Bonjour !

Comme je le disais : non, je ne vous ai pas oublié. C'est juste qu'un déménagement, ça occupe !

Donc, nous avions quitté Bella qui était plutôt mal en point. Nous verrons ici comment elle s'en sort.

Un immense merci pour toutes vos reviews : calimero59, choukinette76, Yukina21, Xukette, Asuna93, Clairouille59, xenarielle93, aelita48, Minomina, Mariefandetwilight, htray2000, Ysoso03 (Je suis contente que ma fiction te fait passer par divers émotions) et Miss Sadique !

Pour les non-inscrites :

aussidagility : Tu as raison dans ta déduction. Mais les Cullen sont forts, n'est-ce pas ? Merci d'avoir laissé une review.

vanessa : Oui, Bella ressent le début de la transformation. Mais tu verras dans ce chapitre ce qu'il se passe exactement, tout ça à cause de Caius. Merci d'avoir pris le temps de laisser quelques mots :)

popo : Non, Démétri n'a pas ce pouvoir. Tu comprendras ici pourquoi Bella ne se transforme pas. Merci pour ta proposition !

J'ai aussi une review anonyme : Oui, l'important est que Bella soit sortie des griffes d'Ivan. Tu verras ici comment elle s'en sort. Marcus va aider Carlisle (autant qu'Aro) mais patience, chaque chose en son temps ! Merci pour ta review !

Bonne lecture, et bravo pour celles qui ont trouvé ce qu'il se passe avec Bella ! (Les personnages ne m'appartiennent pas, mais vous le saviez, n'est-ce pas ?)


Chapitre 18 : Folie

Pov Edward

Carlisle avait rapporté tout un tas d'instruments de l'hôpital : de l'oxygène, un défibrillateur au cas où, des perfusions pour nourrir Bella et faire passer des médicaments, bref la villa, enfin la chambre, était devenu un petit hôpital. J'avais mal de la voir ainsi mais elle ne semblait pas souffrir. Mon père disait lui avoir donné tous les soins possibles, et que désormais il fallait s'en remettre à elle. Mais une question nous obsédait tous : pourquoi le venin n'agissait-il pas ?

-Bella, mon ange… Ouvre les yeux s'il te plaît ! Tu me manques tellement !

Oui, j'étais au supplice Tout comme le reste de ma famille. Et ignorer combien de temps elle resterait ainsi me déchirait le cœur.


Cela faisait dix jours que nous avions tué Ivan et son clan, et Bella allait tout juste un peu mieux. Son cœur semblait retrouver un rythme normal, mais son état n'évoluait plus depuis deux jours. Son corps était meurtri, abîmé, et la cicatrisation n'avait pas commencé, laissant Carlisle inquiet de sa guérison. Esmée était souvent avec moi, et Alice passait régulièrement, au moins six fois par jour, tentant de forcer ses visions, des visions qui ne venaient pas. Elle s'en voulait, moi aussi, et à nous deux nous altérions le sang-froid de Jasper : nous voir aussi mal tous les deux, ou tous les trois avec Esmée, le rendait abattu, mais il tentait de faire bonne figure, au moins pour sa femme.

-Si tu n'ouvres pas les yeux Bella, je te promets que tu auras le droit à des jours et des jours de shopping, rien que toi et moi !

Mais même les multiples menaces d'Alice, toutes dans le même genre, laissait mon amour de marbre. Il fallait attendre, sans pouvoir rien faire.


Les jours passèrent, et Bella semblait aller un peu mieux. Elle s'agitait de plus en plus souvent dans son sommeil, et Carlisle pensait que c'était bon signe : elle sortait peu à peu du coma, si elle y était plongée.

-J'avoue que je ne sais pas quel est son état : normalement, elle devrait être vampire, mais quelque chose a empêché sa transformation. L'un de vous aurait-il tenté de sucer son sang, pour le nettoyer ?

Mais nous ne pûmes que secouer la tête : nous n'avions rien fait, et une fois de plus j'étais coupable.

