Bonjour à toutes !

Un million de merci pour vos reviews ! Visiblement la solution de Carlisle ne fait pas du tout l'unanimité parmi vous ! Merci à Clairouille59, htray2000, Yukina21, calimero59, Asuna93, xenarielle93, Xukette, aelita48, bellardtwilight, Stella82, Miss Sadique, Ysoso03, choukinette76, Maru-chan8 et Mnomina pour vos réactions !

Merci aussi aux non-inscrites :

aussidagility : Je me doute que tu n'aimes pas, mais je ne fais jamais rien sans une conséquence. Je te laisse lire sans en divulger plus ! Merci pour ta review.

vanessa : Merci quand même de venir lire, même si tu n'aimes pas Jacob ! Il n'est pas si méchant... Merci pour ta review.

popo : Oui, ce sera mal perçu par la famille, surtout Ewdard. Merci pour ta review !

Trêve de blabla, je vous laisse lire la suite !

Les personnages appartiennent à l'univers de Stephenie Meyer. Merci à Evelyne-raconte !


Chapitre 20 : Chez les Quileutes

Pov Jacob

Je voulais aider Bella. Pas seulement parce que je l'aimais beaucoup, mais parce que j'avais besoin de réparer ce viol, que j'avais certes commis contre mon gré, mais que j'avais quand même commis.

-Je vous promets de prendre soin d'elle, dis-je tandis que Carlisle demandait à Bella de venir avec moi.

-Dès qu'elle va mieux, ramène-la. Tu sais à quel point elle aime Edward, et ce qui s'est passé, avec Ivan…

-Je comprends. Je vous assure que tout ira bien.

Je pris la main de Bella, sa valise dans l'autre main, et nous allâmes à la voiture. Je la fis monter à l'avant de mon pick-up, puis mis la valise à l'arrière.

-Dis-lui au revoir ma belle.

Bella salua, comme une enfant, puis regarda droit devant elle, prête à partir. Je mis le contact, l'effrayant un peu, puis nous partîmes. Le début du trajet se fit en silence, puis je commençai : j'avais besoin de dire tout haut ce que je pensais tout bas.

-Ah Bella ! J'ai tellement peur que ces fichues piqûres ne marchent pas ! Quand je te vois, je n'ai qu'une envie : te protéger, de tout et de tout le monde…

-Tu aimes les oiseaux ?

-Non Bella, je ne pense pas être amoureux. Mais je suis juste… très attiré. Pas de manière perverse ou sexuelle, non, mais je ne saurais pas qualifier cette attirance. Elle est là, c'est tout. Mon père va m'en vouloir à mort de te ramener, mais il comprendra que je fais ça pour ton bien.

-Où est Edward ?

Sa voix était paniquée. Comprenait-elle ce que je disais ?

-Il n'est pas loin. Je te rendrais à lui, si tu guéris, mais tout à l'heure, tu m'as semblée si faible face à eux… S'il t'arrivait quelque chose, tu serais morte avant de t'en rendre compte.

-Comme l'écureuil ?

-Oui, comme lui. J'ai compris mon malaise loin de toi tout à l'heure. Maintenant, essaye de dormir, le voyage risque d'être long.

-Et Edward ?

-Tu le reverras, ne t'inquiète pas.

Elle tourna son visage vers la fenêtre, m'empêchant de voir ses traits, mais je suis sûr qu'elle pleurait.

Pov Carlisle

J'avais agi au mieux pour Bella, du moins je l'espérais. Si ce n'était pas le cas, il me faudrait réparer mes erreurs. Il n'empêche, j'étais persuadé avoir raison.

Les autres rentrèrent peu après. Edward fut le premier à remarquer l'absence de Bella.

-Où est-elle ? Me demanda-t-il.

-Avec Jacob. Attends !

Il commençait à partir, les traits tordus de fureur, mais je le retins de justesse par la chemise.

-Réfléchis. Je t'ai vu tout à l'heure, te pencher pour la boire. Avoue que tu en mourrais d'envie.

