Bonjour
On retrouve ici nos amoureux favoris. J'espère que ce chapitre vous plaira. On verra à nouveau un personnage qui, je pense, ne vous avait pas manqué.
Un grand merci à toutes celles qui me laissent des reviews et qui me mettent en alerte et/ou favoris. Merci à htray2000, Titie, Mamanlily, Asuna93, xenarielle93, Minomina, choukinette76, Miss Sadique, aelita48, Yukina21, Clairouille59, Galswinthe, bellardtwilight et calimero59 pour leurs reviews.
aussidagility : ne t'inquiète pas, Emmett ne fera rien. Ivan trouvera un autre moyen pour atteindre Bella. Merci pour ta review.
rose : Tu as raison pour Ivan : si Bella ne vient pas à lui, il ira à Bella... Merci pour ta review.
Je ne m'étends pas, je vous souhaite juste une bonne lecture.
Les personnages appartiennent à l'univers de S. Meyer.
Chapitre 18 : Pacte/Rapt
Pov Bella
Le soir était tombé, et nous avions regardé le soleil se coucher. Nous n'étions pas passé à l'acte, mais ce moment dans la mer avait été si merveilleux, empreint de calme, de sérénité, d'amour, que je n'avais même pas songé à protester lorsqu'Edward m'avait ramenée vers le rivage pour m'allonger sur le sable et regarder le coucher de soleil, l'un contre l'autre. Puis il m'avait ramenée à la maison, ou plutôt la villa, vu la grandeur de l'édifice, et je m'étais endormie dans ses bras, heureuse et apaisée de toute tension.
A mon réveil, la villa était calme. Une présence fraîche se tenait dans mon dos, rassurante, et le bruit des vagues me parvenait. Par paresse, je refusais d'ouvrir les yeux, me contentant de profiter de cette félicité qui s'était emparée de moi, écoutant le chant des oiseaux, succombant aux caresses de mon fiancé.
-Je sais que tu ne dors plus mon amour, et Alice me hurle dans sa tête de te faire manger car ton estomac est très bruyant.
Il pouffa avant de m'embrasser, ce qui me fit ouvrir les yeux. Je me tournai vers lui, un grand sourire aux lèvres, puis je lui rendis son baiser.
-Alors Alice peut être rassurée : je suis sûre que tu ne me laisseras pas mourir de faim. Toi et Esmée n'oublierez jamais un de mes repas. Est-ce que je me trompe ?
-Tu as entièrement raison. Maintenant, debout !
Il se leva, me tirant vers lui d'un geste brusque. Je me retrouvai à l'abri de ses bras musclés, si protecteurs, puis nous nous rendîmes dans la cuisine, à l'autre bout de la maison. Esmée m'y avait servi un repas plantureux, pour ne pas changer, et je dus faire bonne figure en goûtant à tout, ne voulant la vexer pour rien au monde. Ensuite, je passai la journée avec Edward, dans ses bras protecteurs, à nous balader, nous baigner, nous émerveiller des couleurs de la Nouvelle-Calédonie.
Une chose me perturbait encore : la manière dont Edward et moi nous étions rapprochés la veille. Jamais nous n'étions allés aussi loin, et je n'avais rien dit lorsqu'il nous avait ramenés vers le rivage. Ce moment, si merveilleux, si doux, si intense, m'avait fait du bien, et j'en remerciai Edward. Il avait su me donner plus, sans dépasser les limites qu'il s'était fixé.
-Edward ?
-Hmm ?
Nous étions dans les bras l'un de l'autre, tous deux allongés sur le sable chaud, à regarder les bateaux au loin, les vagues s'écraser sur la plage, à écouter les mouettes crier. Edward embrassait souvent mon visage, mes lèvres, mon nez, mon front, mes pommettes, ou mon cou, provoquant des milliers de papillons dans mon ventre.
-Dis-moi Edward, quand rentrerons-nous ?
-Tu es pressée ?
Il arborait son sourire en coin, celui qui me faisait craquer.
-Pas techniquement, mais nous avons un mariage à préparer. A ce propos, tu n'as toujours pas changé d'avis ?
-Plaît-il ?
Je soupirai : à première vue, il restait campé sur ses positions.
-Sur ma mortalité.
Il se rallongea, regardant le ciel bleu.
