Et voici le chapitre 3, j'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture ! =)


CHAPITRE TROIS


PART I


Le Bal de la rentrée. Un grand évènement organisé tous les ans, quelques semaines après la rentrée des classes, et généralement une excellente excuse pour faire la fête. Dumbledore considérait cette fête comme une occasion pour les premières années de s'intégrer d'avantage au reste des élèves, mais les serpentards en profitaient plutôt pour instaurer les bases d'une bonne année scolaire. Les bases ? Oh, oui les bases ! Chaque début d'année, Juliana Blackwood, et Cassiopée VanDernt se servaient de cette fête pour mettre en place le Jeu des Echelles. Vous n'étiez pas invité à y participer, vous y étiez obligé. Pas de place pour les faux jetons ! Et il était mille fois préférable de jouer le jeu plutôt que de s'y refuser, auquel cas les conséquences seraient terribles. Le Jeu des Echelles consistait à relever toute sorte de défis, de gages, pour réussir à gravir les échellons, les niveaux, au fil de la soirée. A minuit, quand fatidiquement les douze coups sonneront, celui qui sera le plus haut sur l'échelle sera désigné vainqueur. Le prix ? Rien de moins que de figurer parmi les premières années les plus en vus de Serpentard, sans oublier le fait que la gagnant serait convié aux soirées exceptionnelles des dernières années. Un billet première classe pour être avec les plus puissants du château ! Il y avait cependant peu de premières années qui réussissaient l'exploit d'atteindre le plus haut niveau du jeu. Un seul avait réussis depuis plus de huit ans. Antony Lucas Jackson. Evidemment. Qui d'autre !

A l'instar des verts et argents, les autres maisons elles-aussi avaient leurs petits jeux. Serdaigle testait chaque année ses nouveaux élèves avec un quizz de connaissances historiques des plus ennuyeux ; chez Poufsouffle, c'était celui qui réussissait à construire le plus rapidement un cheval de Troie. Quant à Gryffondor, comme il était de notoriété publique qu'ils étaient pour la plupart des petits farceurs, ils organisaient la compétition de la meilleure blague. Ils avaient même construit un podium ! Bien entendu, ces jeux ne concernaient que les premières années. Les autres ayant tous passés ce passage douloureux, pour certains, et amusant, pour d'autres, ils ne faisaient que regarder et s'amuser en se rappelant eux-mêmes leur première année. Ainsi, ils laissaient place à la nouvelle génération, et perpétraient les traditions de leurs maisons respectives. Le lendemain du Bal de la rentrée, était étonnamment toujours difficile...

Ce fut le matin du 15 septembre, veille du Bal, qu'Antony reçut un courrier bien étrange. Assis à la table des serpentards lors du petit-déjeuner, il vit son hiboux aux larges et sombres ailes se déplacer vers lui, et en un léger piaillement il se posa devant le jeune homme, renversant au moins trois verres de jus de citrouilles, et une carafe d'eau. Bien entendu, les autres élèves se turent, et n'osèrent pas élever la voix pour râler. Ils savaient ce qu'ils encourreraient. Antony récupéra la missive accrochée à la patte du volatile, et une fois fait, ce dernier s'envola dans les airs pour rejoindre la volière. Le Donjuan soupira, encore fatigué de sa courte nuit de sommeil, et déplia enfin, sous les yeux curieux d'Enzo, son plus fidèle ami, la fameuse lettre.

