Me revoilà avec un nouveau chapitre ! Celui-ci sera divisé en deux parties, je vous présente donc la première ! =) En espérant que ça vous plaira, n'hésitez pas à donner votre avis ! Bonne lecture !


CHAPITRE QUATRE " LE BAL"

PREMIÈRE PARTIE : PAS DE NÉGOCIATIONS!


PART I


C'était le grand jour. Le Bal de la rentrée se déroulerait, à partir de 20h au soir. Tous les préparatifs avaient été mis en place pour que ce soit parfait. Rien n'avait été laissé au hasard. Ce début d'année s'annonçait inoubliable... Sûrement tout aussi inoubliable que seraient les conséquences de cette soirée. Ne dit-on pas que les bals, sont tous destinés à se terminer tragiquement ? N'est-ce pas ce qui caractérise un bal, finalement ? L'intérêt qu'il porte chez chacun, les dégradations et les remises en question qu'il apportera ? A tous les égards, les bals étaient ce qu'un bon stratège espérait de mieux pour se jouer de son ennemi. C'est ce qu'Antony espérait. Il voulait par dessus tout que cette soirée soit celle qui annoncerait une nouvelle ère. Son ère. La fin des Reines Serpentardiennes. Le début de la fin, dirons nous plutôt. Car le soir-même débuterait leur descente aux enfers. Enfin, les deux diablesses retrouveraient leur source d'inspiration, leur tanière, leur trône de feu. La Reine Rouge avec ses regards flamboyants, sa rage brûlante, pourrait s'assoir à côté de la Reine Noire, parfait bloc de glace aux deux éclairs foudroyants, et ainsi elles formeraient sous-terre le parfait duo. C'était ainsi qu'Antony le voyait. Si l'une devait disparaître, l'autre la suivrait. Ca ne pouvait être autrement. En outre, Antony avait un plan. Ce n'était pas n'importe quel plan. C'était un plan qu'il avait mis des jours à concocter : à présent, il était prêt. Il faudrait du temps, mais ce soir, juste ce soir, il savait qu'une grande partie du travail serait effectué.

Le jeune homme tourna son regard vers l'horloge accrochée au mur du dortoir. Les aiguilles suivaient leur chemin de ronde, et Antony soupira. Bientôt, la plus petite d'entre elles se posterait devant le huit écrit en chiffres romains. Il termina de nouer sa cravate convenablement, autour du col de sa chemise blanche. Enfilant sa veste noire, et remettant de l'ordre dans sa tignasse tout aussi sombre, puis comme si ce geste était routinier, il se dirigea avec lenteur vers le troisième tiroir de sa table de chevet. Il en extirpa un cadre doré. Sur la photo, une jeune fille brune, aux yeux noisettes lui souriait, assise sur le banc d'un parc au décor automnal. Le visage de la jeune femme était joyeux, et elle jetait dans la direction du photographe un amas de feuilles marrons et oranges, en riant aux éclats. Les traits d'Antony se durcirent à la vue de la belle brune, et il reposa presque violemment le cadre dans le tiroir, avant de le refermer. Sans regarder derrière lui, il claqua la porte de la chambre.

La Grande Salle était magnifique. Décorée aussi habilement que les années précédentes. On pouvait remercier le doigté et le goût certain, des deux serpentardes pour l'élégance apportée à la pièce. Splendide. De fins rubans dorés retombaient comme un rideau devant les grandes portes ouvertes, attachés à l'encadrement de bois. Il fallait pousser cette fine et brillante muraille pour pouvoir entrer, et lorsqu'Antony le fit, il fut subjugué. La salle était presque pleine, et de la musique déjà s'élevait dans un rythme doux, et lent. Le jeune Jackson observa les élèves un à un, recherchant parmi la foule un visage familier. Près de la grande estrade, où musiciens et chanteurs étaient déjà installés, se trouvaient la bande des Anderson. Callum et Caleb, identiques, se tenaient l'un à côté de l'autre, jetant des regards partout autour deux...comme s'ils cherchaient quelqu'un. Mais Antony ne s'y intéressa pas très longtemps. Les frères Anderson n'avaient pas de raison d'être inquiets ce soir. Tony' avait des cibles bien plus passionnantes. Des proies plus difficiles à attraper. Une chose était sûr : la chasse était ouverte, il ne restait plus qu'à attendre que le serpent sorte de son trou...


PART II


- Hey toi ! T'as pas vu ma soeur ?

