1 Milliard d'excuses pour le temps entre ces deux derniers chapitres, beaucoup de choses se passe actuellement dans ma vie, je n'ai pas pu faire de cette histoire une de mes priorités.
Le chapitre suivant risque de mettre un peu de temps à arriver aussi.
bises à tout et merci pour vos reviews !
Chapitre 6 :
Eris regarda autour d'elle.
- À TERRE ! hurla-t-elle en tirant Sirius et Remus vers le sol.
Le sort passa au-dessus d'eux et frappa James de plein fouet. Eris le vit atterrir dix mètres plus loin dans un bruit sourd.
- James ! cria Sirius en se précipitant vers lui.
Le voyant tourner le dos aux deux mangemorts face à eux, Remus sortit sa baguette, se tourna et, toujours allongé, lança.
- Petrificus tota… PROTEGO ! Eris lève toi !
Eris ne se le fit pas dire deux fois et se redressa en sortant sa baguette. L'adrénaline qui coulait dans ses veines avait l'effet d'un inhibiteur de douleur. Sa tête, son dos en charpie, son bras, elle ne sentait plus rien. Tout ce qui comptait, c'était s'enfuir en semant les mangemorts.
- Stupefix !
L'homme, à l'abri sous son masque, évita le sortilège d'un pas sur le côté et réplica.
Eris réussit à dévier le sort.
- Courrez !
Remus à côté d'elle et Sirius aidant James devant, ils fuirent le plus vite qu'ils pouvaient dans la direction opposée. Elle se demanda un instant où les Maraudeurs étaient censés être dans l'histoire où elle était absente. Sûrement en sécurité.
- Expelliarmus ! lança son voisin, lui faisant reprendre ses esprits.
- Est ce que tu sais faire geler de l'eau ? Lui demanda-t-elle, déjà à bout de souffle.
Remus acquiesça, circonspect.
- Alors fait le ! Aguamentis !
Le sol se détrempa au point que lorsque Remus le gela, les mangemorts manquèrent de s'affaisser.
Eris visa la terre devant leurs poursuivants.
- Bombarda ! Wadiwazi !
Le sol éclata en dizaines de morceaux qu'elle propulsa à pleine vitesse sur les mangemorts.
- On y est presque dépêchez vous, leur cria Sirius.
Eris vit l'un des deux mangemorts se prendre un morceau de terre gelée en plein front, tomber, et ne plus bouger. Le deuxième redoubla d'efforts pour les arrêter, mais voyant qu'elle et Remus parvenaient à les protéger, il pointa sa baguette sur sa gorge. Lorsqu'il parla, sa voix était si forte qu'Eris n'eut aucun doute sur le fait que tout le village pouvait l'entendre.
- Le gamin Potter est là, attrapez le !
Remus se tourna vers James, une lueur d'angoisse dans le regard. Son ami était déjà blessé, Eris aussi, il fallait qu'ils se cachent quelque part.
- Il faut qu'on atteigne les trois balais ! Cria Sirius.
- L'entrée des trois balais est sûrement le premier endroit où ils se sont rendus. Les attaques sont toujours courtes, il faut qu'on te cache le plus longtemps possible James, répondit Remus.
- PROTEGO ! Pourquoi pas la tête de sanglier ? Demanda Sirius.
- Trop connu aussi, en plus c'est loin.
- Et le passage sous Honeyducks ? Proposa Eris. EXPELLIARMUS !
Les trois garçons se tournèrent vers elle d'un seul geste et ralentirent.
- Comment tu… commença James.
- Ce n'est pas le moment et c'est une bonne idée, le coupa Remus en poussant James pour qu'il reprenne sa course. On y va !
Ils allaient arriver au coin du magasin de friandises, à côté de la rue principale, quand deux autres mangemorts apparurent soudainement devant eux. Entourés par trois mangemorts et avec deux blessés, ils n'avaient aucune chance pensa Eris. Celui qui les suivait les avait rattrapés et il pointa sa baguette sur elle au moment où elle se retournait pour lui faire face. Remus avait rejoint Sirius pour l'aider à soutenir James et ils tentaient ensemble de tenir à distance les deux sorciers masqués.