Cher Antony,

Cela fait bien longtemps que je ne t'ai pas écris, mais je me dois de t'informer d'un fait qui, à l'évidence, te déplaira fortement. Il semblerait, d'après mes sources, que ton père se soit entretenu avec la famille Blackwood. Je ne sais de quoi ils ont parlé, ni si les informations suivantes ont un rapport direct avec cela, mais j'ai pensé que tu aimerais le savoir. Ma soeur aurait entendu l'aînée des Blackwood, Arabella parler des futures fiançailles de sa soeur, Juliana. Etant la plus jeune, et la seule qui n'est pas encore promise, Juliana doit se marier l'année prochaine, au mois de Février. Ses parents ont tout prévus, mais il reste à savoir qui est l'identité de l'heureux élut, si je puis dire. Et c'est ici que tu interviens. Ton nom a été prononcé Tony'. D'après ce que l'on m'a rapporté, ton père et le père de Juliana se sont arrangés pour unir vos deux familles. Comme tu es le seul fils Jackson à ce jour, il est donc évident que tu es désormai impliqué. Je tâcherais de te donner des nouvelles plus précises la prochaine fois, mais pour l'instant tâches de faire attention à toi. Tu n'étais pas le seul sur la listes des fiancés potentiels, d'autres convoitent Juliana, et sont prêts à tout pour l'avoir. Sois vigilent.

Je t'embrasse,

E. J. H

Ps: Est-ce nécessaire de te rappeler de ne jamais révéler tes sources ?

Antony relut la lettre plusieurs fois, ses sourcils se fronçant de plus en plus, et les traits de son visage se fermant aussitôt. Figé. Glacé. Le serpentard n'osait plus bouger ni parler, il y avait entre ses mains une information cruciale, et pour le moins effrayante, qui lui ouvrait les yeux sur les récents évènements et qui par la même occasion le terrifiait. Il comprenait à présent pourquoi son père avait utilisé Hanna pour le surveiller, pourquoi aussi Juliana lui trouvait un intérêt soudain. Tout s'éclairait, et d'une façon que le jeune homme n'aimait pas du tout. Il serra les dents, se leva, pris son sac sur son épaule et quitta la Grande Salle, déclenchant la surprise de ses camarades. La lettre toujours dans sa main, il marcha en direction du lac. L'air frais ne réussit ni à le calmer, ni à lui remettre les idées en place, et il s'assit un moment sur un rocher qui se trouvait près du bord de l'eau. Lui faisant de l'ombre, un haut et imposant saule pleureur surplombait le serpentard. Antony regardait droit devant lui, son coeur tapant frénétiquement contre sa cage thoracique. Il n'osait croire ce que sa tante lui racontait, et pourtant il savait que ce jour arriverait. Le jour qui signerait le début de la fin. La fin de son monde, de sa vie, de ses envies. Il ne pourrait jamais plus être libre de ses choix, condamné à être le mari d'une femme qu'il n'aime pas, qu'il ne connaît pas, et bientôt, il ressemblerait à son père. A cette figure paternelle dure et froide, sans coeur ni conscience, qui peine à éprouver un quelconque sentiment. Un cadavre en somme, mais qui en plus ne pourrait pas librement penser et agir. Il aurait tout le temps une femme, un père, un beau-père, qui lui soufflerait les démarches qu'il devra entreprendre.

Plus de filles d'un soir, plus de fêtes, plus de secrets, il serait observé en permanence, jugé, évalué. Enchaîné à Juliana, aux Blackwood, à sa destinée qu'il ne voulait en aucun cas connaître. Dans sa tête, un train sifflait et une voix criait bien fort " Terminus, tout le monde descend ". L'enfer sur terre, si l'on peut dire. C'est ainsi qu'Antony le voyait, qu'il l'envisageait. C'était la fin de sa liberté.

- Aie !

Le serpentard sursauta, et se retourna vivement, reprenant son expression arrogante et froide. C'était une jeune fille, à la longue et soyeuse chevelure blonde, et aux yeux d'un bleu clair teinté de vert et de gris. Magnifique. On aurait dit une petite poupée de porcelaine, avec sa peau claire, ses lèvres pulpeuses, d'un rose appétissant, et ses longs cils noirs, courbés. Elle avait les joues rosies, et se mordillait la lèvre en tenant son pied, la tête baissée vers le sol, et lorsqu'elle se rendit compte de la présence du serpentard, elle releva lentement la tête vers lui. Aussitôt alors, Antony se détourna, fixant l'arbre à sa gauche.

