Et me voilà pour un chapitre 2 ! =) En espérant qu'il vous plaise. Bonne lecture


CHAPITRE DEUX


PART I


Ariana,

Je t'ai observé, admiré, dessiné, imaginé, sans cesse. Je te rêve, toutes les nuits. Depuis si longtemps à présent, que les mois, les jours, les années ne signifient plus rien pour moi. Le temps s'écoule lentement, tellement lentement que mon coeur se fend. Il se fend, se tend, s'étire et se déchire. Ton sourire, véritable ode à l'astre du jour, tes yeux , océans bleutés, seul reflet de ton âme, ta voix, chantante, envoûtante, parfait carillon de l'horloge du paradis... tout en toi me ravit. Je souris. Je ris. Ton image seule me donne un souffle d'espoir innatendu. Aime-moi Ariana. Je t'en prie. Fais-le. Un jour. Lorsqu'il te plaira, j'attendrai. A jamais, j'attendrai un signe de toi, un sourire de tes lèvres rosées, un regard émerveillé qui me ferait savoir que tu t'es décidée. Que tu m'as remarqué. Je suis à toi. Tu m'as emprisonné, capturé, envoûté. Tu m'as jeté un sort si puissant que les mots me manquent. Mon souffle s'accélère, et alors que je sens mon coeur s'emballer, je mets aussitôt des barrières, et je m'en vais. Je m'en vais loin, loin de toi, car te voir est une intarissable torture pour moi. Tu es mon soleil. Ma Lune. Ma reine. Ma perte...Sauves-moi, car sans toi, je mourrais.

L.

Ariana relut la lettre plusieurs fois. Des millions de fois, sans jamais s'en lasser. Son coeur s'emballait, se contractait, et son souffle s'était bloqué dans sa poitrine dès les premières phrases. Il y avait cette chose en elle, ce sentiment, cette sensation qui lui criait que ces mots étaient ceux du jeune homme de ses rêves. Celui-là même qui hantait ses nuits, ses pensées, ses songes les plus profonds, et qui l'obsédait. Oui, il l'obsédait. Bien qu'elle ne pensait pas réellement qu'il existait en chair et en os, cette lettre la faisait espérer. Qui était vraiment cette admirateur, cela, Ariana ne le savait pas, seules quelques hypothèses se formaient dans son esprit troublé. Voulait-elle vraiment savoir au fond ? Toute la magie de cette démarche ne résidait pas dans le secret de son expéditeur ? Probablement. Mais la curiosité tiraillait de toutes parts la jeune fille, si bien qu'elle voulut sortir prendre l'air, se vider l'esprit pour y voir plus clair. Aussi, elle descendit les marches de la salle commune des gryffondors, et traversa d'un pas décidé, mais discret, la pièce pour se diriger avec espoir vers le portrait. Oui, Ariana avait de l'espoir. Beaucoup trop même...

- Ariana..., siffla une voix derrière son dos.

La jeune lionne grimaça, envoya des ondes de colère au Merlin tout puissant, et pesta contre son frère, qu'elle pu admirer en se retournant. Les bras croisés sur son torse parfaitement dessiné, ses cheveux mi-longs retombant de chaque côté de son visage à l'expression mi-amusé, mi-narquoise, il se tenait là, appuyé nonchalamment contre le canapé rouge. Ariana fit un sourire angélique. Il fallait absoluement qu'elle échappe à Calleb si elle voulait avoir ne serait-ce qu'un instant de liberté. Oui, car Calleb, à l'inverse de Callum, n'était pas d'une nature douce et tranquille. Si Callum était comparable au coulis de l'eau d'un joli ruisseau, Calleb , lui, était la pluie fracassante d'une horrible tempête.

- Calleb ! s'exclama-t-elle, souriante. Qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu avais entrainement de Quidditch pour préparer le prochain match ?

Il sourit, toujours partagé entre l'amusement et la moquerie.

- Entrainement reporté, dit-il simplement.