Eris vit le mangemort face à elle faire un mouvement de baguette et elle lança un sortilège de protection juste à temps pour contrer la majorité du sort. Elle ressentit un étau compresser sa poitrine, lui bloquant la respiration quelques secondes. Son adversaire s'apprêtait à l'attaquer lorsque des bruits de transplannage retentirent à nouveau.
- Les Aurors ! Entendit elle derrière elle.
Le mangemort s'approcha si vite d'elle qu'elle n'eut pas le temps de réagir. Il l'a saisit par le bras et il souffla à son oreille.
- À la prochaine fois ma jolie.
Il enfonça alors un horrible ongle pointu et sale dans son épaule et le fit glisser d'un coup sec le long de son bras gauche, puis il transplanna avec ses comparses.
- La zone ouest est sécurisée, entendirent-ils raisonner entre les murs du village, merci de vous y rendre pour retrouver des Aurors et des soins.
- C'est ton père James, on devrait y aller, lui dit Sirius.
James soupira mais acquiesça.
Ils se dirigèrent tous vers l'ouest, se soutenant les uns aux autres. Sirius était celui en meilleure forme, il avait eu la chance de n'être touché par aucun sortilège ce qui n'était pas le cas des autres. Lorsqu'ils arrivèrent en vue du périmètre sécurisé, Eris eut juste le temps de se dire que l'adrénaline qui circulait dans son corps était en train de se faire la malle avant de s'évanouir.
D'après ce que lui avait dit Harold, Eris était restée deux jours dans le coma. Coma duquel elle était sortie grâce aux bons soins du vieux couple. James, Sirius et Remus, bien que encore sous le choc, s'étaient parfaitement remis de l'attaque. Durant la semaine qui suivit, Eris avait eu tout le loisir de discuter avec Sylvia. La femme avait prit sa retraite quelques années plus tôt et continuait tout de même à travailler depuis chez elle. C'était une brillante maître des potions, spécialisée dans les blessures causées par des créatures magiques, ce qui avait bien arrangé Eris quelques jours plus tôt. Elle envisageait même de dire la vérité au vieux couple depuis qu'elle avait eu la visite de Dumbledore la veille.
En effet, avec l'attaque, avait suivi une enquête de la part des Aurors, et les personnes sur place devaient toutes se rendre au ministère dans les plus brefs délais. Evidemment, cela avait forcé Dumbledore à accélérer son enregistrement au ministère.
- Il faudra que nous y allions dans la semaine, avait déclaré le professeur. T'enregistrer comme pupille du ministère sera trop compliqué dans un laps de temps aussi court, il te faudra donc un tuteur jusqu'à ta majorité. Je suis prêt à tenir ce rôle si tu le souhaites.
Eris n'aimait pas l'idée que Dumbledore puisse avoir un contrôle sur ses décisions les prochains mois. De plus, si ce lien presque familial avec Dumbledore venait à être découvert, cela attirerait beaucoup trop l'attention sur elle à son goût. Mais avait-elle un autre choix ? Ce fut à ce moment dans sa réflexion que Harold entra dans la pièce pour lui annoncer que le dîner était servi.
"Pourquoi pas Harold ? se demanda-t-elle. J'ai confiance en lui, et même si Voldemort veut s'en prendre à sa famille, ce n'est pas encore devenue une obsession comme ça le sera dans le futur avec la prophétie. Ce n'est pas idéal, mais c'est mieux qu'être la pupille de Albus Dumbledore, qui la mettait dans la position délicate de potentiel point faible du directeur de Poudlard aux yeux du mage noir."
Sa décision prise, elle alla dîner et réfléchi toute la soirée à une manière de demander ce service à la limite de l'absurde à ses deux seniors préférés.
Le lendemain après-midi, elle alla voir Harold dans son bureau et demanda à lui parler, ainsi qu'à Sylvia. Il sortit chercher sa femme et ils s'installèrent. La nervosité d'Eris était clairement visible, et le couple la regardait avec inquiétude.
- Quoi que tu ais à nous dire Eris, n'ai pas peur de notre réaction. Harold te connait depuis plusieurs mois maintenant et je suis persuadée que tu es une bonne personne.