Le première année que Caleb interpela, presque méchamment, secoua la tête négativement et s'enfuit en accélérant le pas. Le jeune Anderson commençait à réellement s'inquiéter pour Ariana : il ne l'avait vu nulle part depuis hier soir. Il était inconcevable pour lui qu'elle puisse disparaître ainsi sans laisser de trace, et sans prévenir personne. Callum, tout à côté, sembla poursuivre cette même réflexion et donna un coup de coude à son frère. D'un mouvement de tête, il montra une jeune femme brune à quelques mètres, plutôt élancée, un visage en forme de coeur et des yeux noisettes. Sylviana Roswood, la meilleure amie d'Ariana, semblait également rechercher la jeune fille, jetant des regards un peu partout dans la Grande Salle. D'un comme un accord, Callum et Caleb se séparèrent.

Callum alla rejoindre Sylviana, se postant dans son dos sans faire de bruit, et la prit par la taille, ses mains se posant sur ses hanches, en souriant largement. A coup sûr, la jeune fille allait se tourner et le gifler, bouillonnante de rage. Mais, contre toute attente, il n'en fut rien. Celle-ci sursauta, sans se retourner, et posa ses mains sur celles qui se trouvaient autour d'elle. Elle sourit tendrement.

- Ah, enfin te voilà Darren..., fit-elle, charmeuse.

Callum fronça les sourcils, il devint écarlate.

- Quoi ? vociféra-t-il. Qui est Darren ?

Sylviana fit volte face, se débarrassant des mains de Callum sur elle, comme si ce simple contact l'avait brûlé. En voyant l'identité du petit farceur, elle s'empourpra, autant de rage que de gêne.

- Qu'est-ce que tu fiches Anderson ? s'écria-t-elle en le poussant d'une main.

Il fronça les sourcils et se rapprocha, faisant fit des regards qui suivaient attentivement la scène. Sylviana lui lança un regard noir.

- Je croyais que tu venais seule au bal ? Aurais-tu changer d'avis quand cet imbécile de Darry machin-truc t'as servis le discours du cavalier parfait ? cracha-t-il comme un reproche.

Elle soupira.

- Déjà il s'appelle Darren, ensuite...ne t'avises plus jamais de poser tes sales paluches de chien sur moi ! Tu me fatigues Anderson ! lui dit-elle, agacée par son attitude digne des plus grands lunatiques.

Puis, elle esquissa un mouvement pour partir, mais Callum la retint par le poignet.

- Attends, tu as vu Ariana ? fit-il, mettant de côté son mécontentement.

La visage de Sylviana parut s'assombrir, et ses traits se fermèrent, l'inquiétude envahissant ses yeux.

- Non. Pourquoi ? fit-elle, crispée.

Il fronça les sourcils, réfléchissant intérieurement à divers scénarios qui auraient pu empêcher sa soeur de venir au bal, mais surtout de ne prévenir personne.

- J'espérais que tu me le dirais. C'était quand la dernière fois que tu l'as vu ?

Sylviana réfléchit un instant, mais son inquiétude avait disparut. Elle prononça les paroles suivants comme si elle récitait un texte apprit par coeur. Callum ne prêta cependant pas attention à la fausse inquiétude de la jeune fille.

- Hier soir, dans la chambre avec les autres, mais je me suis endormie avant elle. Quand je me suis réveillée, elle n'était plus là. Je pensais qu'elle avait filé à la bibliothèque ou qu'elle était avec vous...Puis - elle sembla faire un effort colossal pour se souvenir - ...j'ai trouvé un mot sur son lit.

- Pourquoi est-ce que tu ne l'as pas dit plus tôt ? s'énerva-t-il.

Sylviana parut gênée, mais bien au delà de la crispation de sa mâchoire, et de ses mains qui s'étaient soudain jointes nerveusement, Callum perçut dans son regard une lueur étrange, qu'il ne su identifier.

- Parce que...je ne pouvais pas, fit-elle, ses yeux fixés sur le sol et la respiration courte.

Callum perdit toute trace de bonne humeur cette fois-ci, et pris Sylviana par le bras.

- Viens, dit-il en l'entraînant vers la sortie.


PART III


- Essaye de te souvenir Sylviana ! Où étais posé le mot ? asséna durement Caleb.

Lui et son frère faisaient face à la gryffondor, et tentaient d'obtenir des réponses claires. La jeune fille semblait perdre la mémoire de minutes en minutes, alors que certains mots lui revenaient souvent en bouche. " Ne pas le dire", "Ne rien faire", "N'alerter personne", "Ils ne doivent pas savoir". Callum avait vu dans les prunelles de Sylviana une chose étrange, dure, inhabituelle. Il avait aussitôt pris la situation en mains, et avait rassemblé la gryffondor et son frère, dans la salle commune. Assise sur une chaise, la lionne regardait avec des yeux vitreux les deux frères. Depuis qu'ils lui posaient des questions sur Ariana, essayant de remonter la piste, son état se dégradait rapidement.