- Je suis désolé, je ne voulais pas vous déranger..., dit-elle, confuse.

- Trop tard, répondit-il sèchement.

Il évitait son regard autant que possible, comme dégoûté par la simple vision de sa fine et menue silhouette. Les muscles de sa mâchoire se contractèrent, et il serra les poings, faisant ressortir les veines de ses bras. La jeune fille ne sus pas comment interpréter l'attitude du serpentard, elle le regarda prudemment et tenta de s'approcher doucement.

- Est-ce que tout va bien ? s'enquit-elle.

Il recula d'un pas, à présent légèrement caché par le voile de feuillages provenant du saule, qui retombait devant lui.

- C'est plutôt à vous qu'il faut le demander, répliqua-t-il, tendu.

L'atmosphère était étrangement électrique. Comme si chaque minute pouvait être celle qui ferait basculer le temps. La jeune fille fit la moue, regarda son pied endoloris, et le secoua en grimaçant légèrement.

- Ce n'est pas grand chose, j'étais distraite, et je n'ai pas vu les pierres devant moi. Saleté de cailloux ! Mais je pense que je ne me suis pas tordu la cheville.

Il pinça les lèvres.

- Vous êtes sûr ? demanda-t-il.

Elle sourit.

- Pas la peine de vous inquiéter...je vais b...

- Je ne m'inquiétais pas ! la coupa-t-il, moqueur. J'espérais que vous seriez partie à l'infirmerie pour vous soigner. Je préfèrerais rester seul.

La jeune fille leva un sourcil surpris, vexée, mais n'abandonna pas pour autant.

- Ce n'est pas terrible de rester seul, commenta-t-elle.

Antony s'exaspérait de minutes en minutes. N'allait-elle jamais partir ? Il retint un soupire impatient.

- Question de point de vue, fit-il brièvement.

Elle trouva une grosse pierre à sa gauche, un peu plus éloignée du jeune homme et s'y assis, le fixant toujours, sans voir son visage.

- Je n'aime pas rester seule. Enfin, on est toujours mieux que mal accompagné. Mais la solitude, je trouve ça plutôt triste. Pas vous ?

Cette fois-ci, Antony soupira, agacé. Ce n'était pas le moment pour lui d'avoir un débat sur la solitude.

- Non. Il est nettement plus conseillé d'être seul. D'ailleurs vous n...

- C'est un discours de solitaire ça ! lança-t-elle, avec un sourire en coin.

Antony détestait qu'on lui coupe la parole, mais il ne dit rien. Un silence s'installa, mais la jeune fille n'était pas prête à le laisser tranquille.

- C'est quoi votre nom ? demanda-t-elle.

Sa voix était celle des enfants avides de réponses, curieux de tout et prêt à explorer les moindres recoins d'ombres qu'ils pourraient trouver. Antony s'appuya sur le saule, toujours tourné de façon à ce qu'elle ne voit pas son visage.

- Tony', souffla-t-il rapidement.

Elle sourit.

- Tony' est une abréviation d'Antony ? N'est-ce pas ?

Il murmura un oui. Ses lèvres s'étirèrent à nouveau.

- Moi c'est...

Comme une brusque déchirure, un éclair perçant la terre, et faisant tout exploser, le décors disparut, absorbé par une puissance invisible. La nom de la jeune fille avait été avalé par le vacarme assourdissant causé par le brusque bouleversement, et bientôt le paysage se rétablit, inchangé, comme si tout c'était remis en place en une demi seconde. Sauf elle. Disparue, envolée. Il ne restait plus que Tony', assis sur le rocher, appuyée contre le tronc de l'arbre. Ses yeux s'ouvrirent dans un sursaut qui le fit frémir de la tête aux pieds. Lorsqu'il se rendit compte que ça n'avait été qu'un simple rêve, ses yeux s'assombrirent et la douleur inonda ses traits.