Il n'avait pas bougé, et c'était contenté de regarder sa petite soeur qu'il savait sur le point de fuir la tannière douce et rassurante des lions. Grave erreur ! Quelle grande naïve ! Elle pensait échapper à la vigilance sans égale de ses frères ! C'était pour cela que Calleb n'aimait pas la savoir seule, surtout si tard au soir. Elle était trop naïve, trop petite, trop ... fragile. Ariana manquait avant tout de méfiance, même si son courage était visible, elle restait bien trop jeune pour vadrouiller dans le château sans chaperon. Hors de question qu'une élève de sixième année seulement ait droit aux mêmes libertés qu'une septième année ! En encore, Calleb permettait rarement à ses amies, et à ses relations plus qu'amicales de se pavaner sans protection. Il était, il fallait bien l'avouer, très protecteur ce qui l'emmenait souvent sur les chemins sinueux de la paranoïa.

Ariana se dandina un instant, ses mains se croisant nerveusement dans son dos sans que Calleb ne puisse les voir. Elle se mordit la lèvre.

- C'est vraiment dommage..., souffla-t-elle, interrompant le silence pesant qui s'était installé.

Il fit un sourire en coin, et s'avança vers elle. Il ne s'arrêta que lorsqu'il fut placé à quelques centimètres de sa soeur, observant et analysant ses traits comme les pages d'un livre. A coup sûr, il ne la laisserait pas sortir.

- Où vas-tu ? lui demanda-t-il.

- Nulle part, répondit-elle du tac au tac.

- J'avais crus comprendre que tu allais faire un tour...

- Tu as mal compris !

- Alors pourquoi avoir mis ta veste ?

- Je suis frileuse ! mentit-elle, sans se démonter.

Il soupira, l'air désespéré, secouant la tête de droite à gauche en se pinçant l'arrète du nez.

- Aria'...tu ne sais vraiment pas mentir..., dit-il.

La jeune fille leva les yeux au ciel, croisa les bras sur sa poitrine, et reprit un peu d'assurance. Il était ardu de rester campé sur ses positions lorsque Calleb vous faisait face.

- Je ne vais rejoindre personne Calleb, ni petit-ami, ni une quelconque mauvaise fréquentation. Je vais prendre l'air, me dégourdir les jambes. Rien qui ne nécessite une garde rapprochée. Alors, maintenant, puis-je enfin sortir ou tu vas me barrer la route ?

Ariana s'impatientait, elle en avait assez de devoir toujours se justifier auprès de quelqu'un. Pourquoi ne pouvait-elle donc pas faire un pas sans qu'on lui dise de faire attention ? Les autres ne voyaient vraiment en elle qu'une petite chose fragile, qu'il fallait toujours protéger, surveiller, couver. La jeune fille avait d'autant plus l'impression, que ce cocon si bien formé, ne faisait que l'étouffer d'avantage chaque jour. Elle aimait ses frères, mais ceux-ci se montraient parfois tellement agaçants qu'il devenait impossible pour Ariana de ne pas mentir afin de profiter d'un peu de liberté.

- Si ce n'est qu'une balade, ça ne t'ennui donc pas que je viennes avec toi ? répliqua-t-il, tous sourires.

Ariana ferma les yeux quelques instants, emproi à une profonde exaspération. Cette fois-ci, Calleb entendrait, quoiqu'il fasse, les reproches de sa soeur qui trop longtemps avaient été renfermés.

- Calleb ! Vous ne pouvez pas continuer, toi et Callum, à me surprotéger comme vous le faites ! Je ne suis plus une enfant, et j'apprécierais de faire ce que je veux, sans qu'un charre d'assaut ne me suives à chaque fois que je m'éloignes un peu trop à votre goût ! Il est grand temps que que vous vous m'étiez dans le crâne que je peux me débrouiller seule ! Sans votre aide ! Ni...la surveillance - vraiment très discrète - de vos amis ! J e-n' a i-b e s o i n-d e-p e r s o n n e !

