CHAPITRE IX :
La nuit même, alors qu'elle lisait l'un de ses romans favoris au coin du feu. On vint frapper à sa porte, elle mit une couverture sur son dos pour recouvrir sa fine robe de nuit et ouvrit. Un homme à la mine patibulaire encadré de deux gardes lui firent face. L'homme, tout de noir vêtu, fit un signe de tête aux gardes qui tournèrent les talons et se postèrent des deux cotés de la porte.
_ Miss Smith. Dit-il la voix cassée.
_ Oui c'est bien moi, qu'y a t-il Monsieur...
_ Inutile de connaître mon nom, puis-je entrer ? Ça n'était pas vraiment une question car déjà il faisait un pas.
_ Mais voyons, dites moi se que vous voulez ? S'indigna t-elle en repoussant la porte. Il maintint la porte ouverte d'un bras et la força à reculer de l'autre. Lorsqu'il fut entré il la referma derrière lui. Parlez, dites se que vous cherchez ! Il fait nuit ! Avez-vous l'autorisation d'entrer de la sorte chez quelqu'un ? Son cœur battait la chamade.
_ J'en ai l'autorisation du Lord en personne.
_ Becket... chuchota t-elle.
_ avez-vous recueillit un homme ce matin même ? Elle crut s'étrangler.
_ Pardon ? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Elle tourna les talons. Il la rattrapa et d'une main lui arracha sa couverture. De quel droit osez-vous... il la gifla alors et elle heurta le sol.
_ Avez-vous fait entrer un homme chez vous ce matin ? Cria t-il en s'agenouillant près d'elle.
Crystal se tenait la joue, il n'y avait pas été de main morte, sa tête lui tournait et elle sentait le goût du sang dans sa bouche. Elle lui répondit le sourire aux lèvres :
_ Pourquoi les jeunes femmes n'ont-elles plus le droit de faire entrer des hommes chez elle ?
Il la gifla de plus belle et sa tête heurta violemment le sol, elle s'y était attendue mais pas de la sorte. Il lui empoigna les cheveux et la fit s'agenouiller. Il approcha son visage au plus près du sien.
_ Parlez, ou tout ce qu'il reste de votre vie partira en fumée. Hurla t-il lui crachant au visage. Elle se sentait salie mais ne se laisserait pas intimider, elle le regarda droit dans les yeux et ne dit mots. Il fronça les sourcils, se releva et la traîna par les cheveux vers le feu. Pensant qu'il allait la brûler et sachant qu'il en était capable, elle se débattit comme un beau diable et le frappa derrière le genou. Il chancela et la lâcha. Elle en profita pour se remettre rapidement sur pieds mais sa vue se brouilla, elle eu juste le temps d'atteindre sa chambre et d'y refermer la porte. Calant une chaise sous la poignet, elle pria pour qu'il ne puisse l'ouvrir. Elle l'entendit grogner et aboyer des ordres aux gardes, puis on vint frapper violemment sur la porte. Derrière elle, le volet de la chambre fut rabattue. Elle paniqua, on venait de l'enfermer, elle était prise au piège et à tout moment ils réussiraient à forcer la porte et il déchainerait sa colère sur elle. Elle se promit de répondre à ses questions sinon il la tuerait, après tout elle ne savait pas où s'était rendu Jack, elle ne pourrait donc pas être d'une grande aide à ces hommes. Elle se résigna alors et s'approcha de la porte et, au bord des larmes, elle dit :
_ Écoutez... arrêtez et... et je vous direz tout ce que vous voulez savoir... je vous le promet... mais par pitié arrêtez...
Les coups dans la porte cessèrent, elle retira alors la chaise les mains tremblantes et ouvrit lentement. L'homme était seul, le garde attendait à l'entrée. Il la fusillait du regard et tenait ses poings fermait, mais c'est d'une voix calme qu'il parla :
_ Miss Smith, je réitère ma question, avez-vous fait entrer en homme chez vous ce matin ?
_ Oui. Murmura t-elle. Il tendit l'oreille. Oui. Répéta t-elle plus fort.
_ Saviez-vous de qui il s'agissait ?
_ Non. Dit-elle le regard baissé.
_ Menteuse. Et il la repoussa violemment vers le lit.
_ Je vous en prie... pleura t-elle.
_ Qui était-ce ? Hurla t-il. Vu qu'elle gardait le silence, il lui empoigna le bras et la projeta sur la commode. Elle vit des étoiles et ses oreilles bourdonnèrent. Alors ? Miss Smith répondez !
_ C'était le Capitaine Jack Sparrow de la Compagnie des Indes... réussit-elle à dire entre deux sanglots.
_ Faux Sparrow ne travail plus pour la Compagnie, c'est un pirates, le saviez-vous ?
_ Non...
_ Je n'ose vous croire, vous savez se que vous risquez pour avoir aider un pirate ?
_ Je vous en prie...
