Base : Harry Potter
Titre : L'amour d'un père
Genre : Romance, slash (relation homosexuelle)
Rating : T = pour les ados, peut légèrement aborder quelques thèmes "adultes" (13 ans et +)
Personnages : La famille Potter & la famille Malfoy principalement
Disclamer : Eh oui, tout appartient à la grande JK Rowling qui nous autorise à jouer avec son univers et ses personnages. Merci à elle. Par contre l'intrigue m'appartient, même si je ne toucherai pas d'argent dessus.
Résumé : Draco veut donner une bonne éducation à son fils Scorpius avant qu'il n'aille à Poudlard. Il se sent compétent pour lui enseigner la plupart des matières, mais songe à Potter et aux cours qu'il donnait en 5è année, pour la DCFM. Il va donc lui proposer de devenir professeur particulier au manoir Malfoy. Harry accepte à condition que son fils Albus puisse aussi assister à l'ensemble des cours.
Avertissement : Il sera question, dans cette fic, de romance entre deux hommes (sans lemon). Homophobes, passez votre chemin ! Il s'agit d'une fic plutôt familiale ; ne vous attendez pas à un Drarry tout de suite !
Notes : Bonsoir ! Ce nouveau chapitre est un peu plus court que les précédents, mais il me plaît bien comme ça ^^ J'espère que vous apprécierez aussi. Bonne lecture !
Chapitre 92
— Je ne regrette pas d'avoir pris cette décision, déclara Harry en se mettant au lit.
— Tu as bien fait, c'est vrai. Je me suis inquiétée pour rien. Tant mieux, approuva sa femme.
Et elle avait pu se confier à son frère. Ça avait été une expérience étrange, car vraiment pas habituelle, mais positive malgré tout. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne s'était pas sentie si proche de l'un de ses frères.
— Et c'est une bonne chose que Ron soit au courant pour nous deux aussi. Je sais qu'il sera là pour me soutenir si ça se passe mal avec les autres… surtout avec papa et maman.
— Ton père ? Je l'ai rarement vu s'en prendre à l'un de vous…
Harry songea à la question.
— Je crois bien que c'est jamais arrivé, en fait. Que j'en sois témoin, je veux dire.
Ginny acquiesça.
— Tu as raison. Mais sur ce point, je préfère le comportement de maman. Papa donne l'impression de toujours tout garder pour lui. Ou de se reposer sur sa femme. En fait, je ne sais pas trop quoi en penser. Alors que maman… bah, elle ne tourne pas autour du pot : quand elle a quelque chose à dire, elle le dit. Point.
L'homme haussa les épaules. Il respectait ses deux beaux-parents autant l'un que l'autre. Ginny était leur fille, donc elle avait le droit de penser autrement. Et s'il n'avait jamais vu Arthur en vouloir à l'un de ses enfants, il l'avait en revanche déjà vu se mettre de leur côté pour les défendre, notamment contre Molly.
Harry se plaça sur le flanc et vit Ginny en faire autant, pour qu'ils puissent poursuivre cette conversation face à face.
— Donc tu penses que ton père pourrait mal réagir à notre rupture ?
La sorcière soupira.
— Franchement, je n'en sais rien, Harry. Nous verrons bien le moment venu, d'accord ? Maintenant, on sait qu'on a du monde pour nous soutenir quoi qu'il advienne. Et peut-être même que ça se passera bien, à l'instar de cette discussion que je redoutais, entre toi et mon frère.
Le brun ne put qu'acquiescer. Il se redressa légèrement pour embrasser sa femme sur la joue puis se plaça sur le dos et ôta ses lunettes. Un sourire se dessina sur ses lèvres.
— J'ai hâte d'être lundi pour parler de ce fameux dîner à Draco !
Ginny sourit à son tour. Après leur session de vol, les enfants avaient été mis au courant de ce projet et n'avaient cessé d'en parler tout le reste de la journée.
— Tu m'étonnes ! J'aurais aimé pouvoir être là pour voir sa réaction. Bonne nuit, mon cœur.
— Bonne nuit, Gin'.