-Bella... Comment veux-tu que je m'y résolve ? La mortalité est une des plus belles choses à mes yeux, et je me refuse de te l'enlever. De plus, ton âme...
-Mon âme rejoindra la tienne, le coupai-je abruptement. Où qu'elle soit, elle y a sa place. Je t'en prie, accepte de me rendre comme toi...
Il gémit tout bas, mais pas assez pour que je ne l'entende pas.
-Bella, si tu savais comme il est dur de te refuser quelque chose !
Le silence revint, mais je sentais qu'Edward réfléchissait beaucoup. Les minutes passèrent, sans que l'un de nous n'ouvre la bouche, mais ce silence n'était pas gênant : juste un silence de réflexion. Soudain, il se redressa, trop vite pour mes pauvres yeux.
-J'ai une idée !
Il sembla s'apercevoir de mon trouble face à son changement de position, de comportement, car il me prit la main doucement.
-Calme-toi Bella, tout va bien ! Ton cœur semble parti pour dépasser le mur du son, pouffa-t-il pour me changer les idées, ce qui fonctionna très bien.
Il laissa passer quelques secondes, histoire de me laisser le temps de diminuer le rythme des battements de mon cœur.
-Bien, voilà ! Je disais donc que j'avais eu une idée : faisons un marché si tu veux bien !
Je le regardai, curieuse mais méfiante. Jusqu'ici, la plupart des marchés que j'avais passés avec lui étaient à son avantage, et je sentais que celui-ci serait pareil. Pourtant je lui fis signe de continuer.
-Alors voilà ce que je te propose : attend deux ans ! Vis ta vie humaine, profite de tes amis, de ta mortalité, amuse-toi comme n'importe quelle jeune fille, et au terme de ces deux ans, je te transformerai.
-Mais deux ans, c'est une éternité ! M'exclamai-je.
Il éclata de rire face à mes propos, me vexant.
-Allons Bella, ne prends pas la mouche ! Mais avoue que tes paroles sont hilarantes ! Non, sérieusement, tu comprendras pourquoi j'exige que tu vives pleinement lorsque tu seras comme nous.
Il me fixa tendrement, ses yeux plongés dans les miens.
-Je ne veux en aucun cas que tu regrettes ton acte Bella, comme Rosalie.
J'allais ouvrir la bouche mais il m'empêcha de parler.
-Non, ne dis rien. Tu es précieuse, très précieuse à mes yeux, et je veux que tes décisions soient mûrement réfléchies. Carlisle sera de mon avis, tout comme Esmée, j'en suis sûr. Essaie de comprendre mon point de vue, comme je m'efforce de comprendre le tien. Tu m'as demandé l'immortalité en développant tes arguments, et j'ai pris le temps de réfléchir durant plusieurs mois. J'accepte, parce que j'espère, en pur égoïste que je suis, que ceci nous rapprochera, et que notre amour pourra être vécu pleinement, sans que je me retienne, mais je ne veux pas que tu sois lésée. Je suis devenu vampire par la force, sans possibilité de choix. Je sais à présent que si je l'avais eu, ce fameux choix, jamais je n'aurais accepté, ou du moins pas sans une compensation. Toi tu as ce choix, tu as la possibilité de choisir entre une vie immortelle, pleine de contraintes, et une vie humaine, plus courte mais tellement pleine de plaisirs ! Bella, seras-tu sûre de ne pas vouloir être mère ? De ne plus vouloir sentir le soleil sur ta peau ? D'avoir toujours cette sensation de manque, cette affreuse brûlure au fond de la gorge, parce que ton corps réclamera du sang ?
Ce fut à moi de le regarder, de plonger mes yeux dans les siens, pour lui montrer ma détermination.
-Edward, tout ce que tu me dis me conforte dans mon idée : je veux devenir comme toi, t'aider dans cette épreuve, ne plus te laisser seul, te soutenir, mais surtout t'aimer. Je veux pouvoir te toucher, et que tu me sentes. Je veux pouvoir te hurler que je t'aime, et t'en crever les tympans. Je veux être ton égale, pouvoir t'embrasser sans que tu ne te retiennes, sans que tu ne sois tenté par mon sang, sans que tu ne veuilles prendre ma vie. J'ai bien réfléchi moi aussi, et oui, je le veux, autant que je veux m'unir à toi. Alors ne me dis plus de réfléchir plus, ma décision est prise. Ces deux ans vont être longs pour moi, mais je les accepte, parce que je sais qu'en refusant je te ferais mal, et ça je ne peux le concevoir.
