Ok, je meure de trouilles ! S'exclama-t-elle enfin. Tu es satisfait ?
10-
C'est-on ne peut plus normal. Ce qui compte, c'est de savoir la dépasser. Et d'agir/
- On prend un taxi jusqu'à l'hôpital ?
Cuddy s'engouffra dans la voiture et se cala contre la porte… Le plus loin possible de House. La tête contre la vitre, elle observait au- dehors la foule qui déambulait en tous sens sur le trottoir. Jamais, cette ville ne lui avait parue aussi hostile, aussi sauvage.
Surtout, ne pas craquer, ne pas perdre le contrôle. Le plus difficile en fait, c'était d'accepter de servir de cible, d'attendre sans savoir quelle défense adopter. Elle supportait mal cet aveu d'impuissance auquel la contraignait son agresseur.
D'ordinaire, c'était elle qui menait le jeu, elle qui dirigeait. Mais pour l'heure, le mystérieux photographe avait les cartes en mains. Et elle n'avait aucune idée de l'endroit où il escomptait la conduire. Elle ferma un instant les paupières. Si au moins, elle parvenait à se débarrasser de cette horrible migraine…
Un coup d'œil rapide vers House la convainquit de rester silencieuse. Elle n'avait aucune envie d'entamer avec lui une conversation qui, dans l'habitacle resserré de la voiture, menaçait de suivre une pente sur laquelle ni l'un ni l'autre n'avait envie de s'engager.
Si elle avait pris les devants en mettant d'emblée les choses au point, il fallait bien reconnaître que house n'avait jamais cédé à la moindre nostalgie. Plus encore, il s'était montré ferme, presque froid… Enfin, elle aurait eu mauvais jeu de venir lui reprocher quoi que ce soit.
Pourvu qu'il la débarrasse de se sinistre voyeur, c'est tout ce qui lui importait.
Cuddy tourna de nouveau les yeux vers la rue, plus distraitement cette fois. Pourquoi fallait-il que House lui fasse autant d'effet ? Comme si elle n'avait pas suffisamment de problèmes en ce moment … Même si elle se sentait plus en sécurité depuis qu'elle savait l'affaire entre ses mains, en plus de celle de Tritter. Elle se demandait encore si elle avait fait le bon choix de lui reproposé son poste. Inévitablement, ils auraient à se voir souvent, dans les jours, dans les semaines qui allaient suivre. Le supporterait-elle ? Parviendrait-elle à refouler les souvenirs qui déjà, l'assaillaient ? Rien de moins sûr. Devant cet homme, elle se sentait comme à nu. C'était comme s'il lisait en elle, s'il pénétrait la moindre de ses pensées. Il en avait d'ailleurs toujours été ainsi.
Ils arrivaient à l'hôpital, dans le hall, il reconnu quelques personnes.
- Bon, je vais te laisser redécouvrir les lieux le temps de mes consultations, proposa Cuddy. Dans mon hôpital, je ne crains rien. Ainsi, tu peux prendre les repperts dont tu as besoin et m'attendre. A moins que tu ne veuilles que je vienne avec toi ?
House lui fit un sourire narquois. Elle haussa les épaules, il n'avait nullement l'intention de lui faciliter la tâche. Elle le suivit dans l'ascenseur.
Arrivé à l'étage du bureau de House, l'ascenseur s'arrêta et la porte s'ouvrit sur un petit mal rasé d'une trentaine d'années.
C'était le type de la photo, aucun doute : Avec son blazer de tweed et son pantalon de velours côtelé, il avait plus l'air d'un interne de troisième cycle, que d'un médecin. Quoi qu'il en soit, son visage s'illumina littéralement lorsqu'il aperçut Cuddy.
- Où étais-tu ? S'enquit-il tout sourire. Je t'ai attendue pour déjeuner.
Il se rendit alors compte que la jeune femme était accompagnée et se renfrogne ostensiblement. House nota même, chez lui une nervosité excessive, presque puérile. Décidément ; ce type ne lui revenait pas. Et pas seulement parce qu'il supposait qu'il avait des vues sur son ex.
- Je … j'avais un rendez- vous, expliqua-t-elle, hésitante. Je n'arrive que maintenant.
Elle s'engagea prestement dans le couloir, tout en se passant une main dans les cheveux. Pas de doute, elle était mal à l'aise. House lui emboîta le pas, tandis que l'homme revenait à la charge.
- J'espérais qu'on pourrait passer un moment ensemble, insista ce dernier.
- ça ne peut pas attendre ? Demanda Cuddy sortant les clés de l'ancien bureau de House. Je suis déjà en retard.
Elle s'arrêta devant une porte en verre dépoli sur laquelle il était écrit « Gregory House MD »
- Je ne sais si tu te souviens de Gregory House, reprit-elle à l'adresse de son collègue.
« Présentations sommaires parfait » songea House
- Bon je te laisse. On se voit demain ! Tu n'oublies pas notre dîner ?
Ainsi donc ils se voyaient en dehors du boulot ? House sourit. Visiblement, son ex ne lui avait pas tout dit sur le beau Dr .
- C'est un dîner de travail, précisa-t-elle dés que se dernier fût hors de vue. Un congrès. Il y aura des dizaines de personnes.
- Je ne t'ai rien demandé, ironisa-t-il ? C'était donc ça. Elle était gênée qu'il puisse l'imaginer dans les bras d'un autre ! Elle n'avait peut- être pas tort, d'ailleurs ; la chose ne le laissait pas indifférent. Mais de là à la conforter dans cette idée… Elle le voulait distant, il le serait. De toute façon il n'était nullement en droit de s'immiscer dans sa vie privée et n'avait aucune envie de se torturer pour savoir qui elle fréquentait.
- On dirait que ton copain est un rien possessif déclarât-il en prenant place sur le fauteuil
- Tu te trompes, complètement. Nous sommes juste devenu ami, rien d'autre.
Peut-être mais lui se satisfait-il d'une simple amitié ? Pas sûr, House aurait même parié le contraire. Si Cuddy était sincère, il était manifeste qu'elle ne plaçait pas dans leur relation. Les mêmes attentes que son collègue.
De quoi produire bien des frustrations…