-Edward ! Arrête de te lamenter ! Implora Jasper. Ce qui est fait est fait, et Bella ne voudrait certainement pas que tu te morfondes à cause d'elle.

-Oui, répliquai-je assez méchamment, mais elle n'est pas là ! Alors tes conseils…

-Cessez, ordonna notre père. La situation n'est pas si catastrophique, au contraire : elle semble revenir dans notre monde, alors montrez-lui bonne figure, et non pas le visage de deux duellistes.

-Excuse-moi, marmonna Jasper, m'envoyant des ondes de calme.

-Désolé, dis-je à mon tour, assez sincèrement.

Et l'attente recommença. Jusqu'au treizième jour. Un peu avant midi, alors que nous étions tous en train de nous occuper l'esprit, Bella gémit avant de pousser un cri. Aussitôt nous fûmes auprès d'elle, mais ce que nous vîmes nous frappa de stupeur : Bella était contre un mur, criant après on ne savait quoi.

-Bella ?

Je m'approchai, lui parlant doucement, espérant la calmer, mais elle partit en courant de l'autre côté.

-Ne vous approchez pas ! Cria-t-elle. Le petit chaperon rouge viendra vous manger, et le loup dansera !

Sa dernière phrase avait été dite d'un ton joyeux, contrairement à son cri. Elle dansait maintenant, répétant sa dernière phrase. Nous regardâmes tous Carlisle, effrayés, angoissés, inquiets, et surtout impuissants.

-Oh le joli papillon ! Continua-t-elle, s'interrompant brusquement en regardant les cheveux d'Alice. Ah non, c'est un corbeau. Bonjour joli corbeau !

Elle tendit doucement la main vers la tête d'Alice qui ne bougeait pas et lui caressa les cheveux.

-Là, tout doux petit oiseau.

Nous ne bougions pas, nous ne respirions plus. Que se passait-il ? J'entendais cette question chez tous les membres de ma famille, et je me la posais moi-même. Oui, pourquoi ? Comment ? Carlisle sortit doucement, sans se faire remarquer. Soudain, Bella se retourna vers moi, les yeux brillants.

-Edward ?

Son air interrogateur me faisait dire qu'elle ne me reconnaissait pas, aussi m'avançai-je prudemment, une main tendue vers elle.

-Oui Bella ?

Elle me regarda, regarda ma main avant de fermer les yeux, pressant sa main sur son front.

-Tourne joli manège… Emporte-moi !

Et elle s'écroula par terre. Je fonçai vers elle, évitant un choc brutal de sa tête sur le sol. Notre père arriva à ce moment-là.

-Elle est folle, dit-il simplement.


Oui, Bella avait bien sombré dans la folie. Nous ne comprenions pas pourquoi, mais Carlisle semblait penser que cela avait un rapport avec la morsure et le venin qui n'agissait pas. En ce moment, Bella jouait dans le salon avec des cubes pour enfants trouvés dans le grenier.

-Un jaune pour le soleil, un bleu pour le ciel, un vert pour les arbres, un bleu…

Elle écroula la tour qu'elle venait de faire, les sourcils froncés, avant de recommencer.

-Un jaune pour le soleil, un bleu pour le ciel, un vert pour les arbres, un jaune pour le soleil, un bleu…

Elle joua à cela jusqu'au midi, puis Esmée la fit manger. On aurait dit une toute petite fille, à qui il fallait donner la becquée presque, et Esmée se désolait.

-Bella, pourquoi ? Pourquoi es-tu comme cela ?

Mais ma tendre Bella regardait notre mère d'un air perdu, et semblait chercher une réponse toujours différente.

-Parce que les oiseaux volent ?

Esmée secoua la tête, désolée. De rage, je fonçai dans le salon et m'en prit au premier objet que je croisai : la télé. Je donnai un violent coup, faisant voler la télévision à travers la pièce, et l'objet alla s'écraser contre le mur.

