Chapitre 11 :

BIP, BIP, BIP

Un grognement de frustration venant de sous les couvertures se fit entendre. Une main émergea lentement pour donner un coup sec afin d'éteindre ce traitre de réveil qui avait toujours la mauvaise idée de sonner de bon matin.

Stella repoussa la couette et soupira. Elle avait peine dormi et ne se sentait pas du reposée. Elle avait tout d'abord eu un mal fou à s'endormir puisqu'elle ne cessait de se remémorer les images de la mort de Shaker. Puis elle n'arrêtait pas de se poser des questions sur l'attitude étrange de King, elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne comprenait pas le fait qu'il ne l'ait pas interrogée. Pourquoi vouloir attendre alors qu'elle risquait d'oublier certains détails important ? Cela n'avait aucun sens.

Elle se posa une main sur le front et referma les yeux. Non décidément cela ne tenait pas debout. La jeune femme repensa alors au comportement étrange de Mac quant elle l'avait vu a travers la vitre. Pourquoi semblait il aussi énervé ? Qu'est ce que King avait bien pu lui dire pour le mettre dans un état pareil ? Le découvrir serait sa mission du jour. Après tout, elle était à présent interdite de terrain, il fallait bien qu'elle s'occupe après avoir fini la paperasse.

Elle se leva enfin, non sans avoir pousser un grognement quand ses pieds nus ont touché le sol froid, se déshabilla et fila sous la douche.

Alors que l'eau de la douche finissait de la réveiller totalement, Stella repensa une nouvelle fois à Mac et à ce qu'elle avait cru lire dans ses yeux la veille. Elle visualisait très bien les yeux bleus de son supérieur, son sourire, son visage, ses épaules et ses bras musclés…

Elle laissa avec plaisir son esprit vagabonder en imaginant le torse nu de son supérieur. A vrai dire elle l'avait vu torse nu à plusieurs reprise, la première fois quand cet immeuble avait explosé et que Don avait été blessé. L'ambulancier avait dû lui retirer son T-shirt pour le soigner, elle avait eu la chance d'assister à toute la scène. Elle avait d'ailleurs fixé avec insistance son torse en rêvant de pourvoir le caresser.

Et lui, avait cru qu'elle fixait sa cicatrice ! Certes cela l'avait sauvée d'un grand moment de solitude, mais Mac était il vraiment aveugle à ce point la ? Elle avait des choses bien plus intéressantes à regarder qu'une cicatrice de guerre. Comme par exemple ses… Elle éteignit l'eau d'un coup sec. Mais qu'est ce qu'elle faisait encore ? !

Le jeune femme sortit de la douche en râlant contre elle-même, elle s'était déjà interdit de fantasmer sur Mac. Son ami. Son meilleur ami. Son collègue. Son partenaire. Et pour couronner le tout son patron. Tout autant de bonnes raisons pour ne pas avoir ce genre de pensées à l'égard de l'ex-marine. Elle s'habilla et se prépara son café en ne pensant qu'à la paperasse qu'elle allait avoir tout le temps de terminer aujourd'hui. C'est fou comme la journée s'annonçait intéressante !

Alors qu'elle avait le nez dans son café, Stella repensa aux paroles de King. Que voulait il dire par « Taylor est peut-être votre jouet mais vous ne m'aurez pas aussi facilement. » ? Pensait il que Mac se pliait à ses quatre volontés, qu'elle faisait ce qu'elle voulait de lui ? Si c'était le cas, alors une autre question se posait. Il était stupide ou bien il faisait juste semblant ?

Mac Taylor n'était pas le genre d'homme que l'on pouvait contrôler, il était trop têtu pour ça. Et même si elle avait autant de pouvoir sur lui, elle ne le ferait pas, elle le respectait trop pour ça.