Son sourire devint peu à peu éclatant, et il me serra dans ses bras, respirant mes cheveux.
-Oh Bella ! Si tu savais à quel point je suis heureux ! Pas de t'ôter la vie bien sûr, mais tes paroles...
Je crus entendre un sanglot, mais je n'en suis pas sûre. Je cherchai ses lèvres qu'il m'offrit, et notre baiser fut un moment enchanteur.
Pov Caius
Mon plan avait fonctionné : Bella, cette humaine si arrogante, qui avait cru pouvoir m'échapper, ne serait jamais comme nous. Mes frères n'en savaient rien, et jamais ils ne le sauraient : eux aussi s'étaient épris de la jeune fille, et ils la vénéraient. Chaque jour, ou presque, j'entendais ses louanges : sa beauté, son parfum, son courage, sa ténacité, etc., etc...
Mais il m'en fallait plus pour me laisser attendrir, et en ce moment, la jeune Bella courait à sa perte, purement et simplement. Aro nous avait appris, à Marcus et à moi, que le jeune Edward avait décidé de la transformer, dans un délai de quelques années. Et j'avais bien ri, laissant mes frères incrédules. Oh oui, j'aimais cette saveur, ce parfum de pouvoir et de savoir : savoir qu'en décidant de la rendre comme nous, tous ceux qui l'aimaient et qui désiraient la voir devenir notre égale la menaient à sa perte. J'aimais, non j'adorais ce sentiment de supériorité, et j'étais prêt à admirer cette catastrophe.
Pov Carlisle
Nous étions au calme, et je profitai de ce moment de répit, sans tension, sans stress. Esmée était dans mes bras, se délassant de toutes les tensions accumulées depuis quelques mois. Elle ronronnait presque, et je devais sûrement faire de même. Quel bien-être ! Alice et Jasper étaient partis explorer l'île, avec des sacs à dos : nous ne les verrions pas avant plusieurs jours. Rosalie et Emmett avaient repris le bateau et étaient retournés sur l'île principale, dormant le jour, ou faisant semblant, et s'amusant la nuit dans les casinos ou les dancings et les fêtes. Seuls Edward et Bella restaient à proximité, surtout pour le confort de Bella. Elle semblait insouciante des projets d'Ivan, mais il faut dire que nous ne lui en avions rien dit : Edward refusait de la mettre au courant, pour qu'elle ne prenne pas peur. Un bruit me fit lever la tête : Edward revenait avec sa fiancée.
-Non, rigolait Bella, arrête Edward ! Mais… Edward, tes parents…
Elle soupira avant de se remettre à rire. Je les entendis aller dans la cuisine, où une boisson fraîche attendait notre fille.
-Dis Carlisle, tu crois qu'elle se plaira en vampire ?
Esmée s'inquiétait toujours pour son « bébé », comme elle l'appelait.
-Bien sûr ! Elle le répète sans arrêt ! Maintenant, est-ce qu'Edward acceptera cette décision ? Telle est la question.
-Je suis sûre que oui. Il l'aime, elle l'aime, ils veulent rester ensemble.
Nous entendîmes un éclat de rire, puis un bruit de casse, ce qui fit lever Esmée d'un bond. Elle alla dans la cuisine, et je la suivis, m'arrêtant cependant à la salle à manger.
-Bella ?
Une vrai mère-poule ma chère Esmée ! Edward rigola à mes pensées.
-Que veux-tu Carlisle, me dit mon fils, Bella est si fragile ! Comme un bébé !
-Je ne suis pas un bébé ! Cria Bella de la cuisine, tandis qu'Edward et moi étions dans la salle à manger.
-Que s'est-il passé ?
-Oh, rien. Je chatouillais Bella, et elle a bousculé son verre qui est tombé à terre.
Je ris : Bella était toujours aussi maladroite ! Mais Edward redevint vite sérieux.
-Carlisle, nous avons discuté tous les deux, et nous sommes parvenus à un accord.
-Ah ?
-Oui. Deux ans, c'est le délai que je lui ai demandé.
-Et elle a accepté ?
-Oui. Nous nous marierons avant, pour qu'elle puisse inviter ses amis humains.