S'il cherchait à se dégager, après ma dernière phrase il cessa tout mouvement.

-Tant que Bella n'a pas toute sa lucidité, nous ne pouvons nous permettre de mettre sa vie en danger. Nous ne l'avons que trop fait. Tu as remarqué comme ses réactions étaient plus violentes depuis que nous lui donnons l'antidote ? Je fais ce que tu ne fais pas assez : réfléchir à TOUTES les conséquences. Jacob m'a donné sa parole : dès que Bella ira mieux, elle reviendra.

Mon fils se dégagea et partit en trombe dans sa chambre, sûrement pour ruminer, non sans insulter tout bas Jacob et mes idées.

-Elle reviendra, c'est sûr ? Quémanda Alice de sa voix enfantine.

-Sûr et certain, répondis-je sincèrement. Préparez-lui un retour en beauté, c'est tout.

Alice, accompagnée de Jasper, Rose et Emmett, montèrent également dans leurs chambres, la tête basse. Ils n'étaient pas d'accord, mais au moins leurs réactions étaient moins violentes que celle d'Edward.

Pov Edward

J'avais mal au cœur, si tant est que j'en avais encore un. Bella était partie et n'avait rien dit, n'avait pas protesté. Je voyais son départ dans l'esprit de Carlisle, et elle avait réagit comme si elle partait en promenade. Et son sourire… L'oreiller que je tenais dans mes mains explosa sous ma fureur : Carlisle n'avait pas le droit de me faire ça ! M'enlever la seule personne qui comptait vraiment, la donner à ces chiens dégoûtants et puants ! Jacob m'avait enlevé ma femme, et j'étais persuadé qu'il la retiendrait même une fois guérie D'ailleurs je ne comprenais pas Carlisle : pourquoi avoir fait cela ? Nous nous étions bien occupé de Bella depuis son arrivée, quels que soient les problèmes qu'elle avait. Soudain Carlisle fut à ma porte, me demandant silencieusement l'autorisation d'entrer.

-Oui ? Grognai-je, peu affable.

-Je voulais te voir Edward. Je sais que tu m'en veux, mais ne comprends-tu pas ? Bella ne guérit pas ici, et je me demande si justement nous ne faisons pas quelque chose de mal.

-Non ! C'est en la laissant à ces chiots inconscients que tu la mets en danger !

-Ecoute-moi ! Tonna Carlisle tandis que je m'avançai vers lui en grognant.

C'était ma deuxième vraie rébellion, et Carlisle savait jusqu'où elle pouvait me mener : des erreurs monumentales, comme boire du sang humains.

-Il faut un électrochoc à Bella, pour que sa raison revienne. C'est ma théorie, et Aro l'approuve. Si Bella est coupée de ton contact, m'est avis qu'elle va vite retrouver sa lucidité, et tout redeviendra comme avant. Laisse-lui du temps. De plus, cette pause te fera du bien : tu devenais trop possessif envers Bella. Combien de fois as-tu grogné sur nous parce que nous voulions t'aider ?

Je baissai la tête : il avait tellement raison ! Mais je voulais juste la protéger. C'était ma future femme après tout !

-Je sais que tu veux bien faire, mais tu as tendance à trop t'emporter. Prends le temps de réfléchir Edward, c'est important. Tiens, le numéro de téléphone des Black. Jacob a dit que tu pouvais les appeler à n'importe quelle heure. Il tient à Bella lui aussi, et à son bien-être. Bella a en elle quelque chose qui fait qu'on ne veut que son bien, quelle que soit la manière de s'y prendre. Il te la rendra, j'en suis persuadé. Maintenant, calme-toi, et pense à autre chose.

Je hochai la tête, en songeant que c'était impossible : chacune de mes pensées était tournée vers Bella, et ne pas penser à elle revenait à me tuer. Depuis qu'elle était entrée chez nous, depuis que je l'avais vue, allongée sur le canapé, faible et innocente, je l'aimais, et mon esprit ne pouvait plus se détacher d'elle. Mais j'allais essayer d'écouter Carlisle.