Entrant dans une colère noire, Antony déchira la lettre et jeta les morceaux de parchemins dans l'eau.


PART II


- ASSEEEEEEEEZ !

C'était un pur rugissement, une voix féminine, mais ferme, sans appel. La jeune femme à la chevelure d'ébène prit entre ses mains le premier bibelot devant elle et le jeta à terre. Le pauvre vase en cristal s'écrasa en de petits morceaux qui scintillèrent sur le sol de la Grande Salle. Entourée de son habituel groupe de filles, Juliana se tourna vers elles d'un air rageur.

- Bande d'incapables ! Ce n'est pas compliqué d'obtenir une robe des mains d'une poufsouffle ! N'avez-vous donc rien appris durant ces six années ? Puisque vous êtes dans l'incapacité de me procurer ce dont j'ai besoin, j'irais moi-même le réclamer !

Quelques filles du groupe avaient baissés leurs têtes vers le sol, quant aux autres elles fixaient d'un oeil effrayé la septième année qui leur faisait face, menaçante. Sortant du lot de serpentardes chargées des petits soins de la Reine Juliana, Cassiopée s'avança d'une démarche souple vers sa "soeur". Se postant à ses côtés, avec une moue moqueuse, elle fit signe aux filles de déguerpir.

- Julia', tu sais bien que l'on est jamais mieux servis que par soit-même, lui fit-elle remarquer avec un sourire malicieux.

Juliana se força au calme et respira lentement, jetant des regards noirs aux quelques élèves qui la regardaient. La Grande Salle avait abandonné ses couleurs traditionnelles, et les grandes tables avaient disparues. A présent, une estrade avait été montée pour accueillir les musiciens, et différentes petites tables rondes avaient été disposées dans toute la salle, recouvertes de nappes blanches et brillantes, ainsi que de beaux vases de cristal contenant des fleurs. Cassiopée et Juliana se chargeaient tous les ans des préparatifs du Bal de la rentrée, et c'était à tous les coups une réussite. Mais cette année, Juliana peinait à mettre ses projets en place. En effet, la robe qu'elle avait prévus de porter avait été acheté un jour plus tôt par une poufsouffle de troisième année. Rouge de colère en constatant que l'unique et magnifique robe n'était plus dans la vitrine du magasin, Juliana avait chargé son cercle privé "d'amies" de retrouver l'identité de l'acheteuse, et de récupérer la robe. Hélas, il semblerait qu'elle doive se débrouiller par elle-même.

Cassiopée prit la jeune femme par le bras, et elles marchèrent entre les tables, vérifiant si tout était bien à sa place. Cela devait être parfait.

- Ma soeur, j'ai de mauvaises nouvelles, commença Cassiopée. Tu n'es pas sans savoir que le match de Quidditch Serpentard/Gryffondor, est en ce moment sur toutes les bouches, eh bien il semblerait que les paris de ce début d'année soit bouleversés.

Julia' soupira, son air prétentieux et hautain placardé sur son visage.

- Bouleversés comment ? s'enquit-elle.

Cassiopée regarda autour d'elle d'un coup d'oeil rapide, s'assurant de ne pas être entendue.

- J'ai parlé à Jared. Comme tous les ans, il se charge des paris sportifs, et nous touchons habituellement un part importante des résultats, mais il semblerait que la donne ait changé.

Juliana s'arrêta nette, fixa Cassiopée attentivement, les sourcils froncés.

- C'est-à-dire ? fit-elle aussitôt.

- Disons simplement que Serpentard n'a plus la popularité d'autrefois, et que Gryffondor en profite. Nous risquons de voir notre part de revenus baisser, tandis que les lions s'enrichiront. Défaite ou pas.

Juliana arracha une fleurs au passage, pour faire bonne mesure, et serra les dents.

- Nous allons donc manquer de fonds cette année, déduisit-elle, réfléchissant en même temps qu'elles avançaient tous deux vers l'estrade. Nous qui comptions sur ça pour financer nos futurs projets.