Sylvia s'était penchée vers elle et lui avait saisi la main. Le regard confiant et empathique de la vieille femme lui rappelait celui de sa mère, dans le monde où elle avait grandit.
" Non, ne penses pas à ça, se morigéna t-elle"
- Harold, justement, commença-t-elle en levant les yeux vers lui. Je suis désolée, je t'ai menti quant à la raison pour laquelle je n'étais pas à l'école depuis mars dernier.
- Je le sais ma grande, tu es donc prête à me dire la vérité je suppose.
Eris baissa les yeux de honte. Non seulement elle lui avait menti, mais en plus elle s'était apparemment faite démasquée. Cela n'augurait rien de bon pour son arrivée à Poudlard…
- Oui, la vérité c'est que j'ai passé toute mon enfance dans un autre monde. C'est un monde assez similaire au monde moldu ici, sauf que là-bas, la magie, les sorciers, Poudlard, tout cela est une histoire, une histoire contenue dans sept livres pour être précise.
Eris raconta à Harold et Sylvia tout ce qu'elle avait vécu depuis son passage dans la boutique de Londres. Ils l'écoutèrent attentivement, lui posant des questions de temps à autre, jusqu'à ce que Harold demande finalement.
- Pourquoi tout nous raconter maintenant ?
- Parce que j'ai besoin de votre aide. Avec l'attaque qui vient de se produire, je dois me rendre au ministère faire ma déposition. Je ne peux pas vraiment m'y soustraire puisque j'étais avec James. Mon existence ici n'est pas encore formelle, il faut que je m'inscrive au plus vite dans les papiers du ministère. Aux vues de mon âge, j'ai besoin d'un tuteur légal pour encore six mois, et j'espérai que ce soit toi Harold.
Eris avait passé son temps à regarder ses mains posées sur ses genoux.
- J'ai confiance en toi, et en toi aussi Sylvia.
Elle releva la tête pour voir leur réaction et les trouva en train d'échanger un long regard, comme s'ils pouvaient communiquer par télépathie. La pièce resta silencieuse une minute qui lui parut des heures.
- Tu comprends que nous ayons besoin d'en discuter Eris, dit finalement Sylvia.
Eris ferma la porte derrière elle, laissant le couple à leur conversation. Elle se sentait exténuée, comme si leur révéler sa véritable histoire l'avait vidée de son énergie. Elle retourna donc se coucher, et s'endormit en quelques minutes.
Elle se réveilla quelques heures plus tard, Harold se tenant, comme à son habitude, sur le siège à côté de son lit.
- Comment te sens-tu ? demanda t-il en la voyant émerger.
- Mieux, je pense que je pourrais reprendre le travail d'ici quelques jours.
- Je le pense aussi, répondit-il. Écoute, Sylvia et moi n'avons pas encore pris de décision définitive, et sache que nous prenons ta demande très au sérieux. Mais notre famille est dans la ligne de mire d'un mage noir et nous pouvons difficilement assurer ta sécurité.
Eris hocha la tête. Elle savait qu'entrer dans la famille Potter était risqué du point de vue de Harold. Il ne savait pas qui était réellement Voldemort. Il ne savait pas que sa situation sous la tutelle de Dumbledore serait bien pire. Mais elle ne pouvait pas lui dire, elle ne connaissait pas la conséquence qu'aurait la révélation de l'identité du mage noir.
- Tu as reçu un message de Albus, dit Harold en sortant une lettre de sa poche.
Eris la pris et la lu.
- Dumbledore a réussi, il faut que j'aille au ministère demain matin, un de ses contacts m'a créé une identité. Cela vous laisse peu de temps, ajouta-t-elle en regardant Harold. Je suis désolée, j'aurais dû tout te dire plus tôt. Je ne voulais pas te mettre dans cette situation.
- Ne t'en veux pas, tu n'as fait que te protéger. Et vu le travail que tu me donnes en tant que patiente, ce n'est pas un luxe ! dit-il en se levant avec un grand sourire goguenard. Je vais changer tes bandages une dernière fois, ensuite tu prendras ces trois potions. Tu devrais dormir jusqu'à demain matin.
- Eris ? Eris il faut que tu te lèves.