Pov Billy

Jacob venait d'arriver avec la jeune Bella. Celle-ci était méconnaissable : maigre, blafarde, faible, apathique, et réclamait Edward. Jacob avait été faire un rapport à la meute, et m'avait confié la jeune fille. Elle était assise sur le canapé, les genoux sous son menton, se balançant d'avant en arrière.

-Où est Edward ? Il faut qu'Edward vienne. Je vous en supplie !

Elle leva vers moi des yeux suppliants qui me firent mal. Voir ainsi Bella, la fille de mon meilleur ami, était dur pour moi : je l'avais connue, toute petite, pleine de vie, joyeuse, et très mature pour son âge.

-Ne me regarde pas comme ça Bella. Il vaut mieux pour toi rester avec nous un petit moment, je t'assure. Tu veux un chocolat chaud ?

Je savais qu'elle aimait ça, étant petite, et je supposai que ses goûts n'avaient pas changé.

-C'est Esmée qui fait le chocolat. Esmée qui le fait…Où est Edward ?

-Il est chez lui. Regarde-moi Bella !

Elle m'obéit, plantant son regard dans le mien.

-Tu vas rester avec nous quelques jours, et Edward ne viendra pas.

-J'ai été méchante ?

-Non, bien sûr que non !

J'avais l'impression de parler à une enfant, mais je supposai que je devais m'y habituer. C'est à ce moment que le téléphone sonna : Edward Cullen bien sûr !

-Bonjour Mr Black. Puis-je parler à Bella je vous prie ?

-Bien sûr ! Bella, viens ici s'il te plaît.

Elle s'exécuta et me prit l'appareil des mains.

-Edward ? … Oh Edward, viens me chercher ! … Non, mais je veux être avec toi ! J'ai été méchante, et le loup est venu me chercher, mais je ne veux pas qu'il me mange !

Elle pleurait à présent et s'agrippait au téléphone.

-D'accord Edward, fit-elle après une pause plus longue que les autres. Monsieur, c'est pour vous.

Elle me passa le combiné après avoir dit au revoir à son amoureux.

-Mr Black ? Bella ne va pas mieux on dirait.

-Ça ne fait qu'une demi-heure qu'elle est là. Laissons-lui quelques jours. Je lui ferais l'injection ce soir, c'est ça ?

-Oui. Vous saurez vous y prendre ?

-Bien sûr !

Pour qui se prenait-il, ce buveur de sang, pour nous croire incapable de faire une piqûre ?

-Je vais vous laissez, Mr Black. Transmettez tout mon amour à Bella.

-Je n'y manquerai pas.

Je raccrochai, sans même lui dire au revoir. Je laissai Bella regarder la télévision jusqu'au soir, où je lui fis à manger puis je lui injectai le produit. Elle s'endormit peu après.

Pov Bella

Je m'éveillai d'un cauchemar, aucun doute. J'avais encore les yeux fermés, et déjà je savais que ce n'était pas un réveil commun. Mon rêve, mon cauchemar plutôt, avait duré si longtemps, avait été si réel ! J'avais été séparée d'Edward, enfermée par les Quileutes, pour je ne sais quel motif. Combien de jours avait duré mon sommeil ? Et depuis combien de temps étais-je là ?

-Bella ?

Je sursautai en ouvrant les yeux : Jacob Black était là, à côté de moi, me caressant la joue.

-Alors ce n'était pas un rêve ? Murmurai-je, les larmes aux yeux.

-Je crains que non ma belle. Te souviens-tu de quelque chose ?

-Je me souviens… d'avoir été enlevée, puis d'avoir eu mal. Ensuite, c'est le trou noir, un vide immense. Que m'est-il arrivé ? Pourquoi je me sens si faible ?

-Il s'est passé quelque chose… mais je ne sais pas si je suis le mieux placé pour t'en parler. J'appellerai le docteur Cullen.