Cassiopée la regarda d'un air grave.

- Il faut trouver une solution pour que personne ne se doute de rien. Quelle honte si tous se rendent compte que la Maison Gryffondor est plus riche que la nôtre. Serpentard se doit de rester au plus haut niveau, sans cela on peut dire adieu à la coupe des quatre maisons. La corruption coûte chère, et nos projets d'autant plus. Nous avons besoin d'argent Julia'.

Cassiopée serrait étroitement le bras de Juliana. Sa "soeur", comme elle l'appelait représentait pour elle l'autre moitié du trône de Serpentard, une alliée, et surtout une partenaire. Leur rencontre remontait à loin, au tout premier jour de leur première année. Dans le Poudlard Express, leurs vies s'étaient scellées à jamais. Comme deux moitiés, elles s'étaient trouvées et depuis ne faisaient qu'une. Juliana regardait Cassiopée intensément, cherchant dans son esprit une solution qui sauverait la situation, et ce fut finalement lorsqu'elle aperçue une chevelure noire, et de larges épaules que ses lèvres s'étirèrent. Malicieuse et diabolique, Julia' leva un sourcil intéressé, observant de là où elle se trouvait le dos musclé du jeune homme.

- Cass', je crois avoir trouvé le financement idéal, fit-elle tout en souriant.

La jeune femme blonde, intriguée, se retourna, une main sur la hanche, tandis qu'elle se mettait dans la même position que sa soeur. Regardant toutes les deux le même point, elles échangèrent un coup d'oeil entendu.


PART III


- Depuis quand tu es ami avec Blackwood ? demanda Enzo.

Antony leva les yeux vers son ami. De loin, il le préférait aux autres, bien qu'il n'accordait sa confiance à personne d'autre qu'à lui-même, il s'entendait à merveilles avec le jeune Brams, qui tout comme lui aimait beaucoup la gente féminine. A une époque même, ils avaient entrepris de faire une compétition, mais Enzo avait vite abandonné devant la pratique du Donjuan. Occupés tous deux à mettre en place les banderoles pour le Bal de la rentrée, les deux serpentards étaient à l'opposés l'un de l'autre, de chaque côté des grandes portes, perchés sur deux échelles ensorcelées. Celles-ci étaient maintenues au sol de façon à assurer la sécurité des adolescents, mais d'une simple phrase elle pouvait se déplacer à volonté selon les désirs de celui qui l'utilisait. Antony tenait, les bras tendus, la banderole qu'Enzo, de l'autre côté tentait d'accrocher à la même hauteur que lui.

- Pourquoi cette question ? fit Tony', en fronçant les sourcils.

Le nom de la jeune femme revenait, pour lui, un peu trop souvent dans la conversation ces derniers temps. Enzo fit un sourire en coin, et ses dents parfaitement blanches furent dévoilées par l'étirement de ses lèvres rosées.

- C'est juste que les gens parlent..., dit-il en haussant les épaules.

Même si c'était son plus proche ami, Antony ne racontait rien d'important à Enzo. Il ne lui avait pas parlé son entrevue avec Cassiopée, de sa dispute avec Hanna, et sûrtout pas de ses soupçons envers ses camarades verts. Sa paranoïa constante le poussait à tout garder pour lui, sauf les informations qu'il n'estimait pas importantes.

- Et que disent-ils ? s'enquit Antony.

Cette fois-ci, Enzo baissa les bras et stoppa momentanément son travail. Il regarda Tony' avec un sourire en coin.

- Ils disent que la Reine Rouge t'a invitée au Bal, et que tu as accepté.

Antony sourit.

- Pour une fois les rumeurs sont vraies. Qu'en penses-tu ? Tu ne crois pas que c'est une idée amusante ? La si populaire Juliana Blackwood, et le grand Antony Jackson. Un duo épique. Non ?

Son amusement était visible, pourtant son camarade ne semblait pas convaincu de l'hilarité de la situation.

