Rien n'est plus dangereux que l'amour… Sauf la mort.
Exclusif, passionnel, absolu, l'amour n'a pas de limites. Il peut tout brûler et dévaster sur son passage. Jusqu'à anéantir l'objet qu'il chérissait…( Harlan Coben)
Merci pour vos commentaires et de me lire.
- Tu m'attires, continuât-elle. Je l'admets, c'est déjà beaucoup. Mais ne m'en demande pas plus
- Je n'ai rien dit.
- C'est vrai, tu n'as jamais été très loquace, dans ce genre de situation. Eh bien laisse- moi tirer les conclusions qui s'imposent. Ce qui s'est passé n'aurait simplement pas dû arriver. Il grand temps que nous nous comportions en adultes. Avec un peu de lucidité. Car si on y réfléchit, il n'y a rien d'étonnant à ce que tu m'aies embrassée. Simple projection du désir de protection. Un cas d'école.
- Je trouve un peu présomptueux de votre part, « docteur »Cuddy, de me dire ce que je ressens. Tu m'as embrassé, toi aussi. N'essaie pas de le nier, déclara House tandis qu'elle tournait les talons . C'est un peu facile de me renvoyer à ma libido sous prétexte que tu n'assumes pas la tienne.
Touché dans le mille ! Toute directrice qu'elle était, Cuddy n'en demeurait pas moins une femme aux prises, comme tout le monde, avec les contradictions de sa sensibilité et tiraillée entre des aspirations quasi instinctives et les limites que lui fixait son amour propre…
Elle s'arrêta net, resta un instant silencieuse avant de se retourner. Ses yeux brillaient d'une colère à peine contenue.
- Tu te trompes sur un point essentiel, House. Je ne nie pas que tu sois attirant et que tu me fasses un certain effet. Mais je ne coucherai pas avec toi, ni maintenant, ni jamais. J'ai déjà donné, et je n'ai pas l'intention de commettre trois fois, la même erreur.
La tension était palpable dans la pièce. Comme si un mur invisible s'était érigé entre eux. House n'en revenait pas. La femme d'autre fois était incapable de cacher ses sentiments. Celle d'aujourd'hui semblait maîtresse d'elle-même. Plus désabusée aussi.
Elle sortit dans le couloir… Encore sous le choc de ce qui venait de se produire. Elle avait beau jouer les blasées, il lui fallait se rendre à l'évidence : se retrouver dans les bras de House n'était pas seulement du à sa frustration. Mais plus à une chose qu'elle aspirait depuis deux ans ! Tout à l'heure, en sentant ses lèvres se poser sur les siennes, elle d'était littéralement abandonnée. Encore un peu et elle passait ses jambes autour de House. Heureusement la petite voix de sa conscience l'avait alerté à temps. Mais devait-elle pour autant se croire à l'abri ? Ses désirs n'auraient-ils pas bientôt raison de son bon sens ?
Elle n'avait pas le choix, pourtant. Elle devait continuer à le voir. Au moins tant qu'elle ignorait l'identité de celui qui avait décidé de s'en prendre à sa tranquillité. Elle avait besoin de lui.
Elle revient dans le bureau de House.
- Il faut que j'appelle mon collège. Il doit venir me chercher demain soir, pour notre dîner. Je vais lui donner ton adresse, sinon il va se pointer chez moi et …
- Il est hors de question que tu donnes mon adresse à qui que ce soit. Il en va de ta sécurité.
House avait croisé les bras sur sa poitrine et affichait un air déterminé.
- Mais c'est ridicule ! Je suis sûre de lui soupira-t-elle. On peut lui faire, confiance, crois-moi. Et mon secrétaire ? Il faut bien qu'il sache où me joindre, lui aussi…
- Tant que Tritter n'aura pas fait vérifier les lignes téléphoniques, on ne prendra aucun risque. Ils peuvent te joindre sur ton portable, s'ils le souhaitent.
- C'est vrai. Excuse-moi, je n'y avais pas pensé.
- Je préférerais que tu annules ce souper de travail, demain, ajouta-t-il. J'imagine qu'il va y avoir beaucoup de monde. Et en plus il n'est pas difficile de savoir que tu y seras. Autant dire que tu prends des risques en y allant.
