Bonjour !
On est dimanche, mais comme on ne travaille pas, ça compte comme un dimanche, non ? En tout cas, le chapitre précédent vous a fait réagir !
Je vous remercie mille fois pour vos reviews ! Je réponds juste aux non-inscrites, et je vous laisse lire :
vanessa : eh bien, tu es très remontée ! Pour ta supplique, je te laisse lire, tu verras ce qu'il advient de Bella et des autres. Merci beaucoup d'avoir réagis !
aussidagility : oui, Ivan est un pourri (en restant poli). Mais Bella est forte ! Et les Cullen feront le reste... Merci d'avoir partagé ton avis !
htray2000 : je n'ai pas le temps de te répondre en MP, alors je le fais ici. T'as de ces expressions ! Mais ça m'a bien fait rire ! Ivan n'a pas fini de martyriser Bella, directement ou indirectement, mais elle s'en remettra. Merci d'avoir laiss ton opinion !
Je vous laisse lire, en rappelant que les personnages appartiennent à SM. Merci à Evelyne-raconte pour son aide.
Chapitre 13 : Saut
Pov Bella
Esmée n'était pas rentrée. Froidement, je pris de l'argent, les clés de la voiture que Carlisle m'avait offerte pour mon arrivée, après m'être habillée chaudement.
Où aller ? Comment faire ? Je ne savais pas encore, aussi me mis-je en route, vers Forks. Certes, Jacob habitait là-bas, mais mon père y était enterré, et je savais qu'il y avait une falaise. C'est de là, je pense, que je voulais sauter. Je mis la radio, pour ne pas penser. Les larmes dévalaient mes joues sans discontinuer, sans sanglot.
Pourquoi ? Cette question revenait, quoiqu'il arrive. Je roulais depuis deux heures quand mon téléphone, qui devait se trouver encore dans mon manteau, sonna, mais je ne répondis pas. Il sonna une deuxième fois au bout de dix minutes, mais au bout de six sonneries, tout bruit cessa. Tout le long de ma route, le téléphone n'arrêta pas. A un arrêt pour faire le plein, je regardai : 52 appels d'Edward, 46 d'Alice, 38 de Carlisle et 36 de Jacob. L'homme de la station-service me regarda bizarrement mais il ne commenta pas mon état. Il devait me trouver misérable sans doute : pleurer en public, stressée, sursautant au moindre bruit.
-Tout va bien mademoiselle ? Me demanda une femme, qui était derrière moi à la caisse.
-Oui, merci, répondis-je laconiquement.
Je remontai rapidement en voiture, sans manger, sans boire. Une boule me coupait la gorge. Le rhume peut-être. Ou les sanglots qui ne sortaient pas. La route reprit, sans être dérangée, mis à part les sonneries du téléphone qui ne s'arrêtaient pas. Je ne voulais pas parler, je ne voulais pas avoir à me justifier. Y en avait-il besoin ? Je préférais laisser Edward dans le silence, qu'il ne sache rien, pour qu'il n'ait pas de moi une image de dégoût, de rejet.
Je reconnus le vert des environs de Forks. Il pleuvait, pour ne pas changer, mais j'eus la surprise de distinguer une silhouette sur le bord de la route : un loup, géant, qui me regardait, ne me lâchant pas des yeux. Pourtant je ne ralentis pas, me mordant les lèvres. Où était cette falaise ? Je n'espérai qu'une chose : qu'elle ne soit pas dans le territoire des Quileutes.
Mon téléphone cessa soudain de sonner. Une minute sans bruit, deux, trois… Etais-je enfin tranquille ? Allais-je finir ma route sans ce bruit strident qui m'empêchait d'entendre la radio ? Il semblerait que oui. Je fonçai à travers les rues, vers le cimetière. Je voulais revoir SA tombe une dernière fois, lui dire que j'arrivais. Je chutai plusieurs fois, aveuglée par mes larmes, et une fois devant la tombe, je me laissai aller à genoux.
-Papa… Pourquoi m'as-tu laissé ? Je sais que tu n'as pas pu résister, et j'aurais voulu te venger, sauf que c'est impossible.
Un sanglot me secoua et m'empêcha de continuer. J'attendis que la crise passe avant de reprendre.