Après le repas, Bella s'installa à la table de la salle à manger et passa son après-midi à dessiner, tout et rien, souvent des gribouillis sans queue ni tête. Emmett avait enlevé la télé, et m'avait demandé de me calmer. Au coucher du soleil, Rosalie et Alice la prirent en charge pour lui faire prendre une douche, mais on entendit vite des cris.

-Que se passe-t-il ? Demanda Esmée, affolée d'entendre Bella hurler devant le jet d'eau.

-J'ai allumé l'eau, expliqua Alice tandis que Bella pleurait dans les bras de Rose, et Bella a dit : « Serpents ! ». Depuis, elle pleure, et refuse d'entrer là-dedans.

Esmée me fit sortir, mais je les entendais, caché derrière la porte. Voir ma fiancée, mon amour, dans cet état était pire que tout, mais au moins, elle vivait. J'entendis ma mère parler à ma fiancée.

-Regarde Bella, c'est de l'eau. Touche, tu vas voir…

Dans son esprit, je vis Bella avancer timidement la main, craintivement, mais quand l'eau la toucha, elle soupira.

-Ça ne fait pas mal, n'est-ce pas ? Maintenant, entre… Veux-tu que Rose t'accompagne ?

-Mais…Protesta celle-ci.

-Je vais y aller, se proposa Alice.

Voulant leur laisser un peu d'intimité, je m'écartai, fuyant leurs pensées. Je courus jusque dans les bois, là où leurs esprits ne m'atteignaient pas. Je donnai un coup dans le premier arbre venu, puis un second, puis un autre, calmant ma fureur, jusqu'à ce que Jasper vienne et me calme grâce à ses pouvoirs.

-Edward… Arrête, ça ne sert à rien…

-Mais Jasper ! Tu ne vois donc rien ?

-Si, que tu détruis la forêt. Calme-toi, Carlisle trouvera un remède.

Je me laissai aller au sol, sanglotant.

Pauvre Bella… Comprenait-elle son état ? Se voyait-elle comme nous la voyions ? J'espérais fortement que non, sinon quelle torture ! Soudain mon téléphone sonna, et Rose se mit à parler rapidement.

-Edward, viens vite ! Elle te réclame !

Je filai, comprenant que c'était urgent, et je trouvai Bella criant après moi, tenue par Alice, tandis que ma fiancée se débattait pour lui échapper. Quand elle me vit, Bella cessa de s'agiter.

-Edward.

Une simple constatation : j'étais là, tout allait bien. Enfin je suppose. Alice la lâcha, et reçut de la part de Bella un regard noir. Après cela, l'amour de ma vie s'élança dans mes bras.

-Tu m'as tant manqué !

Je la serrais contre moi, lui faisant comprendre qu'il en était de même pour moi. Cet instant ne durerait pas, je le savais, aussi en profitai-je un maximum. Alice, Rose et Esmée étaient parties, et je ne savais où étaient mes frères. J'emmenai Bella jusque sur le lit et je la couchai contre moi.

-Dis-moi Bella, sais-tu ce qu'il se passe ? Te souviens-tu de quelque chose ?

-Oui, d'Ivan… Il m'a fait du mal Edward, beaucoup de mal… Mais le vilain loup l'a mangé, et les chasseurs ne le trouveront pas !

Elle parlait de plus en plus bas, de façon de plus en plus lente, et j'en conclus qu'elle s'endormait. Avant, je voulais savoir quelque chose.

-Bella, nous reconnais-tu ?

-Oui, vous êtes les gentils chasseurs.

-Et as-tu mal ?

-Parfois… Mais quand tu es là, je vais mieux…

Elle n'ajouta rien mais son rythme cardiaque parlait pour elle : elle avait enfin trouvé le sommeil, à 01 h 28 du matin. Cette journée avait été longue, et la prochaine risquait de l'être aussi.

