Bonjour !
Le chapitre précedent vous a fait réagir ! Merci pour vos reviews ! Merci à Miss Sadique, calimero59, Yukina21, Mamanlily, Clairouille59, Galswinthe, bellardtwilight, htray2000, Asuna93, aelita48, Minomina, Mariefandetwilight, Vavounette, Titie, xenarielle93, Choukinette76 et Stella82.
aussidagility : Tu as raison : Rose va se rapprocher de Bella. Elle saura l'aider. Merci pour ta review ^^.
Ici, j'ai un peu triché. Bella se rétablit vite, surtout du point de vue psychologique. C'est très utopiste : on ne se remet pas d'un viol aussi facilement et aussi vite. Mais ça reste une fiction romancée, et je ne voulais pas lui faire ressasser cet évènement.
Je rapelle que les personnages ne m'apprtiennent pas, sauf Ivan...
Bonne lecture.
Chapitre 14 : Convalescence
Pov Carlisle
Bella dormait. De l'ange heureux, elle était passée à l'ange déchue, bafouée. Dans son sommeil elle geignait, devant sûrement ressasser ce qui s'était passé. Les miens chassaient, et je savais qu'ils resteraient longtemps hors des murs afin de remonter le moral à Edward. Il avait été anéanti, et le fait qu'il n'ait aucun coupable contre lequel se retourner lui faisait mal. Soudain, Bella cria, d'une voix enrouée, et s'assit d'un coup.
-Non !
Elle regarda autour d'elle, apeurée, égarée, avant de poser les yeux sur moi. Elle rougit à l'extrême avant de baisser la tête, prête à pleurer. Dans un geste naturel je la pris dans mes bras.
-Chut Bella, ne crains rien ! Veux-tu en parler ?
-Pas maintenant, dit-elle d'une voix faible et enrouée. Mais merci d'être là.
Je la relâchai et elle se recoucha. J'avais des choses à lui dire, et je comptais bien lui faire comprendre.
-De rien. Puisque tu ne veux pas parler, c'est moi qui prendrai la parole. Ce qu'il s'est passé est horrible, j'en conviens, mais malheureusement c'est une chose qui arrive souvent. C'est traumatisant, tu t'en souviendras toute ta vie, mais comme pour la mort de ton père, il faudra apprendre à vivre avec, en faisant tout pour que cet épisode te rende plus forte. Nous t'aimons tous Bella, essaye de le comprendre, et en aucun cas nous ne te laisserons tomber. Nous pensons tous que c'est l'un des nôtres qui a provoqué cela, et nous le retrouverons avant qu'il ne te fasse plus de mal.
Je me levai et allai chercher des pastilles pour la gorge et mon stéthoscope puis examinai Bella.
-Tes poumons sifflent moins, lui expliquai-je en lui donnant une pastille. Tiens, tu dois avoir encore mal à la gorge.
Elle acquiesça timidement. Elle devait être doublement mal à l'aise, et il était de mon devoir, de père, de médecin, de chef de famille, de lui expliquer que nous resterions naturels avec elle.
-Regarde-moi Bella !
Elle leva les yeux doucement, avant que je ne capture son regard et ne lâche pas prise.
-Pour nous, tu es la même qu'avant. Rien ne changera pour nous : tu es Bella, notre fragile Bella, vivant parmi une famille de vampires. Les prochains jours seront durs, et tu risques de revoir les images. Mais si tu as besoin, nous seront toujours là.
Elle prit ma main, me remerciant d'une voix lasse. Je la lui tapotai, en signe de réconfort avant de partir dans mon bureau. Je revins dans sa chambre, porteur d'une seringue.
-Ceci t'aidera à dormir sans rêve, lui expliquai-je en lui administrant le produit. Nous t'aiderons, toujours, sois-en convaincue douce Bella ! Dors maintenant, tu as besoin d'un repos absolu.
Ses yeux se fermèrent doucement, tandis que ses prunelles s'éteignaient. Elle ne se débattait pas, signe qu'elle avait confiance en moi, en nous. Je restai auprès d'elle, tenant sa main si menue, si frêle, si fragile. Rose revint la première. Elle entra en silence dans la pièce, et seule son odeur me prévint de l'arrivée de ma fille.