-Ne m'en veux pas papa, j'ai combattu pour toi… Mais je ne peux rester là, à subir les regards des autres, surtout celui d'Edward… Alors je préfère partir. J'arrive, attend-moi… Peut-être maman sera-t-elle fière de moi, pour une fois…
Je me relevai avec peine et repartis à pieds, laissant mon sac dans la voiture. Je gardai mon portable, voulant dire un dernier adieu à Edward. Je marchais, ou plutôt je courais. Une course effrénée, une course vers la mort, une mort méritée. Je ne savais où aller exactement mais mon instinct me guida vers la falaise. Je ne croisai personne, jusqu'au moment d'arriver au bord.
-Non Bella ! Cria Jacob, me faisant me retourner.
Il était là, essoufflé, me regardant avec remord.
-Je suis vraiment navré Bella, sanglota-t-il, ce… ce n'était pas moi ! Jamais je ne t'aurais fait cela ! Je suis tellement désolé ! J'ai essayé de résister…
Son regard me suppliait de le croire. Mais je savais déjà qu'il n'y était pour rien.
-Je sais Jacob, dis-je tout bas, je le sais. C'était un rêve, rien qu'un rêve… Je ne t'en veux pas… J'en veux à cet homme…
-Toi aussi tu l'as vu alors ?
-C'est lui qui nous a obligés. Mais cela ne change rien. Je suis salie… Jamais je ne pourrais supporter le regard d'Edward.
-Mais il ne t'en veut pas ! Cria mon… ami, pour couvrir le vent qui hurlait de plus en plus fort, annonçant une tempête. Réponds à ce fichu téléphone, qu'il puisse te le dire !
Comme en écho à sa supplique le téléphone sonna encore une fois, et je décidai d'obéir à Jacob : je décrochai.
-Bella ? Oh Bella, je t'en supplie, ne fais rien de stupide ! Sache que quoique tu décides, je te suivrai. Fais le bon choix, par pitié ! Je t'aime Bella, de tout mon cœur !
-Mais Edward, je ne suis plus digne de toi ! Tu ne comprends pas ?
Enfin ma gorge se desserra, laissant les sanglots arriver, violents, heurtés.
-Pour l'amour de moi Bella, reste là où tu es, ne bouge pas ! Je t'aime, tellement ! Ce qui s'est passé n'est pas ta faute ! Tu reste ma Bella, celle que j'aime envers et contre tout. Que ferai-je sans toi ? Je ne survivrai pas Bella, et où que tu sois je te rejoindrai.
-Je te l'interdis ! Hurlai-je.
-Alors ne saute pas, m'ordonna-t-il.
J'aurais pu lui obéir. Mais je me sentais tellement honteuse ! Il changerait d'avis en me voyant, il verrait à quel point j'étais sale…
-Je ne peux pas. Adieu Edward. Je t'aime aussi, de tout mon pauvre petit cœur d'humaine. Ne m'oublie pas, mais continue à vivre !
Je raccrochai, regardai Jacob, murmurai un « adieu » et sautai.
Pov Esmée
Mon travail me prit plus de temps que prévu, et au lieu de rentrer à 21 h, je ne rentrai qu'à 23 h. Carlisle n'était pas encore arrivé, et je ne fis aucun bruit, pensant Bella endormie. Ce n'est qu'en allant dans la cuisine, voulant faire la vaisselle de Bella, qui avait dû manger le soir, que je vis un papier, plié à la va-vite. Je l'ouvris, prise d'un mauvais pressentiment. Je remarquai qu'il n'y avait aucun son, pas même les battements de cœur de Bella.
Chers Cullen
Une chose horrible pour moi s'est passée, et il m'est impossible de vivre avec cela. Ne m'en veuillez pas. Je ne trouve aucun mot pour vous remercier de tout ce que vous avez fait, de tout le temps que vous avez pris pour m'accueillir, pour me soutenir, pour me rendre ma joie de vivre. Cependant, je suis bien égoïste en partant, mais encore une fois, ne m'en voulez pas, la vie ne m'a pas épargnée, et ce nouvel écueil m'a détruite.
Avec tout mon amour
Bella
Si j'avais pu blêmir, je l'aurais fait. Je me précipitai sur le téléphone mais au moment où je pris le combiné en main, Carlisle franchit la porte.