Elle avait détaché les derniers mots comme s'il était plus simple pour Calleb de comprendre ainsi. Son frère ne bougea pas d'un pouce, il restait planté devant elle sans dire un mot, ses yeux cherchant dans les siens une quelconque trace de remord. Mais il n'en trouva pas. Elle était sûr d'elle, décidée. Rien ne pourrait plus les faire retourner en arrière, car à présent que la jeune fille avait formulé sa demande désespérée, Calleb ne pouvait plus l'ignorer. Jusque-là, il avait balayé les commentaires de son entourage, se disant sans cesse que sa soeur aurait toujours besoin d'eux, que jamais elle ne s'en irait très loin, qu'elle resterait leur petite chose fragile...Hélas, il était clair dès à présent, qu'Ariana n'avait plus qu'une envie : respirer. En outre, les derniers mots qu'elle avait prononcé résonnèrent un moment dans l'esprit du gryffondor. Enfin, il ouvra la bouche, un peu moins sûr de lui qu'ordinaire.

- Tu auras toujours besoin de nous..., dit-il douloureusement.

Il se rattachait à la seule idée qui le rassurait, s'y accrochant de toutes ses forces comme à une bouée de sauvetage en pleine tempête. Rien ne pourrait lui enlever l'espoir que Ariana serait toujours sous son aile, et l'idée même qu'elle puisse s'y échapper le dégoûtait. Le regard furieux de la jeune fille ne résista pas à celui de son frère, et se fit plus doux, presque tendre.

- Evidemment. Mais pas tout le temps. Considères que je suis assez grande pour pouvoir vous demander de l'aide lorsque j'en aurais besoin, et non pas quand vous, l'aurez décidé, dit-elle.

Il soupira, détourna le regard. La jeune lionne déposa un baiser sur la joue de son frère, et tourna le dos à regrets. Elle aurait voulu poursuivre cette conversation, mais elle savait que Calleb ne pouvait en supporter d'avantage. Le fait est qu'il était impossible de lui faire entendre raison, à lui, comme à Callum, encore un point en commun entre les deux jumeaux. Silencieusement, elle passa par le portrait de la Grosse Dame, et disparut dans les couloirs du château.


PART II


En surplomb de la salle commune des serpentards, dans de grands fauteuils épais verts, calés contre le mur opposant le portrait de l'entrée, trônaient deux merveilles de la maison serpentard. Des merveilles ? Oh, oui ! Elles étaient les plus beaux et riches joyaux que Salazar Serpentard aurait pu rêvé d'avoir. Là, assises telles des reines surveillant leur cour royale, leur regard circulant dans la pièce comme deux phares en pleine mer, elles ne souriaient, ni de riaient, préférant largement entretenir la chaleur hostile qu'elle pouvait dégager. Il était étrange de constater, qu'à l'inverse d'être d'une froideur glaciale digne d'un climat du Grand Nord, elles émanaient une sorte de chaleur dangereuse qui, fréquemment, était un argument plutôt explicite pour dissuader les élèves de les approcher de trop près. Les plus jeunes, comme les plus vieux, craignaient leur courroux royale. Leur cruauté était connue de tous à Poudlard, et bien que jamais aucun membre du corps enseignant ne se soit aperçu du pouvoir qu'elles exerçaient sur les autres, mêmes eux ressentaient le caractère malveillant des deux jeunes femmes. En somme, elles n'étaient ni violentes, ni meurtrières, mais tous savaient où se trouvaient les limites de leur bienveillance, si toutefois elles pouvaient en faire preuve.

Elles étaient donc là, admirées et observées des plus jeunes demoiselles, dont la jalousie les rendaient d'un vert semblable à celui de leur blason. Jamais seules, toujours à deux, elles régnaient ensemble, se partageant une couronne pour le moins imaginaire, mais dont la l'existence n'échappait à personne. A gauche, comme toujours, trônait la belle Cassiopée. D'un visage ovale, dont la peau claire n'était ni pâle, ni halée, un petit nez retroussé qui lui donnait un air enfantin inapproprié, elle possédait deux orbes bleutées, dont les teintes allaient du plus clair au plus foncé, magnifique dégradé tout autour d'une pupille d'un noir intense. Cassiopée était en tout point une reine de beauté, sa taille de guêpe enviée de toutes, et sa chevelure blonde descendant sur ses épaules en une pluie de filaments dorés dont les reflets s'illuminaient au soleil. Elle était éclatante de beauté, d'une apparence si pure, si lumineuse... Sûrement son aspect bienveillant contrastait avec la noirceur de son coeur, trompant les naïfs, et faisant espérer les bons...mais finalement, tous connaissaient l'étendue de sa malveillance. Cassiopée était probablement le plus grand paradoxe du château. Belle et pure d'un côté, et de l'autre, sombre, dangereuse, et manipulatrice.