-Sage décision ! Je suis content pour vous deux.
Je lui étreignis l'épaule, heureux pour eux, pour nous. Alice sera ravie de cette décision, pensais-je, elle n'hésitera pas à exagérer.
Ce fut au tour d'Edward de rire :
-Oui, tu as raison ! Elle va être infernale !
Bella arriva, porteuse d'un nouveau verre de citronnade, suivie d'Esmée. Nous nous installâmes devant un film, devant lequel nous rîmes beaucoup.
Pov Edward
Nous étions sur le chemin du retour : les visions d'Alice étaient moins alarmantes, et Carlisle ne pouvait plus se permettre d'être absent à l'hôpital de Juneau. Nous étions donc dans l'avion, en train de regarder un film catastrophe, quand Jasper me tira de mes pensées.
-Carlisle, comment ferons-nous une fois rentrés ? Je veux dire, comment allons-nous protéger Bella ?
J'aurais bien répliqué, mais Carlisle m'en empêcha.
« Il faut aborder le sujet Edward, tu le sais très bien. Bella a le droit de savoir. »
Je n'étais pas tout à fait d'accord, mais il restait mon père, et j'avais promis de m'en remettre à ses décisions, quoi qu'il arrive. Notre père réfléchit, prenant son temps. Il me cachait ses pensées, mais je suis sûr que c'était pour ne pas être influencé si sa décision ne me convenait pas.
-Je pense, commença-t-il doucement, que la meilleure chose à faire est de faire en sorte qu'elle ne soit jamais seule, puis de tendre un piège à Ivan. Il n'est pas sain de rester dans un climat de tension, nous en sortirions perdants. Je n'aime pas la violence, mais nous devons pousser Ivan à réagir.
A ces paroles, je sentis ma douce Bella frémir. Que pensait-elle ? Qu'imaginait-elle ? Carlisle poursuivit.
-Continuer ainsi serait mettre Bella en grand danger, nous l'avons vu. Aussi, je pense que nous aviserons une fois sur place, après avoir vu la réaction d'Ivan face à notre départ.
Jasper opina, à l'instar du reste de la famille. Esmée s'inquiétait de la réussite du plan de Carlisle, bien qu'elle lui fasse confiance aveuglément. Notre avion atterrit une heure plus tard, à Juneau. Il faisait nuageux, comme la plupart du temps, aussi pouvions-nous sortir en plein jour. Nos voitures nous attendaient, prêtes à repartir pour la villa qui se trouvait à la sortie de la ville. Une fois là-bas, Esmée s'attela au rangement des valises de Bella et la sienne, laissant les autres se débrouiller.
-C'est pas juste, râla Emmett. Si j'étais humain, tu le ferais aussi pour moi Esmée ?
-Sans doute. Mais tu n'es pas humain, parce que tu t'es cru plus fort qu'un ours.
-Maintenant, je le suis, répliqua mon frère en bombant le torse, fier comme un paon, ce qui fit sourire Esmée.
-Mais oui mon fils. Alors va tuer un grizzli, tes yeux sont noirs !
Emmett éclata de rire puis entraîna Rosalie avec lui dehors. Bella me retint alors que j'allais les suivre.
-Fais attention, me dit-elle simplement.
Je cherchai une parole cachée mais n'en trouvai pas, aussi rejoignis-je mon frère et ma sœur.
Pov Alice
J'avais suivi Emmett, Rosalie et Edward, accompagnée de mon mari, et nous nous retrouvâmes tous face à une famille d'ours.
-Laissez-les moi ! Hurla Emmett en courant vers eux, les mains en avant, prêt à bondir.
-Je ne tiens pas à déchirer ma robe, renifla Rosalie avec mépris. Viens Alice, allons voir si quelque chose de meilleur et de moins violent ne nous attend pas quelque part. Laissons ce gros bêta avec ses fauves ! Peut-être arriveront-ils à le dompter ?
Elle partit, laissant son mari faire face aux ours, juste pour nous prouver qu'il était plus fort qu'eux. Il se vanterait à son retour, aucun doute, mais nous étions habitués à ses gamineries. Il sauta sur le plus gros, faisant pousser à l'animal un grand rugissement, quand Rose m'appela. J'allais la rejoindre lorsqu'Edward me retint par le bras.
-Alice, tu n'as rien vu au sujet de Bella ?