-Va-t-elle mieux ? Demanda Rosalie.
-Difficile à dire ! Sur le plan physique, elle se remet doucement. Tu l'as sortie à temps des eaux. Trente secondes de plus, peut-être moins, et elle mourait. Tu as eu le bon réflexe.
-Elle que j'ai tant haïe, voilà que je la comprends, que je compatis à sa détresse, que je veux l'aider. Moi j'ai pu tuer Royce King, mon abruti de fiancé, mais elle, comment pourra-t-elle se venger ? Contre qui diriger son courroux, pour réussir à vivre avec ?
-Peut-être arrivera-t-elle à surpasser cette envie meurtrière. Vous n'avez pas le même caractère toutes les deux, et rien ne dit que Bella voudra se venger. Néanmoins il faudra retrouver son agresseur, enfin celui qui a causé tout cela. Je voudrais te demander un service : la faire parler, lui demander de nous décrire l'« homme », puisque c'est ainsi qu'elle en parle, faire en sorte qu'elle te raconte exactement ce qui s'est passé. Tu sais mieux que quiconque qu'il faut en parler le plus possible pour faire sortir ce que l'on ressent.
-Je sais Carlisle. Mais Bella est mature, contrairement à moi à son âge, et elle saura faire le bon choix, elle saura s'exprimer.
Je me tus, regardant ma fille humaine. Oui, je la considérais comme telle.
Pov Bella
Mon premier réveil fut brutal : les images de ce rêve, ce cauchemar, la réalité finalement, étaient revenues avec force, ne me laissant aucun répit. Mais Carlisle était là, il avait su me rassurer, me ramener à une autre réalité, celle où toute ma famille me protégeait et prenait soin de moi.
Son discours me toucha : jamais Carlisle n'avait autant parlé devant moi, jamais il ne m'avait montré ni dit ce qu'il ressentait. Tout comme avec Rosalie, ses mots m'aidèrent, plus que s'il s'était agit d'Esmée, ou Edward. Eux, je savais qu'ils m'aimaient, à l'instar d'Alice, Jasper et Emmett, mais que Rosalie et Carlisle, mon père et ma sœur, se confient à moi comme ils l'avaient fait me redonnait de l'espoir, me prouvait que je n'étais pas seule et que deux autres personnes m'aimaient. En vérité, je venais de constater que vraiment toute la famille m'aimait, d'un amour inconditionnel. C'est sur cette constatation que je m'endormis, confiante, aidée par le produit que Carlisle m'avait injecté.
Des paroles rassurantes. Une douce chaleur sur ma poitrine. En contradiction avec la glace qui prenait ma main. Réflexion faite, ce devait être une main de vampire. Je n'ouvris pas les yeux, voulant prolonger cet instant de bien-être dans lequel j'étais. Mon corps était léger, sans douleur.
-Bella, je sais que tu es fainéante, mais tu ne comptes quand même pas rester au lit jusqu'à ta mort ?
-Alice, laisse-la tranquille, la morigéna Rosalie.
-Elle doit se reposer, renchérit Edward. Carlisle a interdit toute sortie aujourd'hui.
-Si j'étais toi Alice, intervint Jasper, je me sauverais. Bella a l'air de t'en vouloir un peu.
-C'est vrai Bella ? Dis, si tu ouvrais les yeux ma belle ? Il fait beau pour une fois, ce qui signifie que tu échappes à une séance shopping.
J'ouvris lentement les yeux.
-Tu ne comptais quand même pas m'emmener dans les magasins ? M'indignai-je, trop faiblement pour être crédible face à mon exubérante sœur.
-Ah ah ! J'ai gagné ! Tu vois Edward, rien que la mention des magasins la motive à ouvrir les yeux.
Alice tira la langue à Edward, qui se contenta de soupirer en levant les yeux au plafond.
-Y aurait-il un salon de thé dans ma chambre ? Demandai-je, peu amène, ne désirant qu'une chose : me rendormir.
-Non, mais Edward et Rosalie ne voulant pas te quitter d'un pouce, il fallait bien venir ici pour leur parler.
