Que vas-tu faire pendant mes consultations ? S'enquit- elle en jetant un regard suspicieux à House.
- Faire un tour, voir se qui a changé. Entrer dans ton bureau sans frapper, t'embrasser …

Devant la mine interloquée de la jeune femme, il sourit et mit un doigt sur ses lèvres.

- Comme prévu, ajouta-t-il. C'est bien pour ça que tu m'as réembauché, non ? Si je change trop ça va devenir suspicieux. Alors tu es prête ?
- Ok, je vais consulter mes messages, déclara Cuddy en sortant de son bureau ?

Dés qu'il fut seul House appela le lieutenant Tritter pour voir où en était l'affaire. Il lui dit que pour saboter un système aussi complexe, le gars devait être particulièrement doué et Rapide aussi.

Quand à Cuddy, House se demandait comment elle réagirait s'il découvrait les traces d'un piratage. L'idée que son traqueur ait pu s'introduire chez elle la paniquerait. C'était une réaction classique, d'ailleur après un cambriolage par exemple. Beaucoup de gens avaient le sentiment qu'en pénétrant à leur insu dans leur domicile on avait attenté à leur intimité ; de là s'ensuivaient souvent des accès de paranoïa.

La directrice Lisa Cuddy était peut -être armée contre ce genre de pathologie, mais qu'en était-il de la jeune femme elle-même ? Dépouillée de l'attirail théorique grâce auquel elle passait au crible les névroses à l'hôpital, saurait-elle faire face ? House soupira. Jusque- là, il l'avait plutôt considérée comme une femme de tête, déterminée et pleine de sang- froid.
Mais sa vie était en danger….

Sans doute l'attitude de Cuddy dépendrait de sa capacité à lui à circonscrire les opérations et à réduire le champ d'action de son traqueur.
Lorsqu'il leva la tête la tête de son bureau, Cuddy se tenait dans l'embrassure de la porte, les bras croisés, et l'observait avec attention. Tout à ces pensées, il ne l'avait pas entendue venir.

- Où as-tu trouvé les photos ?
- Sous la porte vitrée de l'entrée de mon bureau
- Donc le type n'a pas la clé, conclut House.
- Il ne manquerait plus que cela ! S'exclama Cuddy en souriant. Au moins était-il parvenu à la dérider. Malheureusement, il craignait que ce qu'elle avait pris pour une boutade tourne bientôt au vinaigre.

- Bon, j'ai deux patientes à voir, reprit-elle en jetant un œil à sa montre. Et puis après deux donateurs.

- Ha, je me disais bien qu'il y avait une raison pour que les jumelles soient de sorties.

- Si tu pouvais, ne rien faire pour m'embarrasser lui dit-elle

- T'inquiète pas pour moi, j'ai de quoi m'occuper.

- Tu veux venir en consultation ?

- Non, merci répondit-il en désignant les magazines posés sur le bureau. Avec un peu chance, je vais trouver un playboy !

- Franchement, sur le bureau d'un médecin, ca ne serait pas du meilleur goût !

Cuddy sourit avant de refermer la porte du bureau derrière elle. House remarqua que Cuddy paraissait se détendre un peu. Sans doute le fait d'être dans son univers familier. Ici , elle endossait la panoplie de directrice, c'est à elle que l'on venait demander de l'aide. Normal qu'elle se sente plus forte.

Une heure s'était écoulée, House avait fini pars faire le tour de l'hôpital. Il remarqua quelques regards surpris, dont celui de Chase. Il aura une conversation plus tard avec lui. Pour le moment, il devait se rendre au bureau de Cuddy . Tritter arrivait, pour venir vérifier, que le bureau n'était pas mis sur écoute.

Tritter sortit de sa poche un appareil de détection basse fréquence particulièrement efficace dans le repérage des émetteurs récepteurs. Si Cuddy était sur écoute, il le saurait immédiatement.

- Suivez- moi, dit-il. A mon avis, ça vas vous intéresser.
Il se dirigea droits- vers le poste téléphonique et le soumit à son sonar. Bientôt, le voyant de signalisation se mit à clignoter. Il dévissa le combiné et en inspecta soigneusement l'intérieur.
Il l'aurait parié ! A l'aide d'une pince, il dégagea un petit disque de métal gris, un peu plus petit qu'une pièce de dix cents et le déposa sur le bureau, tandis que Cuddy , visiblement secouée, se penchait pour l'examiner.

- C'est un mouchard ? Articula-t-elle d'une voix presque inaudible. Tritter acquiesça.
Les genoux tremblants, elle s'effondra sur sa chaise, les yeux rivés sur l'objet, presque hagarde.
Elle était en danger, Rachel était en danger. Son traqueur n'était pas un plaisantin qui avait voulu lui faire une bonne farce. C'était un type organisé. Un coriace. Où voulait-il en venir ? Mystère. Mais il avait déployé tout un arsenal de moyens extrêmes sophistiqué pour piéger se victime. Tritter griffonna rapidement quelques mots qu'il lui fit passer. « Sortons de là » Pendant que Tritter froissait le billet et remit le détecteur dans sa poche. Cuddy tâcha de se ressaisir.

