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Le concours des plus belles déclarations!
Titre de la déclaration: Feuille d'automne
Personnages: Bella & Edward
Disclaimer: Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, seule l'histoire est créée par mes soins. Venez aussi découvrir le Forum Damn-Addict-Lemon à ce lien :http:/ / damn-addict-lemon . forumgratuit . fr/ (enlever les espaces) sur lequel se feront les votes !
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Une grande tempête s'abattait sur la ville ce jour-ci. La pluie tombait à torrent et le vent emportait tout sur son passage. Je pouvais voir les troncs des arbres se brisant sous le souffle rageur que nous subissions.
Face à la baie vitrée de la villa, je contemplais ce spectacle de désolation, comme fascinée. Les feuilles d'automne s'envolaient et voyageaient, sans pourtant ne jamais entrer en collision avec quoique ce soit. Leurs couleurs chaudes envahissaient le paysage d'une manière atypique. Comme si elles régnaient sur le monde, d'une manière éphémère et libre.
Je l'entendis au loin courir avec tranquillité, passant au travers des obstacles de la nature. Comme il l'avait toujours fait.
Plus les secondes s'écoulaient, et plus je le savais proche. C'était à la fois libérateur et oppressant. Mon esprit s'était préparé à ce qui allait suivre, et je pouvais enfin réaliser ce qui se passerait ensuite. Au « futur » que j'avais prévu. Même si tout cela n'était encore qu'un mirage purement spirituel et imaginaire, j'en connaissais la fin.
La porte s'ouvrit et laissa rentrer le vent portant des feuilles et de l'eau de pluie. Certains feuillages volèrent jusqu'à moi avec volupté. Elles venaient même régner jusqu'à nous. Jusqu'à moi.
J'en pinçai une entre mon pouce et mon index avant qu'elle n'atterrisse à terre, sur le dur parquet de bois clair de la villa. Caressant sa peau rugueuse du bout du doigt, j'eus l'impression de détenir entre mes mains du cristal, cristal je ne voulais surtout pas briser.
Alors que mes yeux étaient rivés sur cet élément fragile que je détenais, je le sentis s'approcher de moi avec délicatesse. Son parfum de caramel et de cannelle accourait jusqu'à moi, submergeant la pièce entière.
Il posa une main caressante sur une de mes épaules et fit descendre ses longs doigts sur ma colonne vertébrale. Je fermai les paupières, ne voulant laisser échapper aucune larme et attendant une quelconque réaction corporelle. Un frisson. Des étincelles…
Mais rien ne vint et je me souvins amèrement que rien ne viendrait plus. Jamais.
J'ouvris soudainement les yeux et me dégageai de son emprise, toujours dos à lui. Et je m'approchai de la muraille de verre.
Je devinai son visage rempli d'incompréhension, sa bouche entre-ouverte et ses sourcils froncés. Je ne me tournai pour autant point vers lui, et continuai à fixer ces feuilles qui volaient gracieusement dans le ciel sombre parfois éclairé par les éclairs.
Nous restâmes tous deux muets durant un temps indéfinissable. Durant lequel je m'émerveillai sur la beauté apocalyptique qui s'offrait à moi. Devant ce paysage que j'aurais auparavant dédaigné mais qui désormais me fascinait.
« Bella… quelque chose ne va pas ? »
Sa voix résonna comme une mélodie pure et naïve. Cela aurait pu m'attrister. Cela aurait dû. Savoir qu'il s'inquiétait.
Ou que cela ne m'atteignait plus.
« Tu te rappelles nos premiers temps d'amour ?
-Bien entendu…Je me rappelle chaque moment passé avec toi, Bella… »
Je soupirai et secouai la tête.
« Je crois t'avoir aimé depuis le premier jour où je t'ai vu. Dés que j'ai croisé ton regard noir comme l'encre des écoliers, je t'ai trouvé extraordinaire. Ton corps comme ton âme. Tout autour de toi résonnait merveilleux à mes oreilles… Je me sentais fuir le quotidien fade auquel j'avais toujours eu le droit avant de te connaître. Et même quand tu étais absent, je ne cessais de penser à tout ce que je vivais grâce à toi… Ensemble, nous apprenions à faire face à la nature de chacun. Toi, désirant ardument mon sang, et moi, incapable d'être effrayée pour mon propre bien. Mais… Nous vivions notre premier amour, ne pouvant nous éloigner l'un de l'autre. Ou même vivre l'un sans l'autre.
Cependant, tu m'as tout de même abandonnée ce jour de septembre… Car il était évident pour toi que je n'étais plus en sécurité. Même si j'ai cru que ton amour pour moi avait disparu, j'ai été seule pendant tellement de temps… Seule avec ce trou béant dans la poitrine. S'ouvrant à chaque instant, même lorsque je l'attendais le moins. Qu'importait l'endroit où je pouvais être, seule ou accompagnée, j'avais la sensation de flotter dans un trou noir. Ce saut du haut de la falaise ne signifiait pour moi rien d'autre que l'occasion de pouvoir te voir à nouveau, hallucination faite par mes propres soins. Alice a cru en une autre version… Et toi aussi. Mais je suppose que notre amour vainquait tous les obstacles que la Nature posait face à nous puisque quand tu es revenu avec moi d'Italie, je t'ai laissé pénétrer à nouveau dans mon univers morne. Je ne pouvais pas vivre sans toi, et c'était réciproque. Il me semble que cette visite en Italie n'avait que renforcé cette idée… Et malgré toutes les protestations de Jacob, tu avais repris ta place. Tu étais redevenu celui que j'aimais, celui qui se retenait pour ne me faire aucun mal…
Quand Victoria a voulu assouvir sa vengeance, même si cela demeurait un danger à prendre en considération, je crois bel et bien que nous n'avons jamais douté de notre victoire. Il était pour nous deux tellement évident que jamais rien ne pourrait nous séparer… Et quand tu m'as offert cette bague, cela a été pour moi le signe que peu importait l'âge, peu importait ce que nous étions, ce qui serait toujours le plus fort et le plus réel serait notre amour.
