c'est pour ça que tu chiales Dit-il sur un ton condescendant. Il haussa les épaules, puis ses joues rosirent. Je crois que c'est la conséquence d'être la pouf de Malfoy. Il se sert de toi comme d'un chien, et toi, tu pleurs.
Je me suis alors levée. J'ai bien cru que j'allais lui coller une giffle, mais finalement, je me suis résignée. Après tout, il n'avait pas tord, même si je ne lui aurais jamais avoué. Je suis bel et bien la pouf de Malfoy, et il me jette vraiment comme une merde chaque fois qu'il juge que je ne lui sers plus à rien. Je n'ai pas envie de faire de mal à Weasley, mais bien à Malfoy. Au moins pour lui donner une bonne leçon, quand le temps sera voulu. J'attrape la tête ronde et sans cervelle du plus jeune des frères Weasley et l'embrasse à pleine bouche sans lui laisser le temps de respirer. Il ne répond presque pas à mon baiser, mais ce n'est pas ce qui compte.
Lorsque je détache ma bouche de la sienne, un arrière goût de sang-mêlé sous la langue, je tourne les talons et déguerpis sans plus de cérémonie. J'ai à peine eu le temps de le voir mettre une main sur sa joue, cramoisie. Voilà, c'est fait. La prochaine fois que Draco dépassera les bornes, je saurais quoi lui dire. Je pourrais lui expliquer à quel point ce baiser et les mains expertes de Ron m'ont fait du bien, et comment il est passé juste après ce sang-de-bourbe.
*Julia*
C'est le petit-déjeuner. Je me suis levée avec une faim de loup, ce matin. Je me sers un énorme bol de café au lait, et une grosse part de pudding. Avec ça, je devrais être en forme pour la suite de la journée. D'autant plus qu'elle n'est pas très chargée, aujourd'hui. A côté de moi, Lizzie et Bob s'entretiennent bruyamment au sujet du dernier contrôle de Défense. Leurs réponses ne coïncident pas, mais ils sont tous deux certains d'avoir raison. Rita, quand à elle, fait toujours la tête. Je ne l'ai pas vue depuis deux jours, et elle ne semble pas vouloir réapparaitre. Je ne m'inquiète pas. Il n'a pas pu lui arriver grand chose.
De la table des Serdaigle, il est très facile de voir celle des Serpentard, puisque ce sont eux qui nous séparent des Poufsouffle. Je m'amuse à observer Draco dans son environnement naturel. C'est fou comme il est différent quand il est avec moi. Il n'essaye pas de parler plus fort que les autres, de bomber le torse de cette façon... J'ai l'impression de ne pas trop savoir si c'est avec moi qu'il joue la comédie, ou avec eux. Je pencherais plutôt pour la deuxième solution, bien entendu, mais je ne le connais pas encore assez pour être sûre de quoi que ce soit.
Je vois Crabbe et Goyle qui s'empiffrent d'innombrables gâteaux de toute sortes, et Pansy qui s'esclaffe à chaque mot de son bien aimé. Elle a l'air de très bonne humeur, j'en déduis qu'ils ont passé la nuit ensemble. Je trouve ça un peu dommage. Pansy est trop superficielle, trop influençable pour être l'âme soeur du Draco que je connais. Lui, comme à son habitude, passe son temps à raconter ses exploits en faisant de grands gestes, et à remettre ses mèches de cheveux en place chaque fois que son enthousiasme le décoiffe. J'oublies toujours à quel point il est beau. Ses cheveux fins, presque platines, ces grands yeux froids qui se plissent légèrement quand il sourit, ses lèvres roses qui recouvrent des dents parfaites, son corps léger aux muscles bien développés, sa façon inimitable de porter l'uniforme vert et argent...
C'est alors que nos regards se croisent, brièvement. Je ne peux pas empêcher mes lèvres de s'étirer en un sourire sincère. Il m'imite avec difficulté, ne pouvant m'accorder qu'un rictus timide. Je sais qu'il le fait exprès, et que si nous étions seuls, il me sourirait. Dès que je lui adresse un léger signe de la main, il se détourne. Il y a certains comportements que je ne comprendrais jamais. Je continues de le fixer quelques secondes, puis, à mon tour, je m'intéresse aux discussions de mes camarades. Pourtant, je n'arrive pas à sortir Draco de ma tête.
Plus tard dans la journée, je suis allongée dans le Parc, près du Lac. Une pluie légère trempe la pelouse, mais ma cape me protège du sol. J'apprecies une à une les gouttes d'eau qui s'écrasent sur mon visage, rafraîchissantes, et les cercles d'ondes qu'elles forment à la surface de l'eau. Troublant mon repos, je sens un corps s'asseoir près du mien. Une odeur boisée éveille mes sens. Je savais bien que nos échanges ne se limiteraient pas à un sourire fuyant, aujourd'hui. Il ne dit pas mot, jusqu'à ce que je me tourne vers lui, toujours allongée.