Malgré cela, elle ne représentait pas la plus grande menace de la maison Serpentard. A ses côtés, la Reine Juliana fixait sans ciller l'entrée de la fosse aux serpents...

Il entra d'un pas assuré dans la salle commune des verts, suivis d'Enzo et de Jared, tous deux discutant du prochain match de quidditch, comme tout Poudlard cette semaine-là. Le regard d'Antony se porta sur le fond de la pièce, juste en face de lui. Ses sombres iris rencontrèrent deux prunelles flamboyantes, et l'espace d'un instant il ressentit comme une décharge électrique, allant de ses doigts à ses orteils, en passant par tous les muscles de son corps. Il frissonna, dissimulant sa surprise, tandis qu'à plusieurs mètres de lui, à travers le brouhaha de la salle, et les interruptions visuelles provoquées par les fréquents passages des élèves entre le serpentard et la jeune femme, Antony distinguait aisément la silhouette féminine qui le fixait. Les yeux du jeune homme ne purent s'empêcher de la détailler, remontant de bas en haut...

Ce fut d'abord la vision enchanteresse de ses divines jambes, croisées, soigneusement recouvertes d'un collant noir mais transparent, qui retint l'attention du Donjuan. Puis, il remonta lentement son regard, pour découvrir une taille fine, moulée dans une robe d'un noir brillant, accompagné d'un décolleté à en faire pâlir les enseignants du château. Il fut aussitôt saisit par la brillance et l'aspect soyeux des boucles d'ébènes de la jeune femme, qui retombaient en une cascade étourdissante sur ses épaules fines et dénudées. Finalement, ce fut son visage qui fit tourner la tête du coureur de jupons. Aucun défaut, des traits parfaitement dessinés, un nez fin, des lèvres pulpeuses d'un rouge sang contrastant avec la couleur de sa peau, laiteuse, envoûtante. Jamais il n'avait vu pareil oeuvre d'art. Mais son supplice ne se termina pas pour autant, car lorsque ses yeux s'accrochèrent aux deux orbes, d'un bleu gris mélangé à un vert si clair, si limpide qu'il en était presque transparent, il fut comme happé, tiré en avant par une force surnaturelle dont il ne comprit tout d'abord pas l'étendue.

Si les autres élèves ne remarquèrent pas l'échange muet entre Antony et Juliana, une certaine serpentarde, elle, ne rata rien de la scène. Hanna se tenait en bas des escaliers menant aux dortoirs, son regard allant du serpentard à la belle Juliana, sa colère montant au fur et à mesure qu'elle saisissait l'ampleur de la situation. Antony dévorait la jeune femme des yeux, et elle, immobile, le fixait d'une expression digne des plus belles statues grecques, une beauté immortalisée dans la pierre. Figée, dans une splendeur égale à celle de la Lune, on aurait pu croire qu'elle dormait les yeux ouverts, mais en réalité, son regard ne perdait pas une miette de ce qui se déroulait devant elle. Elle surveillait, analysait, calculait, et dans sa tête d'innombrables plans se mettaient en place afin de servir ses secrets desseins. Enfin, elle tourna la tête vers sa droite, adressant un regard complice à Cassiopée, qui elle-même reporta son attention sur le serpentard. Antony fronça les sourcils. Oui, lui, le Roi des Serpents, l'idole, le plus robuste, le plus vicieux, serait bientôt la proie de deux vipères affamées...


PART III


On frappa trois coups distincts à la porte. La soirée était déjà bien avancée, et les étoiles n'en finissaient plus de briller dans le ciel nuageux. Un vent glacial soufflait contre les fenêtres de la chambre. Antony se retourna, regardant d'abord le bois sombre de la porte du dortoir. Qui venait-donc troubler le fil de ses réflexions, à une heure aussi tardive ?