Pov Carlisle

Tout le monde était parti chasser, et je restais seul avec Bella. Celle-ci dormait, mais son sommeil était troublé. Ma fille avait sombré dans la folie, sans que je sache pourquoi, et encore moins comment l'en sortir !

Je décidai d'appeler Aro, pour voir s'il pouvait nous aider à sortir de cette impasse, mais il fallait jouer fin jeu : en aucun cas cette aide ne devait contraindre Bella. Le téléphone ne sonna que deux fois avant qu'Aro ne décroche : je savais à quel moment il se trouverait dans son bureau, connaissant ses habitudes.

-Aro, c'est Carlisle.

-Carlisle, mon vieil ami ! Que me vaut le plaisir ? Bella va bien ?

-Eh bien non, justement. Sais-tu ce qui rendrait folle une personne mordue par un vampire ?

-Je ne comprends pas. Si une personne est mordue, elle devrait être vampire, ou morte.

-Là se situe le problème mon ami. Bella a été mordue, mais elle n'est pas vampire. Au contraire, elle est toujours humaine, mais son esprit semble s'être égaré, et elle est folle, au sens propre du terme.

-En effet, je n'y comprends rien. Je vais faire des recherches, et si jamais je trouve, je t'en avertis. Comment le prend Edward ?

Je savais qu'Aro pouvait avoir bon fond avec ses amis, et j'étais touché de sa sollicitude.

-Mal, tu t'imagines bien. Il est au supplice, et je n'aime pas le voir comme ça.

-Je me demande comment il peut tenir. Vivre avec une humaine, l'aimer… C'est contre nature, et pourtant il réussit.

-L'amour rend tout possible Aro, tu le sais. Maintenant, excuse-moi, j'entends Bella.

Je raccrochais après avoir dit bonsoir à mon ami puis allai voir ma fille. Celle-ci était assise par terre et regardait ses mains, tâchées de sang.

-Bella ?

-Il ne voulait pas… Mais j'avais soif… Il n'a plus mal maintenant…

Je suivis des yeux les traces de sang, pour voir le cadavre d'un écureuil. Je m'agenouillai devant ma fille et lui prit le menton, pour qu'elle me regarde. (A/N : Htray2000 : Merci de ne pas appeler la fondation de BB : j'ai demandé l'autorisation.)

-Bella, as-tu tué cet écureuil ? As-tu bu son sang ?

Elle me regarda, les yeux dans le vague.

-Non, pas moi… Celle qui est en moi… Celle qui veut du sang, encore et toujours… Mais moi je ne veux pas ! Elle est méchante !

Ses yeux dérivèrent derrière moi, comme à la recherche de quelque chose.

-Où est Edward ?

Ou quelqu'un !

-Il va bientôt revenir. Veux-tu l'attendre ?

-Le joueur d'échec a dit que je devais l'attendre, alors la reine attendra son roi. Ou son fou. Où est Edward ?

Je me levai, la tirant doucement vers moi, et la ramenai vers le lit après lui avoir lavé les mains. Elle se laissa coucher sans protester, et se rendormit quelques minutes plus tard, murmurant des phrases sans signification.

Pov Aro

Je fouillais ma bibliothèque, à la recherche d'un livre quelconque pouvant m'aider. Pourquoi une telle fièvre ? Pourquoi prenais-je cette nouvelle aussi à cœur ? Certes, je n'étais pas le seul, parce que Marcus était encore plus bouleversé que moi, plus acharné à trouver une solution. Depuis deux jours, nous n'étions pas sortis, nous nourrissant même dans nos bureaux. Seul Caius nous regardait comme si nous étions fous nous aussi, mais il se contentait de ricaner en nous voyant.

Caius me tira de mes pensées en entrant dans la bibliothèque sans délicatesse.

-Ah mon frère ! Rester enfermé par un si beau temps ! Quel gâchis !

Je le regardais, soupçonneux tout à coup. Pourquoi une telle joie ?

-Caius, viens un instant s'il te plaît !