Je me redressai d'un bond, sentant que le néant me reprenait.

-Où est Edward ?

-Nous sommes à Forks, et…

Je n'en entendis pas plus : le noir se fit à nouveau, pour longtemps.

Pov Seth

J'avais été chargé de garder Bella. Le docteur Cullen devait arriver d'une heure à l'autre, parce que Bella avait montré un moment de pleine lucidité, mais ça avait été de courte durée. Je plaignais Edward : avoir vu sa fiancée si diminuée, ressemblant à un enfant ! En ce moment, Bella jouait avec les cubes de mon frère dans le salon de ma mère, et ce jeu semblait lui plaire, d'autant que je jouais avec elle.

-La maison brûle, dit-elle tout à coup, reprenant son bavardage incohérent. Mais le boulanger est arrivé trop tard, et les croissants sont brûlés. Tu aimes les croissants, monsieur ?

-Oui, beaucoup.

-Alors je lui demanderai de t'en donner un. Où est Edward ?

Elle regarda à droite, à gauche, avant de renifler et laisser échapper une larme.

-Pourquoi suis-je si vilaine ? Chuchota-t-elle, ses larmes coulant de plus en plus.

-Tu n'es pas vilaine Bella. C'est pour ton bien.

-Mais je veux être avec lui ! Lui aussi, il aime les croissants.

-J'en doute.

J'appréciais assez les sangsues, comme les appelait le reste de la meute, mais pas assez pour ne pas leur reprocher l'accident. C'était à cause d'eux si Bella était dans cet état.

-Mais si, il me l'a dit. Enfin je crois. Ou il aime le boulanger. Ou la marmite des croissants. Une fois, j'ai vu une marmite grande comme ça !

Et elle joignit le geste à la parole, se cognant contre un des fauteuils.

-Ouille ! S'exclama-t-elle. Dis, monsieur, il vient quand Edward ?

Pov Carlisle

Je roulais vite, pour arriver au plus tôt. Bella avait enfin eu la première amorce de guérison : un instant de vraie lucidité, c'est du moins ce que disait Jacob. Plus que trois heures, et j'arriverais enfin ! Edward avait été à la limite de l'hystérie d'apprendre qu'au bout de deux jours, elle avait fait plus de progrès qu'en cinq chez nous. Alice était à mes côtés : il n'y avait qu'à elle à qui j'avais donné l'autorisation de venir avec moi, pour deux raisons : elle savait bien se retenir face aux loups, et pourrait peut-être avoir une vision. Mais pour moi, une chose était certaine : Bella était presque guérie.

Seth nous attendait à la frontière, pour nous conduire auprès de Bella, Jacob étant au lycée. Alice et moi nous laissâmes guider par le jeune adolescent à travers la forêt pour déboucher sur la place, que nous suivîmes jusqu'à arriver à un espace rempli de maisonnettes. Celle de Seth était la plus grande.

-Ma mère est partie faire des courses, et ma sœur est au lycée. Nous serons tranquilles.

-Merci.

Dès qu'elle me vit, Bella cessa son activité et se jeta dans mes bras.

-Papa !

Je ne pus m'empêcher de sourire : elle ne m'avait jamais appelé ainsi, et je craignais de ne pas avoir de place dans son cœur, mais visiblement je me trompais. Après m'avoir embrassé rapidement, elle courut voir Alice.

-Grande sœur !

-Eh bien ma Bella, tu es en forme ! Répondit la concernée. Tu es toute jolie !

-Il faut remercier Jacob. Il passe une demi-heure tous les matins pour lui choisir ses habits ! Une vraie fille !

Seth se mit à rire, et Bella, bien qu'ignorant la raison de son hilarité, se joignit à lui, avant de dire, très sérieusement :

-Qu'est-ce qui est drôle ?

-Rien Bella, rien, répondis-je. A première vue, sa lucidité est repartie.

-Oui, répondit Seth, sérieux tout à coup. Mais elle peut revenir, non ?