-x-
Dans son lit, Albus pensait également à ce repas. Même s'il avait tenté de n'en rien laisser paraître, il n'était pas très emballé par cette proposition. Pas qu'il ne voulait pas partager Scorpius avec ses cousins, mais… En fait, si, c'était exactement ça. Il craignait que Scorpius se désintéresse de lui s'il venait à rencontrer d'autres enfants. Il n'avait rien dit au blond à propos de Kléo et Nico, parce qu'il s'agissait de membres de sa famille, mais… il savait que Rose était très jolie et intelligente. Et c'était une fille. Albus avait peur que Scorpius lui préfère sa cousine. Il comprendrait, puisque Rose avait beaucoup de qualités, mais il ne le supporterait pas. Il avait toujours aimé sa cousine, mais cette simple pensée le rendait jaloux d'elle.
-x- (dimanche)
Lorsqu'il pénétra dans la cuisine le lendemain matin, sa mère se précipita aussitôt vers lui pour le serrer dans ses bras.
— Oh, mon bébé ! Qu'est-ce qui se passe ?
— Je ne suis pas un bébé ! ronchonna-t-il par réflexe avant de passer ses bras autour d'elle en retour.
Ginny porta son fils pour le faire s'asseoir sur la table et jeta le sort d'intimité. Il avait vraiment une mauvaise mine.
— Alors, dis-moi tout, mon grand. Ça a un rapport avec tes pensées d'hier ?
— Quelles pensées ? s'étonna-t-il alors.
— Celles dans lesquelles tu étais plongé pendant que tu volais…
Albus se remémora ce moment-là et finit par constater que ça se rejoignait, en effet.
— Raconte-moi. Tu sais que je ne te jugerai pas, n'est-ce pas ?
Le garçon soupira et commença à exposer à sa mère tout ce qui le tracassait, que ce soit les secrets qu'il devait garder, sa relation avec Scorpius, et la jalousie qu'il éprouvait envers sa cousine et qui le faisait se sentir terriblement mal. Ses larmes s'étaient mises à couler et, une fois qu'il eut terminé son exposé, il se sentit complètement vide. Vide et fatigué.
— J'en peux plus de ressentir tout ça, maman. Je n'aime pas ça. J'ai l'impression de ne plus être moi…
Ginny avait reçu comme des petits coups de poignard dans son cœur à chacune des confidences de son fils.
— Je suis désolée, mon chaton. Je n'avais pas réalisé à quel point notre secret pouvait t'être lourd à porter. Les choses sont en train de changer. Mais il va falloir que tu supportes ce poids encore un peu. Je suis vraiment désolée pour ça. Pour ce qui est de ta jalousie… Ne t'en veux pas pour ça. Tu as peur, c'est normal. Tu es juste humain, Al', n'oublie pas ça, d'accord ? Ne crains pas d'en parler avec Scorpius, car il n'y a que lui qui pourra réellement te rassurer. Je sais qu'il n'a jamais rencontré Rose et que tu douteras jusqu'à ce que ce soit chose faite. Tu devrais espérer que ce repas se programme rapidement pour pouvoir enfin te libérer de toutes tes angoisses.
Elle le regarda droit dans les yeux.
— Je ne sais pas quoi te dire d'autre pour te rassurer, mon fils. Je suis désolée…
Et elle le serra à nouveau contre son cœur. Même si elle avait souvent l'impression de manquer à son rôle de maman, elle tentait quand même de toujours faire au mieux quand elle en avait l'occasion.
— Je t'aime, mon chaton. Je t'aime très fort.
Albus inspira profondément dans le cou de sa mère. Son odeur le réconforta davantage que son étreinte et ses paroles.
— Je t'aime aussi, maman.
Il avait l'impression que s'être confié à elle ne changeait pas grand-chose à sa situation, mais il se sentait pourtant quand même plus léger.
Lorsqu'il releva la tête, Albus aperçut son père qui les observait du salon. Il s'était installé sur un accoudoir de fauteuil et attendait…
— Y'a papa, se sentit-il obligé d'avertir sa mère.
Faisant fi de cette information pour le moment, Ginny pressa une nouvelle fois son fils contre elle puis se redressa pour l'observer. Elle lui essuya les joues de ses pouces et lui offrit un petit sourire.
— Ça va mieux quand même ?
Albus ne put que répondre à ce sourire avant d'acquiescer.
La sorcière déposa un baiser sur la joue du garçon avant de se tourner vers son mari. Elle attrapa alors sa baguette et annula le sortilège.
Même si son instinct de papa lui donnait envie de savoir et provoquait cette boule dans son ventre à voir son enfant ainsi, Harry n'avait pas voulu interrompre leur moment. À tous les deux. Entre mère et fils. Il était donc resté là et avait patienté. Lorsque sa femme leva le sort d'intimité, il se leva et s'approcha enfin.