- Il...sur la...je ne sais pas. Je me souviens pas! pleurnicha-t-elle en cachant son visage en larmes dans ses mains.

Callum s'accroupit pour se mettre à sa hauteur, un peu plus doux que son frère, et posa ses mains sur les genoux de la jeune fille.

- Tout va bien Sylviana. On te promets qu'on va arranger ça. Mais pour le moment, on a besoin de savoir tout ce dont tu te souviens. C'est important! Que disait exactement le mot ? dit-il doucement.

De son côté, les bras croisés, Caleb semblait perdre patience. La gryffondor releva la tête, et arrêta de pleurer. Mais ses traits soudain se modifièrent, et un visage fantomatique apparut à la place de celui, aimable, de Sylviana. Ses yeux, anciennement marrons, devinrent blancs et l'iris, perçante, se colora de rouge. Alors, un large sourire se forma sur les lèvres transparentes de la jeune fille. Un sourire maléfique, qui bientôt s'élargit en déchirant la limite de la peau. Comme un clown maquillé de blanc et de rouge, le visage de la gryffondor s'était totalement métamorphosé.

Callum et Caleb reculèrent, autant surpris qu'effrayés. Sylviana semblait possédée par un esprit fait de magie, et les deux frères pensèrent en même temps à une forme de magie très spéciale, que seuls certains élèves utilisaient...

- Où es Ariana ? rugit Caleb à l'intention de l'esprit maléfique.

Celui-ci alors, poussa un rire aigu, presque incontrôlé, et qui leur glaça le sang. Callum n'arrivait même plus à parler, assis par terre, renversé par la surprise de la transformation de la charmante Sylviana en cette chose immonde et terrifiante. Mais ce n'était pas fini, le visage se contracta dans un bruit d'os brisé qui fit grimacer Callum et un filet de sang s'échappa des lèvres presque transparentes du visage.

- Votre heure est arrivée frères Anderson. Les enfants du courage n'existeront bientôt plus que pour se soumettre aux dignes héritiers du pouvoir. Soumettez-vous, ou certains de vos joyaux périront par votre faute. Faites vite, car le temps des négociations est révolu.

Un cri atroce suivit ses paroles, et l'esprit sembla alors retourner à l'intérieur du corps de Sylviana. Comprenant que cette chose n'allait ni partir ni abandonner sa mission, Callum esquissa un geste vers elle, mais son frère le retint. Cette forme de magie était trop puissante pour eux. Ils ne pourraient pas faire sortir l'esprit du corps de la jeune fille. Aussi, il faudrait alors l'emmener voir une personne qualifiée. Le visage de Sylviana réapparut petit à petit, tandis que le cri strident s'atténuait. Mais alors qu'il disparut dans son intégralité, il laissa à la jeune fille un regard vitreux, des traits figés, et une bouche si pâle qu'on ne distinguait presque plus la différence entre ses lèvres et sa peau. Elle retomba sur le sol, amorphe.

Les deux frères osaient à peine respirer.


PART IV


La fête battait son plein, et Antony se resservit une troisième coupe de champagne. Evidemment, la discrétion était de mise étant donné que les élèves n'avaient droit qu'à de la bierreaubeurre, ce qui ressemblait plutôt pour Antony à du jus de citrouille. Il préférait largement les soirées du club de Slughorn, où il buvait toujours un verre ou deux de whisky pur feu avant de partir. Le jeune homme reposa la coupe vide, et mis ses mains dans ses poches. Jusque-là, pas de trace de la Bête à talons, ni de son acolyte reine des glaces, mais il était certain que très bientôt elles se montreraient. Il ne restait plus qu'à attendre...et puis ce genre de bestioles ne se montraient que lorsqu'elles le souhaitaient, Antony le savait parfaitement.

- Méfies-toi, Dumbledore serait même prêt à sentir ton haleine, fit une voix, sarcastique.

Le jeune Jackson jeta un coup d'oeil à sa droite. Une jeune femme blonde, aux yeux bleutés, le regardait avec un sourire narquois, piquant sur le buffet un petit-four avec ses doigts aux ongles parfaitement manucurés, vernis de rouge. Couleur qui, à en juger par sa tenue, était mise à l'honneur. Ses cheveux dorés comme les blés retombaient en cascade sur ses épaules, et constrastaient à merveilles avec le rouge vif de sa longue robe moulante. Elle arborait un décolleté plongeant, et à partir de sa cuisse, le tissu fendu dévoilait de fines et appétissantes jambes, sur talons aiguilles. En la regardant, un sourire enjôleur apparut sur les lèvres du Donjuan, il enfourna un "amuse-bouche", comme dirait les français, dans la sienne, tout en observant sans gêne la jeune femme.