-Carlisle ! Bella…
J'éclatai en sanglots, les larmes m'étant interdites.
-Qu'y a-t-il Esmée ?
Je ne pus rien répondre, seulement lui donner la lettre horrible. Il la lut sans un mot, se contentant de me serrer contre lui.
-Nous la retrouverons, déclara-t-il.
Sur ce, il prit son portable et composa rapidement un numéro.
-Edward ? …D'accord… Et Alice ? …Nous y allons aussi, on se retrouve là-bas.
Il me prit par le bras, sans explication, et nous montâmes dans la Mercédès qu'il démarra en trombe, s'engageant à toute vitesse sur la route de Juneau en direction de Forks.
Pov Edward
J'appelai, encore et encore, mais seule sa voix d'ange, enregistrée sur le répondeur, me faisait écho. Entre deux de mes appels, la sonnerie de Carlisle retentit.
-Edward ?
-Oui, je sais, dis-je sans ambages. Nous savons où va Bella.
-D'accord.
-Nous la suivons, mais elle a plusieurs heures d'avance.
-Et Alice ?
-Elle a tout vu, mais bizarrement au dernier moment. Elle a essayé de nous semer, mais elle se dirige vers Forks maintenant. Je crois que Bella va à La Push.
- Nous y allons aussi, on se retrouve là-bas.
-D'accord. A plus tard Carlisle.
-Il sait ? Demanda Jasper.
-Oui, répondis-je. Esmée a dû trouver la maison vide.
Emmett grogna une nouvelle fois. Il me revoyait, encore et encore, abattu face à la nouvelle : ma Bella, salie, trompée par un ami, abusée dans sa dignité, voulant mourir. Et moi, trop faible pour me battre.
Mais c'était fini : j'allais la retrouver, j'allais me battre pour elle, contre elle s'il le fallait pour qu'elle reste en vie.
Pov Jacob
Elle était là, devant moi, faible, recroquevillée sur elle-même, regardant le vide trop souvent.
J'avais crié, l'empêchant de sauter. Pour le moment.
Pour arriver à temps, j'avais dû courir à en perdre haleine, dès que j'avais entendu un hurlement. En me réveillant, dans mon lit à Forks, sans savoir comment j'étais arrivé là, j'avais compris que ce n'était pas qu'un rêve, que j'avais vraiment violé Bella, contre mon gré. Allait-elle le croire ? Non, sûrement pas, mais je devais l'empêcher de faire une bêtise. Parce que j'étais certain qu'elle allait venir. Pourquoi ? Aucune idée, mais c'était instinctif, et je l'attendais. Quil et Embry guettaient les routes, Quil au Nord, Embry au Sud. Sam et Jared patrouillaient dans les bois, au cas où.
Soudain, Quil hurla : c'était notre signal pour me prévenir. Aussitôt je partis vers la falaise, là où Quil l'avait suivie après être passée par le cimetière, sans se montrer, de peur de l'effrayer. Et maintenant j'étais devant elle, embarrassé, rongé par les remords.
-Je suis vraiment navré Bella, me mis-je à sangloter, bien que j'aurais voulu garder un peu de dignité. Ce… Ce n'était pas moi ! Jamais je ne t'aurais fait cela ! Je suis tellement désolé ! J'ai essayé de résister…
-Je sais Jacob, chuchota-t-elle, et j'eus du mal à l'entendre car le vent se levait, laissant présager une tempête dans peu de temps. C'était un rêve, rien qu'un rêve… Je ne t'en veux pas… J'en veux à cet homme…
Comment ? Elle aussi avait vu l'homme dans son rêve ? Ou plutôt, c'était bien la réalité, et une seule personne qui avait orchestré tout ça ?
-Toi aussi tu l'as vu, alors ?
-C'est lui qui nous a obligés. Mais cela ne change rien. Je suis salie… Jamais je ne pourrais supporter le regard d'Edward.
-Mais il ne t'en veut pas ! Criai-je pour me faire entendre. Réponds à ce fichu téléphone, qu'il puisse te le dire !