-Non Edward, sinon tu l'aurais su. Sois tranquille, Ivan semble s'être calmé !
L'ayant tranquillisé, je retrouvai ma sœur, pour savourer ces deux jours de chasse. Nous trouvâmes une horde de renne, puis un couple de chat sauvage. Notre festin commençait.
Pov Esmée
Bella dormait au premier. J'entendais sa respiration calme et régulière, et cela m'apaisait : elle avait encore un refuge, un lieu où ses soucis s'envolaient durant quelques heures. Refuge que nous, vampires, ne pouvions avoir.
J'étais dans le salon, à travailler sur un contrat avec un client canadien qui voulait que je refasse tous ses meubles. Les humains ont parfois de drôles d'idées. Mais je rédigeai ce contrat avec le plus de sérieux possible, cherchant déjà des idées de meubles de cuisine, pièce à refaire en urgence selon le client.
J'avais trouvé cette passion de la restauration des meubles, mais passer à la fabrication était autre, et je demandais plus de temps. Ou bien peut-être prendrai-je des meubles vieux, pour les restaurer, créant ainsi un autre charme que des meubles neufs, pas toujours esthétiques, parce que le client, un certain Mr Smith, ne voulait plus vraiment des siens.
Mes enfants, mis à part Bella, reviendraient d'ici deux jours, et Carlisle avait déjà repris le travail. J'étais donc seule, et je n'aimais pas cela : Ivan pouvait venir à tout instant, je n'étais pas assez forte pour le combattre, lui et ses acolytes. Pourtant, j'avais la volonté de protéger Bella mais comment faire à quatre contre un ? Le lecteur CD fonctionnait, tout bas, pour créer une ambiance : je n'aimais pas le silence, trop pesant pour moi.
Il était deux heures du matin quand je sentis, trop tard malheureusement, une odeur. L'odeur d'Ivan. Ce qui suivit se passa trop rapidement, même pour un vampire : Bella poussa un cri déchirant, puis je fus assommée. Je cherchai à me débattre, à moitié sonnée, mais un vampire se mit devant moi, m'emprisonna le visage et me regarda droit dans les yeux. Aussitôt je me sentis très légère.
-Tu vas dormir, femme, me dit-il d'une voix douce. Il en va de ta vie.
Mes yeux se fermèrent, mais je sentis lorsqu'il m'arracha un bras. Je sombrai, consciente qu'une fois de plus, je n'avais pas pu protéger Bella.
Pov Ivan
Ah ah ! Je la tenais dans mes bras ! Je la sentais, humais son odeur si alléchante !
Elle était là, inconsciente, sans savoir que sa vie prendrait bientôt fin. J'allais pouvoir m'amuser, puis la goûter, comme je l'avais voulu. Nous allions vers notre repaire, notre foyer temporaire. Celui que nous quitterions bientôt. Mon esprit filait à toute allure, cherchant le meilleur moyen de la prendre, de lui prouver qu'elle ne m'était pas supérieure, que le plus puissant était moi et non son odeur. J'avais eu un moment de faiblesse face à son sang, et c'est celui-ci qui m'avait poussé à prouver à cette faible humaine que la race des vampire n'était pas vulnérable, comme elle.
Je l'avais attendue longtemps, et un moment, j'avais crains de l'avoir perdue : nous les avions suivis dans leur pitoyable tentative de nous échapper, mais ils avaient un avantage sur nous : ils pouvaient se permettre de louer un avion privé, pas nous. De plus, si eux auraient pu prendre un avion normal, rempli de touristes, ce n'était pas notre cas : nous les aurions tous tué jusqu'au dernier, même les pilotes, et aucun de nous ne savait piloter. Nous avions donc patienté, certains qu'ils reviendraient, pour ne pas se faire remarquer. Et j'avais eu raison : leur retour annonçait LE moment, celui où je pourrais me venger de cette humaine.