— Bonjour, vous deux.
Il embrassa Ginny sur la joue et profita du fait qu'Albus était toujours sur la table pour le serrer contre lui.
— Ça va aller, mon grand ? s'enquit-il tout de même.
Il lui indiquait ainsi, par la même occasion, que s'il en avait besoin, il était là pour l'écouter aussi.
Le garçon acquiesça puis sauta au sol.
Harry et Ginny l'observèrent se rendre à la salle de bain.
Le sorcier reporta son attention sur sa femme qui soupira en secouant la tête. Elle lui confia tout de même à l'oreille :
— Il a peur que Rose lui vole son amoureux.
Harry pinça ses lèvres pour s'empêcher de sourire, ce qui aurait paru déplacé au vu de la situation
— Et nos secrets commencent à peser très lourd sur ses épaules d'enfant, ajouta-t-elle.
L'homme opina du menton d'un air grave, se servit une tasse de café et s'installa à table. Il sursauta en sentant une main se poser sur son épaule.
— Tout finira par s'arranger, assura Ginny avec un léger sourire, bien qu'il ne la vît pas.
Albus, lui, de retour dans la cuisine, repéra ce sourire et sut que la phrase lui était autant destinée qu'à son père.
-x- (lundi)
— Draco ! Draco ! Papa a quelque chose à te proposer !
— Lily ! Qu'est-ce que je t'ai pourtant dit avant de partir ? la gronda alors son père.
La fillette plaqua ses deux mains devant sa bouche et lâcha d'une toute petite voix :
— Pardon, papa…
— C'est bien mystérieux, tout ça ! Je me demande de quoi il peut bien s'agir, intervint l'homme blond avec curiosité.
— Je t'en parlerai ce soir, si tu veux bien, indiqua Harry avec un sourire, ce qui fit bouder la jeune fille.
Scorpius envoya un regard interrogateur à Albus qui lui répondit par un hochement négatif de la tête.
— Je préfère attendre que papa ait évoqué le sujet avec ton père.
Le jeune blond fronça les sourcils, un peu vexé. Ce n'était pas le genre de son « meilleur ami » de lui cacher des choses.
— Alors, comment s'est passé ton samedi chez les Zabini ? détourna habilement le garçon brun.
— Très bien. On a même mangé chez eux, hier midi…
Et Scorpius commença à lui raconter son week-end avec ses cousins. Il se garda toutefois de lui parler de ce qu'il s'était passé avec Daphné, préférant garder ça pour lorsqu'ils ne seraient que tous les deux dans sa chambre.
— À ce midi ! Bon cours, les enfants ! déclara Harry, avant de retourner dans l'âtre de la cheminée.
Albus et Scorpius firent signe de la main à Lily et son père avant qu'ils ne disparaissent.
— On y va, papa ? s'enquit le garçon en voyant l'homme perdu dans ses pensées devant la cheminée vide.
— Bien-sûr, oui. Allons-y ! s'exclama-t-il alors en sortant du salon avec entrain.
Les deux garçons échangèrent un regard, pas du tout dupes. Discrètement, tout en reprenant son rapport du week-end, Scorpius attrapa la main de son ami qui pressa la sienne en retour avec un petit sourire.
-x-
— Alors, de quoi s'agit-il ?
— Eh bien ! Je m'attendais à un autre accueil, rétorqua Harry avant de sceller la porte d'un sort.
Draco eut à peine le temps de se lever que le brun était déjà contre lui à l'embrasser.
— Tu m'as tellement manqué…
— Je sais, c'est comme ça après chaque week-end, rétorqua le blond.
Ce dernier fit glisser ses lèvres le long de la mâchoire de l'autre homme, se repaissant de sa saveur et de son odeur.
— Tu m'as terriblement manqué aussi, Harry…
-x-
— Je peux reposer ma question, maintenant ? demanda Draco, lorsqu'ils furent enfin un peu rassasiés l'un de l'autre.
— Tu peux.
— Ah ah, très drôle.
L'homme brun, qui venait de se laisser tomber dans son fauteuil attitré, haussa les épaules.
— En fait, si Lily est excitée par l'idée, ça m'étonnerait qu'il en soit de même pour toi…
— Accouche, Potter !
— J'ai proposé à Ron et Hermione qu'on organise un dîner chez moi.
— Oui, et ?