Je savais qu'Edward cherchait à la joindre, parce qu'il m'avait appelé. C'était très étonnant, mais il m'avait demandé, d'une voix dure, si j'avais vu Bella, qu'il cherchait à la joindre, et je lui avais répondu que si elle venait, je lui dirais de répondre à ses appels. Et comme s'il m'avait entendu, le téléphone de Bella sonna, et je supposai qu'il s'agissait d'Edward. Bella décrocha. Grâce à mon ouïe, je pus suivre la conversation.
-Bella ? Oh Bella, je t'en supplie, ne fais rien de stupide ! Sache que quoique tu décides, je te suivrai. Fais le bon choix, par pitié ! Je t'aime Bella, de tout mon cœur !
Edward semblait au supplice, et sa voix tremblait. Bella ferma les yeux un instant et vacilla dangereusement. Quand elle les rouvrit son regard était déterminé.
-Mais Edward, je ne suis plus digne de toi ! Tu ne comprends pas ?
Mon amie se mit à pleurer.
-Pour l'amour de moi Bella, reste là où tu es, ne bouge pas ! Je t'aime, tellement ! Ce qui s'est passé n'est pas ta faute ! Tu reste ma Bella, celle que j'aime envers et contre tout. Que ferai-je sans toi ? Je ne survivrai pas Bella, et où que tu sois je te rejoindrai.
-Je te l'interdis ! Hurla-t-elle malgré ses sanglots.
-Alors ne saute pas, lui ordonna Edward.
-Je ne peux pas. Adieu Edward. Je t'aime aussi, de tout mon pauvre petit cœur d'humaine. Ne m'oublie pas, mais continue à vivre !
Elle raccrocha, me regarda, murmura « adieu » et sauta. Je ne pus que hurler, voulant me jeter à sa suite.
Pov Alice
Je l'avais vue sauter. Elle voulait se suicider à La Push. Jacob la retiendrait, mais la question était : assez pour que Rose et moi la sauvions ? Je l'espérais vivement. Pourquoi un tel choix ? Y avait-il une signification ? Je ne savais, mais peu importe : je voulais revoir mon amie vivante et souriante. J'avais tout vu, mais quelque chose me criait que Jacob était innocent. Il fallait convaincre Edward de cela, afin qu'il ne tue pas l'ami de Bella et déclenche une guerre. Arrivées à la frontière, le chef des Quileutes nous attendait, en humain.
-Je vous autorise à passer, pour cette fois uniquement.
-Merci, dis-je rapidement. Si vous pouviez laisser passer Carlisle et Edward…
Il hocha la tête, comprenant sûrement que seuls nous pouvions empêcher quelque chose. Nous arrivâmes au moment où Bella murmura « adieu ». Puis elle sauta. (N/A : Normalement, le chapitre finissait ici... Mais je me suis dit que couper là était un peu méchant.)
Pov Bella
Ma chute fut vertigineuse, merveilleuse, fabuleuse.
Tout au long de ma descente vers le bas, vers la mort, vers l'enfer ou le paradis, j'eus un sentiment de liberté absolue : pas de terre pour venir me cogner, pas de mur auquel me frapper, juste… le vide, et le vent qui mugissait à mes oreilles.
Un autre son me parvenait aussi, mais le vent était tellement fort que pour moi, il s'agissait d'un faible écho à mon cri. Pourtant, je savais ce que c'était : Jacob, mon ami, car il restait tel même après cet acte qu'il avait commis contre son gré j'en étais persuadée, qui criait, qui hurlait que je revienne.
Mon entrée dans l'eau fut brutale, elle me fit mal. Le liquide autour de moi, glacé, me ballotait. Les vagues se disputaient mon corps, le bousculant, le faisant butter contre les rochers qui martelaient mon corps meurtri. Pourtant je n'eus pas la conscience de m'en plaindre : au contraire, ce mal me disait que j'allais bientôt mourir, que mes souffrances prendraient fin sous peu.
J'avais froid, très froid, de plus en plus froid. Pourtant j'aimais ce froid : il m'engourdissait, il faisait de moi une poupée de chiffon, permettant aux vagues de briser mes membres. Mes poumons vidaient l'air qui leur restait, provoquant une douleur puissante au niveau de la poitrine.