-Oui, bien sûr. Alice et moi resterons à Forks quelques jours, et si elle retrouve à nouveau la raison, téléphonez-nous immédiatement.

-D'accord.

Alice jouait à présent avec Bella, tandis que je discutais avec Seth. Je décidai de rester encore quelques minutes. Nous regardions les filles jouer quand tout à coup, Bella saisit le bras d'Alice.

-Alice ?

-Oui ?

-Comment va Edward ?

Sa voix avait encore changé, et n'était plus la voix monocorde de la folie.

-Il t'attend ma Bella, comme nous t'attendons tous.

-Merci… Tu aimes les avions ?

-Oui, j'aime beaucoup.

Alice se tourna vers nous, l'air désespéré.

-C'était un moment de lucidité, ça ?

-Oui, répondis-je. Elle a pensé à Edward, et non à elle. Je suis heureux d'avoir vu du changement. N'oublie pas Seth : préviens-nous, même si ça ne dure que quelques secondes, comme maintenant.

Il acquiesça, et Alice et moi partîmes en direction de la voiture, laissée à la frontière des deux territoires.

Pov Edward

J'avais été heureux d'apprendre que Bella allait de mieux en mieux. Si ça se trouvait, Carlisle et Alice la ramèneraient avec eux à leur retour. Je lui avais téléphoné, mais elle n'avait pas retrouvé la raison.

-Franchement Edward, ressaisis-toi ! Rester dans cette chambre ne la ramènera pas, et la laisser à ces chiens puants est la pire des idées de Carlisle !

-Je suis d'accord avec toi Rose, mais Carlisle serait mécontent de nous, et cela je ne le veux pas. En plus, sa théorie se révèle juste.

-N'importe quoi ! Renifla-t-elle.

Elle sortit, en furie, pour ne pas changer de ces trois jours. Esmée entra à son tour, les habits de Bella lavés et repassés en main.

-Tu vas t'enraciner là Edward. Va chasser !

-Pourquoi ? J'aime rester là, son parfum y est encore.

Esmée sourit, indulgente.

-Je veux bien te croire, mais lorsqu'elle reviendra, que crois-tu qu'il se passera ? Trois jours, c'est long, et elle n'est pas revenue. Si elle rentre demain, ou le jour d'après, ou dans une semaine, seras-tu sûr de tenir contre son sang ?

Je la regardai, outré qu'elle pense cela de moi.

-Bien sûr que oui ! J'y suis habitué !

-Non, tu y ETAIS habitué. Son odeur s'efface, tu ne peux le nier. Moi-même, je ne suis pas sûre de résister. Que penserais-tu si je te disais que Carlisle m'a avoué, tout à l'heure, avoir été tenté à nouveau ? Si même lui a eu un instant de faiblesse, qu'en sera-t-il de nous ? Te souviens-tu de ta violente réaction à son arrivée ?

-Mais c'est différent !

-Oui, le sang de Bella t'attire encore plus que nous. Alors prends tes précautions !

Elle avait peur de faire un faux pas, je le voyais, et craignait de tuer celle qu'elle considérait comme son enfant, qu'elle avait osé abandonnée aux loups.

-Tu ne l'as pas abandonnée, repris-je, tu lui as permis de guérir. Et tu seras forte, j'en suis sûr, face à son sang.

Esmée posa une main sur mon épaule.

« Merci Edward. Tu es mon premier fils, et je suis tellement fière de toi ! »

Puis elle sortit, laissant son parfum planer dans l'air.

Pov Jacob

Je revenais du lycée quand je vis Bella, hurlant, qui venait vers moi. Je l'interceptai, et elle se cogna violemment contre mon bras.

-Laissez-moi partir ! Criait-elle. Le méchant veut m'attraper et me manger avec des araignées !

Je la maintins, l'empêchant de se cogner aux arbres. Seth arriva en courant, se tenant la tête.