Son mensonge me fit presque rire. Je me relevai doucement, décidant que j'avais finalement assez dormi.
-Puisque tu insistes, je me lève. Et j'ai même un peu faim.
Alice sautilla pour sortir, accompagnée de Jasper. Deux de moins ! Rosalie fit signe à Emmett de sortir, et il obéit sans broncher.
-Bella, commença Rose, comme te l'a dit Carlisle, rien ne changera pour nous : tu restes notre petite sœur que nous aimons. Cependant, tu vas devoir te forcer un peu, et nous dire ce qui s'est passé. A moi, à Edward, à qui tu veux, mais il faut le faire, même si c'est déplaisant. Nous ne te demandons pas de le faire à la minute, mais d'ici peu de temps. N'oublie pas que c'est peut-être l'un des nôtres, et dans ce cas ta vie est menacée !
-Je le ferai Rosalie, mais pas tout de suite. J'ai compris ce que vous vouliez me dire, mais je ne me sens pas assez forte. Pour le moment, je veux…
Je me logeai dans les bras d'Edward qui les referma sur moi. Etrangement, son contact ne me répugnait pas. C'était comme si le toucher, être près de lui, était nécessaire.
-Voilà ce que je veux. Et je n'en bougerai pas.
Edward et Rose éclatèrent de rire, et je les imitai, même si mon rire était timide par rapport aux leurs. Edward me passa une robe de chambre et me porta, comme une enfant.
Le contact avec Edward m'apaisait : il restait mon fiancé, et avait toujours toute ma confiance. Il n'avait pas essayé de m'embrasser, et je l'en remerciai, car je ne sais pas ce que j'aurais fait s'il avait tenté ce geste. Ma confiance en les garçons s'était abaissée, mais je supposai que Jasper allait grandement m'aider, s'il ne m'aidait pas déjà. Lui et Alice étaient dans la cuisine, discutant avec Esmée.
-Bonjour Bella ! J'espère que tu t'es bien reposée.
-Bien, merci ! Ne me dites pas que vous avez fait tout ça pour moi !
En effet, sur la table trônaient des pancakes, des crêpes, des gaufres, des croissants, des pains au chocolat, du pain frais, du beurre, de la confiture, du chocolat au lait…Il n'y avait plus une seule petite place pour un bol sur la table, et je m'aperçus que des gâteaux recouvraient le plan de travail.
-Mais si ! Tu as raté trois repas quand même, et je ne voudrais pas que…
J'éclatai de rire : Esmée faisait tant pour moi ! Je courus l'embrasser, me dégageant d'Edward, mais pour vite y revenir.
C'est à cet instant que je lançai un regard à Jasper : mon fiancé était devenu vital, il fallait que je sois près de lui, il devenait ma drogue. Enfin je veux dire, cette sensation était pire qu'avant.
Mais loin de gronder Jasper, je le remerciai d'un signe de tête : il avait compris que j'aurai peur des hommes, tous autant qu'ils étaient, et il avait pu, grâce à son don, m'épargner cette peur. Cette révélation ne me prit qu'un instant, mais elle était nécessaire : je savais que mes frères et mon père ne me feraient jamais peur, alors qu'avant notre retour à la villa, avant mon réveil, j'avais eu peur d'eux, vraiment, au point d'être dégoûtée de leurs contacts.
Je me mis donc à table, couvée par le regard d'Esmée. Je picorai, ma gorge me brûlant encore un peu. Ensuite, nous nous installâmes devant la télé pour regarder un film, mais je ne me souviens plus duquel il s'agissait, et je m'endormis devant avant la fin, bercée par les mots doux d'Edward à mon oreille et sa présence rassurante.
Pov Ivan
Je ruminais : impossible d'approcher la jolie Bella. Je voulais m'amuser encore, la prendre, la casser, la tordre… Arthur me trouvait cruel, mais n'étions-nous pas des tueurs ? Des prédateurs ?
-Sois patient, me conseilla Igor. Tout vient à point à qui sait attendre. Et puis, tu t'amuseras plus si elle est en bonne santé, non ? Si tu la prends maintenant, où sera le plaisir ? Tu as vu comme moi à quel point elle est faible.