Trois autres coups s'abattirent, cette fois-ci plus brutalement. Le serpentard reposa le cadre qu'il tenait dans ses mains, le rangeant dans le troisième tiroir de sa table de chevet. Il se dirigea lentement vers la porte, et une fois la poignée tournée, l'ouvrit rapidement.

- Je n'aime pas attendre, dit-elle.

Elle se tenait là, appuyée contre l'encadrement de la porte d'une façon si désinvolte, mais qui pourtant n'enlevait rien à son charme. Son visage enfantin, si aimable, ne coïncidait pas du tout avec le regard qu'elle lui jeta à cet instant, ni avec le ton de sa réplique. Comment pouvait-elle paraître si candide, en étant une si vicieuse vipère ?

- Et je n'aime pas être dérangé, rétorqua le serpentard, sans aucune trace de sympathie sur ses traits.

Elle sourit, amusée, et quelque chose brilla dans son regard.

- Eh bien, il semblerait que nous soyons quittes alors, souffla-t-elle, charmeuse.

Cassiopée se mordit la lèvre. "Il était tel que Juliana l'avait décrit" pensa-t-elle. La jeune femme s'avança, s'apprêtant à entrer dans la chambre sans l'accord d'Antony, mais hélas pour elle, il n'était pas de cet avis. Elle ne savait pas à qui elle parlait, elle se croyait tout permise, mais la réalité était qu'elle et Juliana ne reignaient pas seules sur le château. Le serpentard était le principal détenteur de l'autorité. Antony bloqua la jeune femme, et celle-ci leva un regard surprit vers lui.

- Ne me laisseras-tu pas entrer ? s'étonna-t-elle avec une innocence feinte.

Le jeune homme sourit, moqueur.

- Cela dépendra de la raison de ta venue Cassiopée. Ici, personne entre sans que je le décides. A toi de me convaincre..., lui dit-il.

Elle sourit largement, fit glisser un doigt sur le torse du jeune homme, le regardant à travers l'épais voile de ses cils.

- Oh, voyons, que crains-tu exactement ? Je ne suis pas une menace..., mentit-elle.

Il leva un sourcil narquois.

- A moi de juger. Puisque tu te refuses à dire clairement ce que tu souhaites, libères donc la place que tu occupes devant ma porte. Tu bloques l'entrée pour des personnes plus importantes, asséna-t-il, coupant court à la conversation.

Il referma la porte brutalement, la forçant à se reculer. Un cri de rage se fit entendre, ainsi que plusieurs coups violents sur la porte. Antony sourit, se retourna pour retourner à ses occupations, mais la voix de la vipère s'éleva finalement.

- Sale serpentard ! Ne tiens-tu donc pas à voir les frères Anderson tomber ? s'écria-t-elle.

Il s'arrêta, serra les dents, et rouvrit la porte. Son agacement était visible, et il ne se préoccupa pas d'être aimable ou courtois envers elle. Il ne prit pas de pincettes.

- Parles, ordonna-t-il.

Une expression de pure rage animait les traits de la jeune femme, et elle se força au calme pour répondre.

- Moi et Juliana pensons qu'il serait bête de ne pas s'allier entre serpentards. Il est grand temps que les Anderson comprennent qu'il ne vaut mieux pas défier les verts. Leur prétention se doit être anéantie, tout comme leur influence sur les gryffondors. Ils sont trop populaires, le seul moyen d'avoir les lions à nos pieds c'est de détruire leurs idoles.

Elle n'avait pas tort. Elle avait même tout à fait raison. Mais Antony ne pu s'empêcher de sourire d'un air taquin, la provoquant avec amusement.

- Tu parles comme un général, lui fit-il. Sais-tu seulement ce que cela entraînera ?

Elle acquiesça, et un sourire machiavélique étira ses lèvres roses. Elle appuya ses mains contre les deux côtés de l'encadrement de la porte, et avança son visage vers celui d'Antony.

- Nous serons enfin à la tête du château. Plus aucune maison ne voudra se rebeller contre nous ; et moi, Juliana, et toi règnerons tous les trois. Nous terroriserons à loisir les élèves : poufsouffles, serdaigles, et gryffondors. Imagines la gloire que cela nous apportera auprès du maître ? La réputation que nous aurons une fois cela réalisé ? Ne serait-ce pas magnifique ?