-Elle m'a assommé, se plaignit-il. Elle a hurlé quelque chose comme : « Ivan », puis a fait un drôle de truc, comme les épileptiques, et elle a pris le lampadaire pour m'assommer.

-Qui aurait cru qu'une fille était plus forte qu'un Quileute ! Ricanai-je, me moquant bien de lui, pendant que Bella cherchait à me donner des coups de pieds en continuant de hurler tandis que je la maintenais contre moi.

-Bon, qu'est-ce qu'on fait ?

-Il y a bien une sangsue dans le coin, non ? Eh ben on l'appelle !

Je mis Bella se débattant sur mon épaule, la tête en bas, puis nous nous dirigeâmes vers chez moi tandis que Seth appelait le toubib. Ensuite, je jetai Bella sur le lit : il faut dire que j'étais énervé contre moi-même, pour n'avoir pas empêché Leah de ne pas se transformer si près du lycée un peu plus tôt dans la journée. Bella continua à crier, tandis que Seth et moi la maintenions sur le lit. Elle ne faisait que répéter la même chose.

-Ivan ! Ivan est là ! Ivan ! Je l'ai entendu ! Non, pas Ivan ! Laissez-moi, Ivan va m'attraper !

Soudain le docteur Cullen arriva, tenant à la main une seringue prête à servir. Alice vint nous aider tandis que le docteur injectait des tranquillisants dans le bras de notre amie.

-Cela devrait la faire dormir quelques heures. Que s'est-il passé ?

Seth leur raconta, et nous nous mîmes à chercher le pourquoi du comment.

-Comment peut-elle l'avoir entendu ? Dit soudain Alice. Il est mort !

-Peut-être simplement dans sa tête, répondit Seth. Elle est folle, après tout.

-C'est vrai, concéda Carlisle. Laissons-la dormir, nous comprendrons peut-être à son réveil.

Ils sortirent, s'excusant de ne pas supporter l'odeur, puis regagnèrent la forêt pour chasser.

-Beurk ! S'exclama Seth. Boire du sang ! Je ne pourrais jamais être une sangsue ! Quand je pense que Bella veut être comme eux !

-C'est parce qu'elle est faible, répondis-je. Si elle était comme nous, elle changerait peut-être d'avis.

Je remontai pour la regarder dormir, ordonnant à Seth de rentrer chez lui.

-Appelle-moi s'il y a du nouveau.

-Je n'y manquerai pas.

Pov Bella

Je rêvais, sans aucun doute. Tout ça ne pouvait être vrai. Et pourtant, une petite voix me disait que si. Je me voyais folle, incapable de dire que j'étais là, qu'une part de moi était lucide. C'était la première fois que ça me faisait ça, et je compris que c'était cela, ces périodes d'obscurité.

-Elle va se réveiller, chuchota Alice. Elle nous entend déjà. N'est-ce pas Bella ?

Je lui serrais la main, lui prouvant qu'elle avait raison. Mais j'étais trop abrutie par une sorte de pression pour ouvrir les yeux, pour parler. Une chose m'aurait aidé, un être, mais il semblait ne pas être là.

-Edward… tentai-je de dire, mais je crois que mes mots se perdirent avant de trouver le chemin de ma bouche.

-Tu le verras bientôt Bella, répondit Carlisle. Ouvre les yeux s'il te plaît.

J'essayai de lui obéir, en vain. Pour toute réponse, je secouai la tête.

-C'est encore trop tôt, diagnostiqua le médecin. Elle a besoin de quelques minutes supplémentaires.

J'entendis un bruit de chaise raclée, puis plus rien. Le silence était le bienvenu, sachant que chaque son était amplifié. J'avais l'impression que Carlisle et Alice avaient crié, bien que j'imagine que ce n'était pas vrai. Le tic-tac à côté de moi égrenait les secondes, m'empêchant de me concentrer sur autre chose. Enfin, je sentis mieux la main d'Alice, et je décidai de faire un effort ultime pour ouvrir les yeux. Et j'y parvins, peu à peu.