Oui, je l'avais vue. Nous avions d'ailleurs été imprudents : les Cullen nous avaient sentis, mais pensaient à des nomades peu curieux, ce qui nous avait bien arrangés. Et Igor avait raison : attendre serait mille fois meilleur, son sang vigoureux, bref elle m'amuserait beaucoup plus.
Pov Edward
Bella se réveilla, fraîche comme une rose, le troisième matin. Ses cernes avaient grandement diminué, et elle semblait en forme. La preuve, elle se disputa avec moi, après avoir râlé.
-Edward, où sont mes affaires de cours ?
-Carlisle a dit : pas de travail avant une semaine !
Elle serra les poings, prête à frapper devant elle. Elle semblait vraiment furibonde.
-Je suis suffisamment grande pour comprendre. Je veux juste un cahier, pour… Et puis, ça ne te regarde pas, après tout !
-Dis-le moi !
Je fis mes yeux doux, ceux auxquels elle ne résistait pas, ne voulant pas hausser le ton, mais elle réagit en faisant demi-tour, les bras croisés sur sa poitrine. Elle grommela, mais pas assez indistinctement.
-Idiot.
-J'ai entendu…
Elle rougit avant de se retourner, un sourire aux lèvres. Un sourire sadique.
-Ah, c'est comme ça… Eh bien Carlisle a dit aussi : pas de contact, pour que je ne prenne pas froid.
-Tu n'as pas trop respecté ce conseil, depuis notre retour, contrai-je, commençant à voir où elle voulait en venir.
-Je crains d'avoir des frissons…Non vraiment, je crois qu'il ne faut pas que je t'approche… Sauf si… tu me donnes mes cahiers.
Je soufflai : quelle tête de mule !
-Et moi, je vais faire quoi en attendant ?
Elle s'installa sur le lit tandis que je lui passais un cahier et ses crayons de couleur.
-Tu te mets là, dit-elle en me montrant son dos, et tu chantes.
-Serais-je ton esclave ?
-Oui, puisque tu as décidé de m'énerver.
Finalement, nous étions passés de la dispute à un moment tendre. Que de revirement ! Mais Carlisle m'avait expliqué que c'était une chose possible, et qu'il y aurait des moments où la personnalité de Bella changerait.
J'aimais Bella. Je ne pouvais malheureusement pas revenir en arrière, mais si tel était le cas, j'aurais fait en sorte que la première fois de Bella se passe dans de bonnes conditions, avec un magnifique dîner, une ambiance douce et romantique… Pas dans une forêt boueuse, violée par son ami.
Je voulais tuer celui qui avait infligé cette monstruosité à ma Bella. Le torturer à son tour. Lui montrer que le monstre qu'il était ne le préservait pas de la vengeance. Je voulais venger Bella, faire en sorte qu'elle sache qu'elle n'était plus en danger.
Quelqu'un d'aussi gentille qu'elle, d'aussi bon, ne devrait pas être traitée comme ça. Elle méritait qu'on l'aime, qu'on la respecte. Et je m'en voulais de ne pas savoir comment réagir quand elle était dans mes bras. J'avais peur de lui faire du mal, de la brusquer, de lui rappeler des souvenirs. Mais Rosalie disait que Bella guérissait doucement, et que je faisais très bien les choses.
Pov Rosalie
Bella allait de mieux en mieux. Son sourire était de plus en plus authentique, et elle nous avait enfin raconté ce qui s'était passé, passant sûrement sur des détails. Cependant elle nous avait décrit l'« homme », et nous étions sûrs d'une chose : il s'agissait bien d'un vampire. Cependant, nous ne le connaissions pas, au vu du dessin réalisé par Alice selon la description de Bella.
-Il est grand, blond, son visage est … rond je dirais. Très bien habillé… Le reste ne me revient plus. Un peu moins pointues les oreilles… Oui, comme ça !
Alice nous avait montré son dessin, mais aucun de nous ne fut capable de l'identifier. Ensuite, elle parla de son malaise face à cet homme, l'impression qu'il dégageait, et surtout cette étrangeté de croire à un rêve alors qu'il s'agissait de la réalité. La première fois, elle pensait vraiment rêver, mais avait eu conscience, la deuxième fois, qu'il s'agissait de la réalité.