- On ne m'avait pas dit que c'était un bal costumé, je t'aurais amené une fourche et des cornes, pour aller avec le reste de ta tenue.

Les traits faussement aimables de la serpentarde demeurèrent les mêmes, mais la flamme, jusque-là endormie, de son regard, devint soudain un feu brûlant. Elle s'approcha du jeune homme séduisant, et posa une main sur son bras, lui faisant un regard caressant, et un sourire mielleux tellement faux que pas une seule seconde, Antony ne s'y trompa.

- Tu ne te doutes même pas de la véracité de tes paroles mon cher Jackson. Du reste, j'attends que tu m'invites à danser, mais puisque tes bonnes manières laissent à désirer, je ne te laisses donc pas le choix, fit-elle.

Puis, sans crier gare, elle attrapa sa main, et le fit avancer jusqu'à la piste. Elle posa la main du jeune homme sur sa taille, ne le quittant pas des yeux, et il entamèrent un danse lente, presque ensorcelante pour quiconque l'observait. Ils bougeaient au rythme de la musique, qui soudain avait pris des airs de piano, et de violons. La mélodie raisonnait dans la tête d'Antony, si bien qu'il finit par s'en imprégner complètement. Il ne faisait même plus attention à ses mouvements, il glissait, et emportait Cassiopée avec lui, hypnotisé par le regard flamboyant de la jeune femme. Etrange. Il avait toujours pensé que sa froideur ne pouvait fondre, ne pouvait disparaître, mais ce soir, c'était comme si la couche de glace avait été réduite en poussière par le soleil, et qu'une couche liquide, volcanique coulait dans les yeux de la diablesse. Un volcan, voilà ce qu'elle était : brûlant, dangereux, meurtrier. Antony du faire appel à son instinct de survie pour ne pas se laisser envoûter par la jeune femme et la musique qui s'élevait dans les airs. Mais ses prunelles sombres se posèrent sur les lèvres sanglantes de la sorcière, ses même lèvres qui s'étirèrent en un sourire malicieux.

- Je sais ce que tu essais de faire..., souffla-t-il, trouvant l'usage de la parole.

Elle fit une mine boudeuse, presque enfantine.

- Pourquoi vois-tu toujours le diable partout ? fit-elle d'une voix mielleuse.

Dans leur valse incessante, Antony rapprocha le corps de la jeune femme, et sa main se resserra sur sa taille.

- Parce que je danse avec lui, rétorqua-t-il.

Ils s'éloignèrent, et le serpentard la fit tourner. Sa chevelure blonde virevolta dans les airs, et revint s'éparpiller sur ses épaules fines. Elle fit un large sourire.

- Tu marques un point. Moi qui finissais par te croire stupide..., dit-elle, faussement impressionnée.

Il ne dit rien, et ils continuèrent à danser. Autour d'eux, les élèves les regardaient avec appréhension. Il s'attendaient tous à assister à une explosion de rage et de colère. La reine Cassiopée et l'idole des Serpentards...un seul grain de poussière pouvait faire basculer la balance dans le mauvais sens.

- Pourquoi vouloir énerver Juliana ? Je vous croyais presque soeurs, fit remarquer Antony.

Cassiopée fronça les sourcils. La mélodie ralentissait, pour reprendre d'autant plus fort après, continuant inlassablement à faire bouger en rythme les deux serpentards.

- Rectification : tu es stupide, répondit-elle.

Cette fois-ci, elle déclencha un sourire satisfait sur le visage du jeune homme. Il savait qu'il avait marqué un autre point, elle ne voulait seulement pas l'admettre.

- Pourquoi ? Parce que j'ai vu juste ? Essaies donc de dire la vérité pendant une minute. Tu ne serais pas ici, avec moi, en train de danser comme tu le fais, si tu ne savais pas pertinemment que Juliana nous regarde en ce moment-même. Réfléchis, sois maligne, je sais que tu le peux. Tu n'ignores pas à quel avenir elle et moi sommes promis. Pourquoi serait-elle mariée, propulsée au sommet, avant toi ? Quelle injustice...quelle honte. Contrarier le chemin tout tracé de ta très chère soeur, serait parfait pour la doubler, pour enfin avoir l'attention à toi toute seule. Lui voler la vedette serait tellement...alléchant,souffla-t-il à son oreille.