Nous venions d'arriver à l'appartement. Un appartement minable, dans les rues mal famées de Port Angeles. Je déposai l'humaine sur un matelas qui traînait là, récupéré juste pour elle. Je la regardai dormir. Elle était belle, magnifique, mais humaine. Je pouvais la transformer, la garder pour moi, l'obliger à me suivre, à me servir… Mon égo s'en contenterait…
Mais non, je voulais de la brutalité, je voulais du sang. Mon corps réclamait du sang. Il ne lui suffirait pas d'un peu. D'ailleurs, pourrais-je me retenir face à cette odeur tentatrice, cette odeur qui ne devrait exister que dans les légendes ? Non, certainement pas, c'était me croire trop puissant. Nul ne pouvait se retenir. Personne, sauf des… végétariens. Je crachai à terre rien qu'à l'évocation : ces êtres, ces vampires qui voulaient être différents, me dégoûtaient. Ils se croyaient plus humains que nous, en ne prenant pas de sang humain, mais ils restaient des monstres, comme nous. C'était notre nature : être des monstres, une race contre-nature. Et elle, faible humaine, s'était retrouvée plongée parmi les nôtres, plongée dans notre monde. Les Volturi avaient failli l'avoir, mais elle avait su les faire plier. Elle n'y arriverait pas avec moi.
-Tu vas rester là comme ça longtemps ? Demanda Igor.
-Jusqu'à son réveil. Je veux encore la contempler. Regarde son visage, si fragile, si innocent… On n'a qu'une envie : l'embrasser ! Et son odeur ! Elle est si puissante ! Si délicieuse !
-Puissante, on peut le dire ! Je la sens même à l'extérieur.
Je n'ajoutai rien parce que notre invitée venait de bouger.
-Elle se réveille, constata Arthur. Que vas-tu faire ?
-Pour le moment, la laisser s'imaginer des choses. Arthur, cloue des planches : je ne veux pas qu'elle puisse s'échapper, parce que nous allons chasser.
-Pourquoi ?
-Je veux pouvoir m'amuser, et si je n'ai pas l'estomac rempli, je risque de couper court à mes jeux.
Nous sortîmes, après nous être assurés que la jeune et jolie Bella ne s'envolerait pas.
Pov Carlisle
-Vous comprenez, monsieur le docteur, j'ai mal ici, et là. Je pense qu'il s'agit d'une hépatite, mais je préfère vous demander votre avis.
-Il est préférable en effet, madame, parce que vous avez une simple crise de foie. N'auriez-vous pas abusé des chocolats ?
-Bah, j'en ai mangé quelques dizaines de boites hier, mais rien de catastrophique ! J'en ai l'habitude. Je mange presque chaque jour au minimum dix boites de chocolats. Vous savez, les grosses, en format familial, avec de jolis dessins dessus...
-Alors je vous conseille de cesser de manger autant de chocolats. Prenez ces quelques médicaments, et tout se passera bien.
La dame se leva, prenant son ordonnance, légèrement vexée, puis sortit. Je soupirai : depuis quelques temps, cette vie m'ennuyait, mais j'aimais aider les humains, aussi n'avais-je aucune envie de cesser mon emploi à l'hôpital. Je finis de taper le compte-rendu puis rentrai chez moi.
Tout était calme à l'intérieur, aussi ne m'inquiétai-je pas : Esmée avait dû emmener Bella faire quelques courses. Je pris donc mon temps pour aller du garage à la villa quand soudain je humai une odeur : trop bien connue, une odeur ennemie. Je me précipitai instantanément à l'intérieur, pour retrouver Esmée, amputée d'un bras, en train de dormir, chose impensable pour un vampire.
Pov Bella
Nous étions sur la plage, Edward et moi, et ses mains fraîches caressaient mon corps. Moi qui avait toujours aimé la chaleur, je me surprenais à préférer le froid, à aimer les jours de nuages plutôt que les jours de grand soleil, parce qu'Edward n'était pas obligé de rester cloîtré à la villa.
Je savais que c'était un rêve, mais j'appréciais ce souvenir, un des nombreux de nos vacances. Son visage près du mien, il fredonnait une berceuse magnifique, tout droit sortie de son imagination. Qui aurait pu croire qu'il avait de tels talents de musicien ? Mais en même temps, mon fiancé réussissait tout ce qu'il entreprenait !
Une main froide passa sur mon visage, me tirant de mon sommeil. J'ouvris les yeux, pensant qu'Edward avait écourté sa chasse pour venir me voir quand je pris conscience de la réalité : un des acolytes d'Ivan se tenait à côté de moi, souriant. Le cri que je poussai me stupéfia moi-même, mais je n'eus pas le temps de plus y réfléchir : le vampire se précipita sur moi, mettant sa main sur ma bouche, m'empêchant d'émettre plus qu'un gémissement. Je me débattis tandis qu'il me prenait à l'aide d'un bras. Ce fut soudain le noir.