- Impossible. D'abord parce que le Pr Wey de l'université de Princeton, va faire une allocution et que je tiens à l'entendre. Ensuite, parce qu'en plus de clôturer un congrès médical, ce souper a pour but de recueillir des fonds pour mon association. Le maire sera là, ainsi que les personnalités qui nous soutiennent depuis le début. Ils comptent sur moi. Même si aujourd'hui d'autres médecins et des juristes font vivre l'association, j'en suis l'initiatrice et ma présence compte, quand on veut mobiliser les gens. Si tout se passe bien , les bénéfices d'une telle manifestation doivent faire vivre le centre pendant un an.
- Alors, je viens avec toi.
- Mais puisqu'il m'accompagne ! En plus, tu t'y ennuierais terriblement. Les discours sans fin, pas vraiment ton genre…Je me rappelle une fois où je t'ais attendu toute la soirée…
- Tu penses me connaître par cœur, hein ?
La question irrita Cuddy . Pourquoi fallait-il qu'il rapporte tout à eux ? Elle se tut un instant, histoire de temporiser. Au fond, il avait raison sur un point : il avait changé, il n'était plus l'homme qu'elle avait connu. Comment pouvait-elle savoir aujourd'hui ce qui l'ennuyait ou non ?
- Désolée, House. J'ai été maladroite. Je voulais juste te faire comprendre que je n'ai nullement besoin d'un chaperon. Je doute fort que mon photographe aussi tenace soit-il aille jusqu'à payer mille dollars l'entrée simplement pour me tirer le portrait !
- Mille dollars ! S'exclama House. Tu veux me ruiner ! Encore une chance que je sois en mission recommandée. Tu n'oublies pas que mes services ne sont pas gratuits. Mais je te promets : tu en auras pour ton argent. Elle souriait. ENFIN…
House se félicita d'avoir à peu près sauvé la situation . Dés le début il avait su qu'avec Cuddy, il marchait sur un fil. Jusqu'à quand garderait-il l'équilibre ?
- Ok, mais je vais le prévenir, déclara-t-elle.
- N'oublie pas une chose, affirma-t-il en lui rendant son sourire. Où que tu te trouves, je ne perdrais pas de vue tes jumelles.
Tritter lui avait confirmé que même si le collège de Cuddy figurait sur l'un des clichés, cela ne l'innocentait pas pour autant. Rien de plus simple que de payer quelqu'un pour ce genre de travail. De plus, il avait aussi apprit qu'il était spécialiste en psychopathologie criminelle, ce qui voulait dire qu'il en savait long sur les méthodes d'intimidation, la construction de scénarios, la manipulation mentale. On avait déjà vu des cas de psychiatres réputés qui basculent dans la pathologie même que leur profession les amène quotidiennement à combattre. Plus encore, il était bien placé pour recevoir les confidences de Cuddy et se tenir au courant de ses faits et gestes. Peut-être même était-il amoureux d'elle. Peut-être l'avait-elle repoussé. Plus House y pensait, plus il prenait cette piste au sérieux, dût-il choquer Cuddy.
En plus, il lui fallait bien admettre qu'il éprouvait pour ce beau brun un semblant de jalousie. Aussi la perspective de sa tête en les voyant arriver tout les deux le réjouissait-elle par avance.
- Ça se passe où au fait ?
- Au Plazza.
House croisa son regard le temps d'un éclair, mais il n'eut aucun mal à déchiffrer sa pensée. Elle craignait sans doute qu'il n'ait rien à se mettre qu'un jean élimé et qu'un vieux blouson de cuir.
- La cravate est de circonstance, précisa-t-elle en effet.
- Pas de problème, je devrais en trouver une dans un fond de placard. Il la regarda avec un sourire satisfait sur les lèvres.
Le lendemain après-midi, il agita la fiole de morphine devant ses yeux tandis que le téléphone sonnait à l'autre bout de la ligne. Bientôt, très bientôt, elle lui appartiendrait ! Dans quelques heures à peine, elle tomberait dans ses filets. Et avec un peu de chance, elle attirerait le boiteux dans sa chute.
- Bureau du Dr Cuddy, ne quittez pas répondit une voix masculine avant de le mettre en attente.
ET merde ! Il avait horreur qu'on le rembarre ainsi, pendu comme un vulgaire poisson à l'hameçon. Sous le coup de la colère, il faillit raccrocher. Mais son plan était trop parfait, et il touchait au but. Tant pis, s'il avait affaire à des idiots qui n'avaient aucune idée de sa valeur. Il fallait qu'il tienne bon. Pour le BIEN, pour la VERITE. S'il ne le faisait pas, qui se chargerait de la Mission ?