Cassiopée releva le menton, lui jeta un regard indéchiffrable : haine, rage, jalousie se mélangeaient en elle aussi violemment qu'elle aurait pu frapper de son courroux le jeune homme. Sa tête était dans son cou, à la hauteur de son épaule, et lui, venimeux, lui soufflait avec audace des paroles aussi vraies que l'était ce moment.

- Est-ce une proposition que j'entends-là ? murmura-t-elle. Je ne te savais pas aussi versatile. Mais même si tes paroles avaient du sens, saches une chose : j'aurais toujours une longueur d'avance. Ne joues qu'avec des partenaires à ta taille Antony, laisses les affaires des plus malins à des mains plus expertes que les tiennes. Toi et Juliana pouvez bien vous marier, et avoir des enfants, être les plus respectés et les plus riches...tous les deux savaient très bien que tu désires tout autre chose...et devines quoi...

Ecoutant attentivement ses paroles, Antony sentis la bouche de la jeune femme effleurer son oreille : " C'est moi qui l'ai..." lui souffla-t-elle.


PART V


La valse des deux serpents sur la piste de danse ne passa pas inaperçu. Tandis qu'Antony et Cassioppée s'affrontaient, jouant de leur ruse et de leurs charmes respectifs, deux yeux faits de gris et de bleus observaient attentivement la scène, non sans une pointe de jalousie. Bien que Juliana ne se soit pas encore dévoilée à son cavalier officiel jusqu'à maintenant, elle avait bien l'intention d'obtenir de lui ce qu'elle souhaitait. Cependant, l'attitude de Cassiopée anima chez la jeune femme brune une certaine méfiance, plus encore : de la rancune. Furieuse de voir Jackson ainsi profiter de son rôle de cavalier pour faire danser sa soeur, Juliana ne perdit pas une miette du spectacle, dégustant par la même occasion une cerise, et croquant dans le fruit avec rage. Le jus qui s'échappa de la petite boule rouge vint se poser sur les lèvres de la jeune femme. Même si la beauté de Cassiopée dépassait ce soir là l'entendement, Julia', elle, avait mis toute son application à imposer sa présence par son côté sombre. A l'opposé de sa soeur vêtue de rouge, Juliana portait une robe noire longue et brillante, à l'étoffe brodée d'arabesques bordeaux. Près du corps, ne dévoilant ni jambes, ni pieds, la longue robe descendait jusqu'au sol, et traînait derrière la silhouette fine de la serpentarde comme une traîne de mariée. A l'inverse de Cassiopée, encore une fois - et l'on pouvait se demander si ce n'était pas pour éviter de se faire mutuellement de l'ombre -, Juliana n'arborait pas de décolleté plongeant, mais un bustier qui enserrait sa taille délicieuse, et dont le tissu se rattachait à son dos en un seul croisement. Mais pour appuyer la sensualité de sa tenue, l'intégralité - à l'exception du croisement de tissu retenant le haut de la robe à sa place - du dos de la jeune femme était nu. De ses omoplates à ses reins, aucune barrière de tissu ne cachait la peau tendre et velouté de la serpentarde, déclenchant les regards jaloux des unes, et appréciateurs des autres.

Et elle passait entre les tables rondes, d'une démarche lente et gracieuse, les yeux rivés sur Antony et Cassiopée. Elle les observait, son regard épousant les formes des deux partenaires. A chaque rapprochement des deux corps, les iris de la jeune femme flamboyaient, et devenaient incandescents. La colère l'inondait mais pourtant ses traits demeuraient si durs, si fermes, ne bougeant point : figés dans le marbre de son visage. Les élèves lui cédaient sans réplique le chemin, et elle perçait la foule sans effort, se rapprochement de la piste de danse. Une drôle d'aura l'entourait, et bientôt tous eurent les yeux sur elle, comme si son corps était traversé de milliers de rayons lumineux. Mais Juliana ne se souciait guère des regards des autres, sa colère l'aveuglait trop pour qu'elle puisse se maîtriser. Alors, comme l'on fauche le blé dans les champs, un bras s'empara de la taille de la jeune femme, et l'emporta avec lui. Ce fut soudain, bref, et incapable de réagir à la rapidité du mouvement de l'inconnu, Juliana se laissa faire.

Ce ne fut que lorsqu'elle se tourna vers l'inconnu qui avait stoppé sa course, qu'elle pu en reconnaître les traits. Aussitôt, son visage se déforma, et elle repoussa les mains du jeune homme. Il l'avait emmené derrière l'estrade où les musiciens jouaient, et derrière, personne ne pouvait ni les voir, ni les entendre.