- Disons qu'une Reine Rouge reste une Reine Rouge, et que tu risquerais de te faire manger en entrant dans son jeu. En somme, tu es dans une belle merde mon vieux !

Tony' rit de bon coeur.

- Qu'entends-tu par "tu risques de te faire manger" ? fit-il, amusé, une fois qu'ils eurent terminé d'accrocher la banderole.

Tout en descendant l'échelle, Enzo s'expliqua.

- Les filles comme Juliana Blackwood n'aiment pas être autre part que sur un piédestal. Son truc c'est le pouvoir total, la soumission de toutes les maisons par exemple...elle veut être l'Autorité. La seule. A mon avis, le partage du trône ne sera plus possible cette année. Blackwood finira par éjecter Vandernt, ou l'inverse. Alors...un conseil : ne te mets pas au milieu. Ne participes pas à ça, ou sinon soit plus malin qu'elles, mais là, sans te vexer, ça va être dur.

Enzo frappa amicalement l'épaule d'Antony quand celui-ci fut redescendu. Antony lui fit un sourire carnassier.

- Pourquoi as-tu l'air de croire que j'ignore tout ça ? Je n'ai pas peur de me faire dévorer...je sais précisément comment tirer mon épingle du jeu. Crois-moi.

Le serpentard fit un clin d'oeil à Enzo, mais celui-ci laissa échapper un soupire.

- Me voilà rassuré, parce que la Bête approche, dit-il avant de s'éloigner en direction du hall d'entrée.

En effet, lorsque le jeune Jackson se retourna, la Bête approchait à grands pas, ou plutôt à grands talons hauts. Elle avait l'élégance et la grâce des Grandes Reines, un charme et une beauté mystérieuse, mais surtout elle avait la froideur des plus rudes hivers. Glaciale, hautaine, prétentieuse. Un vrai joyaux pour Serpentard, mais une plaie pour les autres. La jeune femme brune se posta devant Antony, ses mains jointes dans son dos, et l'expression boudeuse. Cette posture lui donnait un air enfantin inquiétant.

- Est-ce que mon futur cavalier aurait quelques minutes à m'accorder ? demanda-t-elle.

Le jeune homme rangea sa baguette dans sa poche, et tendit son bras plié vers Juliana, avec un air charmeur.

- Après vous ma chère, fit-il, moqueur.

Levant un sourcil surprit, Juliana croisa son bras avec celui du serpentard, et ils sortirent de la Grande Salle, marchant d'un pas lent vers l'extérieur du château. Ce fut seulement après un moment de silence que le jeune homme s'impatienta.

- De quoi vouliez-vous m'entretenir ô Grande Reine Serpentardienne ? taquina-t-il.

Les lèvres de la concernée s'étirèrent, mais son expression redevint froide. Oublié l'air enfantin et la mine boudeuse ! Il ne restait à présent qu'un bloc de glace, vexé des moqueries évidentes du jeune Jackson.

- En fait, je m'inquiétais de votre santé de tombeur invétéré, fit-elle.

Antony s'étouffa presque.

- Merlin ! Je suis en train de rêver ! Juliana Blackwood s'inquiète à présent ! Le ciel va me tomber sur la tête...

Elle s'arrêta nette, relâcha son bras et le fixa.

- C'est si étonnant que ça ? lâcha-t-elle.

Tony' sourit, croisa les bras sur son torse et prit son habituel air taquin.

- Disons que tu ne dégages pas vraiment l'image d'une jeune fille altruiste et serviable. En fait, tu ne dégages pas grand chose d'humain. Navré de te l'apprendre. Du reste, ma santé est parfaite, mais la tienne risquerait de se dégrader si tu ne me dis pas clairement ce que tu souhaites.