-A mon avis, intervint Emmett qui ne disait rien depuis le début, il s'agit d'un magicien, un type que fait des trucs avec ses mains et est capable de faire croire des trucs alors que c'est faux.
Bien sûr, il pensait faire une blague, mais Carlisle se fonda sur ce raisonnement.
-C'est possible, dit-il en se frottant le menton. Un hypnotiseur… Un don très sensible… Il a dû lui falloir beaucoup d'entrainement pour hypnotiser deux personnes à la fois…Un don très dangereux toutefois. Je me demande si son don fonctionne mieux sur les humains ou les vampires.
-Je préfère ne pas le savoir, contrai-je. Je serais très en colère s'il devait me faire faire ce qu'il veut sans que je puisse réagir.
Bella hocha la tête, peu rassurée. Elle était blottie contre Edward. Ils ne s'étaient presque pas quittés, sauf quand Edward devait chasser. A ces moments-là, Jasper prenait la relève, aidant notre sœur grâce à son don. La pauvre était encore bouleversée, et je la comprenais mieux que quiconque ici. Cependant chaque jour nous la voyions redevenir celle qu'elle était, tout en restant près de son fiancé.
Aujourd'hui, nous reprenions les cours. Bella avait insisté pour y aller, même si Edward n'était pas avec elle.
-Je dois bien réapprendre à vivre sans lui, enfin sans qu'il soit à côté de moi en permanence, avait-elle dit au petit-déjeuner.
Je devais l'accompagner au bus avant d'aller moi-même à l'université. Elle se prépara, passant un bon moment à discipliner ses cheveux châtains qui avaient bien poussé.
-Dis Rose, tu me raconteras un jour ?
-Quoi donc ma belle ?
J'étais assise sur son lit, les jambes croisées.
-Ce qui t'est arrivé. J'ai compris à présent pourquoi tu t'es rebellée, lorsqu'Esmée parlait de vos renaissances.
-Oui je l'avoue, j'ai été plutôt cassante, mais je ne voulais pas qu'une humaine, que je méprisais parce qu'elle était humaine justement, sache ma déchéance !
-Tu t'es vengée, mais tu n'as pas pardonné. En fait, tu en veux aux humains.
Elle affirmait cela d'une voix posée, et j'en déduis qu'elle avait longuement réfléchi.
-Tu te trompes Bella. J'en veux aux humains parce que j'aimais ma vie humaine. Et je les méprise parce que je les envie.
-C'est contradictoire… Pourquoi ne pas essayer de vivre comme tu es, en oubliant le passé ?
-Parce que le passé fait partie intégrante de nous. Penses-tu un jour oublier ce qui t'est arrivé ? Penses-tu que, si tu deviens vampire, tu n'auras plus aucune rancune envers Jacob ? Ou envers l'« homme » ?
Elle cessa de se brosser les cheveux, en pleine réflexion.
-Si je deviens vampire… Ce qui n'arrivera sûrement jamais, je pense qu'en effet, je voudrais me venger. Pas de Jacob, parce que pour moi, il a été aussi manipulé que moi, il est aussi victime que moi, mais de ce vampire, de cet « homme », parce qu'il a fait ça pour le plaisir. Faire souffrir les gens me rebute, et j'aime appliquer la maxime : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse ». Mais je doute que nous en arrivions là.
Elle poussa un soupir avant de poser sa brosse puis elle se leva.
-Je suis prête !
Elle enfila son manteau, prit son sac puis nous nous dirigeâmes vers l'arrêt du bus, à quelques mètres de la grille de la villa. Je la portai jusqu'à la grille puis nous fîmes le reste du chemin à pieds. Enfin le bus arriva, et elle rejoignit ses amis à l'intérieur. Quant à moi, je partis en courant jusqu'à l'université.
Pov Bella
Mes amies m'attendaient à l'arrêt du bus. Elles devaient commencer à croire que j'étais de santé fragile, vu tous les arrêts maladie qu'apportait Carlisle, mais elles ne montraient rien. Elles m'accueillirent à grands cris.