- Ne me touches pas avec tes sales pattes de déchet humain ! rugit-elle.

Caleb fit un sourire narquois, et relâcha la jeune femme.

- Crois-moi je n'ai pris aucun plaisir à me contaminer de ta sale maladie, rétorqua-t-il.

Il lui faisait face, beau, grand, fort, et alors la jeune femme paraissait si petite, si menue à ses côtés, qu'on aurait pu croire qu'elle deviendrait un être frêle devant lui, mais bien au contraire elle n'avait jamais parut aussi forte et véhémente. Les deux ennemis se regardaient fixement, et chacun tentait d'impressionner l'autre, faisant fi de la musique et des circonstances.

- Que veux-tu chien ? asséna-t-elle en crachant avec dégoût le dernier mot.

Il fit un large sourire, toujours moqueur.

- Oh, mais je suis venu voir si la soirée était à votre goût ma chère, fit-il, appuyant chacun de ses mots avec ironie.

Si elle avait été un animal pourvu de griffes et de longues canines, Juliana aurait certainement retroussé ses lèvres sur ses dents et aurait grogné, comme enragée.

- Elle se passerait à merveilles si votre maudite présence ne gâchait p...

- Trêves de plaisanterie ! la coupa-t-il en saisissant son poignet, le regard dur et menaçant. Où est ma soeur ?

Juliana n'en fit rien paraître mais à ce moment là, la surprise s'empara complètement d'elle. Elle ne connaissait pas vraiment la petite Ariana, mais il planait autour d'elle un drôle de mystère. En effet, pour une raison qu'il lui était inconnue, aucun serpentard ne s'en était jamais pris à elle. Maintenant qu'elle se posait la question...Juliana ne comprenait pas pourquoi. La petite poupée blonde qu'ils gardaient précieusement sous leur aile, représentait un très bon moyen de pression. Ils en avaient bien parlé durant le Grand Conseil, mais personne n'avait voulu toucher à la soeur des Anderson. Un tel dégonflement chez les verts n'était pas naturel, et bientôt la jeune femme en chercha les raisons. Le Grand Conseil était, les années précédentes, dirigé par les anciens septièmes années, tels que Malefoy, Black, et c'était toujours refusé de s'en prendre à Ariana. Plus encore, le sujet était devenu tabou. Phénomène inexpliqué et d'autant plus étrange, qu'avec le temps la jeune Anderson était devenue une Intouchable. Les Intouchables étaient les élèves, ou les professeurs - bien que ce soit rare - figurant parmi la liste des seules exceptions que les verts et argents ne pouvaient faire chanter, humilier, punir ou soumettre. Chaque membre du Grand Conseil avait droit à un Intouchable. Pour Juliana, c'était sa cousine Anya, qui était entrée il y a deux ans à Poudlard, à serpentard. Pour Jared, c'était son frère Davon, en cinquième année à poufsouffle. Pour Enzo, sa meilleure amie, serdaigle, Elena. Antony, lui, n'en avait pas. Tout comme Cassiopée. Ces deux-là ne tenaient pas assez aux autres pour s'en préoccuper.

Il était alors incroyable qu'une gryffondor, soit considérée comme une Intouchable. Plus improbable encore quand on savait qu'elle ne figurait pas sur les listes officielles des Intouchables, listes qui se trouvaient bien évidemment en sureté dans le repaire des serpents. Mais bien que les pensées de Juliana la tiraillaient de toute part, elle reporta son attention sur Caleb Anderson qui lui faisait face, emprisonnant fermement son poignet dans l'étau de fer qu'était sa main. Elle releva le menton, et fière, arbora un sourire satisfait.

- Pourquoi mon cher, l'aurais-tu perdu de vue par hasard ? fit-elle, mielleuse.

Celui-ci perdit définitivement patience, et fondit sur Juliana tel un lion sur sa proie. Il enserra cette fois-ci, de ses mains le cou gracil de la jeune femme. Pas le moins du monde surprise et impressionnée, elle continuait à lui sourire. Elle ne se démonterait pas, à l'instar de Caleb.

- Dis-le moi ! tonna-t-il, son visage à quelques centimètres du sien. Ou je jure de te briser le cou d'un seul mouvement.

Ce fut alors un rire qui accueillit sa menace. Les nerfs du jeune homme n'allaient pas tarder à lâcher.