Le regard de Juliana s'assombrit, et il n'y eut bientôt plus rien de sympathique dans ses traits. Elle s'avança vers le serpentard, écrasant ses pieds avec ses talons hauts, et attrapant avec sa main droit la tignasse du jeune homme, plantant par la même occasion ses ongles dans son cuir cheveulu. Malgré l'ambiance électrique, voire violente de cette situation, il y avait quelque chose de comique, d'absurde. Sûrement cela venait-il du fait que Juliana était plus petite, plus menue, et moins impressionnante qu'Antony, bien que tout aussi dangereuse. Il était drôle de voir Antony ainsi traité par une personne d'une taille et d'un poids inférieur au sien. C'était une image assez surréaliste. Le jeune homme grimaça, mais attendit avec curiosité que la jeune femme parle.

- Ecoutes moi bien Jackson, je n'ai pas l'habitude qu'on se moque de moi, ravales donc tes misérables paroles, et commence à réfléchir comme un homme. Je suis une des Reines de Serpentard, une dernière année royale, tu ferais mieux de penser à ce qui pourrait t'arriver si jamais je décide de t'éjecter de ma cour. Crois-moi, je n'hésiterais pas une seconde à te faire disparaître si jamais tu oses m'insulter ou même me regarder de travers encore une fois. Suis-je clair ?

Elle avait son visage à seulement quelques centimètres de celui d'Antony, et celui-ci affichait une expression neutre, bien qu'il grimaçait lorsque les ongles de Juliana se plantaient un peu trop fort dans son crâne.

- Limpide, répondit-il.

La Reine Rouge sourit alors d'un air satisfait, et défit sa prise. Elle remis en place le col de la chemise du serpentard, faussement bienveillante, et tourna les talons en étant certaine d'avoir tourné la situation en sa faveur. " Demain, je lui demanderai un soutient financier, et il ne pourra pas refuser " pensa-t-elle. Certitude de courte durée, car aussitôt qu'elle lui eût tourné le dos, deux bras saisirent sa taille pour la faire reculer, et une main se plaça sur sa gorge comme un étau de fer incassable qui semblait se resserrer au fur et à mesure. Juste derrière son oreille, la bouche d'Antony chuchotait des paroles qui fit pâlir la serpentarde. Le venin du jeune homme s'insinua dans l'oreille de la jeune fille, et remonta directement jusqu'à son esprit où d'horribles images se dessinaient. Finalement, quand il fut sûr qu'elle avait saisie l'ampleur des risques qu'elle encourrait à lui reparler ainsi, il la relâcha, et elle se retourna vivement vers lui, telle une furie déployant ses ailes sous l'effet de la colère.

- Comment es-tu au courrant de ça ? s'écria-t-elle.

Antony eut un sourire malin.

- Je sais plus de choses que tu ne le penses Juliana, en outre, je crois aussi savoir que tu voulais me demander quelque chose d'important. N'est-ce pas ? Mais ne t'en fais pas, j'ai déjà parlé à Jared, et j'ai aussi déjà fait transféré l'argent nécessaire pour ce trimestre dans le coffre des Serpentard. Je l'alimenterai tous les débuts de trimestre.

La jeune femme fronça les sourcils, et croisa les bras sur sa poitrine, le défiant du regard.

- Et tu ne demandes rien en retour ? s'étonna-t-elle.

Il ricana.

- Ne sois pas naïve ma belle. En retour, j'exige de diriger moi-même le Grand Conseil. En être un membre important ne me suffit plus. A partir de maintenant, c'est moi qui dirigerais les opérations. Libre à toi de m'assister, mais saches que j'aime travailler seul et que je ne te fais pas confiance. Ni à toi, ni à ton double blond. Ainsi pour éviter tous désaccords, il serait plus juste d'instaurer un système de votes.

La Reine Rouge s'enflamma, furieuse.

- Quoi ? Hors de question ! Moi et Cassiopée avons toujours dirigé le Grand Conseil, le système est très bien comme il est, ne viens pas tout chambouler juste pour une envie soudaine de pouvoir Jackson !

Le jeune homme sourit, agacé, et posa une main sur l'épaule dénudée de la serpentarde, caressant la peau douce qui se trouvait sous ses doigts.