Eris grommela et ouvrit les yeux. Sylvia était penchée sur elle.
- Il faut que tu te prépares à partir. Rejoins nous dans la cuisine quand tu auras fini.
La jeune fille se redressa quand Sylvia ferma la porte, et se leva pour aller dans la salle de bain attenante où elle se fixa dans le miroir. Elle avait les joues plus creuses que d'habitude, et avait encore l'air fatigué. Elle enleva le pansement de son bras droit. Sa peau était presque redevenue normale, il restait juste une vague tâche où sa peau pelait encore. Les griffures, la commotion et les blessures à son dos avaient tous guérit, et elle se sentait presque en forme pour la première fois en une semaine. Elle retira son deuxième bandage, celui sur son bras gauche. La longue griffure avait presque entièrement cicatrisée. Il ne restait plus qu'une ligne rouge un peu gonflée, mais sa vue la troubla. Elle se souvenait du murmure glaçant du mangemort qui la lui avait faite. Elle se glissa sous la douche pour se changer les idées et en ressortie revigorée. Elle avait beaucoup de choses à faire aujourd'hui, et pas des plus agréables. D'abord, elle devait avoir la réponse de Harold et Sylvia, qu'elle pressentait négative, puis aller au ministère pour son inscription dans les dossiers, et enfin aller faire sa déposition au bureau des Aurors.
Eris prit une grande inspiration pour se donner du courage et sortit de la chambre pour se rendre à la cuisine. Sylvia et Harold l'y attendaient dans un silence solennel qui ne fit que confirmer ce qu'elle pensait déjà. Elle s'assit sur la chaise que Harold lui proposait.
- Eris, il ne sert à rien de te faire attendre plus longtemps. Nous avons décidé de ne pas accéder à ta demande.
Bien qu'elle avait déjà l'impression de connaître la réponse, un poids tomba sur sa poitrine, mais elle ne lâcha pas Harold du regard.
- Notre famille est une cible Eris. Nous ne saurions même pas comment faire pour te protéger mieux qu'Albus. Si tu viens vivre ici ça se saura, et si tu restes aux trois balais et que nous jouons la carte de la discrétion, qui sait quand ce sera découvert et tu ne seras pas en sécurité là-bas. J'espère que tu ne nous en voudras pas
- Je comprends, dit Eris en se mordant l'intérieur de la bouche pour ne pas leur révéler ce qu'elle savait. Vous avez été tellement généreux avec moi. Vous m'avez accueillie, soignée. Jamais je ne pourrais vous en vouloir.
- Si Dumbledore pense que c'est sûr, tu pourras venir ici pour Noël si tu veux, les amis de James viennent souvent, lui dit Sylvia avec un sourire.
- Je serais heureuse de vous revoir pour Noël.
- ça sera avec plaisir ma grande, fit Harold en lui ébouriffant les cheveux.
- Allez, mange quelque chose, intervint Sylvia. Dumbledore ne va pas tarder à arriver.
Effectivement, à peine eut-elle le temps de manger ses toasts, que le bruit du mur de la cheminée dans l'arrière cuisine se fit entendre.
- Albus ! Quel plaisir de vous revoir, l'accueillit Harold.
- Moi de même cher ami, moi de même. Bonjour Sylvia, bonjour Eris, fit il en entrant dans la cuisine. Tu es prête ?
Eris bu le reste de son thé en vitesse et se leva
- Prête !
Eris suivait Dumbledore dans les couloirs du ministère. Des regards ne cessaient de se retourner sur eux à leur passage. Il fallait bien avouer que la robe violette du professeur attirait quelque peu l'attention.
- Vous ne m'aviez pas dit que nous devions faire cela discrètement ? Tout le monde vous regarde.
- Je viens très souvent au ministère, il n'y a aucune raison pour que quelqu'un soupçonne ce que nous faisons. De plus Wyatt est un ami, je peux très bien lui rendre une petite visite.
Eris haussa les épaules, de toute façon elle n'avait aucun contrôle sur ce qui se passait, autant laisser le professeur faire à sa guise. Elle rageait tout de même de ne pas avoir trouvé de meilleure solution que de se lier au professeur. Elle songea un instant que si Harold et Sylvia avaient acceptés elle aurait plus ou moins été la tante de James Potter et cela la fit rire intérieurement et la détendit.