- Pourquoi crois-tu que j'y suis pour quelque chose ? Crois-tu que je perdrais mon temps à m'occuper de ta petite soeur alors que je peux directement m'occuper de toi ? Grave erreur ! Je n'arrives jamais à de tels moyens si peu ingénieux pour avoir ce que je souhaites.

Juliana saisit alors sa baguette et d'un rapide mouvement, la pointa sous le menton du jeune lion. Celui-ci ne bougea pas d'un pouce, mais desserra peu à peu sa prise. Il resta cependant sur ses gardes.

- Je sais que l'un d'entre vous est responsable, dit Caleb, le regard noir. Peu importe que ce soit toi, ou Blondie, si Ariana n'est pas revenue dans le courant de la soirée, je te promets que cette année sera véritablement ta dernière.

Juliana releva un sourcil, et appuyant un peu plus sa baguette sur la trachée du jeune homme, elle se rapprocha et vint planter ses yeux dans les siens, émeraudes.

- Est-ce une menace de mort ? Parce que je crains que ni toi, ni ton frère, ne puisses la mettre à exécution. Tu vois, le problème avec votre race inférieure, c'est que vous n'êtes pas capables d'arriver au bout de vos projets. Alors que si moi, je décidais de ...disons, torturer pendant des heures et des heures ta soeur, voire de la faire complètement disparaître...je le ferais sans aucune sorte de problème. Et tu sais pourquoi ...? fit-t-elle, d'une voix enfantine. Parce que je n'en ai rien à faire..., lui souffla-t-elle à l'oreille.

Caleb sera les dents, et attrapa la chevelure de Juliana d'une poigne ferme, dévoilant son cou et sa peau fine. Il dirigea sa bouche vers son oreille, tout comme elle l'avait fait précédemment, et lui murmura quelques mots.

- Tu serais surprise de voir chez les lions quelques similitudes avec les serpents. Tout comme vous, nous guettons notre proie avant de lui sauter à la gorge, et de n'en faire qu'une bouchée. Sois sûr que j'attendrais le moment propice pour me débarrasser de toi, et si toi, ou quelqu'un d'autre, s'en prenais à Ariana... je promets de mettre à exécution cette menace.

Juliana sourit.

- Que de vilaines promesses sortant d'une bouche aussi jolie...ironisa-t-elle. Voyons Caleb...tu viens me trouver pour me menacer et exiger qu'on te rende ta soeur. Mais as-tu seulement pensé à négocier ?

Il la repoussa, et elle abaissa sa baguette, la replaçant dans son bustier, ni vu ni connu. Elle fit un sourire moqueur.

- Négocier ? Avec toi ? s'insurgea-t-il.

La jeune femme leva un sourcil surpris.

- Tu veux retrouver ta soeur...oui, ou non ? fit-elle.

Le gryffondor était en plein dilemme. Accepter de négocier avec un serpent, sans être sûr que ça lui soit bénéfique, ou alors refuser, déclencher sa colère, et être certain cette fois-ci de ne plus retrouver Ariana. Même si cela lui coûtait, il préférait voir ce que Blackwood proposait avant de prendre une décision.

- Laisses-moi deviner, tu négocies la libération d'Ariana avec tes charmants camarades, et en échange tu exigeras quelque chose de moi ?

Elle eut un sourire mais afficha une mine boudeuse. Elle tripota un instant la cravate de Caleb, plus pour l'énerver et le mettre mal à l'aise, que par l'envie d'une telle proximité. Il restait malgré leur futur arrangement, son ennemi.

- Quelle perspicacité ! commenta-t-elle avec moquerie.

Le regard de Caleb se fit dur, et il redevint sérieux.

- Je ne plaisante pas. La meilleure amie de ma soeur a été ensorcelée pour couvrir la disparition d'Ariana. Toi et moi savons que l'utilisation de la magie noire n'est pas une habitude des gryffondors. Alors dépêches-toi d'annoncer le prix que tu exigeras en échange de ma soeur. Je n'ai pas de temps à perdre.

Cette fois-ci, Juliana comprit. En effet, la magie noire n'était utilisée que des serpentards, fiers héritiers de cet enseignement interdit. Ensorceler une élève, contrôler ses actes et ses paroles relevait d'un niveau plutôt élevé, ce qui menait les réflexions de Juliana directement vers une seule personne... La jeune femme jeta un regard flamboyant au lion, et dans un large sourire victorieux, s'éloigna d'un pas. Son visage avait une expression étrange, comme s'il avait été illuminé par une quelconque révélation. Caleb ne s'était pas aperçu de son erreur. La seule raison pour laquelle Juliana avait suggéré des négociations, c'était par pur curiosité : jusqu'où les frères Anderson iraient pour retrouver leur jeune soeur ? Mais à présent qu'elle savait qui avait organisé cet enlèvement, des négociations semblaient impossibles.