Que s'était-il donc passé pour qu'elle en arrive là ? Pourquoi en voulait-on comme ça à sa vie ?
Qui avait-elle bien pu blesser au point que quelqu'un cherche ainsi à lui nuire ?

Elle vit Tritter remettre le combiné en place puis lui faire signe de se lever. Elle prit son sac et s'éloigna vers le couloir sans demander son reste.
Elle avait peur, oui. Mais plus encore, elle sentait poindre en elle une colère sourde, proche de la révolte.

Ainsi, quelqu'un avait surpris toutes ses conversations téléphoniques, y compris les plus sensibles, celles qu'elle entretenait avec les personnes du groupe de soutiens ! Depuis quand ? C était intolérable. Dans quel but, sinon celui de profiter de la vulnérabilité de l'autre, pouvait-on chercher à accéder aux désordres psychiques de quelqu'un ?
Ce type était dingue. Dingue et dangereux.

Dieu merci, elle n'était pas seule pour faire face. Il y avait la police d'abord. Et puis House, qui semblait maîtriser la situation.
Elle ferma la porte de son bureau à double tour et s'engagea avec eux vers les ascenseurs.

Elle avait d'abord cru à un farceur. Un type qui s'amusait. Puis, avec les nouvelles photos, elle avait commencé à prendre l'affaire plus au sérieux. Le voyeur ne l'avait sans doute pas choisie au hasard. Il devait avoir, pour la traquer ainsi, une motivation spéciale.

Fantasme ? Vengeance ?

Le photographe était sans doute plus intelligent, plus organisé, qu'elle ne l'avait cru. Plus dangereux , étrangement, la révolte prenait en partie le dessus sur la peur, elle se sentait prête à tout pour coincer ce salaud qui lui pourrissait l'existante depuis quelques semaines ?

Y compris à jouer les appâts.

L'ascenseur commença à monter et elle se tourna vers House. Elle avait besoin de parler, qu'il lui donne son point de vue sur la situation. Mais ce dernier lui fit signe de se taire. Attitude somme toute logique. Puisque l'individu avait été capable d'installer un micro dans son téléphone, il avait pu en faire de même un peu partout dans le bâtiment.

Elle demeura donc silencieuse, s'efforçant du même coup de mettre de l'ordre dans ses idées.D'assembler les pièces du puzzle.

Une chose était sans équivoque : le type qui la harcelait connaissait ses moindres faits et gestes. Lorsqu'il avait pris les photos, il n'avait pas eu besoin de la guetter pendant des heures ni de la suivre. Il savait d'avance où elle serait, et à quel moment.

Elle se souvenait, la semaine dernière, elle avait appelé depuis son bureau l'entreprise qui devait changer les serrures de sa maison et par téléphone, leur à donné son adresse personnelle.
Quatre jours plus tard, on glissait une photo sous la porte de sa maison.

Il n'y avait là aucune coïncidence. Tritter, en détectant le mouchard, lui en avait donné la preuve la plus irréfutable.
Elle frémit. Combien de coups de fil avait-elle pu donner depuis qu'elle était sur écoute ? Et qui avait-elle bien pu appeler ?
Elle avait l'impression d'avoir commis, sans le savoir, une kyrielle d'impairs, dont- comble de l'absurde- elle n'avait gardé aucun souvenir.

Soudain son sang se figea dans ses veines. Le pervers devait savoir que House était sur l'affaire. A l'idée qu'elle avait, par ignorance, embringué son ex dans cette sale histoire. Lui prit soudain l'envie de s'enfuir, loin, de disparaître.

-Il faut que je te dise quelque chose, articulât-elle péniblement dés qu'ils furent dans le bureau de House. Avant de venir chez toi ce matin, j'ai téléphoné. Il sait que j'ai appelé les renseignements pour voir si tu avais déménagé. Tu es peut-être en danger et cela à cause de moi.

- Calme-toi, lui dit-il…

- Et mes patients ? Mes familles en détressent, les personnes de mon association, qui partagent leurs souffrances avec moi au téléphone. Qui sait jusqu'à quel point j'ai compromis le secret médical ? J'ai l'impression de les avoir trahis.
House vient vers elle.

- Tu ne pouvais pas savoir Lisa.
Sa voix grave, posée eut quelque chose de profondément rassurant. Sans parler du prénom qu'il venait d'employer spontanément et qu'il n'avait jamais utilisé.

Cuddy eut un instant l'impression que le temps n'avait rien effacé, qu'ils étaient toujours aussi proches. Que quelque chose de leur relation passée vivait encore, contre quoi personne ne pouvait rien.
Leurs deux destins liés l'un à l'autre représentaient une force, en somme.
Instinctivement, elle se rapprocha et vient se placer contre son torse et ferma les paupières. Elle oublia pour quelque instant Tritter.