La venue des Volturi après la bataille -après que je me sois entaillée pour te sauver la vie, même si tout avait été échafaudé entre Seth et toi pour que cela ne soit qu'un leurre aux yeux de Victoria– n'avait rien changé non plus.
Alors, le soir même… Je suis allée voir Jacob pour lui dire quel serait mon destin… »
Ma voix s'éteignit, connaissant désormais plus que quiconque la signification de ce mot.
« Je n'avais jusqu'à maintenant jamais deviné que cela scellait mon futur. Mais lui savait. Malgré ses vaines tentatives, Jacob savait que je ne reculerais pas et que je me marierais avec toi…
La cérémonie fut magnifique, comme tout ce qui t'entourait. Et notre lune de miel inoubliable. Je vivais comme dans un rêve… Et on pourrait même dire que ma transformation s'est faite comme naturellement… »
Je baissai les yeux et posai une main sur la gorge, imaginant des sensations que j'aurais eues. Avant. Je pris une inspiration et me tournai vers Edward, accrochant mon regard au sien, qui demeurait perdu.
« Ma vie éternelle a alors commencé. Avec toi et ta famille. Et j'ai vécu heureuse pendant longtemps. Mais est arrivé un moment où j'ai commencé à ressasser toutes les amertumes passées. Les longues nuits sans sommeil m'emprisonnaient dans leur prison de remords. J'échafaudais des élucubrations sur ce qui aurait pu être ou ne pas être…
Et j'en suis arrivée au point où mon amour pour toi et celui que tu me portais ne suffisaient plus à faire disparaître mes ressentiments… »
Edward qui était resté silencieux pendant mon monologue se tendit sous l'effet de mes dernières paroles. Son visage prit un air paniqué et il leva les mains vers moi. Mais je l'empêchai de dire quoi que ce soit, le devançant.
« Tout m'est alors réapparu fade. Mon quotidien, comme ma vie. Je replongeai dans l'ennui… »
Je pris les mains d'Edward dans les miennes et entrelaçai nos doigts.
« Je ne t'en veux pas Edward… Tu as fait des choses merveilleuses pour moi. Tu m'as fait découvrir l'amour… Et mes meilleurs moments sont avec toi. Mais… ils sont derrière moi, Edward. »
Je secouai la tête.
« Je ne suis pas faite pour cette vie. Ni pour celle que j'ai eue dans le passé. Pour aucune. Je n'ai jamais trouvé ma place nulle part. Cela persistait même avec toi, malgré que tu aies amoindri cette sensation… A vrai dire, la vérité est que… Je ne suis pas faite pour… Vivre. »
Je passai une main tendre sur sa joue.
« Je suis lasse. Lasse de tout. Et, si tu me demandais ce qui en était de notre amour, je te répondrais alors que jamais, jamais je n'en ai été malheureuse et qu'il fait partie de ce que j'ai de plus cher… Saches que je t'ai aimé, Edward. Je t'aimais, plus que n'importe qui dans ce monde. »
Edward était abattu par le désespoir, ses épaules affaissées. Mais je pouvais lire dans ses yeux qu'il s'enhardissait dans l'espoir de retrouver mon amour perdu.
« Ne dis rien… »
Je posai mon index contre ses lèvres.
« N'essaye pas de me reconquérir, ou de t'accrocher. Tu as un jour dit que plus jamais tu n'irais à l'encontre de mes désirs… Alors, je t'en pris, respecte celui-ci : Laisse-moi partir. »
Il secoua la tête, m'emprisonnant dans son étreinte de fer. Ses yeux dorés avaient pâli sous sa tristesse. Je pouvais imaginer les larmes coulant sur ses joues s'il avait été humain.
Je pris son visage entre mes mains.
« Je t'ai aimé, Edward. Je t'ai aimé. »
Je desserrai lentement son étreinte sur moi et m'éloignai.
« Mais tu dois me laisser partir… »
Il ouvrit la bouche pour protester, mais j'exerçai une dernière pression sur ses mains en signe de supplique silencieuse.
« Laisse-moi partir. »
Ses traits étaient déformés par la douleur de la perte, mais rien ne me ferait reculer.
Je lâchai ses mains, qui retombèrent le long de son corps.
Je tournai alors les talons, sans me retourner et sortis de la villa. La tempête n'avait fait que devenir plus forte mais je sentais enfin mes poumons s'ouvrir, me permettant de respirer à nouveau. Je n'avais désormais plus qu'une chose à faire. Qui serait facile et rapide.
Je marchai vers la forêt, sous la pluie, suivant le chemin des feuilles reines.
L'amour d'Edward avait régné en moi. Mais à la manière d'une feuille d'automne : Ephémère et libre.
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FIN
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