IL se repassait la marche à suivre, pour s'encourager à patienter, tandis que dans le téléphone, un synthétiseur jouait sur un mode suraigu quelques mesures de la Walkyrie. Quel goût déplorable !
- Pardon de vous avoir fait attendre, reprit la voix. Que puis-je faire pour vous ?
- Pourriez-vous faire passer un message au Dr Cuddy ? C'est le Dr Raynard à l'appareil annonça-t-il d'un ton rauque. Je dois absolument la joindre. Une des personnes qu'elle suit avec son groupe de soutiens, vient d'être admise en réanimation à l'hôpital. Elle s'est taillée les veines et demande à parler au Dr Cuddy.
- Certainement, Dr , si vous avez quelques minutes, je peux vous la bipper. Vous lui expliquerez-vous-même ce qu'il en est
- Je n'ai pas le temps, mon petit
- Très bien, cela n'a pas d'importance. Je vais la prévenir, dessuite. Doit-elle vous rappeler ?
- Inutile, je la verrai à son arrivée.
Il raccrocha avant de s'énerver. Dieu, qu'il avait horreur des incompétents….
Il était à peu prés 17heures, Cuddy venait de finir de s'habiller quand son portable sonna. Le temps qu'elle l'atteigne, la sonnerie du téléphone cessa, puis reprit. Elle hésita. Et si c'était le dingue ? Puisqu'il semblait tout connaître d'elle, il avait aussi bien pu se procurer son numéro de portable. Elle finit tout de même par décrocher, laissant à son interlocuteur le privilège de parler en premier.
- Dr Cuddy ? C'est Mike.
La jeune femme poussa un soupir de soulagement, c'est son secrétaire.
- J'espère que je ne vous dérange pas. En fait, je viens de vous bipper mais sans succès. Comme ça ne répondait pas chez vous depuis cet après-midi…
- C'est normal, ma ligne est en dérangement. Je ne sais pas combien de temps ça vas durer, mais pour l'heure le meilleur moyen de me joindre est d'appeler sur mon portable. Que se passe-t-il ?
- Un message du Dr Raynard, Kristin Mc Fly vient d'être admise à l'hôpital après une tentative de suicide et demande à vous parler.
- OH, non ! Et comment va-t-elle ?
- Je n'en sais pas plus, simplement qu'elle demande à vous voir.
- Boh, répondit Cuddy , en jetant un coup d'œil à sa montre. En partant immédiatement, elle avait le temps de passer à l'hôpital avant de se rendre au Plazza.
- J'y vais tout de suite.
- Bien, j'espère que tout ira bien.
Elle fourra son téléphone dans son sac et couru jusqu'à la chambre de House. La porte était entrouverte et elle entendait l'eau couler dans la baignoire.
- House, appela-t-elle.
Pas de réponse. S'il fallait qu'elle attendre de qu'il ait terminé, puis qu'il s'habille, elle perdrait un temps précieux. Tant pis, elle ne pouvait pas laisser Kistin seule dans un moment pareil. Elle griffonna quelques mots pour lui expliquer la situation et lui demander de la rejoindre directement au Plazza. Elle serait parfaitement en sécurité au Princeton. D'autant qu'elle connaissait le Dr Raynard et tout le personnel. Cette jeune femme avait besoin d'elle il n'y avait pas une minute à perdre.
- Et merde !
House froissa la note que Cuddy avait laissée sur son lit et bondit hors de la chambre. Il jurait encore deux minutes plus tard en appelant un taxi.
Ses mains tremblèrent de plaisir lorsqu'il vit la belle brune débarquer devant l'hôpital Princeton. Dans moins de deux minutes, elle serait au service de réanimation. Comme prévu, la grace avait accouru au secours des pseudo-nécessiteux. Une grande âme, la bourgeoise ! Lorsqu'il entrerait dans l'ascenseur avec elle, elle serait sûrement hors d'haleine. Et avant qu'elle ait le temps de reprendre son souffle, il lui aurait injecté la morphine. Elle se débattrait peut-être un peu, mais ça ne l'inquiétait pas. Vu la dose qu'il lui avait préparé, elle ne ferait pas longtemps la maline. Il n'aurait plus ensuite qu'à la conduire au sous sol. Direction la morgue. Il sourit en songeant combien elle serait impuissante. Dommage qu'il ne puisse pas la laisser vivre un peu. Juste assez pour lire la terreur sans ses yeux quand elle comprendrait qui il était et que pour elle, il était trop tard. Définitivement trop tard. Mais il faudrait qu'il se passe de ce plaisir. Le temps pressait.