- Voyons ma chérie, tu sais aussi bien que moi que tu n'es plus en mesure de décider. Imagines que tout le monde apprennes ton petit secret... que diraient-ils ? Ton père, tes oncles si fiers de toi, tes admiratrices et puis...Cassiopée ? ... Quelle honte !... Tu ne veux tout de même pas que cette abomination soit révélée ? Allons, je ne te demandes rien d'extravagent. En tout cas, rien que tu ne puisses pas m'accorder, après tout...tu accordes tout tellement facilement aux hommes...hm ?

Il y eut aussitôt droit à un regard noir qui en disait long sur ce qu'il lui inspirait. La belle brune rapprocha ses lèvres de celles du serpentard, et le regarda droit dans les yeux, d'un air malicieux et charmeur.

- Bien évidemment, dit-elle. Le Grand Conseil est à toi, j'espère cependant que tu en feras bon usage.

Acquiesçant avec prétention, il lui fit une petite révérence moqueuse, et s'éclipsa vers le château. Restée seule, Juliana descendit les marches qui menaient au parc de Poudlard, un sourire étirant ses lèvres fines et pourpres. Une lueur dansa dans ses prunelles, et dans un simple murmure elle se parla à elle-même.

- Oh, oui je t'accorderais tout ce que tu voudras Antony Lucas Jackson, souffla-t-elle. Mais dès lors où tu auras le pouvoir entre tes mains, je ferais en sorte de retourner chaque élève, chaque pierre, chaque infime grain de poussière de cette école contre toi, et tu perdras tout ce que tu auras voulus construire. Je m'arrangerais pour te pourrir la vie à un tel point que tu n'imagines même pas...

Ses paroles résonnaient comme une promesse, et ses traits se déformaient par le plaisir, peut-être même par la délectation profonde de ces desseins secrets...Les dés étaient jetés, il ne restait plus qu'à attendre le résultat...


PART IV


La pièce était froide, à moitié plongée dans l'obscurité, et il y régnait un silence profond, seulement perturbé par le bruit sinistre des gouttes d'eau qui s'écrasaient sur le sol moisi. C'était un des cachots les plus obscurs du château, personne ne s'y aventurait, et encore moins en connaissaient l'existence. Non loin du repaire des serpents, il y était raccroché par un passage secret, lui même dissimulé dans une pièce secrète, accolée à la salle commune des verts. Il se cachait derrière les murs des dortoirs, un vrai labyrinthe, renfermant autant de secrets que d'horreurs. Au milieu de la pièce, une silhouette courbée vers l'avant, et attachée à une chaise, se dessinait dans la pénombre. De longs cheveux d'or retombaient par l'avant, cachant le visage de la jeune femme, dont la lèvre supérieur saignait, fendue par un coup violent. Une faible respiration s'échappait des lèvres pulpeuses de la gryffondor, et bientôt ses paupières bougèrent, pour finalement s'ouvrir peu à peu.

Un gémissement de douleur remonta dans sa gorge, et elle se redressa sur sa chaise. Ariana avait mal partout, et sa tête n'était plus qu'une timbale sur laquelle ont tambourinait. C'était comme si les bruits résonnaient à l'intérieur d'elle, provoquant une violente migraine. Elle avait été battu. Hélas, Ariana n'avait pas vu son visage, mais c'était un homme, elle avait reconnu une voix masculine. La jeune fille regarda autour d'elle, constatant avec horreur les lieux qui l'entouraient. Les murs étaient moisis, dégoulinant d'humidité, et il faisait si sombre, si froid... Ariana claqua des dents. On lui avait attaché les mains à la chaise, et ses liens semblaient solides. Elle ne pourrait se détacher seule. Mais qui pourrait venir la libérer... personne ne savait où elle se trouvait...


Un nouveau chapitre encore ! =) J'espère qu'il vous a plu, et surtout laissez des reviews ! =) A bientôt pour le chapitre 4 ! =)