Ils parcoururent ce qui lui sembla des kilomètres avant d'enfin se trouver dans une zone qui ne grouillait pas de monde, et c'était un euphémisme, puisque le couloir dans lequel ils s'engagèrent était désert. Long d'une trentaine de mètres, des portes sombres s'alignaient des deux côtés à intervalles réguliers. Dumbledore s'arrêta enfin et frappa contre l'une d'entre elles.
- Entrez ! répondit une voix nasillarde.
Le professeur ouvrit la porte et avança, Eris derrière lui. Elle s'arrêta une seconde sur le pas de la porte. Le bureau était étroit et un chaos monstrueux y régnait. Des piles de documents, des cartons et des notes s'entassaient dans les quatres coins de la pièce. Une bibliothèque bancale et surchargée menaçant de s'écrouler se tenait à droite de l'entrée. Elle était remplie de livres, de classeurs, et une sculpture étrange qui ressemblait un peu à un cochon avec des antennes, trônait en évidence au milieu. Sur sa gauche, quatres horloges n'indiquant aucune la bonne heure étaient accrochées au mur et faisaient des bruits de rouages mals huilés dès qu'une aiguille changeait brusquement de direction. Juste à côté du bureau en bois de pin, une corbeille dévorait un à un tous les parchemins qui avaient l'audace de s'approcher d'elle en les déchiquetant bruyamment. Le plus surprenant pourtant restait tout de même l'homme qui les avait accueillis. Plus petit qu'elle, il avait l'air d'un homme qui aurait rétrécit au lavage avec sa peau fripée, son dos voûté et ses quelques cheveux gris ébourrifés.
- Ah ! Albus quel plaisir !
- Merci d'avoir accepté notre venue Wyatt. Je te présente Eris Greenfield, la raison de notre présence ici. Eris voici Wyatt Moore, Wyatt, Eris.
- Enchanté Miss Greenfield, dit le vieux bonhomme en contournant son bureau pour lui tendre sa main
L'homme avait un accoutrement aussi déjanté que Dumbledore. Il portait un pantalon en toile bleu marine affublé de poids blancs, maintenu par des bretelles à pinces assorties. Une chemise trop grande et un noeud papillon jaune venait compléter sa tenue.
- Albus n'a pas pu me dire grand chose sur vous, mais s'il est prêt à vous faire confiance, il en sera de même pour moi.
- Merci Monsieur Moore, je suis ravie de vous rencontrer, répondit Eris en lui serrant la main.
Il portait des lunettes rondes à monture d'acier si épaisses qu'elles lui donnaient des yeux immenses qui la fixaient intensément avec une lueur de curiosité.
- Commençons voulez-vous ? Mieux vaut réaliser la partie la plus délicate tout de suite. Asseyez-vous je vous prie.
Dumbledore et Eris s'installèrent sur les deux chaises à disposition pendant que Wyatt faisait de la place sur son bureau. Le vieil homme donnait des coups de baguette de ci de là et des documents s'envolaient partout dans la pièce pour aller se ranger tant bien que mal à leur place. Une fois qu'il sembla satisfait de l'espace libéré, il se dirigea vers la bibliothèque et en extirpa la drôle de sculpture qu'Eris avait remarquée un peu plus tôt. Il la transporta lentement jusqu'à son bureau d'une démarche incertaine, et la posa précautionneusement. Devant le regard interrogateur d'Eris, Mr Moore expliqua.
- Voici un analyseur de baguettes. Il n'est pas de toute jeunesse je l'admets, mais il fait son travail. Puis-je ? ajouta t-il en tendant sa main, paume levée, vers elle.
Elle y déposa sa baguette et Mr Moore la plaça entre ce qu'elle avait pris pour des antennes. Une fois la baguette stabilisée, le vieil homme actionna plusieurs rouages délicatement. Dans un bruit de pétard mouillé, la machine projeta un épais nuage de poussière rose au visage du notable. Eris le vit battre des bras pour dissiper les particules scintillantes entre deux toussotements.