Il secoua la tête, et c'est à ce moment que je compris : depuis plusieurs semaines, Caius n'avait eu aucun contact avec moi, et pouvait m'avoir caché une chose importante. Je bondis sur lui, posant ma main sur son bras, et là, je vis tout : sa décision de tuer Bella lors de sa visite, puis sa vengeance en lui interdisant notre statut. Je vis aussi la servante qu'il avait payée pour injecter à Bella un poison empêchant le venin de contaminer les cellules, rendant la pauvre Bella folle à lier. Je rugis.

-Traître ! Tu m'as désobéi !

Caius se retira en gloussant.

-Tu ne sauras jamais comment arrêter cela mon frère. Moi-même je l'ignore, et je ne chercherai jamais.

Il partit, courant à allure vampirique. Je fulminai : mon propre frère m'avait trahi, tout ça parce que je lui avais refusé la jolie Bella ! Aussitôt j'appelai Carlisle, et lui expliquai, sous le regard torturé de Marcus.

-Allo ?

Carlisle avait l'air fatigué, mais en fond sonore j'entendais des cris : Bella. Pourquoi prenais-je tant de temps pour elle ? Qui était-elle pour moi ? Pourquoi une telle affection pour elle ?

-Carlisle, c'est Aro. Je sais pourquoi ta future belle-fille est dans un tel état : Caius a empêché sa transformation, à l'aide d'un poison rendant ses cellules insensibles au venin.

-Pas si insensibles, puisqu'elle en est devenue folle.

Il se tut un instant avant de parler à un autre.

-Va la voir, et donne-lui ça. Cela devrait la calmer quelques minutes. » Il revint à moi. « Donc, tout vient de Caius. Et a-t-il un antidote ?

-Malheureusement non. Mais je compte bien savoir ce qu'il a utilisé. Peux-tu faire une prise de sang à Bella ? Peut-être pourrais-je voir quelle sorte de poison il a utilisé ?

-Je lui en ai déjà fait, mais je n'ai rien trouvé de tel.

Soudain Esmée se joignit à la conversation.

-Dans la chambre où a dormi Bella ! S'exclama-t-elle. Un jour, je suis rentrée, et il y avait une humaine avec quelque chose à la main. Sous le lit, il doit y avoir une seringue !

Je vis Marcus sortir en trombe, puis revenir avec ladite seringue.

-C'était exact Esmée. Je vais de ce pas l'analyser, et si je trouve quelque chose, je vous recontacte.

-Merci beaucoup Aro, je te revaudrai cela.

-Mais je n'en doute pas ! A bientôt mon ami !

Je raccrochai pour me mettre au travail : je voulais la sauver, c'était instinctif.

Pov Carlisle

Ainsi, Caius avait tout organisé. Je ne comprenais pas pourquoi certaines personnes adoraient la méchanceté gratuite, mais là n'était pas le problème immédiat.

Je songeais aussi que c'était peut-être ce poison, une sorte de coagulant sans doute, qui avait accéléré le réveil de Bella à Volterra. Ce n'était pas un réveil naturel, mais n'ayant rien remarqué d'étrange, je n'avais pas plus pensé à ce réveil miraculeux. A présent, je devais tout faire pour guérir notre fille.

Pov Alice

Bella était calme, elle regardait la télévision. Nous lui avions trouvé une émission pour enfants, les Barbapapa, qui la maintenait calme, et nous appréciions tous ces rares moments. Esmée était partie accompagner Carlisle à un rendez-vous chez le banquier, Emmett et Jasper étaient partis chasser, et je restais seule avec Edward, Rose et Bella.

Durant des nuits, j'en avais pleuré, blottie dans les bras de mon mari : ma Bella, ma sœur, ma meilleure amie, rendue folle par notre venin, par ce qui aurait fait d'elle notre égale, un vampire. Edward était encore plus malheureux : parfois Bella le rejetait avec une telle conviction que le pauvre pensait que sa fiancée ne l'aimait plus. Mais nous le réconfortions tous : Bella n'était plus elle-même. Nous avions tous arrêtés les cours, et personne ne songeait à s'éloigner trop longtemps : Bella était encore faible, et ses blessures étaient loin d'être guéries. De plus, l'épisode de l'écureuil, que Carlisle nous avait raconté, s'était reproduit, avec un lapin et un corbeau.