J'étais bien. Le roulis me berçait, et le froid m'endormait. Mes yeux étaient fermés, ma gorge brûlait, je ne sentais plus mes bras, ni mes jambes… Rien… Le néant s'approchait, me laissant espérer le repos…
Une douleur, lancinante. Puis une deuxième. Puis la douleur se répandit dans tout mon corps, me piquant de milliers d'aiguilles. J'avais à nouveau très froid, un froid piquant, mordant, qui dévastait mon corps. Ma gorge était en feu, mes poumons également. Quelque chose de dur, un rocher sans doute, martelait mon dos, mes joues…
-Bella ? Allez, respire ! Tu n'as pas le droit de nous laisser !
Qui était-ce ? Une sirène ? Encore ces douleurs, dans le dos surtout à présent. Soudain, je toussai, me rendant compte que je n'étais plus dans l'eau.
-C'est bien Bella ! Allez, encore un effort !
Qu'est-ce qui se passait ? Je ne voulais qu'une chose, dormir. Mais on ne me laissait pas tranquille.
-Non Bella ! Tu ne dois pas dormir ! Edward sera bientôt là, alors je t'en conjure, respire !
A présent, les heurts se faisaient sur ma poitrine. Encore une fois, je recrachai de l'eau en toussant, et réussis à avaler une gorgée d'air, à grands bruits. J'entendis des sanglots, et une étreinte, froide. Enfin la mort ? Je recrachai encore, plusieurs fois d'un coup.
-Bravo Bella !
-Tiens, j'ai des couvertures !
Une voix de garçon, angoissée.
-Il faut la réchauffer.
Une voix de fille.
-Alors amenons-la chez moi !
Un grognement.
-Vous pouvez venir aussi. Mais c'est exceptionnel.
-Heureusement ! Je ne tiens pas à respirer ton odeur insupportable à longueur de journée.
La voix qui m'ordonnait de respirer. Je voulus crier, implorer de me laisser mourir, mais seul un gémissement sortit de ma bouche, au lieu du cri, au lieu de l'eau. Une chose glacée vint se poser sur mon front.
-Chut Bella ! Nous en parlerons plus tard, mais pour le moment, nous allons te remonter un peu. Et n'oublie pas de respirer !
Je fus soulevée de terre délicatement, puis légèrement ballotée. Le vent soufflait toujours, mordant mon visage, le séchant, laissant une pellicule de sel qui m'asséchait. Soudain le vent cessa et je fus au chaud. On me posa sur une surface moelleuse puis un poids tomba sur moi. Il se passa de longues minutes de silence, où seule ma respiration laborieuse, entrecoupée de toux et de crachements, se faisait entendre. Parfois, lorsqu'une inspiration mettait du temps à venir, la voix du début m'ordonnait de respirer, et quelques fois une petite claque me rappelait doublement à l'ordre.
-Elle se réchauffe, constata la voix de fille qui avait conseillé de me réchauffer, et que je reconnus maintenant comme étant celle d'Alice.
-C'est bon signe ? Demanda le garçon, qui n'était autre que Jacob.
-Oui, répondit enfin la dernière voix, Rosalie. Mais elle ne survivra que si elle veut vraiment lutter.
-Je t'en supplie Bella, implora Alice, bats-toi ! Si tu ne le fais pas pour moi, fais-le pour Edward !
Edward ? Oh non ! Des larmes se mirent à couler sous mes paupières, inondant mon visage séché.
-Chut Bella, commença Rosalie. Il sait tout, nous savons tout. Jacob nous a expliqué votre conversation, il pense avoir compris. Tu n'as pas le droit de cesser de vivre à cause de ça. C'est horrible, je sais, mais il faut continuer à vivre, être forte.
Elle fit une pause.
-Tu sais Bella, il m'est arrivé la même chose, étant humaine. C'est à cause de ça que Carlisle m'a sauvée. Mon fiancé m'a violée, puis battue à mort. Moi aussi j'ai voulu mourir et au moment où cela allait se passer, Carlisle est arrivé. Je n'ai pas baissé les bras, et pour retrouver un semblant de dignité, je me suis vengée. Tu te vengeras toi aussi, nous te vengerons s'il le faut, mais je t'en prie, comme l'a dit Alice, bats-toi pour nous !