_ Inutile de me supplier, je suis un homme de parole, j'avais dit que je vous prendrais tous ce qu'il vous reste... mais avant cela, où est Sparrow ? Lui dit-il tout contre son oreille.
_ Je ne sais pas... il n'a pas voulu me dire où il se rendait... je vous le jure... murmura t-elle choquée.
_ Je veux bien vous croire pour cette fois, peut-être nous seriez-vous utile plus tard. Voyons où en étais-je... ah oui c'est vrai... je n'ai qu'une parole.
Crystal ne tenait plus debout, l'arrière de son crâne la lançait, surement du au coup contre la commode. Il la maintenait toujours par le bras et serrait si fort qu'elle ne sentait plus sa main. Il avait dit qu'il lui prendrait tout ce qu'il lui restait... elle craignait qu'il aille bien plus loin que ça et lorsqu'il la fit tomber sur le lit, elle compris à quel point elle avait raison. Il souleva sa chemise lui cachant la vue, elle vit cela comme un signe du seigneur et le remercia de ne plus avoir à regarder ce visage immonde. Elle entendit un bruit métallique, comme un boucle de ceinture, tomber au sol et le lit s'affaissa lorsqu'il l'y rejoins. Comme toutes les jeunes filles, elle avait rêvait de sa première fois, avait toujours espérait l'offrir à son futur époux. Il semblerait que le ciel ne soit pas de cette avis. Elle pensa à sa pauvre mère et s'imagina quelles souffrances elle avait du ressentir lorsqu'elle avait offert son corps jour après jour, nuit après nuit. Il ne s'occupa pas d'elle, lui écarta violemment les cuisses et vint en elle avec une telle force qu'elle fut clouée au lit. Une douleur la transperça de part en part mais elle se força au silence pour ne pas lui offrir se plaisir. Soudain, il retira le tissu de son visage, elle eut juste le temps de voir le sien transformé par la rage avant qu'il n'écrase sa bouche sur la sienne. Et alors qu'un liquide chaud se répandait sur ses cuisses, il imprima son rythme, violent, brutal. Il lui maintenait les bras le long du corps, s'enfonçant toujours plus en elle et lui léchait à présent le visage. Elle pleurait à chaudes larmes et sa bouche se remplissait de sang alors qu'elle se mordait la langue de dégouts. Elle aurait tellement voulu tomber dans l'inconscience pour ne pas avoir à subir cet horrible spectacle. Il poussa soudainement un grognement effroyable et se retira sèchement. Il remit son pantalon et alors qu'elle espérait qu'il en resterait là, il revint vers elle, lui empoigna les cheveux tout aussi violemment et la descendit du lit d'un geste sec. Elle poussa un cri de douleur, rouvrant ses yeux baigné de larmes, elle vit la tâche sombre qu'ils avaient laissé sur les draps immaculés. Il la traîna tout du long jusqu'au dehors là elle vit, comme dans un cauchemar à travers ses yeux embués, les gardes enflammer sa maison. Après ça, l'homme la relâcha et ils repartir tous trois vers le village. Un orage gronda au dessus d'elle et des gouttes fraîches s'écrasèrent sur son visage, la nettoyant de cet homme immonde. Balayant les dernières flammes, la jolie maisonnée redevenait comme jadis la ruine en haut de la colline qui l'avait tant fait rêver...
Crystal se réveilla le corps douloureux, son cauchemar en tête. Elle est surprise de ne pas sentir ses draps, se redressant elle ne reconnaît rien de l'endroit. Mais tournant la tête sur sa gauche, elle entrevoit une ruine encore fumante. Reportant son regard sa tenue, elle ne peut s'empêcher de pleurer. Ce n'était donc pas qu'un horrible cauchemar, elle avait bien été violé, en atteste sa robe de chambre ensanglantée et sa maison noircie par les flammes. En ce moment elle ne désire qu'une chose, mourir... mourir pour tout oublier. La lune haut dans le ciel l'éclaire mais à l'inverse du soleil ne peut la réchauffer, son cœur est douloureux et son âme déchirée... elle ne peut pourtant pas rester ici indéfiniment, on viendrait rapidement voir la maison détruite et les voleurs s'empresseraient de prendre ce qui reste intacte. Se faisant combat, elle se hisse sur ses pieds et chancelle jusqu'à ce qui fut la porte d'entrée de sa demeure, de son premier véritable chez soi. Alors que ses larmes se tarissent enfin et que sa vue lui revient petit à petit, elle fouille les décombres et tente d'en extraire ses objets de valeur. Elle réussit malgré tout à réunir une petit bourse d'argent, néanmoins tous ses vêtements ont été léché par les flammes. Elle se recouvre donc de son manteau restait accroché à la patère près de la porte et sort.
Dans la nuit, la jeune femme pieds nus et torturée de douleurs regagne les quais, espérant trouvé un navire qui l'aiderait à s'enfuir de cette ville... à s'enfuir loin de son bourreau...