Il se rapprocha également, sortant un peu plus de la chambre, pour venir sur le pas de la porte avec Cassiopée, son visage près du sien. Il prit son menton du bout des doigts, et le leva vers lui.

- Oui, magnifique. Tout autant qu'un rêve. Que crois-tu ma belle ? Que nous resterons tous les trois, et qu'aucun de nous ne voudra tirer la couverture à soit ? Naïve ! Ni moi, ni toi, ni Juliana n'aura le coeur de partager la gloire. Un seul recevra les lauriers ma chère. Si tu crois le contraire, c'est que tu es stupide.

Il relâcha aussitôt, et sans douceur, son menton. Cassiopée lui adressait un regard meurtrier. En un instant, il l'avait remise à sa place, et ça, pour une reine, c'était inconcevable. Elle recula, ses talons claquant contre le sol, et elle leva dignement la tête, défiant Antony.

- Nous verrons bien qui de nous deux aura raison. Du reste, tu es convié par Juliana au Bal de la rentrée. Tâches d'être présentable.

Le serpentard fit un large sourire.

- Etait-ce trop humiliant pour elle de venir me demander d'être son cavalier, de vive voix ? s'amusa-t-il, appuyant son épaule gauche contre la porte.

Cassiopée ne répondit pas. Elle avait déjà disparue dans les escaliers menant à son propre dortoir. Antony attendit quelques secondes avant de refermer sa porte, un sourire illuminant ses lèvres. Ainsi, Cassiopée et Juliana requéraient son aide. Elles ne seraient pas déçues...


PART IV


Les couloirs du château étaient déserts. A la faible lueur de la lune, une silhouette se dessinait près des portes de la Grande Salle. L'ombre de la jeune fille la suivait partout, redessinant ses formes sur le sol de pierre. Personne n'aurait du circuler à cette heure-ci dans les couloirs, mais Ariana avait besoin de réponses. Elle marcha jusqu'à la table, qui se matin encore était pleine de gryffondors, et se rassit à la place exacte qu'elle avait occupé plus tôt dans la journée. Cette même place, qui lui avait permis de rencontrer l'intense regard qui hantait ses rêves. La jeune fille resta assise un moment, le regard perdu dans le vide, ses doigts posés sur la longue table, caressant le bois dans un toucher aérien. Enfin, ses deux prunelles bleutées se levèrent, et regardèrent un point fixe devant elle. Là bas, juste en face, se trouvait la table des serdaigles, puis, au fond, celle des serpentards. A quelle table s'était-il assis ? A quoi ressemblait-il, mise à part ses sombres pupilles ?

L'espace d'un instant, Ariana se l'imagina. "Il serait blond, comme moi" pensa-t-elle." Avec une bouche fine, un large sourire, de grandes mains chaudes. Il aurait une voix envoûtante, douce, et caressante. Il serait attentionné, calme, et toujours chaleureux. Il aimerait rire, et ne me considèrerait pas comme une poupée de porcelaine. Il serait parfait". L'imagine idéalisé qu'elle se faisait de lui, n'aurait probablement rien à voir avec la réalité, Ariana le savait. Mais elle aimait répéter ces quelques phrases pour elle, s'imaginant dans ses bras, bercer par sa voix. Ces derniers temps, il n'y avait que comme ça qu'elle pouvait s'endormir. En pensant à lui.

La Grande Salle était tellement silencieuse, que seuls les battements du coeur d'Ariana émettaient un son. Soudain, alors que la jeune fille ne cessait d'imaginer le jeune homme, un froissement, puis un bruit de pas se fit entendre derrière elle. Poussant un soupire, Ariana ne se rendit tout d'abord pas compte qu'elle n'était plus seule dans la pièce. Ce ne fut que lorsqu'une main se posa sur sa bouche, et que deux bras la tirèrent en arrière, qu'elle pensa que Calleb n'avait pas toujours tort. Elle n'aurait pas du sortir...


J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à laissez vos impressions ! =)