Je ne dis rien. De toute façon, j'étais bien trop faible pour parler. Mais cette tirade me fit réfléchir. J'avais agi sans penser aux conséquences, sans réfléchir. J'avais cédé à un instant de faiblesse, j'avais pris une mauvaise décision. Seulement, qu'en pensait Edward ? Je devais voir ce qu'il en était pour lui, s'il voulait toujours de moi. Je me fustigeai : comment avais-je pu être si égoïste ? Comment avais-je pu douter des Cullen, eux si aimants, si tolérants ? Une main pressa la mienne.
-Réfléchis bien Bella, reprit Rosalie. Si tu savais ce que tu nous as donné, sans t'en apercevoir ! Ce que tu nous as appris ! A chacun de nous… Tu as su nous rendre meilleurs, bien que j'ignore comment, mais le résultat est là. Qui aurait cru qu'un jour, j'aurai gâché mon brushing en sautant dans l'eau pour sauver une malheureuse humaine, que j'aurais tué lors de notre première rencontre, que j'ai détesté longtemps, et que j'aime à présent, comme une sœur ? Crois-moi Bella, nous ne voulons qu'une chose : que tu restes avec nous !
Ce discours me toucha au plus haut point, parce qu'il venait de Rosalie. Ce qu'elle venait de dire m'avait ébranlée, et pour lui montrer que j'avais entendu, compris, je serrai sa main. En réponse, je reçus un baiser sur le front.
-Je suis fière de toi, continua-t-elle à mon oreille. Maintenant, le plus dur reste à faire : vivre avec ce poids, ce souvenir. Mais nous serons là, pour t'aider. Je serais là.
-Bella !
Edward ? Sûrement, vu l'entrée fracassante qu'il venait de faire. Puis son odeur me parvint, une délicieuse odeur de miel et de lilas.
-Bella, tu m'entends ? Oh mon amour, je suis si désolé… J'aurais dû être là pour te protéger, pour…Je suis heureux de ta décision Bella.
Je sentis un frôlement sur mes lèvres.
-Bon, les embrassades, plus tard, hein ! Grommela Jacob.
Edward grogna, enfin je suppose que c'était lui. Carlisle arriva à cet instant.
-Comment va-t-elle ? Demanda-t-il tandis qu'Esmée criait mon nom.
Je savais comment je m'appelais quand même ! On m'ausculta, Carlisle à mon avis.
-La voiture est dehors. Nous allons la ramener à la villa. Jacob, qu'as-tu à dire pour ta défense ? Pourquoi avoir fait cela ?
-Je vous expliquerai, intervint Alice. Rentrons, Bella a besoin de calme !
Merci Alice ! On me reprit, mais pas Edward, parce que ce n'était pas son odeur. Tant mieux d'ailleurs, parce que je n'aurais pas supporté que ce soit lui. Je m'enfonçai dans les ténèbres, relâchant mon corps trop tendu.
Pov Edward
Elles étaient arrivées à temps ! Alice m'avait téléphoné pour me dire que Rosalie avait sauté après Bella, et qu'elle avait réussi à la ramener. Seulement Bella semblait ne pas vouloir vivre, et ne se battait pas pour respirer.
-Rosalie fait tout ce qu'elle peut, mais nous attendons Carlisle qui nous a donné les premiers gestes à faire. Dépêche-toi quand même !
J'accélérai, si cela était possible. Avant d'arriver à la falaise, j'avais entendu les pensées de Jacob, il pensait à sa conversation avec Alice, tandis qu'ils attendaient que Rosalie refasse surface.
« -Mais qu'est-ce qui t'a pris Jacob ? Je te croyais son ami !
-Je le suis ! Enfin si elle veut bien encore de moi. J'agissais comme dans un rêve, et j'étais incapable de faire un mouvement par moi-même. Un homme m'a amené jusqu'à une clairière, puis il a amené Bella. Ensuite une force m'a poussé à … Je suis un misérable !
Il s'était laissé tomber à genoux, se prenant le visage dans les mains. Alice s'agenouilla à ses côtés.
-Vous avez été pris au piège. Je comprends maintenant pourquoi je vous ai vus, toi et Bella… Ce n'est pas toi qui a décidé, mais un autre.