La journée se passa à peu près bien. Cependant, la foule d'élèves autour de moi me mettait mal à l'aise, et si Amélia n'avait pas été là, j'aurais appelé Esmée pour qu'elle vienne me chercher. Les regards des autres, leurs chuchotements et leur proximité me rendaient faible.
Mais à chaque fois que je rentrais le soir, Edward m'attendait et me bombardait de questions qui me déstabilisaient, voulant savoir chacun de mes mouvements et qui j'avais vu. Parfois, il était agressif quand je ne voulais pas lui répondre, et cela finissait souvent en disputes.
Alors, lorsque le vendredi soir, il me posa la question de trop, je sortis de mes gonds.
-Qui était ce nouveau professeur ? Savais-tu que ton professeur de mathématiques serait absent ?
-Je suis prudente Edward ! Et d'abord, comment le sais-tu, pour mon prof ? Vous me surveillez, c'est ça ? Vous n'avez pas confiance en moi ? Toutes tes questions ont-elles un but ? Parce que si tu sais tout, pourquoi être aussi suspicieux ? A ce que je sache, Alice n'a rien vu ! Ou alors, vous ne me dites pas tout ?
Pov Edward
Je ne répondis pas, ne voulant pas la mettre encore plus en furie, ni mentir. Et encore moins lui dire la vérité. Je voyais à son regard qu'elle était blessée, qu'elle avait peur, mais j'avais peur moi aussi, et cette peur irrationnelle de la perdre me faisait faire des bêtises.
Finalement, elle partit sans un mot dans sa chambre, me claquant la porte au nez, fermant à clé, pour me dire qu'elle ne voulait plus me voir avant longtemps. Je la laissai faire : elle avait raison dans un sens, j'avais été odieux, mais c'était pour son bien. Elle resta enfermée toute la soirée, grommelant des imprécations après Emmett et moi. Vers 20 h, Esmée l'appela pour manger.
-Je n'ai pas faim, cria-t-elle.
-Houlà, Bella nous fait sa crise d'adolescente, constata Jasper. Elle est encore très remontée.
-Laissons-la alors, accepta Esmée. Tu as joué à l'idiot Edward. Le plus simple aurait été de lui dire. Et je suis toujours persuadée que tu devrais le faire, lui dire tes vraies raisons. Elle comprendra, elle acceptera cette surveillance que vous exercez. Qui ira la voir au lycée lundi ?
-Moi, répondit Jasper. Je la conduirai en voiture, parce qu'Alice a prévu du soleil, et resterai proche des bâtiments.
-Pas d'autres odeurs ? demanda Carlisle, venu se joindre à notre conversation dans la cuisine.
-Non, intervint Rosalie. Et je suis catégorique : parmi les odeurs trouvées la dernière fois, il y avait cet Ivan. Les autres doivent être le reste du clan. J'avoue ne pas avoir fait attention à leurs odeurs lorsqu'ils voulaient prendre Bella comme goûter.
En effet, Bella revenait encore en portant parfois des odeurs que nous avions déjà senties avant son agression, mais nous avions mis du temps avant de mettre un nom sur cette odeur. C'est Rosalie qui avait fait le rapprochement, vu qu'elle avait rencontré Ivan et son clan en chair et en os. Cependant, les odeurs que Bella portait sur elle maintenant étaient faibles, et depuis que nous avions mis en place notre surveillance, les odeurs provenaient des amis de Bella, de leurs vêtements précisément. Le vampire devait les hypnotiser pour suivre l'évolution de Bella.
-Il faut les trouver, et vite. Bella est en danger, plus que jamais.
-Mais Carlisle, comment faire ? Il semble qu'ils soient très forts pour la traque, et se cacher est apparemment une deuxième nature.
-Ne nous décourageons pas Emmett, répondit notre père. Ils feront forcément une erreur.
-Espérons qu'elle survienne avant qu'ils ne s'en reprennent à Bella… murmurai-je, mettant fin à la discussion.
Mais malgré cet incident, j'eus le culot de retourner vers mon aimée dans la nuit, et au matin, quand elle me vit, elle me sourit, crochetant ma nuque de ses bras. Bella restait Bella ! Finalement, je me décidai.
-Bella, sois sérieuse un instant, veux-tu ?