Tu ne vas rien faire de plus interessant de ton week-end ? Me demande-t-il, un peu agressif à mon goût.
Toi non plus, à ce que je vois Ai-je rétorqué Merci de m'avoir ignorée, ce matin J'avais encore un peu de rancoeur à cause de ce signe de la main auquel il n'avait pas répondu.
Que croyais-tu que j'allais faire ? Dit-il d'un air narquois Te faire de grands signes et te sauter dans les bras devant tout le monde ?
Je n'en demandais pas tant, Monsieur Malfoy Ai-je répondu, sèche à mon tour Un simple bonjour aurait suffit.
Tu sais bien que je ne peux pas. Répond-t-il, plus calme, mais toujours les dents serrées.
Tu n'as donc pas le droit d'avoir d'autres amis que des Serpentard ?M'étant à mon tour calmée, je cherchais à piquer sa vanité pour qu'il me donne enfin le fin mot de l'histoire.
Bien sûr que si, je choisis mes amis où je veux. A nouveau, son ton était sec, mais ça ne me toucha pas. Ne fais pas l'idiote, tu es une fille, et tu sais que c'est différent.
Pansy serait-elle jalouse ? Ai-je demandé, amusée. Il grimaça.
Pansy n'est pas ma petite amie
Non, mais tu couches avec. Ca crée quand même des liens, non ? Il écarquille légèrement les yeux, curieux de me voir lui parler aussi franchement. Il croyait peut-être que j'étais encore une petite fille qui ignoraient comment se faisaient les bébés...
Non. Pas avec moi, en tout cas. Je le savais bien. Avec le nombre de filles avec qui il avait couché, il était impossible de tomber amoureux d'autant de personnes en si peu de temps... En revanche, je ne pensais pas que cette règle s'appliquait à Pansy également.
Allonges-toi Lui ai-je suggeré. Après avoir vérifié que l'herbe n'était pas trop sale, il s'installa à côté de moi, sur le dos. Les gouttes de pluie ne tardèrent pas à perler sur ses joues pâles, telles des larmes. Je ne pu m'empêcher d'en attraper une, caressant un instant la douceur de son visage. Il frémit, surpris, puis attrapa ma main. Draco n'était pas Bob, et avec lui, il était hors de question d'être aussi tactile, je m'en doutais. Mais il ne lâcha pas ma main, bien serrée dans la sienne. J'eu soudain légèrement chaud, et je suppose que j'ai un peu rougis.
Pourquoi veux-tu qu'on devienne amis ? Me demande-t-il, à la fois curieux et amusé. J'hausse les épaules, ne sachant pas trop quoi lui répondre.
Je ne suis jamais contre avoir un nouvel ami, et tu m'as l'air assez intéressant. Dis-je, le plus honnêtement du monde. Il a pourtant l'air déçu par ma réponse. Et toi ?
Je ne veux pas être ton ami. Rétorque-t-il, toujours en me fixant dans les yeux. J'ai la sensation qu'il me sonde, qu'il viole même les parties les plus intimes de mon esprit. C'est assez insupportable, et pourtant je n'arrive pas à briser ce contact.
C'est pour ça que tu viens rôder autour de moi chaque fois que je suis seule Dis-je, amusée, et un peu moqueuse je l'avoue. Il détourne son regard, me préférant l'amas de nuages gris au-dessus de nos têtes.
C'est juste que quand je suis avec toi, je peux me comporter comme si j'étais seul. Dit-il dans sa barbe. Mon sourire s'étire encore.
Je croyais que c'était cela, justement, l'amitié.
Il se remit alors à me fixer de ses grandes prunelles grises. J'ai presque envie de lui dire qu'il est beau, tellement mes pensées ne peuvent se fixer que là dessus. Je le sens qui observe chaque partie de ma peau, de mon front jusqu'à mon décolleté en passant par mes lèvres. Mon coeur bat de plus en plus vite, il me met mal à l'aise. J'ai l'impression que son visage se rapproche de plus en plus du mien, et j'ai du mal à respirer. Sa main tient toujours la mienne, et je sens sa peau se faire plus moite. C'est étrange, parce qu'il n'a pas l'air aussi mal à l'aise que moi, dans cette position. Ses yeux se ferment légèrement, ses narines se dilatent au gré du vent. C'est encore mon haleine de diabétique qui doit lui faire tourner la tête.
Non, je ne crois pas. Dit-il simplement, avant de reprendre sa position initiale. Le sentant à nouveau à côté de moi, à une distance plus respectable, je sens enfin les muscles de mon corps se détendre. Lui aussi a l'air plus calme, la respiration lente et régulière. On dirait presque qu'il dort, maintenant. Je ne comprends pas toujours ces comportements bizarre qu'il a avec moi, mais après tout, si c'est lui le vrai Draco, je n'ai pas d'autre choix que de le prendre avec ses défauts. Quelques minutes plus tard, nous nous sommes assoupis, main dans la main, sur la pelouse.