-Peut-être. Une chose est sûre : il s'est beaucoup amusé.
Alice grogna, se retenant de bondir. Soudain la tête de Rosalie apparut à la surface des eaux. Une seconde après, la tête de Bella apparut, pâle comme… nous. »
Enfin je me retrouvai devant la porte que j'ouvris à toute volée, suivi de Jasper et Emmett que j'avais brièvement mis au courant des pensées de Jacob. Bella gisait sur le canapé, trop pâle pour être considérée comme sauvée. Ses yeux étaient clos, et elle semblait souffrir.
-Bella !
Je courus jusqu'au canapé où était allongée ma tendre Bella, engoncée dans un tas de couvertures et de bouillottes.
-Bella, tu m'entends ? Oh mon amour, je suis si désolé…J'aurais dû être là pour…
Oui, désolé de n'avoir pas pu te sauver, d'empêcher ce misérable d'abuser de toi…Être là pour t'aider, te secourir…
Rosalie intervint.
« Elle va bien Edward, son cœur bat, et elle a décidé de vivre. »
-Je suis heureux de ta décision Bella.
Je posai mes lèvres délicatement sur les siennes, ne voulant pas l'abîmer d'avantage. Jacob grommela que les embrassades étaient finies, et Carlisle arriva sur ces entrefaites, m'empêchant de tuer le loup sur place. Il ausculta Bella et conseilla de la ramener à la villa. Rosalie prit la femme de ma vie dans ses bras.
« Je ne crois pas qu'elle veuille être touchée par un homme. Pas encore, même s'il s'agit de toi. »
Je hochai la tête, conscient que les prochaines semaines allaient être dures pour elle et pour nous. Rose prit Bella avec elle dans la Mercédès, allongée, la tête sur les genoux de ma sœur. Notre père remercia les loups de nous avoir laissés passer puis il monta dans la voiture et démarra.
Jacob nous regardait, l'air pitoyable. Je me retenais de lui sauter dessus, ne souhaitant qu'une chose : lui faire mordre la poussière. Alice le pensait innocent, mais j'avais du mal à y croire.
-Nous nous expliquerons plus tard, dis-je entre mes dents à Jacob avant de courir, Alice à mes côtés.
« Tu sais Edward, Jacob n'y est pour rien. Attendons de savoir ce que dit Bella, mais pour que j'aie vu ce qui allait se passer, c'est que la décision ne venait pas de Jacob. C'est aussi irréfutable que 1 + 1 = 2. »
-Soit, convins-je, mais il n'en reste pas moins qu'il l'a fait.
-Il a été manipulé ! C'est comme si tu accusais Bella d'être allée le rejoindre pour coucher avec lui. Le penses-tu ?
-Bien sûr que non !
-Alors tu dois admettre que Jacob est innocent, et que quelqu'un s'est servi de lui. Et il faut rapidement découvrir qui c'est, sinon il va encore s'en prendre à Bella.
-As-tu vu quelque chose ?
-Je n'ai pas vu de qui il s'agissait, mais Jacob a précisé que l'homme s'était bien amusé. J'en conclus qu'il a fait ça pour le plaisir, et soit il va recommencer, soit se lasser, et tuer sa proie.
-L'un des nôtres ? Intervint Jasper.
-Je pense, répondit Alice. Cette force dont a parlé Jacob doit provenir d'un don. Reste à savoir lequel.
Le reste du chemin se fit en silence, chacun réfléchissant à ce qu'impliquait tout cela. Moi je ruminais mes pensées. La vision d'Alice prouvait que Jacob était innocent, mais j'avais besoin d'un coupable à punir, et le Quileute était là, tout près… Cependant, Alice avait raison : nous devions rester sur nos gardes et savoir qui avait fait ça. Ainsi, je pourrais venger Bella. Esmée déplora ce qui arrivait à Bella, et promit de ne plus jamais perdre de vue ma fiancée.
-Nous non plus, renchérit Emmett. Tu sais Edward, je l'aime bien Bella.
-Moi aussi Emmett, moi aussi.
Arrivés à la villa, nous constatâmes que Bella avait ouvert les yeux. Rosalie l'avait installée dans notre lit et l'obligeait à boire de l'eau. Carlisle prenait une nouvelle fois sa tension. Quand je fus près du lit, Rose et mon père se levèrent et sortirent.