En ce moment, j'étais assise sur l'accoudoir du divan, aux côtés de mon amie qui somnolait : durant ces périodes de calme, quand elle somnolait plus précisément, elle semblait retrouver sa personnalité.

-Alice, aide-moi, murmura-t-elle soudain, me tirant de mes pensées. Je t'en supplie…

Puis plus rien : elle dormait. Quelle horreur de se rendre compte de sa déchéance ! J'entendis des pas, avant de sentir l'odeur des loups-garous : Jacob venait aux nouvelles. Il avait été très affecté par la nouvelle, et pensait que c'était notre faute. Après tout, il n'avait pas tort.

-Si Alice, me répondit Edward qui était assis par terre, il a tort. Lui aussi aurait sans doute échoué à la protéger, et il en est conscient, au moins un peu. Mais il ne l'avouera jamais.

-Ça c'est sûr, sangsue, grommela Jacob devant la porte avant de frapper.

Edward alla lui ouvrir, tandis qu'on entendit un grand éclat venant du premier.

-Ah non ! S'exclama Rose, apparaissant sur le palier. Pas encore ce chien ! La maison va encore empester des années !

-Eh blondinette, la ferme, d'accord ? C'est pas toi que je viens voir !

-Heureusement ! Sinon tu n'aurais même pas passé la porte !

-C'est pas fini oui ?

Bella se tenait dans le salon, debout, furieuse. Elle tremblait tant qu'Edward, craignant un malheur, se rapprocha d'elle.

-Vous êtes vraiment méchants ! La Belle au bois dormant s'est réveillée, mais le prince charmant a foutu le camp ! Les escargots se promènent la nuit, mais il fait jour ! Alors taisez-vous ! Vous n'y connaissez rien !

Puis elle éclata en sanglots. Edward la prit contre lui, et elle se laissa faire. Jacob approcha doucement, non sans tirer la langue à Rosalie.

-Crétin, grogna ma sœur en retournant dans sa chambre, se retenant sûrement de claquer la porte.

Pour ma part, j'allai réconforter Bella, en l'entraînant sur un canapé.

-Elle ne va toujours pas mieux ? Demanda le Quileute, peu à l'aise.

-Non, pas d'amélioration, expliqua Edward, assis de l'autre côté de Bella, lui tenant la main. Carlisle sait pourquoi elle est dans cet état, mais il n'a toujours pas trouvé d'antidote.

Jacob soupira en s'asseyant devant le canapé.

-Qu'allez-vous faire ? Je veux dire, allez-vous la gardez à vie comme cela ?

-Bien sûr que non ! S'indigna mon frère. Nous allons tout faire pour la soigner ! Cela va de soi !

-Mais si vous n'y arrivez pas ?

-Que veux-tu que nous te disions ? Que nous allons la tuer si elle nous énerve ? Il n'en est pas question, tu entends Jacob ?

Je m'énervais : Jacob insinuait-il que nous étions des monstres ?

-Non Alice, mais je veux savoir si vous allez l'interner.

-Certainement pas ! Se récria Edward. Nous pouvons l'assumer, et nous allons le faire. N'est-ce pas ma Bella ?

Celle-ci le regarda, à première vue perdue.

-Si tu veux, répondit-elle simplement. Mais je ne veux pas en manger.

Edward sourit tristement : la voir ainsi lui faisait mal, et à moi aussi.

-Mon père voudrait la voir. Il connaît quelqu'un qui dit communiquer avec les esprits, et il parviendra peut-être à quelque chose.

-Ça fait mal ?