Cuddy traversa la hall de l'hôpital en courant. Ses talons aiguilles claquaient sur le carrelage, avec un rythme de métronome. Sa montre indiquait 18H25. D'après ses calculs, il ne s'était pas écoulé plus d'une heure et demie depuis que le Dr Raynard avait laissé un message. C'était tout ce qu'elle avait pu faire. De deux choses l'une : ou bien on l'avait déjà transférée dans le service de psychiatrie de l'hôpital ou bien son état était critique et elle était en réa. Dans les deux cas, consulter le Dr Raynard s'imposait. Elle voulait connaître son diagnostic avant de voir la jeune femme. D'autant qu'elle n'avait pas beaucoup de temps avant sa soirée. Pas le temps donc de s'entretenir longuement avec elle. Le Dr avait peut-être quelques lumières sur les circonstances dans lesquelles la jeune femme était passée à l'acte, ce qui permettrait d'éviter les préambules. Elle avait presque atteint les ascenseurs lorsqu'un homme, vêtu de l'uniforme vert des infirmiers vint à sa rencontre. Cuddy s'arrêta net, comme il la hélait. Il y avait quelque chose d'étrange dans la manière dont cet individu avait soudain surgi dans son champ de vision. Il n'était pas très grand ses épais cheveux noirs et sa barbe drue lui donnaient un air assez original. Comme s'il était brusquement sorti de derrière un paravent. Il fixait sur elle des yeux noisette, bizarrement écarquillés. Un hurluberlu, sans doute se dit Cuddy. Ou bien un type un peu surmené.
- Lisa CUddy ?
L'homme avait un ventre rebondi, ce qui achevait de lui donner une allure tout à fait singulière. Non seulement ce personnage semblait tout droit sorti d'un roman de Lewis Carroll, mais il détonnait avec l'univers plutôt norme de l'hôpital. Le plus surprenant, c'est qu'il paraissait la connaître.
- Oui, confirma-t-elle, prudente.
- Le Dr Raynard m'envoie vous dire que Kristin Mc Fly vient d'être conduite dans sa chambre. Si vous voulez bien me suivre.
Déjà il s'était retourné pour appeler un ascenseur Cuddy se sentit immédiatement soulagée. Kistin était hors de danger. Du moins sur le plan physique.
- Où est le Dr Raynard ? S'enquit-elle en emboîtant le pas à l'infirmier.
- Aux urgences, il y a eu un carambolage sur la voie expresse et les blessés affluent sans discontinuer depuis trois quarts d'heure. Il m'a dit qu'il essaierait de vous rejoindre dés qu'il serait plus disponible.
La jeune femme hésita un instant. L'accès au service des urgences était juste au bout du hall. Y faire un crochet ne lui prendrait que quelques instants. Et puis le mari de Kristin, bien qu'il semble s'être éloigné d'elle, pouvait bien y avoir accouru. Si tel était le cas, c'était pour elle l'occasion rêvée d'avoir une petite discutions avec lui.
- J'arrive tout de suite, dit-elle. Je dois voir mon collège d'abord…
- C'est impossible, trancha l'homme, d'une voix subitement autoritaire. Je vous l'ai dit, il montera tout à l'heure.
Surprise Cuddy l'observa de plus prés. Si ce n'était l'uniforme, rien ne prouvait qu'il fasse bien partie du personnel soignant de l'hôpital. Mais avant qu'elle eût le temps de déchiffrer le badge qu'il arborait sur sa blouse, l'individu entrait dans l'ascenseur et l'invitait ardemment à le suivre. Elle remarqua ses chaussures en cuir, ses chaussettes lignées. D'ordinaire, le personnel, habitué à arpenter les longs couloirs, utilisait des baskets ou des souliers souples.
- Je n'ai pas compris votre nom. Vous êtes médecin ? S'enquit-elle.
- Non .
- Quel est le numéro de la chambre de Kristin ?
Il avait posé la main devant la cellule de la porte, retenant l'ascenseur pour qu'elle entre. Un nouveau détail la frappa, insolite, lui aussi : il portait un stéthoscope autour du cou. Ne venait-il pas de lui dire qu'il n'était pas médecin ?
- Vous n'étiez pas obligé de m'accompagner, reprit-elle en pénétrant enfin dans l'ascenseur.