Elle cessa tout mouvement, croyant sûrement que j'avais du mal à me retenir. Elle s'éloigna, le visage chagriné. Je m'avançai et plantai mes yeux dans les siens pour être sûr d'avoir toute son attention.
-Ecoute Bella, je sais que j'ai mal agi hier…
-Oui, c'est le moins que l'on puisse dire.
Son ton était froid, mais ses yeux semblaient dire qu'elle avait cessé d'être fâchée.
-Tu te souviens des odeurs que nous avions repérées avant que ta rencontre avec "l'homme" ?
Elle hocha la tête, grave tout à coup.
-Il s'agit du dénommé Ivan. Et c'est la même odeur que nous avions sentie sur toi quand…
Elle déglutit, mal à l'aise, et baissa les yeux. Je lui pris la main, la laissant faire le premier pas, mais elle ne bougea pas d'un pouce.
-Tu comprends donc que nous ne pouvons te laisser sans surveillance. Il y va de ta vie Bella… Il est très joueur apparemment, et m'est avis qu'il ne veut pas se contenter de te tuer : il va jouer avec toi.
-Et qu'est-ce qu'on peut faire ?
Sa voix n'était qu'un murmure étranglé, et sa frêle main serrait convulsivement la mienne.
-Tu seras toujours sous la protection de l'un des nôtres. Avec un peu de chance, il nous croira faibles parce que végétariens, mais il se détrompera vite.
Ses yeux revinrent sur moi, effarés.
-Non Edward ! Vous ne devez pas mettre votre vie en danger pour moi ! Ils sont plusieurs, et tu viens de dire que vous ne serez qu'un à chaque fois…
-Nous savons nous libérer en cas d'urgence.
Elle se leva d'un bond.
-Je refuse que vous mettiez vos vies en danger, cracha-t-elle. Si jamais je te vois près de moi Edward, tout seul, gare à toi !
-Mais enfin Bella…
-Tu ne comprends pas ? C'est pour toi que j'ai peur, pour vous ! Je ne suis qu'une humaine, tu me l'as suffisamment répété, et je suis prête à mourir si ça peut vous épargner !
Une larme roula sur sa joue, puis une autre, et encore une, suivies de plusieurs. Je fus près d'elle, l'entourant de mes bras.
-Chut Bella, calme-toi ! Moi aussi j'ai peur pour toi, tu ne peux savoir à quel point ! Mais tu oublies une chose mon amour : nous sommes vampires ! Nous sommes à même de te protéger, quel que soit leur nombre. Nous sommes une famille, et je vois mal Alice, Jasper, Rose, Emmett, Esmée ou Carlisle abandonner un de leurs enfants.
Les pleurs de Bella se calmèrent un peu, et elle se laissa aller dans mes bras. Je nous ramenai près du lit où je m'assis, ma tendre sur mes genoux.
-Ne pleure plus Bella ! Pour le moment, ils nous observent. Jouons plus malins qu'eux, en apprenant de leurs faiblesses ! Mais pour l'instant, tu vas manger !
Elle rit, un petit rire étranglé, tremblotant. Je l'embrassai dans les cheveux avant de la faire se lever, puis nous descendîmes à la cuisine. Esmée était déjà partie chez un client, et Carlisle à l'hôpital. Jasper arriva en sifflotant.
-Alors Bella, prête pour le lycée ?
Elle me jeta un regard mauvais : elle avait compris que Jasper serait son ange-gardien aujourd'hui.
-Oui, si on veut.
Elle grignota un peu avant de passer à la salle de bain. Jasper me rassura, me disant que tout irait bien, puis il partit avec ma douce Bella dans sa voiture, l'amenant au lycée. Dès ce moment, je tournai en rond.
Ils savent donc qui en a après Bella... Reste à savoir s'ils réussiront à le coincer à temps...
Au prochain chapitre, les évènements se précipitent un peu, avec une destination exotique.
Un grand merci à Evelyne-raconte pour son aide lors de la chasse aux fautes ^^.
Ah, j'oubliais ! Un OS est disponible sur mon profil : "Un horrible sacrifice". Attention : ne pas se fier au titre...
A dimanche pour la suite. Bisous