Après un rapide coup d'œil à l'horloge elle se dépêcha de finir son café et de filer au labo. Elle n'était pas en retard, bien au contraire, mais elle souhaitait arriver en avance afin de pouvoir parler avec Mac avant que leur service commence. Même si aujourd'hui, leur service serait entièrement consacré à faire de la paperasse. Ô joie !

De son côté, Mac était effectivement arrivé en avance, comme a son habitude. Il se doutait qu'il serait consigné à son bureau jusqu'à nouvel ordre et donc qu'il n'avait aucune raison d'arriver aussi tôt mais on ne change pas ses mauvaises habitudes. Il n'avait de toute façon rien de mieux à faire. Il n'arrivait pas à dormir et il avait déjà fait son jogging matinal.

Il s'étira difficilement : la nuit avait été mauvaise, très mauvaise. Il avait d'abord eu du mal à apaiser sa colère, les mots de King résonnant encore dans sa tête. La façon dont se type avait parlé de Stella l'avait répugné, avait insinué qu'elle était le genre de femme qui… L'ancien marine secoua la tête. Repenser à ça ne l'aiderait pas. Autant aller se chercher un bon café, ça lui remettrait les idées en place et l'aiderait à passer une matinée qui s'annonçait d'un ennui mortel.

Il avait passé le reste de la soirée à regarder son téléphone en se demandant s'il ne ferait pas mieux d'appeler Stella pour savoir comment s'était passé son interrogatoire. Puis il avait réfléchit et avait fait une longue liste de raison pour lesquelles il ne devait pas l'appeler :
Petit 1, si son interrogatoire avait fini tard elle était sans doute épuisée et souhaitait rester tranquille.
Petit 2, si King lui avait fait les mêmes insinuations, ils ne pourraient pas éviter les horribles silences gênés.
Petit 3, elle lui demanderait sans doute comment cela s'était passé pour lui et il n'avait aucune envie de lui raconter les suppositions de King sur leur relation.

Et cette liste continuait encore et encore, au final il avait renoncé à numéroter toutes les raisons qu'il avait pu trouver.

Il avait donc repoussé l'idée et était resté allongé dans son lit à fixer le plafond en se demandant comment ils allaient se sortir de la. Pour autant qu'il le sache, l'arme de Shaker n'avait pas encore été retrouvée, Stella et lui pourraient être accusés de meurtre. Il avait l'intuition que King n'abandonnerait pas de si tôt la théorie selon laquelle la jeune femme l'avait convaincu de tuer Shaker. Mac avait la désagréable sensation que le lieutenant des affaires internes n'était pas animé uniquement par des motivations professionnelles. Bien qu'il ne puisse pas exactement dire pourquoi.

C'est en réalisant qu'il s'était machinalement versé un deuxième café qu'il découvrit les habitudes qu'il avait prit en deux mois. Il allait toujours chercher un café pour lui et un autre pour Stella chaque matin, après qu'ils aient passé la nuit à travailler dans son bureau, travailler et uniquement travailler.

Il s'était promis à plusieurs reprises qu'une fois cette enquête terminée, il inviterait Stella à diner. Pas un simple diner entre amis, un vrai diner, dans un grand restaurant. Un vrai diner avec des chandelles, du vin et peut-être même une déclaration. Il n'était pas sûr que ce soit une bonne idée à présent. Avec les affaires internes sur leurs dos, il ferait mieux d'attendre que cette histoire se tasse avant de faire un pas vers elle. Et puis de toute façon rien ne prouvait qu'elle ait accepté.

Il retourna dans son bureau avec ses deux tasses de café, vu le peu qu'il avait dormi, deux cafés ne seraient pas de trop. Mais il sut qu'il n'aurait pas à les boire quand il vit la jolie jeune femme aux cheveux bouclés qui l'attendait, assise sur le canapé de son bureau. Déjà de bien meilleure humeur, Mac entra dans son bureau.


A suivre! ^^

N'hesitez pas à me dire ce que vous pensez de mon histoire.

Et un grand merci à danseuse qui me corrige!