— Scorpius et toi êtes invités à ce dîner.
Harry finit par rire nerveusement devant le regard fixe du blond sur lui.
— Dray ?
— C'est une blague, n'est-ce pas ?
Le brun soupira en s'enfonçant dans son fauteuil et raconta à son employeur comment cette proposition avait vu le jour.
— Donc la belette est au courant pour nous… Eh bien, figure-toi que j'ai également décidé de partager notre secret avec quelqu'un, ce week-end.
Harry n'eut pas à chercher bien loin :
— Blaise Zabini ?
— Oui, valida le blond avant d'entreprendre de lui expliquer la situation à son tour.
À la fin de son discours, le sorcier à lunettes se leva et le rejoignit à nouveau de l'autre côté du bureau sur lequel il s'appuya. Draco décala sa chaise pour mieux l'observer.
— Je trouve que c'est une très bonne chose que tu aies trouvé un ami avec qui parler, Dray. À la base, je t'avais proposé d'être cet ami, mais force est de constater que ce n'est plus vraiment possible.
Le sourire aux lèvres, Draco se leva et coinça le brun contre le meuble.
— En effet, Harry. Tu es devenu bien plus que ça.
Il lui vola un baiser.
— Mais il va falloir que je fasse des efforts avec Blaise, car, pour le moment, il n'y a vraiment qu'en toi que j'ai confiance… avoua-t-il.
— Je t'aime, Draco, sourit le Sauveur en jouant avec quelques mèches blondes.
— Je sais. Je t'aime aussi, répondit-il en plongeant dans le regard de l'autre, comme pour le défier de le contredire.
— Je n'en doute pas, souffla alors le brun tout près de sa bouche, amusé par son petit jeu.
Ils restèrent ainsi, à qui comblerait la distance le premier.
— Et donc, pour le dîner avec Ron et Hermione ? finit par demander Harry.
L'autre s'éloigna d'un pas, une grimace aux lèvres.
— L'art et la manière de briser les instants magiques, Potter.
— Magiques ? reprit celui-ci en esquissant un sourire en coin.
Il aurait tant aimé pouvoir lever un sourcil, comme savait si bien le faire le blond.
— Je n'ai vraiment pas à cœur de dîner avec tes amis… préféra répondre ce dernier.
— Mais puisque c'est pour moi, tu vas accepter quand même, n'est-ce pas ?
Draco ferma douloureusement les yeux.
— Tu causeras ma perte, murmura-t-il en guise de réponse.
Harry l'attrapa par le col et l'attira à lui pour l'embrasser.
— Je te déteste, asséna le blond lorsqu'il le relâcha.
— Ce n'est pas ce que tu disais, il y a quelques minutes !
— Je sais. L'un n'empêche pas l'autre.
— Tu crois ? Moi, je pense que tu te trompes, Draco. Tu ne peux pas m'aimer et me détester en même temps. Et je pense pouvoir affirmer que ça fait un moment déjà que tu ne me détestes plus.
— Tu sembles bien sûr de toi.
— Je le suis.
L'ancien Serpentard se contenta de sourire. Après tout, l'autre avait parfaitement raison. Il n'y avait rien à ajouter.
Harry resta songeur quelques instants : il se rappelait qu'il avait parlé avec Ginny de rassurer Draco sur un point, mais il ne savait plus quoi… Ah si !
— Au fait ! Juste au cas où : ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de sexe entre nous que j'irai voir ailleurs, hein…
Le blond éclata de rire, ce qui ne l'empêcha pas de rougir.
— Par Salazar ! Tu es d'une délicatesse impressionnante, Harry !
L'autre se passa une main dans les cheveux, les joues également colorées.
— Je veux dire…
— Étant donné les formes que tu n'y as pas mises, j'ai très bien compris ce que tu voulais dire.
— J'ai pu être témoin de ton stress, donc je pensais que c'était important de te rassurer sur ce point, insista Harry.
— Eh bien, si ça peut te rassurer également : je savais déjà que tu ne t'arrêterais pas à ça et ne te lasserais pas de moi pour ça. Mais c'est toujours réconfortant de l'entendre. Merci bien.
— J'avais presque oublié à quel point tu pouvais être présomptueux, s'amusa le brun.
— Ça fait partie de mon charme, non ?
Harry l'observa et sourit.
— Possible…
Alors que leurs lèvres se rejoignaient encore, Draco se fit à nouveau la remarque qu'il était complètement fou de cet homme.