-Bravo Bella, me félicita Carlisle d'une voix douce. Comment vas-tu ?

-Bien, je crois, répondis-je d'une voix faible. Que s'est-il passé ?

-Tu as eu un moment de délire, mais c'est en train de passer. Te souviens-tu que tu as parlé d'Ivan ?

J'avalai durement ma salive : oh oui, je m'en souvenais ! Il m'avait parlé, il avait percé mon esprit, et m'avait dit que j'étais folle. C'est ce détail qui me disait que je rêvais. Il m'avait montré ce que j'étais devenue, dans quel état j'étais, me faisant sortir du néant où j'étais si bien.

-Te sens-tu mieux ?

J'acquiesçai lentement. Mieux que quoi pourtant ? Je voulus me redresser mais Alice m'en empêcha.

-Reste encore un peu allongée, me conseilla Carlisle, c'est mieux, sinon tu vas te sentir nauséeuse.

J'obéis, et le calme revint. La porte s'ouvrit, et je reconnus les pas de Jacob sans même regarder la porte.

-Elle est réveillée, constata-t-il. Elle va mieux ?

-En tout cas elle est lucide, répondit Carlisle. C'est déjà ça ! Dis-moi Bella, combien vois-tu de doigts ?

Me prenait-il pour une imbécile ?

-Un seul. Pourquoi ?

Tout à coup, il sembla gêné. Y avait-il plus grave qu'une « petite démence »?

-Eh bien… Lors de ton coma à Volterra, l'un des Volturi a voulu ta perte, et t'a fait injecter un poison, qui a infecté tes cellules. Lorsqu'Ivan t'a mordue, tu… es devenue folle.

-Folle ? Pourquoi je ne m'en souviens pas ?

-Je ne sais pas. Peut-être parce que ton cerveau n'était pas tout à fait en cause. Quoiqu'il en soit, tu es restée plusieurs jours dans cet état, sans qu'on comprenne ni ne trouve un contrepoison. C'est Aro qui a découvert la machination, et je me suis rendu en Italie pour trouver un remède. Nous t'avons injecté l'antidote, plusieurs doses, mais tu ne semblais pas réagir, alors j'ai pensé qu'un changement d'environnement serait bénéfique. La séparation avec Edward est, j'en suis sûr, la principale cause de ta guérison. C'est une sorte d'électrochoc.

-Mais je vais pouvoir le revoir, n'est-ce pas ?

-Bien sûr ! Mais d'ici quelques jours, le temps que tu ailles totalement mieux. Je ne voudrais pas voir mes efforts réduits à néant.

-Et pour Ivan ?

-Un sursaut de ton esprit malade, je suppose. Mais tu seras vite guérie.

-Vous restez avec moi ?

Je n'avais pas envie de les voir partir, et me retrouver seule avec Jacob, en étant consciente de ce fait.

-Nous serons à la villa, pas très loin. Nous allons te laisser te reposer, d'accord ?

-Non !

Je m'agrippai à la main d'Alice, refusant de la voir partir sans moi. Ils avaient été là pour moi jusqu'à maintenant, j'avais encore trop besoin d'eux.

-Ne t'inquiète pas Bella, nous serons toujours là, ne t'en fais…

Le néant s'empara de moi, sans que je puisse rien y faire.

Pov Alice

Bella était retombée dans l'inconscience, et je supposai qu'à son réveil, elle ne serait plus lucide. Nous sortîmes avec Carlisle, et partîmes en direction de la frontière, mais fûmes interceptés avant d'y arriver.

-Tuez-les !

Une bande de loups-garous nous sauta dessus, tous crocs dehors. Ils ne voulaient qu'une chose : notre mort.


C'est à nouveau moi ! Bon, Bella commence à guérir. Carlisle a bien fait de la laisser avec Jacob, non ?

Des réactions sur le chapitre ? Sur la fin ? ... A vos claviers, prêts... taper !

A dimanche prochain pour la suite.

Bisous