Je suis tellement nerveuse, House, que j'en tremble, avoua Cuddy en descendant de la voiture.

C'était un sentiment d'inutilité qu'elle ressentait. Elle ne pouvait plus agir sur le cours des évènements. Et si le plan de Tritter échouait ? Si Tritter avait commis une erreur ? Elle se dirigea vers sa maison, enfin !

Je viens de recevoir un message de Tritter, annonça House. Ils sont en position devant le domicile de Samuel Hess pour l'appréhender. Je te laisse, j'ai quelque petite chose à voir chez moi.

Elle le regarda partir, sans comprendre. Elle se glissa dans sa maison et laissa la lampa du hall allumée, House lui manquait déjà. Atrocement. D'autant que bientôt, tout serait fini. Il leur faudrait une seconde fois se dire adieu, pour de bon, sans doute. N'était-ce pas ce qu'elle avait voulu depuis le début ? Elle n'était plus sûre de rien, maintenant. Une page se fermait, la dernière de son histoire avec Gregory House.

Une heure plus tard, alors qu'elle était dans son fauteuil, le téléphone sonna.

Cuddy ? Je n'ai pas beaucoup de temps…Je...j'avais simplement envie d'entendre ta voix.

Où es-tu, House ?

Dans une voiture de police banalisée avec Tritter

Mais tu es fou, tu n'as rien à faire là. Laisse Tritter et ses hommes faires leurs boulot.

Ce ne sera plus long, d'après eux, je veux être sur que tu ne risques plus rien…

Tu n'as pas à risquer ta vie pour moi.

Cesse de t'inquiéter pour les autres et prends plutôt soin de toi. Je sais ce que je fais.

J'ai confiance en toi, House, mais…

Bien que House cherche en permanence à démontrer le contraire, il n'était pas invulnérable. Mais aujourd'hui plus que jamais, elle avait envie de se convaincre du contraire.

Reviens-moi … Fais attention à toi…

Elle avait voulu lui parler encore, lui dire ce qu'elle avait sur le cœur. D'accord, il tenait à elle, là. Mais l'aimerait-il encore lorsqu'elle lui demanderait d'abandonner un style de vie auquel elle ne pouvait pas souscrire et qui l'effrayait ? La suivrait-il sur la voie qu'elle imaginait pour eux ?

House raccrocha et sentit son estomac se nouer à l'idée que Cuddy, une fois Hess en prison, allait sortir de sa vie aussi brutalement qu'elle y était réapparue. Elle l'aimait pourtant, il en était certain. Pourquoi fallait-il qu'elle refoule ses sentiments ?

La vérité lui tomba dessus comme une chape. Quelle femme voudrait d'un homme sans avenir ? D'un homme qui passait son temps à risquer sa vie, comme d'autre jouent au golf ?

Il secoua la tête. Il n'avait encore une fois pas comprit se qu'elle attendait de lui. Il aurait dû rester près d'elle, attendre ensemble le coup de fil de Tritter. Au lieu de ça, il avait foncé tête baissée dans les ennuis, dans les risques, alors que la seul chose qu'elle attendait de lui c'était sa présence…

Un air de country sortait de la petite radio portable de Samuel Hess. Un coup d'œil à sa montre : le timing était bon ! Ça approchait. Bientôt, il serait en tête à tête avec la garce. Rien que lui et elle. Il avait attendu ce moment depuis tellement longtemps… qu'il allait s'arranger pour qu'il soit inoubliable ! Il coupa la radio et se prépara à passer à l'action. Il rentra chez elle, discrètement sans un bruit avec une agilité que seul un militaire bien entrainé pouvait avoir. Il se positionna derrière elle.

Cuddy entendit un bruit, comme si une personne se déplaçait dans la maison, elle regarda derrière le fauteuil et vi avec horreur Hess ! Le cauchemar n'était pas fini…

Surprise ? Lui dit-il, un horrible rictus en guise de sourire. Brusquement, il balança son bras droit en avant et elle sentit une aiguille s'en foncer dans sa chair. Elle baissa les yeux : une seringue était fichée dans son cou.

Début des hostilités ! Lança-t-il, sardonique. Dans une petite minute, tu vas te sentir fatiguée, très fatiguée.

Déjà son rire infernal refluait vers les profondeurs. Le monde vacilla. Elle tenta de lutter mais ses membres ne lui obéissaient plus. Elle tomba dans la nuit d'un puits sans fond.

Les battements sourds de son cœur la tirèrent de sa léthargie. Ainsi qu'une odeur étrange. Semblable à la naphtaline. Elle ouvrit péniblement les paupières. Avait-elle encore fait un cauchemar ? Avait-elle seulement jamais quitté sa maison ?

Des bruissements confus lui parvinrent aux oreilles. Elle avait mal à la tête. Et ses yeux ouverts ne distinguaient rien, que la nuit. Peut-être ne c'était-elle pas encore réveillée. Elle tenta de se redresser. En vain. Tout son corps semblait engourdi, privé de sa motricité habituelle. Elle ferma de nouveau les yeux, pour les rouvrir aussitôt.

Et se souvient de Hess, chez elle au dessus d'elle … Où était-elle maintenant ? Sous sa joue droite, une couverture de laine. Elle était à plat ventre dessus à même le sol. Lentement, elle tenta de remuer les doigts, puis la main, et enfin tout le bras. Apparemment, elle n'était pas attachée.

Où était-il, maintenant ? Si au moins elle parvenait à tourner la tête. Peut-être épiait-il ses moindres mouvements, assis dans la pénombre, derrière son dos ? Il fallait qu'elle s'en assure et qu'elle trouve le moyen de fuir.

C'était sans doute ce qu'il attendait d'elle, d'ailleurs. Comme le chat joue avec la souris, la cruauté suprême. Hess jouissait sûrement de la voir se débattre. Il la laisserait courir, se jeter dans une course absurde et la rattraperait. Juste pour lui signifier qu'il était le maître, qu'il la tenait entre ses griffes…

Un sentiment de colère l'envahit. Surtout ne pas paniquer. Respirer, régulièrement, se défaire de la drogue. En contractant ses muscles régulièrement, elle pouvait lutter contre le sommeil qui alourdissait ses paupières. Surtout ne pas paniquer, respirer, lentement.

Je vois que tu es réveillée ? Entendit-elle une voix aigre prononcer. Tant mieux, je commençais à m'ennuyer. On continue ?

Ne pas paniquer, ne pas bouger. La voix semblait provenir d'en haut. Oui, il était au dessus d'elle. Il l'observait. Feindre l'immobilité. C'était sa force. Il avait beau tirer les ficelles une chose lui échappait : il n'était pas elle !

Les minutes s'écoulèrent sans qu'il ne bouge. Non, il ne la tuerait pas immédiatement. Il voulait d'abord se délecter de sa peur. Comme un guetteur, tapi dans l'ombre.

Le temps jouait en sa faveur, elle le sentait. Ses muscles se détendaient. Si seulement elle n'avait pas envie de dormir. Lutter. Elle se mit à penser à Rachel, à son sourire, son amour pour elle. Puis le visage de House, son sourire taquin, ses yeux bleu et son amour pour lui. Ne pas bouger et puis se déplier comme un ressort. A travers ses sils, elle le vit approcher. Il devait toujours la croire immobilisée. Elle le vit avancer sa main, comme s'il voulait prendre son pouls.

C'était le moment. Dans un geste précis, violent, elle enfonça ses ongles dans ses orbites. Hess hurla de douleur, lâcha sa torche et recula, les mains devant les yeux.

Maintenant, bondir, s'enfuir.