« Ne lui parle pas de ce qui vient de se passer ! M'ordonna Carlisle. Je ne te le cache pas, elle est très faible, et doit impérativement se reposer. Parle-lui, dis-lui ce que tu ressens, mais pas longtemps ! »
Je m'approchais, regardant l'amour de ma vie droit dans les yeux. Elle voulut parler mais je fus à ses côtés, posant un doigt sur ses lèvres pâles et desséchées.
-Non Bella, interdiction de parler ! C'est à moi de parler. Je t'aime. Le sais-tu ?
Elle fit un signe de tête, faiblement.
-Et que crois-tu que j'aurais fait sans toi ? Non, ne dis rien, je vais te l'expliquer. Je t'aurais rejointe. Mais tu as su prendre la bonne décision, même si c'était un peu tard. Je ne te demande qu'une chose Bella : vis, vis pour toi, pour moi, pour ce que nous construisons. Veux-tu toujours être ma femme ? Moi je le veux, plus que jamais. Fais-moi juste signe ! Un simple oui, un simple non. Je comprendrais si tu disais non, mais sache que pour moi, ce qui s'est passé ne change rien : tu as été, es et resteras la femme de ma vie, mon étoile, mon soleil, le but de ma vie.
Elle me fixa longuement, réfléchissant peut-être à sa réponse. Doutait-elle de ses sentiments ? Ou des miens ? Je maudis mon don à cet instant : j'aurais donné cher pour entendre ses pensées, savoir exactement pourquoi elle me fixait. Soudain, avant que je puisse l'arrêter, elle ouvrit la bouche et débita son discours.
-Je t'aime, ne remets jamais ce point en doute Edward, ou ça te coûtera cher. Ensuite, bien sûr que je veux être ta femme. Mais j'ai peur, peur de tes regards s'ils changent, de tes réactions, de… de tout en fait.
Sa voix était extrêmement faible, mais je devinai que le silence qui l'avait précédé n'avait servi qu'à lui donner des forces, du courage.
-Jamais, jamais rien ne changera, je te le promets Bella, dis-je en la prenant dans mes bras la serrant aussi fort que me le permettait son corps si fragile. Merci, merci du fond du cœur !
Mes lèvres trouvèrent le chemin des siennes, et je me sentis renaître. Un soupir m'indiqua qu'elle avait cessé de respirer.
-Respire Bella, dis-je tout bas contre son oreille. Ton souffle est vital, tout comme tu m'es vitale.
Je la reposai sur le matelas : ses yeux papillonnaient et sa tête ne tenait pas toute seule.
-Dors ma douce Bella ! Je serais toujours là à partir de maintenant, nous serons unis jusqu'au bout, quoiqu'il arrive. Je te fais cette promesse, avant même notre mariage, pour que tu saches à quel point je t'aime.
Je levai les yeux : avait-elle tout entendu ou s'était-elle endormie avant la fin ?
« C'était très beau Edward. »
La fidèle Alice. Elle m'étreignait l'épaule, en signe de réconfort.
-Je suis sûre qu'elle te croit. Laissons-la dormir maintenant, et allons chasser : nous en avons tous besoin ! Carlisle dit qu'il peut tenir, il la surveillera.
« Tu sais Edward, je m'en veux. Ma vision était tellement floue que je n'arrivais pas à comprendre, et quand elle est revenue, plus nette cette fois-ci, c'était trop tard… J'aurais pu empêcher ça. »
Le regard de ma sœur était tellement triste que je l'étreignis.
-Oui, tu aurais pu, mais je sais que tu as fait de ton mieux. Le monstre qui a fait ça savait ce qu'il faisait, et je suis persuadé que désormais, tu feras tout pour que Bella soit en sécurité.
Nous sortîmes de la chambre sans bruit, laissant ma belle dormir.
En bref, tout est bien qui finit bien, non ?
Comme vous l'avez vu, j'ai rallongé le chapitre, en mettant la suite. Dites-moi ce que vous en avez pensé !
Un OS sera mis en ligne demain soir normalement.
A dimanche prochain.
Bisous