- hum humm, pardon, il se montre récalcitrant, parvint il à articuler.
Il laissa le nuage se dissiper le temps de nettoyer ses lunettes et reprit ses manipulations sur l'appareil.
Eris, inquiète, jeta un coup d'œil à Dumbledore. Le professeur était égal à lui-même. Un petit sourire reposait sur ses lèvres et ses yeux bleus fixaient son ami patiemment par-dessus ses lunettes.
Une minute plus tard, Mr Moore se redressa et donna un léger coup de baguette sur un gros rouage à l'extrémité de l'appareil. Celui-ci vibra légèrement et avec un bruit d'imprimante en fin de vie, commença à cracher un morceau de parchemin qui s'enroulait au fur et à mesure sur lui-même. Apparemment satisfait, Mr Moore rendit sa baguette à Eris et rangea le parchemin dans une chemise déjà bien remplie. Il rangea l'appareil et se rassit à son bureau avec un soupir.
- Bien, voilà cela de fait, dit-il. Nous allons maintenant passer à la partie la moins amusante. Avant que vous ne veniez, j'ai préparé tout ce qu'il vous fallait, j'ai même été jusqu'à faire de faux rendez-vous médicaux. Vous avez ici par exemple un contrat avec un instructeur qui fera preuve que vous avez suivi une éducation depuis chez-vous, de faux rapports sur votre progression, des documents d'identité évidemment, un coffre à Gringotts et bien entendu, continua t-il en reprenant son souffle, le document attestant que vous êtes le tuteur légal de Miss Greenfield, antidaté. J'ai créé une histoire complète sur mesure pour vous Miss Greenfield, n'hésitez pas à en prendre connaissance avant votre entretien avec les Aurors.
Eris déglutit péniblement. Elle avait moins d'une heure pour connaître sur le bout des doigts la vie que Mr Moore lui avait créée.
Lorsque Eris et le professeur Dumbledore arrivèrent au bureau des Aurors un peu plus tard, le cœur de la jeune fille battait la chamade. Un immense hall remplis de petits boxs servait apparemment de repaire à l'élite des chasseurs de mage noirs du ministère. des dizaines de sorciers et sorcières en uniformes s'interpelaient, s'envoyaient des notes et discutaient avec animation. une jeune femme semblant débordée les vit arriver et leur fit signe de la suivre. Elle les guida jusqu'à un bureau cloisonné et frappa à la porte. Elle l'ouvrit et y passa la tête.
- Votre rendez-vous Mr. Potter.
Un frisson remonta le dos d'Eris. Elle n'avait encore jamais rencontré le fils de Sylvia et Harold, mais savait qu'il avait un rôle important au ministère grâce à sa position de chef des Aurors. Elle ne s'attendait cependant pas à être questionnée par lui, et l'idée que James ait pu lui parler d'elle ne la rassura pas le moins du monde.
- Faites les entrer.
L'homme, de belle taille, avait une mâchoire carrée, des cheveux bruns en bataille et des yeux marrons imposant le respect par la force qu'ils dégageaient.
- Professeur Dumbledore, ravi de vous revoir. Bonjour Miss Greenfield, asseyez vous je vous prie.
Ils prirent tous place autour du bureau et l'Auror reprit.
- Tout d'abord je tenais à vous dire que je suis ravie de vous rencontrer Miss Greenfield. James et ses amis m'ont fait part de votre courage et de la manière dont vous les avez aidés à se sortir de ce mauvais pas. En tant que père, je vous remercie.
Eris rougit et marmonna un "c'est bien normal monsieur" en frottant ses mains moites contre son pantalon.
L'homme le fixait avec intensité. Il émanait de lui une telle perspicacité et une telle assurance tranquille qu'elle se demanda si elle arriverait à soutenir son regard durant l'entretien.
Elle racontait tout ce qu'elle avait vu et fait avec les Maraudeurs lors de l'attaque, brièvement interrompue de temps en temps par l'Auror qui demandait des précisions. C'était la première fois qu'elle repensait à tout cela avec autant de précision et lorsqu'elle arriva au transplanage des Aurors, elle s'aperçut qu'elle tremblait de tout son corps. Voyant son état, Dumbledore fit apparaître une couverture sur ses épaules et elle le remercia d'un regard.