-Non Bella, aucun mal. Ne t'inquiète pas, je suis ton ami, tu le sais, n'est-ce pas ?

Elle hésita avant d'acquiescer, puis elle posa la tête sur l'épaule d'Edward, visiblement prête à se rendormir. Elle ferma les yeux et rapidement sa respiration devint régulière.

-Tu as de la chance, commença Edward, elle est calme depuis deux jours, mais cela nous inquiète : elle dort de plus en plus.

-Que craint Carlisle ?

-Que le poison utilisé, car il s'agit bien d'un poison, ne soit en train de détruire ses cellules, ce qui entraînerait…

-De graves conséquences, terminai-je, ne voulant pas entendre le verdict.

-Oui, continua mon frère. Je n'ai pas mentionné le poison devant Bella, parce qu'elle devient violente dès qu'elle entend ce mot. Nous ignorons pourquoi.

-Peut-être en est-elle consciente, et qu'elle refuse de l'accepter, suggéra Jacob.

-Possible. Quoiqu'il en soit, nous faisons tout pour qu'elle reste calme. Son dernier accès de violence lui a valu une belle cicatrice au niveau du coude.

-Comment ça ?

-Elle a voulu casser la table en verre, ou plus exactement elle a réussi, avec son poing. Elle s'est rentré un morceau de verre dans le coude. Jasper a réussi tant bien que mal à se contenir, mais Emmett a eu plus de mal. Finalement, Carlisle et Esmée ont tout nettoyé, et Bella a été soignée.

Pov Jacob

Je regardais Bella dormir : elle paraissait si fragile, tellement pâle et faible… Edward et Alice me racontèrent encore quelques anecdotes, puis je repartis chez moi, non sans les remercier.

-Nous ne pouvons la déplacer, me dit encore Alice, mais si ton père veut la voir, il peut faire le trajet jusqu'ici. Au fait, Seth est passé la semaine dernière.

-Je sais. Sam l'a bien engueulé, mais il reviendra, à n'en pas douter. Il dit qu'il ne sait pas pourquoi, mais la vie de Bella lui tient à cœur. Comme à moi.

-Et comme à tous ceux qui ont posé les yeux sur elle, compléta Alice.

-Tu te décides à partir, oui ?

Cette douce phrase avait été prononcée par la plus que charmante Rosalie. Oh mais pour qui se prenait-elle, celle-là ?

-J'attends que tu meures sur place !

Je sortis, non sans lancer un clin d'œil à la jeune Alice. Finalement, elle et son frère, Edward, étaient assez sympas, bien qu'Edward m'ait l'air un peu trop suffisant. Elle éclata de rire et je filai, après un dernier coup d'œil à Bella.

Je courus jusque chez moi sous ma forme lupine, pour aller plus vite qu'en voiture, où je retrouvai mon père. Il me fallait moins de dix heures de route ainsi, au lieu de vingt-cinq en voiture.

-Alors ? Demanda Billy à peine le seuil passé.

-Son état n'a pas évolué, expliquai-je en sortant un soda, puis en m'asseyant à table. Le docteur pense savoir d'où ça vient, un genre de poison, mais il n'a pas de solution pour le moment. Tout ce qu'ils savent, c'est que c'est à cause de ce satané venin. Si elle avait été avec nous…

La canette que je tenais explosa : sans m'en rendre compte et sous l'effet de la colère, j'avais serré trop fort. Le liquide sucré se répandit sur mes mains puis dégoutta sur le sol et la table, au grand mécontentement de mon père.

-Tu nettoieras ça. J'essayerai d'aller la voir, mais bon, vu la distance… Tu leur as parlé du traité ?

-Non, pas encore. Mais je suppose que Seth aura la langue trop pendue, et qu'il le fera.

Je baillai longuement avant de me lever.


Une réaction ?

Eh oui, Emmett a encore failli craquer... Mais il a résisté !

J'attends vos avis, et je vous dis à la semaine prochaine ! (Dimanche normalement)

Bisous