Bien évidemment, ce réconfort serait de courte de durée. Elle avait elle-même prié House de ne pas chercher à raviver des sentiments éteints. Mais pour l'heure, se laisser ainsi aller lui faisait du deux ans, elle s'était si souvent sentie seule, vulnérable.

Elle avait bien le droit de se poser un peu sur quelqu'un. Ne serait-ce qu'un instant. Ensuite, elle reprendrait son rôle de femme active et sûre d'elle, tenace dans l'adversité et toujours prête à faire face, avec sang-froid.

Tritter les regardait, il avait toujours su qu'il y avait quelque chose entre ces deux là. Quand elle avait fourni un alibi à House lors de son procès, il lui était apparu qu'elle l'aimait car il fallait plus qu'une relation patron-employé, pour le couvrir comme elle l'avait fait.
Il sorti du bureau de House, de toute façon, il avait la confirmation que ça n'était pas un plaisantin qui poursuivait Lisa Cuddy.

House le vit sortir, il avait les mains sur les épaules de Cuddy.
Elle s'avait qu'il la protègerait. Tout son être en était conscient. D'une conscience presque sensuelle. Physiquement d'abord House était du genre impressionnant. Dissuasif donc. Et puis il avait ce charisme, cette manière d'envisager l'existence avec une placidité imperturbable.
Cuddy savait qu'il ne lui arriverait rien.

Non, elle n'avait plus peur, si ce n'était d'elle-même en ce moment. Les paumes de House lui massaient doucement les épaules et la nuque, et elle frissonna d'un plaisir ancien, profondément inscrit en elle, souvenir des caresses qu'ils échangeaient autrefois.

Si elle se retournait pour lui faire face, que lirait-elle dans ses yeux bleus ?
Subissait-il, lui aussi, les résurgences du passé ?
Quoi qu'il en soit, il fallait qu'elle rompe le charme. D'abord pour se préserver.
Depuis House, elle s'était tenue à l'écart de la gent masculine.
Se donner à fond dans son boulot comblait toutes ses attentes et la laissait en paix.

Elle avait eu l'occasion de constater, combien les relations passionnelles induisaient aussi, de la détresse, de la souffrance et de destruction pour préférer s'en abstenir. En tout cas, pour supporter le manque sans désagrément.
Mais depuis que House avait réapparu dans sa vie, son beau système s'écroulait.
Quelques heures avaient suffi !

Elle avait pourtant bonne mémoire. Elle était assez mûre pour ne pas croire une troisième fois à une idylle impossible.

Hors de question qu'elle souffre comme elle avait souffert après leur rupture.
Elle était troublée, mais pas folle au point de s'abandonner à des sensations aussi éphémères qu'illusoires.

- Merci, House, dit-elle d'une voix qu'elle voulait assurée. Je me sens mieux, maintenant. Détendue.
Mais lorsqu'il la fit doucement pivoter vers lui, elle lut dans son regard clair un écho à ses propres désirs
- Je ne pense pas que…
- Arrête de penser, coupa-t-il en posant ses lèvres sur les siennes.
Elle l'avait laissé l'embrasser ! Les mains enfouies dans ses cheveux, elle lui rendait même son baiser avec une ardeur inattendue.

Il l'attira à lui et sentit contre son torse les seins fermes et voluptueux de Cuddy. Le souvenir était trop intense, trop puissant. Comme une déferlante. Combien de fois, jadis, l'avait-il ainsi tenue entre ses bras ?
Mais certaines sensations étaient restées intactes.

Comme s'ils n'avaient jamais cessé de s'appartenir, de vivre l'un pour l'autre. Emporté par la sensualité qu'il croyait retrouver entre eux, il la souleva de terre comme il le faisait autrefois, l'invitant à nouer ses jambes autour de sa taille.
Mais , au lieu de l'accompagner, il la sentit qui s'écartait, lentement mais avec fermeté.
Il l'observa un instant, tout en s'efforçant de reprendre pied.

Depuis qu'elle était entrée chez lui ce matin, il ne s'était pas passé une minute sans qu'il ait envie de la prendre dans ses bras. Un désir d'adolescent ! Cuddy exerçait sur lui un magnétisme qu'il était incapable de juguler. Ni même d'esquiver.
Il s'était pourtant juré de ne pas tout mélanger. Comment avait-il pu croire qu'en l'embrassant,qu' il romprait le charme, qu'il ferait taire le souvenir…

Bien au contraire, la réalité lui présentait un visage tout aussi enchanteur.

- Tout cela ne nous mènera nulle part, murmura Cuddy en replaçant d'une main tremblante, une mèche de cheveux derrière l'oreille.

Il ne savait que penser. Ni que répliquer. Y avait-il quelque chose à dire, d'ailleurs que leurs yeux ne se disent déjà ? Tout deux brûlaient du même désir, tous deux luttaient farouchement pour y résister.

C'était sans doute en cela que résidait tout le tragique de leur relation. Une profonde complicité, allié à une incapacité totale à se livrer l'un à l'autre, à se faire confiance.
L'amour éperdu, la peur au ventre. Peur d'être déçus, blessés, floués. Une fois déjà House avait préférer s'enfuir….
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