Fleamont Potter la laissa se détendre un moment en prenant des notes, puis releva les yeux vers elle.
- Comment ont réagi les mangemorts qui étaient près de vous au moment de notre arrivée ?
- Hum, les deux qui étaient derrière moi ont transplanés. L'autre…
Eris s'arrêta en entendant encore une fois dans sa tête la voix froide qui s'était glissé jusqu'à son oreille, et en repensant à sa main longeant son épaule et de son bras nu, lui entaillant profondément la chair.
- L'autre ? demanda doucement .
Les mots se bloquèrent dans la gorge de la jeune fille et elle plongea son regard dans celui de l'Auror. Ce fut comme si une deuxième couverture l'enveloppait et elle poursuivit.
- L'autre s'est approché de moi et il a juste… il a juste blessé mon bras puis il a transplané aussi.
Les sourcils de l'homme se froncèrent.
- Blessé ton bras tu dis ? Comment ? Avec un sort ?
- Non répondit-elle. Il avait un ongle très long et très pointu à la main droite. Il m'a coupé avec.
Les yeux toujours fixés sur elle, Fleamont Potter se leva et s'approcha.
- Puis-je voir ?
Eris acquiesça, enleva la couverture, et libéra son bras de sa chemise pour découvrir la longue cicatrice rouge qui courait de son épaule jusqu'à son coude.
Elle vit l'homme pâlir brusquement.
- Qu'est-ce qu'il y a ? lui demanda-t-elle pendant qu'il retournait derrière son bureau et qu'elle se rhabillait.
Il se gratta la gorge, visiblement en proie à une dilemme.
- Pourriez-vous décrire cet homme ?
- Non, il portait le même masque que tous les autres.
L'Auror se rassit et s'appuya contre le dossier de sa chaise, semblant réfléchir.
- Cela vous rappel t-il quelque chose Mr. Potter, suggéra Dumbledore au-dessus de ses lunettes en demi-lune.
- Oui, mais il est difficile de savoir si les faits sont liés, répondit l'Auror. L'affaire n'a jamais été résolue, je ne peux donc pas vous dire grand chose.
- Que pouvez-vous nous dire ? demanda Eris, une boule dans la gorge.
- Simplement éviter d'être seule dans un endroit isolé. Heureusement pour vous, vous serez bientôt en sécurité à Poudlard.
- Attendez, dit Eris en se levant. Vous êtes en train de me dire que ce cinglé pourrait essayer de me retrouver ?
Fleamont Potter soupira dans sa chaise, ne sachant apparemment pas quoi répondre.
- Je pense que Miss Greenfield pourrait bénéficier de plus amples informations pour sa propre sécurité ne croyez-vous pas ?
L'Auror soutint le regard du professeur Dumbledore et se retourna vers Eris, toujours debout devant lui.
- Comme je vous l'ai dit, je ne peux savoir si les faits sont liés mais… vous avez protégé mon fils lors de cette attaque alors voilà ce que je peux vous dire. La première et dernière personne que j'ai vu présentant cette blessure a été traquée par un homme, un loup-garou, pendant des mois. Elle a fini par être mordue puis tuée. Nous n'avons jamais retrouvé le coupable.
Eris se rassit lourdement.
" à la prochaine ma jolie"
Un frisson la parcourut.
" à la prochaine ma jolie"
Une nausée l'envahit et elle la réprima comme elle pu.
- Je suis désolé Miss Greenfield, je ne peux pas vous mettre sous protection pour une griffure semblable à une autre affaire d'il y a plus de dix ans…
Lorsqu'ils quittèrent le bureau quelques minutes plus tard, Eris était abasourdie. La main rassurante de Dumbledore était posée sur son épaule indemne et la guidait dans le labyrinthe du ministère.
- Je pense que nous devrions vous installer dans un appartement de Poudlard pour votre sécurité. De plus maintenant que Wyatt vous a intégré aux dossiers du ministère, vous avez la Trace sur vous. Poudlard est le seul endroit où vous pourrez étudier en paix.
Eris acquiesça, et le suivit.
à la prochaine ! ;)