Mon réveil se fit lentement à cause d'une douleur lancinante derrière la tête : on m'avait assommée, et le vampire qui l'avait fait n'y était pas allé de main morte. J'étais dans un noir relatif, ligotée. Mes poignets me faisaient mal, mes chevilles aussi : les liens étaient trop serrés, et ils me blessaient. Je fis de lents mouvements avec ma tête, voulant bouger mon cou endolori. Je n'entendais aucun bruit, mais cela ne voulait rien dire : je connaissais maintenant suffisamment les vampires pour savoir à quel point ils pouvaient être silencieux. Les minutes passèrent, puis mes yeux se refermèrent.
Faim, soif, mal… Voilà ce que je ressentais avant même d'ouvrir les yeux. Un bruit m'incita cependant à lever les paupières : Ivan se tenait là, sans respirer. Son regard était terrifiant, transperçant, dérangeant, ses yeux rouges bordeaux me rappelant la couleur du sang, mais il n'en attendait qu'un : le mien.
-Alors, réveillée ?
Je ne pus que hocher la tête, terrifiée par la puissance de ce regard et par ce que je le savais capable de me faire.
-Bien, très bien, continua-t-il d'une voix trop mielleuse pour être aimable. Ne bouge pas, si tu veux rester en vie !
J'obéis tandis qu'il se penchait vers moi. Il sentait la mort, et ses yeux ne me quittaient pas, augmentant mon effroi. Il défit mes liens, aux chevilles d'abord, puis aux poignets. Je me tins coi, aussi immobile que possible, retenant même ma respiration. Ensuite il se releva, et ses yeux prirent une expression encore plus horrible : la joie, la curiosité et le sadisme étaient contenus dans ce simple regard. C'est à ce moment que je pris conscience que ma vie allait finir ici, dans peu de temps. Je fermai les yeux, prête à recevoir le coup de grâce, mais la mort ne vint pas. Ivan éclata de rire.
-Pour le moment, je ne veux pas te tuer. Veux-tu savoir pourquoi ?
Du sadique, il venait de passer à l'homme, ou vampire plutôt, mondain, menant une conversation posée, polie. Je ne bronchai pas, de peur de le contrarier.
-Je vais prendre ça pour un oui. Après tout, qui ne dit mot consent, n'est-ce pas ? Avant de te tuer, avant de boire ce sang qui m'a l'air si délicieux, je veux jouer. Ou plutôt te faire payer ton arrogance, ta soi-disant supériorité.
-Mon…
J'en restai bouche bée. A quel moment m'étais-je montrée arrogante ? M'étais-je déclarée, à un quelconque moment, supérieure en quoi que ce soit ? Au contraire, j'étais bien inférieure à mes protecteurs, et encore plus face au monstre qui se tenait devant moi.
-J'ai commencé ma vengeance d'ailleurs. Tu te souviens de Jacob ?
Devant mon regard interrogateur, il fit un geste de la main, et je vis, devant moi, à la place d'Ivan, « l'homme », celui qui nous avait poussés, Jacob et moi, à cette fatale rencontre. Je me levai d'un bond, ne supportant pas sa vue, et allai me nicher dans un recoin en criant. Il faisait noir dans la pièce mais je savais son regard fixé sur moi. J'entendis son rire, un rire démoniaque.
-Eh oui, c'est moi, reprit-il. Et j'ai plein d'autres jeux en réserve ! Maintenant, passons aux choses sérieuses !
Revoilà Ivan... Et Caius aussi a refait une apparition. Ce n'est pas un hasard avec ce qu'il va se passer après.
Je préviens dès maintenant : le prochain chapitre contient des scènes de tortures. Comme pour l'épisode du viol, je ferais bien attention à l'annoncer pour que vous puissiez sauter ce passage si vous le souhaitez.
Je n'ai pas pour habitude de demander, mais j'ai besoin d'un petrit soutien morale aujourd'hui, alors une avalanche de reviews serait un très bon réconfort...
Merci de votre fidélité et à dimanche.
Bisous
PS : j'ai mis un OS en ligne "Baiser merveilleux", pour celles qui souhaiteraient le lire.