- Navré mon cher, mais je crois que la donne a changé. Des négociations entre toi et moi semblent corrompues à présent. Tu apprendras plus tard qu'il est préférable de livrer peu d'informations à son ennemi. Bonne chance pour retrouver ta soeur, fit-elle avec un sourire narquois, qui fit enrager Caleb.

Ce dernier avança d'un pas pour rattraper la jeune femme, mais elle avait déjà disparue dans un ricanement, derrière les fins rideaux qui cachaient les coulisses destinées à entreposer les instruments nécessaires aux musiciens. Le gryffondor perdit tout contrôle en comprenant qu'il s'était fait rouler. " A coup sûr, pensa-t-il. Elle avait saisi dans mes paroles quelque chose qui m'échappe à moi-même". Entrant dans une rage folle, se maudissant d'avoir raté l'occasion de retrouver Ariana, Caleb donna un violent coup dans un piano qui se trouvait là. Le bruit fracassant fut couvert par la musique ambiante, et le lion partit en direction du hall d'entrée.


PART VI


Juliana ayant échappé à des négociations imprévues avec Caleb Anderson, celle-ci se félicita d'avoir poussé son ennemi juré à baisser sa garde. Ainsi, Cassiopée avait entreprit de se servir d'Ariana pour atteindre les frères jumeaux. La jeune femme contenait tant bien que mal sa colère contre sa soeur qui ne lui avait pas parlé de ces desseins secrets. En effet, Juliana avait très bien reconnu les méthodes de Cassiopée : la magie noire était un des jouets favoris de la jeune femme blonde, et son niveau excellait dans ce domaine. Le père de Cassiopée était un très bon sorcier, surtout lorsqu'on abordait cette forme de magie. Il était donc normal que la jeune femme ait hérité des mêmes avantages. Pour sa part, Juliana pratiquait sans grande conviction, forcée par ses deux parents. Mais il y avait quelque chose de purement Cassiopéen dans cette manière de procéder. La discrétion tout d'abord : elle avait ensorcelé la meilleure amie d'Ariana pour couvrir sa disparition, atténuant donc les inquiétudes de l'entourage. Puis, la sournoiserie de cet enlèvement : pas une seule seconde Juliana ne s'était rendu compte des plans de Cassiopée. Et c'était bien là le problème, la jeune femme n'était pas à l'abri de mauvaises surprises...

Alors qu'elle avait disparut derrière les rideaux, elle se retrouva dans une pièce sombre, à peine éclairée par un filet de lumière blanchâtre venant d'une fenêtre. Un peu partout, des timballes, des guitares, des pianos, et d'autres instruments encore étaient posés là, certains recouverts par des draps fins pour ne pas les abîmer. Juliana traversa la petite pièce, qui était en fait un placard agrandit par Dumbledore qui l'avait aménagé comme entrepot pour les musiciens. Les bruit des talons de la jeune femme résonnaient contre le sol de marbre, mais alors qu'elle avançait d'un pas déterminé et rapide vers la sortie, elle s'arrêta net. Retenant son souffle avant d'étirer ses lèvres en un sourire moqueur, Juliana entendit une respiration derrière elle.

- Je me demandais quand viendrait le moment où tu...commença-t-elle en se retournant.

Mais lorsqu'elle reconnu la fine silhouette de la serpentarde, elle se tu immédiatement. Ses yeux lancèrent des éclairs sans qu'elle ne s'en rende compte, et elle devint soudain hautaine, comme si la jeune fille en face d'elle n'était rien d'autre qu'un parasite inintéressant qu'elle aurait voulu écraser comme un moustique.

En effet, Hanna Robins se tenait là, les mains tremblantes, mais déterminée à accomplir la mission qu'elle s'était donnée. Elle ne bougea pas d'un pouce, attendant que Juliana la reconnaisse.

- Toi, fit celle-ci froidement. Que fais-tu ici ?

Hanna s'avança alors, et se mit à la hauteur de la septième année.

- J'ai pensé que ce que j'aurais à te dire t'intéresserais...annonça-t-elle, sans se démonter.

L'observant à présent avec intérêt, Juliana releva un sourcil interrogateur. Décidemment, ce bal était placé sous le signe des surprises...


Merci d'avoir lu ! =) Non ne me tuez pas ! Je sais que je vous laisse dans un terrible suspense mais vous en saurez plus dans la deuxième partie de ce chapitre ! A bientôt ! :P